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Full text of "Le Roman de Rou et des ducs de Normandie"

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ROMAN DE ROU 



ET 



DES DUCS DE NORMA]>ïDIE. 



TOME II. 



EXPLICATION 

DE LÀ GRAVURE DU SECOND VOLUME. 



Bataille V^aaitij^i^. 

Om voit sur le devant Harold étendu mort, et dans le fond, 
Guillaume arrivant accompagné de son frère Eudes ou Odon , 
évéque de Bayeux , qui rendit au Conquérant d'importans 
services dans cette mémorable journée. Il y figura monté sur 
un cli^v^l b%ic , et tenant un simple bâton k la mai^. On 
dislfbigue. las deux élendai^ds prîncipau^x des deux ar^nées : 
celui d*Harold est un gonfanon d'or chargé d'un homme 
armé , et €elui de Guillaume , qui lui avait été envoyé par le 
pape, est vermeil, et porte une croix blanche. 



DE UIMPRIMERIE DE GRAPELET, 

RUS DE VAUGIRARD, 7X° Q. 



JttttttlU ijjaettttge : 




..Lï v{n& Nexant «nt occis 
O II Uletttar be eesi amtft 
jÀ^onfanon a or nnt prie. 



J 1? 

1 lùtnan ht 11 ■ / 

••I..CS DE ..Nor.ViA, 

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KOUEJN. 

EDOUARD FRÈRE, ÉDITEUR, 

UBRAIRS DE Li. BIBLIOTHEQUE PUBLIQUE. 



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M. DCCC. XXVII. 



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JI ûx)njuux)it rt or uni yxxi^. : 



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Hirnian îre Eou 

ET 

DES DUCS DE NORMANDIE, 

PUBLIÉ POUR LA PREMIÈRE FOIS, 

Waptis l» munuflcrUs îrf étante rt V^nfilttnvt; 

PAR FRÉDÉRIC PLUQUET, 

Mrmbre d« la Sacictc dei AntiipiiKs de France, «I de plniifurt «uiro 
Soci^éi iiontet. 

TOME SECOND. 




ROUEN. 



EDOUARD FRÈRE, EDITEUR, 

UUàIRI m Ll IIIUOTKÉQDI FUaLIQiri. 



M. DCCa XXTir. 



p -3 00119^5^;) 




LE 



Hmttan ^t Hmt, 



ET 



DES DUCS DE NORMANDIE 



SUITE 

DE LA SECONDE PARTIE. 

W IT anz aveit Robert vesku 

Puiz ke il out li fief tenu ; 8400 

Grand duil out Willame sis filz , 

Ki uncore ert asei petiz. 

Mult out haignes , mes poi amis , 

Li plusurs truva mult eschis : ' 

Gels ke sis pères teneit chiers, 

Truva mult orguillus è fiers. 

Li baruns s'entre guerréierent, 

Li forz li fièbles damagierent ; 

N'en voldrent nient ' pur li lessier, 

Ne il ne pout tuz justisier. 84«« 



Avènement 

du jeune Gnil- 

lanme. 



Mauvaises 

dispositions et 

discordes de 

ses barons. 



' De nuuwaise volonté, mal éUs" 
posés, 

lî. 



^ Rien, 



2 



Guerre entre 

Yauquelin de 

Ferrières et 

Hugues de 

Montfort. 



LE ROMAN 

Viles arstrent et essillierent, * 
Vilains pristrent è despuillierent , 
Mais fîreat de plusieurs manières. 
Entre Walkelin de Ferrières ' 
E Huge , seignur de Muntfort, ^ 
Ne sai ki out dreit ne ki tort, 
S'entre guerréierent forment ; ^ 
Ne pout aveir acordement ; 
Ne pur eveske , ne pur seignur, 
Ne pout aveir paiz ne amur. 
Andui ^ furent boen chevalier , 
E li dui furent fort è fier. 
A une feiz s'entre encuntrerent; 
Grant fu l'ire, si se medlerent; ^ 
Ne sai dire ki miex i fist , 
Ne ki l'un d'els l'altre ocist, 
Maiz de l'estur ' ço fu la fin ; 
Mors fue Hue , mors fu Walkelin : ^ 
Li dui morurent en l'estur 
Et à un terme et à un jur. 



84^0 



84 3o 



" Ils pillèrent et brûlèrent les vil' 
la g es, 

* jP(err/«rej, sur la Charentonne, 
entre Bernay et Chambrais. 

' dIontfort'Sur''Rille, 

* Fortement. 

* Tous deux. 

^ Se combattirent, 
7 Du combat. 



' Ce nom de Yauquelin est fort 
commun en Normandie. On écrit 
Vauquelin, Fauquellin et Fauclin. 
On trouve Wulcelinns et Walque- 
linus dans les anciennes Chartres. 
Yauquelin de Ferrières laissa 
deux fils , Guillaume et Henri , 
qui se distinguèrent à la conquête, 
et furent libéralement récom- 
pensés parle Conquérant. 



DE ROU. 

Willealme crut et amenda ; 
Maint ovre oï et esculta, 
Ki à Sun cuer vunt à cuntraire , 
Maiz n'en pot il à cel tems faire. 
Li barunz s'entre guerréierent, 
Ki pur li nient n'en lessierent ; 
Chescun d'els selunc sa richesce 
Feseit chastels è fortelesce. 
Par li chasteals sursirent ' les guerres , 
£ li destrucions des terres, 
Granz medlëes è granz haenges , ' 
Granz purprises è granz chalenges. ^ 
Des méfaiz è d'altres afaires 
Ne justiseit li Dus mie gaires. * 



8440 



Les barons 
normands pro> 
fitent de la fai* 
blesse de lear 
dnc pour éle- 
ver des chA- 
teanx et s'en- 
tre-guerroyer. 



Wert uncor mie iessu d'enfance 
Quant li Reis Henris , filz Cunstance ^ 
Od grant maisnie vint à Dreus ; ^ 
Grant mal fîst envirun Evreus. 



Le roi de 
France de- 
mande la des- 
tmctton du 
châtean de 

Tillières. 



' S*éU9èrent. 

' Haines. 

^ Querelles* 

*■ On trouvera des détails cu- 
rieux sur répouTa&taMe anar* 
chîe qui régna en Normandie à 
cette époque , et sur les dangers 
auxquels le jeune duc fut souvent 
exposé , dans les premiers cha- 
pitres du septième Livre de Guil- 
laume de Jumièges , et dans le 
discomrs qu'Orderic Vital fait 



tenir à ce prince au moment de 
sa mort, Liv. vu, p. 656. D. 

(A. L. P.) 

^ PUs de la reine Constance. 

^ Nous ne pouvons assigner de 
date positive à cette expédition. 
Nous ne connaissons même point 
d'autre historien contemporain 
qui en fasse mention , que Guil- 
laume de Jumièges, auquel notre 
auteur a emprunté son récit. 

(A. L. P.) 



4 LE ROMAN 

Al Duc manda, par grant manace , 

S'aveir velt s'amur " è sa grâce , 8450 

Tuilieres li rende u abate , • 

Ainz ke par force s'i embate ; * 

Se il nel' fet, à nul jur mais 

N'ara trièves de li ne pais , 

E s'il le abat , si cum il quiert , ^ 

Devant quatre anz refet n'en iert; ^ 

Ne velt pas ke chastel i ait. 

La gent s'en plaint, grant mal lur fait; 

Séur l'en fera léalment 

Par fiance è par serement. 8460 

Ceo'ke li Reis li out mandé 

A li Dus as Nonnanz mostrë : 

Asquanz li unt pur bien loé,^ 

K'il face al Rei sa volonté ; 

LeaNormands Sofrfr li CStUCt ^ plusurs torz 

Tant ke il seit de mieldre esforz. ^ 

Issi l'unt el Rei graanté , ^ 

£ li Reis ad sor Sainz ^ juré 

Ke il par ovre k'il éust 

Devant quatre anz ke il péust, 8470 

Li chastel refet ne sereit , 



y conseotent. 



' Son amour. ^ Lui faut. 

' Qu'U s'y loge. i De meilleure ^ de plus grande 

^ Il demande. force. 

* N'en sera, • Accordé, 

^ Conseillé. ' Sur les reliques des saints. 



DE ROU. 
É entretant * paiz li tiendreit. 
Quant Gilebert Crespin ' oï 
Ke la parole alout issi , 
Mult li greva , mult li desplot ; 
El chastel vint cum il ains pot ; ^ 
Sa gent fist atraire et venir , 
Cuntre li Rei le volt tenir. 
Li Dus Robert li out livre, 
Et il l'aveit lunge * gardé; 
Li Dus blasma , è ses bârunz 
Tint pur malveis è pur fëlunz , 
Ki li donouent tel cunseil , 
Ne li unt pas esté féeil. ^ 
Li Reis fist sis homes mander, 
E sis maisnées fist asembler : 
Tuillieres asist errament , ^ 
E li Dus refist ensement. ? 
Âmbedui furent d'un acort , 
Maiz li chastel truverent fort , 
Maiz tant unt cil Crespin préié , 
E cil de là tant manachié 
Ke il a li chastel guerpi; ^ 



Gilbert Cres- 
pin, gonver- 
neur da chA- 
teaa, veut le 
défendre. 



8480 



n est assiégé 
par les Fran- 
çais et les Nor* 
manda réunis. 



8490 



' Pendant ce temps. 

' Gilbert ou GisUbert Crespin, 
comte de Brioime y parent et tu- 
teordn jeune duc. Quoique celui- 
ci eut été bientôtprivéde ses con- 
seils, il parait que sa mémoire lui 
étaitrestée chère^puisqu'il le qua- 
lifie de père de la patrie dans le 



discours dont nous atons parlé 
ci-dessus. ( Â. L. P. ) 
' Le plus tôt qu'il put. 

* Long'temps. 
» Fidèles. 

® Assiégea promptement. 
1 Pareillement. 

* Abandonné. 



Le château est 

rendu et dé- 

trait. 



Nouvelle in- 

yasion de la 

Normandie 

par Henri. 



Il reconstruit 

le château de 

TiUicres. 



LE ROMAN 

Maiz à Willame le rendi , 
£ li Dus le livra al Rei, 
Pur aquiter, ço dist, sa fei; 
£ li Reis i fist maintenant 
Mètre le feu lur oils véant. * 
Li chastel fist tost alumer. 
Portes abatre, murs grater; * 
£ li Reis , en lur cuers crevant , 
S'en vait à ses amis gabant , ^ 
Puis est en France repairiez. ^ 
Del chastel abatu fii liez ; ^ 
Ne demora pas lungement 
K'il ublia li serement, 
. £ trespassa li covenant ^ 
Ke à Willame out fet devant. 
Od sa noble chevalerie 
Revint arière en Normandie; 
Tresk'à Wismes ' sa gent conduit; 
Argentaon arst è tut destruit, 
£ des altres viles asez ; 
Li paîsanz a tuz grevez. 
Par Tuilieres® s'en repaira, ^ 
Li chastel refist è ferma. '° 



85oo 



85io 



' A leurs yeux, 
* Renverser y raser. 
^ Plaisantant, 
^ Retourné. 
' Joyeux, 



^ Les conufentions, 
7 Exmes. Variante : Oismes. 
• TiUUres, bourg proche Con- 
ches, département de TEure. 
^ S'en retourna. 
•• Fortifia. 



DE ROU. 

La fiance a en fin mentie , 

Ke à Willame aveit plévie. * 

Mult véissiez Normanz desfrire , ' 

£ dementer ^ de duil è d'ire 

Del chastel ke refait véeient; 

Cil maldient ki ke il seeient, 

Par ki li cunseil fu crëu 

Ke li chastel fîist abatu. ^ 

Tosteins, ki ert Visquens d*Wisnieis, ^ 

Oï ^ ke li Reis è li Franceis , 

La terre alouent purprenant, 

Pernant aveirs ', viles ardant , 



85 



30 



Toustaia, ri- 
comte d*Ex* 
mes, s'allie 
ayec les Fran- 
çais, et leur li- 
vre Falaise. 



' Assurée , promise. 

* Se tourmenter, se démener. 

^ Se lamenter, gémir. 

^ Cette seconde expédition du 
monarque français en Nonnan- 
die ne nous est également ga- 
rantie par aucun témoignage 
contemporain autre que celui 
de Guillaume de Jumièges, et 
BOUS parait assez douteuse. Nous 
ayons de la peine à nous ex- 
pliquer, i^. quels obstacles ont 
pa arrêter le roi parrenu à Ar- 
gentan , et l'empêcher de faire sa 
jonction avec lericomte cTExmes^ 
qui ayaît levé l'étendard de la ré- 
volte dans Falaise ; a*, comment 
après une offense aussi graye , et 
qni devait être assez récente, 
Guillaume va lui-même deman- 
der et obtient si facilement , en 
1047, ^^ protection de Henri 



contre ses sujets révoltés; 3*^. com- 
ment Orderic Vital n'a fait au- 
cune mention d'événemensdont 
le pajs qu'il habitait aurait été le 
théâtre. Nous sommes porté à 
penser qne ce ne fut qu'après la 
bataille des Dunes qu'il y eut rup- 
ture entre le jeune duc et le roi 
de France , saos la proteetion du- 
quel son père l'avait placé , et à 
qui n aurait cte , ce* nous semble, 
si facile de s'emparer d'une pro- 
vince livrée à toutes les horreurs 
de l'anarchie , et d'un prince qu'il 
fallait souvent cacher dans les re- 
traites les phift obscures pour le 
soustraire au poignard de ses su- 
jets. ( A. L. P. ) 

' De l'HjrémoiSf dupays d'Exmes, 
ou d*Hyèmes. 

* Vit ke, etc. 

Mss, de ùttchesne. 

7 Biens f butin. 



8 LE ROMAN 

E li Dus alouent fébléiant ; * 
Ne n'aveit nul par li garant; 853© 

Del Duc cum fel ' se desparti. 
Faleize , k'il gardout , garni , ^ 
De France amena soldéiers * 
£ buns serjenz et buns archiers; 
Li chastel volt al Duc tolir , 
Nient ne V en deingna servir. 
n y est assiégé £ li Dus, mult surpriscment , * 

par le jeune . / 

duc. Fist mander è venir sa gent ; 

Gels d'Auge ^ è cels de Cingueleis , ' 

Ki près furent, vindrent demaneis; * «540 

Faleize sempres ^ assaillirent , 

Un grant pan del mur abatirent , 

£ se li jur ne lur faillist 

Ke la nuit si tost venist , 

Mult fussent cels dedenz grevez , 

Maiz par la nuit sunt desevrés. '*" 

Tosteins fu bien estutiez; " 

Del grand assalt fii esmaiez , 



' Affaiblissant, ^ Le pays d*Auge , entre Gien 

a Poux traùre, ^^ Lisieux; la yille et le comté 

3 « I • i.**i j . d'£u sont aussi quelquefois dési- 

* Faleize, ku ffardont, snerpi. , , ^i, 7 

M,., de oJdJie. gné»parlenomd^*v«. 
T , , , . , ^ Petit pays couvert de bois , 

La leçon du texte est éyidem- , ^ „ _* mi *i i, r 

\ct L 1 dont Harcour^Thury est le cnef- 

ment préférable. ,. , ^ ,. j r« 

'^ heu, a quatre lieues de Caen. 

* Soldats. 8 Sur-U^champ. 

^ Tout à coup, suT'le'champ, 9 Aussitôt» 

Solpreiement. '** Séparés. 

Mss. de Duchesne, ' ' Habile , fin. 



DE ROU. 9 

E del mur k'il vit abatu ''%^'.'' 

E del pueple k'il a véu : ««so 

Cungié quist del chastel guerpir , ' 
E trièves prist de forz eissir. ' 
Issi s'en est Tosteins alez , 
Par sun orguil déshéritez ; 
Ne sai se il puiz repaira , 
Ne se il puiz se racorda. ^ 

Willame d'Arches * fii mult fier Révolte de 

GnillftiUDe 

E bun è hardi chevalier , d'Arqaes.oo- 

Frere l'Arceveske Maugier , *^® 

Ki mult l'amout è teneit chier ; ^ 856o 

Frère fu Robert d'une part , 



' Abandonner. guide ordinaire, Guillaume de 

* De sortir dehors. Jumièges , qui l'a enfrainé dans 

^ Il est assez extraordinaire un anachronisme fort grave. Il 

que Wace , qui paraît avoir pris est constant que la révolte de 

dans Guillaume de Jnmièges ce Guillaume d'Arqués n'eut lieu 

qu'il raconte de Toustain Goz , que plusieurs années après la ba- 

ne se soit pas donné la peine de taille du Val des Dunes, et qu'elle 

lire le chapitre jusqu'au bout; il précéda immédiatement l'expédi- 

y aurait trouvé le renseignemem . tion qui se termina par la bataille 

suivant , qui lui aurait épargné de Mortemer, de sorte qu'on doit 

l'aven humiliant qu'il fait ici : la placer en io53. Voyez à ce 

Post hœc Richardus Turstini filius sujet Orderic Vital , et surtout 

opHmè duci servwU et sic patrem Guillaume de Poitiers , dont le 

suumducireconciliavitetipsemultb récit, fort différent de celui de 

majorUf quampaterperdiderat , adr nos deux auteurs, nous paraît 

qmsiffit. C'est de ce Richard, vi- digne de beaucoup d'attention. 

comted'Avranches,que descen- Gesta Guillelmi ducis, apud Du- 

dirent les comtes de Ghester. chesne, p. i84-5. (A. L. P.) 

( A. L. P,) s Ki mult esteit bon cnnseillier. 

^ Wace a encore suivi ici son Mss. de Duckesne. 



lO 



Il fortifie Ar- 
ques, et s'allie 
avec le roi 
Henri. 



LE ROMAN 
Fils de Papie è de Richart , 
Uncle Willeame li Bastart , ' 
Ki maint engin • sont è maint art , 
Ki clamout dreit en Féritage ; 
Pur ke il esteit nez de muillier ^ 
Demenout-il al Duc dangier. 
Pur honur de sun parenté , 
E pur aveir sa fëeltë * 
Li ad li Dus en fîeu dune 
Arches è Taillou ^ li cunté ; 
Il le reçu, si huem devint; 
Féelté fîst , maiz poi la tint. 
Pur dangier® fere à sun seignur, 
Fist de sus Arches une tur; 
La tur fîit fête el pie del munt, 
De plusurs parz out val parfunt. "? 
Pur ceo ke boen chastel aveit , 
E ke d'espuze nez esteit , 
£ pur ço ke li Keis diseit 
K*à sun busuing le sucurreit , 
Dist Willaœe k'il le teindreit : 



«5-70 



858o 



' Variante: 

Uncle Willeame li Bastart , 
K*il nel* teneit pas por masart , 
Pur ceo k'il ert dç tel lignage 
K'il clamout dreit en Terltage , 
Par ke , etc. 

Mss. de Duckesne. 

' SuhtiUU., 

^ Ù'^ouse légitime. 



* Sa féauté, sa foi , son hom" 
mage. 

' Tallou, Telîau ( TaUogium , 
Talogium), comté dont Arques 
est la capitale , et qui finit par 
prendre le nom de cette ville. 

® Tort, dommage. 

1 La tur fn fête en chief d^amont , 
De plnsurs pan au rai parfont. 
Mss. de Du^sne. 



DE ROU. II 

Jamez li Dus ne.servireit; 

Normendie à grant tort teneit , 

Bastart esteit, n'i aveit dreit. 

Li Dus ert jà de grant poeir, 

£ jà esteit de graut saveir; 

N'est mie povre ki sens a; 

A Wiilame d'Arches manda 

Ke à li veni&t , s'il servist. 8590 

Et Willeame tut escunduist , ' 

£1 Rei de France se fia , ' 

£ li Bastart cuntralia. ^ 

Par la terre priât robe è preie , 

Ne li est gaires ki k'el veie. ^ 

Sa tur è sun chaâtel garni , 

Mez li Dus gaires nel sofri. 

S'emprès tuit li parlement, ^ 

De tûtes partz manda sa gent; 

De fossez è de hëriçun ® 8600 Le cUteau 

E de pel ? fist un ckasteillun ' investi et 

El pie del teltre en la vallée , ^^*'* 

Ki garda tute la cuntrée : 

Ne pristrent puiz cels del chastel 

Ne biles 9 ne vache ne véel. *"* 



Tout refusa. ' Pièées de boh gcames de pointes 

Ceo contresdit. de fer plus ou moins longues i 
Mts. de DuchesM. 7 De pieux. 

'. * «'"•'^- • Petit château. 



' CoMraria, 

* // lui importe peu qu'il le wne. ' Soaif, 

' Tous les pomrparUr». "* Veau, 



12 LE ROMAN 

Li Dus tel chastelet i fist , 
Tant chevaliers è tel i mist 
Ki bien le porreient desfendre 
Ke Reis ne Quens ne porreit prendre; 
Li mielx de la chevalerie 86»o 

I mist de tute Normendie. 
l Li Dus s'en est parti atant , ' 
Sez busuignes ailleurs quérant. 
Ne pout mie estre al Rei celé 
Ke li Dus out chastel fermé , * 
£ k'il faseit la tur garder, 
Ke vitaille n'i pout entrer. 
Le roi de Grant chevalcrie asemla , 

France Tient 

pour le ravi- Conrci ^ et armcs purcacha ; 

La tur d'Arches voleit garnir, se»© 

Kar li blë lur debveit faillir. 

Jà ert li Rei à Saint-Albin , ^ 

Asez portout è blé è vin; 

Là les fist li Rei arester, 

E lur garnisun aprester 

Sumiers^ ki lur hemeis portassent, 

£ chevaliers k'il convéiassent. 

Cil del chastel oîrent tost 

,La garnisun è li grant ost , 



tailler. 



' Jiors. Wace dans beaucoup de sens 

* F rt'£/ difFérens. 

-^ ' ^ Saint' Jubin-U'Cauf, de Tau- 

' Bagages, J'ai déjà remarqué tre côté de la vallée, 
que ce mot est employé par * Chevaux de somme. 



DE ROU. i3 

Ki à Saint-Albin atendeient , sgso 

£ li chaste! garnir debveient. 

Partie prirent des Normanz , iiestrepou»»* 

Des forz è des mieix cumbatanz , geans. 

Si firent un embuschement 
Vers Saint-Albin celëement , 
Puiz pristrent un altre partie : 
La gent li Rei unt esturmie , ' 
Puiz se retraistrent veisdiant , • 
Cum se il alassent fîiiant. 
Quant il orent passe Taguait ^ 8640 

Ke de lor gent aveient fait , 
A cels k'il alouent chassant , 
£ k'il alouent leidissant, ^ 
Sunt emmi le vis trestumé , ^ 
£ Franceiz sunt à e\% medlé ; 
£ cil de l'aguait desbuchierent , 
Sor cels de France chevalchierent. 
Franceiz furent mult enginié , ^ 
Ki de l'ost furent esluingnié , 
E Normant forment les surpristrent ; ses© 

Asez en pristrent è ocistrent. 
Hue Bardons fu sempres ' pris , 



' Attaquée, 
* JYompant. 


• 

* Ont retourné le visage , ont 
fait 'voite-face. 


' V embuscade. 


* Trompés. 


^ Offensant, 


7 Sur'le'champ. 



Honte et af- 
fliction du roi. 



On Tient à 

Valognesaver* 

tir le duc de ce 

qui se passe 

autour d'Ar- 

qaes. 



i4 LE ROMAN 

E li Quens d'Abevile ' ocis, ' 
Ke l'en apelout Engerran ; 
Mult i orent tuit grant haan. ^ 
Mult fu dolens li Reis de France, 
Mult ont grant duel è grant pesance^ 
Des Chevaliers ki surpriz fiirent , 
E des Barunz ki si morurent. 
Li sumiers fîst apareillier 
La garnisun ^ prendre è chargier ; 
A la tur d'Arches feist porter, 
Il meisine fu al mener; 
Puiz repaira à Saint-Denis, 
A grant hunte , ço m'est avis. 
Pur les boiz è pur les rivières, 
Ki en la terre sunt planières , ^ 
E pur altres plusurs Jiusuignes 
Séjurna li Dus à Valuignes, ? 
Quant un messagier vint errant , 



866( 



8 



8670 



' Enguerrand, second du nom, 
comte de Ponthieu. Ce seigneur 
ayait succédé à son père, Hu- 
gues II, en novembre io5a, et 
fut remplacé par son frère , 
Guy i«', fait prisonnier à la ba- 
taille de Mortemer. Ces deux 
circonstances confirment d'une 
manière victorieuse la date que 
nous avons assignée au siège 
d'Arqués , et mettent dans tout 
son jour l'anachronisme commis 
par Wace et son devancier. 

(A.L.P.) 



^ E li quens de Vite ocis. 

Mss. de Duchesne, 

^ Peine, fatigue. * 

* Chagrin. 

' Les provisions, 
^ Abondantes. 

^ Valognes, département de la 
Manche. 

* Courant. 

Quant un message vint avant. 
Mss. de Duchesne. 



DE ROU. i5 

A grant anguisse esperunant. 

Vus fussiez mielx, dist-il, aiilurs; 

Mestier ' unt de vostre sueurs 

Cil ki deibvent garder vos marches ', 

Kar vostre uncle Willame d'Arches , 

Par serement et par fiance. 

S'est pris al Rei Henris de France : 

Li Reis li deit Arches garnir , 

Et Willame l'en deit servir. 

îTatendi mie li Dus tant , «eso Le duc part 

_ i. , I aussitôt pour 

Ive il variet pariast avant , Arques, et s'y 

TU 1 !• -. j**. /* ^ rend avec une 

Sie ke h eust sun dit fine; grande rapi- 

Sun bim cheval a demandé : **'**• 

Or verrai, dist-il, ki vendra, 

Et or verrai ki me swivra. 

Ne fist altre apareillement, 

Les vez ^ passa delivrement , 

Baieues passa è puiz Caen ; 

Semblant fist d'aler à Roem. 

Quant il vint al Punt-Audumer , ^ 8690 

A Chaudebec ^ ala passer, 

De Chaudebec as Bans-le-Cunte. ^ 

Re vus lunges paroles munte ? 



' Besoin. Les vez passa de Saint Clément.' 

Mss. de Duchesne. 

' Fos frontières, a n ^ ^ j 

•' ♦ Pont-j4udemer, 

^ Les gués ou vés de Saint^Clé- ^ Caudebec , Seine-Inférieure. 

menr, àTembouchuredelaVire, ® Les Bans ou les BaonS'le^ 

proche Isîgny. Comte, près Yvetot. 



Guillaume 
d'Arqués capi* 
tule, et se re- 
tire en France. 



i6 LE ROMAN 

Tant a li Dus puint ' è hasté , 
Tant a suvent cheval mue, 
Ke à Arches vint à sa gent. 
Ne pout de cels humes truver 
K'il à Valuignes fist munter; 
Tute sa gent s'en merveilla 
Ke de si luing si tost vint là : 
Nuls ne s'en pot à li tenir , • 
Ne nuls ne pot o li venir, ^ 
De cels qui à Valuignes furent 
E de Valuignes od li s'esmurent. ^ 
Liez ^ fu li Dus de l'adventure , 
E de la grant descontiture , 
Ki des Franceiz fu advenue, 
E lur gent qui fu retenue. 
Willame d'Arches lungement 
Garda la terre è tint forment , 
E plus lungement la tenist , 
Se viande ^ ne li fausist : ' 
Maiz pur viande ki failli , 
Terre è chastel è tur guerpi ; 



8joo 



8^10 



* Poussé, piqué. 

* Aucun ne put le suivre. 
Ne sitost corne li venir. 

Âlss. de Duchesne. 
3 Suivant Guillanme de Poi- 
tiers y qui présente les faits avec 
d'autres circonstances et dans un 
tout autre ordre , six des cava- 
liers qui accompagnaient Guil- 
laume arrivèrent avec lui jus- 



qu'à Arques, et trois cents de 
ses guerriers venus de Rouen se 
joignirent à lui au moment où il 
approchait du château de son 
oncle. (A. L. P.) 

< Partirent. 

* Joyeux, 

* Vivres en général, 
' Ne lui manquât. 



DE ROU. 17 

Al Duc Willame tut rendi , 
Et al Rei de France s'enfui. 

Alvere Gigant * vit les guerres Auvray-ie- 

_ , I ^ , Géant prend 

h les mais surdre * par les terres ; rhabitmonas- 

Li Dus Robert aveit perdu , *^**"ri8y. 

Ki Tout en grant chierté tenu, «j»* 

Et Willame sun filz vit tendre, ^ 

Ki sa terré ne pout desfendre. 

Quanque il out , petit preisia , ^ 

Tut volt lessier è tut lessia; 

A sis frères duna sis fieus , 

Ke il aveit en plusurs lieus ; 

Sun argent duna è sun ^r 

A Ceresie * et à Saint-Vigor. 

Pur amistié al Creator, 

E pur l'amur de son seignor, 8730 

Ki Tabëiç a comencie , 

L'a malt amée et exhaucie. 

Une vile , Luvres^ out nun , 

Ki ert de $a garantisun 

Od tuz les apartenemenz , 



' Amray^ le - Géant, Ce nom * // prisa peu tout ce, qu'il pos' 

d'Auyraî, le même qu'Alfred, sédmt, 

AIvered,Auverey, etc., est très ^ L* abbaye de Cérisy, entre 

commun dans le Bessin. Bayeux et Saint-Lo , qui était 

. ^. .. ^ sous rinvocation de saint Vigor. 

* S élever, croître, g j». . , -a 

Aujoiuxl nui Louvières , ar- 

' Jeune. * rondissement de Bayeux. 

II. 2 



i8 LE ROMAN 

E l'iglise de Saint-Lorenz ," 

De l'iglise de soz Roen 

La tierce part k'a en sa main , 

Dont a grant prou è grant gaaing , 

Avec l'iglise de Taizie " «740 

Fist cunfermerà Geresie^ 

Puiz devint muigne en l'abéie , 

E démena mult bonne vie. ^ 

Ligue et ré- WiUame crut et enforça, 

volte des «ei- -rv i -. . i- 

gneurs nor- D® piusurs parz sc purchaça. 

"Tet dur' J^ ^steit bien créuz è granL, 

Tenu aveit terre duze ans , * 

Quant par Néel de Gostentin 

E par Renouf de Bëessin , 

Dui Vescimtes de grant poeir, s^so 

Ki bien porent mal esmuveir, 



■ Saint-Laurent-sur-Mer, k deux * Cette date est juste , et con- 

lieues de Bayeux. fîrmée par le témoignage una- 

* Tessf, dit Tessy-le^Gras , ar- nîme des historiens, qui placent 

rondissement de Bayeux. la bataille du Val des Dunes en 

' Si l'on veut avoir des ren- 1047. Le récit de cette révolte 

seîgnemens exacts sur les dona- est l'une des portions les plus 

tiens faites à l'abbaye de Cérisy remarquables de l'ouvrage de 

par Auvray-le-Géant , on pourra Wace , et présente un grand 

consulter sa charte , insérée dans nombre de détails curieux qu'on 

le Monast, anglic., 960-961. On cherchenit vainement dans nos 

y verra , par exemple , que Vi- autres historiens. Il sera bon de 

g-lise de soz Roen , dont le nom consulter aussi la Chronique en 

est ici tout-à-faît défiguré , est prose citée par Dumoulin, 
l'église de Surrain , près Bayeux. ( A. L. P. } 

(A.L.P.) 



DE ROU. 19 

Vint al païs une thedlëe 

Dunt Ja terre fii mult grevée. 

Willame tint ûd sei Guitm , 

Un filz Regnald li Burgùinun 

Ki espusée out Aeliz , ' 

Fille Richart , t^en out dui fiz. 

Od Willame fil Gui norri ; 

Dez ke il fil vardlez peti , 

Dez k'il pout princes chevalchier, «:«• 

Et il se sout paistre è caucier, * 

En Nonnendie fii portez , 

Et od Willame cunréez. ' 

Et Willame le tint mult chier , 

£ quant il Tout fet chevalier, 

Li duna Briune ^ è Vemùn , 

Et altres terres envirun. 

Quant Gui fil seisi des thastels , 

Et il les out fet buns è bels , 

De Willeame aveit grant envie , s?:» 

Ki sor li aveit seignorie; 

Cmnenca sei à corucier, ^ 

E Normendie à chalengier. ® 

Reprovout ^ li sa batardie ^ 



' Voyez ci-dessnft , tome i , * Brionne , 'petite ville de Tar- 
page 35a. rondîssement de Bernay. 

^ A se fâcher. 

' Chausser. - -.. ,. 

° Disputer, 

* Élevé. ' Lui reprochait. 



20 LE ROMAN , 

Guerre en esmut par félunie , 

Maiz malement l'en eschaï , . 

Kar tut volt prendre è tut perdi. 

Néel è Renouf asemla, 

Et à Hamon-As-Dens parla , . 

Et à Grimoult del Pleisseiz * 8;8o 

Ki Wiïlame serveit à envieiz. ' 

N'i a , dist-il , plus proçain eir , ^ ,' 

Ki Normendie deie aveir; - 

Père sa mère fu Richart, 

D'espuse esteit, n'ert pas bastart; 

E ki H voldreit fere dreit, 
Normendie liapendreit, 4 

E se mein tenir le voleient, 

Ensemle od li le partireient. * 

Tant lor a dît è tant pramiz «790 

Que par serement se sunt priz , . 

K'à lor poeir le meintiendront , 

Et Willame guerréiront , 

E par force u par traïsun 

Querront sa désëriteisun. 

Issi unt lur chastels gamîz., 

Fossez parcëz , dreciéz paliz , ^ 



' Seigneur du lieu qui porte ^ Héritier. 

encore de nos jours le nom de . ^ . j s. 

_, . ^ . ,"» j. ^ Lui accorderait, 

PiessU'Grtmoult , arrondissement 

de Vire. * Partageraient. 

» J enfie , malgré lui. * Palissades. 



DE ROU.» 

E Guillame ne saveit nient 
De tut lur apareillement. 



21. 



Pur sei déduire et pur busuignes * 
Ala séjumer à Valuîgnes, 
Ne sai quanz jurs i a esté. 
Par li boiz chacié è bersé. * 
A' un seir tart fii sa mesnie ^ 
De la cort partie è cochie ; 
A lur ostels cochiez esteient, 
Forz cels ki sez privez esteient , 
£t il meisme se gieseit , ^ 
Maiz jo ne sai se il dbrmeit : 
Al prime some vint ^ un fol , 
Golet^ out nun, un pel' el col, 
A l'us ^ de la chambre criant , 
E li pareiz ^ del pel bâtant : 
Ovrez , dist-il , ovrez , ovrez ; 
Jà morrez tuit , levez , levez. 
U gies Willame? por kei dors? 
S'ateinz i es, jà seras morz ; 



8800 Guillaume est 
averti par sou 
fou du danger 
qu'il court. 



8810 



' Pour son plaisir et pour ses ^ Giles out nun. 
<^ffwes, Mss. de Duchesne. 

' Tirer de l'arc. Guillaume de Jumièges Tap- 

j e ., pelle Gallet, et dit qu'il était de 

' àes gens y sa suite , ses cour" ^ ^ 



tisons. 
* Se reposait, 

' Es-vos un fol. 

Mss. de Duchesne. 



Bayeux. 

7 Vn bâton. 

* La porte. 

^ Et frappant la muraille de son 
bâton. 



toute bâte. 



22 LE ROMAN 

Tes anemiz se vuBt armer ; 
Se cil te poent jà truver , 

Jà n'iestras ' mez de Costentin, ssao 

Ne ne verras tresqu'al matin. ' 
Willame fu mult efiréez , 
Cum hom ki fu espoentez ; 
N'ala mie enquerant noveles , 
Ne li sembloent gaire bêles; 
Il s'enfuit en En braies ^ ert et en chemise , 

Une chape a à sun cù\ mise, 
A sun cheval mult tost se prist , 
Et à la veie tost se mist. 

Ne sai s'il out nul esperun , ssso 

Ne se il quist nul cumpaingnun : 
Tant se hasta k'il vint as vez , 
Prez les truva , sis a passez ; 

Passa de nuit li guez de Vire 

A grant poor et à grant ire. 

Al mostier clina Saint-Glement, * 

E préia Dex escordement ^ 

K'il le conduise se li plaisi , 

E salvement aler Fen laist. ^ 

Verz Baieues n'osa turner, 8R4o 

Kar ne se sout en ki fier ; 



I I II i r n III i> » I ■» ■ » « P 



' Ne sortiras, grande commune à l'embou" 

* N*^en jàras jà très qu'ai matin. chure de la Vire, proche ïsi- 

Mss, de lk(4ihe*ae. S^J' 
^ En culottes. ^ De tout son 6aur. 

* V église de Saint - Clément, * l'en laisse. 



DE ROU. 

Sa veie prist k'il volt passer 
Entre; Baieues è la mer. 
Par Rie ', une vile , pas^out 
Anchiez * ke li soleil levout : 
Hubert de Rie ert à sa porte 
Entre li mostier è sa mote ; ^ 
Guillame vit dësaturné 
£ sun cheval tuit tressé. ^ 
Cument errez, dist-il, bel sire? 
Hubert , dist-il , os le jo dire ? ^ 
Cil li dist : Voire seurotnent. 
Venez avant hardiement. 
Mi enemiz me vunt quérant , ^ 
Etàociremanaçant; 
N'i a verz vus nule celée ; ' 
Bien sai ke ma mort unt jurée. ^ 
Hubert Ta en Tostel mené , 
Sun bun cheval li a livré ; 
Treiz filz k'il out a apelez : 
Bel filz , dist-il , muotez , muntez ; 



a3 



Il est reconnu 
par Hobert de 
Rye , dont les 
fils le condui- 
sent à Falaise. 



88 5o 



8860 



' Rjre, chef-lien de canton , à 
trois lienes nord-est de BayetiX. 
Le chemin par où passa Goil* 
lamne, s'appelle encore la Voye 
le Duc. L'église est dans le style 
roman. Les chapiteaux des co- 
lonnes de U nef sont couyerts de 
bas-reliefs singuliers, d'un tra* 
▼ail fort baii>are. On y voit eatre 
antres on homme assis , qui est 
àhoté par des monstres. 



^ Manoir seigneurial bâti sur une 
éléwiion. 

• Tout en sueur. 

• Oserai'je le dire P 

• Cherchant, 

^ Nulle chose cachée, 

• Variante : 

Bien sai kels wnt ma mort jurée. 
Usa. de Duçhtsna, 



Hubert donne 
le change aux 

rebelles qui 
poursuiyaient 

Guillaume. 



24 LEllOMAN 

C'çst nostre Seignur , conduiez 
Tant k'à Faleize mis l'aiez ; 
Par là è par là passerez , 
Ja mar en ville turnerez. " 
Li veies è li tresturnées " 
Lur a Hubert bien enditées, ' 
Ses filz unt bien tôt entendu, 
£ bien sun cornant unt tenu. 
Tut li païs unt traverse , 
Folpendant* unt passé à vë; 
Willame mistrentà Faleize, 
Se il fut mal ceint, k'en peize?^ 
Encor ert Hubert sor son «pont, 
Gardout à val, gardout à mont; 
Des noveles ert en escoult , 
Kar il en kuidout oïr moult, 
Quant cil vindrent esperunant , 
Ki Guillame aloent quérànt. 
A une part l'unt apelé , 
Par parole l'unt conjuré 
Se il a véu le Bastart , 
E par 11 il vait è kel part. 
Et il lor dist : Par ci passa, 
N'est gaires luing , vus Tarez jà ; ^ 



88jo 



88S0 



* Vous feriez mal de passer par ^ S'il fui mal équipé ^ qu*im' 
aucune ville, — * Chemins détournés, porte P 

^ Indiquées. S'il fii ens mal, ait ki empeise. 

^ Petite rivière, ou ruisseau au- Mss, de Duehesme. 

^ Bientôt. 



jourd'hui inconnu. 



DE ROU. 
Maiz atendez , jeo vus merrai , ^ 
Quer li premier cop i ferrai ; * 
Par fei vos afî , se jel' truis 
Premier i ferrai , se jo puis. 
Tant les a Hubert desvéiez , ' 
Etantlesaluingenvéiez, 
Ke de Guillame mez lie dote 
Ke s'en alout par altre rote ; 
Asez lor dist è d'un è d'el , 
Puiz s'en revint à sun ostel. 



25 



889c 



Mult fu Costentin à cel jur 
E Bëessin en grant frëur; ^ 
Tost alerent par li cuntrées 
Li noveles mult effrées ' 
De Willeame ki ert traïz , 
La nuit debveit es^re murdriz. 
Li uns dient k'il ert ocis , 
Li altres dient k'il ert priz ; 
Plusurs dient ke il s'enfuit; 
Deus le porgart *, ceo dient tuit. 
Entre Baex et jusqu'as Vez ^ 
Véissiez les chemins esrez ' 
De cels ki de Valuignes vienent ; 



Inquiétade et 

affliction des 

BQJets et des 

serviteurs de 

Guillaume. 



8900 



' Je vous mènerai. 
' J'y frapperai. 
' tgarés, 
^ Frayeur. 



* Le protège. 

® Les Guez de Vire. 

' Couverts. 



a6 LE ROMAN 

Pur morz è pur honiz se tienent 
De lur Seignur k'ii unt perdu, «9'» 

K'il aveient li Rei reçu ; * 
Lur Seignur ne seiveiit îi querre, • 
Mielx li venist k'il n'éust terre. 
Tant vunt noveles demandant , 
NeF sevent h aler quërant; 
Grimoult del Pleisséi? maldient , 
£ cels ki en Grimoult se fient; 
De li unt mal suspeçun , 
K'il n'ait fet ceste traïsun : 
De ceste ovre fu Normendie «9'° 

Mult esfrée et estormie. ' 
Les rebeUes Li yiscuntes U Dus héireutr, 

s'emparent 

des domaines Sez terres prfstreut è séisirent , 

N'i lessierent nient à seisir 
U il i péussent avenir. _ 
A Willame unt si tut toleit, ^ 
K'il n'i pout fere tort ne dreit; 
Ne pout en Béesin >entrery 
Ne dreit ne rente demander. 
En France ala al Rei Henri «o^o 

Ke sis pères Robert servi; ^ 
De Nel se plenist ki 1' mésert/ 



' K*il aveient le seir eu. ^ ' C'est à Poissy (Pexeium) que 

Mst, de Dnehesnc. Gnillaume alla trouver le roi de 

* Où chercher, ' France , et implorer son secours. 

Voyez Orderic Vital, Liv. i, 
' Troublée, ^^ 3^^, p^ (^^ L. P.)' 

^ Enlevé. ^ Qui le sert mal, qui lui nuit. 



du duc. 



DE ROU. 27 

£ de sez rentes ke il pert ; 

E se plenist des Dens Hamon/ 

E de Guion le Burgenion , ' 

E de Grimoult kî 1' vout Iraïr, 

Ne deit nul home tant haïr ; 

E de Renouf de Briquessart , 

Ki sis rentes prent è despart ; ^ 

E d'altres barùnz del païz , 8940 

Ki encuutre li se sunt miz. 

Par pleintes ke Willame fist , 

E par paroles ke il dist , 

Fist li Reis asemler son ost,^ 

En Normendie vint mult tost : 

Et Willame semont Cauchoiz , 

Gels de Roem è de Roumoiz , 

E la gent d'Auge è de Liévin , ^ 

E cels d'Evreus è d'Evrecin. 

En Oismeiz ^ unt tost asemblé , 8950 

Quant k'il orent par tôt mande. 

Entre Argences è Mezodon ' Le roi et le 

f, 1 . . 1 -r • o doc réunissent 

Sor la rivière de Lison • leors troupes 



' De Bamori' aux 'Dents, sei- près de quatre cents yers sont 

gnenr de Thorîgny. entièrement illisibles. J'ai rem- 

^ De Gui de Bourgogne. P^ ^^."^ ^T^Ji. î^'^"" ^"^ "f " 

nuscnt de la Bibliothèque du 

'Distriiue. Roi, n« 6987. 

* Son €UTnée. * le pays d'Esmes, 

^Le Ueuvin, le pays de U- ' Mézidon, dans le pays d'Au- 

sieux. Ici , le manuscrit de Lon- S« > ^ cinq lieues de Falaise. 

dres est telleçdent dégradé , que * La rwiire de Laison. 



entre Argeii-> 

ces et Mézi- 

doD. 



Les rebelles 

se rassemblent 

au Val des 

Dunes. 



28 LE ROMAN 

Se herbergerent cil de France , 
E juste Tewe * de Méançe , 
Ki par Argences yait corant 
Se herbergerent li Normant , 
' Ki od Willame se teneient , 
Et en sa busuigne veneient. 
Quant li visquens de Costentin 
Et li visquens de Baessin 
Sorent ke Willame veneit , 
E ke cumbatre se voleit, 
E li Reis de France ameneit, 
E par li veincre les kuideit; 
Par mal cunseil ke unt créu , 
E par orguil ke il unt eu , 
Ne li deignierent li suen rendre , 
Ne paiz requerre, ne paiz prendre. 
De par tôt mandèrent lor genz , 
E lor amiz è lor parenz ; 
Li vavassurs è li barunz 
Unt toz mandé è toz semunz, 
K'il aveient par serement 
A fere lor comandement. 
Par plusieurs biez è vez * passèrent , 
A Valesdune s'asemblerent. 
Valedunes est en Oismeiz 



A960 



8970 



^'Ltt rwière de Muancé. étudier cette bataille sur le ter- 
Tous ces détails topographi- rain. (A. L. P.) 

ques sont d'une justesse parfaite, 

«t prouvent que Wace était yenu * Amènes et gués. 



DE ROU. 

Entre Argences è Cingueleiz; * 
De Caem i peut l'en cunter 
Treis leugs el mien kuider : " 
Li plaines sunt longes è lées, ^ 
Wi a granz monz ne granz vallées , 
Asez prouf ^ du vé Berapgier , 
N'i a boscage ne rochier, 
Maiz encontre soleil levant 
Se fiint la terre en avalaqt; * 
Une rivière l'avirone 
Deverz midi è devers none. ^ 
A Saint-Briçun de Valmerei ' 
Fu la messe chanjtée el Rei 
Li jor ke la bataille fu; 
Grant poor ^ i unt li cler eu. 
A Valmerei Franceiz s'armèrent, 
E lor batailles 9 ordenerent, 
Puiz entrèrent à Valedunes; 
La s'asemblerent li cumunes, '** 
Tûtes propristrent " la rivière, 
Bien cunréez '• come gent fiere. 



*9 



898U 



8990 



Le roi et le 
duc attaquent 
les Normands 

sur deux 

points diffé- 

rens. 



' Petit pays dont Harcourt'ThU' 
fy est la capitale, 

* Suiçant mon opinion, 

^Larges, 

^Proche. . 

' Se termine la terre en descen- 
dant, 

Sefent la terre.... 

Mss, de Duchesne. 



^ La neuvième heure , le soleil 
couchant, 

7 F'aln{erajr, près Croissanyille. 

* Grant prou i unt li cler eu. 
Jliss. de Duchesne, 

9 Et disposèrent leurs troupes. 

'** Les troupes fournies aux sei- 
gneurspar les villages, ^ 

' ' Garnirent la rivière, 

" Équipés, 



Raoul Tesson 

et sa suite se 

tiennent à 

récart. 



3o LE ROMAN 

Willame , d'Argence torna , 
Par le vé Berangier passa , 
Amont la rivière est aie , 
Tant k'il est as franceiz josté. > 
La gent Willame fu à destre , 
E Franceiz furent à senestre ; 
Verz ocident tornent lor vis , " 
Quer là sourent ^ les anemis. 
Raol Tesson ^ de Ciogueleiz 
Vit li Normanz è li Franceiz, 
La gent Willame vit ki crut , 
A une part de luing s'estut , ^ 
Set vingz chevaliers out od sei, 
Tant dut aveir en sun cunrei : ^ 
Tuit aloent lances levées , 
Et en totes guimples 7 fermées. . 
Li Rei parlout al Duc Guillealme , 
.Chescun armé, lacié li healme; 
Lor cunrei aloent partant , * 
E lor bataille conréant , ^ 



9oo( 



90 



10 



* Approché, * Se tint. 

* Leur visage. 6 ^ troupe. 

» Arrivent. ^ Cornettes de taffetas attachées 

* Raoul Tesson, Twi des plus ^ /^ ^„^^ Le^ chevaliers y met- 
grands propriétaires de la pro- ^3^^^ j^g couleurs de leurs da- 
vînce , au tjers""de laquelle équi- ^gg^ 

' Ib allaient divisant léhrs trour 



yalaient, dit-on, ses domaines 
réunis. On croit qu'il descen- 
dait des comtes d'Anjou. 

(A.L.P.) 



pes. 



9 Disposant. 



9"io 



DE ROU. 
En sa main chescuii un baston. 
Quant li Rei vit Raoul Tesson , 
Ki tant luing des altres esteit 
Oveque la gent k'il meneit , 
N'il ne conut pas nHl ne sout 
Desquiex il est ne ki pensout : 
Willame , dist li Rei , k'il sunt 
Cil ki o guimples là s'estunt? ' 
Mult sunt tuit de riche apàreil , 
Savez vus rien de lur cunseil ? 
Sachiez ke cil li champ veineront 9030 

A ki cil d'ilau se teindront. 
Sire , dist Willame , jo crei 
Ke cil se teindront tuit o mei ; 
Raol Tesson a nom li Sire^ 
N'il n'a verz mei estrif * ne ire. 
Asez i out è faiz è diz 
Ke jo n'ai mie toz oîz. 
Raol Tesson en dote esteit 
Se od Willame se teindreit ; 
Li viscuntes le requereient , 9«4» 

£ granz pramesses li faseient : 
Cil lor aveit ainz asseurë , 
Et à Baex sor sainz juré 
Ke Guillamc sempres ferreit ^ 
En kel lieu il le trovereit. 



<■! èii it' 



u. 



' Se tiennent. ^ Frapperait. 

* Diipuie* 



\ !•!.*) » 



4{ 



; *. 



Raoul suit le 
conseil de ses 
chevaliers, et 
vient rejoin- 
dre le duc. 



32 LE ROMAN 

M aiz sis homes l'en unt préié , 
£ pur bien li unt cunseillié 
Ke sun dreit Seignor ne bataille 
Ke ke il face , aillors ne faille ; ^ 
Guillame est sun natural Sire. 
Et il sis homs ne puet desdire; 
Pensa ke il li fist homage , 
Véant sun père et sun barnage; ' 
N'a dreit el fié ^ ne à l'onor, 
Ki se cumbat à son Seignor. 
A ço , dist Raol , nos tenons; 
Vos dites bien , si le ferons. 
De la gent donc esteit emmie * 
Poinst ^ li cheval criant Tur aïe, ^ 
Sis homes fist toz arester , 
El Duc Willame ala parler. 
Par li champ vint esperunant , 
Son Seignor féri 7 de son gant , 
Poiz li a tôt en riant dit : 
De ço ke jo jurai m'aquit ; 
Jo jurai ke jo vos ferreie ^ 
Si tost com jo vos trovereie ; 
Por mon serement aquiter , 



9o5o 



9060 



' Ne manque. 

* Devant son père et ses barons. 
' ^ufief. 

* Parmi laquelle il était. 
"^ Pique, 

® Thor aide, cri de guerre fort 



remar(]uable qui avait dû être 
celui des premiers Normands. 

Poinst li cheval criant : tarie. 
Mss. de Duchesne. 

7 Frappa. 

' Que je vous fnqfperms. 



DE ROXJ. 
Quer jo ne me voil perjurer, 
Vos ai féru * ; ne vos poist mie ; 
Ne faiz por altre félunie , 
E li Dus dist : Vostre* merci , 
E Raol atant s'en parti. 
Willàme va par la campaigne ; 
Des Normanz meine grant compaigne , 
Li dui Viscuntes vait quérant , " 
E li perjures demandant. 
Cil li mostrent, ki les cognurent, 
De l'altre part îi lôr gent furent. 
Mult voïssiez par li campaignes 
Mouver conreis è chévetaignes; ^ 
m a riche home ne Baron, 
Ki n'ait lez li ^ son gonfanon , 
U gonfanon u altre enseigne 
U sa mesnie se restreigne , ^ 
Congnoissances u entre-sainz , ^ 
De plusors guises escuz painz. 
Mult voïssiez ces champs frémir, 
Poindre chevals è porsaillir , 7 
Haintes ^ lever, lances brandir, 
Escuz è helmes reluisir. 



33 



9070 



Le dac fond 
sur les re- 
belles. 



9080 



Signes de re- 
coDDaissaDce 
et cris de ral- 
liement des 
combattans. 



Q^Oo 



' Frappé, 

' Cherchant. 

' Remuer troupe^ et capitaines. 

* A côté de lui, 
II. 



* Se rallie. 

** Signes de ralliement. 
7 Piquer les chevaux et les faire 
caracoler. 

• Piques. 

3 



34 LE ROMAN 

Si corne poignent criant vunt 
I tels enseignes com il unt : 
Cil de France crient: Montjoie , 
Ceo lor est bel ke l'en les oie ; 
Willame crie : Dex axe; 
C'est l'enseigne de Normendie. 
£ Renouf crie o grant pooir : 
Saint'Sei^er , Sire Saint^Seçoir y 
£ Dam As Denz va réclamant : 9>oo 

Saint Amant ^ Sire Saint Amant. " 
Grant noise out au venir ensemble , 
Tote la terre en croie è tremble; 
Donc voïssiez chevaliers poindre, * 
Li uns torner , li altres joindre ; 
Hardiz avant esperuner, 
Cuarz goupilier' è trembler. 
Choc des £l Rci de France et as Franceiz 

Fr«oç»setdes c* ' *. L i^ *. ..• • 

Cotentinois. ^1 vmt cuscmb Costcntinciz , 

Serréement s'entre requerrent, * 9« «o 

Lances baissées s^entre fièrent; ^ 
D'ambedeus parz unt es escuz 
Maint colps de lances reçéuz : 
Quant li lances froissent è Êdllent , 
O li espées s'entre assaillent. 



' Hamon^aux' Dents était jiei- * Piquer en avant, charger, 

gneur de Thorigny, dont l'églîse , f^^ ^ poltron, 
est sous l'inYOcation de saint , ^ 

Amand. On dit encore Sainte * * entre^cherehaU. 

Amant de Thorigny. ' S'entre^frappemt, 



DE ROU. 35 

Ne vunt pas jostes demandant, 
Maiz à chapleis se vunt ferrant , ' 
Si com en champ ùxat champion ; 
Quant pareuz * sunt dui cumpaignon , 
Se entre fièrent è js'entre abatent, 9*^0 

De mainte guise s'entre tastent, 
Entre hurtent et entre boutent, ^ 
£ gaudissent^ quant il se doutent. 
Chescun a honte de fuir , 
£ chescun vont H champ tenir ; 
A sun per ^ chescun se vante 
Tut ensement de lor poissance ; 
Constentineiz è Franceiz sunt 
Li uns as altres contrestunt. ^ 
Grant est la noise è mult s'angoissent , 9< 3o 

Sachent 7 espées è lances froissent. 
Mult voîssiez vassals cumbatre, 
Serjanz è chevalliers abatre; 

Li Reis méismes fu féruz, * Le roi est 

E de sun cheval abatuz. yê?lé de ton" 

Un Normant fu entrels venuz , 
Ki ne pout estre <x>gnëuz ; 
Cil kuida se li Roiz chaioit, ^ 



cheyal. 



'Mais à fer émoulu se vont ^ -Combattons , opposés, contes- 

frappant. tans. 
* Pareils, égaux , semhlaèles. ^ Tirent /es épées du fourreau. 

^ Poussent, On dît encore en Normandie : 

^ Se réjouissent. Sacquer. 
' Égai. * Frappé, — » Tombait. 



36 LE ROMAN 

Ke trestot Tost estormiroit : ' 
Tôt à travers li Roiz feri , 9«4o 

Et à travers jus ' l'abati ; 
E se le hauber boti ne fust, 
Mien escient occis 1 eust. 
De ço distrent li païsant, 
E dient encore en gabant : 
De Costentin iessi ^ la lance 
Ki abati le Rei de France. 
E si s'en parti atant, 
Bien s'en poent aler gabant ; 
Maiz el partir ke cil faseit, 9>^o 

Quant son cheval corir voleit, 
Point un chevalier, si l'ataint; 
Par tel aïr^ avant l'empaint, ^ 
K'il l'abati tôt estendu , 
Maiz tant tost li en fu rendu 
Un meillor , quer al redre<;hier 
Ke il s'aert® sor son destrier, 
Jà teneit la main à l'archon , 
Quant la presse crut environ ; 
De la sele l'unt désaers, ? 9160 

Chair le firent tiit envers ; 
As chevals le font despetrir , 



8 



' Que toute l'armée serait en ' Le frappe, 

Qu il monte. 



déroute, 



■ A terre. 

î ^^^ 7 Vont enlevé, 

* Violence f colère; à* ira. * Fouler aux pieds. 



DE ROU. 
£t illau l'uni por mort guerpir. 
Grant presse out au relever , 
E mult le firent tost monter; 
Entre sez homes fu cbaiz, ' 
Ne fu dehurtez ne destraiz , " 
Légièrement releva sus , 
Hardiz fîi, unk mez puiz fu plus. 
Dez ke li Reis fu à cheval , 
Bien pëussiez véoir vassal 
De lances è d'espées férir , 
E Franceiz Normanz envaïr, 
E Normanz torner è guenchir, * 
E l'un de l'altre despartir. 
Li Reis se fist sovent véer* 
Por ço k'il le virent chaer; 
D'onc^ fu abatu Dan As Dens 
E ne sai (juanz^ de ses parenz , 
Ki puiz ne tomerent arière , 
Se né fussent portez en bière. 
Dan As Dens esteit un Normant 
De fié è d'homes bien poissant, 
Sire esteit de Thorignie 
E de Mezi ' è de Croillie; ^ 



37 



Le roi se re- 
lève , et re- 
moute à che- 
val. 



9'7» 



9180 



Uamon et pla- 

•ieurs des 

siens sont 

tués. 



' Tombé, * Garder, préserver. 

'Ni offensé. ^D'où^delà. 

' Tourner de coté, se dit en- * Condfien. 

core dans le Bessin pour expri- ^ MaisjTt commune littorale du 

ïMr le mouyement de tête du Bessin. 

cbcval qui veut mordre. * CreuUy, bourg de Tarroii- 



38 LE ROMAN 

Sovent aloit Frenceiz férant , 
E sovent criant : Saint Amant. 
Un Franceiz l'a véu sovent 
Cuntenir orguillusement , 
Arestant sei le esgarda, 9 '90 

Tant atendi k'il apristna ; ' 
A un trestor * k'il out véu 
Ke Hamon out li Reis féru , ^ 
Le Franceiz point de grant f andon ; * 
Devant l'escu de son arçon 
Féri Hamon de grant vertu , 
£ Hamon chaï ^ sor son escu; 
Je ne sai corne il fu nafré, ^ 
Mez sor l'escu fti mort levé. ' 
Hamoa est A Esquai ^ fu d'ilçuc porté , 9'o« 

Eftqnai. E dcvaut l'iglise enterré. 

Asez i out genz ki kuiderent , 
Ki cest proesces esgarderent 
K'Hamon aveit li Reis fçru , 
E de sun cheval abattu , 



dissement de Caen , célèbre par ^ Le Francs le chmrg^e de 
ses seigneurs et son château. grande force, 

* Tomba. 

' A un détour, ' ^**'*' ^^''^' 

Mas* de Duchesne, 

^ La Chronique de Normtmdie ' Notre-Dame d'Msquai, sur les 

dit que ce fut Guillesen , oncle bords de rOme» proche Vieux. 

de Hamon- anx-Dents, qui abat- Il y a aussi un TiUage de ce 

tit le roi de France d'un coup de nom sur les bords de la Seule , 

lance. à une lieue de Bayeux. 



DE ROU. 
E ke por ço Franceiz Tocistrent , 
Ki por li Reis venjaiice pristrept. 
Raol Tesson tant atendi, 
Tant esgarda è tant sofFri, 
K'il vit li deus ost asembler, 
E vit li chevaliers joster; 
Lores s'emut è chevalcha; 
Asez parut ù il passa. 
Ne sai sez granz faiz aconter , 
Ni cels k'il abati nomér. 
Ensemle out Renouf li viscunte. 
Ne vus ferai mie lonc cunte : 
Out un vassal nommé Harde , * 
De Baex fu nonri è né , 
Devant li altres chevalchout , 
En sa proesce se 6out : 
Willame verz li s'eslessa , * 
Un glaive tint, bien l^avisa; 
Parmi li cors lez le menton , ^ 
Entre la gorge et le gotron , 
Li fist passer le fér trenchant; 
Ne li pout rien aveir garant , 
Willame empoint è cil chaï ^ 



39 



Raoul Tesson 

prend part au 

combat. 



9110 



gsao 



Exploits du 
jeune duc. 



' La Chronique de Normandie neveu de Grimoult du Plessis. 
le nomme Bardon, » S'élança, 

Oot UQ vassal par nnn hardré. ^ Le gosier. 

♦ Guillaume le frappe , et il 
Dumoulin prétend qu'il était tomàe. 



Décourage- 
ment et 

frayeur de 
Renoulf. 



Il prend la 
faite. 



40 LE ROMAN 

Li cors envers , Talme en issî ; " 
Sun glaive i a li Dus lessié. 
Si a li branc tôt nu ^chié , ' 
Noblement è bien se cumbat , 
Maint en tresbuche et abat. 
Renouf vit li granz poignéiz ^ 
£ vit li granz abatéiz , 
Li noises 01 et les criz 
£ des lances le froisséiz ^ 
Arestut sei tut esbahiz 
Corne ki n'est gaires hardiz. 
Grant paor a ne seit traï , 
E ke Néel ne s'en seit fui ; 
Willame dote mult è creint 
£ la gent ki o li vient : 
Mal est bailli se il est pris , 
£ pis iert ^ se il est occis. 
Se l'un est mat^ è l'altre pris, 
De healme ne quiert aveir pris; 
Quant la gent point®, il se retrait, 
La bataille mult li desplait; 
Il vait avant et il arrière, 
£ncore creint-il ke l'en fiere. ' 
De sez cumpaingnuns desparti, ^ 



9a3o 



9240 



9«^ 



\ 



* En sortit. 

* 7^'rc, mis au poing. 
^ Combats; àe pugna. 
4 Sera. 



* Vaincu. 

® Charge. 

7 Que l'on ne frappa, 

' Se sépaxu. 



DE ROU. 4i 

Fuir s'en vout , si s'en fui ; 
Lessa la lance è puiz.rescu9 
Fuiant s'en vait , col estendu , 
Li cuarz îi li s'acompaignent , 
Tiex n'i ont mal ki mult se plaignent. 
Néel se cumbati cum pros; Néei soutient 

o • 1 1* Tfc • plus courageu- 

se tieX les travaSt h.ReiS tOS, sementlechoc 

Mar * î fussent Franceiz venuz , 9^60 " '^*°Ç"«- 

Descunfiz fussent è veincuz. 

Maint, colp i duna è reçut , 

E bien le fist tant com li fut , ' 

Maiz déchaer ^ vi sun esfois , 

Vi de sis bons pluséors morz ; 

Franceiz de tûtes parz espeissent , ^ 

Normanz décheient è décreissent. 

Par bunté è par inesleté,^ 

Por bardemçnt , por nobleté 

Fu apelé Chiefde Faucon ^ 9^70 

Noble Chiefde Faucon out non. 

Li uns chaient ki nafrez sunt , 

Cil s'enfuient ki poor unt : 

Quant Nëel parti de l'estur, ^ 

One graignur duil n'out à nul jur. 

Ne vos voil dire ne ne sai , 

Ne en escri trové ne l'ai , 



' A^ la maie heure, ^ Augmentent. 

* Autant qu 'il hù fut possible, ' Habileté, 

^ Déchoir, • ^ Du combat. 



y 



La déroute 
devient géné- 
rale. 



Massacre des 
fayards. 



42 LE ROMAN 

Ne jo nel' vi ne jo n'i fui , * 
Lequels d'els mielx se cumbati, 
Maiz ço sai ke li Reis veinki , 
£ ke Renouf du champ fui. 
Grant fu la turbe * des fuianz 
£ grant la turbe des féranz ; ^ 
Mult voïssiez chevals errer , 
£ chevaliers esperuner, 
Blez è campaignes trespasser,^ 
Chevals escamper * è lasser : 
£n Béessin volent toï*ner, 
Maiz creignent Osgne^ à passer. 
£ntre Alemaigne è Fontenoi ' 
S'enfuient tuit à grant desroi , * 
Ci cinc sunt , ci siz è ci troi ; 
Cil ki les encachent è meniiient , « 
Mult les destirent è destruient. " 
£n Osgne unt tant tresbuchié, 
£ tant ociz è tant néié 
Ke li molins de ^rbillon 
£n estanchierent **, ço dit on. 



9980 



939® 



* Je ne le 'vis ni n *y étais, 

* La troupe, 

^ De ceux qui frappaient, 

* Traverser, 

* Échapper. 

* La rwlère d*Orne, 



bords de TOme. D y âTait une 
abbaye de l'ordre de Saint-Be- 
noît. 

• Déroute, 

9 Et diminuent (en les tuant). 

'** Les pressent et les détruisent. 

' ' En furent obstrués ou écluses. 



7 Scùnt" André de Fontenay, à comme dit la Chronique de 19 or^ 
deux lieues de Caeu, sur les mandie. 



DE ROU. 
Li Roiz fist sa gent rasembler, 
En sa terre vout returner; 
Li malades è li nafrez 
En uni ensemle od els portez ; 
En terre enfoent les ociz 
As cemetieres del paiz.. 
Willame rèmest * en la terre , 
De grant pose n'y out guerre , 
Li Barunz à li s'acorderent; 
Tant pramistrent è tant dunèrent , 
Ke il lur tint è porta paiz , ' 
E clama quites lor forfaiz., 
Néel ne se pout acorder, 
Ne el païz n'osa cunverscr , ' 
En Bretaigne fu lungement 
Ainz ke il fist acordement. 
De Valesdune s'estort^ Gui, 
En Brione * s'en est fui ; 
Willame point après li tost , 
£o châstel ki fort ert l'endost. 
A cel tems esteit en une Ule 
La fortelesce dedenz Bisle; ^ 
La fortelesce è la maisun 
Ceigneit Risle tut envirun. ^ 



43 



9ÎO» 



Les barons se 

rëconcilient 

avec lemr dnc. 



93io 



Guy de Bour- 
gogne se ré- 
fugie dans son 
château de 
Brionne , où il 
est assiégé par 
le duc. 



çSao 



' Heste. 
' Demeurçr, 
' Se retire, 

^ Brionne, petite yiUe du dé- 
putement de l'Enre. 



^ Rivière qui passe à Brionne. 
M* Tottqnet a cité fort à propos 
ce passage dans sa description du 
département de TËure. 

^ Il ne faut pas confondre ce 



Il capitule, et 

se retire dans 

son pays. 



44 LE ROMAN 

En Brione fu Gui enclos, ' 
Maiz il n'i out paix ne repos, 
En grant criesme * fu de sun cors. 
Dui chastels fist li Dus defors ; ^ 
Par la viande ^ ki failli , 
Et par la gent ki l'assailli, 
Rendi Gui Brione è Vernun. 
N'out fet altre divisiun , ^ 
Ne mez ke od li Dus sereit , 
E li Duc le cunrëereitj^ 
Maiz il n'i a gaires este , 
Ne il n'i ert en grant chierté : ' 
En Burguine s'en est alez , 
En la cuntrée îi il fu nez. 



933o 



Soami&sioQ 

des barons 

normands. 



Quant Normanz virent ke li Dus 
A tuz alout si el desus,^ 



château, situé dans une île de 
]a Rille, avec celui dont les rui- 
nes dominent encore aujourd'hui 
la Tille de Brionne. Il ne reste 
aucun -vestige du premier. Un 
rapprochement fait par Orde- 
rie Vital nous apprend que le 
siège de Brionne dura trois ans, 
comme cela arrivait souyent à 
cette époque d'enfance de l'art 
militaire. Sic Robertus dux ab 
hora nona Brionnam ante soRs 
occasum obtinuit, quam QuiUel' 
muspater ejus cum auxUio Henrîci 
Frattcorum régis sibi vix in tribus 



annis subigeri pottût , dum Guido 
filius Aainaldi Burgundionis post 
prœlium F'ailis-Dunensb iliicprœ- 
sidium sibi statuit. ( Ord. Vital , 
Liv. VIII, p. 687.) (A. L. P.) 

' Renfermé, 

' Crainte. 

' Dehors, 

* Les vivres. 

^ Convention, accord. 
^ V entretiendrait, fournirait à 
ses dépenses. 

' Amitié. 

* Prenait le dessus de tous. 



DE ROU. 
De paiz tenir mistrent ostages , 
Fëeltez firent è bornages; 
Com à Seigneur li obéirent, 
Li novels chastels abatirent, 
'A enviz è volentiers. le servirent. 
Grimout del Pleisseiz a pris 
Et à Roem en prisun mis ; 
Se il le prist il out raison , 
Kar il l'eust par traïsun , 
Ce dist, à Valuignes murdri, 
Quant un fol, Golet l'en garni. ' 
Grimout cognut la félunie , 
S'en apela de compaingnie 
Un chevalier ki Salle out non, 
Del- lignage père Huon ; 
Salle s'en offrit à desfendre, 
Si l'en estut ^ bataille prendre ; 
Âl jur quant vint de la bataille, 
R'ele deveit estre sans faille , 
Fu truvé mors en la gaole , ^ 
Mult par ettfu fet grant parole; * 
Si cum il ert eucbaenez , 



45 



9340 



Grimonlt do 
Plessis est 

pris , et menrt 
eo prison. 



9350 



9360 



' On trouve ici dans le ma- rime ni pour le sens. (A. L. P.) 

nuscrit de Duchesne le vers sui- » L*en avertit. 

^^^' • ^ Mnsi l'on contint. 

Se mal pensèrent, si encôrurent. 4 £a geôle, la prison; de Ca- 

Nous ne l'insérons point dans veola. 

le texte, parce qu*il ne -nous « Grimout, si en fu grant parole, 

parait satisfaisant ni pour la Mss. de jbuehesne. 



Une portion 

de ses biens 

est donnée à 

la cathédrale 

de Bayeiix. 



46 L£ ROMAN 

Od li buies ' fu enterrez. 
A Baieues fu lors otréiée , 
Quant riglisefudeiiiëe, 
De la terre Grimout partie ' 
A Madame Sainte Marie ; ^ 
Partie fu ki ke l'en die / 
Mise à chescun en l'abéie. ^ 



Geoffroi Mar- 
tel , comte 
d*Anjou, s'em- 
pare d*Alen« 
con et de 
Domfronf. 



GifFrei Martel , un quens d'Angou 
Gels de Teroigne è de Peitou , 
£ si veizinz de plu^urs parz , 



937* 



' Les fers des pieds, 

* La charte de cette donation, 
qui paraît être de 1074, est im- 
primée par extrait dans le GaUia 
Christiana , tome xi , instrumenta 
eccles. Bajocensis, Suivant les his- 
toriens de Rouen , c'est dans la 
chapelle de Saint-Marc, alors 
située hors de l'enceinte de la 
ville , que fut enterré le malheu- 
reux Grimoult, aja^t encore les 
fers aux pieds, comme Wace en 
fait la remarque. ( A. L. P.) ■ 

^ A l'église de Notre-Dame , la 
cathédrale. 

^ Le mot abbaye ne semble ici 
mis que pour la rime. Le com- 
pilateur de la Chronique de Nor- 
mandie a mis V abbaye d^ Caen ; 
bévue énorme , puisque les deux 
abbayes fondées par Guillaume 
ne furent bâties et dotées que 
long>temp« après. La moitié des 



biens de Grimoult fut donnée 
aux seigneurs qui avaient com- 
battu avec GniUaùme à h bataille 
du Val des Dunes. 

' Geoffroi Martel, comte d'An- 
jou , né en 1006 , mort en 1060. 
C'est dans Guillaume de Poitiers 
qu'il faut chercher le récit des 
hostilités que le duc de Nor- 
mandie , empressé de rendre au 
roi Henri le secours qu'il en 
avait re^ , exerça le premier 
contre ce puissaQt seigneur , et 
dont celui-ci chercha à se ven- 
ger par la prise d'Alençon et de 
Domfront. Wace et son guide 
habituel, Guillaume de Jumiè- 
ges , en passant sous silence ces 
antécédens , ont altéré grave- 
ment le caractère des événe- 
mens. U Histoire des Grands-Offi' 
ci>r^ place en io4d l'envahisse- 
ment des deux villes par Geof- 
froi. (A. L. P.) 



DE ROU. 47 

Par sez engiens è par se:^ ar2 
Out mult damagiez è destreiz, ' 
Homes ràenz ', chastels toleiz. 
Al cunte Thiebaut toli Tors , ' 
Viles è chastels pluséors ; 
A Guillealme li peitevin, 
Ki tint Peitou è Lin^osin 
Toli par force Mirebel , 
Ë Loudun un riche chastel ; 
A cels de Belesne, Alençon 9^80 

£ Danfronz toli sanz raison : 
Alençon ert de Normendie 
£ Danfronz del Maine partie. 
Cuntre Normanz è sur lur peis 
Garni Danfronz è tint Passeis ; 
Chevaliers i mist è serjanz, 
Bien orguillus è mal fesanz , 
Ki par Normendie coreient, 
£ granz damages i faseient. 
Willeame volt véir Danfront 9^ Le duc Ouii- 

-TT 1 • • ic •» «■ 1 lanme Tient 

U 11 mesnies ^ Martel sont; reconnaître 

Par sa terre vienent è vont, 
Grant ire ara s'il nés' * confont. 
Asez od sei mena armez , 
Maiz un d'îcels k'il out menez ^ 



Domfront. 



Tourmentés. * Les troupes. 

' Mançonnés. ' Ne les. 

Tours. ^ Il paraît que ce traître était 



3 



48 LE ROMAN 

Fist à cels de Danfront saveir 

Ke li Dus vient Danfront vèir , 

Mult i porreientr gaaingnier . 

S'il s'en saveient cunseillier. 

Cil saillirent tost as destriers , " 9400 

Ki gaaingnassent volen tiers , 

Willame kuidoent surprendre, 

E de sez homes alcuns prendre. 

Quant de Danfront furent issus, 
* Lez un teltre se sunt tenu ; 

Li Dus les a tost aparcheuz , 

Li lances vit è les escuz; 

Sez cumpaignons fist à els poindre , * 
I II meisme vout à els joindre , 

\ Maiz cil s'en turnerent fuiant, 94»» 

Ne voldrent mie aler turnant; ^ 

N'i out ki volsist turnoier , 

Ne ki osast al Duc joust^r. 

Cheval aveit forment corant , 

Près des portes les vint cachant ; * 
\ Un en acosta, cil retint, 

E cil le prist ki emprez vint; 

N'i out plus à celé fieie. ^ 



l'an des principaux personnages ' Piquer, charger. 
de la suite de Guillaume : Qui' ' Joutant, tournoyant, 
dam ex Normannis majoribus. ^ Vers les portes les vet cachant. 

( A. L. P.) itf«« ^ Duekesne. 

' Ceux-ci montèrent prompte- ^ Il n'y eut rien de plus cette 

ment à cheval. fois. 



DE ROU. 
Si fîst returner sa mesnie; 
Vit li païz è li cuntrées, 
Vit li trespas ' è li valëes , 
Vit li destreiz* è li sentiers, 
Vit li veies è li rochiers , 
Vit li chastel ki sist en hait, 
N'ert mie à prendre par assalt. 
Treiz chastels fist fere envirun , ^ 
Si lur toli la gamisun. ^ 
Endementiers k'il sëjornout 
As chastels fère k'il fermout, ^ 
Vint un espie d'Alençon , 
Ne sai s'esteit normant u non ; 
£1 Duc Guillame cunseilla , ^ 
E li Dus , quant none ' suna , 
Fist provende as chevals duner, 
Et el seir fîst sa gent munter. 
Del primseir passa Meshendin , 
Vers Alençon son dreit chemin , 
Parcort Pontel ^ è Saint Sanson , 
De Saint Sanson '^ à Alençon. 
Alençon est sor Sartre asiz , 



8 



49 



9490 



nfaitbAtir 
troU chAteanx 
pour bloquer 
la gamiton de 

Oomfront. 



943o 



11 va ensuite 
assiéger Alen- 

COD. 



^4* 



' Les p<tssages. 

* Les chemins détournés» 
' Autour. 

^ Les ifivres , ie ravitaillement, 

* Qu'a fortifiait. 

** Paria en particulier. 
' La neuvième heure, 

IL 



' Méhendin , arrondissement 
d'Argentan. 

' Pointel, canton de Brionze, 
arrondissement d'Argentan. 

'^ Saint-^amson, commune yoi- 
stne de Pré-en-Pail, départe- 
ment de la Mayenne. 



5o 



Les gardiens 
de la tète du 
pont l'inju- 
rient. 



LE ROMAN 

Iloec devize * le païz; 
Normanz sunt devers li chastel , 
Et ultre l'ewe * sunt Mansel. 
De celé part el chief del pont , 
Par où la gent vienent è vont , 
Aveit à cel tems un fossé 
Haut è parfont è réparé ; 
Sor li fossé out hei4çun , ^ 
E dedenz close une maison ; 
Encore unt bçrtesches ^ levées , 
Bien planchies è kernçlées. ^ 
Chevaliers i out è serjanz 
Cuntralius ^ è médisanz; 
Là vint li Dus primierement 
Pur véir lur cuntenement ; ' 
Gels se contindrent malement , 
E parlèrent vilainement. 
Willeame unt asez convicié ; * 
Plusurs feiz li unt hucié : ^ 
La pely la pel al parmentier y 
Pur ceo ke à Faleizç fu nez , 
U peletiers aveit asez ; 



945c 



9460 



' Sépare. 

* L'eau , la rivière. 

' Pièces de bois garnies de poin- 
tes de fer, 

* Tours de bois mobiles qui ser- 
paient à l'attaque et à la défense 
d^s villes, 

* Crénelées, 



^ Contrarions , querelleurs. 

7 Lwr contenance. 

• Injurié. 

9 Crié, huche. 

'** La peau, la peau au pelletier. 

Al pautonîer. 

jMss, de Duchesne, 



DE ROU. 

Li unt cel mestier reprocé , 
£ par cuntraire è par vilté. ' 
Li Dus , ki tut as escuté , 
Jura par la resplendor Dé, ' 
Ço ert suvent sun serement, 
S'il pot cels prendre , Salement 
Lur sera cel dit achaté : 
Des membres seront esmundé , ^ 
Ne porterunt ne pié ne puing , 
Ne ne verrunt ne preus ne luing. 
Lores fîst venir eskuiers , 
Et les homes as chevaliers ; 
Li uns fîst aler asaiUir, 
Li altre li fossé emplir. 
Li covertures des maisuns 

4 

Ë li lates è li chevruns 

£ kan ke il ^ unt preuf truvé , 

£1 fossé unt amuncelé , 

Poiz mistrent li feu verz le vent; • 

Li boiz fu sec, li feu s'esprent. 

Ke par ^ li feu k'il aluma , 

Ke par Tassait k'il lur duna , 

Li uns sunt ars ^, li altres pris , 



5i 



Colère et me- 
naces terribles 
da duc. 



9^70 



Il met le fea 
aux fortifica- 
tions , et s'em- 
pare de la tète 
du pont. 



9480 



' Chose vile. 

* Par la splendeur de Dieu, 

' Émonder. Se dit d*un arbre 
dont on coupe les branches. 
Dans le sens que l'auteur lui 



donne ici , cette expression est 
d'une yérité terrible. 

* Et tout ce qu'il. 

* Tant par, 

* Brûlés, 



Vengeance 

exercée sur 

ceux qui Tont 

injurié. 



52 LE ROMAN 

E cel jur à hunte occis. ' 

Li Dus volt aveir li prisuns * 

E de tuz volt saveir li nuns : 

Gels ki Forent cuntralié, 

£ de parole laidangié,' 

Fist devant Alençon mener, 

£ li puings è li pies colper;^ 

El chastel fist li pies geter 

Por cels dedenz espoanter ; 

Cil furent mult espoantez , 

£ li Duz a sor sainz jurez 

Ke altretel loier^ atendent, 

Se le chastel tost ne li rendent; 

Emprez, lor dist, s'il li rendeient, 

Quitement aler s'en porreient; 

Salvs lur membres è salvs lur cors, 

Si les lerra ^ tuz aler fors; 

Par Normendie à lur talent 7 

Porront aller séurement. 

Cil furent forment desgarni 

E des manaces esbahi ; 



94l)» 



gSoo 



' E tiex i a à hunte occis. 

Mss. de Duehesne. 

* Les prisonniers. 

3 Offensé. 

^ Les malheureux qui subirent 
cette horrible yengeance étaient 
au nombre de trente-deux. ///«- 
sores 'verb, coram omnibus infrà 



Alentium consistentihus , mambus 
prwari jussit et pedibus. Nec mora 
sicut jusserat, triginta duo etebi» 
iitati sunt. (Willehn. Gemmt., 
Lib. y II y c. xyiii.) (Â. L. P.) 

' Salaire. 

' Les laissera. 

' AleurvoUmté, 



DE ROU. 

Li chastel ont el Duc rendu , 

E li Dus Ta d'els recéu ; 

Servanz i mist è chevaliers, 

Et eschargaites * è portiers, 

Puiz est repairiez * à Danfront. 

Tant destreint ^ cels ki dedenz sont 

Re il unt mande à Martel^ 

Re il secore li chastel; 

N'ont ke mangier ne ke despendre , 

Cungié lur doint del chastel rendre, 

U il les garnisse u rescoe ; ^ 

S'il le pert, la honte iert soe.^ 

Tant lungement l'unt desfendu 

E sun secors unt atendu, 

lïTaront mez nul tort, s'il le rendent, 

Quant de nuUui ? secors n'atendent. 

Bien sevent tuit certainement. 

Se li Dus par force les prent , 

N'en prendra altre reançon 

Qu'ont de cels del pont d'Alençon. 

Giffrei Martel fii curios ' 

Re Danjfront poisse estre rescos; 

Mansels manda et Angevins, 

£ requist seigneurs è veizins. 



Î3 



95ie 



95 !• 



La gamitOB 

du chAtoaa 

capitale. 



Goillanme re- 
tonme derant 
Domfront, et 
presse Tire- 
ment la place. 



Geofïroi, ap- 
pelé par les 
assiégés. Tient 
à leur secours. 



9^3» 



* Sentinelles. 

Betoumé, 
' Presse, 
^ Geoffroi Martel, comte ci*An- 



]oa. 



' Ou délivre, 
^ Sienne, 
^ De personne. 
' J4U0UX. 



54 LJE ROMAN 

Prez esteit de Danfront venu , x 

Bien en poeit estre véu. 
Message de Willame sout kc il veneit, 

^Geoffro!.* E ke Danfront garnir voleit, 

De sez banms apela treis, 

Bieff raisnables * è bien corteis : 

Le filz Osber sun seneschal 

(Willame out non , noble vassal), 

E Rogier de Mongomeri 

E Willame le filz Tierri : 9540 

Muntez , dist-il , sor vos destriers , 

Ki savez esmer * chevaliers ; 

Sacez kels genz Martel amené , 

Ki de Danfront garnir se pêne. 

Dites li ke jo gart la porte , 

Si rechevrai ço k'il aporte ; 

Jo sui el mien, si gart le sien, ^ 

Laist mei le mien , si fera bien. 

Il a essaiez Toroignaz * 

E essaiez Peitevinaz ; ^ s^^'» 

Bien a fet dès ke il li plout ; 

Ceo pert as terres k'il lor tout. ^ 

Demain pot essaier Normant, 

U ost cuntre ost ù as quanz à tant. ' 



' Raisonnables, ♦ Tourangeaux. 

* Poitevins. 
* Estimer, évaluer. s enleva. 

» Je sni enmi, si gart le mien. ^ Ou armée contre armée, ou 

Mss. de Duchesne. tant contre tant. 



D£ ROU. 

Ki ke die ne ki ke face , 

Nos sûmes jà pFest en la place; 

îTi passera, ço sace il , * 

U i ara mors plus ke mil 

Li treis Barunz unt tant erré * 

K'il unt Gif&ei Martel truvë. 

Asez i out paroles dites 

Ë complaintes granz; è pietitès , 

Asez i out parlé de plaiz ^ 

E de toltes * è d'altres faiz ; . 

Maiz la fin fil ke Martel dist , 

£ par parole le pramist , 

Ke par main ^ à Danfront ireit , 

E là verreit ki Tatendreit; 

E sor un cheval blanc sereît, 

E un escu à or^ aureit, 

Re Guillame bien le séust , 

Et as armes le conéust. 

Cil respundirent en gabant , ? 

Ke por nient® ireit eh avant ^ 

Por nient se travaillereit, 

E por nient avant iréit, 

Ke Guillame si l'atendeitt 

Par matinet à li sereit. 



55 



9560 



Réponse de 

Geoffroi, et 

fixatioQ de la 

bataille au 

lendemain. 



957» 



' Qu'il le sache. 
* Marché, 
^ De contestations. 
^ De déprédations. 



^ Matin, 

^ Doré. 

' En se moquant. 

* Que pour rien. 



56 LE ROMAN 

Distrent li ' kiex armes areit, 
E kel cheval chevalchereit. gsso 

Martel dist k'à Danfront ira 
Et à Danfront le requerra. 
Cil n'unt mie à li estrivé ; * 
Quant ke il dit ^ unt escolté. 
Ne mez * s'il vient il le verrunt , 
E feront li mielx k'il porrunt ; 
Il l'atendront s'il les requiert , 
El départir verront cum iert : 
De Giffrei Martel sunt turné , 
Tuit de bataille asséuré. 959» 

Willame dist : Tut seit en Dé ^ 
Et en la soe volenté. 
Celé nuit unt asez veillié , 
£ li chastel de prez gaitié ; 
Li hardiz volent la bataille , 
Ë li cuarz ke ele faille ; 
Ne lur chalust kel plaist féissent, 
Maiz ke en paiz se départissent. ^ 
Le jor emprez s'armèrent tuit 
A grant tumulte et à grant bruit. 9600 

Après quel- Martel sa gent apareillout; 

ques vaines __ 

démonstra- Ne*sai S avant aler kuidout ; 



' Ils lui dirent quelles armes aU' * Par la suite , désormais. 

rait Guillaume. ^ En Dieu, 

, -.. , ^ Il ne leur importe quel accord 

Dispute. ., j. ' p., » •/ 

-* ils fassent, pourvu qu us s en aU' 

^ Tout ce qu'il dit lent en paix. 



DE RÔU. 57 

De cumbatre faseit semblant , ^^ » <^«<>^- 

• 1 •■ f roi »e retire. 

Ses cunreis ' alout devisant, 

£ cels d'Anjou è cels del Maine ; 

Quant Giffrei vit cels de Meaigne ' 

Travers li champs esperunant, 

Sa gent emprès alout suiant , ^ 

Un chevalier li dist itant : ^ 

Sire, vus n'irez mie avant, 9610 

Tost i porriez foloier , * 

£ plus perdre ke gaaingnier : 

D'un poi estes trop tart méuz, 

Li chastel est al Duc renduz. 

Martel kuida ke veir^ déist, 

£ ke pur sun prou le féist; 

De la cuntrëe s'est partiz. 

Tut coroços ? è tut marriz. 

Quant li guardes de Danfront sorent Les assiégés 

■gr \* • capitulent. 

Ke h secors aveir ne porent, 96*0 

£ ke Martel plus n'en fereit , 
Ki la cuntrée guerpisseit, 
Li chastel livrent demaneiz , ^ 
Saus 9 lur membres è lur herneiz. 



* Corps de troupes. ^ Lui dit alors ( à Geoffiroi Mar- 

' Probablement Mayenne. ® l' 

^ , , -, . * F<dre une folie. 
Cels de Demainne. 

Mss. de Jhtchesne. ^'^'• 



y Courroucé. 
• Sur-le-^ 
Mss. de Duckesne. * Saufs. 



^ Sa gent emprès aloat fiiyant, 
A Gieffrei Martel dist itant. * Sur-le-champ. 



Guillaume 

fortifie Am- 

brières. 



58 LE ROMAN 

E li Dus fist sun gonfanon 
Lever è porter el dangon ; 
El chastel a altres miz 
Od ki il out Danfront assiz. ' 
Li bertesches ' en fist porter , 
Por li Conte Gifïrei grever, 
A Aubrieres ^ les fist lever : 
Un chastel fist iloec fermer. * 
Quant il out li chastel fermé, 
Et as gardes Tout comendé , 
A Roem vint en lîormendie. 



9630 



Il revient en 
Normandie , 

et épotue 
Mathilde de 

Flandre. 



Par cunseil de sa baninie 
Prist une famé ^ de haut lin,^ 
En Flandres fille Balduin , 
Nièce Robert li rei de France , 
Fille soe fille ' Cuûstànce ; 
A maint noble home fu parente, 
Mahelt ® out non , mult bêle è gettte. 



9640 



' Assiégé. 

* Tours de bois mobiles qui 
tuudent servi au siège, 

' Ambrières sur la Mayenne. 

4 Fortifier, 

' Aucun historien normand 
n'a jugé à propos de nous indi- 
quer l'époque du mariage du 
duc, et c'est dans la Chronique 
de Tours qu'il faut aller la cher- 
cher. Nous y apprenons <jue ce 
mariage fut célébré en io53, 



année où nous avons vu qu'il 
fallait pareillement placer la ré- 
volte de Guillaume d'Arqués. D 
paraît qu'il était question de ce 
mariage depuis long - temps , 
puîsqu'au concile de Retins * 
tenu en io49» il fo* ^5* défense 
à Baudouin de donnelr âa fille à 
Guillaume, et à celui-ci de la 
recevoir. (A. L* P«) 

^ lignage, 

1 W'dUde sa fille. — • Mathilde, 



DE ROU. 

Li Quens li duna liément ' 
O mult riche apareillement , 
A Ou li chastel * l'amena , 
£ li Dus iloc Fespusa; 
D'iloc fîi à Roem menée , 
Mult fil servie et énorée. 
Treis filz out de li ^, k'el nom , 
Robert , Guillame et Henri ; 
Dous filles out entre li filz , 
Ele ^ è Cécile mult gentilz. * 
Cécile fii à Caem abesse , 
Ele ^ fil de Chartres cuntesse , 
Espuse al cunte Estievenun , ? 
Gentiz home , noble barun : 
Ënfanz orent donc la lignie 
Fu mult créue et eshaucie. 



59 



Noms de leurs 
enfans. 



9650 



Maugier ki tint l'Arceveskie 
Mist Normendie tute en uie ^ 
Sor Willame è sor sa jtnoillier. 
Andui les fist escumengier : ^ 
Tant sunt, ço dit, prez d'un lignage , 



Les denx 

époux sont 

9660 excommuniés 

pour s'être 

mariés sans 

dispense. 



" Avec joie» 

* Au château d*Eu, 

^ D'eUe, 

< AdeU. 

' Cette liste des enfans de 
Gnilkume et de Mathilde est 
fort incomplète. Il est constant 



qu'ils enrent qna^ fils et cinq mer. 



fîûes , dont les noms sont trop 
connus poulr qu'il soit nécessaire 
de les citer ici. (Â. L. P.) 

^AdiU. 

7 ÉHenne. 

' En ktiie, en interdît, 

9 Tous deux il les fit excomnu* 



Ils fléchissent 
le coarroux de 
l'Église par 
plusieurs fon- 
dations pieu- 
ses. 



Mauvaise con- 
duite et dépo- 
sition de Tair- 



60 LE ROMAN 

Ne debveîent fere mariage. * 
Li Dus por satisfacîon , 
Ke Deus Ten face veir " pardon , 
E ke l'Apostoile ^ cunsente 
Ke tenir poisse sa parente , 
Fist cent provendes * establir 
A cent povres paistre è vestir, 
As meshaigniez^, as non poanz, ^ 
As langoros , as non véanz , ^ 
A Chiéresborc et à Roem , 
A Baieues et à Gaem ; 
Encore i sunt et encor durent 
Issi corne establies furent. 
Puiz ont à Gaem establies 
Mult richement dous abéies, 
En dui mostiers asez proçains , 
L'un à moignes , l'altre à nonains. 
Maugier se contint folement, 
Teles paroles diseit sevent, 



9671 



9680 



' L'empêchement canonique 
au mariage des deux nobles 
époux ne tenait point, comme 
semble l'indiquer notre auteur , 
à la parenté, mais à l'affinité 
provenant de ce qu'Adèle de 
France, mère deMathilde , avait 
épousé en premières noces Ri- 
chard III, oncle de Guillaume. 
Il ne paraît pas que jCC premier 
mariage ait été consommé ; mais 
on sait à quel point la cour de 
Rome se plaisait , à cette époque , 



à tirer parti des moindres cir- 
constances pour créer des em- 
pééhemens canoniques. Ce n'est 
qu'en loSg que Lanfranc par- 
vînt à assoupir cette grande dis* 
cussion. (A. L. P.) 

» Frai, 

^ Le pape, 

* Prébendes. 

" Blessés, 

^ Impotens, 

7 Aux aveugles. 



DE ROU. 

Ki sembloent redoterie, 

L'une sa ver, l'altre folie. ' 

A Roem fist mainte malice , 

Wi lessa telle ne galice, 

Ne croix , ne boen drap en almaire, * 

Ke Maugier ne fist forz traire; ' 

Tut gasteit è tut destruieit , 

Ne saveit l'en ke deveneit. 

Tant fist mal è tant fii blasmë , 

Ke par raison fu déposé ; ^ 

La croce de Roem guerpi , 

£t à Guillame la rendi. 

Et il la duna à Mausile ^ 

Par cumun cunseil de concile. 

A Fescam fu moigne profez ; 

Boen fu avant è boen aprez. 

Maugier n'i volt pas remanéir , « 

Sez parenz haï à véir; 

De la cuntrée s'esluigna, 

En Costentin s'en trespassa , ? 

Es isles vint de Costentin ; 

Là fu è vist* tresqu'è la fin. 

De la vie ke il mena , 

£ de la guise k'il ama, 



cheTèqiie 
Bfanger. 



9690 



Il est rempla- 
cé par Maorile. 



Manger se re- 
tire dans les 
9700 nés du Coten- 
tin. 



' L'une sage, l'autre JoUe. 

* En armoire, 

* Tirer dehors, 

4 La déposition de Mauger est 
de Tan xo55. 



' Maurile, Il mourut en 1067. 
* Demeurer. 
7 S'en alla. 
» reçut. 



Il entretient 

commerce 

avec mi esprit 

familier. 



62 LE ROMAN 

£ des enfanz k'il engendra 
Enz en Tisle ù il conversa 
Savuns nus asez ke retraire , 
Maiz nus n'avunz de ço ke faire. 
D'els issi ' hom mult énorez , 
Michiel de Baines ' apelez. 
Plusors distrent por vérité 
Ke un deable aveit privé , 
Ne sai s'esteit lutin u non , 
Ne sai nient de sa façon ; 
Toret ' se feseit apeler, 
E Toreit se feseit nomer. 
E quant Maugier parler voleit , 
Toret apelout, si veneit; 
Plusors les poeientoïr, 
Maiz nus d'els nés poet véir. 
Maugier as isles conversout, ^ 
D'une en altre sovent alout ; 
Quant il voleit è li plaiseit , 
Dechà delà sovent veneit. 
En Normendie velt* passer, 
Et en Costentin ariver. 
Al port ke l'en claime Winçant , ^ 
Par mer alout la nef siglant; ^ 



97 



10 






973< 



' De hd sortit. 
* Alias ; de Bayeux. 
^ Diminutif de Thorou Thur, 
divinité du Nord. 
^ Demeurait. 



^ Veut. 

® Ceci doit être une erreur de 
copiste. Nous verrons bientôt 
que Winçant est un port de Pi- 
cardie. (A. L. P.) — ' Foguant» 



DE ROU. 63 

Li mariniers ad apelez : 

Seignurs , dist-il , or vus gardez , 

Kar jo sai bien è si vos di 

Ke un de nos, mais ne sai ki , 

Deibt hui ' périr, ne sai cument, 

U par nëier u altrement; 

Cil Toîrent , maiz plus n'en firent , 

A lor nef conduire entendirent. 

Esté esteit', grant chaut faseit , 

Lez Testurmie * Maugier sëeit , 9740 

Sor ses piez ses braies ' liés ; 

ITaveit mie chances chaucié. 

Li sigle * aveient jà sus mis , 

£ bien aveient li port pris; 

Ne sai por kei Maugier s'esmut/ 

Maiz quant il li piez mover dut, 11 se noie, et 

En sez braies s'empéescha , che'^i' 

Ne pout aler, ainz tresbucha; 

En mer chaï li chief avant ; 

Unk ne se sorent pener tant , 97*0 

Ke il pout estre sachié ^ 

De si ke il fîi perilUé. 7 

El flot de la mer retraiant^ 



' Aujourd'hui. ^ La voile, 

' Proche U gowemaU, ^ "^^ qn'orent là jns mis. 

Mss. de Duchesne, 
Uestmineiiu 5 Se remua. — « Retiré. 

JIIm, de Duchesne. . . m. *'ir'* j - m. «•/ 

' Avant qu U fut péri, açantqu il 

* Culottes. fiU mort. — « Retirant. 



64 LE ROMAN 

Alerent tant la gent quërant^ 
Entre dui roches fu truvez , 
De sez braies bien envelupez , 
Donc fu à Chieresborc portez , 
Et à Chieresborc enterrez. 

Mort de Ka- A cclc terme % cil nos dist 

nut, roi d'An- i» • r» 

gictcrre. Kl dc Normanz lestoire fist, * 9760 

Renut à Wincestre morut , 
Ki fu père Hardekenut, 
Ki out Emme la feme Âlred, 
La mère Edwart è la Alvred. ' 
Hardekenut vivant son père , 
Par li conseil Emme sa mère , 
En Danemarche esteit alez , 
E Reis esteit mult ënorez : 
Par Hardekenut ki luing fu^ 
E ki à el a entendu, 977° 

Son fil» Hé- Avint Encleterre à Hérout , ^ 

raid loi snc- " 

cède. Un nlz bastart ke Renut out. 

Ewart et Alvred oïrent 
La mort Renut, grant joie en firent, 
Le règne * kuidoient aveir , 



■ La mort de Kanat est fort après celle du duc Robert, 

antérieure aux éyénemens dont ( A. L. P. ) 

rhistorien vient de parler. Elle * Et celte éC Alvred, 

eut lieu le 12 noyembre io35, ^ Herald ou Harold, 

ou environ quatre mois et demi ^ Le royaume. 



D£ ROU. 65 

Rar plus proçain n'i aveit eir. ' 
Chevaliers è nés ' purchacierent j 
Lor navires apareillierent; 
Ewart de Barbeflo ^ turna Expédition 

^^ . / 1 1*1 infractaeuse 

Od quarante nés kil meaa^ 97^0 d'Édoaardsur 

Al port de Hantone ariva, "^^^"^ 

La terre tut aveir kuida; 

Maiz li Ëngleiz, ki bien saveient 

Ke li frère venir debveient. 

Nés' * voudrent mie recoiUir 

Ne en la terre retenir. 

Herout li fîlz Kenut dotoent , ^ 

U poet cel estre k'il Famoent; ^ 

A Ewart li pais véerent, ? 

£ Normanz à els se medlerent,^ 9790 

Âsez en pristrent et ocistrent , 

E de lor nés assez en mistrent. 

Maiz Engleiz furent tost créu , ^ 

E de tûtes parz acoru. 

Ewart vit ke sainz grant damage 

Ne cunquerreit sun eiritage , 

Li pople vit ki mult creisseit , 

E la perte des spens cremeit , " 



' Béritier. * Craignaient. 

' Naçires, — * Barfleur, ® Ou peut-être qu'ils P aimaient. 



Cette expédition d*Édouard ' Défendirent. 

en Angleterre eut lieu en f o36. *. ^ combattirent. 

( A. L. P. ) ' 5 Augmentés. 

* Ne les. '^ Craignait. 

II. 5 



point. 



66 LE ROMAN 

£t il méismes, s'il ert pris, 
Sainz rançun séreit occis. 9800 

Sa gent fist as nés repairier 
£ fîst tôt lor herneiz chargier; 
A celé feiz n'en pout plus faire , 
A Barbeflo ' fîst sun repaire. 
Son frère Al- Alvrcd s'csHiut cntretant • 

fred débarque 

sur un autre Od grant uavic de Wincant; * 

A Dovre arriva salvement , 
De Dovre porpoignant Kent.^ 
Cuntre li vint Quens Gwine , * 
Ri mult esteit de pute orine ;^ 9^10 

Famé out de Danemarche née , 
De Daneiz bien emparentée , 
Filz out Héraut, Guert è Tosti. 
Pur li enfez ke jo vus di , ' 
Ri de Daneiz esteient né , 
£ de Daneiz erent amë, 
Ama Gwine li Daneiz 



' Barfleur, dans le Gote&tin. ntis^ dans l'Intention probable- 

* Dans le mime temps. ment d'arriver à DouTres plu- 

' Il ne s'agit point ici d'un *^^ ^« »»' ^ ^^^ méridionale 

port de Basse-Normandie y mais d'Angleterre. (A. L. P.) 

incontestablement de Wissant, ^Joignant, 

entre Boulogne et Calais. Wace s Le compilateur de la Chro^ 

est , sur ce point, d'accord avec nique de NùnMnMc l'appelle Guu- 

plusieurs historiens plus anciens, douin. 

et entre autres avec Guillaume 

de Jumièges et l'auteur de VEu- ^^ ^"^ '^'V^*' 

comium Emmœ regînœ, Alfred '' Acquise des enfcaisdoiU je ni>iens 

avait gagné par terre le Boulon- déparier. 



DE ROU- 
Mult mielx k'il nq f)ât li Engleiz. 
Oez cum fîi fête daablie ^ ' 
Grant traïsun , grant félunie : 
Traîstre fu , traïsun ûat , 
Ki en la lei Judas ^Q mist. 
Li filz sua Raturai seignor, 
E ki esteit eîr * 4iB Ténor , 
Déçu li tf*ai$trç è traï^ ' 
Corne Judas ki Qex yendi. 
Salué l'aveit è h^isié , 
En s'esGuelle aveit mpngi^ 9 ' 
E bien l'avéit as^é^ré 
De porter fei è loalté. 
A mie nuit, quant dut dprmir, 
Et jà esteit aie gésir , ^ 
L'a Gwine stu|)ri|; è lié , 
Et à Lundres l'a envéié 
Al Rei Herout ki l'i^tendeit ^ 
E ki cel traïsim saveit. 
Cil le fist en £li ^ mçtier , 
E puiz li fist U oiliç çreyer ; 
A tel hunte le fî^t mprir 



67 



9830 



Il est accneilli 

«t trahi par le 

comte God- 

win. 



9S3o 



Le roi Herald 

loi fait crever 

les yeax, puis 

il est mis à 

mort. 



' Diablerie. 

' Bàiliep. 

' E à son escnelle aiengié. 

Mss, de Duckesne. 



cierme Chepalerie, par La Cume 
de SaÎBte-Palaye. 
* Exposer. 
Ely-y YÎlle d'Angleterre» dans 



Manger dans la même écuelle le comté de Cambridge (Carn- 
et une marque signalée de con- bridgeshire). Il y a un é^éché , et 
fiance. Voyez Mémoires Sur l'an» sa cathédrale est remarquable. 



i 



Massacre de 
ses compa- 
gnons. 



t, 



a 



Mort 
d*Héralcl. 



6S LE ROMAK 

Et à tel dol , ne l'os géhir. 
Cil ki vindrent od Alveré , 
( Oez cum fête crualtez ! ) 
Furent liez bien è gardez , 
A Gedefort * furent mené , 
A grant dolor li chiës * perdirent , 
Fors cels ki à diesme^ chaïrent. 
Quant Engleiz les orent numbrez, 
Asis par renz è poiz diesmez, * 
La diesme en feseient turner , 
E li testes as nof * colper. 
Por la diesme ki fu si grant , 
Ke tant i out de remanant , ^ 
Refu la dieme rediemée , ' 
E la rediesme fu gardée. 
Herout puiz asez tost morut , 
La veie tint ke tenir dut. 
Cil d'Engleterre s'asemblerent , 
De fere Reis se porpenserent; ^ 
Ewart, ki ert dreit eir^, dotèrent 
Por li Normanz k'il dîesmerent,**' 
E por son frère k'il tuèrent ; 
Ceo fu la fin k'il graanterent ' * 



9840 



985o 



986e 



Guildford, dans le comté de ''La dixme redixmée. 



Suirey. 

* Les chefs f Us têtes, 

* A dixme, — * Décimés, 
' Aux neuf autres, 

^ De restant. 



^ Résolurent, 

® Héritier en lipie directe. 
'** Décimèrent, 

'* Enfin ils tombèrent d'accord 
de ceci. 



DE ROU. 
Ke Hardekenut matideruDt , 
Rei d'Engleterre le ferunt. 
Dune mandèrent Hardekenut , 
Ki ert filz £mme è filz Kenut ; 
De Danemarche repaira, ' 
£ li clergië le corona. 
£ il manda £wert sun frère , 
Kiesteit filz Emme sa mère; 
À grant énor le tînt od sei , 
TTout sor li forz li non de Rei. 
Dous anz fu Rei , puiz égrota; ^ 
Ne langui guaires , tost fina. ^ 
La mère en a grant duil eu; 
Mult grant cunfortement li fu 
Ke sis filz Ewart ert venuz , 
Ki el règne ert recéuz ; * 
Ne truverent £ngleiz altre eir, 
Ki li règne dut aveir. 
£wart fu gentiz è curteiz , 



69 



9880 



Son frère con- 
sangnin, Hardi- 
kanut , lui suc- 
cède. 



9870 



Mort de Hardi- 

kanut. La 
courooiie pas- 
se à Edouard. 



* Bevint 

* Tomba m<Uade. 

^ Hardikanut moarut le 10 
juillet io4ay après un règne de 
deux ans. ( A. L, P. ) 

^ E à roiaujne rechéu. 

Mss. de Duchesne. 

Les procédés d'Edouard en- 
Ters sa mère ne répondirent pas 
toujours à ridée qu'on se fait 
communément dé son caractère, 



si Ton en doit juger par l'anec- 
dote suivante : Eodem anno (io43) 
post festum Sancti Martini , rex 
Wintoniam 'venit improvisé,... et 
suœ matri quidquid in auro , ar' 
gento , gemmis éapidihus , aliîsque 
rébus pretiosum habuerat, absttûit; 
velquia , priusquam rex esset effec" 
tus, 'velpost, minus quam volebat 
illi dederat et ei vaidè dura exti» 
terat. (Rog. de Hoved. ann. ) 

(A.L. P.) 



70 



Mariage d^É- 

douard avec 

la fiUe de 

Godwin. 



Attachement 
d*Édoaard 
pour les Nor- 
mands et pour 
leur duc. 



LE ROMAN 

Paiz establit è bones leiz. ' 
Feme prist la fille Gwine , 
£dif ' oui nom , bêle meschine ; 
Maiz entrels n'orent nul enfant; 
£ ço alouent la gent disant , 
Ke charnelment od li ne jut , 
Ne charnelment ne la conut : 
Maiz unkes hom ne Taparçut, 
Ne mal talent ^ entrels ne fut. ♦ 
Mult ama Normanz è tint chiers , 
£ mult les ôut fameliers; 
£ li Dus Willame ama tant 
Come sun frère è sun enfant; 
Paiz a duré , mult durera , 
Ne jà ^, ço crei, fin ne prendra. 



9890 



Avertion des 
Français pour 
lesITonnands, 



Par la discorde è grant envie 
Re Franceiz ont vers Normendie, 
Mult ont Franceiz Nôrmanz laidiz ^ 
£ de méfaiz è de mëdiz : 
Sovent lor dient reproviers ' 



990» 



' Édonard-le-Gonfesseurpeat toat ce qu'elle possédait 9 et re- 

être comparé à notre Louis ix. léguée dans un doitre. 

*Ovi Édithe. (A. L.P.) 

« Wace paraît ignorer qu'É- * Offensés, 
dithe f à l'époque de la disgrâce 
de sa famille , fut dépouillée de ' Reproches. 



DE ROU. 
£ claiment bigoz ' è draschiers. * 
Sovent les unt medlé al Rei y ^ 
Sovent dient ; Sire , por kei 
Ne toUez la terre a» bigoz ? 
 vos ance$8ors et as nos 
La tolirent lor ancessor , 
Ki par mer vindrent robéor. ^ 
Pur féluns ki lî Dus haoeient , 
E ki teles paroles diseient , 
Emprist ^ li Reis tele ovre à faire , 
Ki à maint home fu contraire. 
Co dist k'en Normendie ireit , 
Et Normendie cunquerreit; 
En dous ost sez genz partireit , ^ 
Et en dous parz i entrereit. ? 
Co ke il dist volt achever « 
De par tôt fist sa gent mander. 
La gent de dous pare a mandée ^ 
Si come Saine l'a dévisëe , 



7» 



99«o 



lli détermi- 
nent le roi de 
France à en> 
▼ahir la Nor- 
mandie. 



99»» 



' Bif^oi ; de Tanglais by God 
XparDien), à cause du cri de 
guerre des Normands : Dex aïe 
(Dieu Aide). Bigots^ gens qui 
font tout piur Dien , qui ont top- 
jours Dieu à la bouche. 

* MoÊigewn dt marc de Hère, 
mangiun d'orgê, 

^ BrouiUés avec le roi. 

^ Comme voleurs, 

^ Entreprit. 



' En deux corps diviserait son 
monde, 

7 Cette double invasion de la 
Normandie suivit imipédiate- 
ment le siège d'Arquey, et pa- 
raît avoir eu pour but de tirer 
vengeance du résultat bumiliant 
qu'il avait eu pour le roi de 
France. Uaffaire de Mortemer 
eut lien à 1« fin de l'biver de 
io54 9 avant que le carême fût 
comvn^cé. (A. L. P.) 



Une armée 
française entre 
en rïormandie 

par le Beau~ 
Yoisis. 



Uneaatre,80iis 

les ordres du 

roi, par les en- 

yirons de 

Mantes. 



72 LE ROMATif 

Cels de Reins è cels de Seissons^ 
Gels de Leun % è cels de Noions , 
Cels de Mêlant ', è de Vermendeiz , 
Cels de Pontife d'Amineiz , ^ 
Cels de Flandres è de Belmont. * 
Toz cels ki ultre Saine sont , 
Cels de Brie , cels de Provins , 
A chenz , à milliers et à vins 
Fist en Belveisin asembler ; 
Par là debveit en Caux entrer. ^ 
A Conestable et à Guion , ^ 
Lor a livré son frère Odon. ^ 
Ço rova ke par Caùx passassent , 
£ la terre tute vastassent. 
Tut l'altre gent par justise. 
Si corne Seigne l'ewe devise, 
Fist li Rei mander è banir, 
Et à Meante ® à li venir, 
Cels de Toroigne è cels de Bleis , ^ 
Cels d'Orlianz è de Vastineis, *** 
Cels del Perche è del Chartrain , 



9930 



994« 



* De Laôtt. 

^ De Meulan, 

^ Du Ponthîeu et de VÀmiénois 
(pays d'Amiens). 

* De Beaumont'Sur'Oise, 

' En champs entrer. 

Mss, de Duchesne. 

* Guf, comte de Ponthieu , 



frèred*£ngaerrandy qui Tenait 
d'être tué sous les murs d'Ar- 
qués. ( A. L. P.) 

7 Eudes, quatrième fils du roi 
Robert , mort sans postérité. 

(A.L,P.) 

* A Mantes. 

^ Ceux de Touraine et de Slois, 

"" Du Gdtinais, 



DE ROIT. 

Cels del boscage è cels del plain ; * 
De Boorges ' è de Berri , 
D'Estampes è de Montlheri , 
De Grez è de Chasteillun , 
De Senz è de Chastel-Landun 
Fist li Rei venir à Meante. 
Normanz ipanace , mult se vante 
K'il destruireit Eyrecîn , ^ 
Rosmeis* destruira è Lié vin , ^ 
Très k'à la mer chevalchera , 
E par Auge^ s'en reveindra. 
Willame fu en grant efïrei , 
Quer mult dota l'orguil del Rei. 
JDe sa gent refist dous parties, 
S'en establi dous eumpaingnies; 
Deverz Cauz mist Galtier Gifiart, 
£ cels ki sunt de celé part ; 
Li cunte d'Où , Robert out non , 
£ de Gornai li vieil Huon ; 
Od cels mist Willame Crespin , 
Ki grant terre out en Velquessin : ' 



^•3 



995o 



Préparatifs de 

défense du 

duc. 



9960 



' Du iocage et de la plaine, 

* De Bourges, 

^ Le pays éCÈvreux, 

* Le Roumois ( Rotomagensis 
ager ). Partie du diocèse de 
Rouen , entre la Seine et la Rille. 

^ Le pays de Idsieux. • 

^ Le pays d*Auge, et non pas 



la ville d*£u, que la ressem- 
blance de son nom latin Augum 
a fait trop souvent confondre 
avec lui. On ne 'saurait trop se 
tenir en garde contre les mé- 
prises que cette ressemblance a 
fait commettre même à des écri- 
vains modernes. (A. L. P.) 

^- Fexin. 



74 L£ ROMAN 

Cil orent la geai du paï£, 

£ lor parenz è lor amiz. 

L'altre out li Dus od sei , 

Ki remaindrunt ' ctintre li Rei. 

Venir fist cels de Béqssio 

£ li Barunz de Gostentia 

£ cels del val de Moretoing ^ ' 

£ d'Avrenches ki est plus loing; 9970 

Raol Tesson de Gingueleis , 

Li Chevaliers d'Auge è d'Wismeis ; ^ 

Cels out li Du9 ensemble od sei. 

Mult prez sereit , ço dist , del Rei j 

Prez del Rei se herbergereit , * 

£ des forriers^ garde prendrait; 

N'ireient mie luing en forrage 

K'il n'i aient ^ s'il poet , damage. 

La viande <" fist tresturner) 

De là ù li Reis dut passer; 9980 

Li bestes fist as bois mener, 

£t as vilains les fist garder» 

Li Barunz ki deverz Gaux furent , 

Ki la terre desfendre durent , 

As boiz et as forez se tindrent, 

Tftnt ke li gens du pais vindrent ; 

• 

' Qui rateront, « ife Ugtrakt, 

* De Mortain, département de ^ Des foutrag<eUrs , dei pillards» 

la Manche. > Les vmes* 

^ Dupais d'Hjrèmes ou d'Exmes, ' Mnieper, dékmhur* 



DE ROU. 75 

De bois en bois s'en trestumerent ^ 

Et as boscages se celeirent. 

£ cil de France chevalcfaerent , 

A Mortemer ' se herbergierent; 9w« i^ FrançaU 

M logent à 

Par 1 aesement * des osteli Mortemer. 

Sunt une noit iloc reme^. ^ 

Par tut kuident en paiz aler , 

Ne kuident chevalier trover 

Ki ja os^ à els asembler, 

Ne ki arme os cuntre els porter : 

Ço kuidoent è ço diseient 

Ke tuit li chevaliers esteient 

Verz Evreues od lor seignor , 

Ki del Rei aveit grant poor. loooo 

Franceiz furent mult orguillos , 

Mult cruels è mult dédaignes ; 

Par kel liu ke il passoent 

Destrueient kank'il ^ trovoent ; 

Viles essillent^ è maneirs , 

Mezons ardent y pl?ennent aveirs , ? 

Vilains pernent , famçs porgiesent , * 

Celes retienent k'il esliesent. s 

A Mortemer se sunt teniez , *' 



* MortemeT'Sur-EaMdne , arron* ' Tout ce qu* Us, 
dîssement de N«ufchélel. * Ravagent, 

» La commodité. l^^'" ' '"*'^^*- 

• Fioient. 

' ^"^- 9 Qu'Us choisissent. 

* Ose se immtHr éiHC eux. ' » Arrêtés. 



Les Normand» 
les surpren- 
nent , et met- 
tent le feu aux 
maisons. 



76 LE ROMAN 

Asez truvereut biax ostelz ; 
Li jur metent terre à essil , * 
La noit démènent grant babil; 
Li vin querent, li bestes tuent, 
Asséur beivent è menguent. 
Normanz , par espies k'il orent, 
Lor estre è lor covine ' sorent , 
Tute nuit lor gent asemblerent , 
Amiz è cumpaingnunz mandèrent. 
£1 matinet ainz l'ajornant , ^ 
Encore aloent sumeillant : 
Eis les vus ^ entur Mortemer ; 
La vile firent alumer , 
D'ostel en altre li feu prent, 
Par la vile flambe s'estent; 
Dune veissiez gent efïréée , 
Vile estormie *, aspre medlée. 
Franceiz par les ostels s'esmovent. 
Tels armes prenent cum il trovent ; 
Mult se tienent à desconfîz , 
Quant Normanz les prenent es Hz. 
Tel kuide son cheval munter , 
Ki el frein ne poet assener; 
Tel kuide de l'ostel issir, 
Ki à Tus ne poet avenir. ^ 



100 10 



I0030 



ioo3o 



' Au pillage. 

* Leur projet y dessein. 

^ Avant le jour. 



^ Les voilà. 
* Troublée. 
® Qui ne peut trouver la porte. 



DE ROU- 77 

Normanz gardouent les iessues , 

£ li trespas as chiefs des rues; ' 

Là sunt li mediées mult dures, 

Là sunt li boenes adventures. 

Dez li matin soleil levant 

Tresk'à none del jur passant 10040 

Dura la medlée planière , ^ 

£ la bataille dure è fière : 

Franceiz ne s'en sorent partir, 

Ne Normanz nés' voldrent guerpir. 

Li primier ki l'estur ^ euerpi , Désordre et 

*^ . o r 7 dérootedeR 

Co fil Odes ki s'enfui. Français. 

Guion li Cunte de Pontif 

Ont Normanz pris armé tut vif; 

Maiz Yaleran , sun frère , unt mort, 

Chevalier mult vaillant è fort. «««so 

îTi out gaires si vil garçon^ 

Ki n'enmenast Franceiz prison, 

E bels destriers ^ n'out dous u treis , 

Od tut l'altre menu hemeis. 

N'out chartre^ en tute Normendie, 

Ki de Franceiz ne fust emplie. 

Mult véissiez Franceis fuir. 

As boiz et as bissons tapir; 



' Et les passages aux houts des ^ Du combat, 

rues, < Falet, goujat, 

* Dura le combat dans toute sa ' Ckeçaus de bataille, 

force. * Prison. 



La nouvelle 
de cette vie- 
toire est por- 
tée au duc 
dans la nait 
oiénie. 



Elle jette la 

terreur dans 

le camp du roi 

de France. 



78 LE ROMAN 

Par les arsiz % par les femiers, ' 
Par les cham$ è par les sentiers , 
Yéissiez morz espèd gésir, 
£ nafrez mult espès morir. 
Celé nuit méisme asez tost 
Vint la novele al Duc en l'ost 
Ke Franceis erent descotifix, 
£ de sa guerre aveit respiz. ' 
C'est une chose ^ ke novele, 
Ki mult est errant et isnele ; ^ 
£ ki bone novele porte 
Séurement bute à la porte. 
Li Dus fu liez ^ de Tadventure , 
£ liez de la desconfiture. 
Là il li Reis fîi herbergiez , 
Ki en sun liet^ ert jà cochiez, 
Fist un home tost envéier , 
Ne sai varlet u esquier , 
£n un arbre le fist munter , 
£ tute nuit en haut crier : 
Franceiz, Franceiz, levez, levez. 
Tenez vos veies', trop donnez; 
Alez vos amiz enterrer, 
Ki sunt occiz à Mortemer.^ 



10060 



10070 



10080 



' Lieux brûlés, 

' Fumiers, Variante : 

Feniers. 
^ Et qu'il watt r^it de sa guerre, 
4 Qui est très courante etprvmpte. 



' Réjoui, 
' En son lit. 

7 Préparez-'vous à partir^ met» 
teZ'dwm à la voi^. 

* La Chronique de Normaiêdie 



DE ROU. 79 

Lî Reis oï ke cil cria; ^ 

Merveilla sei , mult s'e^tiiaia ; * 

Par cels ke li plout envëia , 

Demanda lor è conjura 

S'il unt nule novele oie 

De ço ke cil en l'arbre crie. 

Endementres ' Val Rei parloent , 

£ des noveles demandoent , ««og» 

Eis vus ^ la novele venue 

£ par tute terre espandue , 

Ke tut li mielx de lor amiz 

Esteit à Mortemer occiz , 

E cil ki erent remez ^ vif, 

En Normendie erent chëtîf , * 

Miz en anels^ et en gaolei. 

Par tels diz è par tels paroles Terrenr panî- 

, . , que et fuite 

Se muvent Franceiz , si s en vunt , des Français. 

E vunt criant ke trop estunt ; ? "«o» 

Pement palefreiz * è destriers , 



et ensuite Dumoulin , citent les ttant que cette action eut lieu à 

Ters suiyans à Toccasion de la Mortemer -^ur-Eaulne, entre 

bataille de Mortemer : Aumale et Neufchâtel , et non à 

ILéveiUe».vou8 et vous lereï , Mortemer^en-Lyons. 

François qui trop donni avez ; ' S'inquiéta. 

Allez bientôt Toir vos amys ' Pendant que. 

Que les Normans ont à mort mys, 3 iToilà ; eeoe tos. 

Entre Éconys et Mortemer» 4 Restés wçans„ 

Là vous convient les inhumer, 5 jetaient captifs. 

Malgré ce passage, dontI*au- * En anneaux, à la chcUàe. 
tenr, inconnu et très moderne , ^ Qu'Os demeurent trop, 
ne peut faire autorité , il est con- ' Destrier , chepal de hataiHe ; 



8o LE ROMAN 

Trossent rocins, chargent sumiers, • 
Loges alument è foillie , ' 
Mult les aveient tost vuies; ' 
Li herneiz enveient avant , 
De très li vait li Reis guardant. ^ 
Se li Dus volsist chevalchier, 
Bien péust li Reis damagier, 
Maiz nel' volt plus desbarater ; ^ 
Trop a, ço dist, ke doloier, lono 

Asez aveit, ço dist, contraire, 
Nel en voleit ores ^ plus faire. 
Li Reis se retrait à Paris, 
£ li Barunz en lor pais , 
£ li granz genz k'il out menées 
Se retraistrent en lor cuntrëes. 
Grant fu Tire è li coroz grant 
Ke li Reis out verz li Normant; 
Poise li de cels ki sunt pris , 
£ plus de cels ki sunt occis. «•>"« 

Quant li morz ne pout recovrer, 
Cels ki sunt pris volt délivrer : 
PropoBitiong Al Duc manda , s'il li rendeit 

de paix faites . /; . i vi . 

par le roi, et Ll pnSOUS ^ qmtCS K li tCUClt, 



palefroi , chev(d de parade , de * Vidées, 
dame ; roncin ou roussin , cheval ^ autour de lui le roi va regar- 
de domestique ; sommier, cheval de dant. 
somme. ^ Tromper, foûre du mal, 

' Loges constnùtes avec des .^ Maintenant, 

branches d'arhres. ^ Les prisonniertM 



DE ROU. 8i 

Trievês è paiz li portereit, acceptées par 

S altre parole n'i sordeit ; * 
E de ço ke à Martel toleit, ' 
Et kanke ^ tolir li porreit, . 
Jamez ne le guerréireit , , 
Ne jà pesance * n'ea areit. «<»i3o 

Issi fu fet com jo vus di , 
E li prisuns li Dus rendi, 
Maiz li herneiz unt tut lessié 
A cels ki Forent gaaingnié , 
E ceo k'il orent despendu * 
Unt li prisuns à tuz rendu. 
Giffrei Martel li Dus haï ; GeoffroiMar- 

-- I i. , •■ - tel vient assié- 

Mult 11 pesa ke U Ol ger Ambriè- 

Ke si bien li eschiet de tôt, ^ '^*'* 

E ke del Rei si se rescost , 7 .«.^^ 

E ke de sa terre -tolir 

L'a mis li Reis al convenir. 

Mult li peise, mult li desplait, 

Mult se coroce, mult s'iraist; ® 

Se il del Duc ne se desfent , 

Mult se teindra, ce dist, por lent; 

£ si Passeiz ^ en paiz li lait , 

N'a dreit en terre ke il ait. 



' N'y survenait, * Que tout lui réussit si bien. 

' Enlevait. ' Se délivre. 

Tout ce que. * Se met en colère. 

* Chagrin. ^ Petit pays dont Domfront est 

' Dépensé. la capitale. 

II. 6 



J 



o 



/ 



I 



_» » J» 



82 LE ROMAN 

Mal espeir a d'altrui prendre , 

Ki son dreit n'en ose desfendre. «««so 

Al Cunte de Peitîers parla , 

En sa busuigne le mena, 

E li viscunte de Toarz ' 

£ plusors altres d'altres parz , 

Tant Toroignaz , tant Peitevins , 

Tant Manseiz , tant Angevins , 

Par sëmunses è par prières ; 

Od grant ost vint devant Anbrieres ; 

Cels del chastel kuida sorprendre, 

Par leusse ' è par voisdie prendre ; »<»6o 

Maiz cil dedenz se desfendirent, 

Ke cels de forz ^ mal ne lor firent; 

Asez i ont lancié è trait , ^ 

Maiz n'i ont mie grant mal fait. 

Cil ki esteient al chastel 

Laidirent^ tant la gent Martel 

K'il nés' osoent ^ assaillir; 

Tost lor firent l'assalt guerpir : 

E por mostrer lor hardement ^ 

Firent tut porpenséement * »o«7» 



' Thouars. * Tiré de l'arc. 

* Finesse , tromperie. Dans le s Offensèrent la troupe de Mar- 
Bcssîn , le mot lousse est encore ^^/^ 

employé dans le même sens. a ^ *•# ? • ^ 

'^ *' ^ Qu tls ne les osaient. 

Par sens è par Toisdie prendre. 

Mss. de Duchesne. ' Hardiesse. 

* De dehors, * Tout sérieusement. 



DE ROU. 

De pel abatre une joée , * 

Ke tuit porent vëir l'entrée ; 

Mais Martel plus nient " n'i cunquist , 

Ne ne trova ki Fassaillist. 

E cil d'Estotevile esteient 

• 

Ki li chastel garder debveient ; 

Tant estut ^ Martel demorer 

A sez engienz ^ amasser , 

Ke li Dus vint esperunant , 

De tute part sa gent mandant. 

Martel sout ke li Dus veneit, 

£ k'al chastel prendre faldreit , 

Passeiz è Anbieres guerpi ; 

Ne sai se puiz i reverti/ 

Maiz mult unt là terre empeirie , ^ 

Mainte vile arse et essilie , ' 

Preies prises , vilainz raenz , * 

Homes è famés faiz dolenz. 

Cil del Mans od Martel se tindrent , 

Cuntre li Dus od Martel vindrent ; 

Li Dus en out vers els grant ire. 

Mors esteit ja Herbert ^ lor sire , 



83 



zoi8( 



Les assiégés 

se défendent 

jusqu'à ce que 

l'arrivée du 

duc force 

Geoffroi à se 

retirer. 



10190 



Le duc soumet 
lesManceaux, 
qui avaient 
pris part à 
Texpédition 
de Geoffroi. 



' Abattre une trouée de pieux , 
afin que tous passait 'voir l'entrée 
du château. 



' Rien. 
' Convint. 



* Ses machines de guerre. 

* Y retourna. 



^ Endommagée, 

7 Maint village brûlé et piUé, 

' Butin dèlevé , vilains rançon- 
nés. . 

9 Herbert , second du nom, 
comte du Mans. C'est en 1064 
qu'eut lieu rexpédition de Guîl- 



Il hâtit un 

château au 

Mans pour les 

tenir en bride. 



84 LE ROMAN 

Ki n'aveit eu nul enfant, 
Maiz , dist-il , à son moriant , ' 
K'emprez sa mort se maintenissent , 
Et à seignor li Dus préissent , 
Kar s'il à Martel se teneient^ 
Jà en lor vie paiz n'avereient ; 
En paine et en travail sereient, 
Jà od sez engienz ne garreient. ' 
Herbert dist bien , maiz nel creirent , 
Et asquanz d'els s'en repentirent. 
A Martel unt fait cumpaingnie 
Cuntre li Dus de Normendie. 
Li Dus d'els grever ne se feint, ' 
Tant les meine, tant les destreint^ 
Par li ehastels ke il eunquist, 
E par li Barunz ke il prist , 
K'il li rendirent la cité , 
Tuit li plusors * cuntre lor gré. 
E il fîst cax è pierre atraire; ^ 
Uoec fîst une tur faire. 



loaoo 



loaio 



laume contre cette yîlle. Voyez condita noscuntur. Id. liy. x y 

à ce sujet Orderic Vital, m, p. 773. (A. L. P.) 

p. 487. Il parait que le duc ne ' En mourant, 

se borna pas à faire bâtir une * Jamais avec ses menées ne se- 

tour pour tenir en bride ses nou- raient heureux. 

veaux sujets , mais <n'il fortifia s ^^ s'épargne. 



encore deux autres points. Regia 
turris etmons barbatus, atque mons 
barbatulus régi subjiciuntur et me- 
tito , quia à pâtre ejus ( Willelmo) 



* Les presse. 

' La plupart. 

^ apporter chaux et pierre. 



au dnc. 



DE ROU. 85 

Féeltez prist d'els è bornages , 

£ des Baruns prist saus ' ostages , 

De paiz garder , de paiz tenir , 

£ del Duc léalment servir. 

Giflfrei li sire de Meaine , * oeoffroi de 

Ri ert li plus fort hom del Maine , pute ce pays 

Famé out Eve , è fu seror 

El Cunte Herbert lor seignor; * 'o»»» 

Par li kuidout li Manz aveir, 

Poi* ço ke Herbert n'out nul eir. 

Lungement al Duc cuntrestut , * 

Mult le guerréia, mult li nut. ^ 

Li Barunz od li se teneient, 

Ri de sun parenté esteient. 

Une feiz el Manz s'embasti ,^ 

Maiz poi i |îi , tost le guerpi ; 

N'i osa pas li Dus atendre , 

Ne il ne se pëust desfendre. ><»3» 

Bien péust mander el busuing 



' Saufs. ce nom avec celui de Mayenne 

' Marenne. ^ P^ ^^^^ l'occasion de la mé- 

' Cette È^. femme de Geof- 5"'%'?? "^V^' Tx"",f"^ " 

(L^: 1 -M- «^ .. donné lieu plus tard a celle des 

iTOi de Mayenne , parait être un j i»,r. • j ^ j 

_,^^ j 1 ' .• j auteurs de 1 Histotre des GrancLs" 

personnage de la création de ^w. . j , •> ^r «' 

Ti*v»-^ » ïï 1. .. » «^ Ofjiciers de La Couronne, voyez a 

notre auteur. Herbert nayait "'•' . ^ .„ j « •:• 

ti«:«» J» *_ mt ce sujet Guillaume de Poitiers , 

point <l autre sœur que Margne- J j « «i j t^ 

iM'to tt z i -D u ^ ^ p. i8q et igo du Recueil de Du* 

"te , fiancée à Robert-courte- ^, ^ r a T P ^ 

Hcnse. Mais sa tante Biotte avait - \ - • •/ 

épousé Gauthier, comte de Pon- * Contesta. 

toise , Cbanmont et Mantes {Me- * Imî nuisit, 
f^tum) , et la ressemblance de ^ Se logea. 



86 LE ROMAN 

Mil chevaliers sanz aler luing; 

Mult esteit de grant tenement 

E de mult grant esforcement. 

Ne sai dire les assemblées, 

Ne les estm's ne les medlées , 

Ne les despences ne les torz , 

Les cols de lances, ne les boz' 

Ke Willame sofri sovent 

Por fere paiz à povre gent; »«>a4o 

Maiz Giffrei troublout mult la paiz , 

Chevalchiëes fist et agaiz. ' 
GuiUaame WiUamc vit kc paiz n'areit 

de Mayenne, Tant com Giffrei chastcl tiendreit; 

Sez homes sëmunt è manda, 

Home d'aage ne leissa , 

Préia Bretunz, prëia Flamenz, 

£ mult alfres de plusors genz. 

Verz Meaine ^ dreit chevalcha. 

Li bores esprit et aluma , * '"5° 

La vile art tute è li maisuns , 

Murs abati è heriçuns. 

Lung tems aprez quant son leu vit 

Xe restora sainz cuntredit. 
et ne la réta- Gardes i mist ki l'atornerent , ^ 

temp^^après. Ki paiz tindrcut è paiz gardèrent. 



' Coups portés en avant. * Brûla. 

* Embuscades. * Ç«* '« mîremt en état , en 

' Mayenne. ordre. 



DE ROU. 

Li Dus WiUame fu mult pros , 
Sez anemiz damagea tqz ; 
Por sa largesce fu amez, 
£ por sa proesce dotez; * 
Mult purchaceit è cunquereit, 
Mult duneit è mult despeudeit. ' 
Del pris ^ de sa chevalerie 
Orent Franceiz mult grant envie ^ 
£ des mesnies k'il meoout , 
£ des terres k'il cunquerout. 
Li Reis ne pout Normanz amer; 
Mielx se volt, ço dit, perjurer, 
K'il ne lur face compérer^ 
La bataille de Mortemer. 
Par li cunseil Gifirei Martel , 
£ncuntre aost ^^ el blë no vel , 
A fet tuz sis Barunz mander 
£ les chevaliers asembler , 
Tuz cels ki de li fieuz ^ teneient, 
£ ki servises li debveient. 
£n Normendie sunt entré , 
Par de juxte Oismes ? si^nt passé , 
Un grant assalt i unt dune , 
Maiz n'i ont gaires demoré. 



87 



Nouvelle inva- 
sion de la Nor- 
mandie par 
les Français. 



ioa6o 



loa^o 



Us se dirigent 

▼ers Ezmes et 

Bayeax. 



10280 



' Craint, 
' D^ensait, 
' De la valeur, 
* Payer. 



' A l'époque d'août, 
« Fiefs. 



' Le pays d'Exmes, Ici , l'au- 
teur parle de la ville d'Uyèmes 
ou Ëxmes. 



Falaise. 



loaoo 



88 LE ROMAN 

Tut Oismes volent trespasser , * 
E Béessin tresk'à la mer; 
Li viles ardent è li hors , * 
Homes firent dolenz plusors , 
E mainte famé i out chetive. ^ 
A Saint-Pierre vindrent sor Dive , 
La vile fu par tôt garnie 
E li Reis jut* en l'abéie. ^ 
Le duc se Li Dus out sa gent à Faleise ; 

obw^ation à Novéles out dont mult li peise, 

Tort li fet li Reis, ço li semble, 
Ses chevaliers mande et asemble , 
Ses castiaz fist tost enforcier, 
Fossez parer, murs redrecîer. 
Li plain pais laira gaster , 
S'il ses castiax puet bien garder. 
Bien porra, ço dit, recovrer. 
Et as plaines terres amender : 
Ne so volt as Franceiz mostrer , 
Par li pais les lait^ errer , «o3»« 

Maiz il les kuide convéir 
Vilainement al repairier. ? 
Li Roiz son ovre apareilla , 
Vers Baieues , ço dist , ira , 



' Tratferser, 


^ Coucha, 


' Brûlent les bourgs et les vil- 
lages. 

^ Malheureuses, 


^ Fondée en io46. 
* Les laisse, 
' Au retour. 



DE ROU. 
Béessin tôt essillera, ' 
£ quant d'iluec repairera , 
Par Vara ville passera, 
Auge è Liévin vastera. 
Par Béessin Franceiz corurent, 
Jusk'à l'ewe de Seule * furent; 
A Caem d'iluec returnerent , 
A Caem Ogne ^ passèrent ; 
Encore ert Caem sanz chastel , 
ITi aveit fetmur ne quesnel. * 
Quant li Reis de Caem turna , 
Par Varavile s'en râla ; 
Grande fu è lunge la route , 
Ne pot passer ensemble toute , 
Grant fîi la presse al pont passer, 
Cescun voleit avant aler. 
Li Dus sont tost , par ki ke seit , ^ 
Par kele veie li Reis ireit; ^ 
Emprez la route se hasta 
O grant mesnie k'il mena, 
Par la valée lez Bavent ? 
Conduit sa gent serréement ; 
Par la cuntrée fist mander 



89 



io3io 



Le roi passe 
la Dive à 
Varayille. 



ioSao 



Le duc fond 
sur les Fran- 
çais restés en 
arrière. 



' Diçastera, sage dans ses Origines de Caen, 
' Petite rivière qoi passe au- ' Par qui que ce soit, 

près de Bayeux, et se jette dans ^ Quant è par ù U Aeis ireit. 

la mer à Bernières. Mss. de Duehesne. 

Orne. 7 Commune du canton de 

^ Créneau, Huet a cité ce pas- Troam, arrondissement de CSaen. 



go LE ROMAN 

Et as vilains dire è crier , 

Ke od tiex armes corne il unt 

Viegnent à li ainz k'il porrunt : iojso 

Lors véissiez haster vilains , 

Peus ' è machues en lor mains. 

Li Reis aveit Dives ' passée, 

L'eve ^ ki cort par la cuntrëe , 

Ensemble o li le plus de l'ost, 

Ki se penoent d'aler tost , . 

Maiz lunge esteit la rute arière , 

Continuel et tote entière. 

Li Dus vit ke la force ert soe , * 

As ciax ki erent en la coe ^ »»34o 

Sa gent a puint ^ de vile en vile. 

Quant il entra en Varavile, 

Franceiz truva ki se teneient, 

E Tarière garde Êtseient. 

La véissiez fiere medlée , 

Maint colp de lance è maint d'espée; 

Des lances fièrent chevaliers, 

Et o les ars traient archiers, 

Et o li peus 7 vilains lor donent. 

Mult en retienent è estonent, ««s^o 



' Pieux. ^ A ceux qui étaient à la queue , 

.... à Varrière-garde. 

* la rwure de Dwts , ou Dwe , « ^ • # /• •* / 

, f «.. ^ A pique, a fait la poursuite, 

ou umplement la Dwe, , «• u*» r ' j * 

^ 7 Pieux , bâtons ferres dont 

' La riçière, l'eau, le courant. étaient armés les paysans on yî- 

^ Sienne. lains. 



DE ROU. 91 

En la chauchie * les embatent , 
Mult en confondent et abatent ; 
E li Normanz toz tant croisseient, 
Ke à granz turbei * acoreient ; 

_. /• • i T_ *. Désordre et 

Donc veissiez route naster , déroute des 

L'un Franceiz l'altre avant bouter. ^ *^™^«" 

Mult lor anuie la cauchie, 

K'il truvent lunge et empirie , * 

Et il estoent encumbré 

De ço k'il aveient robe : »*36o 

Mult en veissiez desrouter 

E tresbuchier è fors voler , 

Ri puiz ne porent relever , - 

Ne en la dreite route entrer. 

El pont passer fu grant la presse 

E la gent mult d'aler empresse ; ^ 

Viez fu li pont , tresbuchent enz , 

Lî planches caïrent ^ soz li genz , 

La mer munta , li flot fu grant , 

Sor li pons fu li faiz pesant, "^7» 

Li pons tresbuchîa è chaï , ^"pon?. ^" 

E ki ke out de suz péri. 

Maint en chaï emprez li pont , 



* La chaussée. * Et mauvaise, 

* E la gent malt d'aler engresse. 

* Troiq>€, j^^^ ^ Duchesne. 

' Pousser, ^ Tombèrent. 

• Se presse. 



92 LE ROMAN 

Ki dévala el plus parfont. 

El pont chaïr fu la criée 

Mult dolerose et efFrée ; 

Mult véissiez herneiz floter , 

Homes plungier et affondrer ; 

Nus ne se pot vis escaper , 

S'il ne fust bien duit ' de noer. ' io38o 

Quant il orent el pont failli , 

N'i out si pros ne si hardi 

Ki n'éust poor de périr , 

Kar il n'aveient à gaudir. ^ 

Normant les vunt derrier pernant, 

Maiz ne poent aler avant ; 

As rivages vunt tastant, 

Vez è passages vunt quérant , 

Armes è robes * vunt getant ; 

Ço peise ke il en unt tant. '0390 

Par li fossez vunt tresbuchant , 

£ li uns Taltre traînant ; 

E li Normanz d'iloec les traient , 

Ki nés' espernent ne manéent. ^ 

Tut cil ki furent arestez , 

Ki ne furent el pont passez , 

Furent retenuz è loiez ^ 



' Accoutumé, instruit. ^ Butin, choses volées. 

. ^^'^i . . . » ' Ménagent. 

^ Car ils n avaient pas sujet de 

rire. ^ Liés, garottés. 



DE ROU. 
U occiz furent u néiez. 
Unkes, ço dient, si grant prise 
U il eust graignur occise * 
Ne fu mez faite en Normendie ; 
Willeame , Dex en glorefie. 
L'ewe ' è la mer asez en porte, 
Li Reis les veit , sei descunforte ; 
Munté fu de suz Basteborc , ^ 
Vit Varavile è vit Caborc , ^ 
Vit les marez , vit les valées 
De plusors pais lunges è lées; 
Vit l'ewe grant , vit li pons frait , 
Vit sa grant gent ki a duil vait , 
Prendre vit les uns è loier , ^ 
Li altres vit en mer néier ; 
Ciax ki neient ne pot secorre, 
Ne les prisons ne puet rescorre. 7 
De mautalent soufle è suspire , 
De pesance ® ne set ke dire ; 
Mult véissiez Sun cors desfrire; ^ 
E sun viaire taindre d'ire. '"* 



93 



10400 



â Désespoir et 
courroux du 
roi de France. 



io4ro 



' Plus grande tuerie, massacre, 
' La r'mère, 

' Probablement le point élevé 
désigné sous le nom de Bas- 
^ourg dans la carte de Cassini, 
et d*où la vue doit planer sur 
tont le voisinage. ( A. L- P.) 

* Cabourg , bourg du canton 



de Troam, arrondissement de 
Caen. 

* Rompu; defractus. 
^ Lier, 

7 Délivrer, 

* De chagrin. 

^ Son corps frémir, 

' ° Et son visêge rougir de colère , 



Mort du roi 
Henri. Soa 
fils Philippe 
lui succède. 



94 LE ROMAN 

Volentiers , ço dist , retomast 
S'il arière passer kuidast , 
Se les barnages li loast , ' 
Maiz nus ne loe k'il i past : ' 
Sire , font-il , ne passereiz , 
Vos revenrez une altre feiz , 
Tute la terre destruireiz , 
£ li plus riches vos prendreiz. 
Donc s'en ala li Reis en France 
Plain de corros è de pesance, 
Ne porta puiz escu ne lance , 
Ne sai s'il fist par pénitence. 
En Normendie plus n'entra, 
Ne il plus lunges ne dura , 
£ fist ke kaske hom fera; ^ 
De terre vint , en terre ala. 
£ quant li Reis fu trespassë, 
Phelipe fu sun fîlz ainz né, 
Ki emprez li fu coruné ; 
Cil fu mult de tuit ploré. 



104^0 



10430 



Lunge est la geste ^ des Normanz 



' iSk* ses barons le lui eonseillaiaU. 

* Qu'il y passe, 

' Ce que chaque homme fera. 
Le roi monrnt le 4 soût 1060 ; 
ce qui fournit une date approxi- 
inatiye pour la bataille de Vara- 
TÎlle, que la plupart des moder- 



nes ont placée dans cette même 
année, mais sur l'époque pré- 
cise de laquelle Guillaume de 
Jumièges et Guillaume de Poi- 
tiers ne se sont pas expliqués 
d*une manière plus précise que 
notre auteur. ( A. L. P.) 
* L'histoire, 



DE ROU. 

Et à métré est grieve en romanz ; " 

Se l'on demande ki ço dist , 

Ki ceste estoire en romanz mist : 

Je di è dirai ke jo sui 

Wace de l'isle de Gersni , 

Ki est en mer verz occident, 

Al fieu de Normendie apent. ' 

En l'isle de Gersui fu nez , 

A Caem fu petis portez , 

Iluec fu à leitres mis , 

Puiz fu lunges en France apris. 

Quant.de France jo repairai , ' 

A Caem lunges conversai ; * 

De romanz fere m'entremis , 

Mult en escris è mult en fis. 

Par Deu aïe^ è par li Rei; 

Altre fors li servir ne dei ; 

Me fu donée, Dex li rende, 

A Baieues une provende ; ^ 

Del Rei Henri segunt? vos di , 

Nevou Henri , père Henri. 



95 



ro44o 



104^0 



Détails per- 
sonnels sur 
Wace. 



10460 



' En langue romane, 

* Dépend du fief de Normandie. 
' Je revins. 

* Demeurai. 

' Par l'aide de Dieu. 

^ Une prébende, un canoni' 



cat. 



7 Petit - fils de Henri i«» , et 
père de Henri-le-Jeune, ou Court- 
Mantel , qui mourut avant lui , 
mais qui, ayant été mis en pos- 
session de la Normandie en i o(>o, 
la gouvernait probablement au 
moment où Wace écrivait son 
poëme. (A. L«P.) 



Qualités et 
bonne admi- 
nistration du 
duc Guillau- 



me. 



Fondation des 

deux abbayes 

de Caen. 



96 LE ROMAN 

Lunge est la geste ainz Vêle fint^ 
Corne Willame Reis devint, 
E de l'enor ki li avint , 
£ ki sa terre aprez li tint. 
Sez faiz , sez diz , sez adventures, 
Ke nos trovonz as escriptures 
Sereient bien à racunter, 
Maiz ne povonz de tuit parler. 
Chevalier fu pros è corteis , 
En ses terres mist bones leis; 
Justice è paiz tint fermement 
U ke il pout à povre gent ; 
Unkes ne pout amer larrun , 
Ne cumpaingnie de félun. 
A Caem fîst dous abéies 
U il mist mult grant mananties; * 
El non de Saint-Estienne fist 
Une abëie ù muignes mist. ^ 
L'altre abéie prist en mains 
Mahelt ^ sa famé è mist nonains , 
Ki est de sainte Trinité ; 
E por amor è por chierté 
Fu ele là ensepelie, 
Si come ele out dit en sa vie. 



io47< 



10480 



■ Qu'elle finisse, 

î Richesses, 

* Li une de S.'vint-Estienne 6st 



U grant planté de muignes 
mist. 

Mss, de Duchestie, 
< Mathilde, 



49© 



DE ROU. 97 

Ço fist li Dus ke jo ne crois ' ÉubiuMment 

K'altre féist avant ne pois : • Bi^,^^ 

Sez Eveskes fist tuz mander, *** ^'®"' 

Et à Gaem tuz asembler ; 
Cuntes et Ahez è Priors, 
Barunz è riches vavaesors 
Fist à Gaem trestuit venir 
Por sun comandement oïr. 
Li cors sainz i fist aporter 
U k'il unkcs les pont trover, ^ 
Fust d'Eveskie , fust d' Abëie 
Dune il arçit la seignorie. 
Li cors Saint-Oain de Roem 
Fist porter en diasse à Caem. 
Quant li clergié è ii cors >aînt 
E li Barunz dont il out maint , 
A Caem furent asemblë 
El jor k'il lor a comandé , 
Sor li cors sainz lor fist jurer 
Paiz à tenir, paiz à garder, 
Del mercredi soleil cochant , 
Tresk'al lundi soleil levant. ^ 
Triève l'apellent , ço m'est vis 



io5oo 



' Ce que Je ne crois pas, chant , jusqu'au lundi soleil Uçant. 

* Que personne fit avant ni de- ^®^® ^^^^ ^^^ appelée la paix de' 

paû. Dieu. On dit encore trivialement 

' Partout ci, U en put trouver. ^"^^ '"^ ?f *^' *^'**3P« des gens 

^ "^*'^- 9e querellent ; La paix de Dieu, 

D^HUs le mercredi soleil cou- Baàet et le potpUin. 

7 



9» LE ROWCAN 

K'il ne est tele en nul païs. * ■ 
Ri altnii batreit entretant, ' 
» U mal li fîst apareissant, ^ >o5io 

£ ki nient de Tatrui prendreit, 
Ëscumengié * estre debveit, 
E de noef * livres en merci 
Verz l'Eveske ; ço establi , 
£ jura li Dus haltement, 
Et tuit li Barunz ensement; ^ 
Ço jurèrent ke paiz tiendreient, » 
E li trièves bien gardereient. 
Fondation de Por la paiz toz tems remembrer, 7 

l'église de . . i i • i 

Sainte-Paix. Ri toz joFS mcz debveit durer, loSao 

Ont de quarrel ® è de mortier 
Semprez iloc^ fet un mostier, 
U li cors sainz ensemble jurent, '° 
Ri el concire aporté furent. 
Plusors ki li mostier funderent, 



' // m'est am qu'il n'en existe de carbonate de chanx. Il y en a 

point de semblubU en aucun pays, ^ d'immenses carrières aux envi- 

Ki n'e«t celée en nul païs. 'ons de Caen. Lorsque nos ducs 

Tâss, de Duehesne. deyînrent rois d'Angleterre , ils 

» Pendant ce temps ( celui de la firent bâtir beaucoup d'édifices 

trèye). " dans ce pays avec du carreau 

3 Qui fût visible. ^^ Caen. Il a été nommé carreau 

* Excommunié, ^^ aarrel, à cause de sa facilité 

' Neuf. ^. ^^^^ taillé en pierres carrées : 

« Pareillement, ^^^* quadratL 

7 Rappeler. ^ Après i ont fet nn mostier. 

■ Pierre à bâtir d'une dureté M**» de Duehesne. 

moyenne, composée entièrement *** Reposèrent. 



DE ROU. 
Li mostier Tozsainz Tapelerent , 
Por li cors sainz donc tant i out ; 
Et a plusors des homes plout 
Ke Sainte-Paiz l'apelereient, 
E de Sainte-Paiz le fereient , 
Por la paiz ki là fu jurée , 
Quant ele primes fu trovée. ' 
Apeler Tai oî au main« ' 
De Sainte-Paiz è de Toz Sains. 
De juste ont fait une capelle 
Re de Saint-Oain l'en apelle, 
La il li cors sainz reposa 
Tant ke li concire dura. 



99 



io53o 



Willame fu de grant bunté , 
Mult l'unt estrange gent ^ amé , 
Mult fu gentilz è mult corteiz , 
E mult Tama Ewart li Reiz. 
Mult out en li très grant amor; 
Chescim teneit l'altre à Seignor. 



Voyage de 
Guillaume ea 
»o54o Angleterre. 



* L'introduction de la irèçe de 
^'wi en Normandie, et par con- 
séquent la construction de l'é- 
glise de Sainte - Paix , est de 
Tannée 1061. Notre auteur a 
grand tort de présenter cette 
mesore comme étant d'origine 
normande ; il y avait 4 cette 
époque déjà yingt ans qu'elle 
listait dans d'antres parties du 



royaume , et les historiens fran- 
çais prétendent au contraire que 
ce furent les Normands qui la 
repoussèrent le plus long-temps 
et avec le plus; d'opiniâtreté. 
Voyez, sur les ruines de Sàihte- 
Paix : Jolimont , Monum, du Cal- 
çadosi'p, 4^ ^t pl* XX. ( A. L. P.) 

' jéu 'moins. 

' Nations étrangères. 



lOO 



Prompt re- 
tour du duc 
en Norman- 
die. 



Edouard lui 
coo6e les ota- 
ges donnés 
par le comte 
God^ivin. 



LE ROMAN 

Por sa cuatenance saveir 
Ala li Dus , Ewî^rt véir ; * 
En Engleterre trespassa ' 
Et Ewart forment Ténora ; 
Mult li dona chiens è oisds 
Et altres aveirs ^ boens è bels , 
E kanke il trover poeit * 
Ki à haut home cunv^aeit. 
Li Dus guaires ne demora, 
En Normendie repaira : 
Yerz li Bretuns aveit à faire , 
Ki li esteient à cuntraire. 
Gwigne ^ fu en Engleterre 
Manant d'aveir ^, riche de terre , 
Mult se tint orguillos è fier: 
Ewart out sa fille à moili^r,? 
Maiz Goigne fu fel ^ è Êius, 
En la terre fist plusors maus; ^ 
Ewart le dota ^ è haï, 



io55o 



io56o 



' Voir. Ce voyage , que pres- 
que tous les historiens apcîens et 
modernes >, et particulièrement 
tous les outres historiens aor- 
maads, ont passé sous aience, 
est de Tannëë io5i. Nous pen- 
sons, quoi qu*en dise. Zngulfe, 
qu'il eut une grande influence 
sur les éTénemens postérieurs, 
et que c'fast alors que fut con- 
certé pojfar la première fois l'ap- 
pel de Guillaume au trône d'An- 



"gleterre , soit avec le monarque 
anglais, soit au moins avec ses 
courtisans normands. (A. L. P.) 

* Passa, ^ ' 
' Présens, 

^ Et tout ce qu'il put trouper, 

^ Godwin. 

^ Possesseur de biens, 

7 A femme, 

* CrueL 

* te redouta. 



Di£ ROU. ICI 

Por son frère ke il irai 
E por li Normanz k'U dieaaiay ' 
£ por maint mal k'il engigna. * 
Par paroles ki entrais cruirent , ^ 
E par ovres ki aparurent 
Crut entrels une grant macBée ^ 
Ki à peine fii acordée. 1057» 

Ewart Goigne muh dota , ^ 
De sa terre le congéa ; ^ 
Ço jura k'il n'i reraaiiidreit ^ 
Ne en sun règne neF laireit, 
Se féelté ne li jurout , 
£ hostages ne Ten Hvrout, 

• 

Ke il éust à remanant ? 

De tenir paiz en son vivant. 

Goigne • ne Tosa néer; 

Tant por li Reis asséurer, «osso 

Tant por sez parenz maintenir, 

Tant pov «ez homes garantir , 

Un soen nevo et un soen filz , 

K'il aveit ensemble norriz , 

A en ostage el Rei bailliez. ^ 

E li Reis les a envéiez 

' Qu^UtUdma. * Mestertûi. 

* Çu^U maekma, ' ^» ^^^ /•«»««>• 

^^^^''^*' Mss. de Duchesne. 

* Craignit, 9 q^^ arrangement est de Tan- 
'En 1048. née loSa. -r 



loa LE ROMAN 

Al Duc Willame en Normendie 
Corne à cil ii mult se fie : 
Mandé li a k'il les gart tant ' 

Ke il méisme li demant. ' '<»^° 

Co fu semblant k'il voulsist 
Re toz tems cil les retenist , 
Ço distrent genz , ke il péust 
Sun règne aveir s'il ainz morust. 
Gwine " poiz remest isjsi/ 
Li Reiz en paiz le cunsenti. 
Jo ne sai cumbien i dura , 
Mort d€ Maiz jo sai bien k'il s'estrangla ^ 

D'un morsel ke li Roiz chigna ^ 
A l'aûnie ^ îi il mainga. ' "»6<>® 



' Jusqu'à ce que lui-même ^ les ? Ce passage, assez obscur, 

demande, . peut se rendre ainsi : Mais je 

» Godmn, sais lien quil s'étrangla en mon- 

Je remarquerai encore^ ici que géant dans un repas donné par le 

Wace, comme fous les poètes rai. La Chronique de Normandie 

de son temps, se permet une raconte ainsi cette aventure : 

foule de licences sur l'orthogra- « Gaudouin demanda à boire à 

phe des noms propres, soit à «Hérout son fils, lequel Hérout, 

cause de la mesure ou de la rime, « en lui présentant du vin , gbça 

ou simplement par caprice. « d'un pied tellement que , sans 

* j4près cela , Godmn demeura « l'autre pied qui le soutenoit , il 
€Ûnsi, « fust tombé à terre. Gaudouin, 

< En io53. « en riant, dist à son fils : Un 

* Fournit , qui était de sa table. « frère sert bien l'autre. Le roy 

KeliRoizseîngna, «Edouard réplique : Si mon 

A Odihan ù U mainga. « frère étoit vivant , il me servi- 

Mss. de Duckesne. « roit bien. Gaudouin prenant la 

6 Rémion.ylci'û signifie ban- « parole, dist: Ainsi ce niorcel 

quet, festin. « que je tiens m'estrangle , se je 



DE ROU. 
Li Reis Ëwart fii débonaire , 
Ne volt à home nul mal faire ; 
Sainz orguil è sainz convoitise , 
Volt fere k tuz dreite justise. 
Asez estora abéies 
De fieus è d'altres iriananties, ^ 
Et Westmostier * meismement; 
Oez par kel entendement. 
Por ung busuing.aveit voé, 
Ne sai s'il fist par enferté * 
U por Sun règne recovrer, 
U por poor k'il out en mer, 
Ke por orer à Rome ireit , 
De sis péchiez pardun.querreit; 
A l'Apostoile parlereit , 
Pénitance de li prendreit. 
A un terme k'il proposa , 
Li Reis sun erre ^ apareilla. 
Li Barunz furent asemblé 
E li Eveske è li Abé , 
Gomunement unt purparlé , 
E par cunseil dit è loé 
K'il nel lairront nient aler : 
Cil vait bien al trépasser, 



io3 



io6ro 



[o6ao 



D^ails snr 
Edouard. 



11 fait Ttsu 

d'aller en pé« 

lerinage à 

Rome. 



Ses sujets 

8*opposent à 

rexëcution de 

ce vœu. 



* me fye jamais à ton frère ni à « cel estranglé , et ainsi fut la yé- 

« toi. Ain^y soit , dist Edouard, « rite congnue. » 
« que tu le dist , et à l'heure le ' Westminster. — ' Pea- infirmité, 
« dict Gaudouin fut dudict mor- ^ Sa route , son départ. 



104 LE ROMAN 

Ne porreit pas , à ior kuider , 
A grant travail limges. durer. . 
Trop i a luQg péleriiiage , 
Kar li Réis est de .grant aage ; 
S'a Rome vait k'il ne revienge, 
Ke mort u mal là le retienge , loeso 

Mult Ior sereit mésavenu , 
S'il aveient li Reis perdu. 
Le pape Veh A l' Apostoile * envcrrunt , 

dispense son* i i /• 

la condition Del vo assodre le ferunt ; ' 

de restaurer _ . . . 

une abbaye Bien en porra aveir quittance , 

saint Pierre. Si en face altre pénitence. 

A l'Apostoile unt envéië ; 

Cil a li Rei del vo ^ iessië , 

Maiz li a enjoint è loé ^ 

Por aveir del vo quité 10640 

R'une Abéie povre quierre * 

Ki seit fundée el non Saint-Pierre ; 

Tant doint del sien , tant Tenort ^ 

£ de sez rentes tant accort , 

Ke toz tems mez seit enhantez ^ 

Et el non Saint-Pierre énorez. 

Ewart reçut li mandaneot 

De l'Apostoile bonement. 



' Le pûpe. ^ Concilié. 

* Du vcat Us le feront absoudre. * Cherche. 
^ Du itœa, * FréjwnHée, 



DE ROU. 
De joste Londres de verz West % 
Si corne encore i pert ' è est , 
Out de Saint-Pierte une Abéie, 
Ri de viel tens ert apoyrie. 
En un islet esteit assise, 
Zonée out nom , joste Tamise \ ^ 
Zonke por ço l'apelon , 
Ke d'espine i out foison , 
E ke l'ewe en alout environ. 
^e en engleiz isle apelon , 
Ee est isle , zon est espine , 
Seit rainz *, seit ari)re , seit racinîe : 
Zonée ço est en engleiz 
Isle d'espine en £rançeiz^ 
Westmostier lu puiz apelé , 
Quant li mostier \ îxk fundé. 
Li Reis Ewart vist Westmostier 
U mult aveit à redrecier. 
Vit ke li leu apovrisseit , 
E li mostier ki deschaeit : 
Par cunseil des.clers è des lais. 



I4>5 



io65c 



Foadation de 
Westminster. 



10660 



' Vouest. — » YpanUt, 
^ Le nom primitif de l'empla- 
cement de Westminster parait 
avoir été en effet , non pas Zo- 
née, comme le. prétend notre 
auteur , mais Thomeyi et l'inter- 
prétation qu'il en donne est con- 
forme à ceUe que nous trouvons 
<^ le passage suivant d'une 



chronique anglaise : Cinà fuec 
tempora quîdafn ciçis Londonien'' 
sis.,,, construxit ecclesiam in ho- 
nore sancti Pétri apostoli, in occi" 
dentali parte ejusdem urèis , in 
loco qui Thomic tune dicebatw et 
sonat quasi Spinarum mstda, hune 
autem dicitur Westmosterium 
(sic). (A. L. P.) — ^Manmuas. 



io6 LE ROMAN 

Od li bon tems k'il out de pais , 

Par grant ovre è par grant entente , 

De son aveir è de sa rente 

A Westmostier bien estoré , * 

£ tant i a del soen dune , 

Bêles viles ' è boens maneirs , 

Croix è terres è boens avçirs : 

Jamez li leu n'ara chierté , 

S'il est desduit ^ par lëalté.. 

Maiz quant chescun muigne fet borse , 

Li comuns bien tant en reborse. * 

Muigne ki kiert obédience 

De deniers velt aveir semence. 

Li Reis Westmostier estora y 

Li leu* tint chier è mult l'ama; 

Emprez duna à Saint Ëdmunt 

Tant ^ dune li muigne manant sunt» 



io6^o 



io6âc 



Edouard dé- 
sire léguer 
son royaume à 
son parent le 
duc Guillau- 
me. 



Li Reis Ewart out bien vesku, ^ 
£ sun règne out lunges tenu ; 
Ne n'out, ço li poisa^, enfant , 
Ne nul proçain apartenant , 
Ki emprez li sun règne éust , 
Ne ki maintenir le péust. 



X0690 



' Fourni^ g^^» 
* Beaux 'villages. 
' D'uigé, 
^ En diminue. 



* Le lieu, — ® QUe les moines en 
sçnt puissamment riches. 

7 Ici commence l'histoire de 
la conquête d'Angleterre. 

* Ce qui TaJ^j^ea. 



DE ROU. 107 

Porpensa sei , quant il morreit , 
Ki de sun règne éritereit ; ' 
Porpensa sei è dist sovent , 
K'al Duc Willame sun parent , 
Ki est li mielx de sun lignage , 
Voldreit duner sun éritage. 
Robert sis père le norri , 
Et Willealme Tout mult servi. 10700 

Tut li bien k'il a recëu , 
A il par cel lignage * eu ; 
Ki ke il féist bel semblant , 
Il ne amout nul home tant. 
Por l'enor del boen parenté 
Od ki il out norri esté , 
E por la valor de Willealme 
Le volt fere eir de son réaime. * 
En la terre out un senescal , 
Héraut out nom, iloble vassal ; «0710 Détails sur 

.X , , Harold, fils 

For sun pris e por sa bonté de Godwin. 

Out el règne grant poesté , 

Li plus fort hom fu del païs. 

Fort fu d'homes , fort fu d'amis , 

Engleterre out en sa baillie ^ « 

Com home ki a seneschaucie. * 

De par sun père fu Engleiz 



' Cetufiunîiie, ' £n sa garde, en son gowfer' 

Minent, 
' Sentier de son roytaane, ^ Sénéchaussée, 



'VflD, 



108 LE ROMAN 

Et de par sa mère Daneiz. 
Gite ' sa mère fii Danoise 
Mée è norrie en grant rîcheise; 10710 

Mult gentile dame estre dut^ 
Suer ' fu sa mère el Rei Kenut , 
Mère Héraut ^, feme Goigae^ 
£ sa fille Edif 4 fu Roîgne. 
Héraut fu ben ^ de son seîgneor, 
Ki à feme aveit sa seror. 
Haroid passe Quant sis père fu desviez , ^ 

ea Normandie • •■ i \ n 

poor réclamer Ki del morsel fu' eslFanglez , 

vrVpîr God" En Normendie volt passer 

Por les ostages délivrer 10730 

Dont il aveit mult ffrant pitié. 

Del Rei Ewart a pris congié , ' 

Et Ewart bien li desvéia ® 

E defendi è conjura 

K'en Normendie ne passast 

Ne al Duc Willamene parlast ; 

Tost i porreit estre engigniez , 



' Alias: Giihe on GUha. Cette princesse survécut assez 

* Sœur, kmg*tenipt è son royal époux « 

' Le nom de ce seigneur est et ne mourut qu'en 1076. Leur 

écrit de bien des manières , Bo^ mariage avait eu lieu en io43. 

raid, Baraid, Bérout, fférouù , (A. L. P.) 

Hérotdd, Sur la tapisserie de la ' Favori, 

reine Mathilde » conservée à ® EutperdiL Ll otie. 

. Bayeux, on lit: Baroid. ' Ici commence l'action re- 

^ Edied. JH/ts, 4» Dmehetne. présentée sur la tapisserie de 

Son vrai nom , suivant la Ckr9» Bajeux. 

niqtiê sasofme, est Mad-^Githa. ^ Lai déJMk. 



( 



DE ROIT. 109 

Rar li Dus ert mult vesiez : * 
S'il voleit aveir sez ostages, 
Si envéiast altres messages. 10740 

Issi l'ai jo trové escrit, 
Et un altre livre me dist 
Ke li Reis li rova * aler 
Por li rëalme asséitrer 
Al Duc Willame sun cosin , 
Ke il Fëust emprez sa fin; 
Ne sai mie ceste achoison , ^ 
Mais l'un è l'altre escrit trovon. 
Kelke busuigne k'il quërist, 
E ki ke suen fere volsist,* 10750 

Héraut à la veie se mîst , 
Coment ke puiz li àvenist. ^ 
Adventure ki estre deit, 
Ne pot remaindre k'il ne s^t,^ 
£ chose ki deît avenir 
Ne pot ppr nul lien faillû*. 
Héraut fist dui nez atomer, ? 
A Bodeham ^ entra en mer. 



■ Jçisé, clairvoyant, mandie parait avoir précédé im- 

* Lai ordonna^ médiatement la mort d*Édouard, 
^ Cette circonstance, qui arriva dansles premiers jours 

* Quelque chose qu*il voubU de 1066. Il fant donc le placer 
faire. ' dans l'été de io65. (A. L. P.) 

E kd kel riens fere volsist. * On ne peut empêcher ce qui 

Mss. de Duehesne, doit arrwer. 

' Quoi* qu'il pût lui en arriver par ^ Fît préparer deux navires, 

la suite. " Bosham est à présent un pe- 

Ge voyage de Harold en Nor- tit village sitiié dans le comté 



I lO 



La mer le jette 
sur les côtes 
du Ponthieu. 



Il est reconnu 

par un pé- 
cbeur, et livré 
au comte Guy. 



LE ROMAN 

Ne vos sai dire en ki pécha , 
U en icel ki governa, 
U en Tore ki trop versa, * 
Maiz jo sai bien k'il mésala; ' 
Très k'en Pontif l'estut sigler ; ^ 
Ne pout arière retorner , 
N'il ne se pout iloc celer. ^ 
Un des peschéors de la terre , 
Ki out esté en Eûgleterre , 
E Héraut out sovent véu 
L'a encercié ^ è conéu 
Al viaire et à la raison.^ 
El Cunte de Pontif Guion ' 
Ala dire privéement , ® 
Ne volt fere altre parlement, 
Ke il li fera mult gaaingner, 
Se il le volt acumpaingner; 
Doint li 9 vint livres solement , 
Il l'en fera gaaingner cent, 



10^60 



10 



770 



de SoBsex , près de Chichester ; 
c'était auti'efois au port fré- 
quenté. 

' Ou un Oient qui trop tourna, 

* Qu'il alla mal, 

' Jusqu'en Ponthieu U lui fallut 
cingler, 

* Cacher» 
» Épié, 

^ Au visage et à la parole. 



7 (?«/, premier du nom, comte 
de Ponthieu , que nous ayons va 
ci-dessus fait prisonnier à la ba- 
taille de Mortemer, et qui» après 
deux ans de captivité à Bayeux « 
était devenu le vassal et l'ami du 
duc Guillaume. Voyez à ce sujet 
Orderic Vital, Liv. vit, p. 658. B. 

(A. L.P.) 

* En particulier, 
' Qu'il lui donne. 



DE ROU. iji 

Kar tel prison * li li verra, 
Ki cent livres u plus donra. * 
Li Quens l'en a asséuré lo^s. 

R'il en fera sa volenté, 
£ cil li a Héraut monstre , 
Ki le gaaing a désiré ; 
A Abeville l'ont mené. 
E Héraut a par un privé 
En Normendie el Duc mandé 
Tut issi cum il a esré , ^ 
Re d'Engleterre à li alout, 
Maiz à dreit port venir ne pout; 
A li dut aler en messaige , 10790 

Maiz il failli del dreit passaige. 
Li Quens de Pontif l'aveit pris , 
£ sanz forfet en prison mis; 
Delivrast li s'il le poeit , 
Et il fereit kank'il voldreit. ^ 
Gui garda Héraut à grant cure; ^ 
Mult en créust mésaventure ; 
A Belrem ^ le fist envéier 
Por fere del Duc esluingnier. 
Li Dus pensa s'il le teneit, xosoo 

K'il en fereit bien son espleit. 



* Car il lui liprera tel prison- * Tout ce,qu*il voudrait, 
"'*'*• ^ Soigneusement. 

' ^' ^nnera, e Beaurain sur la Canche , ar- 

^ Ha vojroffé, rondissement d*Hesdin. 



lia 



Le dac Gail- 
laome le ré- 
clame, et il 
lai est remis. 



Bomie récep- 
tion faite à 
Harold par 
Goillanme. 



Harold pro- 
met de lui li- 
vrer TAngle- -_ 
terre à la mortt^ 

d*Édoiiard. ^ 



LE ROMAN 

Tant pramist el Conte et ofin y 

Tant manacha è tant blandi , ' 

Que Gui Héraut al Duc rendi 

£ de Héraut li Dus seîsi. * 

£ li Dus li a fet aveir 

Lez Tewe d'Aine ^ un bel maneir. 

Willealme tint Héraut maint jor 

Si cum il dut à grant énor. 

A maint rice tomeiement 

Le fît aler mult noblement ; 

Chevals et armes li duna 

£t en Bretaingne le mena , 

Ne sai de veir treiz feiz u quatre, 

Quant as Bretuns se dut combatre. , 

£ntretant ^ a li Dus parlé 

Tant ke Héraut li a graë ,^ 

Re JEngleterre li liyerra 

Très ke li Reis £wart morra; 

£t à moillier ^ s'il Telt praidra 

£le 7 une fille ke il a : - 



10810 



xoSao 



' Flatta, 

* SaÎTant Guillaume de Poi- 
tiers • Gar amena lui-même son 
prisonnier an duc dans le châ- 
teau d*£n : Ipse adducens apud 
Aucense castram sibi prœsentavit. 

(A.L.R) 

' Le long de Im ritwre'd'Emdne , 
qui était yoiaiiie de son comté de 
Ponthien. (A. L. P.) 



4 Pendant ce temps, 

' Idd a accordé, lai a promis. 

* A femme. 

' Adèle, Suivant Orderic Vi- 
tal , ce ne fut point Adèle» mais 
Agathe , autre fille de Gnillamne, 
qui fut fiancée avec Harold. Cet 
auteur ajoute qu'ayant conçu une 
vive passion pour l'époux qui 
lui était promis , elle mourut de 



DE ROU. 

Co se li plaist li jurera, 
Et Willame îê graanta. ' 
Por rechoivre cest sèrement , 
Fist assembler un paiement. 
A Baieues ', ço soient dire , 
Fist asembler un >grant concire ; 
Toz li corz sainz. fist demander , 
Et en un liu * tuz asembler ; 
Tut une cuve en fistempKr, 
Pois d'un paeie ^ les fist covrir, 
Ke Héraut ne sout ne ne vit , 
Ne ne li fust mostré ne dit. 
De suz out une filatire,^ 
Tut li meillor k'il pout eslire , 
E li plus chier k'il pout trover: 
Oil de boef ^ l'ai oï nomer. 
Quant Héraut suz sa main tendi , 
La main trembla, la char frémi; 
Poiz a juré et a prami 



ii3 



Ruse employée 

par GaLUaume 

pour rendre 

cette promesse 

inviolable. 



io83o 



10840 



chagrin pendant qu'on la con- 
duisait en chercher un autre en 
Galice. Voyez Orderic Vital, 
Liv. V , p. 573. ( A. L. P.) 

' Y consentit. 

* Notre auteur ne parait pas 
bien sûr du lieu où Guillaume 
reçut le derment de Harold. Or- 
deric Vitaldit que cci/ut à Rouen ; 
Guillaume. de Poitiers , qui était 
à portée d'en être bien informé, 
indique le château de Bonneyille- 

ir. 



sur^Touques, et place cet événe- 
ment avant l'expédition de Bre- 
tagne, qui fut unique, et non 
pas renouvelée trois ou quatre 
fois , comme VS^ace le prétend. 

( A. L. P.) 

^ En un lieu. 

♦ Un poisle ow paisle; de pcU- 
lium, drap d'or ou de soie. 

'^ Reliquaire; philacterium. 

A cause de sa forme. 

8 



ii4 LE ROMAN 

Si corne home ki eschari : \ 
£le , la fille al Duc prendra, 
Et Engleterre al Duc rendra ; 
De ço li fera son poeîr ' 
Sulunc sa force è son saveir 
Emprès la mort Ewart, s'il vit; 
Si veirement Dex li ait , ^ 
E li corz sainz ki iloc sont ! 
Plusors dient : Re Dex li dont ! ^ 
Quant Héraut out li Sainz beisiez , >o85o 

Et il fu suz levez en piez , 
Verz la cuve li Dus le trait , * 
E lez la cuve ester ^ le fait : 
De la cuve a le paesle ost^ , 
Ki tut aveit acoveté ; ' 
A Héraut a dedenz monstre 
Sor kels cors sainz il a juré. 
Héraut forment s'espoanta 
Des relikes k'il li monstra. 
Quant son erre out apareillié ^ >o6(io 

Al Duc Willame a pris cungié , 
E Willame l'a con véié , » 
E de bien faire assez prëié ^ 



* Qui affirme. ® Rester. 

* Sonpoufwir, f Ctiché. 

' iHeu lia aide, " Qqand il eut fait les pr^Mxraiifs 

* Lui donne , liU octroie. ^ ^on départ. 
' L'attire, le mène. » Inmti. 



DE ROU. 

Poiz l'a el départir bèisié 
Par nom de fei è d'amistië. 
Héraut passa delivrement , 
En Engleterre vint ' salvement. 
Li jor vint ki ne pout feillir, 
Ke nus hoem ne pout tressaillir,^ 
Ke chescun deit par mort finir ; 
Li Reis Ewart estut ' morir, 
Mult li fust bel se il péusC , 
Ke Guillealme sun règne éust , 
Maiz trop est luing.è trop demore, 
Ne il ne pot aloigner Tore. * 
Ewart en enferté ^ gëseit 
Del mal dunt il morir debveit , 
Mult esteit de mort agëhiz , ^ 
E mult jà esteit afîébliz. 
Héraut asembla sis par^iz , 7 



ii5 



10871 



Retour d*Ha- 
rold en An- 
gleterre. 



Derniers mo» 
mens d'E- 
douard. 



10880 On extorque 
son couseiite- 



' En Engleterre è sainement. 
Mst. de Duchesne. 

' Éviter. 

' Convint, fallut, 

^ Vheure. 

' En infirmité. , 

* Pressé. 

' Tous ces événemens ont été 
racontés d'une manièr&bien dif- 
férente par les historiens con- 
temporains , selon qu'ils étaient 
partisans dé fiarold ou de Guil- 
laume. Récemment encore cette 
portion de nos annales a été pré- 
tientée sous un jour tout-à-fait 



saxon , si nous osons^parler ainsi, 
dans un ouvrage d'un grand mé- 
rite ; mais dont pQiis croyons de- 
voir conseiller à nos^ompatrîbtes 
de ne pas adopter sans examen les 
jugenienB sévère sur ti^orft ancê- 
tres. Peut-être essaierons «nous 
quelque jour d'établir que l'ap- 
pel de GhiiUaume au trdne par 
son parent et son ami, n'est ni. 
aussi invraisemblable ni aussi cHIr 
mérique qu'on a coutume de le. 
dire , et que la désignation con* 
traire de Harold peut fort bien 
avoir été extorquée à la faiblesse 



,,6 LE ROMAN 

ment à ce Amiz manda et altres genz , 

^T^clV"' En la chambre li Reis entra , 

Gels ke li plout od li mena. 
Un Engleiz a avant parlé , 
Si com Herout out comandë. 
Sire , dist-il , grant duil avon 
De ço ke vos perdre devon ; 
De ço somes espoenté , 
Mult en creimon estre esgaré. 
Ne poon ta vie aloignier, '^^ 

Ne ta mort por altre eachangier ; 
Chescun por sei morir estuet , ' 
Hom por altre morir ne poet ; 
Ne te poon de mort garir , 
Ne tu ne poz à mort faillir; 
A terre deit terre venir. 
Nos ne remaint ' emprez ta mort 
De tei nul eir ki nos cunfort : 
Vielz hoem es jà, pose as vescu , 
E si n'as nul enfant eu; «^- 

Filz u fille ne nul altre eir, 
Ki por tei poisse remaneir , 
Ki nos gart è ki nos maintienge , 
E par lignage Rei devienge. 
Par cest païz plorent è orient , 



d'un vieillard mourant , contra- ' // faut mourir chacun pour 

dictoiremerit h sa volonté et à ses soi. 

dispositions antérieures. ' H ne nous reste après ta 

(A. L. P.) mort. 



5 
6 



DE ROU. 117 

Se tu lor &UZ ' , morz sunt , ço dient , 

Jamez ne kuident paiz aveir, • 

E jo kuide ke il dient veir , * 

Kar jà sanz Rei paiz n'averon , 

Ne Rei n'aron se par tei non. ' ">9'» 

Dune tun règne à tun vivant 

A tel ki face paiz en avant. 

Jà Dex n'otrei , n'a li ne place , 

Ke Reis ait ki paiz ne nos face ! ^ 

Malveiz est règne è petit vaut , 

Dez ke justise è paiz i faut. 

Wa. dreit el règne ke il ait , 

Ki paiz è justise ne fait. 

Bien es , bien as fet , bien feras , 

Deus as servi è Deus atiras. »"9'» 

Ci est li mielx de tes païs , 

Tut li mielx d^ tes amis ; 

Trestuit te sunt venu prëier , 

£ tu lor deiz bien otréir, 

Ço poise nos ke jà t'en vas , 

Se por ço non ke Deus auras. 

Ci tuit te vieguent bui ' requerre 



' ^tuteur manques. peu de valeur lorsque la paix et la 

' f^rai. justice y manquent. 

^ A moins que par toi. ^ Celui qui ne procure point la 

^ Que jamais Dieu ne permette p<^i^ ^t ne rend point justice n'a 

que nous ayons un roi qui ne nous aucun droit au royaume qu'il pos» 

maintienne pas en paix. sède. 

' Vn royaume est mauvais et de ' Aujourd'hui. 



ii8 LE ROMAN 

Ke Héraut seit Rei de la terre ; 

Ne te savom mielx cunseillier, 

Ne tu ne poz mielx espleitiery* 10930 

Dez ke cil oUt Héraut notnë , 

Par la chambre ont Ënglei2 crié 

Ke bien parlotit è bien diseit , 

E li Reis creire le debveit : 

Sire , dient-il , se tû heV fai2 , 

Jà en noz vies n'alron paiz. 

Donc s'est li Reis el liôt a^sis, 

Verz les Engleiz turna Sun vis : • 

Seignors , dist-'il , asez savez , 

E maintes feiz si avez 10940 

Ke mon règne ai emprez ma vie 

Dune al Duc de Normendie , 

E ço ke jo li ai dutié 

Li unt alquanz ^ de vos jurë< 

Donc dist Héraut , ki fu eu piez ^ : 

Ki ke vos, sire, fet aiez, 

Otréiez mei ke jo Rei seie, 

E ke vostre terre seit meie ; ^ 

Jo ne quier ne maiz vostre dreit, 

Jà mar^ plus por mei en fereit. 10950 

Héraut, dist li Reis, tu l'auras, 



' ^aire. * Qui était debout. 

, „ . * Mienne. 

Son vueure. « > «. ». s, . 

^ ° ji Dieu neplaue que i on n en 

^ y4ucuns. fasse dai*anta^ pout* moi. 



DE ROU. H9 

Mais jo sai bien ke tu morras ; 

Si jo unkes li Ou^'conui 

£ li Barunz ki $unt od lui^ 

Et la graat gent k'il pot mander, 

Nient ne t'en pot forz Deu& garder. ' 

Donc dist Héraut, ke bien fereit, 

Dist li Reis ço ke-il voldreit, 

Il fereit co ke à'fere aveit; 

Normant ne altre ne creimeit»'* 10960 

Dune se tuma li Reis, si dist, 

Ne sai se par boen cuer le fîst : 

Ore facent Engleis Duc u Rei, 

Héraut u altre, jo l'otrei. ^ 

Issi a fet Beraut si^n eir 

Quant WîUame ne pout aveir. 

Rei à règne aveir estuet,^ 

Règne sanz Rei estre ne puet. 

A sez Rsurtmz a graanté ^ 

K'il en facent lor volentë. ,097* 

Li Reis morut ^ , ne pout remaindre 7 ; Mort et enter- 

Mult en orent Engleiz à plaindre. "^douard. ' 

Li corz ki mult fu énorez, 

A Westmostier est enterrez ; 

Mult fil riche sa sépulture 



' Garder, exe^té Dieu. * A accordé. 

' Ne eruignait. • t »: • i^a 

s r r Le 5 laiiTier looo. 

Je le permets. * 

^ U faut un roi fi un royaume, ^ Demeurer. 



I20 



Coaroanement 
d'Harold. 



LE ROMAN 

Ki faite fii et encore dure. 
Dez ke li Reis Ewart fu\noi*z, 
Héraut ki ert manant è forz * 
Se fîst énoîndré* è coroner; 
Unkes al Duc n'en volt parler, 
Homages prîst è féeltei 
Des plus riches è des ainz nez. 



1J98C 



Guillaume ap- 
prend ce qui 
se passe en 
Angleterre. 



En Roem ert li Dus el Parc/ 
Entre ses mainz teneit un arc, 
Encordé l'aveit è tendu 
Et entésé è desentu. ^ 
A un varlet Tout fet livrer, 
Aler voleit, co crei, berser,* 
Mult aveit od li Chevaliers 
E dameisels ^ et esquiers. 
Eis voz al postiz un Serjant , 
Ki d'Engleterre vint errant, 
Al Duc vint dreit, cil salua; 
A une part li cunseilla ' 



10990 



' Riche et puissant, 

* Oindre. 

^ Le parc de Quevilly, où les 
ducs de Normandie ayaîent une 
métairie dès Tépoque de Guil- 
laume -Longue -Épée. Henri 11 
y fit bâtir une maison royale , 
qui devint par la suite le prieuré 
de Saint-Julien , et dont la cha- 
pelle subsiste encore. ( A. L. P.) 



4 Et bandé et ariné^ c'eét-à-dire 
placé la corde en oraii^ oe qui se 
faisait avec plus ou moins d'ef- 
fort. 

* Chasser, 

® Jeunes gentilshommes qui 
n'étaient pas encore chevaliers. 

' Lui parla en particulier, lui dit 
tout bas. 



DE ROU. 

Ke li Reis Ewart ert finez/ 
E Héraut ert à Rei levez. 
Quant li Dus ot bien escolté , 
E tute sout la vërhé 
Ke à sa fin ert Ewart trait, 
E ke Haralt esteit Reis fait, 
Semblant fist d'home corocié. 
L'ovre del boiz a tut lessié, 
Sovant a sun mantel lacié, 
Et sovént l'a destachié; 
Ne il à home ne parla, 
Ne home à il parler n'osa. 
A un batel Saine passa, 
A sa sale vint, enz eBtra; 
Al chief d'un banc s'est acotez,* 
D'ores en altre' s'est tomez. 
De sun mantel covri sun vis,' 
Sor un pécol ^ sun chief a mis ; 
Issi pensa li Dus grant pose , 
Ke l'en parler à*lr n'en ose. 
Plusors demandèrent en derrière 
Ke a li Dus, ke fet tel chiere ?^ 
Eis vus à tant^ li seneschal,? 
Ki del Parc veneit à cheval, 



121 



IIOOO 



Cette noayelle 

le rend pensif 

et soucieux. 



tlOlO 



' Était mort. 

* Au bout d'un banc s 'est ap" 
puyé. ^ 

^ D'heure en autre , de temps en 
temps. 



4 Support, appui. 
* Telle mine. 

® P'oilà , dans ce ynoment, 
7 Guillaume , (ils d'Osberne , et 
seigneur de Bretetiil. 



122 



Conseils qui 
lui sont don- 
nés par Guil- 
laume de Bre- 
teuil, son sé> 
néchal. 



LE ROMAN 

De lez li Dus ' passa avant, 
Par la sale ala chantusant ; ' 
£ plusors li vunt demandant 
Por kei 11 Dus fet tel semblant. 
Et il lor dist : noveles orreiz ^ 
Maiz d'oir mar ^ vos hastereiz, 
Kar novele tel costume a 
Ki ne Tout nove, viez l'ara. 
Dune leva li Dus en séiant,^ 
£ li seneschal dist itant : ^ 
Sire, sire, por kei celez. 
Li noveles ke vos savez ? 
Se la novele ne l'oon,^ 
Pot cel estre viez la sauron ; 
Jà el celer ^ prou n'en aureîz, 
Ne el dire rien ne perdreiz. 
De ço fêtes grant chierté, 
Ke tuit sevent par la cité. ^ 
Par celé cité vunt disant, 
Tuit le sevent petit è grant , 
Ke li Reis £i)mrt est finez 
£ de cest siècle trespassez , 
£ Héraut est Reis devenuz , 



■ I030 



I I 



o3o 



I io4o 



' Près du duc. 

* Fredonnant^ chantant Légère- 
ment, 

' Entendrez. 
^ Mal à propos. 
^ Sur son séant. 



« Alors. 

7 iVe l'entendons. 
. * Profit. 

9 F'ous faites grand secret de 
ce que tout le monde sait dans la 
cité. 



DE RÔU. 123 

Et el réaime recéuz. 
Ço peise mei , dist li Dus , 
Maiz n'en pois mie fere plus. 
D'Ewart me peise è de sa mort ^ 
£ de Héraut ki m'a fet tort : 
Tort me fet ki li règne a pris , 
Ki m'esteit dune è pramîs ^ 
E Heralt le m'aveit juré. 
A cels paroles respondi noSo 

Li filz Osher el cuer hardi : 
Sire 9 dist-il , ne vos targiez y 
Delivrement vos*porcachiez % 
Ke de Heralt séiez vengiez , 
Ki si s'est verz vos deslpiez; ' 
Se boen corage ne vos &ut,^ 
Ne remaindra terre à Héraut. 
Mandez kanke ^ mander poez, 
Passez mer, terre lor toUez : 
I Prusdhoem ne deit nient comenoier, koGo 

Ne esmover por delaissier, 
U comencier et à chief traire , ^ 
U tut laissier sanz noise faire. 
Issi ala par la cuntrée 
Del Roi Héraut la renomée. 
Willame li manda sovent, Message» 



' Mettez-vous «n àesogne ; agis- ^ Ne 'VOUs manque. 

^^^' * Tout ce que. 

" Délié de sùH serment. ^ Terminer, mettre afin. 



entre Guillau- 
ine et Harold. 



Dé£ adressé à 
Harold par 
Gaillaume. 



Normands 
chassés d'An- 
gleterre. 



124 LE ROMAN 

K'il li tenist sun serement , 
E Héraut li manda vilment % 
K'il ne fereit por li néient , * 
Ne il sa fille ne prendreit, 
Ne il terre ne li rendreit. 
Et Willéalme le desfia , ^ . 
E desfiance li manda ; * 
E Héraut toz tems reppneit* 
Ke nule rien ^ mez ne ereimeit. 
Normanz ki el païz maneient,^ 
Ki famés et enfanz aveient , 
Ke Ewart i aveit menez 
£ granz chastels è fieus dunez , 
Fist Héraut del paiz chaeier, 
N'en i volt un soûl lessier ; 
Li pères cacha è li mères, 
Filz è filles , serors è frères. 
Heralt prist corone à noel , 
Mielx li venist aveir fait el ; ' 
Ne fist à son eir se mal non , ^ 
E a tute la région. ^ 
Por li règne se perjura, 
E li règne poi li dura. 



1 10^0 



11080 



' D'une manière vile. 

' Néant f rien. 

^ Le provoqua au combat, 

^ Répondait. 

' Nulle chose. 



^ Demeuraient, 

7 Avoir fait autre chose. 

^ Sinon du mal. 

9 R à tute religion. 

Mss. de Duehesne. 



DE ROU. 

A tut H règne fist damage , 
Et en tristor mist son lignage : 
Ne volt mie fille el Duc prendre , 
Ne cun venant tenir ne rendre; 
Maiz malement le comperra ' 
Il è la gent k'il plus ama. ' 
Willame sont è entendi 
As noveles ke il oï 
Re Héraut rien ne li fereit , 
Ne covenant ne li teindreit ; 
Cunseil prist ke mer passereit 
Et à Héraut se combatreit; 
Se Dam le Deu i cunsenteit, 
Del perjure se vengereit. 
Li Dus Willame a mult pensé 
Ke Héraut Tout en grant viltë , ^ 
K'il n'ei) deingna à li parler, 
Ainz* k'il se féist coroner, 
Ço ke Ewaçt li out dune , 
E ke Héraut li out juré, 
Li a toUeit è trespasé , 
E li sien serement falsé. 
S'il le poeit, ço dist, grever 
E damagier sanz mer passer, 
Volentiers le damagereit, 



125 



11 



09. 



1 1 1 00 Guillaume se 
détermine à 
aller reyendi- 
quer la cou- 
ronne d*An<- 
gleterre . 



1 1 1 10 



' Le paiera, 

* Lui et ceuv qiC'd affeciiohna le 

plus. 



' Mépris, 
^ Avant, 



Il rassemble 
ses principaux 

barons pour 
leur demander 

leur assis- 
tance. 



26 L£ ROMAN 

Et ainz % ço dist, mer passereit, 

Ke de Héraut ne se vengast , 

£ ke son dreit ne porcachast. 

Li Dus dist ke mer passera, 

E de Héraut se vengera. 

Pur cunseil prendre de ceste ovre , 

Ainz * k'il à altre s'en descovre , 

Manda Robert li Conte d'Où , 

Ki marchist à cels de Y imou , ^ 

E Rogier de Mongomeri , 

K'il teneit mult por grant ami , 

E le fils Osber de Bretuil , 

Guillaume out non , plain fu d'orguil ^ 

Ë Gautier GifFart a mandé , 

Ki donc esteit de grant bonté. * 

L'Eveske Odun manda son frère, 

E Robert ki Moretoin ere;^ 

Robert frère li Dus esteit , 

Ki en grant chierté le teneit; 

Amdui cil ^ esteient si frère , 

Mais ço esteit de par sa mère. 

Rogier de Vilers' fist mander, 



I I IZO 



iii3o 



' Plutôt. 
* Avcmt, 



^ Qui était voisin de ceux du 
F'imeu. 

^ Ki doue esteit de grant fierté. 

Mss, de Duehesne. 
' Qui était de Mortain. 
* Ces deux-^i. 



7 Roger de Vieilles, et non pas 
de Fillers, comme il est écrit ici» 
ou ^de Veules , comme on le 
trouye presque partout, par une 
traduction inexacte de ces mots 
latins : de Vetulis , shrnom d'On- 
froi , père de Roger. Vieilles est 
une petite commune attenant à 



DE ROU. 
Ki mult esteit à énorer ; 
Mult esteit tenu por sage, 
Et jà esteit de grant aage , 
Sez filz aveit jà ckeyaliers 
Bien nobles homes è bien fiers ; 
Sire ert de Belmont-le-Rogier ', 
Grant terre areit à justisier. 
£ Iwun ^ manda al chapel , 
JLi à famé aveit Muriel , 
Seror li Dus de par sa mère 
E Herluin aveit à père ; * 
Ne sai se enfez d'els naski , 
Maiz unkes* parler n'en oï. 
A cels Barunz dist sun cunseil 
Ainz k'il féist grant apareil ; 
Dit lor a com il pert son dréit , 
Et come Héraut li toleit : 
Se il l'osoent bien loer, 
Por sei vengier passereit mer. 
S'il s'en voleient bien pener^ 



127 



11140 



iiiSo 



Beanmont, et où cette famille 
parait ft'étre établie avant de bâ- 
tir le cbâteau auquel le nom de 
Roger est resté attaché jus(jù'à 
ce jour. ( A. L. P.) 

Beaumont -le- Roger , sur la 
Rflle , département de l'Eure. 

' La soBur utérine de Guil- 
lanme-le-Gonquérant , comtesse 



d'Anmale, ne s'appelait point 
Muriel, mais Adelis, ou Adé- 
laïde. On sait qu'elle épousa 
Eudes de Champagne ; mais 
quelques historiens lui donnent 
un premier mari , qui porta peut- 
être le nom indiqué par Wace. 

(A. L. P.) 

* Jamaii, 

* S*îl se voleient bien prover. 

Mss» de Duchesne. 



Réunion gé- 
nérale des ba- 
roDS nor- 
mands. De- 
mandes du 
duc. 



128 LE ROMAN 

Od là gent k'il poeit mander, 
E Dex le volsist graanter ', 
Bien porreit sun dreit recovrer. 
Et il dient ke tuit sunt prest 
D'aler od li se mestier est ; ' 
Jà por lor terres engagier, 
Ne por vendre , s'il est mestier, ^ 
Ne perdra rien k'il aveir deie, 
Maiz sez homes è sez clers creie. 
Vos avez, font-il , grant barnage. 
Maint hom avez vaillant è sage , 
Ki sunt d'altresi grant poeir 
Et altretant kuident valeir 
Come nos à ki vos parlez : 
Geste parole lor mostrez. 
Bien deivent al cunseil venir, 
Ki el travail deibvent partir,^ 
Issi sunt li Barunz mandé 
Et à un j or tuit asemblé; ^ 
Dist lor a li Dus è mostré 
Come Héraut l'a enginié ; ^ 
Cq donc Ewart Tout fet son eir 



■ I i6( 



1 1 170 



' Permettre» 
^ Si besoin est. 
3 S'il est besoin. 
* Participer. 



dont la délibération eut des sui- 
tes si importantes. Gaillaume de 
Malmesbury nous apprend que 
ce fut à iMlebonne : conventum ma' 
gnum apud Lillibonam feçit, sin- 



' Les bistoriens normands ont gidorum senientias sciscitatus. 
négligé d'indiquer en quel en- (A. L. P.) 

droit se tint cette assemblée , ^ L'a tron^é. 



DE ROU. 119 

L'i a toleit, nel' pout aveir. 
Vengier se volt s'il unkes poet, inso 

Maiz grant aïe li estuet; ' 
Ne pot mie sanz lor aïe* 
Aveir grant gent è grant navie : 
Die chescun ke il li fera, 
Kels genz è quantes nés merra. ^ 
Cil dient k'il en parlereient , 
Et par conseil l'en repondreient, 
£t li Dus lor a graanté. ^ 

Al CUnSeil Unt lungeS esté, Les barons 

T . «Il 1 / délibèrent. 

Li cunseil a lunges dure 1M90 

E lunges unt entrels doté ^ 

Ke diront è ke respondront , 

£ kele aïe li feront. 

Mult se sont entrels démente; ^ 

Sovent, ço dient, sunt grevé; 

Mult se vont entrels démentant , 

Par tropeax se vunt cunseillant, 

Ci vint, ci quinze, ci quarante. 

Ci trente, ci cent, ci seisante. 

Li uns dient ke nés feront usoo 

Et od li Dus mer passeront ; 

Li altres dient ke pas n'iront, 



« Hésité, 



' Lui faut. * y a consenti. 

'Aide. 

^ Et combien de navires il me^ 
fiera, < ® Piaint. 

II. 



9 



Gaillaume de 
Breteuil Ips 
engage à se- 
conder le duc. 



i3o LE ROMAN 

Kar mult deibvent è povres sont ; 
Li uns volent, li altres non. 
Entrels aveit grande contention , * 
Quant le filz Osber vint avant : 
K'alez vos, dist-il, estrivant? 
A vostre natural Seignor, 
Ri s'entremet de querre enor, * 
Ne devez vos mie faillir; 
De vos fieus le devez servir , 
Et quant vos servir le devez, 
Eftbrciement ^ le servez. 
N'atendez mie k'il vos priet,^ 
Ne ne demandez nul respiet , ^ 
Alez avant, si li offrez 
Mult plus ke faire ne poez : 
Ne fêtes mie k'il se plaigne 
Ne son erre ^ par vos remaigne. 7 
Se la busuigne remaneit, 
Par adventure tost direit , 
A ço k'il est achoisonos,^ 
Ke tut areit perdu par nos; 
Fêtes li tant ke il ne die 
Ke s'erre seit par vos faillie. 



II3I0 



imo 



' Dispute. 

* De chercher honneur. 
' De tout "votre pouvoir. 
< Qu'il "VOUS prie. 
5 Délai, 



*" Son expédition, 

rïe son evre.... 

Mss. de Duehesne. 

7 Manque, 

' Soupçonneux. 



DE ROU. 
Sire, font-il, la mer doton , * 
Ultre mer servir ne devon, 
Parlez por nos, ço vos préion, 
La parole sor vos meton : 
Vos direz ço ke vos voldrez. 
Nos feron ço ke vos direz. 
Metez le vos, dist-il, sor mei ? 
Oil % dist chescun, jo l'otrei ; ^ 
Alon el Duc , por nos parlez , 
Ki nos assentemenz ^ savez. 
Le filz Osher donc s'en toma, 
Devant els vint, por els parla : 
Sire, Sire, tornez vos çà; 
Soz Ciel, dist-il, tel gent ne a 
Ke Sire deie tant amer. 
Ne ke tant face à énorer 
Come la gent ke vos avez; 
Amer è garder la devez. 
Por vos, ço dient, avancier, 
Se lerreient^ en mer néier 
U en feu ardent geter. 
Mult vos poez en els fier, 
Lungement vos unt jà servi. 
Et à grant cost ^ vos unt sui , 
E volentiers vos serviront ; 



i3i 



Répugnance 
des barons. 
Ils chargent 
GuiUaame de 
Bretenil de ré- 
pondre pour 
eux. 



iia3A 



11740 



Cuillaume de 
Bretenil fait , 
au nom des ba- 
rons, les offres 
les plus bril- 
lantes an duc. 



iiaSo 



' Craignons. 

'Oui. 

' jy consens. 



* Nos intentions. 

* Se Uùsseraîent. 
' Coût, dépense. 



Surprise et 
mécontCDte' 
ment des ba- 
rons. 



i32 LE ROMAN 

Se bien Tont fet , mielx le feront ; 
Ensemble o vos mer 'passeront, 
Vostre servise dobleront. 
Ri soit ' mener vint chevaliers , 
Quarante en merra volentiers , 
E ki de trente servir deit, 
De sesante servir vos velt,* 
E cil ki soit servir de cent , 
Dous cent en merra ^ bonement ; 
E jo merrai en boen amor 
En la busoigne mon Seignor 
Sesante nés apareillies 
De homes cumbatanz chargies. ^ 
Li Barimz tuit se merveillierent, 
Mult frémirent è grondillierent ^ 
Des paroles ke cil diseit , 
E des pramesses k'il faseit , 
Dune il ne aveit nul garant. 
Plusors l'aloent desdisant; 
Mult oissiez cort estormir,^ 
Noise lever, Barunz frémir. 
Li servise ki est doblez 
Creiment k'il seit en feu tomez , ? 



112 



Go 



iiajo 



' Qui a coutume. par le manuscrit anonyme de 

• Vous ^eut. Taylor. ( A. L. P.) 

, _ * Murmurèrent. 

' En mènera. « , ,, , , , 

° La cour, i assemblée se trou' 

* Ce nombre est en effet celui hier. 

que fournit le sénéchal Guil- ? Craignent qu^il ne soit change 

laume , d'après la . liste fournie en fief, en redevance. 



DE ROU. 
£t en costume seit tenu , 
Et par costume seit rendu. 
Mult part fu la cort troblée , 
Grant fu la noise è la criée ; 
Nus hoem ne poeit altre entendre , 
Parole oïr ne raison rendre. 
Li Dus à une part se trait' 
Por la noise kili desplait; 
Li Barunz manda un è un , 
Dist a è préië à chescun 
Kà cest grant besuing tant li face , 
Ke il ait s'amor è sa grâce. 
E quant cest ovre est si emprise, " 
Se il li doblent lor servise, 
Se il de lor graé plus li font , 
Mult bien, ço dist, fait li auront; 
Ne ke jamez d'ore en avant , 
Ço lor a miz en convenant , 
N'ierent ' de servise requis , 
¥on tel ke soit estre al paiz , * 
£ tel corne lor ancessor 
Soleient ^ fere à lor Seignor. 
Donc dist chescun k'il.li fereit, 
E quantes nés ^ mener porreit , 



i33 



xiaSo 



Le duc les 

apaise et les 

rassure. 



lagt 



On prend acte 
des offres fai- 
tes par chacun. 



' Se retire. 
' Entreprise, 
' Ne seront. 



4 Excepté tel qu'il est ^ usage 
au pays. 

^ Avaient coutume, 

** Et combien de navires. 



sms. 



i34 LE ROMAN 

E li Dus fist tôt enbrever, ■ 
Nés fist è Chevaliers nombrer. 
Li Barunz li unt graanté , ii3oo 

Dune a ehescun dist è nomë ' 
Quanz Chevaliers il trovera, 
E quantes nés mener porra. 
De son frère l'Eveske Odun ^ 
Reçut quarante nés par dun ; 
Li Eveske ki fu del Mans 
Od mariniers , od esturmans ^ 
Fist trente nés apareillier; 
Mult voleit li Dus avancier. 
Chescun des Barunz nés pramist, "3io 

Mez jo ne sai ke chescun dist. 
Appel etoffre» Poiz a rcquis ses boens veizins 

aux cheTaliers •»«• i a 

des pays voi- Brctuuz j Mausels et Angevins , 

Cels de Pontife è de Boloigne, 
K'od li viegnent en sa besoigne. 
A cels ki voldrent , pramist terre , 
Se Engleterre poet cunquerre ; 
A plusurs pramist livreisuns,^ 
Riches soldées è boens duns. 
De par tut manda soldéiers , ' « «3»» 



' Mettre en Bref, mettre par manuscrit de Taylor. (A. L. P.) 

écrit. . * Pilotes. 

' E unt à chescun demandé. ^ Du Ponthieu, 

Mss. de Duckesne. ^ Pre'setis, fournitures. 

^ Odo ne figure que pour qua- ^ Soldats, aventuriers , gens qui, 

rante vaisseaux dans la liste du sans dépendre d'aucun souverain 



DE ROU. 
Ki el gaaing vunt voleotiers. 
Al Rei de France son Seignor 
Monstra por bien è por s'onor 
K'il volt passer mer sup^ Héraut , 
Ki li trice del tut è faut. ' 
En Belveisin, à Saint-Girmer * 
Ala li Dus el Rei parler; 
Là le quist ' è là le truva , 
E sa busoigne li monstra , 
Ke se tant aidier li voleit , 
Ke par s'aïe ^ ëust son dreit , 
Engleterre de li prendreit , 
E volentiers l'en servireit ; 
E li Reis dist ke non fereit, 
Jà par sun gré n'i passereit. 
Franceiz orent al Rei préié , 
Dist li orent è cunseillié 
Ke il Williame n'avançast , 
Ke ne sofrist k'il esforçast. 
Trop est fort, ço li poet peser, 
Folz est s'il le lait ^ amender; 
Kar se il li laisse assembler ^ 
La grant richesse d'ultre-mer, 



i35 



Le dac va 

trouver le roi 

Philippe, et 

réclame son 

aasistance. 



ii3?o 



Refus de Phi- 
lippe d*après 
le conseil des 
barons fran- 
çais. 



1 134* 



en particulier, faisaient métier de 
ia guerre , et la faisaient pour celui 
<jtti les payait le mieux. 

' ^ manque de foi. 

* Saint'Germer, près Goumay. 



^ Là le chercha. 
^ Son aide. 
' SrU le laisse. 
^ Recueillir. 



35o 



i36 LE ROMAN 

L'aveir è la grant manantie ' ^ '* 

Od la boene Chevalerie , 

Et od l'orguil de Normendie , 

Jamez n'ara paiz en sa vie. 

Por ço se deit li Reis pener 

Del Duc Willame destorber,' 

K'il ne poisse plus hait munter, * 

Ne en Engleterre passer. 

S'el Duc , font-il , aider volez , 

Sainz cost ne deniers ne poez : 

Tute France en sera grevée , 

E tute à povreté turnée. 

Jà Franceiz là ne vos suira , * 

Ne Franceiz mer ne passera , 

£ se là vos mésaveneit , 

A grant honte vos tornereit. 

Li Dus de son prou^ vos requiert, '»36o 

Maiz jà nul miex ne vos en iert. ^ 

Quant Engleterre ara cunquise , 

Poiz jà u'areiz de li servise ; 

Petit sert , maiz meinS servira ; 

Quant plus ara, meins vos fera. 

Por ço ke li Franceiz diseient 

Et encor piz se piz poeient , 

Li Reis el Duc aidier ne vout , 



' Richesse, * De son profit. 

^ TroubUr. 

^ Ne "VOUS suivra. * En sera. 



DE ROU. 

! Ainz le destorba quant il pout; 
Ne sai ke li Reis respundi , 
Maiz jo sai bien k'al Duc failli. 
Quant li Dus prist del Rei cungié 
Com hoem ki out li cor irié : ' 
Sire , dist-il , jo m'en irai , 
Li mielx ferai ke jo porrai ; 
Se Dex plaist si querrai mon dreit, 
E se jo l'ai , ke Dex l'otreit , ' 
Jà poiz par mal ne me verrez , 
Ne par mal el mien n'entrerez ; 
E se jo faut * à mon dreit prendre , 
Ke Engleiz se poissent desfendre, 
Jà n'i perdrai ne mez la teste : 
Tute ert de mei fête la feste. 
Et mi enfant aront ma terre ; 
Jà sor els ne Tirez cunquerre. 
Seit mort u vif ke ke jo face/ 
Ne m'est gaires ^ d'altrui manace. 
Willame l'en leissa à tant , 
Ne l'en ala plus esforçant. 
Li Conte de Flandres requist, 
K'en sa busuigne à li venist 
Cum od serorge ^ et od ami , 



i37 



I i3^o 



Le duc se re- 
tire fort irrité 
de ce refus. 



ii38o 



ziSqo 



Le duc s'a- 
dresse au 
comte de 
Flandre. 



' Le cceur en colère. 
* V octroie. 
' Je manque. 

^ Se mair u vive , ke ke face. 
Mss. de Duchesne. 



^ Il ne m'importe guère. 

^ Beau'frère. Le comte de Flan- 
dre alors régnant n'était point 
Baudouin vi , beau-frère de Guil- 
laume, mais Baudouin y , son 



Le comte veut 

savoir ce qui 

lui reviendra 

du territoire 

anglais. 



i58 LE ROMAN 

E cil de Flandres respondi 

K'il voldreit bien anceis * saveir, 

S'il s'aïe ' voldreit aveir 

Et asséur estre en voldreit , 

D'Engleterre combien areit, 

Et k'ele partie ^ s'en fereit. 

E li Dus dist k'il s'en ireit , 

A sez Barunz en parlereit , 

Et a els s'en cunseillereit , 

E ço ke l'en li loerreit * 

Par son bref li remandereit. 

Li Dus s'en vint, k'il n'en fist plus, 

Poiz fist ço, ke ainz ne fist nus. 

De parchemin prist un petit 

K'il ni out leitre ne escrit , 

Tôt voi^ le séela en cire, 

Et en la coe ^ fist escrire , 

Ke d'Engleterre tant areit 

Comme li brief dedenz diseit. 

Par un vaslet enloconez , ' 

Ki lunges od li out estez 



1 1400 



I i4io 



beau-père. Au reste, cette in- 
exactitude n'est que la moindre 
de celles qu'on peut reprocher à 
Wace dans ce récit. Il paraît 
que le comte de Flandre, sans 
prendre part lui-même à l'expé- 
dition, la favorisa de tout son 
pouvoir , et qu'une rente consi- 
dérable fut la récompense de ce 
service. ( A. L. P.) 



' Auparavant. 

' Son aide, 

' QueUepart. 

^ Et ce qu'on lui conseillerait. 

' Tout vide. 

^ La queue , la lanière du par- 
chemin oii pendait le scel, 

7 Habile. Stylé rendrait assez 
bien cette expression. 



DE ROU. i39 

A li brief al Conte enveié : 
E il l'a el Conte baillié ; 

Li Quens a li scéel brisié , * J^^ Z' 

Li parchemin a desplëié / ^°*^- 

Dedenz garda , maiz rien n'i vist , 
Al vaslet l'a monstre è dist , 
E li vaslet ki fu corteis "4" 

A dit al Conte demaneis : ' 
Nient i a, nient aureiz, 
Et à nient vos eritendreiz. 
Li Dus velt à vostre seror 
Et à vos nevoz querre énor ; ^ 
S'il Engleterre aveir pëussent , 
Jà plus de vos Seignor n'en fussent;* 
De tut vos féissent Seignor, 
Tute fus vostre è tute lor ; ^ 
Se Dex plaist , il la cunquerra , » '43o 

Jà vostre aïe n'i querra. 
Ne sai ke li Quens respundi , 
Maiz li vaslet s'en desparti. 
Li Dus volt raisunablement 
Fere sun apareillement. 
A l'Apostoile fist mander ^e ?«« récU- 

^ me lautorisa- 

Par clers ki sorent bien parler, tion du pape. 



* Déployé. * Personne plus que "vous n*en 

, serait seigneur. 

Sur-le-champ. , , ,. 

' Trestot fust vostre e tôt lenor. 

' Acquérir de l'honneur. Mss. de Duchesne. 



Le pape lui 
envoie un 
étendard bénit 
et des reli- 
ques. 



Apparition 
d'une comète. 



i/jo LE ROMAN 

Come Héraut l'aveit servi , 

Serement falsé è menti , 

E com il sa fille ne prent 

Ne il li règne ne li rent, 

Ke Ewart li aveit dune 

E Héraut li aveit juré ; 

Del perjure féist justise 

Solunc l'esgart de' Sainte Iglise , 

E se ço ert ke Deus volsist 

K'il Engleterre conquésist , 

De Saint Pierre la receyreit, 

Altre fors Dex n'en servireit. 

L'Apostoile li otréia, 

Un gonfanon li envéia. 

Un gonfanon et un anel * 

Mult precios è riche è bel ; 

Si come il dit, de soz la pierre 

Aveit un des cheveuls Saint Pierre. * 

O cels enseignes ' li manda, 

E de par Dex li otréia 

Ke Engleterre cunquésist , 

Et de Saint Pierre la tenist. 

El terme ke ço estre dut, 

Une esteile grant aparut, 

E quatorze jors resplendi 



1 144** 



ii45o 



11460 



' Ce vers manque dans les 
raanuscritfl de Paris. 



* Variante : 

Aveit une des denz Saint Pierre. 

^Airec ces mttrgues, ces insignes. 



DE ROU. 
Od très Ions raiz deverz midi : 
Tele esteile soit l'en veir * 
Quant novel Rei deit règne aveir. " 
Âsez vi homes ki la virent , 
Ki ainz è poiz lunges veskirent ; 
Comète la deit apeler 
Ki des esteiles volt parler. 
Li Dus si fu joios è liez ^ 
Del gonfanon è del congiez 
Ke FApostoile li duna. 
Fevres è charpentiers manda ; 
Dune vëissiez à granz esforz 
Par Normendie à toz li porz , 
Mairrien ^ atraire è fust * porter, 
Che viles fere et boiz doler, 
Nés et esquiz apareillier, 
Veiles estendre , mast drecier 
A grant entente et à grant cost. ^ 
Tôt un esté et un aost 7 
Mistrent al navie atomer ® 
£t as mesnies asembler. 
ITout en la terre Chevalier, 
Ne boen serjant ne boen archier, 
Ne paîsant de boen corage , 



141 



i4;. 



Constmctioa 

et équipement 

des vaisseaux 

normands. 



11480 



Offres faites à 

tous les bom- 

mes propres 

au service mi* 

litaire. 



' On a coutume de voir, 
' Quand un royaume doit avoir 
wi nouveau roi, 
Et réjoui, 
* Merrain. 



« Bois. 

® Dépense, 

7 Un mois d'août. 

* A pré/Mirer la flotte. 



Rendez-Tous 

général à 

Saint-Valery- 

sur-Somme. 



Guerriers poi- 
tevins et bre- 
tons. 



i4a LE ROMAN 

Ki de cumbatre out aage , 
Re li Dus n'en ait fet requerre 
D'aler od li en Engleterre. 
Rentes pramist as vavassors 
Et as Barunz pramist énors. * 
Quan li nés furent atornées , 
En Somme furent aancrées , 
A Saint-Valeri menées ; 
As Barunz furent là livrées. 
Mut out nés è batels en Some , 
Une ewe * ke l'en issi nome. 
Some pai*t * Pontif è Vimou , 
E Vimou dure tresque Ou;* 
Ou part Vimou è Normendie ,^ 
Un païz d'altre avoerie ; 
Ou est ewe, Ou est Chastel ,^ 
Ki siet sor l'ewe d'Où ? mult bel. 
Li Dus out genz de plusors parz ; 
Li visquens i vint de Toarz, 
Haimon de bien grant poéir 
E ki poeit grant gent aveir. 
Alain Felgan vint el passage , 
Ki des Bretunz out grant barnage; 



11490 



1 iSoo 



' Fiefs , domaines. 

* Une rivière, 

' S^mn le Ponthieu et le Fi- 
meu, 

* Jusqu'à la ville d*Eu. 



* Eu partage le Vùneu et la Nor» 
manJie. 

^ Eu est rivière. Eu est château. 

7 Qui est hdti sur la rivière 
d'Eu, 



DE ROU. 

De Peleit le fîlz Bertran 

E li Sire i vint de Dinan , 

E Raol i vint de Gael 

E maint Breton de maint Chastel , 

E cil de verz Brecheliant, 

Dmic Bretunz vont sovent fablànt , 

Une forest mult lunge è lée, 

Ki en Bretaigne est mult loée ; * 

La Fontaine de Berenton 

Sort * d'une part lez le perron ; 

Aler i soient venëor ' 

A Berenton par grant chalor, 

Et o lor cors * Tewe puisier * 

Et 11 perron de suz moillier, 

Por ço soleient pluée ^ aveir : 

Issi soleit jadis pluveir 

En la forest tut envirun , 

Maiz jo ne sai par kel raisun. 

Là soit l'en li fées véir,^ 

Se li Bretunz disent veir,' 

Et altres merveilles plusors; 

Aigres soit avëir destors 

E de granz cers mult grant plenté , ^ 



143 



I iSio 



Digression re- 
lative auxmer* 
▼eilles de la 
forêt de Bre- 
cheliant. 



ii5 



ao 



I i53o 



' A beaucoup de r^utation. ^ Là on a coutume de voir les 

* Prend sa source. fées, 

' Les chasseurs ont coutume d'y „ „. 

r •' 7 Disent vrai. 



aller. 

* Et avec leurs cors de chasse. 

* Pbde. 



* Il jf a de rudes détours et une 
grande quantité de cerfs. 



L'auteur avoae 
les avoir cher- 
chées en vain. 



144 LE ROMAN 

Maiz li vilain ont déserté. 
Là alai jo merveilles querre, ' 
Vis la forest è vis la terre ; 
Merveilles quis =* , maiz nés' trovai ; 
Fol m'en revins, fol i alai , 
Fol i alai, fol m'en revins, 
Folie quis, por fol me tins. 



Les offres de 
Guillaume at- 
tirent beau- 
coup de volon- 
taires. 



Del Duc normant fu tost alée 
Par plusors lieus la renomée , 
Ke sur Héraut passer deveit , 
Ki Engleterre li toleit ; 
Dune vindrent soldéiers à lui 
Et uns è uns , è dui è dui , 
E quatre è quatre , è cinc è sis 
Et set è wit è nof è dis , 
E li Dus toz les reteneit, 
Mult lor donout è prameteit. 
Plusors vindrent par covenant 
Ke il aveient fet avant. 
Plusors del Duc terres voleient , 
S'Engleterre prendre poeient , 
Alquanz soldées demandoent, 
Livreisuns è duns covetoent ; ' 
Sovent les estoveit despendre , * 



1 iS^o 



1 i.i 



5o 



' Chercher. 
^ Cherchai, 



^ Convoitaient. 

* Souvent il les /allait défrayer. 



DE ROU. 

Ne poeient lunges atendre. 

Ne vos voil mie mètre en letre 

Ne jo ne m'en voil entremetre 

Kels Barunz è quanz Chevaliers, 

Quanz vavassors è quanz soldéiers 

Out li Dus en sa cumpaingnie , 

Quant il out pris tôt son navie ; 

Maiz jo 01 dire à mon père, 

Bien m'en sovint, maiz varlet ère , "^ 

Ke set cenz nés, quatre meins, furent, 

Quant de Saint-Valeri s'esmurent , * 

Ke nés, ke batels, ke esqueis ^. 

A porter armes è herneis. 

E jo en escript ai trové , 

Ne sai dire s'est vérité , 

Ke il i out treis mille nés^ 

Ki portèrent veiles è très. * 

A tantes nés ® pot l'en saveir 

Ke mult i pout grant gent aveir. 

A Saint-Valeri lungement 



145 



1 1 



56o 



Opinions di- 
verses sur le 
nombre des 
▼aisseaux 
composant la 
âotte. 



iS^o 



Retard causé 
par le défaut 



' Mais j'hais enfant. 

' Sortirent. 

^Esquifs, 

^Rien n'est moins constant 
que le nombre des Taisseanx qui 
composaieût la flotte du duc. 
Guillaume de Poitiers et Guil- 
laume de Jumièges parlent aussi 
de trois mille , tandis que la liste 
àt ceux qui furent fournis par 

II. 



les principaux seigneurs nor- 
mands donne un résultat à peu 
près égal au compte du père de 
Wace. La Chronique de Norman" 
die indique neuf cent sept grandes 
nefs , sans li menu vaisselim. 

( A. L. P.) 
* Mâts. 

^ Par Mme si grande quantité de 
navires. 

10 



de vent favo- 
rable. 



On l'obtient 
enfin par l*in- 
tercession de 

saint Valéry. 
Détails sur le 

vaisseau du 

duc et snr la 
flotte. 



146 LE ROMAN 

Sejornerent por aveir vent ; 
As Barunz a mult anoié; ' 
Poiz unt tant li covent prëié 
Ke la chasse Saint- Yaleri 
Mistrent as chams sor un tapi. 
Al cors saint vinrent tuit orçr 
Cil ki debveient mer passer ; 
Tant i ont tuit deniers offert, 
Tôt li cors saint en ont covert. 
Emprez cel jor asez briement ' 
Orent bone oré è bon vent. ^ 
Une lanterne fîst li Dus 
Mètre en sa nef el mast de sus, 
Ke les altres nés la véissent , 
Et emprès li lor cors tenissent. 
Une wire-wire dorée ^ 
Out de coivre en somet levée. 
Sor li chief de la nef devant, 
Ke marinier apelent brant / 
Out de coivre fet un enfant, 
Saete et arc tendu portant ; 
Verz Engleterre out son viaire, 



ii58o 



iiSgo 



' Ennuyé. — * Promptement, 

^ La flotte de Gaittaume mit 
à' la voile, de Saint- Valery-sur- 
Soranïe , le jour de Saint-Micbet, 
29 septembre 1066. 

^ Une girouette de cuivre doré, 

* Proue, 

^ Son visage. Dans la tapîaserie 



de Bayeux, cet enfant est placé 
à U poupe an li«a d*étre è la 
proue, et tient uae trompette 
doBt U sonne au lieu de tirer de 
r«ro. Un mannscrît da Musée 
britannique décrit aussi cette 
figure d'une manière un pev dif- 
lérente, (A.L. P.) 



DE ROU. 147 

Et là faseit semblant de traire , ' 
Ki kel part ke la nef coreit^ • 160» 

Semblant de traire avant faseit. 
De la flote ki fîi si grant 
£ de la gent dont i oui tant 
N'i out ke dui nés perillies, 
Ne sai s'el furent trop chargies. 
Li Dus out grant Gheyalerie , 
£ mult out nés en sa navie ; 
Mult out archiers, mult out aerjanz , 
Homes hardiz è oombatanz ; 
Carpentiers è engignéors, ' hGi» 

Boens fevres ' è boéns ferréors. * 
Li nés sunt à un port turnées, 
Tûtes sunt ensemble arivées ; 
Tûtes sunt ensemble acostées ; 
Tûtes sunt ensemble aanchrées ; 
£ tûtes ensemble asséchierent , 
£t ensemble les deschargierent. 

Prèz de Hasthigiies ^ arrivèrent , On arrive près 

L'une nef à l'altre aeosterent. * "*^*' 

Donc véissiez boens mariniers, ii6ao 



' De tirer. lait changé ks fooctioiis des en- 

*M. de Roquefort, dans son gignéors. 

Glossaire de la langue • romane , ^ Bons ouvriers, — ^ Bous ou- 

ne donne à ce mot que la sîgni- vriers en fer, forgerons, 

fication de subtil , trompeur; mais ^ Hastings, petite ville du comté 

il est mis ici pour mécanicien, deSussex, à trois lieues de Pieven- 

ingénieur, faiseur d'engins. Vin- sey et à vingt-deux lieoes de Lon- 

Tention de la poudre a tout-à- dres. 



Les archers 

débarquent les 

premiers. 



Débarque- 
ment des che- 
valiers. 



148 LE ROMAN 

Boens serjanz è boens esquiers 
Saillir fors , è nés deschargier , 
Ancres geter , cordes sachier , * 
Escuz è seles fors porter, 
Destriers è palefreiz tirer. 
Li archiers sunt prinaiers iessuz , 
El terrain sunt primiers venuz ; 
Dune a chescun son arc tendu , 
Couire et archaiz el lez pendu. * 
Tuit furent rez ^ è tuit tondu, 
De cors dras * furent tuit vestu ; 
Prez d'assaillir, prez de ferir, 
Prez de torner, prez de gaudir : 
Tuit esteient bien rebrachiez , 
E de combatre encoragiez. 
Li rivage unt tuit porcacë , 
Nul hoem armé n'i ont trové. 
Quant iessu furent li archier , 
Dune * issirent li Chevalier 
Tuit armé è tuit haubergié,^ 
Escu al col, healme lacié; ? 



ii63c 



11640 



' Tirer, hàUr. Pour la double des coars vestus. 

» Carquois etJUchts pendus au ( ''«"«* ?*! '^ f^' 

« , ^ p. xS^y édition de znai.) 

Cuirie et archaiz. . . . Alors, 

Hiss. de Duchesne. 

^ Rasés. 

^ D'habits courts. 



^ Revêtus du haubert , du luu' 
bergeon. 



7 Le bouclier pendu au col, le 
Quant à moy , je n*y seray plus casque en tête. 



DE ROU. 

Ensemble vindrent al gravier, "" 

Chescun arme sor son destrier. * 

Tuit orent ceintes les espées , 

El plain ^ vindrent lances levées ; 

Li Barunz orent gonfanons , 

Li chevaliers orent penons , 

Joste les archiers se sunt mis , 

Li terrain ont avant porpris. * 

Li charpentiers , ki emprès vindrent , 

Granz coignies en lor mains tindrent; 

Doloères è besagues 

Orent à lor costez pendues. 

Quant as archiers furent josté ^ 

Et as Chevaliers asemblë, 

Par cunseil firent esgarder ^ 

Boen lieu à fort chastel garder. 

Donc ont des nés mairrien geté ^ 

A la terre l'ont traîné , 

Trestut percié è tut dolé ; 

Li cheviles tûtes dolées 

Orent en granz bariz portées : 

Ainz ke il fust bien avespré , ^ 

En ont un chastelet fermé. ^ 



ï49 



II 



65o 



Débarque- 
ment des char* 
pendert. 



ÉtablÎMement 

d*an camp en- 

tom*é de re- 

tranchemens 

de bois. 



11660 



' Sur le sable , sur le bord de la 
mer, 

* Cheval de bataille. 
' Dans la plaine. 

* Occupé. 



* Joints. 

^ Examiner. 

' Avant que la nuit ne fût venue. 
On dit encore dans le Bessin la 
'vesprée pour la soirée. 

« Fortifié. 



Oa fait ensuite 
nn joyeax re- 
pas. 



i5o LE ROMAN 

Dune véissiez coisines faire , 
Feus alumer, viandes atraire. 
Dune s'asist li Dus el mangier; 
Li Barun è li Chevalier 
A mengier orent à plenté ; ■ 
Li Dus en out asez porté; 
Asez mengierent tuit è burent; 
Mult furent liez * k'à terre furent. 



1 1 



6jo 



ÀTenture d'un 
astrologue 

noyé dans la 
traversée. 



Un clers esteit al Duc venuz 
Ainz ke de Some fiist méuz ; 
D'Astronomie , ço diseit , 
£ de nigromancie saveit, 
Por devinëor se teneit , 
De plusurs choses sortisseit. ^ 
Cil aveit al Duc deviné , 
E sort aveit de ço geté 
Ke mer salvement passereit , 
Ë sa busuigne espleitereit 
Sanz ço k'il ne se cumbatreit , 
Ke Héraut tant li prametreit 
£ tant direit è tant fereit, 
Ke la terre del Duc teindreit . 
E sis hoems liges devendreit , 
E li Dus sain s'en reveindreit. 
Del bien passer out bien sorti , ^ 



11 



680 



* En abondance. 
' Joyeux, 



' Prédisait , jetait le sort. 
* PrédU. 



DE ROU. 

Maiz del cumbatre il out menti. 
Quant li Dus fu ultre passe , 
E salvement fu arrive , 
De son devin li a membre , * 
Asez l'a quia è demande ; 
Un des esturmans respundi , ' 
Ke cel devin aveit failli : 
En mer esteit, ço dist, néiéz 
Et en un nef pehlliéz. 
Ne pot, dit li Dus, ço chaloir; ^ 
lïTesteit mie de grant savoir; 
Malement devina de mei , 
Ej ne sont deviner de sei ; 
S'il de tôt sout dire véir,^ 
Bien déust sa mort porvéir. ^ 
Fol est ki se fie en devin , 
Ki d'altrui ovre set la fin 
E terme ne set de sa vie , 
D'altnii prend garde è sei s'oblie* 
Issi est del devin remés^^ 
£ al sec sunt traites li nës. 



i5i 

11690 



11 



700 



11910 



Quant li Dus primes fors issi , 
S<r sez dous palmes 7 fors chaï ; 



Habileté dn 
duc à tirer an 
augure favo- 



' Lui est jtuveOu. 
* Marinier^ 
' Importer, 
^Frai. 



* Prémir, 
^ Fini y terminé. 
' Fmattes des mains, 
Sor ses palmes aTant cbaï. 
Mss, de Duehesne, 



rable d'nn 
accident. 



Destruction 

de la flotte par 

son ordre. 



i52 LE ROMAN 

Sempres i out levé grant cri 
E distrent tuit : mal signe est ci ; * 
Et il lor a en haut crié : 
Seignors, par la resplendor Dé, " 
La terre ai as dous mainz seizie ; 
Sanz chalenge n'iert maiz guerpie; 
Tote est nostre quant qu'il i a; ' 
OrWerraiki hardi sera. 
Donc corut un hoem al terrain , 
Sor un bordel ^ tendi sa main , 
Plein puing prist de la coverture y 
El Duc torna à grant aleure; 
Sire, dist-il , avant venez , 
Geste saisine recevez ; 
De ceste terre vos saisis, 
Yostre est sainz dote li pais. 
E li Dus respont : Jo l'otrei , ^ 
E Dex i seit ensemle od mei. 
Dune fist à toz dire è crier, 
Et as mariniers comander 
Ke li nés fussent despêcies , ' 
A terre traites è percies , ^ 
Ke li coarz ne revertissent ^ 
Ne par li nés ne s'enfoïssent. 



11730 



»7 



3o 



* Ceci est mauvais signe, 

^ Par la splendeur de Dieu , ju- 
rement habituel de Guillaume. 
^ Tout ce qu'il jr a, 

* Maintenant, 



' Chaumière. 
^ Je le "veux bien, 

7 Brisées, dépecé- 

• Tirées et percé' 

9 Ne s* en reto^^- 



DE ROU. 

Ne poiz pas tôt ensemle escrire , 
Ne tôt ensemle ne pois dire ; 
Maiz ke ke jo auge disant 
Primes ariere è puiz avant , 
Véritez est k'à l'ariver 
Fist li Dus sa gent tute armer : 
Li primier jor ke il là vindrent, 
Joste le rivage se tindrent, 
Âl demain vindrent al chatel 
Re l'en claime Penevesel. ' 
Li eskuier è li forrier, 
£ cil ki voldrent gaagnier 
Pristrent robe, pristrent vitaille 
Ainz * ke celé des nés lor faille, ^ 
Donc véissiez Engleiz foîr, 
Bestes chacier, mezons guerpir ; 
As cemetieres tôt atraient , ^ 
Et encor là forment s'esmaient. ^ 
Un chevalier de la cuntrée 
O! la noise è la criée 
Ke paisant è vilain firent, 



i53 



«>74< 



Il s'empare de 
Perentey. 



ii< 



Un chevalier 
anglais va an- 
noncer à Ha- 
rold rarrivée 
de Gnillanme. 



' Pevenesejr, Peçensejf ou PejU' 
sey, dans le comté de Sussex. Ce 
port était alors assez fréquenté. 
La Chronique saxonne en parle 
sons les années 1046 , io5s , 

1087. ^° 9^>' ^1 ^^^ donné à 
Tabbaye de Saint -Denis en 
France par lé dac Bertold, avec 
Ghichestery Hastingsetles salines 



qni en dépendaient. Ce n'est 
plus aujourd'hui qu'un village 
avec un petit havre : il est situé 
vis-à-vis de l'embouchure de la 
Canche, en Ponthieu* 

* Avemt que. 

^ Leur manque, 

* Retirent, 

' S'inquiètent. 



i54 LE ROMAN 

Ki la grant flote arriver virent ; 
Bien congneut ke Normanz veneient , 
E ke la terre aveir voleient. ««t^» 

En dreit un tertre s'arestut , 
Ke alquanz d'els ne Taparçut; 
Hoc s'estut, si esgarda 
Cornent la grant flote ariva ; 
Vit les archiers des nés issir, 
Li chevaliers emprès venir; 
Vit carpen tiers , vit lor coignies ; 
Vit li grant ost è li maisnies; 
Vit li mairriens des nés geter; 
Vit li chastel fere è fermer; • i«77° 

Vit li fossé envirun faire ; 
Vit les escuz et armes atraire. 
De quant k'il vit out grant pesance , * 
S'espée ceint è prist sa lance ; 
Àl Rei Héraut, ço dist , ireit , 
Geste novele li direit* 
Atant ^ se mist cil el chemin j 
Tart se colcha , leva matin ; 
Tant a erré ke noit ke jor 
Por Héraut querre son Seignor, "780 

Ultre le Humbre ^ Ta trové ; 
En une vile aveit disné. 



' Et fortifier. ^ Sur-U'ckamp, 

* De tout ce qu*U vit eut grand 4 z*Hitmèer, grande rÎTière du 
chagrin. oomlé d'York. 



DE ROU. i55 

Héraut demenout grant fierté ; '^^Z"^ 

Ultre le Humbre aveit esté , venait de vain- 

^ cre ToBtig. 

Tosti son frère aveit veincu ; 

Mult li esteit bien advenu. 

Frère Héraut esteit Tosti , 

Maiz par mal esteient desparti. ' 

Tosti aveit Héraut requis ^^S^% 

Efetrequerre par amis, "^^ aKs^^L 

Quant si li esteit eschaeit , 

Fust tort , fiist dreit , ke Reis esteit , * 

Li fîeu son père li donast 

£ la terre li otréast , 

Ke lor père tint d'éritage. 

Ne quereit mie grant ultrage 

Et il sis hoem en devendreit 

Et à Seignor le congnoistreit , 

Et altretant ^ l'en servireit 

Come il li reis Ewart faseit. "«oo 

Héraut ne li volt otréier 

Celé , doner ne eschangier. 

Tosti , ki mult s'en coroça , 

En Danemarche trespassa , ^ 

Daneiz è Norreiz ^ amena , 

Deverz Euroïc ^ ariva. 

Héraut le sont , si s'en garni 



' Désunis. ' Autant. — * Passa. 

' Quand il lui était échu , soit * Norvégiens. 
à tort , soit à droit , d'être roi. ^ York. 



Nouvelles don» 
nées à Haf old 
du débarque- 
ment des Nor- 
mands. 



i56 LE ROMAN 

E chevalcha contré Tosti ; 
A son frère se cumbati , 
Sis meisnies è li veinqui ; 
Occiz fil Tosti verz Pontfrait , ' 
£ mult altre mal i out fait. 
Héraut de Pontfiradt repairout " 
£ forment se gloréfiout : 
Maiz fol est ki se gloréfie ; 
Tost est une joie faillie. 
Maie novele est tost venue ; 
Tost pot morir ki altre tue ; 
Sovent contre son destorbier 
Se soit coer d'home esléecier. ^ 
Héraut repairout liement * 
£ cunteneit mult fièrement , 
* Quant un mes ^ tel novele dist 
, Ki en altre penser le mist. 
£is vos li chevalier venu , 
Ki de Hastingues fu méu : ^ 
Normanz , dist-il , sunt arrivé , 
À Hastingues sunt aresté ; 
La terre kuident sor vos prendre , 
Se vos ne la poez desfendre ; 
Un chastel i ont fermé ^ 



11810 



1830 



xi83« 



' Pontefract on Pomfret , dans 
le comté d'York ; Ponsfractus, 

* S'en retournait, 

^ Souvent le coeur de l'homme se 
réjouit au moment de sa ruine. 



^ S'en revenait joyeusement. 
^ Un messager. 
^ Était parti. 
7 Fortyié. 



DE ROU. 

De bretesches è de fossé. 
Mult me pot, dist Héraut, peser 
Ke jo ne fu à l'arriver, 
Foiment m'en est mésavenu. 
Mielx me venist aveir perdu 
Quant ke Tosti out demandé , 
Ke jo n'eusse el port esté , 
Quant Willame vint el rivage ; 
Bien défendisse li passage. 
Tant en féisse en mer plungier, 
£ tant en féisse néier , 
Jà à la terre ne venissent, 
Jà nient del nostre ne préissent; 
Jà de morir garant n'eussent , 
Se la mer tote ne béussent; 
Maiz issi plout el Rei celestre , 
Jo ne poiz mie par tut estre. 



iSv 



Harold regret- 
te de n'avoir 
pu s'opposer 
au débarque- 
ment de Guil- 
laume. 



X1840 



En la terre aveit un Baron , 
Maiz jo ne sai dire son non/ 
Ri mult aveit li Dus amé , 
E se faseit de li privé; 
Ne se il péust ne volsist 
K'à Willame mésavenist. ' 
Cil li manda privéement 



Un baron du 
pays exprime 
I i85o à Guillaume 
ses craintes 
sur le succès 
de l'expédi- 
tion. 



' C'était, suivant Gnillaume mé Robert, et fils d'une noble 
de Poitiers, nu riche habitant du dame qui s'appelait Guimare. 
pays, Normand d'origine y nom- ( A. L. P. ) — * Ârrmt mai. 



Confiance de 

Guillaume 
dans la valeur 
de son année. 



Harold arrive 

à Londres , et 

7 attend qae 



i58 LE ROMAN 

Ke trop ert venu povrement; 
Poi aveit genz , ço li ert vis , * 
A fere ço k'aveit empris; ' 
Trop aveit gent en Ëngleterre , 
Et mult esteit fort à cunquerre. 
Par dreite fei li conseillout , 
£ par bon amor li mandout 
Ke del païz s'en retomast , 
Et en sa terre s'en ralast 
Ânceiz ke Héraut i venist : 
Dote aveit k'il li mescha'it ; ^ 
Mult li pesereit , ço diseit , 
S'a Willaiûe mésaveneit. 
E li Dus li manda briement,^ 
K'il ne dotast de li nient, ^ 
Nule crieme ^ de li n'éusl, 
Maiz bien creïst è bien séust , 
Se il n'aveit ke dis miliers 
De si nobles chevaliers, 
Com il aveit seisante mil 
U plus j si se cumbatreit-il. 
Jà ainz , ço dist , ne*s'en ira , 
Ke de Héraut ne se vengera. 
Héraut vint à Lundres puignant , ^ 
De totes parz Engleiz mandant, 



11860 



11870 



11880 



' IlavaU peu de monde, ce lui 
semblait. — ' Entrqfris. 
^ Qu'il hti arrivât mai. 



^ Brièvement, 

^ Mien, néant. — " CrainU. 

7 Galopant, piquant des deux. 



DE ROU. 

Ke tuit viengent delivrement * 

£ mult apareilliement 

£1 terme k'il lor oui mandé , 

Sainz esoigne forz d'enferté. ' 

Semprez ^ éust li Dus requis 

£ de cumbatre jor assis, 

Maiz il mandout et atendeit 

Sun grant barnage ki vendrait; 

Cil vindrent hastivement 

Ki oîreut li mandement. 

Li Dus oï dire asez tost 

Ke Héraut assemblant grant ost ; ^ 

A Lundres ert venu del nort, 

Tosti sis frère i aveit mort. ^ 

Huon Margot a demandé. 

De Fescam moigne coroné; 

Por ço k'il ert bien enseigniez , 

Bien cognéu è bien préisiez , ^ 

L'a li Dus à Héraut tramis « ? 

£ Margot al chemin s'est mis. 

A Lundres a Héraut trové , 

£t issi a ad li parlé : 

Héraut , dist-il , entend à mei , 

Messagier suis , oï de kei : 



iSg 



son année soit 
rassemblée. 



11890 



Message de 

Guillaume à 

Harold. 



Il 



900 



* Sans excuse, excepté d'iftfir^ 
mité, 

3 Aussitôt. 


< Grande armée. 
5 Tué. 
® Estimé. 
' Envoyé. 



i6o LE ROMAN 

Li Dus te mand è jel' te di * 

Ke trop tost as mis en obli 

Le serement ke tu jadis 

En Normendie li féis ; 

Falsé li as li serement; 

Radrece t'en , è si li rent >>9'» 

La corogne et la seignorie 

Ke tu n'as pas d'ancessorie ; "" 

Tu n'es pas rei par éritage. 

Ne par home de ton lignage. 

Li reis Ewart en sa santé 

Et en sa libre ^ poestë ^ 

Dona sa terre è son rëalme 

A son meillor parent Willealme ; 

Tel don li fîst com fere pout^ 

Come al meillor home k'il out ; »'0" 

En sa santé , devant sa mort , 

La li dona, si l'en faiz tort, 

Ke tu loeis è graanta,^ 

Nel' desfendi , ainz li jura. 

Rens li sa terre , fais li dreit 

Ainz ke plus damage en seit. 

Ne poent tele gent asembler 

Com tu è li poez joster 

Sanz grant damage è sanz grant perte , 



' Je te le dis. * Puissance. 

* Par tes ancêtres. ^ Que tu approuva et consenr 

' Variante : lige. tit. 



DE ROU. 
E ço iert de tote part déserte. * 
Bien sai ke tel le compeiront ' 
Ki nules capes ^ n'i aront. 
Rent li sun règne ke tu as ; 
Se tu li tienz , mal tu aras. 
Héraut fu forment orguillos, 
Ço dist k'il out kalkes iuros ; ^ 
Des paroles se coroça 
Ke Margot si le manaça ; 
Bien creit ke il Tout laidi , 
Maiz Guert * si frère sus sailli , 
Entre li Reis s'ala eister ; ^ 
Huon Margot ? s'en fist aler. 
Cil s'en ala sainz congié prendre , 
K'il n'i volt mie plus atendre , 
Ne plus n'i dist , ne plus li fist , 
Ne plus n'oï de quant k'il quist ; 
Al Duc Guillame reverti , ® 
Si dist com Héraut Tout laidi. ^ 



161 

11930 



1x940 



Courroux de 
Harold. On 
dérobe à sa 
fureur l'en- 
Toyé de Guil- 
laume. 



* Et il y aura dommage, des- 
truction de tous Us côtés. 

* Le paieront. 
Chapes , robes, 

* On dit qu'il eut quelques accès 
de fureur. 

Sur la tapisserie de Bayenx, 
il est appelé Gurd. 

S'alla placer. 

' Nous n'avons rencontré 
nulle part ailleurs que dans no- 

11. 



tre auteur le nom de cet envoyé 
du duc. Guillaume de Poitiers 
dit bien que ce fut un moine de 
Fécamp, mais sans le désigner 
plus particulièrement. C'est pro- 
bablement dans son voyage à ce 
monastère que Wace aura eu 
connaissance du nom d'Hugues 
Margot. Voyez ci-dessus, tome i, 
p. 370. (A. L. P.) 
• Retourna, 



9 L'a offensé. 



II 



Harold envoie 

à son tour un 

message à 

Guillaume. 



162 LE ROMAN 

Donc a Héraut pris un message 
Ki de France sout li langage , 
Al Duc Guillame l'envéia , 
Gel paroles li enchargia : 
Dites al Duc ke jo li mant * 
K'il ne m'apelt de covenant , ' 
Ne ne m'apelt de serement ; 
Se jo li ait fet folement, 
Se jo unkes rien li pramis , 
Por ma délivrance le fis; 
Por mei délivrer li jurai , 
Quant k'il me quist li otréai. ' 
Ne me deit estre reprocé , 
Quer nel' fist nient de mon graé ; 
La force ert soe*, si cremeie, 
Se sa volonté ne faseie , 
Ke jo jamaiz ne revertisse , ^ 
Et toz tems là remainsisse. ^ 
£ se de rien mesfait li ai , 
Jo méisme m'en assoldrai. ' 
Maiz se il velt de mon aveir, 
Je l'en donrai à mon poeir; 
Totes sis nés li referai , 



II 



gSo 



1196e 



1197» 



' QmJ€ bd maruU* ^ Textuellement : La force était 

• Qu'il ne me somme' point des *««"««• 

Hons, du traité. * Ne retournasse. 

> «^ ^ *'i ^Demeurasse, 

"oniai tout ce qu il me m^^**^** 

7 M'en absouiùw. 



DE RÔU. i63 

£ sal vement Ten conduirai ; 

£ se il cel offre n^ prent, 

Distes put veir » , s'il tant itt^atant , 

Ke samedi le requerrai , 

£t samedi me combatif. 

Li messagier ti Dus fequist, 

De par li Reis Héraut li dist 

K'en sa terre s'en ratal^t 

£t £ngleterre dëlivrast • ^^ 

£ salvement Pén côiiduilt^it ; 

£ s'il de son aveir voleit , 

Tant li donra o^ et argent, 

Tote en porra ga'rnir sa géût. 

Li Dus Willame respondi : ^^Çîî"** ^* 

'■ Gaillauine. 

Del bien dire soe merci , 

Maiz jo ne suis mie venuz 

£n cest païz od tant d'eseu^ 

Por sez esterlins reCeveir, 

Maiz por sa terre tote aveir, ««99« 

Issi com il nie le jui*a 

£ corne £wart la me 'dbha , 

£t m'en fist livrer en ostage 

Dui varletz * de géïkûl lignage , 

L'un fîlz, l'altre nevo Guignis, 

£ncor les ai en ma saisigne^ 

Saisi en suis è si teindrai 

Si jo poiz tant ke dreit aurai., 

' Pùur vrai, * Deux jeunes gens. 



l'eavoyé. 



164 LE ROMAN 

Dune respondi li messagiers : 
^&'!!/* Sire , dist-il , tu nos sorquiers , ' nooo 

Tu sorquiers mult à mon Séignor; 
Tolir li voils pris * et énor , 
Ke li roves son règne rendre, ^ 
Come s'il ne l'osast desfendre. 
Tôt est encor sain è haitiez, ^ 
N'est encor nafrez ne empeiriez;^ 
Ne il n'est grevez de guerre 
K'il te deie guerpir sa terre : 
N'est pas avenant ke si tei plaist 
Ke il sun règne issi te laist. i>oio 

Héraut ne te volt rien guerpir 
Ne tu ne li poz rien tolir; 
Maiz por l'amor è por ta grâce , 
£ sainz crieme ^ de ta manace, 
Te donra quant que tu voldras 
Or et argent, deniers è dras; 
E si t'en va en ta cuntrée, 
Ainz k'entre vos sorde ' medlée. 
£ se tu cest ofïre ne prenz , 
Ço saces tu, se tu l'atenz, «aoao 

ke samedi en champ &era, 
£t samedi se combatra. ^ 



' Tu nous surdemandes, tu nous ^ Empiré, 

demandes trop, ^ Crainte» 

■ Estime , réputation, ' S'éUçe. 

^ Que tu lui demandes de rendre ^ Ces deax ambassades de 

son royaume, Guillaume à Harold et d'Harold 

^ Et dispos. à Guillaume sont rapportées 



DE ROU. 

Gel terme a li Dus otréié, 

£ li message prist congié. 

Li Dus , quant cil s'en volt aler, 

Cheval è dras li fist doner. 

Li mes ' est à Héraut venuz , 

Si com il ert de nof vestuz ; 

Tôt li a dit è tôt mostré 

Quant ke li Dus li out doné , 

E coment il Tout enoré 

E quant k'il out vers li trové; 

E Héraut mult se repenti 

K'à Margot n'out fet altresi. ' 

Dementres ^ ke par messagiers , 

E par clers è par Chevaliers , 

Héraut et Willame parloent, 

Engleiz à Londres s'assembloent. 

Quant de Londres durent torner, 

Si com je ai oï conter, 

Un frère Héraut, Guert out non , 

Mist son frère Héraut à raison. 

Bel frère , dist-il , remanez , ^ 

Maiz vos maisnies^ me livrez; 

En adventure me métrai , 



i65 



L'envoyé 

prend congé 

de Guillaume, 

qui loi fait des 

présens. 



iao3o 



ia<i4o 



Les Anglais 

se rassemblent 

à Londres. 

Gnrtk , frère 
d'Harold, lui 

propose de 
combattre 

Guillaume à 
sa place , pen- 
dant qu'il ra- 
vagera le pays. 



dans un auUre ordre et avec des 'Gesta GuUL Ducis ap. Duchesne, 

circonstances tontes différentes p. 199-101. (A. L. P.) 

par Gaillaume de Poitiers , his- ' Le messager. — * De même, 

* Pendant que, — ♦ Demeurez. 

* Vos troupes, 
Maiz Tos meismes me livrez. 

Mss. de Duchesne. 



toriea contemporain , et proba- 
blement beauconp mieux infor- 
mé qne Wace, qui écrivait un 
siècle après l'événement. Voyez 



i66 LE ROMAN 

A Willame me cumbatrai; 

N'ai od li nule covenance ' 

Par serement ne par fiance , 

Ne jo ne suis od li par fei , 

Ne jo serement ne li dei. «^oSo 

Tel chose porreit advenir, 

N'i estovreit plus colp ferir. ' 

Jo criem ^j se vos vos combatez , 

Ad ço ke vos vos perjurez , 

Ke des perjures pris^ Vos seit, 

£ ke cil veinque ki a dreit. 

Maiz se jo suis veincu u pris , 

Vos, se Dex plaist, ki sei^z vis , ^ 

Vos maisnies rasemblerez , 

E cumbatre vos i porrez , «"60 

U tel parole el Duc prendrez, 

Ke vostre règne en paiz tendrez. 

£ndementres^ ke là irai, 

Et as Normanz me cumbatrai, 

Alez par cest païz, ardant ? 

Maizons è viles destruiant; 

Pemez la robe è la vitaille,^ 

Pors et oeilles ^ et aumaille , '^ 



' Traité. ' £m habilUmens et /ef *vmts, 

* Il n'y aurait pbis huoin de Bohe est ansû employé pour 

combattre, meubles en général. 
' Je crains. ^ Brebis, 

^ Récompense. '<> Vaches, tattreaux, baufs, 

^ Vif, — ' Pendant que. veaux, glisses. On dit dans le 

7 Brûlant. Bessin : Bétes aumailles. 



d*Harold. 



DE ROÙ. 167 

Ke Normanz vitaille ne tniissent * 

Ne nule rien donc vivre puissent. >307o 

Fêtes la vitaille esluingnier, 

Ke il ne truissent ke mengier, 

Si les porrez mult esmaier ' 

£ faire ariere repairier ; ^ ' 

Li Dus meisme s'en ira, 

Quant la vitaille li faldra. ^ 

Héraut a dit ke non fera, Noble refus 

Ne Guert el Duc sainz li n'ira , 

Ne sainz li ne cumbatra, 

Maisonz è viles n'en ardra, ^ >*o8o 

Ne sis homes ne robera. ^ 

Cornent, dist-il, dei-jo grever ^ 

La gent ke jo dei govemer? 

Destruire ne grever ne dei 

La gent ki det garir ? soz mei. 

A cest cunseil tuit se teneient, 

Et issi fere le voleient, 

Maiz Héraut fist son serement , 

Por monstrer son grant hardement , ^ 

Ke jà 9 en champ sanz li n'iront , "090 

Ne sanz li ne se cumbatront. 

Por coart, ço dist, le teindreient 



' Ne trouifcnt. ^ Ne dépouillera. 

' Inquiéter. , Prospérer. 

' Retourner, 

* Dû manquera. * Hardiesse. 

^ Ne brûlera. ^ Jamais. 



Harold part 
de Londres» et 

va s*établir 
dans une en- 
ceinte qu'il 
fait fortifier. 



Les deux ar- 
mées passent 
la nuit dans 
des craintes 
réciproques 
de surprise. 



i68 LE ROMAN 

E plusors li reprovereient , * 
Ke sis boens amiz envëiout 
En lieu ii aler il n'osout. ' 
Issi est de Londres méuz , ^ 
R'il ne pout estre reteneuz. 
Tant a sa gent avant menée, 
Come gent ki alout armée, 
K'il fist sun estandart drécier 
Et fist. sun gonfanon fichier 
Hoc tôt dreit ù l'Abéie ^ 
De la Bataille est establie ; 
Ki en cel lieu le requerra , 
Hoc, ço dist, se desfendra. 
Héraut a li lieu esgardé , 
Clore l'a fet de boen fossé ; 
De treiz parz leissa treiz entrées 
Ki à garder sunt comandées. 
Normanz celé nuit se gaitierent, 
E tote nuit armé veillierent; 
Tote nuit furent en suspeiz, * 
Kar dit lor fu ke li Engleiz 
Celé nuit tresk'à els vendreient^ 



13 100 



I2II0 



' Lui reprocheraient. 

' Ce combat de générosité est 
également attesté par Orderîc 
Vital , L. III , p. 5oo. ( A. L. P.) 

' Parti. 

^ Abbaye fondée par le duc 
Guillaume, en mémoire de sa 
victoire, sur le champ de bataille 



d'Hastlngs. Il la dé<£a à la 
Sainte -Trinité, et y mit des 
moines de Saint-Martin de Tours. 
Elle ne fut plus connue par la 
suite que sous le nom à^jibbaye 
de la Bataille, 

' En. soupçon. 

" Jusqu'à eux viendraient. 



DE ROU. 
£ celé nuit les assaldreient. 
Ço meismes les Engleiz cremeient 
Ke Normanz la nuit les guerreient; ' 
Issi unt tote nuit veillié , 
Li uns por li altres gaitië. 
£1 matin à l'aube apérant/ 
Re l'en soit dire, à l'ajornant : ^ 
Munta Héraut è Guert od lui , 
Noble vassal furent andui ; * 
Par els dui destriers sunt meu , ^ 
£ de lor lices forz issu. 
Ne meinent od els Chevalier, 
Vaslet à pie ne eskuier; 
Ne nul d'els n'a armes portée, 
Forz sol escu , lance et espée : 
Li Normanz voldrent sorvéir,^ 
E li lieu 11 erent ? saveir. 
Tant ont par els dui chevalchié , 
£t tant viré è tant espié , ^ 
Ke d'une angarde^ îi ils s'esturent. 
Gels de l'ost virent ki près furent. 
Mult veient loges è foillies " 



169 



laïao 



Au point du 
jour, Harold 
et son frère 
Tontrecounat- 
tre l'ennemi. 



iai3o 



' Par noit les qnerrelent. 

jMss. de Duchesne. 

* A l'aube apparaissant, au 
point du jour. 

' Jujour venant. 
^ Tous deux, 

^ Par els dui sont du tref méu. 
Mss. de Duchetne, 



' Examiner^ surveiller, 

7 Oii Us étaient, 

* E tant visé è espié. 

Mss, de Duchesne. 

9 D'une hauteur où, Us se plu' 
cèrent. 

'** Baraques faites avec des 
branches d*arbrè. 



Harold ef- 
frayé reut se 
retirer à Lon- 
dres. 



Son frère lui 

reproche sa 

lÂcheté. 



170 LE ROMAN 

£ tentes bien aparaiUies , 

E helberges è pa veillons , 

£ peuls drechiez è gonfanons; 

Mult oïrent chevals hennir 

£ virent armes reluis^r. 

Grant pose unt iloc demoré 

Ke l'uns à l'altre a'a parlé. 

Ne sai ke fistrent ne ke distrent, 

Ne kel cunseil ^atre els dui pristrent; 

Maiz al partir ke cil faseieat, 

K'à lor herberge reveneient , 

Parla Héraut prîmierement : 

Frère , dist-il , mult a ci gent , * 

Mult sunt Nonnant boen Chevalier 

£ d'arme porter costumier ; 

Ke me dites, ke me loez?' 

De si grant gent çom vos yéez , 

Jo n'en os altre chose faire , 

Maiz à Lundres me voil retraire; ' 

Je voil à Lundres rietomer , 

£ graignur gent * voil asembler. 

Héraut, dist Gue^t^ malvez quart! 

Gel cunseil est venu trop tart ; 

N'i a nient de gopillier,* 

Avant vos eçtuet chevalchier. ^ 



rai^o 



laiSo 



11x60 



' Il y a iâ beaucoup de monde, ^ Plus grande gent. 

, ^ ... . * Il est inutile de faire le pol' 

' Que me conseuleZ'Vous? .._ ' 

^ tron» 

» Retirer. 



' // wmsfmut marcher en açant. 



1 



DE ROU. 

Malvez cuart , quant je va$ dis , 

Et à vos baruns préi^r fis 

Ke à Lundres reiiiaiii$i$»^ * 

Et cumbatre me leissiess , 

Vos n'en vpJbisites nient faire , 

Si vos en pot venir contraire. 

Quant jel' vos dis, vos nel' volsistes, 

Ne mei ne altre n'en créistes; 

Or le volez , è jo nel' voil. 

Trop tost avez perdu Torgoil ; 

De ço ke vos avez v^ , 

Avez le hardement ' perdu ; 

Se vos arière retonûez , 

L'en direit ke vos fiairiez ; 

Et se l'en vos véeit fuir, 

Ki porreit vostre gent tenir? 

E se une feiz desparteient, ^ 

Jamez ne se raseniblereient. 

Héraut è Guert tàntieslnv^rent,^ 

Ke par parole se medlerent 

E ke Guert volt Héraut fërir; 

Maiz Héraut point ^ , cil fist faillir, 

E Guert a li Cheval féru, 

De très l'arçon prèz de l'esku ; 

E s'il idifst Héraut ateint , 



171 



lai^o 



19180 II poasse la 
colère jasqu'à 
vouloir le 
frapper. 



^^^^^*^^^^^^^^^^!^ 



* • • * 



' Vous demeurassiez. 
* Le courage. 
^ Se séparaient. 



♦ Pisputèreat, 
' Pousse en oiwU. 



On s*étonae 
de ne point 
trouver les 
deux frères 
dans leur 
tente. 



172 LE ROMAN 

A terre tost Téust empeint. ' 
Asez li a dit Guert folie 
E l'a repris de cuardie. * 
As trez^ s'en alerent poignant, ^ 
Maiz n'en tinrent nnl semblant; 
Quant il vindrent entre la gent , 
N'orent entrels nul marement. ^ 
Lewine fu matin levez , 
Frère Héraut emprez Guert nez , 
El tref Héraut Lewine entra; 
Quant ses dui frères ne truva 
Là ù il les leissa le seir , 
Jamez nés' kuide revéir : 
En traïsun, dist-il, sunt pris, 
E livrez à lor anemis. 
Geo kuide k'il soient tuez , 
Ou as Normanz soient livrez. 
Dune véissiez home afolé^ 
Braire è crier come desvé. ' 
E quant il sout îi il esteient , 
Ke li Normanz véir voleient , 
Entre li è sis cumpaingnons 



12190 



laaoo 



* Renversé. 

* De lâcheté. Rien n'est plus 
invraisemblable que les senti- 
mens prêtés à Harold par notre 
auteur dans cette circonstance , 
et (pii s'accordent si mal avec le 
noble refus qu'il vient de faire 
de l'offre de son frère. C'est , à 



notre avis , une imputation aussi 
gratuite que maladrftite. 

(A. L. P. ) 

^ Aux tentes. 

4 Piquant des deux, galopant, 

* Fâcherie. 

^ Devenu fou, 

' Enragé, 



DE ROU. 

£ li Contes è li Barons 

Sor lor destriers tost montèrent 

E des herberges s'en tomerent. 

Eis vos * li frères ki s'en vindrent, 

Et li Baroxi à mal lor tindrent 

Ke si aloent folement 

Et si tant déporvéement ; * 

Issi sunt as très repairiez ^ 

Tuit de cumbatre aparailliez. 

Quant ils vindrent devant la gent , 

Vus les ont esbahis malement. 

Héraut envëia dous espies 

Por espier li cumpaignies,^ 

E kels banmz è kels armez 

Aveit li Dus od sei menez. 

Jà esteient à l'ost venu, 

Quant il furent aparchéu ; 

A Guillalme furent menez , 

Forment furent espoentez ; 

Maiz quant il sont ke il quéreient,^ 

E ke sez genz esmer ^ debveient,^ 

Par toz li très les fîst mener, 

E tôt son ost lor fîst monstrer, 

Poiz les fîst mult conréer. 7 



173 



lia 10 



Ils reviennent 
an camp. 



laïaô 



Harold envoie 

deux espions 

dans le camp 

de Gnillaume. 



Le duc lenr 
donne toute 
sorte de faci- 
laiSo lit^spourTao- 
complissement 
de leur mis- 
sion. 



' Voilà, 

* Au dépourvu. 

^ Mt ainsi ils sont retournés aux 
tentes. 



* Ce qu'ils cherchaient, 

* Estimer, évaluer. 

® Variante : Feneient. 
7 Solder, 



L*an d*eiix 
prend tous les 

Normands 
pour des prê- 
tres, parce 
qu'ils ne por- 
tent ni barbe 
ni mousta- 
ches. 



Harold le dé- 
trompe. 



174 LE ROMAN 

Bien les fist paistre è abevrer , 
Poiz les lessia quîtes aler, 
Nés' volt laidir ae destorber. ' 
Quant il vindrent à lor Seignor , 
Del Duc distrent mult gisant ënor. 
Un des Engleiz ki out véu- 
Li Normant toz rez * è toxidu, 
Kuida ke tuit proveires^ féuissent 
E ke messes canf er pëossent ; 
Kar tuit erent tonduz è rez , 
Ne lor esteit guernon»* remez. 
Cil dist à Héraut ke li Qus 
Aveit od sei proveires' plus 
Ke Chevaliers ne altre gént : 
De ço se merveillent forment 
Ke tuit erent rez è tondu. 
E Héraut li a respôndu, 
Ke ço sunt Chevaliers vftillanz, 
Hardiz è proz ^ è oùmbatanB; 
N'unt mie barbe ne guèftionâ, 
Ço dist Heraitt, com nos avons. ^ 



I3>4o 



ias5o 



' Offenser, ni troubler. Le mot 
détourber s'est consenré dans le 
Bessin. 

* Rasés. 

' Prêtres, 

^ Il ne leur était point resté de 
moustaches, 

^ Preux, 

^ Cette singulière méprise des 



espîonb anglais notls est confir- 
mée par Guillaume de Malmes- 
bury. lUi..,. serio addideruntjfene 
omnes in exereitu iUo presbyteros 
videri, quod totam faciem, eum 
utroque labro rasam, haherent. An- 
gli enim superius labrum piRs in- 
cessanter fiuctyicdntihus intoruum 
dimittunt,,., subrisit rexfatuitaiem 



DE ROU. 

Poiz a pris li Dus un message , 
Un muigne enloçonné^ è sage, 
Bien conéu et enseigné ; 
El Rei fieraut l'a enveië. 
De treis choses à chois le raist , 
E préist le kel k'il volsist : 
U Engleterre li rendist 
£ sa fille à moillier * préist , 
U se mist al boen jtigement 
De l'Apostoile è de sa gent , 
U sol cuntre li sol veiiist 
£ cors à cors se cumbatist, ^ 
E le kel d'eus l'altre occireit , 
U ki vis veincre le porreit , 
Tute Engleterre quite éust , 
Ke l'altre gent mal n'en éust. 
Héraut dist ke rien n'en fereit , 
Ne covenant ^ ne li teindreit , 



175 



isaâc 



19.970 



lioarefta mes- 
sage de Gnil- 
Uame à Ha- 
rold. 



Harold refuse 
toutes les pro- 
positions du 
duc. 



référendum, Upido insecutus ca^ 
chinnoy quia non essent preshjteri 
ied milites armis validi, animis in» 
ficti. (Will. Malmesbury, m.) 
Cette circonstance est fort exac- 
tement rappelée dans la tapisse- 
rie de Bayeux, où les Anglais 
sont presque toujours représen- 
tés ayec d'énormes moustaches, 
et où les Normands en sont tou- 
jours dépourvus. (A. L. P.) 

'Instruit. 
* ji femme. 



> Guillaume de Poitiers ne 
parle point de ces ttois proposi- 
tions , mais seulement de la der- 
nière, et prétend qu'elle inspira 
beaucoup de trouble et de ter- 
reur à Harold. Cela ne pour- 
rait s'expliquer, dans un homme 
d'une bravoure aussi reconnue, 
que par la crainte de la malédic- 
tion divine et de la vengeance 
des saints sur les reliques des- 
quels ses sermens avai^it été pré- 
tés. (A. L. P.) 

* Accord f traité. 



Fntrelien de 
Guillaume 
avec ses ba- 
rons. 



176 LE ROMAN 

N'en jugement ne se metreit, 
Ne cors à côrs ne cumbatreit. 
Devant li jor de la bataille 
K'ele debveit estre sainz faille , ' 
Parla li Dus à son Barnage ; 
Âlkes ' lor dist de son corage , 
Parler velt, ço dist, à Héraut, 
Ki ço k'il deit aveir ïi faut; ^ 
Par sa bûche le velt semondre 
E saveir k'il voldra respondre. 
De perjure l'apellera 
E de sa fei le semondra; 
E s'il ne s'en velt adrecier, * 
K'il ne s'en voil amissier, * 
Demaneiz ^ le défiera 
Et al demain le cumbatra; 
E s'il acorder se voleit 
E se cunseil li cunsenteit , 
Ultre li Humbre , kan k'aveit 7 
De verz Escosse , li donreit. 
Issi com li Dus out monstre , 
Unt li Barunz dist è loé; * ' 
£ alkans li unt dit : Bel Sire , 



itaSo 



laago 



' Sans manque, 

* Encore, aussi. 

^ Lui ravit. 

Parler, co dist, velt à Herart, 
Qner ce k'il deit aveir li tart. 
Mss» de Duehesne. 



* Conter, 

^ Accorder, devenir amis, 

^ Sur'le-champ, 

^ Tout ce qu^il y avait, 

® Conseillé. 



DE ROU. 

Une chose vos volon dire ; 

Se altre chose estre ne poet 

Ke se cumhatre nos estuet, ' 

Cumbaton nos déUvrement , ' 

Ki ait mez nul porluingnement. ^ 

Li demorier.^ nos pot grever , 

N'avon mestier * de demorer ; 

Li genz Héraut chescun jor creîssent , 

Tote jor viegnent et espeissent. ^ 

E li Dus lor a dit por veir ' 

Re n'i poent mez respit® aveir. 

Un vintiesme de Chevaliers ^ 

A fet monter sor lor destriers , 

Tuit orent ceintes les espées; 

Les altres armes unt portées 

Escuiers ki od els alerent. 

Cent Chevaliers emprez munterent, 

Ki emprez li vint "* chevalchierent, 

Maiz nient trop nés' aprochierent. 

Mil Chevaliers resunt nK>nté , 

Ki sunt emprez li chent aie ; 

Cil furent si ke toz tems virent 

Co ke li chent è li vint firent. 



y / 



la^oo 



Gmllanme en- 
voie encore 
demander à 

Harold un en- 
tretien per- 
sonnel. 



laSio 



' Nous faut, nous connent. v 
' Promptcment. 
' Aucun ddUL 
* Lr retard. 
' Besoin, 
II. 



^ Épaississent, augmentent. 
' Pour vrai. 
* Délai. 

9 Sei Ttntieine de cheyaliers. 
Mss. de Duchesne. 

** Les vingt. 

11 



Garth, frère 

d'HaroId , ré- 

pond négati- 

vemcut. 



Harold envoie 

savoir les pro- 

positions de 

Gnitlaame. 



178 LE ROMAN 

A Héraut a li Dus mande , 
Ne sai par moigne u par abé, 
K'il vienge as champs à li parler, 
Ne lui estuet nient doter ; * 
Ki ke velt meint * séufement, 
Si parlerunt d'acordement. 
Guert n'a mie tant atendu 
Ke Héraut ëust respondu; 
Ne sofFri ke Héraut parlast , 
Ne ke al Duc parler alast. 
En piez sailli delivrement : ^ 
Héraut , dist , n'ira nient; * 
A vostre Seignor distes tant 
Ke ço k'il velt dire noi mant , ^ 
Ke prendreit è ke nos lairreit , 
Kel concorde fere voldreit. 
Dementrez ^ ke cil retomerent, 
Ki la parole el Duc portèrent, 
Manda Héraut sez cumpaingnons 
£ ses Contes toz par lor nons 
Por oïr ke li Dus direit , 
£ kel parole mandereit : 7 
£ li Dus à Héraut manda , 
Se son co venant li teneit, 



laSso 



is33o 



19340 



' Ne lui faut rien craindre. 

* Mène. 

^ Se leva promptement, 

* N'ira point. 



' Nous mande. — ^ Pendantque, 
' Le manuscrit âe Duchesne 
porte ici le vers sniTant : 

Tant * nos, dist Guert, ke li plaira. 
* Qu'il nou* enlève. 



DE ROU. 

Northonblonde tut li donneit , ' 
£ kank * ultre le Humbre aureît, 
Ki à cel règne aparteneit; 
£ poiz donreit à Guert son frère 
La terre Gwigne lor père. 
£ se de ço cure • n'aveit. 
De perjure le semomeit, 
De sa fille k'il debvett prendre, 
£ del règne k'il li dut rendre; 
Del tut li a sa fei mentie. 
S'il ne s'adresce, il le desfie.^ 
£ si sacent £ngleiz de veir , ^ 
A tuz le velt fere saveir, 
Ke cil sunt escumengié^ 
De r Apostoile è del dergîé , 
Kî cuntre li od Herant vienent 
Ki de cest ovre le meintienent. 
De celé escumengement ' 
Grondillierent £ngleiz forment; 
De l'escumenge ont grant poor 
£ de la bataille graignor. ^ 
Mult les oïssiez grondillier, ^ 
Li uns as altres cunseillier; 
N'i out tant proz ki ne volsist 



179 



ti35o 



CaiUaume in- 
forme les An- 
glais de Fez- 
communica- 
tion lancée 
contre les par- 
tisans d'Ha- 
rold. 



43360 



' // lui donnerait tout le Ifor- 
thumberland, 

* Et tout ce que, — ^ Souci. 

* S'il ne s* en corrige y Ule défie, 
' Pour 'vrai. 



^ Excommuniés, 
7 De cette eJBOommmUcation. 
• Encore plus grande. 
9 Murmurer, 



Gurth cherche 
à les rassurer 
et à les exciter 
contre Guil- 
laume. 



180 LE ROMAN 

Ke la bataille remainsist. ' 
Seignors, dist Guert, bien sai è vei 
Re mult estes en grant esfrei ; 
De la bataille vos dotez , ' 
E la concorde desirez, 
Et jo la désire ensement,' 
Veir mult plus el mien escient; ^ 
Maiz jo criem Willame forment, 
Ki mult est plain d'engignement. * 
Vos avez oï k'il a dit , 
Com il vos velt mètre à petit; 
De la terre ke il ne n'a 
Nos dorra tant com li plaira. 
Se nos ço k'il offre pernon 
Et ultre le Humbre passon , 
Encor nos metra il avant , ® 
Ne nos en lairra mie tant. 
Toz tems nos sorvéissiera , ' 
Et à nient nos en metra. 
Quant il iert de tut el desus , ® 
E de la terre ara li plus , 
Petit nos en lairra tenir, 
Ke il nos kuide tôt tolir : 
De grant terre à povre partie 



ii3jo 



raSSo 



' N* eût pas lieu, 
' Voui avez peur. 
* Pareillement. 
4 A mon idée. 



• De tromperie, 
® Plus loin. 
' Nous surveillera. 
■ Quand il sera au-dessus de 
tout. 



DE ROU. i8i 

Nos kuide mètre par voisdie , * "S^o 

La terre voldra aveir tote. 
Ëncor i ai un altre dote, 
Dune m'est por vos plus ke por mei , 
Kar jo bien me garrai ' , ço crei : 
Totes vos terres a donëes 
A Chevaliers d'altres cuntrées; 
N'i a ne Conte ne Baron 
A ki il n'ait doné grant don; 
N'i a conté ne baronie , 

Ne chastel ne chastellenie , •^40" 

Ke Guillame n'ait tôt doné. 
E si vos di por vérité , 
R'il a pris de plusurs bornages 
Por lor doner vos éritages. 
De vos terres vos cbaceront , 
Et pis iert vos occiront ; ' 
Vos maisnies * essilleront , * 
£ filz è filles destruiront. 
Ne vîenent pas por vos aveirs, 
Maiz por gaster vos è vos eirs : >a4>o 

Desfendez vos è vos enfanz 
E vos altres apartenanz. 
Unkes mon frère ne dona, 



* Par tromperie. * Ici , ce mol est employé dans 

' Me garantirai. le sens de vassaux. 



^ Et, ce qm sera pis , ils 'vous 
tueront. ' Pilleront. 



i82 LE ROMAN 

Ne à doner ne comanda ^ 
Li granz fieus * ne li granz énors , 
Ne li terres as ancessors ; * 
Maiz se li conte, conte fussent 
£ li Baron lor dreit eussent, 
Et li filz eussent lor lieus 
Et emprez lor pères lor fieus , 
Ço saciez vos , jo n'en parlasse , 
Ne jà la paiz ne trestomasse : ^ 
Issi la péussom sofrir, 
E mielx féist à consentir. 
Maiz se vos perdez vos maisonz 
Et vos altres posessionz 
E vos maneirs è vos porpris, * 
U vos fustes norriz toz dis,^ 
Ke deviendreiz è ke fereiz ? 
En kel terre vos enfuirez? 
Et ke deviendront li enfant, 
Famés è fiz, petis è grant? 
En quel terre iront mendiant , 
E quele terre iront querant? 
E quant issi perdent la lor, 
Gument querrez altrui enor? 



il^20 



is43o 



' Ne à doner ne graanta. 

Mss, de Duchesne. 

' Les grands fiefs, 

^ Ne li terres as vayassors, 
Mss. de Dudkesne. 



^ Ne détournasse. 

Ne destorbasse. 

Mss» de Duchesne, 

^ Clos autour du manoir. 

^ Tous les. jours. 



DE ROU. 

Par ces paroles ke Guert dist 
£ par altres ke dire fist , 
£ par ço ke Héraut diseit 
Ke as Barons lor fîeus creistreit j 
£t as altres plus prameteit j 
Keiljàdonerneporreit, 
Oîssiez Engleiz.estormir * 
£ Dex jurer et aramir ' 

Folement se sunt embatu. 
Cil ki ainz la paiz desiroent, 
£ ki la bataille dotoent 
Pristrent en els grant hardement , 
£ de cumbatre orent talent, * 
Guert out si li cunseil troblé, 
Ke puiz n'i out home escolté 
Ki de fere paiz ait parlé , 
Ki des plus riches n'ait malgré. ,^ 
Li Dus è li soens plus n'i firent , 
A lor herberges revertirent,^ 
Tuit asséur è tuit certain 
D'aveir la bataille à demain. 
Dune véissiez hanstes ' drecier , 
Haubers è helmes afaitier , ^ 



i83 



Les Anglais se 

rassurent , et 

ne (jensent 

plus qu'au 

combat. 



1244® 



13450 



>a4^o 



Préparatifs de 
la bataille. 



' Se soulever. 
' CrUr. 

^ Mal à propos. 
* Envie. 



che. 



Maugréf réprimande, repro- 



* Retournèrent» 

7 Manches de lances. 

« Préparer. 



Les Anglais 

passeut lannit 

en festins et 

en orgies. 



Les Normands 

remploient à 

prier et à se 

confesser. 



i84 LE ROMAN 

Estrieus è seles atorner , 
Couires ' emplir, ars encorder, 
Eissi tôt apareillier 
Ke à cumbatre aveit mestier. ' 
Quant la bataille dut joster, 
La nuit avant , ço oï conter , 
Furent Engleiz forment haitiez, 
Mult riant è mult enveisiez ; ^ 
Tote nuit mangierent è burent, 
Unkes la nuit el lit ne jurent. * 
Mult les véissiez démener , 
Treper ^, è saillir è chanter; 
Bublie crient è wevssel ^ 
E laticome è drincheheil^ 
Drinc Hindrewart è Drintomey 
Drinc Helfh drinc Tome.^ 
Eissi se contindrent Engleiz , 
E li Normanz è li Franceiz 
Tote nuit firent oreisons , 
E furent en aflicions. 



ia4;o 



11480 



' Carquois , poches de cuir 
bouilli pour mettre les flèches. 
^ Besoin, 
' Joyeux, 
^ Réjouis, 
' Ne se couchèrent. 
^ Gambader, 
^ Bufler è crier welseil. 

Mss. de Duchés ne. 

• Excepté le verbe to drink 
(boire), qui est ici employé à 



cinq reprises différentes, les 
mots cités dans ces quatre yers 
ne nous offrent point d'analogie 
assez frappante ayec ceux qui 
les remplacent dans la langue 
actuelle , pour que nous cher- 
chions à les interpréter. Nous 
aimons mieux les recommander 
à Tattention des personnes ver- 
sées dans Tétude de Tanglo- 
saxon. (A. L. P.) 



DE ROU. 

De lor péchiez confez se firent , 

As proveïres les regéhirent, * 

E ki n'en out proveires prez , 

A son veizin se fist confez. 

Por ço ke samedi esteit , 

Ke la bataille estre debveit, 

Unt Normanz pramis è voé , 

Si com li cler Torent loé , 

Ke à cet jor mez s'il veskeient, 

Char ne saune * ne maingereient. 

GifFrei, Eveske de Constances, 

A plusors joint lor penitances; 

Cil reçut li confessions , 

£ dona li bénëiçons. 

Cil de Baieues ensement , 

Ki se contint mult noblement; 

Eveske fu de Baessin , 

Odes aveit nom , filz Herluin , ^ 

Frère li Dus de par lor mère ; 

Granz esforz mena od son frère 

De Chevaliers è d'altre gent ; 



i85 



Vœu (les Nor- 
mands. 



E3490 



Les évéques 

de Coutances 

et de Bayeux 

président à 

ces actes de 

piete. 



liSoo 



* jiux prêtres les accusèrent. 

* Chair ni sang. 

Char ne saain....* 

Mss, de Duchesne. 

^ Odon était fils d'Ariette , et 
par conséquent frère utérin de 
Guillaume -le -Conquérant. Son 



père était Herluin de Conteville, 
vaillant chevalier, et non pas 
bourgeois de Falaise, comme il 
est dit dans un ouvrage récent 
fort recommandable , mais où il 
règne peu de bienveillance pour, 
les Normands. (A. L. P.) 



* Graisse. C'est de ce mot que vient sain-doux. 



J 



i86 LE ROMAN 

Manant * fu muU d'or è d'argent. 

D'oitoure al quatorzième di * 

Fu la bataille ke jo vos di. 

Li proveires par lor chapeles, 

Ki esteient par l'ost noveles, 

Unt celé noit tote veillié , 

Dex reclamé è Dex préié. 

Junes font et aflicions 

E lor privées oroisons ; «^sio 

Salmes dient è misereles, ^ 

Letanies è kerieles; 

Dex requièrent è merci crient. 

Patenostres è messes dient ; 

Li uns : Spiritus Dominij 

Li al très : Salus pppuli, 

Plusors : Saline p sancte Parens , 

Ki aparteneit à cel teus , ^ 

Kar samedi cel jor esteit , 

A cel jor bien aparteneit. i>5to 

Quant li mes$es furent chantées , 

Ki bien matin furent finées , 



< Possesseur^ riche, messes de la Sainte- Vierge , sui- 

• Le quatorzième jour d'octobre, ^^^ ï« "t romain, pendilla 

Cette date est fort juste , et con- P^"» grande partie de Tannée , 

finnée par tous les historiens. «* particulièrement depuis la 

Sainte -Trinité jusqu'à l'Avent. 

Ps«mus duent et miserere. g^^^ ,^,^ p^^ ^ ^^^ ^^ 

^ Ces paroles sont en e£fet , à pera regem qui codum terramque 

une légère inexactitude près , le régit in sœcula sœculorum. 

commencement de V introït des (A. L. P.) 



DE ROU. 

Tuit li Baron s'entr'asemlerent , 
£1 Duc vindrçnt , si porparlereat 
Ke treis cunreis d'armes' fereieiit, 
Et en treis lieus les assaldreient. 
En un tertre s'estut' li Dus, 
De sa gent pout véir li plus ; 
Li Baron l'unt avironé , 
Hautement a à els parlé. 
Mult vos deis , dist-il, toz amer, 
E mult me pois en vos fier; 
Mult vos dei è voil mercier 
Ke por mei avez passe mer, 
Estes venu en celé terre. 
Ne vos en puiz, ço peize mei, 
Tel grâces rendre com jo dei , 
Maiz quant jo porrai les rendrai , 
E ço aureiz ke jo aurai : 
Se jo cuoquier , vos ounquerrez , 
Se jo prens terre, vos l'aurez. 
Maiz jo di bien veraiement : 
Jo ne vins mie solement 
Por prendre ço ke jo demant , 
Maiz por vengier li félunies , 
Li traïsuns , li feiz menties , 
Ke li homes de cest pais 
Unt fet à notre gent toz dis. ^ 



187 



On conyient 

de diviser Tar- 

mée en trois 

corps. 



is53o 



Discours du 
duc à ses ba- 
rons. 



ia54o 



' Trois eorpt d'armée. 
* Se plaça. 



^ Tous les Jours. 



i88 LE ROMAN 

Mult unt fet mal à mes parenz ; 

Mult en unt fet à al très genz ; '*^^° 

Par traisun font kank'il font , * 

Jà altrement mal ne feront. 

La nuit de feste Saint Briçun 

Firent orrible traïsun, 

Des Daneiz firent grant dolor, 

Toz les ocistrent en un jor. 

Ne kuid mie ke péchié seit 

D'ocire gent ki miex ne creit : 

Ensemle od els mengié aveient , 

Et en dormant les ocieient; "^^^ 

D'Alwered avez bien oï 

Come Guigne mult le traï : 

Salua li , poiz cil beisa , 

Ensemle od li but è menga , 

Poiz le traï , prist è lia , 

E à felun Rei le livra , 

Ki en l'isle d'Eli le mist , 

Les oils li creva , puiz l'ocist. 

A Gedefort fist toz mener 

Gels de Normendie è diesmer; ' >*5;o 

E quant la diesme fu partie , 

Oez com faite félonie , 

Por ço ke trop grant li sembla, 

La diesme de rechief diesma. ^ 



' Tout ce qu'Us font, ils le font • Décimer. — ' F^ojrez ci-dessus, 
par trahison, t. i , p. 3a4 9 ^t 1. 11, p. 67 et 68. 



DE ROU. 189 

Teles felunies è plusors 
K'il unt fête à nos ancessors ' 
Et à nos amis ensement , ' 
Ki se contindrent noblement , 
Se Dex plaist nos les vengeron, 
Et kant nos veincu les aron , >»58o 

Ke nos feron légièrement, 
Lor or aron è lor argent, 
E lor aveir donc plenté ' ont , 
£ li maneirs ki riches sont. 
En tôt li mond n'a altretant^ 
De si fort gent ne si vaillant 
Come vos estes asemblez ; 
Vos estes toz vassals provez. 
E cil comencent à crier : 

Jà n'en verrez un coarder , ^ «««go 

Nus n'en a de morir poor , 
Se mestier ^ est por vostre amor. 
Il lor rëpont : Les vos merciz , 
Por Dex 9 ne séiez esbahiz, 
Ferez ' les bien al comencier ; 
N'entendez mie à gaaingnier; 
Li gaain nos iert tôt comun , 
A plentë en ara chescun; 



' A nos ancêtres. ' Faire le poltron. 

' Pareillement, . „. , 

, ^ Si besoin. 
' Abondance. 

* Autant. 7 Frappez. 



igo LE ROMAN 

Vos ne porreiz mie garir * 

Por estre en paiz ne por fuir; ^600 

Jà Engleiz Normanz n'ameront , 

Ne jà Normanz n'espameront; 

Félons furent è félons sont , 

Faus furent è faus seront. 

Ne fêtes mie malvaistié , • 

Kar ja n'aront de vos pitié. 

Ne li coart por bien fuir, 

Ne li hardi por bien ferir, 

N'en iert des Engleiz phis preisiez , ^ 

Ne n'en sera plus esparnie:^. •><>'«> 

Fuir poez jusk'à la mer, 

Vos ne poez avant aler; ^ 

N'i troverez ne nef ae pont, 

Et estinmans vos faldront; ^ 

Et Engleiz là vos ateindront , 

Ki à honte vos ociront. 

Plus vos morreiz en ftiiant 

Ke ne fereiz en ccMibatant ; ^ 

Quant vos par fuie ne garreiz , ? 

Cumbatez vos è si veinerez. ..g,^ 



' Vous garantir. ' Et les matelots vous manque- 

* Mauvaise action. Ce mot pa* rtmt» 

raît ici employé dans le sens de « .«i . , «. ^ 

I* 1 > ' l°s ^^1 morreiz en combatant 

- ' Ke Tos ne feriez en fuyant.- 

' N'en sera des anglais plus ^^^ j^ Duchesne. 
estimé. 

* Aller plus loin. ' IVe vous garantirez. 



DE ROU. 

Jo ne dot pas de la victoire y 
Venuz somes por aveir gloire ; 
La victoire est en notre main, 
Tuit en poez estre certain. ' 
A ço ke Willame diseit 
Et encor plus dire voleit, 
Vint Willame li fih Osber, 
Son cheval tôt covert de fer. 
Sire , dist-il , trop demoron ; 
Armons nos tuit , alon , alon 
Issi sunt as tentes aie , 
Al miex k'il poent se sunt armé. 
Li Dus fu mult en graut trepeil , ' 
Tuit pemeient a li cunseil, 
Mult ënorout toz li vassals, 
Mult donout armes è chevals. 
Quant il s'apareilla d'armer, 
Sun boen haubert fist demander , 
Sor sez bras l'a uns hoem levé, 
Devant li Dus l'a aporté, 
Maiz al lever l'a tr^tourné ^ 



19* 



GoillaQme,fil8 
d'Osbern , 

vient avertir 
de s*armer. 



[a63o 



13640 



Le duc met 

son casque à 

rebours. 



' Henri de Huntmgdon fait 
tenir à Guiliâume un disooiin 
fort difiérent de celui-ci 9 et où 
il rappelle aux Normands une 
circonstance aussi honorable 
pour leurs ancêtres qu'humi- 
liante pour les rois de France : 
Nonne patres *vestri regem Fran^ 
corum in Rotamttgo ceqtemni et te- 



nuerunt, donec Richardo puero 
duci vestro Normanniam reddidit, 
eopucto quod m omrU colioeutione 
régis Franciœ et ducis Normanmœ 
gladio dux. aecingeretur , regem 
*vero nec giadium nec etiam cuttel" 
btm ferre liceret ? (A. L. P.) 
* Embarras. 

* 

^ L*a tourné à contre^sens. 



I9'2 



Il n'en tire 

qu'un bon 

présage. 



LE ROMAN 

Sainz k'il ne fist ço de sun gré : 

Sun chief a li Duz enz bote , * 

Preuf l'aveit jà tôt endossé , 

Cels derriers ' a devant torné , 

Arière l'a mult tost jeté; 

Cil en furent espoenté , 

Ki li haubert unt esgardé. 

Maint home , dist-il , ai véu : 

Se issi li fust avenu, 

Jà hui maiz armes ne portast , 

Ne en hui ^ maiz en champ n'entrast , 

Maiz unkes en sort ne créi 

Ne ne creirai; en Dex me fi/ 

Kar il fet d'el tôt son pleisir, 

E ço k'il velt fet avenir. 

Unkes n'amai sortiséors , ^ 

Ne ne creï devinéors; 

A Dam le Deu tut me cornant. 

Chà mon haubert n'alez dotant ; 

Li haubert ki fu trestumé,^ 

£ puiz me r'est à dreit doué 



13 



65o 



1266c 



' Fourré y bouté. 

* Le derrière. 

' Aujourd'hui. Les paysans du 
Bessin disent encore en hui ou 
anuî pour aujourd'hui. Plusieurs 
auteurs, et notamment Moisant 
de Brieux, ont dit que cette 
expression en hui ou aiifii vient 
de ce que les Celtes , nos ancê- 



tres, comptaient par nuits. Cette 
étymologie hasardée est entière- 
ment détruite par celle beau- 
coup plus simple dont Wacé 
et nos paysans nous fournissent 
rexemple. 

* En Dieu je me fie, 

' Sorciers. 

^ Mis à l'enpers. 



DE ROU. 

Senefie la tresturnée ' 
De la chose ki iert muée. * 
Li nom ki ert de duché 
Verreiz de Duc en Rei torné ; 
Reis s)erai ki Duc ai esté , 
N'en aiez mie altre pensé. ' 
Dune se signa , \i haubert prist , ' 
Beissa sun chief , dedens le mist , 
Laça sun helme è ceint s'espée , 
Ke un varlet out aportée. 
Sun boen cheval fist demander , 
Ne poeit l'en meillor trover; 
D'Espaingne li out envéié 
Un Reis par mult grant amistié ; 
Armes ne presse ne dotast 
Se sis Sires l'esperonast. 
Galtier GifFart Tout amené , 
Ki à Saint Jame ^ aveit esté ; 



193 



116^0 



U monte tnr 
son cheral 
d*Espagne. 



ia68o 



' Le changement. 

* Qui sera changée. 

' Cette circonstance est égale- 
ment rapportée par Guillaume 
de Poitiers : Terreret alUtm loricœ 
dum vestiretur sinUtra conversio, 
Hanc conçersionem risit ilie ut ca- 
sum, non ut mali prodîgium expa- 
vit. (A. L. P.) 

* Saint-Jacques en GcUice. Il est 
probable que ce cheval avait été 
envoyé an duc par le roi de Ga- 
lice , à qui fut donnée en mariage 

II. 



Agathe ou Adélaïde, sa fille, après 
avoir été fiancée à Harold. Res- 
tée fidèle à soi^ premier amour , 
cette jeune princesse pria Dieu 
de l'appeler à lui avant d'arriver 
auprès du monarque espagnol , 
et son voeu fut exaucé. Cette 
touchante anecdote , qui nous a 
été transmise par Orderic Vital , 
Liv. V , page $79 , nous porte à 
croire que la Chronique de Tburs 
a placé trop tard l'époque du 
mariage de Gnilllaume et de Ma- 
thilde , en le rapportant à l'an- 

i3 



Le yicomte de 
Thotiars admi- 
re sa belle 
tenue. 



194 LE ROMAN 

Tendi sa main , li règnes ' prist , 
Pie en estrieu, de suz s'asist ; 
Li cheval poinst è porsailli , 
Torna è point è s'esverti. * 
Li visquens de Toarz guarda ' 
Cornent li Dus armes porta; 
A sa gent a entor sei dit : 
Hom mez si bel armé ne vit, ^ 
Ki si gentement chevatchast , 
Ne ki si bel arme portast , 
N'a ki haubert si avenist , 
Ne ki lance si bien brandist, 
Ki en cheval si bien sëist , ^ 
Ki si tornast, ne si tenist. 
Soz ciel tel chevalier n'en a , 
Beau quens è beau rei sera ; 
Cumbate sei , è si veinera ; 
Tôt seit boni ki li faldra. ^ 
Li Dus fist chevals demander, 
Plusors en fist très li ' mener , 
Chescun out à l'arçon devant 
Une espëe bone pendant; 



i>69o 



layoo 



née io53. Il n'est pas probable 
qu'Haroki eût inspiré une pas- 
sion aussi violente à une enfiuit 
de onze ans. Nous avons d'ail- 
leurs déjà fait remarquer qu'il 
était question de ce mariage dès 
l'année 1049. ( A. L. P. ) 
' Lti rènts. 



* Se cabra, 

' Regarda, 

^ Jamais je ne vis si M homme 
arme, 

' Se tùU, 

^ Qui lui manquera. 

7 Frès de km. 



DE ROU. 

£ cil ki li cheyaU manerent , 

Lances acérées portèrent. 

Dune furent armé li Baron , 

Li Chevalier è U gueldon ; " 

En treis compaignes se partirent , * 

£ treiz compaignes d'armez firent. 

A chescune des treiz compaignes 

Out mult Seignorsèicbevetaignes,^ 

K'il ne féissent coardie 

Por perdre menfibre ne por vie. 

Li Dus apela un servant , 

Son gonfanon fist traire avant, 

Ke li Pape li envéia , 

£ cil le traist, cil le despleia : 

Li Dus le prist, suz le dreça, 

Raol de Conches apela : ^ 

Portez, dist-il, mon gonfanon, 

Ne vos voil fere se dreit non ; 

Par dreit è par anceissorie ^ 

Deivent estre de Normendie 

Vostre parent gonfanonier, 



195 



la^ia 



DiTision d« 
l*armée en 
trois corps. 



Le duc vent 
donner son 
étendard à 
porter à Rmoul 
de Conches. 



lanao 



' Gueldon, geldon ou gufif- 
^^ » paysan armé d'une longiie 
lance. 

' Se divisèrent, 

^ Capitaines. 

^ R«nl d'Argoies apela. 

Mss, de J)uckesne, 
Cette leçon est évidemment 
fausse. C'est bien de Raoul de 



Conches ou de Tosny, comme 
on voudra l'appeler, qu'il s'agit 
ici. Ce seigneur, le second du 
nom , était eu effet ^on&lonier 
ou porte -étendard du duc. Il 
yécut jusqu'en noa. J^ojrez O^^ 
deric Vital , xi , p. So<^ 

(A. L.P.) 

^ Succession. 



Celui-ci ré- 
pond qn^il 
aime mieux 
combattre. 



Gautier Gif- 

fard fait la 

même réponse. 



196 LE ROMAN 

Mult furent tuit boen Chevalier. 
Grant merci , dist Raol , aiez , 
Re nostre dreit reconoissiez; 
Maiz li gonfanon , par ma fei , 
Ne sera hui porté par mei. 
Hui vos daim quite cest servise ; * 
Si vos servirai d'altre guise , 
D'altre chose vos servirai ; 
En la bataille od vos irai , 
Et as Engleiz me combatrai 
Tant ke jo vis " estre porrai ; 
Saciez ke ma main plus vaidra 
Re tels vint homes i aura. 
E li Dus guarda d'altre part , ^ 
Si apela Galtier GifFart : ^ 
Cel gonfanon , dist-il , pernez , 
En la bataille le portez. 
Galtier GifFart li respondi : 
Sire , dist-il , por Dex merci ; 



ia^3o 



12740 



' Aujourd'hui je vous prie de 
-me tenir quitte de ce service. 

* rivant. 

^ Et U duc regarda d'un autre 
coté. 

♦ Gautier 'Giffard, seigneur de 
Longueville en Caux, et sorti 
d'une sceur de la duchesse Gon- 
nor, femme de Richard i", fut 
la tige des comtes de Buckin- 
ghara. Les détails qui suivent 



prouvent qu'il s'agît ici de Gau- 
tier Giffard i«», et non de Gau- 
tier II, qui ne mourut qu'en 
II 09 ; suivant Duchesne , ce 
fut ce dernier qui reçut du roi 
Guillaume, en 1070 , le comté de 
Buckingham. Son corps fut rap- 
porté d'Angleterre dans l'église 
de sa terre patrimoniale de Lon- 
gueville, où il avait fondé un 
prieuré. Voyez Orderic Vital, 
p. 809. ( A. L. P.) 



Véiez mon chief blanc è chanu , ' 

Empeirié sui de ma vertu , ' 

Ma vertu m'est afébliée , 

E m'aleine mult empeiriée. 

L'ensuigne estuet à tel tenir, ^ 

Ki lonc travail poisse soflTrir, . 

E jo serai en la bataille ; 

TTaveiz home ki mielx i vaille, "tSo 

Tant i kuid ferir od m'espée, 

Ke tôt en iert ensanglantée. 

Dunc^ dist li Dus, par grant fierté : 

Seignors, par la resplendor Dé , ^ 

Vos me volez , ço crei , traïr , 

Et à cel grant busuing faillir. 

Sire , dist GifFart , non feron ; 

Jà mez ne feron traïson, 

Nel' refus' mie par félonie , 

Maiz jo ai grant chevalerie »a;6o 

De soldéiers ^ è de mon fieu ; 

Unkes mez jo n'out si bon lieu 

De vos servir com jo ore ' ai. 

Or se Dex plaist vos servirai ; 

Se mestier ert ^, por vos morreie , 

Por vostre cor, li mien metreie. 



' Chauve. ^ C'étaitle jurement ordinaire 

> Ma/orce est diminuée. ^u duc Guillaume. 

^ De gens soldés. 
' Le drapeau convient à tenir. 7 Maintenant. 

* Alors. * «Sr Besoin était. 



19» 



L'étendard est 

remis à un 

chevalier du 

pays de Caux , 

nommé Toas- 

tain. 



TE liOMAN 

Jtn meie fei , ço dist li Dus , 
Jo vos amoe , or vos aim' plus ; 
Se jo en puiz escaper vis, 
Mielx vos en sera mez 102 dis. * 
Dune apela un Chevalier 
Re mult aveitoï preisifer, 
Tosteins filz Rou le filanc oUt nott , 
Al Bec en Cainx * aveit meison ; 
Li gonfanon li a livré 
E cil l'en a séu bon gré , 
Parfoâdemeht i'en a cliné , ^ 
Volentiers Ta è bien porté. 
Ëncor en tien^t quitemeât 
Lor éritage lor pafeïit; 
Quitement en éeiveM avêir 
Lor éritages tuit se* éir. ^ 
Willame sist sor sôii 'déstrier; * 
Venir a fet avant Rogier 7 



13770 



la^So 



' Dorénavant tous lesfokr$, 
' Turst'musfilius RoUonis vexU' 
lum Normannorwnportapît. ( Orà. 
Vit. , p. Soi .) Ce nom de Toustmn 
a été porté par un grand nombre 
de personnages dé familles diffé- 
rentes , comme nom de baptène. 
Depuis , il est devenu le nom de 
famille d'une maison noble et 
distinguée de la Haute -Nor- 
ttiaiadie , qui , en mémoire de 
cette circonstance de la bataHIe 
d'HastingSya pris pom* supports 
de ses armes deux anges tenant 
cbacun une bannière. (A. L. P. ) 



3 Le Mec-tUiS'^i^atckms , arron- 
dissement d'Yyetot, et non pas 
le Bec-Crespin , arrondissement 
dafikvMv <▲.!/. P.) 

4 Salué f remercié, 

^ Et tous sfes héritiers. 

^ Guillaume était sur son cheval 
de bataille. 

7 Roger, second du nom, sei* 
gneur de Montgomeri, comte 
d' Alençon et de Bellème an droit 
de sa femme Mabile , reçut de 
GuîTIaume, en récompense de 
ses services , le SbropsliÎM , la 



DE ROU. 

Ke l'en dist de Montgomeri : 
Forment , dist-il , en vos me fi ^ ' 
De celé part de là ireiz y 
De celé part les assaldreiz, ' 
£ Guillame ^ un seneschal , 
Li filz Osber un boen vassal, 
Ensemble od vos chevalchera 
Et ovec vos les assaldra. ^ 
Li Boilogaeiz^ è li Pohiers^ 
Aureiz è toz mes soldéiers. 
De l'altre part Alain Fergant 
Et Aimeri 7 li cumbatant y 
Poitevinz meront® è Bretons . 
E del Maine toz li Barons; 
E jo , od totes mes granz genz ^ 
Et od amiz et od parenz , 
Me cumbatrai par la grant presse 
U la bataille iert plus engresse. ^° 
Armé furent tuit li Baron 



^99 



Premier corps 
d*année, com- 
pté de Pi- 
cards et de 
volontaires 
soldés. 



la 



79<>v 



xaSoo 



Antre corps 
d* armée, com* 
posé de Bre- 
tons , Man- 
ceanz et Poi- 
teviBs. 

Troisième 
corps d*armée, 

composé de 
Normands , et 

commandé 

par le dnc. 



ville de Chichester et le château 
d'Âmndell. Il mourut en 1094* 

(A.L.P.) 

* Eh vous je méfie. 

* De ce coté vous les atta' 
puerez. 

' Guillaume , fiU Osberne^ sei- 
gneur de Breteuil et sénéchal du 
dnc, déjà mentionné plusieurs 
fois. (A. L. P.) 

* E Willame nûst son senachal 
Li filz Osber un boen vassal ; 



Ensemble od vos chevalcherai 
£ ovec vos les assaldrai. 

Mss. de Duchesne. 

^ Ceux de Boulogne-sur-Mer. 
® Ceux de Poix en Picardie, 

^ Aimerr, quatrième du nom , 
vicomte de Thouars. (A. L. P.) 
* Mèneront. 

9 £ o mes nobles vavassors 
Dont jo atent malt grant secors. 
Mss. de Duchesne. 

Opiniâtre f acfiarne'e. 



10 



200 



Détails sur 
réqaipement 

et Tarmare 
des soldats de 

Gaillaume. 



Signes de re- 
connaissance. 



Ordre de la 
marche. 



LE ROMAN 

E li Chevalier è li gueldon. 
La gent à pié fu bien armée , 
Chescun porta arc et espée; 
Sor lor testes orent chapels , 
A lor piez liez lor panels ; ' 
Alquanz unt bones coiriés , ' 
K'il unt à lor ventre liés ; 
Plusors orent vestu gambais , ' 
Couires orent ceinz et archais. * 
Chevaliers ont haubers è branz, ^ 
Chauces de fer, helmes luizanz , 
Escuz as cols /as mains lor lances; 
E tuit orent fet cognoissances,^ 
Ke Normant altre conéust, 
Et k'entreposture ' n'éust ; 
Ke Normant altre ne férist, 
Ne Franceiz altre n'océist. ® 
Cil a piè aloient avant 
Serréement , lor ars portant ; 
Chevaliers emprez chevalchoent , 
Ki les archiers emprez gardoent. 



13810 



isSio 



' Espèces de guêtres de drap 
attachées avec des cordons. Les 
paysans en portent de sembla- 
bles en toile, qu'ils appellent 
gamaches, 

' Courroies. 

^ Pourpoint piqué et garni qui 
servait de plastron. 



^ Carquois et cures pendus à la 
ceinture. 

^ Variante ; 
Orent haubers blanz 

^ Signes de convention» 
Covenances. 

Mss. de Duchesne. 

' Imposture f surprise. 
• Ne tuât. 



DE ROU. 20I 

Cil à cheval è cil à pie , 

Si com il orent comencié 

Tindrent lor eire è lor compas, " 

Serréement lor petit pas 

Ke l'un Taltre ne trespassout, 

Ne n'aprismout * ne n'esloignout ; "«s» 

Tuit aloent serréement, 

£ tuit aloent fièrement. 

D'ambedui parz archiers esteient, 

Ki à travers traire ^ debveient. 

Héraut out sez homes mandez , Détail» sur 

1* année an- 

Gels des chastels è des citez , gUUe. 

Des ports, des viles è des hors, 

Contes, Baronz è vavassors. 

Li vilain des viles aplouent , * 

Tels armes portent com ils tro vent, "«4o 

Machues portent è granz pels , ^ 

Forches ferrées è tinels. ® 

Ëngleiz orent un champ porpris , ? 

Là fo. Héraut od. ses amis 

Et od li Baronz del pais, 

Ke il out semons è requis. 

Venuz furent delivrement ® 

Cil de Lundres è cil de Kent , 



' Leur marche et leur direction. ^ Pieux. 

' ^' n'approchât, • Bâtons, leviers. 

* Ils appelaient les paysans des ' ^^^* ' entoure, 

'villages. * Promptement. 



2oa 



L£ ROMAN 

Cil de Herfort è cil d'Ëssesse , * 
Cil de Surëe è de Sussesse,' 
De Saint Ëdmund è de Sufoc , 
E de Norwis è de Norfoc , 
De Cantorbiere è de Stanfort , ^ 
£ cil vindrent de Bedefort , 
£ cil ki sunt de Hundetone ;^ 
Venu sunt cil de Northantone , ^ 
D'Eurowic ^ è de Bokinkeham , 
De Bed è de Notinkeham : ? 
De Lindesie è de Nichole * 
Vindrent qui sorent la parole. 
Dechà deverz soleil levant ^ 
Véissiez venir gent mult grant 
De Salebiere " è de Dorsete 
£ de Bat '* è de Sumersete; 
Mult en i vint de verz Glocestrc , 
£ mult en vint de Wirecestre," 
De Wincestre, de Hontesire '^ 
Et del conté de Brichesire.*^ 



ia85o 



ia86o 



* Surrejr et &usex. 

' Stanford, dans le oomté de 
Lincoln. 

^ Huntingdon. 
^ NorHuanpton, 

* York. 

7 Nottingham, 

* De lÀndsey et de UncoUi. 
Lîndsey n'est point un nom de 
TÎUe , mais celni de la dÎTision 



la plus considérable du Lin- 
colnshire, comprise entre la mer, 
rHumber, le Nottinghamshire 
et la rivière de Witham. 

(A. L. P.) 
9 Devers soleil couchant. 

Mt9* de JDuehesne. 

'** SaUsbwj. 

" Bath, — " Worcetter, 

'^ Le Han^hin, 

'* Le Berkshire» 



DE ROU. 

Mult en vint d'altres cuntrées 

Ke nos n'avon tnie nomées ; 

Ne poon mie tôt nomer, 

Ne ne volon tôt aconter. ' 

Tuit cil ki armes porter p(Hient 

Ki la novele del Duo sorent/ 

Alerent la terre desfendre 

D'icels ki la voloent prendre. 

D'ultre li Humbre ^ n'i yint gaires , 

Quer cil orent altres affaires; 

Daneiz les orent damagiez 

£ Tosti les oUt empiriez. ^ 

Héraut sont ke Normanz veindreient , 

£ ke par main les «ssaldrëient; 

Un champ out par matin porprîs ^ 

U il a toz ses Engleiz mis; 

Par matin les fist toz armer 

£ la bataille ooaréer. ^ 

£t il out armes et ator, ^ 

Ki conveneit à tel Seignon 

Li Dus, ço di^^ ie deit re<{uerre , 

Ki cunquerre Velt j^gleterre , 

£t il , ço dist , le deit atendiie , 

Ki la terre li deit défendre. 



ao3 



laS^o 



13880 



Harold range 
son armée en 

bataille, et 

donne ses or» 

dres. 



laSgo 



' Raconter, 
' Surent, 
' L'Mumàer. 
^ Mis en pane. 



* Clos, 
® Disposer. 
7 Équipages. 



Il indique la 
manière la plus 

avantageuse 
de combattre 
les Normands. 



Estimation de 
la force de 
l'armée an- 
glaise. 



204 LE ROMAN 

A sa gent dist è comanda , 
£t à ses baronz cunseilla 
Ke tuit ensemble se tenissent 
£t ensemble se défendissent , 
Quer se d'iloc se desparteient, 
A grant paine se rescovreiént. 
Normanz , dist-il , sunt boen vassal , 
Vaillant à pie et à cheval; 
A cheval sunt boen chevalier 
E de cumbatre costumier; 
Se dedenz noz poent entrer, 
Nient iert puiz del recovrer. * 
Lungùes lances unt et espées , 
Ke de lor terres unt aportées, 
E vos avez lances agues 
E granz gisarmes esmolues. 
Cuntre vos armes ki bien taillent 
Ne kuid les lor gaires ne vaillent ; 
Trenchiez quant ke trenchier porreiz 
Et jà mar ' rien espamereiz. 
Héraut out grant pople è estult , ^ 
De totes parz en i vint mult ; 
Maiz multitude petit vaut 
•Se la virtu du ciel i faut. 
Plusor è plusor unt poiz dit, 
Ke Héraut aveit gent petit , 



12900 



12910 



' Hn'y aura plus de remède. que vous épargneriez quelqu'un. 

* Et ce serait mal à propos ' Fier, hautain. 



DE ROU. 

Por ço ke à li meschal ; ' 
Maiz plusors dient è jel di, • 
Re cuntre un home altre envëia. 
La gent al Duc poi foisonna, 
Maiz li Dus aveit veirement 
Plusors Baronz è meillor gent : 
Plenté out de boens Chevaliers 
E grant plenté de boens archiers. 
Geldons^ Engleiz haches portoent, 
E gisarmes ki bien trenchoent; 
Fet orent devant els escuz 
De fenestres è d'altres fuz , * 
Devant els les orent levez 
Corne cleies joinz è serrez; 
N'i lessierent nule jointure, 
Fet en orent devant closture. 
Par ù Normanz entrelz venist , 
Ki descunfire les volsist. 
D'escuz è d'aiz ^ s'avironerent , 
Issi desfendre se kuiderent ; 
Et s'il se fussent bien tenu, 
Jà ne fussent li jor veincu. 
Jà Normant ne s'i embastist , ^ 
Ke l'aime à hunte ne perdist, 



2o5 



lagao 



Les Anglais 

se retranchent 

an moyen de 

boucliers et 

de palissades. 



lapSo 



1S940 



' Arriva mal, 

* Et je le dis. 

' Pajrsans. Voyez mes notes 
précédentes sur les mots Gelde , 
Geldon et Geldière. 



Gel jor Engleis haches portoent.. 
Mss. de Duchesne» 

* Bois. 

' De Boucliers et de planches. 

^ Ne s'y logeât. 



2o6 LE ROMAN 

Fust par hache , fust par gisarme , 
U par machue u par altre arme. 
Corz ' haubers or^nt è petis 
£ helmes de sor lor vestis. 
Ordres donnés Lj Rgis Heraut dîst è fist dire , 

par Harold. ' 

£ fîst banir ' com lor sire 

Ke chescun tienge atort son vis ^ 

Tôt dreit cuntre lor aaemis; >'9^o 

Nus ne tort ^ de là il il est , 

£ ki veindra là les truis prest : 

Ke ke Normant et alure face j 

Chescun desfende bien sa place. 

Dune rova^ cels de Kent aler 

Là il Normanz durent joster , ^ 

Kar ço dient ke cil de Kent 

Deivent férir pritmereinent ; 

U ke li Reis auge en e&tor, ? 

Li primier colp deit estre lor. '*96« 

Cil de Lundres , par dreite fei , 

Deivent garder li cors U Rei , 

Tut entur li deivent ester, * 



' Courts. Les Normands appe- ' Son visage tourné. 

laient encore , dans le quinzième Tienge è tort son tIs. 

siècle , les Anglais, Courts vestus. Mss. de Duehesne. 

Voyez Chansons normandes , im- ^ Ne tourne. — ' Ordonna. 

primées à la suite des Vaux' 6 Attaquer, 

de^çires de Basselin , édition de , j^^ ^^^^^ ^^^ ^„^ ^^ ^, 

'°*'' aille au combat. 

" Crier, publier. * Se tenir. 



DE ROU. 

£ l'estandart deiveat garder; 
Cil furent miz à l'estandart , 
Ke chescun le defent è gart. 
Quant Héraut out tôt apresté , 
£ ço k'il volt out comandé, 
£inmi ' les £ngleiz est venu, 
Lez ' l'estendart est descendu ; 
Lewine è Guert furent od lui , 
Frère Héraut furent andui ; ^ 
Asez out entur li Baronz. 
Héraut fu lez si gonfanonz ; 
Li gonfancm fil mult vaillanz , 
D'or è de pierres reluisanz; 
Willame pois ceste victoire 
Le fîst porter à l'Apostoile,^ 
Por mostrer è mètre en mémoire 
Sun grant cunquest è sa grant gloire. 
£ngleiz se sunt tenu serré, 
Tuit de cumbatre atalenté ; ^ 
Un fossé unt d'une part fait, 
Ki parmi la champaigne vait. 
£ntretant^ Normanz aparurent, 
D'un pendant sursirent ù il furent , 7 
D'une valée è d'un pendant 



S107 



10 



9V 



Harold se 
place avec set 
frères au mi- 
lieu de son ar- 
mée, et près 
de rétendard. 



19980 



On Toit paraî- 
tre r armée 
normande. 



' Parmi, au milieu. 
* Proche , à côié, 
^ Tous deux. 
^ Un pape. 



' Ayant envie. 

^ En ce moment. 

' Ils sortirent d^un ^vaUon où ils 
étaient. 



Harold et 
Gurth discu- 
tent la force 
des deax ar- 
mées. 



208 LE ROMAN 

Sort un cunrei ' ki vint avant. 
Li Reis Héraut de luing les vit, 
Guert apela , si li a dit : 
Frère , dist-il , îi gardes tu ? ' 
As tu li Dus qui vient véu? 
De celé gent ke jo vei là , 
La nostre gent nul mal n'ara; 
Il a poi gent à nos cunquerre, 
Mult ai grant gent en celé terre , 
Encore ai jo tuz cumbatanz 
Ke Chevaliers ke paisanz 
Par quatre foiz chent mil armez. ^ 
Par fei , dist Guert , grant gent avez , 
Maiz mult petit poise en bataille 
Assemblée de vilanaille. 
Grant gent avez en sorquetot. * 
Mult creim Normanz è mult les dot;^ 
Tuit cil ki vienent d'outremer 
Sont mult à craindre è à doter. 
Bien sunt armé , à cheval vunt , 
Nos maisnies défolerunt. ^ 



»'99« 



iBooo 



' Un corps de trottes. 

' Om regardes'tu ? 

^ Ceci est évidemment exagéré 
et en contradiction avec le pas- 
sage ci-dessus, où l'historien, 
après avoir rapporté Topinion 
de ceux qui donnent peu de sol- 
dats à Harold , déclare que l'opi- 
nion de plusieurs autres, et la 



sienne propre , sont que les deux 
armées étaient égales en nombre. 

(A.L.P.) 

* En habits de paysan, sans ar- 
mure, cotte, écu ni haubert. 

* Je crains beaucoup les Nor- 
mands , et je les redoute, 

® Fouleront aux pieds. 



DE ROU. 

Mult unt lances , mult unt escuz , 
Mult unt haubers, helmes aguz, 
Mult unt glaives , mult unt espées , 
Ars è saetes barbelées;' 
Les saetes sunt mult isneles , ' 
Mult plus tost vunt ke àrondeles. 
Guert, dist Héraut, ne t'esmaier , ^ 
Dex nos pot bien , s'il volt , aidier : 
Jà par la gent ke jo là vei 
Ne nos estuet * estre eii esfrei. 
Endementrez ^ ke il parloent 
De cels Normanz k'il esgardoent , 
Sort un altre çunrei plus grant, 
Emprez l'altre serréement ; 
A une part del champ tornerent , 
E si k'as altres s'asemblerent. 
Héraut les vit, si les garda, 
Guert apela , si li mostra : 
Guert, dist-il, nos ahemiz creissent; 
Chevaliers vienent et èspeissent,^ 
Mult part en vient, grant poor ai; 
Unkes maiz tant ne m'esmaai , ? 
De la bataille ai grant. fréor, 



209 



i3oio 



i3oao 



Frayeur d*Ha- 
rold à la vue 
d'un second 

corps d'armée 
normand. 



i3o3o 



' Flèches garnies de plumes , flè- 
ches empennées, 

' Légères f promptes. 

^ Ne t'inquiète. C'est la rime 
qui a forcé Wace à employer 
irrégulièrement rinfinitif. 

II. 



* Ne nous faut. 

' Pendant que. 

^ Épaississent, augmentent. 

' Jamais je n'eus tant d'inquié- 
tude. 

14 



aïo LE ROMAN 

Mi cors en est en grant poor. 
Reproches de — Heraut , dist-il , mal espleitas 

son ffere. ' ' r 

Quant de bataille jor nomas ; 

Ço peise mei ke chà vçni$ 

E k'à Lundres nevremainsis^ ' 

U à Londres u à Wincestre , 

Maiz ore est tart, ae pot maiz estre. 

Sire frère , Heraut a dit , 

Cunseil ariere yelt p6tit; »3"^« 

Desfendon qos se nos.poon, 

Ne sai mez altre garison. "* 

Se tu, dist Guert, à Lundres fusses ^ 

De vile en vile aler pëusses , 

E jà li Dus ne te quérist , ^ 

Engleiz dotast è tei cremist; 

Ariere alast u paix féist , 

E tes règnes te remainsist. 

Unkes creire ne me volsis, 

Ne ne preisa ço ke jô dis; »3«^« 

De la bataille jor ^léîs 

E à cel jor terme asséis , 

E de ton gré si le quesis. ^ 

Guert, dist Heraut , por bien le fis; 

Jor li assis à samedi , 

Por ço ke samedi naski ; 



' Ne restas, ' iVe te cherchenùt 

^ Je n'y sais point nuÙRtenant 
d* autre remède, ^ Ainsi le demandas. 



DE ROU. 

Ma mere dire me soieit ' 

Ke à cel jor bien m'aveindreit. 

Fol est, dist Gùert, ki en sort crèit, 

Jà nul prudhoem creire n'i deit , 

Nul prudhoem ne deit creire en sort. 

A son jor a chescun sa mort; 

Tu dis ke samedi naskis , 

A cel jor pos estre occis. 

Atant est sorse * une cumpaigne < 

Ki covri tute la champaigne; 

Là iu li gonfanon levez , 

Ki de Rome fu aportez ; 

Joste ^ l'ensuigne ala li Dus : 

Là fu li mielx , là fu li plus ; 

Là furent li boen Chevalier,* 

Li boen vassal , li boen guerrier ; 

Là furent li gentil baron , 

Li boen archier , li boen geldon , 

Ki debveient liDus garder, 

Et entur li debveient aler. 

Li garchon è l'altre frapaille , ^ 

Ki mestier n'orent en bataille, . 

Ki le menu herneiz gardèrent, 

De verz un teltre^ s'en tornerent. 

Li proveire è li ordenë ^ 



âii 



i3o6o 



Oa Toit paraî- 
tre le troisième 
corps d'armée, 
commandé 
par le dac. 



lioro 



i3o8< 



' j4twt coutume de me dire. 
,2 Sortie. — ^ Près. 
* raletailie, canaiUe. 



^ Tertre. 

• Les prêtres et ceux qui étaient 
dans les ordres. 



ai2 



Frayeur et re- 
pentir d'Ha- 
ro! d. 



Harold et 
Gurth SQ pla- 
cent prè« de 
l'étendard , au 
milieu de leur 
famille et de 
leurs barons. 



LE ROMAN 

En somun tertre sunt monté 
Por Dex préier è por orer, 
E por la bataille esgarder.» 
Héraut vit Willame venir, 
E li chams vit d'armes covrir, ■ 
E vit Normanz en treiz partir, " 
Ki de treiz parz voldrent fërir; 
Ne sai kels deie plus doter , 
A paine pout itant parler : 
Nos somes, dist-il, mal bailli, 
Mult criem ke nos séions boni. 
Li quens de Flandres m'a traï ; 
Mult fis ke fol ke jeF créï, 
Kar par son briéf ' m'aveit mandé , 
E par messaige asséuré 
Ke Willame ne porreit mie ' 
Aveir si grant chevalerie ; 
Por ço , dist-il , me suîz targiez ,^ 
Ke me suis tant poi porchaciez ; ^ 
Ço peise mei ke ai si fait. ^ 
Sun frère Guert à sei a trait j^ 
Miz se sunt juste 7 Festandart ; . 
Chescun prie ke Dex l«e gart. 
Envirun els lor parenz furent 
£ li Baron ke il conurent; 



ilogo 



i3ioo 



' En trhis se diviser. 

» Sa lettre. — ' Retardé. 

^ Que je me^suis si peu pressé. 



' Cela me pèse d'avoir agi tânsi. 

6 A tiré. 

7 Proc/te. 



DE ROU. 
Toz les unt préié de bien faite. ' 
Nus ne s'en pot d'iloc i^raire;' 
Chescun out son haubert vestu, 
Ëspëe ceinte , el col l'escu ; 
Granz haches tindrent en lor cols , 
Dune il kuident férir granz cols. ^ 
A pie furent serréément, 
Mult se contindreht fièrement; 
Maiz s'il séùssent deviner 
Mult déussent plaindre è plorer 
Por la dolorose advanture , 
Ki lor avint mult nlale è dure. 
Olicrosse ^ soYentcrioent^ 
E Godemite^ reclambent : 
Olicrosse est en engleiz 
Ke^ sainte Croix est en franceiz , 
E Godemite altretatnt 
Com en frencêiz Dex tôt poissant. 
Normanz orent treiz cumpaignies 
Por assaillir eh treiz parties ; 
En treiz cumpaignes se partirent,^ 
E treiz cumpaignes d'armes firent. 
Li primiers è li secund vint , 
E poiz li tiers ki plus grant tint : 



ai3 



i3iio 



Les Anglais 
invoquent 
i3i2o Dieu et la 
sainte Croix. 



Les Normands 

les attaquent 

sur trois 

points. 



i3i3o 



* Variante: 

Ke il ont toz prest de bien faire. 

' Bttirer. 

' H<Ay cross. 



^ God migkty^ Dieu puissant ; 
ou Gçd almiglity^ Dieu tout- 
puissant. 

* Ce que. 

* Se divisèrent. 



Préparatifs et 

signaux de la 

bataille. 



214 LE ROMAN 

Ço fu li Dus ovec sa gent ; 
Tuit alerent hardiement. 
Dez ke li dous ost" s'entrevirent, 
Grant noise è grant temulte firent; 
Mult oïssi^z graisles ' soner 
E boisines ' è cors torner; 
Mult vëissiez gent porfichier,^ 
Escuz lever 9 lances drecier. 
Tendre lor ars , saetes prendre , . 
Prez d'assaillir, prez de desfeodre. 
Engleiz à estai ^ se teneient 
£ li Normanz toz teiQS veneient. 
Quant il virent Norman t venir, 
Mult véissiez Engleis frémir, 
Genz esmover , ost eatormir; ^ 
Li uns rouir ? , li altres pâlir; 
Armes seisir, éscuz lever ; 
Hardiz saillir, coarz trembler. 



i3i4<> 



Taillefer 

chante la 

cbanson de 

Roland. 



Taillefer, ki mult bien captout, 
Sor un cheval ki tost alout, 
Devant H Dus alqut cantant 
De Karlemaine è de Rollant , 
E d'Oliver è des vassals 



i3i5o 



' Les deux armées. ^ Se ranger. 

^ Espèce de trompette mince et ' En place, 
longue dont le son était fort aigu. ® Le camp se mettre en mauve- 

^ Buccines , tron^ttes. ment. — ? Rougir. 



DE ROÛ. 

Ki morurent en Renchevab. ' 
Quant il orent chevalchié tant 
K'as Engleis vindrent aprismant : " 
Sires, dist Taillefer, merci , 
Jo vos ai lungemeût servi , 
Tut mon servise me debvez ; 
Hui se vos plaist me le rendez. 
Por tut guerrëdun vos requier, ' 
E si vos voil forment préier : 
Otréiez mei , ke jo n'i feille , 
Li primier coip dé la bataille. 
E li Dus respont : Je Totrei. * 
E Taillefer point à desrei , * 
Devant toz Ualtres se mist;^ 
Un Engleiz féri , si Foeist ; 



21 5 



i3i6o 



Il réclame et 
obtient Thoa- 
neur de frap- 
per le premier 
coup. 



Il tue un An- 
glais » en frap- 
pe un second, 
et la mêlée 
commence. 



' Et d'Olivier et des setg/teurs gui 
moururent à Honcemux. Malgré 
les conjectures de Paulmy, Tres- 
san et Laravallière, et lés se- 
Tantes recherches de mon com- 
patriote M. Tabbé de La Rue , 
on pent regarder la chanson de 
Roland comme perdue. 

* Approchant, 

' Pour toute récompense , je 'vous 
demande, 

* Je l'accorde. 

* Pique au gtilop. 

^ Notre auteur, qui a apporté 
des soins tout particnliers au 
rédt de la bataille d'Hastings , 
a pourtant oâblié ici une cir- 
constance qui peut avoir exetcé 



une fnmde influence stir des 
guerriers aussi peu éclairés que 
rétaiént les Ânglo-Saxons. Nous 
Yonlons parler de ces tours d'a- 
dresse de Taillefer, attestés par 
la tapissei'îe de Bayeux^ Geof- 
froi Gaimar et HeâW de Hun- 
tingdon, et qui inspirèrent un 
grand effroi à l'armée anglaise , 
parce qu'elle les prit pour l'effet 
d'opérations magiques. Quidam 
Dero nomine Taillefer, dih ante- 
quam coirent bellatores, ettsihus 
jaatatis Judens coram génie Anglo- 
rum, dum in èum omnes stupefent , 
quemdam Dexilliferum Anglorum 
iirtêrfecif.... Henr. Huntingdpn , 
L. VII. (A. L. P.) 



Les Normands 
sont répons* 
ses vers le fos- 
sé, qu'ils 
avaient fran- 
chi. 



ai8 LE ROMAN 

Cil Yunt avant, cil se retraieat; 
De mainte guise s'entre assaient. ' 

En la champaigne ont un fossé; ' 
Normanz l'aveient adossé ; 
En belliant ^ l'pr^pt passé , 
Ne Taveient nue esgardé. 
Engleiz unt tant Normanz hasté , 
£ tant empeint è tant bote , 4 
El fossé les unt fet ruser, ^ 
Chevals è homes jambeter : ^ 
Mult véissiez homes tumber, 



x3-j30 



' S'entre-attaquent. 

* Tous les auteurs qui ont dé- 
crit la bataille d'Hastings s'accorT 
dent à faire mention de circon- 
stances de ce genre y comme 
ayant été très funestes aux Nor* 
mands; mais ils varient beau- 
coup sur les détails. Un manu- 
scrit anonyme de la Bibliothèque 
cottonienne en parle dans les 
termes suiyans : Secerant autem 
AngU fove^tm quandam cautè et 
ingeniosè, quam îpsi ex obliqua 
curantes maximam muUtitudinem 
Normannorum în eaprœcîpitaverant. 
Et pUires ettam ex eis inseque^tes 
et tractiàb aiiis in eadem perierunt. 
Sans entrer dans une discussion 
approfondie , que ne comporte 
point la brièveté de ces notes, 
nous croyons devoir distinguer, 
avec Guillaume de PoitiefS, le 
premier foMé où le» Nontiands 



se trouvèrent arrêtés , et qui 
n'était autre que celui du camp 
retranché de Tannée anglaise, 
de ces anciens fossés peu appa- 
rcns .qu'ils fenoontrèrent en 
poursuivant les fuyards à la 
cbute du jour y et où ils se préci- 
pitètient en si grand nombre avec 
leurs chevaux, qu'il ne fallut 
rien moins que les pressantes 
exhortations de Guillaume pour 
lesramener à la charge. (A. L. P. ) 

' En combattant. Ce mot vient 
de bellare; il ne se trouve point 
dans le Glossaire de M. de Roque- 
fort. 

' En b«lmant. 

Mss» de Duekeaie. 

C'est-à-dire ^n usant de ruse y 
en trompant. 

^ Et tant chargés, et tant poussés. 

^ BecuUr. 

** Tomber^ ctt&tsier. 



i3aoo 



DE ROU. ai7 

Ë cil d'ultre mer assailleient , 

E bien sovent se retraeient. * 

Normaiiz escrient : Dex aïe ; " 

La gent englesche : Ut^ â'escrie : 

Lors véissiez eatre serjanz , * 

Gelde ^ d'Engleiz è de Normanz , 

Granz barates^ è granz medlëes, 

Buz de lances è oolps d'espëes. 

Quant Engleiz cheient , Normanz crient , 

De paroles se cuntralient , 

E mult sovent s'entre défient, 

Maiz ne sevent ke s'entre dient ; 

Hardiz fièrent, cuarz s'esmaient; ^ 

Normanz dient k'Engleiz abaient , 

Por la parole k'il n'entendent; 

Cil empierent è cil amendent , 

Hardiz fièrent, cuarz gandissent 

Corne hoemsfontki escremissent. ^ 

A l'assaillir Normanz entendent, 

E li Engleiz bien se défendent , 

Hauherz percent et escuz fendéat, 

Granz colps'receivent , granz colps rendent; 



Cris 4e guerre 
des deux ar- 



mées. 



8 



iBxio 



' Se retirent, 

' Dieu aide, 

' Hors d'ici. On écrit out. 

^ Hommes de guerre. 

' Gens de pied armés de lances , 
et quelquefois de bâtons ferrés. 



** Ruses, 

' Se troublent. 

* Aboient, jappent. 

9 Les hardis frappent, les couarts 
s* esquivent comme geîts effrayés. 



2'JtO 



Odon revient 

dans la mêlée 

encourager et 

diriger les 

coinbattans. 



Les succès 
sont balancés 

depuis neuf 

heures jusqu'à 

trois. 



LE ROMAN 

Kar se Dex plaist nos veiiicron bien. 

Issi furent asséuré , 

Ne se sunt mie remué. 

Odes revint puignant * arière 

U la bataille esteit plus fière , . 

Forment i a li jor Valu. 

Un haubergeon aveit vestu , 

De sor une chemise blanche , * 

Lé ^ fut li cors, juste la manche ; 

Sor un cheval tôt blanc séeit , 

Tote la gent le congnoisseit. 

Un baston teneit en son poing ; 

Là ù véeit li grant besoing , 

Faseit li chevaliers torner , 

E là les faseit arrester ; 

Sovent les faseit assaillir , 

E sovent les faseit férir. 

Dez ke tierce del jor entra , * 

Ke la bataille comença, 

De si ke none trespassa * 

Fust si de si , fust si de là , 

Ke nus ne sout lequel veincreit , 

Ne ki la terre cunquerreit. 

De tûtes parz si se teneient , 



K3a5o 



i3a6« 



iSa^o 



' Galopant, 

* Aube, Un canon d*un con- 
cile , cité par Ducange , défend 
aux prélats de voyager à cheval , 
ou même à pied, sans porter un 
vêtement de ce genre sous une 



chappe. ( A. L. P.) — ^ Large. 

^ Neuf heures du tnatin. 

Dès ke li point del jor entra. 
. Mss» de Duchesne. 

^ Jusqu'à trois heures passées. 



DE ROU. 
£ si sovent se cumbateient , 
Ke nus ne saveit deviner 
Ki debveit Taltre sormonter. 
Normanz archiers ki ars teneient. 
As Engleiz mult espez traeient, ' 
Maiz de lor escuz se covreient , 
Ke en char férir nés' poeiént; . 
Ne por viser, ne por bien traire, 
Ne lor poeient nul mal faire. 
Cunseil pristrent ke hait traireient; 
Quant li saetes descendreient. 
De sor lor testes dreit diarreient , ' 
Et as viaires les ferreient. ^ 
Gel cunseil ont li archier fait , 
Sor li Engleis unt en hait trait ; 
Quant li saetes reveneient. 
De sor les testes lor chaeient, 
Chiés è viaires ^ lor perçoent , 
Et à plusors les oilz crevoent ; 
Ne n'osoent les oilz ovrir. 
Ne lor viaires descovrir. 
Saetes plus espessement 
Voloent ke pluie par vent; 
Mult espès voloent saetes 
Ke Engleiz clamoent wibetes. • 



221 



Expédieatem- 
ployé par les 
archers nor- 
mands pour 
faire porter 
leurs flèches . 



i338o 



Succès de 
cet expédient, 



1399c 



' Tvraienttrès^aisauxAngUàs. 
' Sur- leurs têtes droit tomie^ 
nient. 



^ Et au ifisage les froppe- 
raient. 

♦ Tf^tes et visages. 



222 



Harold a l'œil 

droit crevé 

d'une flèche. 



Les Normands 
fuient pour at- 
tirer les An- 
glais Iiors de 
leurs retran- 
chemens. 



LE ROMAN 

Issi avint k'une saete , 
Ki de verz li ciel ert chaete , 
Féri Héraut de sus Toil dreit , 
Ke l'un des oilz li a totèit; 
E Héraut Ta par aïr traite , ' 
Getée a les mains, si Ta fraite. ' 
Por li chief ki li a dolu ^ 
S'est apuié scw son escu. 
Por ço soleient dire Engleiz , 
E dient encore as Franceii 
Ke la saete fu bien traite * 
Ki à Héraut fu en hait traite, 
E mult les mist en grant orgoil , 
Ki al Rei Héraut creva l'oil. 
Normanz aperchurent è virent 
Ke Engleiz si se desfendirent, 
E si sunt fort por, els desfendre, 
Peti poeient sor els prendre. 
Privéement unt cunseillié, 
Et entrels unt apai^aillié 
Ke des Engleiz s'esluignereient , 
£ de fuir semblant fereient , 
Tant que Engleiz les porsivront 



i33uc 



i33io 



' A cause de la tête qui lui foi- 
sait mal. Ce vieux mot douloir ou 



* Par colère arrachée. 

* Brisée. Variante : j , . > «» • x < •. k.m^ 

rfo/oir (souffrir) était rcmphcrcx- 

Getée . mais ains l'out fraite. pression. Il est encore usité dans 

Aucune de ces deux leçons le Bessîn , et Ton y dit : Un bras 
ne nous paraît complètement sa- doaillant, la tète douUiante, 

* Que la flèche fut bien tirée. 



tisfaisante. 



DE ROU. 

E par les chams s'espartiront. ' 

Si les poeient despartir , " 

Mielx les porreient assaillir , 

E lor force sereît mult piere , ' 

Si porreient mielx deseunfiere. 

Si com il Forent dit , si firent , 

E li Engleiz les parswirent ; * 

Poi e poi ^ vunt Nonnanz fuiant , 

E li Engleiz les vunt suiant. 

Tant cum Normanz plus s'esluignierent , 

E li Engleiz plus s'aprochierent. 

Par Tesluignement des Franceiz 

Kuiderent è distrent Engleiz, 

Ke cil de France s'enfueient , 

Ne jà mez ne retornereient. 

La feinte fuie les déchut , 

Par la fuie grant mal lor crut ; 

Kar se il se fussent tenu , 

Ke il ne se fussent méu, 

Mult se fussent bien desfendu , 

A grant paine fussent veincu; 

Maiz come fol se despartirent ,^ 

E come fol les parswirent. 

Mult véissiez par grant veisdie ' 



223 

i33ao 



Les Anglais 
les poursui- 
vent en les 
raillant. 



i333o 



13340 



' St éparpilleraient 
' Désunir. 

' Beaucoup affaiblie. 
^ Les poursuivirent. 



' Peu à peu. 

* Se séparèrent, 
7 Ruse, artifice. 






224 LE ROMAN 

Retraire cels d^ Normendie; 
Lentement se vunt retraiant 
Por fere Engleiz venir avant. 
Normanz fuient et Engleiz chacent , 
Lances aloignent, haches haucent. 
Quant il furent bien esbaudi , 
E par la champaigne esparti, '^^^o 

Engleiz les aloent gabant ^ 
E de paroles leidissant. ' 
Cuarz, font-il, mar ^ i venistes, 
Ki nos terres aveir volsistes; 
Nostre terre aveir kuidastes, 
Folz fustes quant vos i entrastes ; 
Normendie vos iert trop luing, 
N'i vendrez mie à cel besuing ; , 

Nient iert mez d'arrière aler;* 
S'a un saut n'i poez voler. '^^ 

Filz è filles perduz avez 
Se la mer tote ne bevez. 
Cil escotoent è sofFreient; 
Ne saveient ke il dis(eient, 

« 

Ço lor ert vis k'il glatisseient,^ 
Kar lor langage n'entendeient. 
Le» Normands Al arcstcr et al torncr 

s'arrêtent et tt t^t i i 

font voite- ^e JNormant voldrent recoyrer, 

face. 



' Plaisantant. * Cela ne nous servira de rien 

' Offensant. d'aller en arrière. 

^ À la maie heure , mal à propos. * Qu'ils aboyaient. 



DE ROU. 

Oïssiez Baronz rapeler, 

E Dex aïe en hait crier. 

Lor erre ' unt Nohnanz repris, 

Torné lor sunt emmi le vis ; * 

Dune véissiez Normanz tomer, 

£ es Ëngleiz entremesler; 

Li uns li altres encuntrer, 

E cels fërir è cels boter. ^ 

Cil fiert, cil faut,^ cil fuit, cil chace, 

£ cil assome , è cil manace ; 

Normanz encuntre Ëngleiz s'arestent, 

£ de ferir Normanz s'aprestent. 

Mult véissiez par plusurs places 

Bêles fuies è bêles chaces ; 

Grant fîi la gent , la place lëe , ^ 

£stur espez^, dure meslëe; 

De tûtes parz bien se cumbatent , 

Granz sunt li colps, bien s'entrebatent. 

Bien le faseient li Normsmt , 

Quant un Ëngleiz vint acorant ; 

En sa cumpaigne out chent armez , 

De plusors armes atomez. 

Hache noresche' out mult bêle-, 



2^5 






Nouvelle 
mêlée. 



i338o 



Exploits d'oa 
gaerrier an- 
glais. 



13390 



' Loir route. 


* Large. 


* Ils se sont alors tournés en face 


* Le combat épais. 


d'eux. 
* Pousser. 


7 Du nord. 

Hache korroise. 


^ Manque son coup. 


Mss. de Duehesne. 


II. 


iS 



i34oo 



226 LE ROMAN 

Plus de plain pié out l'alemele/ 

Bien fu armé à sa manière, 

Grant ert è fier, o bele chiere. 

En la bataille el primer froot , 

La il Normanz plus espez sont, 

En vint saillant plus tost ke cers ; "* 

Maint Normant mit li jor envers' 

Od sa cumpaigne k'il aveit. 

A un Normant s'en vint tôt dreit , 

Ki armé fu sor un destrier; 

Od la hache ki iVi d'acier , 

El helme férir le kuida , ^ 

Maiz li colp ultre escolorja ; ^ 

Par devant l'arcoD glacéia^ 

La hache ki mult bien; trancha ; 

Li col del cheval en travers 

Colpa k'a terre vint li fers , ' 

E li cheval chaï avant 

Od tôt son mestre à terre jus. ^ «'^i» 

Ne sai se cil le féri plus, 

Maiz li Normanz ki li colp virent, 

A grant merveille s'esbahirent. 



' Le fer, Alumellc signifie au- * Il crut le frapper sur le cmque. 

jourd'hui une mauvaise famé de 5 ... 

couteau. 

* Plus vite qu'un cerf. ^ Glissa. 

' On dit encore metire l'Ane à , , y » # # ? 

,, ^ , 7 Le fer de la^iacne. 

l envers , pour tuer, jaire un mau' 

vais parti, * Resta couché. 



DE ROIT. 
L'assalt aveient tôt guerpi , 
Quant Rogier ^e Montgomeri 
Vint poignant' , la lance beissie; 
One ne leissa por la coignie 
K'il aveit sus el col levée, 
Ki mult esteit lonc enhanstëe , * 
Ke il Ëngleiz si ne ferist, 
K a la terre platir ' le fist ; 
Dune s'écria : Ferez , Franceiz ; ♦ 
Nostre est li champ sor les Engleiz. 
Dune véissiez dure medlée, 
Maint colp de lance è maint d'espëe. 
E véissiez Engleiz desfendre , 
Chevals tuer et escuz fendre. 
Un soldéier i out de France 
Ki fîi de noble cuntenance, 
Sor un cheval sist merveillos; ^ 
Dous Engleiz vit mult orguillos, 
Ki s'esteient acumpaignié 
Por ço ke bien erent pireisié. ^ 
Ensemble debveient aler, 
Li uns debveit Taltre garder, 



aay 



Il est tné par 

Roger de 
Montgomeri. 



i34ao 



43430 



Un Français 
tue deux guer- 
riers anglais, 

qui faisaient 
an grand car- 
nage dans les 

rangs nor- 
mands. 



' Galoppant, piquant des deux, 

' Emmanchée. 

' S'e'tendre , se coucher. 

* Français f frappez. Wace ap- 
pelle souvent les Normands Fran- 
çais, et ici c'est Roger de Mont- 
gomeri , chef normand , qui 
donne à ses soldats le nom de 



Français. L'emploi du mot Franci 
sur la tapisserie de Bayeux ne doit 
donc pas être allégué comme 
prouvant que ce monument ait 
été exécuté en Angleterre. 

* // était sur un excellent che- 
val. 

• Estimés. 



228 LE ROMAN 

En lor cols aveient levées 
Dui gisarmes' lunges è lées; 
As Normanz feseient granz mais. 
Homes tuoent è chevals. 
Li soldéier les esgarda, «'44" 

Vit li gisarmes, si dota; 
Son boen cheval perdre cremeit , • 
Kar ço ert li mielx k'il aveit ; 
Volentiers altre part tornast , 
Se cuardise ne semblast, 
Maiz tost fil en altre pensé. 
Sun cheval a esperuné ; 
Poinst li cheval , li frein lascha 
E li cheval tost le porta. 
Por la crieme des dous gisarmes 'M5« 

L'escu leva par les énarmes : ' 
Un des Engleiz féri tôt dreit, 
Od la lance ke il teneit , 
Soz li menton en la petrine; 
Li fer passa parmi l'eschine. 
Endementrez ke il versa , ^ 
Sa lance chaî è froissa, 
Et il a le gibet ^ seisi, 
Ki à sun destre bras pendi; 
L'altre Engleiz a féru a mont »'46o 



' Deux pertuisanes. ^ Au moment qu 'il tomba. 

• Craigntùt. 

' Par les courroies. ' La masse d* armes. 



DE ROU. 

Ke tôt li chief li casse è font. 
Rogier li viel, cil de Belmont / 
Assalt Engleis el primier front, 
A merveilles pris en i ont: 
Ço pert as eirs ki riches sont ; ' 
Bien poet l'en saveir as plusors , 
Ke il orent boens ancessors , ^ 
£ furent bien de lor Seignors, 
Ki lor donerent tels énors. 
De cel Rogier en descendant 
Vint li lignage de Mellant. 
GuiUame ke Ten dit Mallet,^ 



229. 



i34;o 



Exploits d« 

Roger de 

Beaumont. 



' Ceci est une erreur mani- 
feste. Guillaume de Poitiers, his- 
torien contemporain, atteste po- 
sitivement que Roger resta en 
Normandie, et qu'il y fut le chef 
du conseil de la duchesse pen- 
dant Tahsence de son époux. Les 
exploits que notre auteur lui attri- 
bue doivent être mis sur le compte 
de son fils Robert , second du 
nom , qui , ayant hérité du comté 
de Meulan , en prit le titre. Ce 
jeune guerrier y fit ses premières 
armes, et pairait s'y être distin- 
gué par des prodiges de Taleur. 
Vo^ez Gest, Guill. ducis , p. aoa , 
C, étante. (A.L.PO 

^ Cela se a>oit à ses héritiers, 
<fui sont riches. — ' Ancêtres, 

^ Ce seigneur, tige de la noble 
iamille, encore existante, des 
Malet de Grayille , est également 
mentionné par Guillaume de Poi- 



tiers , p. 904 9 A , et par Ordéric 
Vital, p. 5o« , B , à l'occasion des 
funérailles de Harold. Il reçut du 
Conquérant, dans la troisième 
année de son règne , la charge 
de sheriff du Yorkshire. Dans la 
suite , son fils Robert obtint du 
même prince d'immenses pro- 
priétés , situées , pour la plus 
grande partie , dans le comté de 
SufFolk, ainsi que sa résidence 
d'Eye , où il établit un monas- 
tère de Bénédictins. La . charte 
de fondation atteste suffisam- 
ment la richesse de cette mai- 
son , et le nombre des chevaliers 
et barons qui en relevaient avant 
la disgrâce de son chef, sous 
Henri i«', qui l'avait d'abord 
élevé aux fonctions de grand- 
chambellan du royaume. Voyez 
Monast, anglic. i, p. 356, et le 
Peerage de Collins. ( A. L. P. ) 



Danger que 
court Guil- 
laume Mallet. 



II est sauvé 
par les sires 
de Montfort 
et de Vieux- 
Pont. 



23.0 LE ROMAN 

Hardiement entrels se met ; 
Od l'espée ki resflambie , ' -^ 
As Ëngleiz rent dure escremie; ^ 
Maiz son escu si estroerent , ^ 
£ son cheval soz li toerent, 
Et il meisme eussent mort , 
Quant vint li sire de Montfort ^ 
Et Dam Willame de Vez-Pont; * 
Od granz maisnies ke il ont 



13480 



' Qui resplenMt, 

* Escrime. 

' Percèrent. 

* Montfort ' sur - Rille , près 
Brionue. Quatre seigneurs de ce 
lieu ayant saccessîvenient porté 
le nom de Hugues, Tindication 
précise de celui qui assista à la 
conquête deyient assez difficile. 
Nous croyons cependant pou- 
voir affirmer que ce fut Hugues 
second du nom, fils de Hagues- 
à-la-Barbe, que nous ayons vu 
figurer ci-dessus , page s. Sui- 
vant le Peerage de Coltins , qui 
l'a confondu, par une erreur 
grossière , avec son père , il reçut 
de la munificence royale plus de 
cent seigneuries di^^ersées dans 
divers comtés. Lorsque Guil- 
laume quitta TAngleterre en 
1067 , Hugues de Montfort fut 
l'un des seigneurs normands 
auxquels il en confia l'adminis- 
tration. (A. L. P.) 

' C'est Robert, et non Guil' 
iaume, que s'appelait le seigneur 



de Vieux -Pont qui passa en 
Angleterre avec le Conquérant. 
Nous le voyons, en 1078, dans 
les premiers rangs des guerriers 
normands envoyés an secours de 
Jean de La Flèche. Il paraît qu'il 
resta chargé d'un commande- 
ment dans le Maine ; car il y fat 
l'une des premières victimes du 
soulèvement de 108S, si l'on en 
croit Orderic Vital. Mais ce der- 
nier fait est contredit par une 
charte de Henri i*', en fiiveor 
de Saint-Pierre-aur-Dîve , où il 
est dit qu'il prit le froc dans 
cette abbaye. 

Nous ne pensons pas que cette 
famiUe soit la même que celle 
des Vieux-Pont, près Ëconché, 
dont on trouve la généalogie 
dans VHist. de la Maison d'Harc. 
Il est donc probable que c'est à 
Vieux-Pont en Auge qu'il fiml 
chercher son berceau. Elle for- 
ma des étabiissêmens en Angle- 
terre. Robert de Viftount fut Ton 
des favoris de Jean-aana-Terre, 



DE ROU. 23i 

Le rescotrent* hatdiemeDt. 
Mult i perdirent de lor gent; 
Mallet firent monter maneiz ' 
Sor un destrier tôt freiz. 
Bien firent oel de Béessin , 
E li baronz de Gostentin , 
E Néel de Saint-SaMor ^ 
Mult s'entremet d'aveir Tamor 
£ li boen gré de son seignor; ^3490 

Assalt Ëngleiz o grant vigôr, 
Od la petrine * du destrier 
En fîst maint li jor tresbuchier. 
Et od Tespée al redrecier 
Véissiez bien Baron aidier. 
Grant pri»^ en ont cil de Felgieres ,^ 



Barons du 

Be«sm et du 

C!otentin. 

IVéel de Saint- 
Sauveur. 



Le sire de 
Fougères. 



■■âi^>^fcifc«M 



et se trooTe cité à plusieurs re- 
prises dans les annales du règne 
de ce prince et de son sucoes- 
sear. (A.L. P.) 

'Ledélivrirent. 

* Sar*ie-^ehamp. 

^ Ntfdtf avodd peïAé à croire 
qne Néël de Siiinf-Saateur dit 
pris part à Vexpééitioa d* Angle- 
terre. Le témoignage de notre 
anteort 4*^^ ^*^^ pas par Itti- 
même mie autorité bievi impo- 
sante, n'tfft confirmé par attctin 
renseignement, par atican docti" 
ment contemporain ; car le nom 
de Sauzayei' tpâ figure dan* la 
liste de Blximfptcm ^ n'est point 
une altémtion de Saint-Sauyeur , 



mais de Saunzaveir, Sans-avoir, 
famille qui s'établit en effet en 
Angleterre à l'époque de la con- 
quête , et qu'on rencontre dalis 
quelques chartes du Monasticon 
anglic, Ordefic Vital cite ausu 
plusieurs personnages dé ce nom. 

(A.L.P.) 

4 Poitrail du ehtwU armé de fer. 

^ RécofnpeHée. 

* Raoul, SM de Main , second 
du tiom , Seîglienr de Fougères 
en Bretagne , épousa Avitie , fille 
dé Richard de Bienfaits, et fonda 
l'abbaye de Savîgny. La charte 
de cette fondation ei$t de 1 1 1 2 ; 
ce qui nous rend suspecte sa pré- 
sence à ttastings. (A. L. P.) 



Le baroa de 
Ferrières. 



Un Anglais 
tue beaucoup 
de Normands. 



23a LE ROMAN 

Ki de Bretaigne out gent mult fieres. 

Henri li sire de Ferrières,' 

£ cil ki dune gardout Tillieres; ' 

Od cels Baronz grant geot s'asemble , 

Sor Ëngleiz fièrent^ tuit ensemble; 

Morz est u pris ki ne s'en emble ;* 

Tote la terre croie è tremble. 

De l'altre part out un Ëngleiz 

Ki leidisseit mult li Franceiz; 

Od une hache mult trenchant , 

Les alout mult envaïssant. ^ 



I 35oc 



' Henri, seigneur de Saint- 
Hilaire de Ferrières, près Ber- 
nay, et fils de yau(jaelin de 
Ferrières mentionné ci-dessus, 
page a. On voit encore l'empla- 
cement du château de cette fa- 
mille , entouré d'énormes fossés. 
Sa mouvance était très étendue. 
Les seigneurs de Ferrières pre- 
naient, probablement à cause 
de l'ancienneté et de l'impor- 
tance primitive de leurs forges, 
le titre de premiers barons fos- 
siers de Normandie. Voy. sur ce 
titre le 6a//. christ., xi, c. 81 5. 
Cette illustre maison ne s'est 
éteinte dans notre province qu'au 
dix-septième siècle. En Angle- 
terre , le titre de comte de Fer- 
rières est encore porté par un de 
ses descendans. Henri de Ferriè- 
res reçut du Conquérant le châ- 
teau de Tutbury et un grand 
nombre de seigneuries. Ses des- 



cendans ont été comtes de Derby 
et de Nottingharo. (A. L. P.) 

* Probablement Gisiebert Cres- 
pin , second du nom , que nous 
voyons encore figurer dans deux 
actes, l'un de 1080, et l*autre 
de 108 a. Suivant V Histoire des 
Grands'Officiers de la Couronne, 
t. VI , il était fils puiné et succes- 
seur au gouvernement de Til- 
lieres de Gisiebert i«' , cité ci- 
dessus , page 5. Entrainé par 
l'opinion générale, nous avons, 
dans une note , confondu à tort 
celui-ci avec Gisiebert , <M>mte 
de Brionbe, parent et tuteur du 
jeune duc. C'est une méprise 
importante sur laquelle nous 
croyons ne pouvoir assez nous 
empresser de revenir. ( A. L. P.) 

^ Frappent, chargent, 

* Qui ne s'en dérobe, 

^ Normanz alout malt Uidissant. 
Mss. deDuchesne, 



DE ROU. 
Un<heltne aveit tôt fait de fust, ' 
Re colp el chief ne recëust; 
A sez dras * l'aveit atacbié , 
£t envirun son col lacié. 
Un chevalier de Normendie 
Vit li forfeit è Testoltie ' 
K'il alout des Normanz faisant; 
Sor un cheval sist^ mult vaillant : 
Eve ne feu nel' retenist, 
Se li sire bien le poinsi^t; 
Li chevalier l'esperuna , 
E li cheval tost le porta. 
Sor li helme l'Engleiz féri y 
De suz les oils li abati/ 
Sor li vîaire ^ li pendi , 
£ li Engleiz sa main tendi , 
Li helme voleit suz lever, 
E son viaire délivrer ; 
E cil li a un colp doné , 
Li puing destre li a colpé , 
£ sa hache à terre chaï. ^ 
Et un Normant avant sailli ; 
Od ses dous mainz l'a relevée , 
Ke il aveit mult golosée ; ' 



a35 



i35io 



Un chevalier 
normand Ta- 
bat et lui cou- 
pe le poing. 



i35a< 



Suites de leur 
combat. 



i353o 



' De bois. 
' Variante : 

A ses bras. 
^ Estoltie, estultie ou estotu , 
signifie folie , in^rudence. Ici ce 



TDOt parait employé pour mas- 
sacre, ravage. 
^ Était placé. 

* Le visage. 

* Tomba. — ' Désirée. 



234 LE ROMAN 

Maiz mult li out corte durée , 

R'il Tout sempres cumperée. * 

Al beissier ^ ke il faseit 

A la hache ke il perneit , 

Un Ëngleiz od une coignie , 

Ke il aveit lungue emmanchie , 

L'a si féru parmi li dos 

Ke toz li fet croissir' les os; 

Tote poet l'en véir t'entraille , «3540 

£ li pomon è la coraille. 

Li chevalier al bben cherval ^ 

S'en retorna ke il n'eut mal ; 

Maiz un Engleis ad encuntré , 

Od li cheval l'a si hurté , 

Ke mult tost l'a acraventé , ^ 

Et od li piez tôt défoié. * 

Éuumération Lj ^oen citéan de Roem 

de guerriers 

normands. Et la jovcutc de Cacm , 

E de Faleise, è d'Argentoen , «3550 

E d'Anisie ? , è de Matoen ; 
Cil ki ert sire d'Attbemare,^ 



' Payie, ^ Endommagé. 

* Au mouvement de se bedsser. Foule, 

3 Lui fit craquer les os, tes bU ' ^"«T» * <*««« lie»<^» ^« Caen. 

brisa, * Matiùeu , à dem lieaes de 

* Li chevaUer out boen cheval ; Caen. C'est le liea où naquit Jean 
Si a'en torna ke... Marot , père de aément. 

Mss. de Duekesne. * Aomale, Il 8*agit probàbie- 



DE ROU. 235 

£ Dam Willame de Romare , ' 
£ H sire de Litehare, ^ 
£ cil de Touke ' è de La Mare , ^ 



ment ici de cet lyon au chapel, CoUins, cette Lucie était sœur 

pertoimage fort suapect » que et héritière de Morcar ; de sorte 

noua avons vu figurer ci-dea- qne ce aérait en quelque aorte à 

sus, page IS7. Quant au nom de son droit que Guillaume , après 

3ffirre/, donné-daBalemémepas- s*étre distingué sona les règnes 

sage à la comtesse Adélaïde par de Henri i*' et d*Étienne , fut 

notre historien, lés anteors de créé comte de Lincoln par ce 

V Histoire littéraire de France ont dernier prince. (A. L. P. ) 

cru le retrooTer dana des vers * LUhaire. Voyci les Heeker- 

adressés ad Muriel SanctimQma- ches deM.de Gentille sur les an- 

lem, par Serlon, chanoine de ciens châteaux du département de 

Bayenx. N'ayant point lu Cfette ^ Manche, n» 89. Qu'il nous soit 

pièce, nous ne pouvons juger pennis de consigner ici l'ex- 

d'une identité qui nous parait pression de notre vive reconnais- 

peu vraisemblahle. Un &it fort ^gj^^ ^^^ ^o„t ^ q^e ^^^ 

curieux à rapprocher de cette ayons dû de secours à notre sa- 

discuflsion, est 1 existence d'une ^^^ confrère et ami dans cette 

Mûrier ou Mwiel, aœur de l'un portion de notre travail ! 

de nos ducs , du nom de Richard / ^ j^^ p \ 
( probablement Richard m ) , 

attestée par Guillaume-le-Con- ' Touques , à l'embouchure de 

quérant , dans une charte en fa- ** "^^^^ ^" ™^™« °°™- ^" ^o»^ 

veur de l'abbaye de la Trinité H^^^ dans le MonasU anglic. 

de Caen. Voyez GaU. christ xi , "" Jourdain , un Roger, un Ro- 

inst, , col. 70 , E. Peut^tre est<e ^^^ ^* "" H«°" ^ Touques, 

cette Mnrid dont notre antenr ( A. L. P. ) 

aura âdt une aœnr de Guillaume. ^ Il parait, d'après l'une des 

(A. L. P.) listes citées par Dnchesne, que 

* Roumare, près Rouen. Ce ce seigneur se nommait Hugues 

n'eat point Guillaume de Rou- ^ Xa itfore. On trouve des traces 

mare, mais son père Roger, fils de l'existence de cette famille 

de Gérold, qui fut contempo- en Angleterre et en Normandie, 

rain de la conquête. Roger Nous pensons qu'elle habitait 

épousa Lncie , mariée depuis , le fief de La Mare , si^ué sur la 

en secondes noces, à Ranulfe d' A- commune d'Autretot , près Yve- 

vranchea. Suivant le Peerage de tôt. (A. L. P.) 



a36 LE ROMAN 

E li sire de Néauhou , * 
Et un chevalier de Pirou , * 
Robert li sire de Belfou , ' 
E cil ki ert sire d'Alnou,* 



' Néhou , arrondissement de nine de Raoul , comte d'Ivry et 

Valognes. Il paraît constant que frère utérin de Richard i«r. Celui 

cette terre n'a jamais appartenu qui assista à la conquête est ap- 

qu'aux Saint-Sauyeur ou aux Re- pelé Robert par Guillaume de 

yiers, jusqu'à la fin du treizième Poitiers comme par notre au- 

siècle. Ceci est donc un double teur , et Raoul dans des docu- 

emploi. Aussi ne trouye-t-on au- mens contemporains. H finit ses 

cune mention d'un Néhou dans jours , ainsi que ses deux fils , 

les documens contemporains, à l'abbaye du' Bec. Ses descen- 

Voyez lesRecherches de M, de Ger- dans ont fondé l'abbaye de Belle- 

ifille sur les anciens châteaux du dé' Étoile , et tenu un rang distin- 

oartement de la Manche^ n* 17. g«é , tant en Jiformandie qu'en 

( A. L. P.) Angleterre et en Irlande , où ils 

• Pirou ^ près Lessay. Voyez, paraissent avoir formé des éta- 
sur ce lieu et sur cette famille , blissemens dès le douzième siè- 
le même ouyrage , n^ 48. Nous cle. La baronnie de Reaufou 
trouvons sur une charte de Heu- passa , au quatorzième siècle , 
ri I*' la souscription de Guil- dans la maison de Tilly, puis 
laume de Pirou , avec le titre dans celle d'Harcourt , où elle 
de dapifer. Orderic Vital nous est restée jusqu'à nos jours, 
apprend que ce seigneur périt - ( A. L. P. ) 
dans le naufrage de la Blanche- ^ Foulques d'Aunou , l'un des 
Nef. Une autre charte en faveur nombreux descendans de Ban- 
de l'abbaye de Lessay , insérée dry-le-Teuton et d'une nièce de 
dans le Gallia christiana, ren- Gislebert, comtedeBrionne. Ce 
ferme les noms de plusieurs sei- seigneur figure parmi lesbienfai- 
gneurs de Pirou; mais elle est teurs de l'Abbaye-aux-Dames de 
de Henri tt , et non de Henri !«% Caen , en 1066 et io8a , et dans 
comme ses savans éditeurs l'ont une foule d'actes et de souvenirs 
annoncé. (A. L. P.) de cette époque. Cette famille a 

'i?eaif/au. Le chef-lieu de cette existé pendant plusieurs siècles 

illustre et antique baronnie est en Angleterre. M. de Gerville en 

situé dans les environs de Pont- place le berceau à Laune, près 

l'Évêque. Ces seigneurs de Beau* Lessay. Nous ne pensons pas qu'il 

fou descendaient en ligne fémi- faille aller le chercher si loin , ni 



DE ROU. a37 

Li chamberlenc de Tancharvile , * i356<i 

E li sire d'Estotevile , • . 



que ces seigneurs aient rien de dans son expédition, et dont 

commun avec la branche de la l'un serait la tige des Clinton, 

maisor cle BrîcqaeyiJle , qui a en aujourd'hui ducs de Newcastle. 

effet possédé Laune vers la fin du Mais tous les noms qui figurent 

doàzième siècle. Nous regardons dans cette tradition sont con- 

o^mme incontestable qu'ils habi- trouvés , et nous ne pensons pas 

taient Auuou-le-Faucon , arron- qu'elle mérite un examen sé- 

dissement d'Argentan. Voy. Du- rieux. Le seul fait qui ait pu 

cfaesne , page 1 046 , B. Ce serait fournir un prétexte pour lier ces 

Aunou-le-Foulcon qu'il faudrait deux familles , est la charge de 

dire , cette désignation prove- chambellan , possédée par l'une 

nant du nom que ces seigneurs et par l'autre sous Henri i*^ ; 

paraissent avoir porté de père en mais il est facile de l'expliquer , 

fils pendant un gra n d nombre de en supposant , soit qu'elles l'aient 

générations. ( A. L. P. ) exercée en même temps , soit 

' Le seigneur de TancaivUle , qu'elle ait passé à Geoffroi de 

chambellan héréditaire du duc Clinton après la disgrâce de 

de Normandie. Nous pensons Guillaume de Tancarville, en 

que ceci est une erreur, aucun 11 18. (A. L. P.) 

historien ou document contem- ' H y a deux communes de ce 

porain n'attestant la présence à nom; mais il parait que c'est à 

Hastings du chef de cette mai- Étouteville en Caux» près Yve» 

son , trop illustre pour avoir été tôt , qu'il faut aller chercher le 

oublié s'il s'y était réellement berceau de cette illustre maison. 

trouvé. Peut-être Raoul de Tan- L'opinion reçue est que ce fut 

carville , gouverneur de Guil- Robert, premier du nom, dit 

laume, était-il trop vieux et ses Grand-BoU, qui assista à la ba- 

eufans trop jeunes pour avoir taille d'Hastings. Il fallait qu'il 

pu prendre part à l'expédition, fût fort jeune , si c'est le même 

Peut-être aussi était -il resté avec personnage qui périt de mort 

Roger de Beaumont auprès de violente quarante ans plus tard, 

la duchesse , pour l'assister dans au printemps de 1106. Voyez 

l'administration du duché pen- Orderic Vital, xi, page 817. 

dant l'absence de son époux. Si La maison d'Ëtouteville forma 

Ton en croit le Peerage anglais^ des établissemens en Angleterre: 

Guillaume , chambellan de Tan- elle y posséda , dans le comté 

carville , aurait eu trois (ils qui d'York , la bàrounie de Cottin- 

auraient accompagné Guillaume gham et la terre de Skipwith , 



/ 



238 LE ROMAN 

Et Wiestace d' Abevile , " 
Et li sire de Magncvile, " 
Willame ke l'en dist Crespin, ^ 
E li sire de Saint-Martin , ^ 



dont le propriétaire actuel , sir Elle descend de Gislebert , vhà- 

Gray-Skipwith y descend encore, telain de Tillières, qu'il fitut 

suiyantle^aro/iefâ^edeDebrelt, bien se garder de confondre, 

des seigneurs d'Étouteyille. comme on Ta presque toujours 

(A. L. P.) fait , avec Cislebeft , comte de 

' Abbeifille. Il y a une com- Brionne, par une erreur dans 

mune de ce nom dans rarron-* laquelle nous avons été nous- 

dissemenl de Lisienx ; mais nous roême entraîné. ( Voyez cî-des- 

sommes porté à croire qu'il s'a- ««s , page 5. ) Guillaume Cres- 

git ici d'Abbeville enPpnthieu. I^n » «econd du nom , se distin- 

( A. L. P.) ë^^ V^^ ^^^ acharnement contre 

• Geoffroi. seignew de Lgne. ^"^ '" ♦ ."^f V' "jj' •"? i""* 

.me, près Valognes, dont le «", Ranger a la hatadle de Bre- 

nom a soKvent été change en '"^^ («' '«'» Pf? de Brenne- 

Xanderille et ManneoiUe , fat, ^J»» . conune on 1 ecnt habitael- 

aprè. la conquête, connétable ement).Voy., sur celte famille, 

de la Tour de Londres et comte * *"'• *f, Grandt-O^ieurs yi . 

d'Essex. Voyez, sur ce ««gneur, P* ^^V ^» Angleterre, Milon 

ses deseendans tant en France Ç^fP" V>-f^\, » Xf^ovgi^ 

qu'en Angleterre , et sa bara». ^« '» confection du Doomsday- 

nie de MagneviUe, le. Recher- »'°?>^' qoatte-^mgt-hmt ma- 

<:A«^deM.deGeryiUe,n« i5. ^f»'"' *^ ^«T' ,*T'!"Î.'** 

r A L P ) W aUingford , dans le l>erksuire. 

, ^ ... ^ . .11 mourut sans postérité sous le 

3 Guillaume Crespm , premier . jtt • /»Tr»v 

j j n />. règne de Henri i«'. (A* I*. P-) 

du nom, seigneur du Bec-Cres- ^ * 

pin , baronnîe célèbre qui a don- ^ Probablement Gautier de 

né son nom aux deux communes Saint - Martin , frère de Gnil- 

de Notre-Dame et de Saint-Mar- lanme Martel. * Parmi le grand 

tin du Bec-Crespin, près Monti- nombre de communes qui por- 

villiers. Cette famille n'a rien de tent ce nom dans notre pro- 

commun avec Toustain , porte- vince , nous ne pouvons indi- 

étendard du duc, à Hastings, et quer celle dont il était sei- 

originaire du Bec-aux-Gauchois. gneur. Nous sommes cependant 

(Voyez ci-dessus , page 198. ) porté à croire que c'est dans le 



DE ROU. 
£ dam Willame des Molins/ 
E cil ki ert sire des Pins ; ' 
Tuit cil furent en la bataille; 
N'i a cil d'els ki mult n'i vaille. 
Un vassal de Grentemesnil ^ 



a39 



i35^( 



Péril que 

court le 

seigneur de 

Grentemesnil, 



pays de Caux ou le pays de Bray 
qu'il faudrait la chercher. Cette 
famille forma des établissement 
en Angleterre. Nous Toyons figu- 
rer dans le Âionast. anglic. plu- 
sieurs seigneurs de ce nom y et 
entre autres Roger de Saint- 
Martin , en II 19, et Robert de 
Saint-Martin, fondateur de Tab- 
baye de Pont-Robert, dans le 
comté de Suasex, en 1x76. 

( A. L. P.) 

' Guillaume, seigneur de Mou- 
lins -la- Marche , arrondissement 
de Mortagne , fut en 1078 , Tun 
des chefs des troupes normandes 
envoyées au secours de Jean de 
La Flèche, et mourut, dans un 
âge ayancé, en 1099. Vo^ez Or* 
deric Vital, pag. 533, $77 et 
890. Il y a eu une famille noble 
de ce nom en Angleterre ; mais 
il paraît qu'elle était originaire 
du Limousin. (A. L. P.) 

' Dans une charte en faveur 
de Saint-Pierre-sur-Dive, Foul- 
ques du Pin est cité comme eon- 
temporain de Gnillaume-le-Con- 
quérant. Orderic Vital nous cite 
aussi Morin du . Fin , comme 
existant en 1080, sous Robert 



et Henri i«'. Les seigneurs du 
Pîn étaient au service des comtes 
de Meullan , et l'un d'eux fut 
dépouillé de ses biens et banni 
pour la part qu'il avait prise à la 
révolte de 1134. Voyez Orderic 
Vital, pages 687 et 881. Cette 
famille , qui a eu des propriétés 
en Angleterre, et dont on trouve 
une charte dans le Monasticon 
an g licanum , nous paraît origi- 
naire du Pin -au -Haras, arron- 
dissement d*Argentan, 

(A.L.P.) 
' JSugues de Grentemesnil, au- 
jourd'hui Grandmesnil , arron- 
dissement de Lxsieux. Ce sei- 
gneur avait été exilé en io63. 
Il reçut de la munificence royale 
le titre de vicomte ou sherifT 
du Leicestershire , le gouverne- 
ment du Hampshire et plus de 
cent' seigneuries. II fut en outre 
associé à Odon et à Guillaume 
FîtvOsbeme pour l'administra- 
tion de la justice. H mourut 
vers la fin du onzième siècle , 
et son corps, saHtum et corio 
boum optimè consutum , fut ap- 
porté à Saint-Évrouh , dont il 
était l'un des restaurateurs. 

(A.L. P.) 



Suite de rénu* 
mératlon des 
principaux 
guerriers nor- 
mands. 



240 LE ROMAN 

Fu mult li jor en grant péril ; 
Kar sun cheval li tresporta, 
Por poi Ve il ne tresbucha ' 
À un boissun k'il tressailli : ' 
Par li règnes li frein rompi , 
£ li cheval sailli avant, 
Vers les Engleiz ala corant ; 
E li Engleiz ki s'aperchurent, 
Haches levées li corurent; 
Maiz li cheval s'espoenta, 
Ariere vint, dune il torna. 
De Meaine ^ li vieil Gifrei , 
E de Bohon^ li vieil Onfrei, 
De Cartrai^ Onfrei è Maugier, 



i358e 



' Peu s* en fallut quil ne tombât, 
* A un- buisson qu'il franchit, 
' Geoffroi de Mayenne. Quoi- 
<pie les Manceaux aient combattu 
sous les drapeaux normands à 
Hastings , nous avons de la peine 
à admettre la présence d'un en- 
nemi aussi acharné du duc Guil- 
laume parmi les champions de 
sa cause. Le manuscrit de Du- 
chesne porte de Marreigne. Nous 
pensons qu'il faudrait peut-être 
lire Mortaigne. Cette leçon serait 
confirmée par le témoignage de 
Guillaume de Poitiers, qui si- 
gnale Geo£froi de Mortagne 
comme l*un des principaux guer- 
riers de Tarmée normande : God- 
fredus Rotronis Moritoniœ comitis 
fiUus. (A. L. P.) 



^ Onfroi, seigneur de Bohon, à 
deux lieues au midi de Caren- 
tan. On y voit encore la luotte 
du château de cette famille , qui , 
après la conquête, posséda long- 
temps le titre de connétable hé- 
réditaire d'Angleterre , et fournît 
plusieurs comtes de Hereford, 
d'Essex et de Northampton. 

(A.L.P.) 
' * Carteret, arrondissement de 
Valognes. La famille des sei- 
gneurs de ce lieu , depuis long- 
temps éteinte en Normandie , 
subsiste encore à Jersey et en 
Angleterre , où les Thynne , mar- 
quis de Bath et barons de Carte- 
ret, descendent en ligne fémi- 
nine d' Onfroi de Carteret. Sui- 
vant le Peerage de Collins» qui 



DE ROU. a4i 

Ki esteit novel chevalier; 
De Garenes i vint Willeme, " 
Mult li sist bien el chief li helipe; 
E li viel Hue d&Gornai , * 
Ënsemle oii sa gent de Brai. 
Od la grant gpnt ke cil menèrent 1359. 

Mult en ocistrent è tuèrent.- 
Et Engerran de Laigle ^ i vint , 



donne une généalogie fort éten- très domaines , la terre et le 

doe de cette maison , Regnaad . chAtean de Bellencombre. 

de Carteret , fils d'Oniroi , ac- ( A. L. P. ) 

compagna le doc Robert à la ' Hugues , premier du nom, 

Terre-Sainte. Voyez , sur . Car- seigneur de Gonrnay, est égale- 

teret et ses seigneurs , les Beeket' ment susnommé le Fieux ( Hugp 

ches de M. de Gerçilie^ n° i4. Senex) dans une charte de Hen- 

( A. L. P. ) . ri i«r. Il aTait été l'un 'des chefs 

' GuiUaume de Varenne , pre- de Tarmée normande à la bataille 

mier du nom, parent du duc de Mortemer, en zo54* Voyez 

Guillaume par sa mère , nièce ci-dessus , page 78. Le premier 

de la duchesse Gonnor, avait acte dans lequel on le yoit figu- 

pris son nom du fief de Va- rerparaît être d'une date Toisine 

renne, situé sur la commune de deio33, et le dernier est de 

Saint-Aubin-le-Cauf . 11 reçut du 1077. Dégoûté du monde , il alla 

Conquérant deux cent quatre- finir ses jours dans l'abbaye 

vingt- dix- huit manoirs, et il du Bec. Il avait reçu de Guil- 

^tait , en 1078 , grand-justicier laume d'amples concessions en 

d'Angleterre avec Richard de Angleterre. Le rôi Jean , à l'épo- 

Bienfaite. Gréé comte de Surrey que de la séparation de la Nor- 

en 1089 P^^ Guillaume-le-Roux , mandie et de l'Angleterre , donna 

il mourut peu de temps après , aux descendans de ce seigneur la 

et fut enterré dans l'abbaye de baronaiedeWherwhelton,dans 

Lewes , <{n'il avait fondée. Ses l'Yorkshire , et ^ charge de 

descendans , comtes de Varenne sherilT des comtés de Bucks et 

et de Surrey , ont tenu le rang dcvBedfqrd pour les dédomma- 

le plus distingué en Angleterre ger de la perte de leur patri- 

et en Normandie. Us possédaient moine. (A. L. P.) 

dans notre province, entre au- ^ Mngenui/e de Laigle, Ce sei- 

II. 16 



2/,2 LE ROMAN 

L'escu el col , la lance tint , 

Sor Engleiz fiert de grant aïr, ' 

Mult se peine del Duc servir; 

Por terre qu'il li out pratnise 

S'entremist mult de son servise. 

E li visquens cil de Toarz 

Ne fu mie li jor coarz. 

D'Avrencin i fu Richarz,' »36oo 

Ensemble od li cil de Biarz , ^ 

E li sire de Solignie,* 

£ ii boteillier d' Aubignie , ^ 



gneur paraît avoir été fib de Fui- moury t en aoât t loi ^ dans Tab- 

bert , fondateur du ch&teau de baye de Chester» dont il était le 
Latgle. Il fut tué en poursuivant . restaurateur , et où il avait pris 

les fuyards après la bataille et le froc«. Il avftit aussi feodé, vers 

lorsque les Anglais profitèrent io85« l'abbaye de Saint-Sever 

d'anciens retrancbemens pour en Normandie. (A. L. P. ) 

tenir tête à leurs vainqueurs. £n ' ' Les Bèetrds sont iin bourg 

considération de ses services*, situé au bord de la Selone, dam 

ses enfans reçurent du Conque*- l'arrondissement de Mortain. Il 

rant plusieurs domaines , et , en- s'agît probablement ici de Guil- 

tre autres, celui de Pevensey, laume dêt Biarz, qui^ en loSs, 

dans le comté de Sussex. donna le patronage d^une église 

( A« L. P.) k l'abbaye deSaint-Pienre-de-la- 

' De grande colère. Couture du Mans. Voy. le GaU. 

' Ceci est une erreur. Ce ne christ,, xi, ùutr,, col. 107. 
fut point Richard d'jéprunches , (A. L.P.) 

mais son fils Hugues , dit le Lôt^, « Il y a une commune de So- 

qui assista à la bataille d'Has- Hgnf aans le Percbe, et une 

tîngs. Ce seigneur reçut de Guîl- terre du même nom dans la com- 

lanme, en 1070, le comté de mune du Cbamblac, arrondisse- 

Chester , à la condition de le te- ment de Bemay. ( A. L. P. ) 
nir ità UBerè ad gladium siout ipse * Si l'on en croit les généalo- 

rex tenehai Jngliamper corùnam. gistes anglais, Guillaume ^Auhir 

Après une vie toute militaire , il fpty, bonteiller ou éehanBon du 



DE ROU. 243 

Cil de Vitrie ' è de Lacie, • 



dac de Normandie , et frère du mune qui leur a donné son nom 

fameu]!^ Néel d*Aubigny, étant est située dans l'arrondissement 

passé en Angleterre avec le Con- de Coatànce», près Périers. 

qnérant, exerça cette fonction Voyez, sur cette baronnie et ses 

auprès de lui à son couronne- propriétaires, les Recherches de 

ment , et en reçut la baronnie M. de GervUU , n^ 4^. {A. L. P. ) 
àe Bokenham , à laquelle le titre ' II y a dans notre province 

de grand-bouteilier d'Angleterre une commune de Vîtray-sous- 

resta attaché. Nous voyons, en Laigle; mais, d'après les bisto- 

effet, un seigneur d'Aubigny rien s bretons, ce fut Robert, sei- 

dans les listes de la conquête; gneur de Vitré (Ille-et- Vilaine) 

mais ce doit être Roger, fils et petit -fils de Rival1on-le«Vi- 

d'un premier Guillaume ( GuiL caire, qui assista à la conquête. 

clirisU, XI , c. 336 , D , et a47 * ^^ paraît que des branches de sa 

C), et père de Guillaume et de famille ont existé en Norman^ 

Néel ( Monast, an^Uc. , i , 693 ) , die et en Angleterre. On trouve 

qui fit une donation à l'abbaye un André de Vitré parmi le^ 

deLessay en 1084. Il paraît que, bienfaiteurs de Hambie , un Ro** 

par sa femme Avitie , il était bert de Vitré ^ possesseur de la 

beau-frère de Roger de Mont- moitié du fief de Rye en Bessin 

bray. Ce n'est point lui qui a et d'autres \erres dans le Bocage 

exercé les fonctions de bouteiller à la fin du douzième siècle , et 

durci (pincema régis )^ que ïïO' enfin un Guillaume de Vitry 

tre auteur lui prête à tort, mais dans une charte du Mon.anglic» 
son fils aîné Guillaume, tige des ( A. L. P. ) 

comtes d'Arundell et de Sussex * Aujourd'hui Lassy ^ sur la 

de cette famille. On connaît les route de Vire à Aulnay. Gautier 

éTénemeiis qui firent passer dans de lAcy^ qui passa en Angleterre 

les mains de Néel d'Aubigny les avec Guillaume , a souscrit une 

immenses bjens de son cousin charte de Guillaume Fitz«Osber- 

Robert de Montbray , et autori- ne, Ilbert de Lacy, qui , suivant 

sèrent ses descendais à prendre les généalogistes anglais, assista 

le nom de barons Mowbray. pareillementàla conquête, reçut 

Plusieurs des plus illustres mai- du vainqueur le château de firo- 

Jons d'Angleterre, et, entre au- kenbridge 00 Pontefract , dans 

très, les ducs de Norfolk et les l'Yorkshire, avec cent soixante- 

barons Arundell de Wardour, trois autres seigneuries , la plu- 

se font gloire de descendre des part situées dans le même comté, 

seigneurs d'Aubigny. La com- Roger, fils de Gautier, tenait 



2/i4 LE ROMAN 

De Val de Saire * è de Tracie; ' 
E cil fiirent en un conrei, ^ 
Sor Engleiz fièrent deihanei ; * 
Ne dotoent pel ne fossé,* 
Maint hoem unt cel jor en versé, 
Maint boen cheval i unt tué , »3Gio 

E d'els maint hoem 4 out nafré. 
Hue li sire de Montfort, 
Cild'Espiné^ècildePort,? 



aussi plus de cent vingt seigneu- neyeu (xi, instrum., page 107). 

ries de la munificence royale; Un fils naturel de Henri i»^ porta ^ 

mais il les perdit , et fut banni le nom de Guillaume de Tracy, 

en logS pour s'être attaché au probablement parce qu'il était 

parti de Robert de Montbray. né dans ce château. En Angle- 

Nous le -voyons , en 1 toi , à la terre , Henri de Tracy, contem- 

téte de Tarmée de Robert-courte- porain du roi Etienne , se dis- 

Heuse. ( A. L. P.) tinguîl par son invariable dévoû- 

' Notre auteur p^end ici le ment pour ce prince , dont il 

Val-de- Saire pour le nom d'une reçut la baronnîe de Barnstaple, 

seigneurie , tandis que c'est celui dans le Devonshîre. ( A. L. P.) 

d'un canton de la presqu'fle du ' En une trwipe, 

Gotentin. Cette méprise est d'au- * Sur-le-champ, 

tant plus extraordinaire chez lui, ^ Ne craipiaient ni pieux ni 

que cette partie de la province fossés. 

lui était fort connue. (A. L. P.) ® Épinajr. Parmi le grand nom- 

• Tracy , près Vire. On y voit bre de fiefs et de communes qui 

encore les mines d'un magni- ont porté ce nom , nous ne pon- 

fique château. Ge fut probable- vons désigner le lien dont il s'a- 

ment Turgis de Tracy ^ qui assista git ici. Il n'en est pas moins pro- 

à la conquête; An moins voyons- bable qu'un Normand de ce nom 

nous ce seigneur à la tête des assista à la conquête, puisque 

troupes normandes , dans le Mai- nous trouvons , sous Henri !•', 



ne , en 1073 ( Ord. Vit. , p. SSa). un Richard et un Gilbert de Spi- 

Une charte insérée dans le Gallia neto parmi les vassaux de Pierre 

ehristiana, et datée de 108^, fut de Valognes, dans le comté de 

rédigée a Tracy, devant GuiU Norfolk. ( A. L. P.) 

laume de Tracy et Gislebert , son ' Port en Bessin, prè« Bayenx- 



DE ROU. 
Cil de Corcie ' è cil de Jort ' 
I unt cel jor maiat Englès mort. 
Cil ki fu sire de Reviers,' 



D'après les lislesde la conquête, 
il paraît qoe deux seigneur» (le 
ce nom y auUtèrcDt , «aTO'r : 
Hugaea et Hubert. On voit celui- 
ci figurer, ainsi que GIslebert de 
Port, dans des actes de 1080 à 
108Î. Quant à Hugues, il recul 
de U mouificence royale la bn- 
ranniede Basing , dans le Hamp- 
shire, et cinquante-quatre autre* 
seigneuries dans le même com- 
(é, et prit le froc à Winches- 
ter, sons le règne de Guillaume- 
le-Roux- Son Gis Henri fonda le 
prieuré de Sbirbum , dépendant 
de l'abbaye de Cerisy , en Nor- 
mandie. (A, L. PO 

■ Courcj, arrondissement de 
Falaise. Bobert de Coure;' , père 
de Richard qui assista h la cou- 
quéle, était l'uu des sit fils de 
Baudry-le-Tenlon el petit-neveu 
de Gislebeit , comte de Brionne. 
Richard de Coorcyreijut du Con- 
quérant la baronnie de Stoke , 
clans le comté de Sommerset, et 
d'antres seigneuries danï le com- 
té d'Oxford. Au mois de janvier 
1091 , il fat assiégé pendant trois 
«emaines dans «on château de 
Courcy , par Boberl- courte - 
Rense, h l'instigation de Bobert 
de Beleame j il était alors fort 
ïieuît , cl avait marié «111 fils 
Robert ii Bohais, fiHe de son 
voisin et ami , Hugue'< de Gren- 



temesnil. Celte famille a couti- 
Dué pendant plusieurs siècles de ' 
tenir un rang distingué en An- 
gleterre et en Normandie. Elle 
s'est perpétuée jusqu'à nos jour» 
CD Irlande, dont Jean de Courcy 
fui, sous Henri il, l'un des prin- 
cipaux conquérans. Lord Kin- 
sale , premiei: barou d'Irlande, 
descend en ligne masculine de 
ce seigneur, et par conséquent 
des Courcy de Normandie , dont 
il a conservé le nom. (A. L. P.) 
* Commune voisine de Cour- 
cy , qui , d'après une charte de 
Henri 1", parait avoir appartenu 
à Lesceline, comtesse d'Eti. On 
voit, dans une charte de Guil- 
laume- te -Conquérant, un Koger 
de Jari , dans le nom duquel on 
pourrait peut-être retrouver JUFt 
ou Jort, défiguré par des copis- 
tes. Goel df lurein figure sur un 
titre de Saint-Évroult , portant 
la date de 11 18. Enfin Orderic 
Vital parle d'un jeune chevalier, 
nommé Jean de larra , qui fut 
tué près de Caen, avec Robert 
Bertrand, en ii38. (A.L.P.) 

' Ilaudouin de ifcutei ( prèa 
Orbec) , ou de Brionne , ou d'Bxt- 
ler, ou le Vkomie, ne porta ja- 
mais te nom de Beners, qui foC 
pris par «on fils Richard. Ce sei- 
gneur élait, par son père Giale- 
berl, uomte di- Brionne, arriére- 



30 



246 LE ROMAN 

Grant plenté out de chevaliers; 

Cil i férirent as primiers, 

Engleiz folent od li destriers. * 

Li viel Willame de Moion * > ^6 

Out ovec li maint cuinpaignon. 

De Cingueleiz Raol Teisson ^^ 



petit-fils de Richard i**f et, en gneuries^ celle de Donster-Castle, 

conséquence, cousin issu de dans le comté de SommeFset, 

germain du Conquérant , en mé- qui devint la résidence de ses 

me temps qu*il était cousin-ger- successeurs. Guillaume, second 

main de ce prince par sa femme, du nom , son petit-fils , fut créé 

Il avait passé sa jeunesse auprès comte de Dorset par Timpéra- 

du comte de Flandre, et oon^ trice Mathilde, en considération 

tribua beaucoup au mariage de de ses services dans la guerre 

Guillaume avec la fille de ce avec le roi Étieune. Ce n'est 

comte. Le duc lui donna Meules qu'au commencement du dix- 

et le Sap en dédommagement huitième siècle que s'est éteinte 

des biens de son père, aliénés la branche des barons Mohun 

pendant sa minorité. £n 1067, d'Okeharapton. (Â. L. P.) 
il fut chargé de bâtir et de dé- ^ Trois générations portant 

fendre le château d'Ëxeter, dont ces deux noms se sont succédé 

il fit sa principale résidence. Il fort rapidement pendant le rè- 

reçut du Conquérant le titre de gae de Guillaume. Nous avons 

vicomte du Devonshire , avec déjà vu figurer ci-dessus, p. 3o, 

cent soixante-neuf seigneuries, Rapul Tesson i*', fondateur de 

situées dans ce canton , et mou- l'abbaye de Fontenay. Il estpro- 

rut vers 1090. (Â. L. P.) bable qu'il s'agit ici de son fils 

' Foulent aux pieds de leurs des-- Raoul Tesson 11 , qui épousa Ma- 

trien, thilde, cousine-germaine du duc. 

* GuiUaiime, seigneur de Moyon, Nous sommes porté à penser que 

à trois lieues, au sud de Saint-Lo. ce seigneur fut tué.à la conquête , 

On y voit encore l'emplacement comme il paraît que le fut son 

considérable du château de cette cousinr Robert Fitz-Emeis, et 

famille , l'une des plus distin- que c'est la raison pour laquelle 

guées qui aient figuré en An- cette famille , si opulente en Nor- 

gleterre sous les rois normands, mandie , ne forma point d'éta- 

Guillaume de Moyon reçut du blissemens en Angleterre. 
Conquérant, entre autres sei- (A. L. P.) 



DE ROU. a47 

E li viel Rogier Marmion ' 

S'i contindrent corne Baron , 

Poiz en orent grant guerredon. 

Joste la cumpaigne Néel 

Chevalcha Raol de Gael ; "^ 

Bret esteit è Breton^ menoqt , 

Por terre serveit ke il out, 

Mâiz il la tint asez petit, «^cso 

Kar il la forfist , ço fu dû. 

Des Biarz i fu Avenals , ^ 



' Ce n'est point Rog^r Har^ Outre les deux fils du comte de 

MMon qui assista à la conquête, Bretagne, et .les seigneurs de 

mais son père, Robert Marmion, Gael, de Yitri et de Fougères , 

an sujet duquel on trouvera une on voyait dans l'année norman- 

note ci-après. ( A. L. P. ) de , disent les historiens bretons , 

' Bamd de Oael, seigneur de Je vicomte de laéon , le fils de 

Gael et de Montfort en Bretagne^ Bertrand , vicomte de Dinau , 

est le même personnage qu'on le sire de Château-Giron- et Ju- 

tronve désigné sous le nom de dicael de Loheac. Mais ce n'était 

Auvic/^Cfio^r par les historiens point Raoul de Gael qui les 

Bormands et anglais. Ce seigneur, commandait , ainsi que notre au- 

après avoir reçu du Conquérant teur semble l'indiquer, 
le comté de Norfolk , mécontent ( A. L. P. ) 

de ce qu'il désapprouvait son ma- ^ Nous avons déjà vu oi-des- 

riageavee la &Aid de Guillaume sus, p. a4i, un guerrier.de ce 

Pitz-Osbeme, profita de l'absence nom. Nous sommes porté à re- 

du monarque pour accomplir. cet garder ceci comme Un double 

hymen, et pour conspirer contre emploi , et à' ne voir dans ces 

lui avec Roger Fita-Osbeme , deux passages qu'un seul et mé- 

son beau - frère. Assiégé dans me personnage , Guiliaume Ave^ 

Norwichs il se déroba par la ne/, seigneur des Biards. Nous 

fuite au courroux de GuiUaume , renverrons, pour l'histoire de ces 

et revint dans se» patrimoine Avenels,- sénéchaux des comtes 

de Ga^ et de Montfort , d'où il de Mortain, à la suite des Recher^ 

ne sortit plus que pour prendre ebes sur Us Cftàteaus de la Manche. 
part à la {M>emière croisade. (A. L. P.) 



!i48 LE ROMAN 

Des Mostiers-HuberJ: Paienals, ' 
Robert Bertram' ki esteit torz, 



' Il y a deux manières d'in- menceinent du quatorzîènie siè- 
terpréter ce vers. On peut y voir de » et le principal rame&u de la 
HuàertPaunel^aeîgnenr desMoU' branche normande environ un 
tiers, ou bien Paisnel, seigneur siècle plus tard, après avoir été 
des Moutiers-Hubert. C'est cette entouré de beaucoup d'éclat et 
dernière leçon que nous adopte- d'opulence. Voy . , sur <»tte mai- 
rons, la famille Paisnel ayant son ^ les Recherches de M, de Gtr- 
été propriétaire des Moutiers- ville , n^ ii^, (A. L. P.) 
Hubert , dont les bois ont encore * Robert Bertrand, dit le Tort , 
gardé son nom. Guillaume Pais- seigneur de Briquebec, fonda, 
nel , fondateur de Hambie en ayant la conquête , le prieuré de 
II 45, fait à cette abbaye plu- Beaumont^n Auge , et fit des do- 
sieurs dons , à prendre dans ses nations , imminente morte , à Tab- 
bois et dans ton château des baye de Saint-ÉtiennedeCaen, 
Moutiers -Hubert. Nous serions ▼- jo8i. Quoique ce seigneur ait 
porté à voir dans cette terre le été contemporain de rexpédition 
berceau de la famille Paisnel , d'Angleterre., ce n'est point lui 
dont nos anciens historiens ont qui est ordinairement désigné 
fort peu parlé. Orderic Vital se comme y ayant pris paît , mais 
contente de citer Guillaume Pais- Guillaume Bertrand , qui était 
' nel , premier du nom « parmi les probablement son firère , et , oom- 
seigneurs distingués qui -mou- me lui, petit-fils ou fils de Turstin 
rurent à la même époque que le de Bastenbourg , tige commune 
Conquérant. C'est probablement des Briquebec et des Montfort. 
lui qui assista à la bataille d'Has- C'est ce Guillaume Bertrand qui 
tings , et qui fut le père de Raoul figure seul dans un extrait- du 
Paisnel, sherifFduYorkshire. Ce- Doomesday-Book, donné par 
lui-ci possédait, à l'époque de la Duchesne. Il ne parait pas, au 
fondation du Doomesday-Book , reste , que cette famille ait formé 
quarante-cinq seigneuries. Il fon- des établissemens considérables 
da , sous Guillaume-le-Roux , le en Angleterre. On n'y voit qu'un 
prieuré de la S^-Trinité d'York. Guillaume Bertrand , fondateur 
Ses desceudans possédèrent le du prieuré de Brickburn , dans 
château de Dudley , et fondèrent le Northumberland , et des Ber- 
le prieuré de ce nom et celui de trand $ barons de Bothall , dont 
Tikford. La branche anglaise de la famille s'éteignit à la fin du 
la famille s'éteignit dans le com- quatorzième siècle. ( A. L. P.) 



DE ROU. 

Mult i oui homes par li morz. 
Li archier du Val de Roil^ ' 
Ënsemle od els cels de Bretoil , ' 
A maint Ëngleiz crevèrent l'oil 
Od li saetes acerëes 
K'il aveient od els aportées. 
Gels de Sole ^ è cels d'Oireval , ^ 
De Saint Johan è de Brehal, ^ 
Cels de Brius^ è cels de Homez ? 
Véîssiez ferir mult de prez ; 
Li escuz sor lor chiés ^ meteient, 
Li colps des haches receveient ; 
Mielx Yoleient iloc morir, 
Ke à lor dreit Seignor faillir 
Cil de Saint-Sever è de Caillie, ^ 
E li sire de Semillie; " 



a 49 



i364o 



i365o 



' Le Vaudréml. 

* Bnteuil , département de 
l'Eare. 

^ Soldes, arrondissement de 
Saint-Lo. 

4 Orval, près G>utanoes. 

' Brehal, entre Goutances et 
Granville. 

^ Brieux, à trois lieues de Fa- 
laise. 

7 Le Hommet, paroisse et ba- 
ronnie à deux lieues de Saint- 
Lo. 

' Sur leurs tètes, 

* Nous n'ayons pas connais- 
sance qu'il y ait eu des sei- 
gneurs de Saint'Sever à la conquê- 
te, ou même qu'il en ait jamais 



existé , ce lieu ayant toujours ap- 
partenu aux -vicomtes d'Avran- 
ches jusqu'à Troque où ils y 
fondant une abbaye. Quant 
an seigneur de Cailly (arrondis- 
sement de Rouen) , ce doit être 
Osbeme de Cailly ou son fils 
Roger, qui fît, en io8o , une 
donation à l'abbaye de Saint- 
Ouen. Voyez l'bistoire de cette 
abbaye , page 434- Cette famille 
a formé des établissemens . en 
Angleterre. Thomas de Cailly 
fut appelé au Parlement sous 
Edouard ii ; mais il mourut sans 
enfims, et ses biens passèrentdans 
la maison de Clifton. (A. L. P.) 
^^Semilif, près Saint-Lo. . Il 



Archers du 
Vaudreuil et 
de Breteuil. 



aSo LE ROMAN 

De Basquevile i fu Martels , * 
De joste li cil de Praels^ * 



s'agit probablement ici de GuU- tième yolame de VBist. des Gr.- 
laume de SemiUy, que nous voyons Officiers de Ut Couronne» 
figurer dans deux chartes vers (A. L. P.) 
io8a. n y tient même un rang > Préaux. Il y a plusieurs com- 
distingué , puisqu'il est cité mîmes de re iiom en Norman- 
comme témoin immédiatement die ; mais il ne peut élre ques- 
après révéque Odon et Roger tion ici que de celle qui se tronye 
de Montgommeri. Cette famille dans l'anron<ËMemeBt de Rouen, 
s'éteignit au douzième siècle , et et dont les seigneurs ont tenu un 
Semilly passa à une branche ca- rang si distingué dans les qua- 
dette des seigneurs du Honmet. torziène et quinzième siècles. 
Voyez le Monastic, angUo., ii, Cette maison, qui a eu l'hon- 
p. 1006. Nous n'ayons pas con- neur de s'allier aux mabons sou- 
naissance qu'elle ait formé d^éta- veroines de France et d'Augle- 
blissemens en Angleterre. Lt'abbé terre ^ n'était qu' une branche ca- 
Beziers adonné, dans le /ourmi/ dette des seigneurs de Cailly, 
de Verdun , une notice sor Se- qui venait de s'en détacher à l'é- 
milly, qui a été réimprimée dans poque même où Wao& écrÎTait. 
les Now^elles Recherches sur la Ce ne peut donc être, que par un 
France, ( A. L. P.) anachronisitie grossier que notre 
' Baeqf/keviUe , arrondissement auteur fait figurer un Préaux à 
de Dieppe. Cette illuslire famille la conquête. D'après un titre, 
desoendait de fficolas de Bac- dont nous devons la communi- 
queville ( l'un des si;c fils de cation à l'obligeance de M. Hé- 
Baudry - le - Teuton ) et d'une nault , Préaux appartenait , vers 
nièce de la duchesse de Gonnor, 1 070 , à Eudon-le-Dapifer , fils 
bisaîenle du Conquérant. On ren* d'Hubert de Rye. Voyez o»-des- 
conti^e les Martels comme dona* sus , page a3. Nous profiterons 
taires ou -comme témoins da|u de cette occasion pour recom- 
plusieurs des chartes du MouMst. mander aux amis de notre his- 
aR^ir. £nii/|3,GmllaumeMar- toire la lecture d'un document 
tel , dapifer du roi Etienne , fiit fort curieux sur Qfi^ deux sei- 
fait- prisonnier 'par le comte de gneurs, et sur une mission du 
Glocester, à Wilton, et obligé premier, vers Édooard , anté- 
de livre» le château de Shire- rieairement à U conquête , Mo- 
burn pour sa rançon. Quant aux ' %ast. anglic. , n , p. 889. On y voit 
Martels de Normandie « on trou* qu'Ëudon mourut d«ns son chA- 
vora leuv généalogie dans le hui- teau de Préaux. ( A. L. P. ) 



DE ROU. aSi 

Cil de Goviz ' è de Sainteals , ' 
Del viez Molei è de Monceals, ^ 
Cil ki ert sire de Pacie , * 
E li seneschals de Corcie , ^ 

' Gou»ix , arrondissement de mari d'Edith , veuve de Girard 
Falaise. Nous n'avons pas con- de Goamay. Ce seigneur, ou 
naissance que les seigneurs de son fils , c[ui porta le même nom 
ce lieu, qui figurent parmi les que. lui, a signé la charte de 
chevaliers bannerets de ta pro- fondation de l'abbaye de Dun- 
TÎnce, sous Philippe - Augnstev staple, dans le comté de Bed- 
aient pris part à la conquête, ou ford, sous Henri i". On rencon- 
même laissé de traces de leur tre souvent le nom de leurs des- 
existence à cette ^oque. Le pre- cendans dans le Monast, angUc. 
mier que nous rencontrions est ( A* L. P. ) 
cité dans la charte de fondation ^ Pucy-sur-'Eure, Ceci est une 
de l'abbaye de Barbery , sous le erreur évidente. Il n'y avait point 
nom de Raoul de Goviz , conime à la conquête d'autre seigneur 
tenant de Robert Marmion une de Pacy çpi^ Guillaume Fitz>Os- 
portion d'église. (A. L. P. ) berne ^ sénéchal du duc. On 

' Aujourd'hui Ciniheaux, Cette trouve un Guillaume de Pacy , 

commune » voisine de Gouvix , peut-être châtelain de ce lieu , 

n'a point non plus laissé , que parmi les témoins d'une charte 

noua sachions, de souvenirs con- de son ffls Raoul, en io8o. 

temporains de la conquête-. En Voyez Orderic Vital , pag. 5^7 

ii8iy époque, de la fondation de et 576. Peut-être aussi est-ce le 

Bariiexy , son église . se trouve même qui figure , avec plusieurs 

citée comme donnée à cette ab- autres personnages du même 

baye par Robert Marmion , et nom , dans la charte de Richard- 

n'avait donc point, au moins à Cœur -de -Lion, en faveur de 

cette époque , de seigneurs par- Saint-Taurin d'Évreux , et qui y 

ticuliers. ( A. L. P. ) est présenté comme con tempo - 

' Nous ne connaissons point rain de l'un des deux Guillaume 

de commune du Molay., autre de Breteuil. Un autre Guillaume 

que ie MoUy-Bacom, dont il sera de Pacy, archidiacre d'Évreux, 

parlé ci-après. Quant à ilfo/ic«aii«, fut élu évêque de Lisieux dans 

il y a plusieurs communes de ce les premières années du dou- 

nom en Normandie. Nous sup- zième siècle. (A- L. P.) 

posons qu'il s'agit ici de celle ^ Courcy, Voyez notre note 

qui est voisine de Bayeux, et sur le vers i36i4. La nouvelle 

que c'est de là qu'était originaire mention que notre auteur fait ici 

Drogon de Monceaux , second de ces seigneurs ne présente pas 



252 LE ROMAN 

Et un chevalier de Lacie , ' 
Ensemle o eis cils de Gascie, ' 
E cil d'Oillie 3 è de Sacie , ^ 



seulement un double emploi , nous soumettons aux antiquaires 
mais encore un anaclironisme. placés sur les lieux , les sei- 
En effet, ce ne sont pas les sei- gneurs d'Oiley (pour nous sei- 
gneurs de Courcy , de Tépoque vir de l'orthographe anglaise ) 
de la conquête, qui ont exercé ont laissé de nombreux souve- 
les fonctions de sénéchal ou da- nirs, et leur postérité subsiste en- 
pifer , mais Robert de Courcy, core dans les baronnets d*Oily 
sous l'impératrice Mathilde, et de Chislehampton (Oxford), et 
Guillaume de Courcy, sous Hen- d'Oyley de Shottisham ( Nor- 
ri II. (A. L. P.) folk). Robert d'Oiley , qui suivit 

' Voyez notre note sur le yers Guillaume à Hastîngs , reçut de 

i36o4. ( A. L. P.) ce prince la fonction de conné- 

* Ceci est encore une erreur, table du comté d'Oxford , et bâ- 

RobeH de Gacé, petit-fils de l'ar- tit le château de cette TÎlle en 

chevéque Robert, et fils de ce 1074- Voyez, sur ce seigneur, 

Raoul, qui pro iMignitudine capi' le Monast, angUc., i, p. 106, 

tis et concerte capillorum jocosè et, sur sa famille, le même re- 

cognominatus est Caput Asini , mais cueil , li , p. 1 36. Néel d'Oiley , 

auquel sa part d^s l'assassinat son frère et successeur, donna à 

de Gislebert , comte de Brionne , Saint - Pierre - sur - Di ve la dime 

aurait pu faire donner un sur- de Heurteyent. Robert d'Oiley, 

nom plus fâcheux, était mort second du nom^ fonda en 1139 

sans enfans ayant la conquête , l'abbaye d'Osenay , près Ox- 

et le duc s'était emparé de ses ford. On peut yoir, dans le Mo- 

domaines. Voyez Orderic Vital, nast, angUc. , les singuliers mo- 

III, p. 4B8, etyiii, p. 681. tifs de cette fondation. Edith 

• (A. L. P.) Foiue, femme de Robert; fat 

^ Ce n'est que dans l'arron- magnat notœ et eestimationis/cemina 

dissement de Falaise qu'on doit apud Henricum regem prmwm,tçà 

chercher la commune qui a en eut un fils , nommé Robot ^ 

donné son nom à ces seigneurs , et à la persuasion duquel le ma- 

et , quoiqu'il s'y trouye plusieurs riage se fit. -La branche ainée de 

0«î/6>, leur position et les noms ces puissans barons s'éteignit 

d'autres familles qu'ils ont con- qous le règne de Henri m, et 

seryés nous porteraient à croire ses biens passèrent dans les 

qu'il s'agit plutôt ici d'Ailly, mains des comtes de Warwick. 

près Coulibœuf. Quoi qu'il en (A. L. P.) 

soit de cette conjecture , que ^ Sassy , arrondissement de 



DE ROU. 253 

E li sire de Vaacie, * »366o 

Del Tornéor ' è de Praeres ,' 
Et Willame de Columbieres, 
E Gilbert li vièl d'Asnieres,* 



Falaise. Nous ne tronvons ni en ronnies d'Alnwick , dans le Nor- 

France ni en Angleterre aucun thumberland, etdeMalton,dans 

vestige de seigneurs de ce lieu , l'Yorksbire. Son gendre Eusta- 

à l'époque de la conquête. che prit son nom , et fonda Tab- 

( A. L. P.) baye d'Alnwick, sous le règne 
' Vassy, bourg à trois lieues du roi Etienne. Cet Enstache et 
de Vire. La famille des seigneurs ses descendans jouèrent un grand 
de ce lieu s'est conseryée jusqu'à r61e & la cour des monarques 
nos jours. L'opinion commune anglais jusqu'au règne d'É- 
est qu'elle descend de nos ducs douard i«', époque où ils s'étei- 
par l'arcbevéque Robert , fils de gnirent , et leurs biens passèrent 
Richard i*', dont nous venons dans la maison de ClifTord. 11 
de parler à l'occasion de l'avant- existe en Irlande un vicomte 
dernier vers. Nous regrettons Vescy ;*'mais il ne paraît pas se 
de ne pou voir partager cette con- ratta<àier aux Yescy d'Angle- 
viction, par la double raison qu'il terre , ni aux Vassy de Norman- 
s'agit visiblement, non de Vas- die. (A. L. P.) 
sy, mais de Gacé, dans les hîs- ' Le Tourneur^ près Vire, 
toriens qui ont parlé de Raoul, ^ Les jrôles normands ne nous 
second fils de cet archevêque, permettent pas de chercher ce 
et que d'ailleurs sa postérité s'é- lieu ailleurs qu'aux environs de 
teignit à la première génération. Vire. Nous supposons que c'est 
Orderic Vital ne laisse aucun Presles, commune située à trois 
doute sur ces deux points dans lieues de cette ville. On Toit les 
les passages que nous avons in- seigneurs de Praeriis, et, en lan- 
diqués. Mais , en revanche , rien gue vulgait^ > de Praiers , figurer 
ne paraît plus certain que la pré- dans plusieurs actes comme vas- 
sence de Robert et d'Ives de saux des' comtes de Ghester. Le 
Vassy ( Vescy, suivant l'ortho- plus ancien de ces actes est de 
graphe anglaise) à la conquête. iii9.(A. L. P.) 
Le premier reçut de Guillaume ♦ Colomhières et Asnières , ar- 
ia seigneurie de Baulebrook, rondissement de Bayenx. Ces 
dans le comté de Northampton , deux personnages sont cités dans 
et beauicoup d'autres. Le second, une charte de 1089, en fiiveur 
Ives , épousa l'héritière des ba- deTAbbaye-aux-DamesdeCaen; 



254 LE ROMAN 

De Chaaignes è de Tornieres,' 
Li viel Luce ' de Bolebec, 
E Dam Richart ki tient Orbec ' 



mais le seigneur d'Asnîères y reçut du Conquérant treiz« sei- 

porte le nom de Raoul , et non gneuries. La branche aûiée de 

de Gilbert. .On rencontre dans.le sa famille se termina par une 

Doomesday-BookRannulf^«(^- fille, à la seconde génération. 

lumbels, comme propriétaire de Ija branche cadette, qui fonda 

plusieurs manoirs dans le comté Tabbaye de Blanchelande , dans 

de Kent. Quant aux seigneurs le Northumberland , exista jus- 

d'Asnières, nous n'en avons pas qu'au règne de Henri m. 
trouvé de traces en Angleterre. (A. L. P. ) 

(AL. P.) 

« Cahagnes, arrondissement 'Richard de BienfaUe, fils de 

de Vire ; TournUres , arrondisse- Gislebert , comte de Brionne , et 

ment de Bayeux. Les seigneun fr^re aîné de Baudouin de Meu- 

de Cahagnes figurent parmi les les (voyez ci-dessns, v. i36i6), 

bienfaiteurs des abbayes de près- reçut de Guillaume Orbec et 

tain et de Lewes en Angleterre. Bienfaite , en dédommagement 

On trouve un Richard de Tur- pour sa part du patrimoine alié- 

ueriis dans l'acte de fondation né pendant leur minorité. Ce 

du prieuré de Kenilworth , sous seigneur épousa Rohais , fille de 

Henrii*'. (A. L. P.) Gautier GifTard, premier du 

^ Le manuscrit de Ouchesue nom. Il fut grand-justicier d' An- 
porte : gleterre avec Guillaume de Va- 
Le fUz Hue de Bolebec, renne » et contribua puissam- 

Aucune de ces deux, leçons ment , en 1078, à arrêter la dan- 

n'est bien aatisfaisante , puisque gereuse révolte des comtes d'He- 

ce n'eat ni Luce, ni un fils de reford et de Norfolk. Il fut créé 

Hugues de Bolbec , mais Hugues comte de Glare 9 dans le comté 

lui-même, qui vint eu Angle- de Sufïblk^ et posséda, entre 

terre avec le Conquérant. Ce per- autres seigneuries, le château 

sonnage était l'un des vassaux de Tonbridge^ dans le comté 

de Gautier Giffard, seigneur de de Kent, qui fut sa principale 

Bolbec et de Longueville(Voy. résidence. Ce puissant seigneur 

ci-dessus, page 196), et il avait mourut vers 1090. Ses descen- 

concouru pour un quart à la do- dans ont été comtes de Clare , 

nation de l'église de Bolbec à d'Hertford , de Glocester et de 

Fabbaye de Bemay en 1061. Il Pembroke. (A. L. P.) 



i?,f.70 



D£ ROU. a55 

£ li sire de Bonnesboz y ' 
£ cil de Sap è cil de Gloz y ' 
£ cil ki dune teneit Tregoz ; ^ 
Dous Engleiz fist tenir por soz ; 
Uun od sa lance acra venta , 
L'altre od s'espée escervela, 
Poinst li cheval, si retorna, 
Si ke Engleiz ne le tocha ; 
E li sire de M onfichet , * 



^ Bonneiosq , arrondissement et assista probablement à la con- 

de Pont - l'Évéque^i On compte quête en cette qualité. Voyez 

Raoui de Boimebosq parmi les Orderic Vital , iriii , p. 695. C. 
bienfaiteurs de Saint-Etienne de (A. L. P.) 

Caen. Sous le règne de Henri i", j jy^^^x , arrondissement de 

Gilbert de Bonnebosq était gen- Saint -Lo. On voit encore les 

dre de Morin du Pin , dapifër ^^^^^^ j^ château , au confluent 

du comte de Meutan ( A. L. P.) je la Vire et du ruisseau de Mar- 

* Voici encore deux seigneurs ^"eran. Le seigneur de ce lieu, 

de la création de notre auteur. q"i assista à la conquête, est dé- 

A l'époque de la conquête , U «'g"^ »o«* ^^ nom de Trafgod 

Sap avait été donné, avec Meules, ^^^^ ^^ ^'^te de Brompton. Ses 

à Baudboîn , fils de Gîslebert , ««Jccesseurs sont cités parmi les 

comte de Brîonne , comme nous l>ïenfaiteurs de l'abbaye de Ham- 

Tavons déjà dit , et ne pouvait , ^y« » et l'un d'eux en a signé la 

par conséquent, avoir de sei- clï'^rte de fondation, qui est de 

gneur particulier. Quant kGlos, i » 4^. Nous les trouvons , vers la 

il appartenait à Guillaume de ^^^^ époque, en Angleterre, 

Breteuil, et il paraît que cette «'^ ^««r ^om est resté attaché à 

propriété datait d'une époque ^ résidence de Ledyard-Tre- 

reculée, puisque nous voyons goze, dans le Wiltshire. Robert 

Bamon de Glos au service de ^ Trégoz fut sheriÉf de ce 

son père Osberne , à une époque co™»^ » et guerrier distingué 

voisine de io35. Guillaume de «ou» Richard-Cœur-de-lUon. 
Glos , fils de ce Bamon , était da- ( A. L. P.) 

pifer deOttilkume de Br«teuil, « Montfiquet, commune située 



256 LE ROMAN 

Ki de boz garder s'entremet ; 
L'ancestre Hue li Bigot , ' 
Ri aveit terre à Maletot • 



sur la route de Saint - Lo à la faveur. Voyez Guillaume de 
Bayeuxy près Cerîsy. On y volt Jumiègesi vii, c. 19. Roger 
encore l'emplacement et quelques Bîgod, qui accompagna ce prince 
ruines du château des anciens en Angleterre , reçut de grandes 
seigneurs. Guillaume de Mont- concessions dans les comtés d'Es- 
fichet figura, sous le règne du sex et de Sufïblk. Lorsque Hen- 
Gonquérant , parmi les bienfai- ri i**" parvint à la couronne 9 Ro- 
teurs de l'abbaye de Cerisy. ger devint l'un de ses quatre 
Gilbert de Montfichet est l'un principaux conseillers, et tréso- 
des personnages les plus au- rier de sa maison. Il mourut en 
thentiques que l'on puisse ci- 1107, probablement fort âgé, et 
ter, comme ayant assisté à la ba- fut enterré dans le prieuré de 
taille d'Uastings. L'une des for- Tetford , qu'il avait fondé quatre 
teressesdestînées à tenir en bride ans auparavant. Notre auteur, 
les habitans de Londres , fut con- toujours fort enclin à modeler 
fiée à sa garde, et prit son nom. le passé sur le présent, lui a at- 
Guillaume de Montficbet, qui tribué les fonctions de sénéchal, 
paraît être son fils , épousa une qui n'ont été exercées que par 
petite-fille de Richard de Bien- son second fils, Guillaume. L'ai- 
faite. Cette famille , qui fonda le né, Hugues, succéda à son père 
prieuré d'Ânkerwike et l'abbaye dans ses fonctions de trésorier ; 
deStratford, continua déjouer puis, en récompense probable- 
un rôle distingué , et de remplir ment de sa déclaration sur les 
des fonctions éininentes , jus- dernières volontés de Henri i*s 
qu'au règne de Henri m , épb- il fut créé comte de Norfolk ou, 
que où ses biens furent parta- pour parler plus exactement, 
gés entre trois héritières. .d'Estanglie par le successeur de 

( A. L. P.) ce prince. Ses descendans con- 

•^ ... - .„ . servèrent le titre de comte de 

' Cette illustré famille parait -kt r 11. .. ... ^ 1 • 

• j j „ I «. j / Norfolk, et y joignirent celui 

descendre de Robert Btffod ( oti . ' u 1 j »• 

, _. ,^ , ,\. de maréchal du royaume jusqu a 

^f^^f) » parent de Richard d A- -. « , ^ • «v «v 1 / 

^ ; ' *^ . , . la fin du treizième siècle , épo- 

vranches, oui quitta le service » ^ i.i r •« »'.v 

1 ^ .« «r 1 Que ou cette noble famille s etei- 

de Gnillaume Werlenc , comte •• / a t p \ 

de Mortaîn , pour s'attacher au ® • v • • v 

duc, dont il gagna promptement ' Uaitot, près de Gaen. 



DE ROU. 257 

Et as Loges ' et à Chanon; ' 

Li Dus soleit ' en sa maison i^» 

Servir d'une seneschàucie; 

Mult out od li grant cumpaignie; 

En fîeu esteit son seneàchals , 

E mult esteit noble vassals. 

Cil de corsage esteit petiz, 

Maiz mult esteit proz* è hardiz, 

£ por ço as Engleiz hurta 

Od la grant gent ke il mena. 

Là oïssiez noises è criz 

E de lances grant froisséiz;^ «3690 

Encuntre Engleiz furent as lices, 

De lor lances firent esclices. ^ 

Od gisarmes et od coignies 

Lor unt lor lances pescies ; ' 

Et cil unt lor espëes traites , " 

Li lices unt totes fraites , ^ 

£ li Engleispar grant déhait '"^ Les AngiaU se 

^ \ 19 1 • rallient autour 

Se sunt a 1 estandart retrait. de leur éten- 

Là esteient tuit assemblé 

Li meshaignié è li nafré; " . 13700 



' Peut-être les Loges près Au* ^ Froissement, 

nay, ou une autre commune de s Morceaux. 

ce nom, yciaine de Falaise. « » • r 

(A.L.P.) ^™'^"- 

Tirées 
' Canon, commune de Tarron- 

dissement de Lisieux. ' Ronqtues. 

' Avait coutume. ' *> Déplaisir. 

^ Preux, ' ' Les malades et les blessés. 

II, 17 



dard. 



58 LE ROMAN 

Dune point li Sire de la Haie, * 
Nus n'esparne ne ne manaiè , * 
Ne nus ne fiert k'à mort ne traie , ' 
Ne poet garir k'il fet plaie. 



tt—^ 



' Il y a plusieurs communes confîrmateur de cette abbaye, 
de ce nom en Normandie , mais qui qous parait avoir été plutôt 
celle que notre auteur a voulu leur seigneur suzerain. Quoi qu'il 
désigner ne peut guère être que en soit, Robert delà Haie reçut, 
la Haie-du-Puits, arrondissement entre autres concessions , la séi- 
de Coutances. Le seigneur de ce gneurie de Halnac, dans le comté 
lieu, à répoque delà conquête, de Sussex, sous le règne de 
devait être Raoul , sénécbal du Henri i«', et fonda le prieuré de 
comte de Mortain, et père de Boxgrave , dépendant de l'ab- 
Robert de la Haie, contemporain baye de Lessay. Sa femme s'ap- 
de Henri i«''. Raoul paraît être pelait Muriel , et non point Mi- 
ce fils d'Hubert de Rye, à qui, mel. De leurs deux enfans , 
suivant le Monast, anglic. , fut Richard et Raoul , le premier 
confiée la garde du château et n'eut qa'une fille , qui porta les 
du comté de Nottingham,etqui biens de cette branche dans la 
figure à plusieurs reprises dans famille de Saint-Jean, 
le Doomesday-Book. Ce qu'il y Dans la guerre entre Etienne 
a au moins de bien certain, c'est et Geoffroi Plantagenet, Richard 
que Robert de la Haie était ne- de la Haie , qui commandait à 
veu d'Eudon le Dapifer, autre fils Cherbourg pour le roi d'Angle- 
de Hubert de Rye. Voyez, con- terre , fut pris par des pirates, 
cernant ce personnage , notre et Raoul son frère fut obligé de 
note sur le vers i365a. On a trop rendre ses châteaux du Cotentm 
souvent confondu cet Eudon le au comte d'Anjou. Ces événe- 
Dapifer avec Eudon au Chapeau, mens sont des années ii4i et 
fils de Turstin Halduc ou Hal- 1142. En 11 54 Richard de la 
dup , et l'un des fondateurs de Haie , fils de Raoul , fonda l'ab- 
l'abbaye de Lessay. Cette mé- bayedeBlanchelande.Hnelaissa 
prise date de loin , puisque Qr- que des filles. Voyez,- sur la suite 
deric Vital la commettait dès le de l'histoire du châteail de la 
douzième siècle, 1. m, p. 4S9. Haie-du-Puits , les Recherclies de 
Pour nous,, nous ne connaissons M. de GerpUie, n^ 4i< 
point de liens de parenté entre ( A. L. P.) 
les fondateurs de Lessay et Ro> * Ni ne ménage, 
bert de la Haie , bienfaiteur et ^ Ne tire. 



DE ROU. 259 

Cilde Vitrie' èd'Urinie,' 
Cil de Monbrai ^ è de Saie ^ 

' Voyez ci-dessus, p. a43. tion. En 1060 , Robert Kcot de 

» Oiigny. Il y a deux com- ^®y» Adeloyse sa femme, Robert 

mones de ce nom dans la pro- «'^ ^enri leurs fils, Osmelin de 

vince, l'une près de Belleme, ^ay et Ayitie sa femùie, firent 

l'autre près de Mamers. ^^ donations à 1 église iwunt. 

Martin de Seez. Ces seigneurs 

Boger de Montbray, frère de foreht vassaux de Roger de Mont- 

Geoifroi, évéque de Coutances go„meri en Angleterre aussi- 

et père de Robert de Mootbray 1,^^^ .^^ Normandie. Nous 

( Mowbray , muyant l orthogra- ^^ g ^^^^ j^ Say dans 

pbeangbise), auquel sononcle, j^ Doomesday - Book , comme 

prélat pli» habile, dit Orderic ^^^^ j^ ^^ ^^^^^ yingt-neuf 

Vital, à former des guerriers „^^î„ j^^ 1^ Shropshire. Il 

pour le combat que des clercs ^^ y^ j^^ b^^^ q^e Roger 

pour les cérémonies de l'égUse, Convoqua en io83 pour la fon- 

laissa les deux cent quatre-vingts ^^^^^^ j^ ^^n abbaye de Sbrews- 

manoirs dont le Conquérant avait 1,^^ Qu trouve dans le Dômes- 

disposé en sa faveur. Tout le aay-Book un Picot de Cam- 

monde connaît les événemens bridge, pu le vicomte, grand pro- 

par lesquels Robert perdit , en priétaire et fondateur du prieuré 

109a , cet immense béritagc. et jg Bemewell. Nous ignorons s'il 

le comté de Northumberland , appartenait également à la fa- 

pour finir ses jours après environ ^xLe de Say. Les descendans de 

trente ans d'une dure captivité, picot de Say paraissent avoir 

Non seulement les biens de ce fo^^ plusieurs brancbes, dont 

seigneur, mais encore son nom p^^ ^ ^yj^ ^^^ MagneviUe, re- 

de Mowbray, et même sa femme cueillit leur succession , et trans- 

Matbilde de Laigle, passèrent mit le comté d'Essex aux Bohun. 

dans la maison d'Aubigny.L'em- g^ Normandie, Guillaume de 

placement du cbÂtean de Mont- g épousa Agnès, fiUe de Hugues 

bray est situé près du bourg de j^ Grentemesnil. Vers ii3i, 

ce nom, sur tes limites des dé- joxiTà^im de Say fonda l'abbaye 

parterocns du Calvados et de la j'Aubiay, près Caen. Son héri- 

Manche. (A. L. P.) ^^^^ ^^^^ p^^^^ 1^3 biens de 

^ Say y près Argentan. Les sei- cette famille dans celle du Hom- 

gneurs de ce lieu prenaient le met, par son mariage avec le 

smmom ou nom de famille de connétable Ricbard du Hommet, 

Picot, sous lequel ils sont quel- qui devint le protecteur de la 

quefoîs cités sans autre désigna- naissante abbaye. ( A. L. P.) 



26o LE ROMA.N 

E li Sire de la Ferté * 
Maint Engleiz unt acraventë; ' 
Grant mal i firent li plusor, ^ 
E mult i perdirent des lor; is^io 

Botevilain ^ è Trossebot, * 



' On Yoit figurer dans Orde- née sur l'origine de ce person- 
ric Vital, Guillaume de la Perte, nage. On pourrait, au premier 
comme l'un des chefs des troupes coup d'ceil , le confondre avec 
normandes dans le Maine, en le seigneur de BoutteviUe près 
1073. On peut supposer que c'est Sainte-Marie-du-Mont, qui as- 
de ce personnage que notre au- sista aussi k la conquête. Voyez 
teur aura voulu parler, et qu'il les recherches de M. de Gervitle 
était seigneur de la Ferté-Macé; sur les châteaux de la Manche, 
car Hugues , second du nom , n° a4; mais il paraît que ce serait 
seigneur de la Ferté en Bray, une erreur. Le nom de Boutte- 
s'était fait religieux dans l'abbaye yille se trouve dans la liste de 
de Saint-Ouen de Rouen avant l'abbaye de la Bataille, et celui 
la conquête , sans laisser d'en- de Bouttevillain dans la liste de 
fans ; et, quant à la Ferïé-Fresnel, Brompton. La principale circon- 
Orderic Vital nous apprend po- stance qui nous empêche de les 
sitivement (Liv. xii, p. 85o, Â.) réi^iir , est que .les Boutteville 
qu'elle ne fut fondée qu'en 1119, s'établirent dans les comtés de 
par Richard Fresnel. Sommerset et de Bedford, tandis 
Il ne serait pas impossible ce- que les propriétés des Boutteyil- 
pendant que notre auteur, en gé- lain étaient situées dans le comté . 
néral peu scrupuleux sur les ana- deNorthampton. Guillaume i?(Mi- 
chronismes, eût voulu désigner tevileyn y fonda, en Ii43, l'ab- 
quelque ancêtre des seigneurs baye de Pipwell , qui eut bean- 
qu'il voyait de son temps en coup à souffrir des mauvais pro- 
possession de la Ferté-Fresnel ; cédés de Robert BouteçUeyn son 
or nous avons connaissance d'un petit -fils. Guillaume Boottevil- 
premier Richard Fresnel qui, en lain de Cotesbrook fut l'un des 
1 06 1., ratifia la donation faite par bienfaiteurs de l'abbaye de Sulby 
ses vassaux du prieuré de Bolbec dans le même comté. Voyez le 
à l'abbaye de Bemay. Monast, anglic, , i, p. 818 , et 11, 

(A. L.P.) p. 6a y. On trouve encore un 

* Assommé, Bouttevillain dans un rôle de 

' La plupart. ^47*^* (A.. L. P.) 

^ Nous n'avons aucune don- * Ce nom figure pareillement 



DE ROU. a6i 

Cil ne dotent ne colp ne bot, 

Mult si firent cel jor d'aïr " 

As colps recheivre et al férir. 

Willame Patrie * de la Lande Guillaume dA 

, * la Lande- 

Li Reis Héraut forment demande; Patry cherche 



dans les listes de Brompton et Dans notreprovince nous voyons 

de Vgibhskje de la Bataille, de Nicolas et Gcoffroî Troussebot 

manière à rendre incontestable figujer dans les rôles normands, 

la présence d'un Troussebot à comme relevant , le premier, du 

Hastings. Nous n*avons point comte de Montfort, et le second, 

trouvé de traces de Torigine de de la châtellenie de Gavray. 
cette famille. Il est assez naturel , ( A. L. P. ) 

au reste , que le rang peu élevé * De colère, de violence. 
qu'elle occupait à l'époque de la ' Guillaume Patrj, seigneur de 

conquête , et même sous les deux la Lande-Patry, commune de Tar- 

premiers rois normands , ait dé- rondissement de Domfront , dans 

robe à nos recherches cette ppr* le cimetière de laquelle il existe 

tion de son histoire. Nous sa- un if monstrueux. Voy. sur cette 

vous en effet, par le témoignage &mîlle, dont quelques rameaux 

d'Orderic Vital, que Guillaume paraissent s'être étendus jusqu'en 

Troussebot fut l'un des hommes Anjou et en Languedoc, La Ro- 

nonveaux qu'Henri i*' tira de qae,ffist, de la n^aisoniT Parcourt, 

l'obscurité , au commencement et La Ghesnaye des Bois. La cir- 

de son règne, pour les revêtir constance rapportée ici par notre 

des emplois les plus importans, auteur, du passage d'Harold par 

an préjudice des grandes fa- la Lande-Patry, à sou arrivée en 

milles. Guillaume Troussebot , Normandie pour aller trouver le 

probablement fîts du précédent, duc qui était à Avranches, est en 

commandait à Bonneville-sur- contradiction^vec le témoignage 

Touques pour le roi Etienne , bien autrement digue de foi de 

en 1 1 38, et se signala par la ma- Guillaume de Poitiers, que nous 

nière dont il repoussa l'invasion avons rapporté ci-dessus, p. 112, 

du comte d'Anjou, qui fut obligé et d'après lequel Guillaume alla 

de reculer jusqu'à Falaise. En recevoir son hôte à la ville d'Eu, 

II 32 Geoffiroi Troussebot, fils ainsi qu'avec la tapisserie de 

de Payen , tfvait fondé le monas- Bayeux , qui fait aussi remettre 

tère de Wartre dans l' Yorkshire. Harold par le comte de Pouthieu 

Guillaume, fils de ce Geoffroi, à Guillaume en personne, 
épousa Albrède de Harconrt. (A. L. P.) 



/ 



Uarold, qu'il 

avait reçu dans 

son château. 



Les Anglais ne 

savent point 

combattre à 

cheval ni se 

couvrir d'une 

main en frap- 

pantdel'autre. 



262 LE ROMAN 

Ço diseit, se il le yéeit, ' 
De perjure l'apellereit. 
A la Lande Taveit véu , 
E Héraut eut iloc gëu • ^ 

Et par la Lan<Je fu passez , 
Quant il fu al Duc amenez, 
Ki à Avrenches dupe ' esteit , 
Et en Bretaigne aler debveit. 
Là le fist li Dus chevalier, 
Armes è dras ^ li fist bailler 
A li et à sez éumpaingnons, 
Poiz l'envéia sor li Bretons. ^ 
Patrie fil lez li Dus armez , 
£ mult esteit de li privez. 
Mult i but Chevaliers de Chau^,^ 
Ki jostes firent et assauz. 
Engleiz ne saveient joster , 
Ne à cheval armes porter ; 
Haches è gisarmes teneient , 
Od tais armes se cumbateient. 
Hoem ki od hache volt férir, 
Od sez dous mainz l'estuet' tenir, 
Ne pot entendre à sei covrir. 



[3^20 



iBjîo 



' S'il le 'Voyait. 

* Couché. 
^ Mors. 

' < Habits, 

* Ceci est encore une erreur 
manifeste. Guillaume n'envoya 



point Harold en Bretagne, mais 
il l'y emmena avec Itaî : Secm 
in Britanmom dussit: Gest. GuiO- 
Duck. p. 191. (A. L. P.) 

^ Du pays de Caux. 

7 II lui faut. 



DE ROU. 

S'il velt férir de grant aïr; * 
Bien férir è covrir ensemble 
Ne pot l'en faire, ço me semble. 
De verz un tertre unt pris estai , ' 
Nonnanz unt miz de verz li val. 
Normanz à pié et à cheval 
Les assaillirent corne vassal. 
Dune puinst Hue de Mortemer ' 



a63 



Ilssieréfagient 

sur une émi- 

nence , où les 

Normands les 

poursuivent. 



' Dêgnmde nsiohnce, 

' Position, 

^ Ce fie Ait point liiigues de 
Mortemer qui «ssMta à la bataille 
d'Hafttings, mais son père Raonl^ 
fils de Roger, seigneur de Mor« 
temei^snr-Eanlney frère de Guil* 
iamne de Varemie, premier du 
nom. Notre ontenr parait n*aYoir 
pas |dus connu Roger qne'Ràoul, 
puisqu'il n'en parle pas dans le 
récit de ia bataiHe de Mortemer 
(â-dessns, p. 78 et suiyimtes), 
tmdîs que nous savons par Or- 
derM^ Vital , qu'il fut Tun des 
deux chefs de l'armée normande. 
Quoiqu'il eàt puissamment con- 
tribué à la débite des- Français, 
il tomba dansla disgtàce du duc , 
Alt exilé «t déponiDé de tons ses 
biens poar aVoirprotégé et rendu 
à la liberté de sa propre autorité 
son prisomiierf Haoul de Mont- 
didier, l'un des principaux sei- 
gneurs de l'armée ennemie. Mais, 
peu de temps après , il rentra en 
grâce ' auprès du duc , qui loi 
rendit ses propriétés, à l'excep- 
tion de Mortemer; cette terre ne 



sortît pourtant pointde la famille, 
car le duc en disposa en faveur 
de Guillaume de Varenne son 
frère. Ce fut sur la demande de 
Roger, et au moyen de ses bien- 
faits et de -ceux de sa femme 
Hadvise , que le prieuré de Saint- 
Victor-en-Canx fut élevé au rang 
d'abbaye en 1074- 

Raoul , fils de Roger , recouvra 
la terre de Mortemer et fit beau- 
coup de donations , tant en Nor- 
mandie qu'en Angleterre , à l'ab- 
baye de Saint-Victor. Il fonda 
aussi, en Angleterre, le prieuré 
de Wigmore. Il fut, en 1089, 
l'un des principaux seigneurs qui 
s'allièrent avec Guillaume - le - 
Roux contre Robert 'Courte- 
hénse. Il existait encore en 1 104, 
et fut k cette époque l'un des 
seigneurs qui vinrent se joindre 
à Henri i«', quand il arriva en 
Normandie. Guillaume-le-Con- 
quérantlui donna un grand nom- 
bre de domaines , et entre autres 
le obâteau de Wigmore, dans le 
comté d'Hereford , qu'il avait 
puissamment contribuée soumet- 



264 LE ROMAN 

Od li Sire d'Auviler; * 
Cil d'Onebac ' è de Saint Cler^ 



tre à la domination normande. * Asnebec, près Vire. Nous ne 
C'est de lui que sont descen^ pensons point que cette com- 
dus les Mortimer, comtes de la mune eût un seigneur particu- 
Marche. Dans notre province, lier à l'époque de la conquête, 
Jeanne de Mortemer porta, yers mais qu'elle faisait déjà partie 
le milieu du treizième siècle, les des biens de Robert-Fitz-Hai- 
biens de cette famille et la ba- mon, seigneur de Tborigny, 
ronnie de Varanguebèc dans la dont le père, Haimon-aux-Dents, 
maison du Bec-Crespin , par son avait été tué à la bataille du Val- 
mariage avec Guillaume Grespin, des -Dunes. Voyez ci -dessus, 
cinquième du nom, maréchal de p. 38. Nous croyons aussi que 
Fiance. ( A. L. P. ) ce fut Marguerite de Glocester, 
. ' Il y a dans notre province descendante de ce seigneur, qui 
deux communes de ce nom ; l'apporta dans. la maison d'Har- 
l'une , située dans .l'arrondisse* court a la fin du douzième siècle, 
mentdePont-l'Êvésque, a eu des et que La Roque a commis une 
seigneurs qui se sont alliés avec erreur grave en l'y faisant arriver 
la famille de Tournebu. Voyez quelques générations plus tôt. 
La Roque , maison d'Harcourt, i , ^ Saint-Clair, chef-lieu de can* 
p. 78a ; l'autre est contiguë à ton dans l'arrondissement de 
Mortemçr-sur-Eaulne : il est Saint-Lo. On voit encore près 
probable que son seigneur était de l'église l'emplacement du 
vassal et compagnon d'armes de château des anciens seigneurs, 
celui de Mortemer. C'est pour- Ce nom figure dans la liste de 
quoi nous pensons que c'est de Brompton, et nous pensons qu'il 
cet Auvillers qu!il s'agit ici. On existe aussi , quoique fort défi- 
trouve dans les rôles normands guré, dans celle de l'abbaye. de 
Henri d* Auvillers parmi les che- la Bataille.' Guillaume de Saint- 
yaliers du bailliage de Rouen en Clair fit des donations à l'abbaye 
1 97 1 . Celui de ses devanciers qui de Savigny , sous le règne de 
assista à la conquête pouvait être Hei^ri ler. £n 1 1,^ le prieuré de 
Hugues de Aviler, l'un des vas- Villers-Fossard fut fondé par un 
saux de Robert Malet, dans le personnage du même nom. Les 
comté de Suffolk , et des. bien- seigneurs de Saint-Clair ont for- 
faiteurs cités dans la charte de mé des établissemens en Angle- 
fondation de son prieuré d'£ye , terre, où leur nom altéré (Sinclair) 
sous le règne du Conquérant. se rencontre encore fort souvent 

(A.L.P.) (A. L. P.) 



DE ROU. 

Ëngleiz firent mult enverser. 
Robert ki fu filz Ernéis, * 
La lance aluigne, l'escu pris, 
A Testandart en vint puignant ; ' 
De son glaive ki fu trenchant 
Fiert un Engleiz ki ert devant, 
Mort l'abati de maintenant, 
Poiz trait Tespée demaneiz,^ 
Maint colp féri sor les Engleiz. 
A l'estandart en alout dreit, 
Por ço k'abatre le voleit, 
Maiz li Engleiz Tavirotierent , 
Od lor gisarmes le tuèrent : 
Là fu trovë quant il fu quis,* 



a65 

13^50 



s 3764 



Robert Tesson 
est tué en vou- 
lant s*emparer 
de l'étendard 
anglais. 



' RoheH'F'Uz^Emeis , neveu de 
Raoul Tesson , premier du nom, 
que. nous avons vu figurer ci- 
dessus , p. 80, et cousin-germain 
de Raoul 11, que notre auteur 
▼ient de citer parmi les guerriers 
normands. Ce Robert était fils 
d'Emeis (dont le nom devint 
patronimique pour cette branche 
cadette de la famille Tesson ) et 
d'Hacvise , sœur de foulques 
d*Annou. Il épousa lui-même 
une autre Hacvise, et périt en 
effet dans l'expédition d'Angle- 
terre, comme nous le savons 
d'une manière incontestable par 
ce passage d'une charte de son 
fils Robert-Fitz-Emeb , second 
du nom :• Eodem nsero paire meo 
in AngUœ occiso. Gall. Christ, xi , 



instrum. col. 334. Nous recom- 
mandons la lecture de cette pièce 
et de celles qui y sont jointes, 
aux personnes qui voudront 
prendre une connaissance ap- 
profondie de la généalogie des 
Fitz-Erneis jusqu'au commence- 
ment du treizième siècle. Le chef 
de cette maison, ayant été tué h 
Hastings , elle n'eut point de part 
aux dépouilles des vaincus, et 
ne forma point d'établissemeus 
en Angleterre, où elle posséda 
néanmoins quelques biens,- pro- 
bablement acquis par mariage. 

(A.L.P.) 
* Piquant des deux , guiopaiit» 

' Sur-lô'champ. 
^ Cherche. 



266 LE ROMAN 

Lez l'estandart mort et occis. 
Li Quens Robert de Moretoing * 
Ne se tint mie del Duc loi»g; 
Frère ert li Dus de par sa mère , 
Grant aïe * fîst à son frère. 
Li Sire poinst de Herecort , ^ 

' Robert, comte de Mortain, et peu connu ^ et beaucoup moins 
frère utérin du duc. Voyez, dans authentique que son père An- 
Guillaume de Jumièges, L. yxi, qOétil et son rtére Robert, pre- 
ch. 19, les circonstances qui mier du tioià, baroil de Har- 
procurèrent à ce seigneur le court. Voyez La Roque, i, 
comté de Mortain. C'est lui qui, p. 36 1. 

après le nouveau monarque, eut R existe en Angleterre une 

la plus forte part dans la distrî- branche de cette illustre famille, 

bution des seigneuries d'Atigle- Ce sont les comtes Harcourt, 

terre , savoir, neuf cent soixante portant les mêmes armes que les 

et treize manoirs situés dans dix- Harcourt de Normandie , ayec 

huit comtés. Il assista aux der- oeXtedeYise: Le bon temps viendra. 

niers momens de Guillaume, et Les généalogistes anglais leur 

en obtint^ à force dç.priènea, la ont fabriqtté une filiation apo- 

lib^té de ieur frère l'évèque cryphe , lUfin de les faire arrÎTer 

Od<m. Il mourut lui-ilEième. en dons ce pay» dès Tépoque de la 

logoy et, fut enterré à Grestaùn» oénquétek A cet ef(et ils ont créé 

abbaye fondée par son père Her- m» Ger¥ais4 un Geoffiroy et un 

liiin f et enridiie de ses bîenfiiirs« Arnold de Harcourt , qu'ils pré* 

Il avait aotai fondé 'la cc^ég^ale sentent comnke ayant assisté tons 

de^ortaii» en io8a. H eut pour les trois à la bataille d'Hastings. 

femme Malhîlde^ fille de Roger Suivant La Roque, it , 1. xiv, 

de AlèntgcimBieil>i. Nous aurons ce fut Raoul, second fils de Ro- 

oecasion de parler de son fils bert ki, baron «le Harcourt, qui, 

GitîUamne* Ses tr ois» ailles fnk>eBt »''étaBt attaché -au roi Jean, quitta 

mariées à André de Vitré ^ à Guy la FVance , et devint la tige des 

de Lavai et au comte de Tou-^ Harcourt d'Angleterre. Nous ne 

louse*. (A. L. P.) garantissons point cette asser* 

* ^éide* tion d'un historien peu scrupu» 

^ SrranddeffarcourtfdumoïDs leux, mais >nons pouvons affîr* 

c'est ainsi que le nomment les mer que oeUe des. généalogistes 

historiens de cette maison , car anglais est de toute fiiussetéb 
c'est du reste un personnage fort (A. L. P.) 



DE ROU. 267 

Sor un cheval ki mult tost cort, «3770 

De kant k'il pot li Dus secort. 
De Crievecoer ' è de Driencort ' 
E lî Sire de Briencort ' 
Sueient li Dus kel part k'il tort. 
Cil de Combrai ♦ è cil d' Alnei , ' 



■ Crèçecœur'eti'Auge , arron- maudie. Nous sommes porté à 
dissemeut de Lîsîeux. Les sei- croire qu'il s'agit ici de Brueourt, 
gneurs de Crèvecœur s'établirent arrondissement de Pont- l'Évé- 
en Angleterre , et leur famille y que , et que ce mot n'aura été 
était divisée en deux branches altéré que pour le faire rimer 
dès le règne de Henri i*'. Celle plus ricbement avec Driencourt. 
des barons de Redbum , bienfai- Le premier seigneur de ce nom 
leurs du prieuré de Bolington, que nous ayons rencontré dans 
habitait le comté de Lincoln, nos recherches, est Robert de 
L'autre, établie dans le comté de Brueourt, qui vivait vers le mi- 
Kent, eut pour chef Robert de lieu du douzième siècle, et con- 
Crèvecœur^ fondateur, en 11 19, firma la fondation du prieuré de 
du prieuré de Ledes. Voyez sur Walsingham par Geoffroi de 
ces seigneurs le Monasti angUc. , Fervaques. Vers la même époque 
II, p. XII et 796. (A. L. P.) Gislebert de Brueourt donnait à 

^Driencourt, qui a perdu ce l'abbaye du Val-Richer des biens 
nom poiir prendre celui de «tués à Fervaques. (A. L. P.) 
Neofchàtel, après que Henri !•' y ♦ Combray , près Harcourt- 
eut fait construire un château. Thury. On voit Roger de Com- 
N0U8 n'avons point ccmnaissànce ^ray figurer parmi les bieufai- 
de seigneurs de Driencourt. La teurs du prieuré de Sainte-Barbe- 
Roque et autres parlent bien eu- Auge, et Geoffroi et Raoul 
d'un Hugues , seigneur de Neuf- de Combray parmi ceux de l'ab- 
châtel , qui épousa dans le dou- baye de Fontenay , mais à une 
zième siècle une fille de Robert, époque bien post^ieure à la con- 
comte de Meulan; mais il est quête. (A. L. P.) 
évident qu'il s'agit là de Neuf- s ji^jUiay ou 4unay, Il y a au 
châtel en Saônois, et non de moins quatre communes de ce 
Neufchâtel en Bray. (A. L. P.) nom en Ncrmandie* Nçus avons 

' Nous ne connaissons point vu ci-dessus qu' Aulnay près Caeu 

de lieu qui porte ce nom en Nor- appartenait , dans le douzième 



268 LE ROMAN 

E li Sire de Fontenei , * 



siècle , aux seigneurs de Say. yeur de l'abbaye de Grestain , 
Nous ne pouvons indiquer quel mais ce n'est point lui qui a pu 
est l'Aulnay d'où sont sortis Bé- se trouver à Hastings. Il paraît 
renger de AUieto, signataire de certain aussi que Robert Mar- 
ia charte de fondation de l'ab- mion reçut de Guillaume la ville 
baye d'Aumale en iii5; Her- et le château de Tamworth, dans 
bert de AUieto, contemporain de le Warwickshire. Après avoir 
Henri i*^^ qui souscrivit deux chassé de ses domaines les reli- 
chartes de ce prince ; et Roger gieuses de Pollesworth , il les y 
de Alneto , qui paraît avoir été ramena , de manière que lui et sa 
parent de Gondrée de Gournay, femme Millsende furent regar- 
femmedeNéeld'Aubigny,etqui dés comme seconds fondateurs 
se fit moine à Bellaland. Voyez de ce couvent. Voyez » à ce su- 
sur ce dernier le Monast, anglic, jet, le Monast, angUc. , i , p. 198. 
ly p. 1028. Plusieurs autres per- Leur fille Gersende épousa Ro- 
sonnages du même nom se trou- bert Fitz-Emeis, second du nom. 
vent mentionnés dans ce recueil. I^a famille Marmion a possédé 

( Â. L. P.) aussi pendant plusieurs siècles la 
' Il existe eu Normandie neuf terre de Scrivelsby , dans le Lin- 
communes de ce nom. Nous ne colnshire , à laquelle est attachée 
pensons pas qu'il puisse être la noble prérogative d'être le 
question ici d'aucune autre que champion du Roi le jour de son 
Fontenay, près. CaeUi surnommé couronnement , et de défier so- 
le Marmion , du nom de ses an- lennellement quiconque oserait 
ciens seigneurs. Nous avons déjà contester la légitimité de son 
vu ci-dessus (v. i36!i3) // vieil titre. Suivant les généalogistes 
Rogier Marmion , avec lequel le anglais , cette donation daterait 
sire de Fontenay fait probable- du règne du Conquérant ; mais 
ment double emploi. Ce n'est leur assertion est démentie par 
malheureusement pas la seule le témoignage du Doomesday- 
inexactitude que nous ayons à Book , et par la qualité de cham- 
reprocher à notre auteur, à l'oc- pion du Roi que prend un pcr- 
casion de ce personnage. Il est sonnage étranger à cette famille, 
constant que le Marmion, sei- dans une charte de iio3 (JMb- 
gneur de Fontenay, qui assista à nast. angUc, 11, p. 973). Ro- 
la conquête, s'appelait Robert, bert Marmion, fils on petit-fils 
et non Roger. Il a bien existé du précédent , prit parti pour le 
postérieurement un Roger Mar- roi Etienne , et son château de 
mion , cité dans une charte de Fontenay fut , suivant CoUins , 
Richard Goeur-de-Lion , en fa- pris et rasé par Greoflfroi , comte 



DE ROU. 269 

De Rebercil ' è del Molei ' 
Vuut demandant Héraut li Rei. 
As £ngleiz dient : çà estez ; ^ 
U est li Reis ke vos servez , «3780 

Ki à Guillame est perjurez? 
Morz est s'il pot estre trovez. 



d'Anjou. Lui-même périt misé- tions à Fabbaye de la Sainte-Tri- 

rablement en 11 43, après avoir nité de Caen» où sa sœur ayait 

profané l'église de Goyentry, en pris le voile. Notre auteur a déjà 

s'y retranchant. Enfin un troi- parlé ci-dessus (y. i3654) d'un 

sième Robert Marmion fonda en seigneur du Vieux -Molay, qui 

1181 l'abbaye de Barbery. La nous parait faire double emploi 

famille Marmion a subsisté en avec celui-ci. En Angleterre, le 

Augleterre jusqu'au règne d'E- premier seigneur de ce nom dont 

douard m , époque où ses biens nous ayons connaissance est Ri- 

passèrent , par mariage , aux chard Bacon , neveu de Ranulfe, 

Ludlow , puis aux Dymock, qui comte de Ghester, et fondateur 

possèdent encore aujourd'hui du prieuré de Roucestre, dans 

Scriyelsby et le titre de cham" le comté de Stafford. Nous ne 

pion du Roi. ( A. L. P. ) savons pourquoi les Bacon , pre- 

■ Aujourd'hui Rubercr, am.n- ™"'" baronets d'Angleterre , 

.li«ement de Baveux. L'abbaye «P''~"''.d" f^^f^ chancelier 

jT r*fjz co i»«con, aiment mieux rapporter 

de Lons^ues fut fondée en 1168 , '. . ^ . , , , 

•vt -xxT ' j leur origme a un^ Grimbauld, 

par Husues Wac, sei^eur de • Y ^ .n « „, 

Rebercil Cet Hueues Wac na- ^°""'' ^^ Guillaume de Wa- 

«^ A^ 1 ^ - . . renne, ou a la famille Bacon du 

rait être le mq|^ qui épousa t^» i 1 • ^ i, 

1? nu A ^> j • r Molay. Suivant eux, ce fut lar- 

fimraa » mie de Baudouin , fon- .. "^ .^.«, , •^. , ,, 

j» ^ QQji»uu j nère-petit-fils de ce Gnmbauld 

dateui^, en II 38, de l abbaye de ,. '^. . a -a 

Brunne, dans le Lincolnshire , i T t ^ ^ -. 

-•. /!ii j r" I u * Normandie. Jeanne Bacon, la 
et petite-fille de Gislebert , pro- , -i i-/''v j 
, Jf, ^ ^ • j 1 plus ncne héritière de notre pro- 
bablement contemporain de la '^^ ». .^ / *^, 

A^ ^T 1 »r vmce a cette époque , porta les 

conquête. Voyez le Monast, an- , . • . '^ ^ j ■»* i 

.. ^ o*' T r Ml ivr biens des seigneurs du Molay 

gUc, , II , p. a33. La famille Wac j i r mi j u • t. 

X. 'l^i ^ Al dans les familles de Briquebec et 

a subsiste long-temps en Angle- • t t. ? m* 

r A T D \ "® Luxembourg , vers le milieu 
terre. ( a. i^. ». ) •• i-'^'x! 

^ ^ du quatorzième siècle» 

' Probablement Guillaume JSw (A. L. P.) 

con, qui , en io8a, fit des dona- ^ Restez. 



270 LE ROMAN 

Altres Barons i out asez ^ 
Ke jo n'ai mie encor nomez ; 
Maiz jo ne poiz à toz entendre , 
Ne de toz ne poiz raisun rendre ; 
Ne poiz de toz li colps retraire ' 
Ne jo ne voil lunge ovre faire; 
Ne sai nomer toi li Barons , 
Ne de toz dire li somons 13790 

De Normendie è de Bretaigne , 
Ke li Dus out en sa cumpaigne. 
Mult out Mansels et Angevins 
E Tuarceiz ' è Peitevins 
E de Pontif è de Boloigne. * 
Grant ert la gent , grant la busoigne ; 
De mainte terre out soldéiers ,* 
Gels por terre, cels por deniers. 

Exploits de Li Dus Willame se cumbat, 

Guillaume. t^ i • > i « 

En la greignur presse s embat , ^ \ i38o* 

Mult en abat, n'est ki rescoe ;^ 
Bien pert ke la busoigne ert soe. 7 
£ cil ki tient son gonfanon 
(Tostein filz Rou li Blanc' out non;® 



* Kapporter. * En réchappe, 

* Ceux de Thouars. 7 On s'aperçoit bien que cette 

* De Ponthieu et de Boulogne. besogne est la sienne. 

^ Gens Hddés , soldats. «Voyez cî-dessus, p. 198. 

' En la plus grande presse s'en- Nous ajouterons à ce que nous 

fonce, avons dit de ce personnage 1 






DE ROU. 271 

Del Bec joste Fescam fa nez , 
Chevalier proz è r^domez ; 
Et quant li Dus toumout , tournout , 
£ quant arestout, arestout ), 
Par li granz presses s'embateit , ' 
Là il il plus Ëngleiz yëeit, i38i« 

£ li Normanz les ocieient 
£ tueient et abateient. 
Out li Dus mult grant cumpaignie 
De vavassors de Normendie, 
Ki por lor Seignor garantir 
Se lesseient as cors fërir. , 
Alain Fergant, quens de Bretaigne, * 
De Bretons mené grant cumpaigne ; 
C'est une gent fiere è grifaigne,' 



qu'il reçut da vàinqnetiry après récompense de ses services quatre 

la conquête, un assez grand nom- cent quarante-deux seigneuries 

1h« de manoirs, situés, pour la et le titre de comte de Rich- 

plupart, dans les comtés méri* mond, château qu'il fit bàtir dans 

dionaax de TAngleterre. Le seul l'Yorkshire. Il mourut sans en- 

acte où nous le voyions figurel*, fans, et son frère Alain-le-Noîr 

est la charte de fondation de lux succéda. Notre auteur n*a 

l'abbaye de Lyre , postérieure de rien dit de son frère Brient, qui 

peu d'années à la conquête. Ou- devait être aussi à la bataille 

tfe lui, on rencontre dans le d'Hastings,et qui,en 1068, re- 

Doomesday-Book un Richard, poussa l'invasion de deux fils 

fils de Rou , qui parait être son d'Harold à Exeter. Alain-le- 

frère. (A. L. P.) Roux commandait l'armée nor- 

* Se mettait, mande dans le Maine après le 

* AlamM'Roux , fils d^Eudon , départ du Roi, en x o85, et mourut 
comte de Bretagne , assista puis- sous le règne de Gaillaume*le- 
umment Gnillannle dans la con- Roux. (A. L: P. ) 

quête d'Angleterre. Il reçut en ' Méchante, 



^72 LE ROMAN 

Ki Yolentiers prent è gaaingne. issio 

Cil en ocist mult è méhaigne/ 
Ne fiert Engleis ki- sus remaigne. • 
Bien se cumbat Alainz Ferganz, 
Chevalier fii proz è vaillanz; 
Li Bretonz vait od sei menant , 
Des Engleiz fait damage grant. 
Li Sire de Saint Galeri , ^ 



' Blesse. domaines situés dans le Lincoln- 
' Ne frappe point d'Anglais qui shire, et dans le Monast, angUc. 
reste debout. plasieurs autres Saint- Valéry) 
^ Bernard de Saint^Valery (sur dont l'un, Bernard y fils de Re- 
Somme ) , petit-fils de Richard ii naud, mourut , suivant GoUins, 
par sa fille Papie, et par couse- au siège de Saint- Jean*d* Acre, 
quent cousin- germain du duc Déjà Gautier et Bernard de Saint- 
Guillaume. Nous ayons vu ci- Valéry, fils et petit-fils de celui 
dessus ( p. 1 45) que ce fut de son qui se trouva à Hastings^avaient 
port de Saint- Valéry que partit ^ pris part à la première croisade, 
la flotte normande; cette circon- Nous sommes fâché de voir 
stance, due aux liens de parenté que notre auteur ait oublié, dans 
et d'amitié qui unissaient deux sa liste des guerriers de Guil- 
parens si rapprochés, servit laume, Guilbertd'Aufay, cousin 
puissaounent au succès et à la de Bernard de Saint-Valery, et 
rapidité du voyage. Il aurait le persomiage le plus désintéressé 
fallu à cette époque , où Dieppe de toute l'armée normande : Con- 
n'jexistait pas encore, aller cher- sanguineus ducis, semper eifiddts 
cher fort loin sur la côte de Nor- fuit, dit Orderic Vital, et cum iUo 
mandie , un port assez vaste et prœcipua caetU>us suis stipaius in 
assez sûr pour servir de rendez- belle anglico discrimina pertulit. 
vous à toute la flotte normande. Verum postquam regnum pacatum 
11 paraît qu'une hranche de la est et Guillelmus regnavit. Galber» 
famille des seigneurs de Saint- tus (rege multas in Anglia posses' 
Valéry s'établit en Angleterre, siones offerenie) Neustriam repetut. 
Nous voyons figurer dans le Doo- legitimaque simpUcitate pollens de 
mesday-Book Ranulf de Saint- rapina quicquam possidere noluit. 
Valéry, comme propriétaire de L. v, p. 6o6. (A. L. P.) 



DE ROU. 273 

£ li Quens d'Où ' bien i feri , 
£ Rogier de Mongomeri^ . 
£ de Toarz Dam Ameri i383o 

Se cuntindrent corne hardi ; 
Ki il fièrent, mal sunt bailli. 
Li Dus Willame mult s'engoisse, ' 
Sor li Ëngleiz sa lance froisse ; 
D'aler à Testandart se peine 
Od li grant pople ke il meine ; 
Mult s'entremet de Héraut querre , ' 
Re par li est tute la guerre. 
Normanz vunt lor Seignor quérant, ^ 
£ mult le vunt avironant; '384o 

As Engleiz vunt granz colps douant , 
£ cil se vunt mult desfendant ; 
Forment s'esforcent è desfendent, 
Lor anemiz à colps atendent. 
Un i en out de grant vigor, 
Ke l'en teneit por luiteor ; ^ 



GailUume 

cherche Ha- 

rold dans la 

mêlée* 



Son combat 
avec nn An- 
glais qui avait 
taé beaucoup 
de Normands. 



* Robert, comte d'Eu, petit- 
fils de Richard i«% et par consé- 
qnent oncle , à la mode de Bre- 
tagne, du duc Gaillaume. Nous 
ayons déjà yu ce seigneur figurer 
à Mortemer parmi les chefs de 
l'armée normande. Voyez ci- 
dessus, p. 78; il ayait fondé en 
xoSg l'abbaye du Treport. Ce 
seigneur eut une forte part dans 
le partage des dépouilles des 
vaincus. En 1069, il contribua 

II. 



puissamment à repousser les pi- 
rates danois. Après la mort du 
Conquérant , il s'attacha au parti 
de Guillaume -le -Roux, et lui 
demeura fidèle malgré l'horrible 
supplice infligé à son fils. Voyez 
Ord. Vit., p. 704. Il existait 
encore en 1095. (A. L. P.) 

* S'efforce, 

* Chercher, 

^ Cherchant, 

* Lutteur, 

18 



274 LE ROMAN 

Od une hache k'il teneit, 
As Normanz grant mal faisait ; 
Trestuit li pople le cremeit,' 
Kar des Normanz * mult destniieît. lass» 

Li Dus poinst ^, si l'ala fërir ; 
Maiz cil guenchi^ cilfist &ilUr, 
En travers sailli un grant saut, 
£1 col leva la hache en haut ; 
Al retor ke li Dus faiseit 
Por la hache ke il cremeit 
S'acorsa ^; cil de grant vertu 
Sus a li Dus el chief féru, ^ 
Li helme li a mult pléîé , ' 
Maiz ne l'a pas granment blecié. >386o 

Por poi k'il nel' fist tresbuchier, * 
Maiz as estrieus s'est porfichiez , 
Delivrement s'est redreciez; r 
£ kant il se kuida vengier 
Et occire li pautonier, 9 
Li pautonier s'est trait arière ; 
Crieme '** a del'Duc k'il nel' fiere. " 
Entre les Engleiz vint saillant , 
Maiz n'i pout mie aveir garant. 



■ Le craignait. ' PUé^ 

•^ Car il détruisait beaucoiq> de Li btkne è li haubert pleié. 

Normands, Mes. dlr JhuhesM, 

' Pique, pousse en avant. ' Peu s'en faffitt qm^U ne le fit 

* Tourna, tomèer, 

^ Se baissa. ^ te goujat, le *vaunen. 

* Frappé, *^ Crainte, — '.' Qu*iine le frappe. 



'i/*' 



r 



DE ROU. 375 

Kar Nomianz ki l'orent véu .3S;a L'AngUi». 

L'ont parsui è conséu , ' ptreidea 

As fers des lances l'ont cosu , 
A terre l'uni mort abatu , 
Là ù la presse ert plus espease; 
Là cil de Kent è ci! d'Essessc 
A merveille se cumbateient , 1 

E H Normanz ruser ' faiseient. 
En sus les faiseient retrairc. 
Ne lor poeient grant mal faire. 

Li Dus vit sa gcnt resortir * "'ss» ^'""e* 

E les Engleiz trop esbaudîr : * AngUii 

T. 1 c ■ 1. Cpillamm 

Par les enarmes ° prmst I escu, mène kj 

Porfichié s'est de grant vertu , bau 

Une lance a prise è drecie , 

Ke un vaslet li a baillie , 

Joste li prist sun gonfanon. 

Plus de mil armez environ , 

K.i del Duc grant garde perneient 

E là îi il puigneit puigneient,* 



teint. à la longueur ordinaire de la 

' Seealir. partie du bras comprise entre la 

' Abandonritr le champ r/e ha- saignée et la paume de la maiu. 

laiBi. Outre ces anses, le bouclier était 

* Se réjouir. muni d'un baudrier de cuir, 

^ Par les anses. Les enwmes , garni d'une boucle, qui le tenait 

([ui se sont appelées plus tard If s suspendu au cou de l'homme de 

nseï , se composaient de deux guerre, lorsque celui-ci ne l'em- 

fortes bandes de cuir, clouées brassait pas au luojien des ennr- 

snr le revers de l'écu. La dis- mes. ( E. H. L.) 

l lance qui les séparait équlTalail ^ Où it galopait galopaient , 



Anglais. 



276 LE ROMAN 

Serréement si com il durent, «3890 

Verz les Engleiz férir s'esmurent ; 
Od la force des bôens destriers 
Et od li colps des Chevaliers 
La presse unt tote desrompue 
E la turbe avant els ' fendue. 
Li boen Dus avant les conduit, 
Maint enchaça è maint s'emfuit. 
Carnage des Mult véissicz Engleiz tumber, 

Gésir à terre è jambeter, 
Et as chevals cels defoler " i^ 

Ki ne se poent relever; 
Mult véissiez voler cerveles 
Et à terre gésir boeles. ^ 
Mult en chaï à cel enchaus ^ 
Des plus riches et des plus liaus. 
Engleiz par places se aestreignent , 
Gels ocient ke il ateignent, 
El plus k'il poent s'esvertuent , 
Homes abatent, chevals tuent. 
Un Engleiz a li Dus véu, «3910 

A li ociere a entendu ; * 
Od une lance k'il portout 
Férir le volt , maiz il ne pout , 
Kar li Dus l'a anceiz féru 
Et à terre jus ^ abatu. 

' Devant eux. * Chasse ^ poursuite. 

* Fouler aux pieds. ^ lia cherche' à le tuer. 

' Boyaux. ' Couché. 



DE ROU. 277 

Grant fu la noise è grant l'occise ; ' 

Maint aime i ont forz de cors mise ; 

Li vifz de suz li morz trespassent , ' 

D'ambes parz de férir se lassent. ^ 

Ki déroter pot, si dérote , «^gao 

E ki ne pot férir, si bote ; ^ 

Li forz cuntre li forz estrivent , 

Li uns morent , li altres vivent ; 

Li cuarz se vont retraiant,^ 

£ li hardiz passent avant. 

Mal est bailli ki entrels chiet, 

Grant poor a ainz k'il reliet, ^ 

£ maint en chiet ki ne relieve, 

Par la grant presse maint encrieve. ? ' 

Tant unt Normant avant empeint, » i^d^o LesNormands 

r y arrivent a 1 e- 

K'il unt à l'estendart ateint. tendard. 

Héraut à Testandart esteit , 

 son poer se desfendeit , 

Maiz mult esteit de l'oil grevez., 

Por ço k'il li esteit crevez. 

 la dolor ke il senteit 

Del colp del oil ki li doleit, ' 

Vint un armez par la bataille ; 



' Le mass€u:re. * Et qui ne peut /rt^per pousse. 

' Les vivons marchent sur les Retirant, 

morts. • Qu'il se relève, 

» Des deux eâtés ils se lassent de ' ^^^ offensé, blessé. 

•er. • Poussé. 



Harold est ren- 
versé et tué. 



278 LE ROMAN 

Héraut feri sor la ventaille , ' 
A terre le fit tresbuchier; 
E quant k'il se volt redrecier, 
Un Chevalier le ridiati , 
Ki en la cuisse le féri, 
En la cuisse parmi le gros , 
La plaie fu de si en l'os. * 



iSo'io 



Gurth est mis 
hors de com- 
bat par Guil- 
laume. 



L'étendard 

anglais est 

renversé. 



Guert vit Ëngleiz amenuisier, ' 
Vit k'il n'i out nul recovrier, * 
Vit son lignage dechaeir; 
De sei garir n'eut nul espeir. 
Fuir s'en volt , maiz ne poeit , 
Ke la presse toz tems creisseit. 
A tant puinst li Dus, si l'ateint, 
Par grant air avant Tempeint , ^ 
Ne sai se de cel colp morut , 
Maiz ço fil dit ke pose jut. ^ 
L'estendart unt à terre mis , 
£ li Reis Héraut unt occis 
£ li meillor de ses amis; 
Li gonfanon à or unt pris. '^ 



13960 



' Pièce du casquê qui se relevait 
pour prendre l'air, ou était percée 
de trous, 

^ La plaie fut jusqu'à Vos. Ici 
se terminent les actions représen- 
tées sur la tapisserie de Bayeux. 

' Diminuer^ ' 

* Moyen de réparer sa perte. 



* Le duc poussa si fort qu'il l'(U- 
tàgmt et le frappa wec grande 
violence (par grant aïr). 

^ Resta couché. 

7 Guillaume de Poitiers et 
Guillaume de Malmesbury nous 
ont donné les dejix descriptions 
suivantes de cet étendard : Mt- 



DE ROU. 
Tel presse out à Héraut occire, 
Re jo ne saî ki l'occist dire. 
Mult unt Ëngleiz grant dol eu 
Del Rei Héraut k'il unt perdu, 
£ del Duc ki l'aveit vencu 
E l'estandart out abatu. 
Mult lungement se combatirent 
£ lungement se desfendirent , 
De si ke vint à la parfin 
Re li jor toma el déclin. 
£ dune ' unt bien aparcéu , 
E li alkanz recognéu 
Re l'estandart esteit chéu, * 
E la novele vint è crut 
Re mort esteit Héraut por veir. ' 
Ne kuident maiz secors aveir ; 
De la bataille se partirent, 
Cil ki porent fuir, fuirent. 
Ne sai dire ne jo nel di , 
Ne jo n*i fu, ne jo nel' vi , 
Ni à mestre dire n oï * 
Ri li Reis Héraut abati , 
Ne de kel arme il fu nafrez , 
Maiz od li morz fu morz trovez ; 



«79 

13960 



Désespoir d«s 

Anglais. lU 

coinbattent 

jus<{a'à la fin 

du jour. 



13970 



Lm Anglais 
cessent le com- 
bat , et s'en* 
fuient. 



13980 



inorahUe quoque 'vexUbtm Heratdî , lapidiius wrie sumptuùsa contex- 

hominis armati imagmem iiUextam tum. ( A. L. P. ) — ' Alors, 
habens ex auro purissimo.,,. ' Variante: 

Vemittum Ukîd. qnod erat in Ke lor esténdart n'i parât. 

^minispttgfmaniis figura, auro et ^ Pour vrai. 



28o LE ROMAN 

Mort fu trovez entre li morz, 
Nel' pout garir ses granz esforz. 
Ils ne s'arrè- Ën^leiz ki del champ eschaper^it , 

dre». De si à Lundres ne finerent : " 

Co diseient è so creimeient * 
Ke li Normanz prez les sueient. 
Grant presse out à passer li pont, *^ 

E l'ewe fu de soz parfont; ^ 
Por la presse li pont froissa , 
E maint en l'ewe tresbucha. 
Willame bien se cumbati , 
En mainte presse s'embati , * 
Maint colp dona , maint colp reçut , 
E par sa main maint en morut. 
Dous chevals out soz li occis, * 



■ Ne s* arrêtèrent. Nos histo- 'va/Zù et frequentkan fossarum. Il 
riens contemporains de l'événe- fallut la présence et les ordres les 
ment, ne représentent point les plus précis du duc, pour détermi- 
Anglais comme atteints de cette ner les Normands à forcer les An- 
terreur panique que leur préfe glais dans une position aussi ayan- 
ici Wace. Nous ayons déjà cité tageuse; quelques uns de leors 
le témoignage de Guillaume de guerriers les plus distingnéir, et 
Jumièges, relatiyement au re- entre autres Eugenulfe del' Aigle, 
tranchement caché par des buis- périrent dans ce nouyel assaat, 
sons , sur le bord duquel les et Eustacbe de Boulogne y fut 
Anglais se rallièrent et tinrent grièyement blessé. ( A. L. P.) 
tête à leurs yainqueurs. Nous * Craignant, 
trouyons la même circonstance ' Profonde. 
dans Guillaume de Poitiers : Re- ^ Se fourra. 
tUit tamen fugientibus confidentia, ^ Guillaume de Poitiers et 
nactis ad renovandum eertamen Guillaume de Malmesbury por- 
maximam opportuniiatem prœrupti tent à trois le nombre des che- 



\ 



DE ROU. 
£ li tiers a par busuing pris , 
Si k'il à terre ne chai, 
Ne de sanc gute n'i perdi. ■ 
Cornent ke chescun le fëist, 
Ki ke morust ne ki vesquist , 
Veir est • ke Willame veinqui. 
Des Engleiz mult del champ fui ' 
£ maint en morut par li places ; 
A Dex Willeme en rent grâces. 
Li Dus Willame par fierté, 
Là il l'estendart out este 
Rova ^ son gonfanon porter, 
£ là le fist en haut lever; 
Go fil li signe k'il out veincu 
£ l'estandart out abatu. 
Entre li morz fist son tref ^ tendre, 
£ là rova son hostel prendre; 
Là fist son mangier aporter ^ 
Et aparaillier son souper. ? 



a8x 



i4ooo 



i4oio 



Ouillanme fait 

placer son 

étendard à 

Tendroit où 

était celui 

d'Harold. 



Il établit sa 
tente sur le 
champ de 



Taux toés sons le dac. JEqui très 
ceeidenmt sub eo confossL 

(A.L.P.) 

' Ne de sanc qaires ne perdi. 
Mss, de Duekesne. 

* Il est vrai. 

' Beaucoi^ d'Anglais s'enfui- 
rent du champ de bataille, 

* Ordonna, 

' Sa tente. Suivant Guillaume 
de Jumîèges, ce ne fut qu*au 



milieu de la nuit que le duc, 
▼ictorieuxy revint de la pour- 
suite des fuyards. ( A. L. P. ) 

' E fist son gonfanon porter.... 
Mss, de Duchesne. 

' Guillaume de Poitiers nous 
représente le duc comme ayant 
éprouvé en ce moment un mou- 
vement de pitié bien naturel à la 
vue de ce champ de bataille jon- 
ché de morts : Ad aream beUi re- 



28a LE ROMAN 

ijaiaiUe, mal- Eis VUS * Galtier Giffiirt puignant : 

gré le» avis de r ^ -1 i J 1 r- ^ 

Gautier Gif. Sire , let-il 9 k alez laisant ? 



fard. 



Vos n'estes mie avenament «4o»« 

Remez od ceste morte gent. ' 

Maint Engleiz gist eosanglenté 

Entre li morz sain u nafrë , 

Ki de lor sanc se sunt soillié , 

Et od li morz de gré couchié , ^ 

Ki par noit kuident relever, 

£ par noit kuident escaper ; 

Maiz mult se kuident ainz vengier, 

E mult se kuident vendre chier. 

Ne chaut chescun de sa vie, «4«î« 

Ne li chaut poiz ki l'ocie , 

Maiz ke il ait un Normant mort. ^ 

Nos lor faison' ço dient, tort. 

Aillors déussiez herbergier, ^ 

E faire vos eschargaitier ^ 

A mil u à dous mil armez 

De cels îi plus vos fiez. 

Seit ennuit ' faite l'eschargaite ; ' 



gressus, reperit stragem quam non après, poiuyu qu'il ait tué un Nor^ 

absque miseratione conspexit. . . . mand, 

(A. L. P.) * Loger. — * Garder^ surveiHtr. 

' roUà. ' Variante : 

' Tous n^étes pas convenable. .^»:\ 

ment placé parmi ces morts. Aujourd'hui, 

* La garde. 
Couché exprès. . Seit i oui. l'eMh.rgtil» faite. 

* Ne AU imperte qu'il soit tué Mss, de Duehesne, 



DE ROU. 

Nos ne savons ki nos agaite ; 
Fière jomée avon hui faite , 
Maiz la fin bien me plaist è haite. ' 
Gifert, dist li Dus, Dex merci , 
Bien l'avome fet tresqu ici , " 
Et se Dex le velt cunsentir, 
£ ke à li vienge à pleisir, 
Bien le feron d'ore en avant ; 
De tôt traion ^ Dex à garant. 
Issi s'en est Giffart tomez 
Et Willame s'est désarmez. 
A la guige ^ del col oster, 
Et al helme del chief sevrer ^ 
Et al hauber del dos verser 
Vinrent Baronz è Chevaliei's 
E dameisels 6t esquiers ; 
Li colps virent granz en lescu 
£ li helme ont quassé véu. 
A grant merveille uni tôt tenu 
£ dient tuient : tel ber ne fîi 
Ki si poinsist è si fërist, 
Ne ki d'armes tels faiz si fist ; ^ 
Poiz RoUant ne poiz Olivier 
N'out en terre tel Chevalier. 



28B 



i4o4o 



i4o5o 



Les barons 
obserrentaTec 
admiration la 
quantité et ]a 

gravité des 

conps dont les 

armes du duc 

portent l'em» 

preinte. 



i4oâo 



Ils l'élèTent 
au-dessus de 
tous les guer- 
riers. 



' Et réjouit. 
* Jusqu'ici. 
' Prenons. 



< La courrqie de Vécu. 

* Oter^ séparer. 

* Teb faiï soffrit. 

Mss. de Duchesnc. 



a84 LE ROMAN 

Mult le preisent , mult le loent , 
De ço k'il unt vëu s'esjoent, 
Maiz dolens sunt de lor amis , 
Ki sunt en la bataille occis. 
Li Dus fîi entrels en estant * 
De bêle groisse è de bel grant ; * 
Grâces rendi al Rei de gloire 
Par ki il out eu victoire ; >'<^'° 

Li chevaliers a merciez, * ^ 

E li morz sovent regretez. 
A la champaigne la nuit jut, ' 
Entre li morz mainga è but. 
Leiendemain, Dicmainc * fu cl demain ; 

on enterre les 

morts. Cil ki orent ju à cel plain * 

E ki orent veillié as chans ^ 
E sofert orent mainz ahans , ? 
Par matin furent el jor Levez ; 
Par la champaigne sunt aie , '^°'« 

Lor amis unt fet enterrer, 
Cels k'il porent morz trover. * 
Li nobles dames de la terre 
Sunt alées lor maris querre; ^ 



' Debout, ploie encore dans le même sens 

* D'une belle corpulence et d'une en Basse-Normandie. 

belle grandeur. * F'olentibus ad humandum eos 

' Coucha, colUgere liberam concessit potesta' 

* Dimanche. tem, Will. Pic|. (A. L. P.) 
' Dans cette pkUne. 9 Chercher, 

* /lux champs. Sont Tenues lor amis qnerre. 
^ Maintes fatigues. Ce mot s'em- JUss. de Duchesne. 



r 



DE ROU. 285 

Li unes vunt quérant lor pères , 
U lor espos u filz u frères; 
A lor villes les emportèrent, 
£t as mostiers ' les enterrèrent. 
Clers è proveires • del païs , 
Par requeste de lor amis >4o9* 

Unt cels ke il troverent pris; 
Charniers unt fait , cil unt enz ^ mis. 
Li Reis Héraut fu emportez , Haroid est en. 

'^ ' terréàWal- 

£ a Varham ^ m enterrez ; tham. 



' Aux église*. même qu'il avait fii yaillammeut 
* Prêtres, défendu. L'expression employée 
> Dedans, par Orderic Vital . nous parait 
^ L'abbaye de Wakham , dans plus juste ; car nous ne Toyons 
le comté d'Essex , fondée par pas quels rapports particuliers 
Harold. On trouye dans le JUo' entre Harold et le seigneur nor- 
ttost, angUc, la charte de confir- mand auraient pu motiyer la de- 
mation d'Edouard -le - Confes- mande de celui-ci Dans tous les 
seuTy portant la date de io6a. cas , c'est bien Guillaume Mallet, 
Si l'on en croit les historiens père de Robert Mallet y fonda- 
normands , le corps d'Harold teur du prieuré d'Eye , dans le 
ayant été reconnu parmi les comté de Sufifolk , et tige de la 
morts, non à ses traits, mais à maison normande Mallet de Gra- 
quelqnes signes corporels , on yille , que les deux historiens ont 
rapporta dans le camp du duc. youlu désigner ; et même , en 
Celui-ci, après ayoir, comme adoptant la tradition consignée 
nous l'ayons déjà dit , refusé dans le manuscrit de Waltham , 
obstinément de le rendre aux il reste très probable que ce fut 
prières de sa mère Ghita , et ce seigneur que Guillaume char* 
même de l'échanger contre un gea le plus particulièrement de 
poids égal en or , l'accorda (c<7A- protéger et d'accompagner le 
cessie)^ suivant Guillaume de convoi. 

Poitiers , ou le remit, suivant Le récit de Guillaume de Mal- 

Orderic Vital (Dtetoris jussu tra^ mesbury est fort différent. Sui- 

ditus est) , à Guillaume Mallet, vaut lui , le vainqueur , sans you- 

pour être enterré près du rivage loir accepter les présens de Ghi- 



286 LE ROMAN 

Maiz jo ne sai ki l'emporta , 
Ne jo ne sai ki l'enterra. 
Maint en remest ' el champ gisant , 
Maint s'en ala par nuit fuiant^ 
GuUiaume est Li Eveskes s'entremanderent. 

eui et conrou- ^ 

népariesévê- Et à Londres s'entr'asemMereut ; »4'o«> 

quesetlesba- t • ¥> % i 

ron» anglais. Li Baronz sunt a eh venu, 



ta y Ini renvoya immédiatement au vaincpieut dijt marcs d'or en 
le corps de son fils, et la mal* témoignage de leur reconnais- 
heureuse mère le fit enterrer à sance , et se mirent en deYoîr 
Waltham. de dbercher la dépooiUe mor- 
Nous ne pouTons nous défen- telle du monarque anglais ; mais 
dre de préférer à x;es diverses ils ne purent venir à bout de la 
versions le touchant récit con- distinguer parmi un si grand 
signé dans le manuscrit de Tab- nombre de cadavres totalement 
baye de Waltham, dont Tau- défigurés. Ils n'eurent d'autre 
teur vivait au commencement du moyen d'y parvenir que d'aller 
douzième siècle. En voici à peu chercher sa maîtresse , Edith an 
près la substance : « Les moines cou de cygne. Osegod remplit 
de Waltham , voyant avec re- cette mission , et l'amena snr le 
gret Harold s'engager trop pré- champ de bataille, où, après nn 
cipitamment dans une lutte in- long examen , elle réusnt enfin 
égale , envoyèrent deux de leurs dans cette horrible recherche, 
frères les plus respectables, Ose- et reconnut, à des signes oer- 
god Gnoppe et Ailric-le-Maitre- tains, le corps de son royal 
d'école *, pour épier les événe- amant. Les restes d'HaroId furent 
mens , et rendre , au besoin , les immédiatement portés à l'abbaye 
derniers devoirs à leur protec- deWaltham, et plusieurs comtes 
teur. Les deux moines s'étant normands assistèrent à son con- 
placés de manière à être les té- voi. » Cette Edith est Édith-la- 
moins oculaires de la bataille , Belle , Editha Pulckra , si souvent 
se présentèrent devant Guil* mentionnée dans le Domesdaj» 
laume aussitôt qu'elle fut termi- Book, Voy. Eist, ofengl. During 
née, et réclamèrent de lui le the middle âges by Sharon Tunur , 
corps d'Harold. Cette demande i, p. 79 et 83. (A. L. P.) 
leur fut accordée. Ils offrirent " Reste. 

« The CkiideiMÙter. 



DE ROU. 
Grant concile unt entrais tenu. 
Par comun conseil del clei^é, 
Ki l'unt loé è cunseillié 
£ par li Baronz ki véeient ' 
Ke altra eslîera * ne poeient , 
Unt li Dus fet Reis coroné 
£ feelté li unt juré ; 
Féelté en prist è homages, 
Si lor rendi lor éritages. 
Mil ans seisante è sis aveit, 
Se li clers iint conté par dreit , 
Poiz la naissance Jliesu Crist 
Quant Willame corone prist ; ' 
Vint et im an demie è plus * 
Fu poiz Willame Rcîs è Dus. 
A plusors ki l'orent sui ^ 
E ki l'orent liinges servi 
Dona chastels, dona citez, 
Dona maneirs , dona comtez , 
Doua terres, as vavassors 
Dooa altres rentes plusors. 
Poiz fist toz li Baronz mandei" 
£ toz les Ëngleiz asembler : 



' (jai vojaienl. 
'Htn. 

' GtiiUaamt fut couronné U jom 
Ùe Noël, i5 décembre ia66. 
(A.L.P.) 



d*après les- 
quelles ils se- 
ront gouyer- 
nés. 



Ils choisissent 
celles d*É- 
doaard-le- 
Confesseur. 



288 L£ ROMAN 

A chois les mist kels leis ' teindreient, 
£ kels costumes il voldreient 
U des Normanz u des Ëngleiz, 
De kels Seignors è de kels Reiz; 
£ cil distrent : del Rei Ëwart, 
Li soes ' leis lor tienge è gart. ' 
Li costumes k'il cognoisseient, 
K'al tems £wart tenir soleient , 
Gelés voldrent, celés requistrent, 
Gelés lor plorent, celés pristrent : 
Issi lor fîi à Yolenté 
£ li Reis lor a graantë. ^ 
Maint travail out è mainte guerre 
Ainz k'il éust en paiz la terre , 
Maiz cornent ^ k'il li fiist grief, 
De tote trait-il bien à chief.^ 



i4i3* 



i4i4o 



£n Normendie trespassa ? 
£ tant il i vint, tant ala, 
Paiz fist deçà , paiz fist delà , 
Larronz destruit, félons greva. 
La ù la bataille out esté 
Fist Abéie è mist Abé. ' 



' Quelles lois, 

* Les siennes, 
' Et garde. 

^ Leur a accordé, 

* Quoique, 



' De tout U se tira bien, 
7 Passa, Le premier voyage de 
Guillaume en Normandie eat 
lieu dans le mois de mars de Tan- 
née 1067. (A. L. P.) 

' Voyez sur la fondation de 



DE ROIT. 
Li Reis de France le requi^t 
Ke d'Engleterre le servist 
Corne de l'altre fieu faseit 
De Normendie k'îl teneit, 
£ Willame li respondi 
K'il l'en servireit àltresi ' 
Corne il li aveit valu 
A son busuing è maintenu. 
N'a conquerre " ne li valu , 
N'a Sun busuing le secoru ; 
De Sun fieu le servira bien , 
Maiz d'altre fieu ne li deit rieti ; 
Engleterre a sainz li cunquise , 
N'en deit forz à Dei nul servise 
Et à l'Apostoile de Rome ; 
N'en deit servir nul altre home. 
De Normendie è de son dreit , 
Le servira si com il deit , 
Maiz se il le ëust aidié 
Issi cum il li out préié , 
E sis cors ovoc li féust^ ^ 



a89 



Guillaume re- 
fuse de tenir 

l'Angleterre 
en fief dn roi 

de France. 



è^xSq 



1416c 



cette abbaye de Saint-Martin- la construction, jusqu^à ce qu'on 
de -la -Bataille (Battle-Âbbey) , en eût déoouyert dans le pays. 



les renseignemens étendus ren- 
fermés dans le Monast. anglîc,, 
I9 p. 3io-3i9. On eut soin de 
placer l'autel dans l'endroit mê- 
me où Harold ayait été tué au 
pied de son étendard. On alla 
chercher des piètres à Gaen pour 

II. 



( A. L. P. ) 
' Ainsi. 

* Conquête. 

^ E soal sis cors o?ec li fust* 
Mss, de Duehesne, 



igo 



Brouilles et 
guerres eqtre 
ces deux rois. 



Guillaume est 

retenu par une 

maladie à 

Rouen. 



MauTaise plai- 
santerie du roi 
de France. 



LE ROMAN 

Dit fust ke par li Reis l'éust. * 
Issi se sunt entre meslé , ' 
Maiz poiz se sunt entre acordé ; 
Li Reis de France plus n'i fist , 
Ne Willame plus ne requist. 
Franceiz sovent le guerreient 
£ mult sovent le leidangeient ; ' 
Willame bien se desfendi , 
Gels de France sovent laidi 
£ maintes fez li meschat , ^ 
1er gaaingna et hui perdi ; 
De guerre fera vait issi , ^ 
Ki out perdu poiz recoilli. 
A Roem estait à séjor 
U il aveit esté maint jor ; 
Une enferté ^ là li avint , 
Ne sai dire combien le tint , 
Ne pout monter sor son destrier, 
Armes porter ne guerréier- 
Li Reis de France oï mult tost 
R'il ne poeit aler en ost, 
£ ke il geseit en son liet ; ' 
Mandé li a par mal despiet ^ 



i4i;o 



14180 



«4'9» 



* Et s'il l'eût accompagné en per^ ' // tarrw^ ainsi quand on /ait la 
sonne , il aurait été dit qu'il la te- guerre. 

nait au nom du Roi. ^ Une maladie. 

* Brouillés. ^ Les payaanidu Besûn dûent 
^ L'offensant, eneore un liet poiv un lit, 

* lui arripa mal, * Par méehmeeté. 



DE ROU. 
Ke lunges géseit en gésine ' 
Corne femefet en cortine; 
Bien déust desormez lever, 
Trop poeit lunges reposer. 
Willame li a respondu 
Ke encor n'a gaires géu : ' 
Quant jo, dist-il , relèverai , 
Dedenz sa terre à messe irai. 
Riche ofirende li porterai , 
Mille chandeles li ofrerai; 
Lumeignons de fust i ara, 
£ fer por feu en som luira. ^ 
Ço manda è quant il gari , 
Ço k'il dist issi acompli : * 
En France mena mil armez, 
Lances dreites, li fer levez; 
Maisons è viles fist ardeir, ^ 
Li feus en pout li Reis véir; 
Poiz fist à Mantes un arson , 
La vile mist tote en charbon , 
Li hors arstrent ^ è li citez j 
£ li mostiers unt aluméz. 



291 



5 - 



14^00 



Réponse hos- 
tile de Guil- 
laume. 



Accomplisse- 
ment de ses 
menaces. 



■4310 



Il incendie la 
Tille de Man- 
tes. 



' Que lon^'temps il restait en 
gésine (en couches). 

' Resté couché. 

' // y aura des mèches de bois , 
«^, au lieu de feu , le fer y luira 
au sommet. 



4 SràUr, Cette expédition de 
GniUamne eut lien dans la der- 
nière semaine de juillet 1087. 

(A.L.P.) 

* Un incendie. 

• Brûlent. 



29λ 



Son cheval se 

cabre et le 

blesse. 



Il revient à 

Rouen , et se 

fait porter à 

Saint Gervais. 



LE ROMAN 

Parmi la vile trespassout ' 
Sor un cheval ke mult amout , 
En un arsiz ' mist ses dous piez , 
Maist tost les out à sei sachiez; ^ 
Par grant aïr * avant sailli , 
Li Reis se tint k'il ne chaï , 
Et il por ço mult se bleça 
A son arçon ù il hurta. 
E quant li Reis d'iloc toma 
Od la grant gent ke il mena, 
A Roem vint, si acocha; * 
E por li mal ki s'engréga, ^ 
Porter se fist à Saint Gervaise, 
Por ço ke plus li est en aise. ^ 
Sa terre à ses filz a donée, 
K'emprez sa mort ne seit medlée. ® 
Toz ses Baronz a apelez : 
Oez î>, dist-il , si m'entendez. 



1.|Î20 



l433c 



' Passait. 

* Lieu brûlé, amas de charbons. 
' Retirés. 

♦ Violence. 
^ Il s'alita. 

^ Qui s*aggrawi. 

7 Etquia strepittts Rotomagi, quœ 
populosa civitas est, intolerabUis 
erat œgrotrniH^ extra urbem ipse 
rex prœcepit se efferri ad ecclesiam 
Sancti Genf€uii in colle sitam occi' 
dentali..., Ord. Vît., vu , p. 656. 
Suiyant Eadmer , c'est au fau- 



bourg d'Émendreyille , aujour- 
d'hui Saint -Seyer, qjae Guil- 
laume se serait fait porter pour 
se rapprocher de Saint«Aiiseline : 
Transita igitur Sequana, decuhmt 
lecto in Ermentrudisvitta quœ est 
contra Rotomagum in altéra flumi- 
nis parte. Maist;ette assertion in- 
yraisemblable ne peut prévaloir 
contre le témoignage positif d*0- 
deric Vital. (A.L.P.) 

■ Dispute. 

9 Écoutez. 



DE ROU. 
Normeiidie mon ëritage , 
U li plus est de mon lignage , 
Doins à Robert mon filz l'ainz ne , 
£ jo li ai por ço graé ' 
Dez ancez ' ke jo fusse Rèis; 
Encore li doins li Mans en creis , ^ 
Li Mans è Normendie ara , 
Li Reis de France en servira. 
En Normendie a gent mult fiere , ^ 
Jo ne sai gent de tel manière; 
Chevaliers sont proz è vaillanz , 
Par totes terres cunquëranz. 
Se Normanz unt boen chevetaigne , ^ 
Mult fait à criendre lor cumpaigne ; 
Se il n'en unt de Seignor crieme , ^ 
Ki les destreigne è aprieme , 7 
Tost en ara malveiz servise. 
Normanz ne sunt proz sainz justise ; 



29^ 



Il dis{)0&e de 

la IVormaudie 

et du Maine 

en faveur de 

Robert , sou 

fils atnë. 



Ses réflexions 
bur le carac- 
14240 tère des Nor- 
mands. 



' Accordé, 

* Dès avant, 
' £11 sus, 

* Ce jugement sur les Nor- 
mands est tout-è-fait semblable 
à celui (ju'Orderic Vital prête 
au monarque mourant : Norman^ 
ni, si bono rigidoque dominatu re~ 
guntur, strenuissimi sunt et in arduis 
rébus invicti omnes excellant et 
cunetis hostibus fortiores superare 
contendunt. Alioquin sese vicissim 
dilaniant atque consumant, RebcU 



liones enim cupiunt , seditiones 
enim.appetunt^ et ad omne nef as 
prompti sunt, RectUudinis ergoforti 
censura coerceantur et frœno disci- 
plinai per tramitem justitiœ gradiri 
compellantur. Si verb ad libitum 
suum sinejugo ut indomitus onager 
ire pennittuntur^ ipsi et principes 
eorum penuria et confusione pro- 
brosa opperientur, Ord. Vit. , vir , 

p. er^e, ( a. l. p. ) 

^ Capitaine, 

** Crainte. 

' Qm les serre et les opprime. 



Il exprime le 

désir que 

Gaillaume , 

son second 

fils , soit roi 

d'Angleterre. 



294 L£ ROMAN 

Foler è plaisier lor convient , " 
Se en toz temps soz piez nés tient , 
£ ki bien les defolt è poigne , ' 
D'els porra fere sa besoigne. 
Orguillos sunt Normant è fier , 
£ vantéor è bonbancier; 
Toz tems les devreit l'en plaisier, ^ 
Kar mult sunt fort à justisier : ^ 
Mult a à fere et à penser 
Robert ki deit tel gent vgarder. 
Guillelme ki ci est mis filz, 
Ki mult est nobles è gentiz , 
Voldreie jo mult avancier, 
Se Dex le voleit otréier. 
£ngleterre à son œe coveit , ^ 
K'il en fust Rei s'estre poeit ; 
Maiz jo nel poiz fere par mei;^ 
Raisnablement ? savez por kei. 
£ngleterre cunquis à tort. 



ii5o 



1.J260 



' Il fiait h$finuier et Us plier. 

* Et qui bien les foule et les 
frappe, 

* Courber, plier. 

* Gouverner. 

^ A son gré désire, 

^ Cette leçon est parfeitement 
conforme à ce qu'Orderic Vital 
fait dire à Guillaume sur ce su- 
jet : Neminem AngUci regni con- 
stituo heredem.... Fastes igitur hu- 



jus regni, quod cum tôt peccaùs 
ohtinui, nulli audeo tradere nisi 
Deo soli.... Dans le manuscrit de 
Ducheme , on trouve une leçon 
tonte contraire qui ne nous pa- 
ralt pas heureuse : 

Por ceo le paix fere par mei , 
Resgnablement savez por kei. 
Engleterre ai cunquiae k dreit 
E por ceo voil Seignor cb leit. 

(A. L. P.) 
' Ru'uofmablement. 



DE ROU. 

A tort i out maiat hoem mort , 
Les eirs en ai à tort ocis, 
£t à tort ai li règne pris; 
£ ço ke j'ai à tort toleit , ' 
Où jo n'en aveie nul dreit 
Ne dei mie à mon filz doner, 
Ne à tort nel' deit ériter. 
Maiz ultre mer l'enverrai , 
A l'Archeveske prëirai 
Ke la corone li otreit; * 
Se il le pot fere par raison , 
Jo preie k'il l'en face le don. 
A Henri mon fik li pui2 né 
Ai cinc mile livres doné , 
Et à Guillalme ci contant ^ 
Et à Robert l'altre &h mant , ^ 
Ke chescun en sa poesté , ^ 
Issi ^ come il m'a en chierté , 
Face Henris riche è manant , 
Plus ke home de li tenant. ? 
Sis semaines malade jut , 
Fort fil li mal , Yenferté crut. 
As Eveskes et as Abez , 
Et as,proveires coronez 
Se fist de ses péchie;t confez y 



tgS 



1427. 



iaSo 



11 donne à 
Henri cinq 
mille livres , 
et le recom- 
mande à bes 
frères. 



14390 



Sa maladie 
dure six se- 
maines. 

Il se confesse 
et communie. 



' Ravi, 

* Lui accorde. 
^ Commande, 

* Mande. 



^ Selon sa puissance. 

® Ainsi, 

^ Qui relève de lui. 



Il fait délivrer 

les prison- 
niers , et même 
son frère 
Odon. 



Détails sur 
Odon. 



296 LE ROMAN 

Corpus Domini prist emprez. 
De tote sien se désaisi , . . 
Tôt devisa , tôt desparti , 
Li prisons ' fist toz délivrer, 
£ toz les fist qui tes clamer, 
E son frère l'Eveske Odon 
Fist délivrer de la prison; 
E se il kuidast lunges vivre , 
Ne leissast pas si tost délivre. 
En l'isle de Wic * l'aveit pris 
Et à Roem en prison mis ; 
Malicios ert, ço diseit, 
E coveitos ^ plus ne poeit. 
Pose out esté sis Seneschals , 
A totes genz cruels è mais; ^ 
Tote Engleterre se plaigneit , 
Povres è riches raenmeit. * 
Privéement aveit enquiz 
E demande à ses amis , 
Se jà Eveske Reis sereit, 
Ne se j à estre Reis porreit; 
Reis esperout k'il devendreit, 
,Se li Reis ainz de li morreit : 
En son grant aveir se fiout^ 
Et as granz genz ke il menout 



14300 



■4310 



' Jjcs prisonniers. 
» L'ile de Wight. 



' Avide, désireux, ambitieux. 
* Méchant. — ' Rançonnait. 



DE ROU. 297 

Par granz diz è par granz paroles 
£ par pramesses k'il fist foies ; 
Li Reis le tint mult à feloû 14320 

E vers li aveit sospeçon. 
Quant il Tout comandé à prendre , 
Por son compte k'il ne volt rendre 
De sa rente k'il out eue 
D'Engleterre k'il out tenue , 
N'i out Baronz ki l'adesast, * 
!Ne ki sa main mètre i osast. 
Quant li boen Reis avant sailli , ' 
Par les ataches le saisi , 

Avant le trait tôt forz del renc : ^ 14330 

Jo vos prenc, dist-il, jo vos prenc. 
Vos me faites, dist Odes, tort ; 
Eveske suis è croce port, 
Ne devez mètre main en mei. 
Par mon chief , dist li Rei , si dei : ^ 
Jo prendrai li comte de Kent 
E mon baillif è mon servent , ^ 
Ki ne m'a pas conte tenu 
De mon règne ^ k'il a eu. 
Issi fu pri^ è retenu , 14340 

De quatre anz poiz ne fu rendu. 
Prez fu la nef, boen fu li venz 



' Qui le touchât. * Oui je le dois, 

* S'avança. * J^on serviteur. 

^ Il le tira tout hors du rang, ^ De mon royaume. 



29» LE ROMAN 

£ li Eveske iu mis enz : 
A Roem fu par mer menez , 
Et en la tur quatre anz gardez , 
Ne mikes poiz n'en pout issir 
De si ke li Reis dut morir. * 



CircoQstauces 

de la mort de 

Guillaume. 



Son âge. 



Entrant setembre h l'oisme di ' 
Morut li Reis, del siècle issi. ^ 
A Tore ke primes* sona, 
K'il oî bien è demanda 
Ke ço esteit ki dune sonout ; 
Dex reclama si corne il pout 
£ Madame Sainte Marie ; 
Tôt en parlant fina sa vie, 
E de son sens n'en empeira, ^ 
Ne sa parole ne mua. ^ 
Seisante è quatr'anz out vesku ' 



i435o 



' Tout ce récit de rairestation 
etdela captivité d'Odon , est par- 
faitement conforme à ce qu'en 
dit Orderic Vital, vu, p. 647. 

(A. L.P.) 

* Le matin du huitième jour dû 
septembre. Les historiens ne sont 
pas d'accord sur le \&w de la 
raort de Guillaume-le-C6nqué- 
raht. Guillaume dé Jumiéges la 
place au quatrième des ides, 10 
septembre ; mais Orderic Vital, 
et le nécrologe de Jumiègetf , in- 
diquent le cîiH|uième jour des 



ides, 9 è&pttmhfe^ et nous adop- 
tons cette fixation. (A. L. P.) 

' Sortit. 

♦ Une heure. 

*■ Il eonar¥a son bon sens, 

^ Ne chanffeq^ 

7 Nous saisissons avec empres- 
sement l'occasion de réparer nùe 
inexactitude commise par mé- 
garde ci-dessus, i, p. 898 , dans 
une note relative à la durée de 
la vie du roi Guillaume. Ce n'est 
point , comme nous l'avons dit , 
Ordsnc Vitri, ttuMs le continna- 



DE ROU. 
£ maint travail d'armes eu. 
N'aveit encor ke sol ' set anz , 
Petit esteit , n'ert mie granz 
Quant li Dus Rdiert se croisa 
Et en lerusalem ala. 
El terme ke li Reis fina 
£ ke del siècle trespassa, . 
Véissiez mult servenz errer, 
£ cels issir è cels entrer ; 
Vêles è covertours embler, • 



»99 



i436o 



Désordre et 
pillage qui su i' 
yent immédia- 
tement sa 
mort. 



tenr de Guillaume de Jumièges, 
qui a remarqué que ce prince 
était mort à près de soixante ans : 
Vcrèsexagenanus. Willem. Gem- 
met., YiT, p. 399. Nous n'en 
persistons pas moins dans cette 
opinion, qui est aussi celle de 
Guillaume .de Malmesbury. Or- 
deric Vital et Robert Wace , qui 
ont avancé des fixations différen- 
tes , ont pris soin de se démentir 
eux-mêmes. Ainsi le premier, 
ayant de porter à cinquante-six 
le nombre des années du gou- 
Ternement de Guillaume, et à 
soixante-quatre celui des années 
de sa vie, L. it, p. 5x6, C; et 
L. VII , p. 656 , C^ nous a averti , 
L. I, p. 3^1, D, que ce prince 
n'avait succédé à son père que 
vers io36 ( époque où il était âgé 
de huit ans ), et n'ayaît adminis- 
tré le duché que pendant cin- 
quante ans. Quant à notre au- 
teur, qui tt*e9t pds d'aîHenrs uue 



autorité bien.imposante en chro- 
nologie « après nous atoîr dit ici 
que Guillaume vécut soixante - 
quatre ans, et n'en ayait que 
sept quand son pèie partit pour 
la Terre-Sainte, ce qui porte à 
environ cinquante-sept le nom- 
bre des années de son gouverne- 
ment , il les réduit à cinquante- 
trois et demie dans la Chrotiique 
as€€ndatit^ des Ducs de Nûrmandicy 
qui est d'une date visiblement 
postérieure à celle du Roman de 
Rou, et mérite par conséquent 
plus de confiance. Ainsi l'un et 
Tautre s'accordent, à très peu 
de chose près , avec le calcul 
des deux aiatres historiens. 

(A. L. P.) 

' Seulement, 

IV 'ayak encor ke sol noef ans. 
Mss. de Duchesne. 

* Enlever voiles et couvertures. 
Cette leçon nous est fournie par 



3oo LE ROMAN 

E quant k'il porent trestorner. * 
Une jornée tote entière,^ 
Ainz ke li cors ftist mis en bière ,' 
Leissierent li Reis sol gésant 
Ke l'en soleit criendre devant. 
Dune fil la novele espandue 
E la gent fii grant acorue , 
E li Eveske è li Baron 
Vinrent o grant procession ; 
Son corps est Li cors unt Hiul bel conreé , 

embaume et ^ 

porté à Caen. Overt cst , oint et embasmé. 

A Caem unt li cors porté, 
Si com il aveit. comandé. 

On lui fait des NY)ut uul Evcskc en la province, 

obsèques ma- 

gnifiques. Abé , uc Comtc , ne haut prince , 

Ki ne fiist al cors enterrer, 
Por ço ke il péust aler ; 
Mult i out muignes revestuz 
E proveires è clers menuz. 
Quant li cors orent conreé , ^ 



14370 



//,38o 



le manuscrit de Duchesne ; dans * Inferiores ergb clientali... av' 

un autre manuscrit y on trouye : ma, vasa^ ^vestes et tinteamina, 

Vélos è covertos embler. omnemque reg'mm supeliectUem m- 

. _ pueront, et relicto régis cadaçere 

Le texte que nous ayons adopte x j - j r . 

t, P- . ^, penenudo m area domus, aufuge' 

est parfaitement conforme au ré- ' * i, \ jl »: \« 

• i»-r^ j . -.r- 1 ,. runt,..,aprimausquèadtertumsu' 

cit dOrdenc Vital: ^e^tejcr/m- j l j r * ,* 

per nuaam humum derelictus est. 

teamma.... rapuerunt. Vk j • -«r** 1 ce 

/' A T D ^ Ordenc Vital, yii, p. 661. 

^ ^' ^ ^ ^ (A. L. P.) 

' Détourner, dérober, 3 Pr^xtré, orné^ décoré. 



DE ROU. 
Haut chantèrent libéra me. 
A l'iglise unt porté li cors , 
Maiz la bière ert encore fors , * 
Quant iloc sorz une criée , 
Dunt la gent fu tote esfrée , 
Ke la vile esteit alumée ; 
Tote la gent i est.alée. 
Tuit forz li moignes i corurent , 
Cil remestrent el cors * è furent ; 
Quant li feu chaï è quassa , 
La gent arière retoma. 
Li cors portèrent al mostier, 
E li clers firent lor mestier ; 
Tuit unt od boene volenté 
Requiem eternam chanté. 
Endementrez ke ^ l'en faiseit 
Li sarkeu îi gésir debveit, 
E li Eveske è li Baron 
Ësteient iloc environ ; 
Eis vos un vavassor errant,* 
Ki la presse vint desrompant, 
Acelin out nom, filz Artur, 
Par la presse vint asséur. ^ 
Sot une pierre en haut monta , 
De vers la bière se torna , 



3oi 



14390 



La cérémonie 
est troublée et 
interrompae 
par im incen- 
die. 



i/|)0O 



i44'o 



Puis par la 
réclamation 
que fait Asce- 
lin du terrain 
où le Roi Ta 
être enterré. 



^Dehors, ^ Pendant que. 

* Ceux ' ci restèrent près du ^ Courant. 
*^^7"* * D'une manière assurée» 



3o2 LE ROMAN 

Clers et Eveskes apela , 

En haut s'estut % en haut parla 

E tôt li pople l'esgarda. 

Seignors , dist-il , entendez ça : 

Jo dévëe à toz è desfent 

De par Jhesu omnipotent 

E par TApostoile de Rome, '44»« 

NeF pois vëer ' par plus haut home, 

Ke vos Willame n'enterrez 

El lieu il mètre le devez , 

Ne ke il en mon dreit ne gise, 

Kar tôt li plus ^ de ceste iglise 

Est en mon dreit è en mon fieu. ^ 

Jo n'ai dreit greignur^ en nul lieu, 

Jo nel' vendi , nel' engagai , 

Ne nel' forfis, ne nel' donat, 

Ne il de moi ne l'engaga, '44^» 

N'en gage rien ne m'en dona ; ^ 

Par la force le me toli , 

Unkes poiz dreit ne m'en offri. 

Jo l'en apel noméement, 

Ke dreit m'en face el jugement 

U tuit irunt comunément 

Devant icel ki pas ne ment ; 



' Se plaça. ' Plus grand. 

• Défendre, « Ne il à moi ne Tachata 

' La plus grande partie. n^ g.ge riens ne m'en dont. 

* Et de mon fief, Mss, Je Dvekesne. 



DE ROU. 

A cel jor m'en rende raison , 

Devant toz l'en semon par non. 

Quant ço out dit, $i descendi. 

£is vos ' par li mostier grant cri , 

Par li mostier out tel temulte, 

Nus n'i oi altre ne esculte ; * 

£ cil ki vont è cil ki vienent , 

Tel chose à grant merveille tienent 

Del Rei ki tant avait cunquis , 

Tantes citez , tant chastels pris , 

N'en a de terre quite tant 

U sis cors giese al morant. ^ 

Li Eveskes unt l'hom apelé 

Et as veisins unt demandé, 

Se ço ert veir * ke il diseit , 

Et il distrent k'il aveit dreit, 

Terre son père aveit esté 

De parenté en parenté. 

A l'home unt dit ke deniers prenge , 

Si laist tôt quite sainz chalenge. ^ 

Seisante sols U unt doné ^ 

E por tant a quite clamé 



3o3 



14440 



144^0 



Ascelin se dé- 
siste de sa ré- 
clamation , 
^ moyennant 
nne somme 
d'argent. 



' Vmià. aoixanteaous, que remplacement 

' Ni écoute, même de la tombe ; on promit 

^ Ok son corps repose en mou' de plus à Ascelin ^ et cet enga- 

rant, gement fut religieusement rem* 

^ Si ce qu'il disait était 'vrai. pli , de lui fournir l'équÎTalent 

' Et qu'il laisse tout quitte sans du reste du terndn qu'il réda- 

lute. mait . Voyez Ord . Vit., p. 663 . C« 

® On n'acheta par ce prix de (A. L. P.) 



3o4 LE ROMAN 

Li sépulcre îi li cors fu mis 
E por ço a li deniers pris , 
£ li Barons li unt pramis , 
Ke mielx l'en -sera maiz toz dis. 
Aœlin Ta issi graé , ' 
Lores ' unt li cors enterre. * 



i44^ 



Détails sar 
Robert-courte- 
Hense. Expli- 
cation de ce 
surnom. 



Couronnement 

de Guillaume- 

le-Roux en 

Angleterre. 



Robert remest * en Normendie , 
Par tut mena sa seignurie. 
Peti fîi mult, maiz fu gros, 
Jambes out cortes , gros les os ; 
Li Reis por ço le sornomout 
E Corte-Hose ^ l'apelout ; 
De cortes hoses ert hosez ' 
E Corte-Hose ert apelez. 
Willame li Ros* mer passa, 
Coronez fu , treize ans reigna. ^ 



14470 



' Qu'il en sera mieux tous les 



jours i 



toute sa vie. 



» Agréé. 

» Alors. 

4 Tous ces détails sur la mort 
et les funérailles de Guillaume, 
sans être complets, sont au 
moins, pour la plupart, fort 
exacts, et présentent une telle 
conformité ayec le récit plus 
circonstancié d'Orderic Vital, 
qu'ils semblent souvent n'en être 
qu'une traduction libre et abré- 
gée. Il parait néanmoins peu 
vraisemblable que Wace ait eu 



communication de l'ouTrage 
d'Orderic Vital, qui, à cette 
époque, n'était probablement 
guère connu hors de l'enceinte 
de Saint -Éyroult; mais rien 
n'empêche de supposer qu'ils 
aient pu puiser tous les deux 
leurs récits à une source com- 
mune , aujourd'hui perdue. 

(A.L.P.) 

' Resta. 

^ Courte-Heuse. 

1 Botté. 

' GuUlaume-le^Roux, 

9 Ce calcul est exact, à très peu 



DE ROU. 

De par son père séélé 
Out à Lanfiranc un bref porté , 
L'Archeveske de Ganterbiere ; s 
£ Lanfranc fist li lettres liere. ' 
Por li boen père out li filz chier; 
Cil corona à Westmostier ' 
Li jor de feste saint Miehiel ; 
Bien fu, si plout el Rei del ciel. 
£ Henris out des deniers asez 
Ke sis pères li out donez , 
Partie out del trésor son père 
£ grant partie out de sa mère ; 
£ il le sont bien aloer, ^ 
Bien empléier è bien garder. 
Li Reis Ros ^ fu de grant noblesce; 
Proz fîi è de grant largesce; 
IToïst de Chevalier parler 
Ke de proesce oïst loer, 
Ki en son brief ^ escrit ne fust , 
£ ki par an del suen n'éust. 
Por devise ' del nom k'il out 
Ki à son père ressemblout, 
Kar chescun Willame aveit nom , 
Out li filz poiz Ros ^ à somom. 



3o5 



Part de Henri 

dans l'héritage 

paternel et 

maternel. 



/ 



14490 



Giiillaame-le- 
RoDX recher- 
che les cheva- 
liers vaillana , 
et leur fait de 
grands dona. 



de chose près. Gnillaume-le- 
RoQx régna depuis le jour de 
Saint-Michely 99 septembre 1087, 
époque de son couronnement, 
jusqu'au -vendredi 9 août 1100. 

(A. L. P.) 

II. 



' De Canterbury, — • Lire. 

^ Il le couronna à Westminster. 

* Danser. — * Roux. 

^ En son rdle, en son registre. 

' Pour distinction. 

^ Le Roux, 

20 



Robert voit 
avec envie la 
royauté éch]^ 

à son frère. 



Ses proposi- 
tions à Henri. 



Henri les ac- 
cepte, et reçoit 
le Cotentin en 
gage pour un 
prêt qu'il lui 
fait. 



Henri deman- 
de à son frère 
qu'il lui cède 
Richard de 
Reviers, 



3o6 LE ROMAN 

Robert ki fu en Normendi«, 14500 

De son frère out mnlt grant envie, 

De ço k'il ert à Rei levez. 

Quant il estett de li poiz nez ; 

Marriz en fu, ço li pesa. 

A Henri son frère parla, 

Ki li trésor son père aTeit , 

£ si li dist k'il li donrdt 

Tôt Costentin en nom de gage, 

Maiz n'i clamast altre éritage , 

Si li livrast aveir de sus; * «45' « 

Kar ne voleit atendre plus , 

R'il ne passast en Ëngleterre , 

Sor li Reis Ros snn dreit cunquerre, 

Ki tort è honte li faseit , 

Ki puiz nez ert è Reis esteit. 

Henris li a l'aveir • preste, 

Si corne il li out demandé ; 

Costentin en gage reçut, 

E tant lunges ' aveior le dut 

Ke li Dus li soen li rendist, >45><> 

£ del tôt son gréant ^ en fist. 

Dune ^ a Henris li Dus requis 

E fet requerre à ses amis 



' S'il lui prétmt de l'argent sur ptèt sur gage » JBiais comme mie 

g^a^e. La somiae fournie à< Robert véritable Tenle. Voyez Liv. Tin, 

par Henri, fut dje 3eoo livres p; 66&, (A. L. P.) 

d'argent. Or46ric Vital peint cet * Vmgeni. — ^ hong-temps^ 

arrangement, non .«oiame un ^Sanioloraé,sonplaisir,~^^ Alors» 



DE ROU. 3o7 

De Richart de Reviers ' par non , 

R'aveir li face à cumpaignon , 

Son servise è li li otreit , " 

Od li remaigne ^ et od li seit, 

Ses corteisies li enseint , ♦ 

Et as torneiemenz le meint. ^ 

Richart esteit corteîz è proz, >453« 

Ë mult esteit preisié de toz ; 

E li Dus li a graanté, ^ Robeniui ac- 

^ ^ cordecettede- 

Richart li a quite clame. mande, et ex- 

^ • 1 Tk< 1 horte Richard 

Jo ne sai ke Richart pensa , à passer aa 

service de 
■"■"■""""""""""""""^ — ~~~~^ Henri. 



'Richard de Âeçiers, fils de en 1107, et son corps fut apporté 

Baudoin de Meules, que nous d'Angleterre dans Fabbaye de 

ayons yu ci-dessus , p. 34^ > ^gu* Montebourg , dont il était , sinon 

rer à la bataille d'Hastîngs. Ce le fondateur , comme on l'a dit 

seigneur, qui a pris s^n nom de la k tort, au moins le principal 

baronnie de Reyiers, arrondis- bienfaiteur, et parmi les ruines 

sèment de Caen, reçut de Guil- de laquelle nous ayons tu sa 

laume-le-Roux, suiyant les gé- pierre tumulaire, qui a été sauyée 

néalogistes anglais, la baronnie de la destruction par M. de Ger- 

d'Oakhampton , dans le Deyon- ville. La postérité masculine de 

shire , et la charge de sheriff ou ce seigneur a subsisté avec éclat 

yioomte de oettç proyince, qui jusqu'à la fin du treizième siècle, 

ayaitété déjà exercéepar son père tant en Angleterre qu'en Nor- 

C'est en 1090 qn'Orderic Vital mandie, où la principale rési- 

aous le représente, pour la pre- dence de cette famille était le 

mière fois, comme partageant la château de Nehou , dans le Go- 

confianoe dn prince Henri ayec tentin. Voyez , sur les Reyiers 

Hugues d' Ayranches , comte de d'Angleterre , le Monast. anglic, , 

Chester . Lorsque Henri fut mon- et V Histoire de l'isle de Wight, par 

té sur le trône, Richard conti- sirRichardVorsley, et,sur ceux 

Hua d'être l*œi de ses plus inti- de Normandie , les Recherches de 

mes conseillers, et fut créé par M, de GerviUe, a9 17. (A. L. P.) 

hi comte de Deyon et seigneur ' Lui accorde, 

àe l'île de Wight , titres qu'il ^ Demeure — ^ Lui enseigne. 

transmit à sa postérité. Il mourut ' Le mène. — * Accordé. 



Robert équipe 
une armée , et 
passe eu An- 
gleterre. 



Préparatifsde 

défense faits 

par le Roi. 



3o8 LE ROMAN 

Maiz semblant fist ke li pesa 
K'il deveit del Duc tôt partir 
E son frère Henris servir. 
Richart , dist li Dus , si fereiz ; 
Henris mon freffe servireiz , 
Vostre fieu è vos li otrei; 
N'est pas meinz gentil hom de mei ; ' 
Sis hoem seiez , jel' vos cornant ; 
Servez le bien d'ore en avant : 
Vos n'arez jà de li hontage, 
Nos somes andui d'un parage. ' 
Issi fu Richart od Henri , 
Tote sa vie l'a bien servi. 
Quant Henris out al Duc prestez 
Li deniers k'il out demandez , 
• £ li Dus out toz li deniers , • 
Navie ^ quist è chevaliers , 
La mer passa ♦ od mult grant ost. ^ 
Li Reis oî dire asez tost 



14540 



x455o 



' // n est pas moins gentilhomme 
que moi. 

* Tous deux de Ut même famille, 
' Flotte chercha et chewdiers, 
^ Ce Yoyage de Robert en An- 
gleterre est controuTé , ainsi que 
la rente de cinq mille liyres de 
deniers^ que notre auteur fait 
établir au profit de ce prince » 
comme condition de la réconci- 
liation entre les deux frères. 
Tout ceci n'est qu'un double 
emploi de ce qui se passa bien 
long-temps après entre Robert et 



Henri. Le duc avait bien promis 
à ses partisans, et surtout à 
Odon , d'aller les secourir, mais 
ceux-ci l'attendirent en yain. 
Robert se contenta d'enyoyer à 
ses partisans des secours qui fo- 
rent interceptés. Cette guerre 
ciyile fut terminée au commen- 
cement de l'été de 1088 9 par la 
prise de Rocbester et l'expulsion 
des conspirateurs , sans qu'il y 
ait eu de traité de réconcilia- 
tion entre Guillaume et Robert. 
(A, L. P.) — * Troupe, armie. 



DE ROU. 

K.e sun frère sor H veoeit, 

Et Engleterre aveir voleit. 

De totes parz sa gent manda, 

Grant ost en poi d'ore asembla; 

Kar mielx voleit en champ morir, 

Ke Eugletcrro ul Duc giiL'ijjii-. ' 

Maiz li Baron ki iiiult l'amereut 

E li Eveske li loerent ' 

Ke paiz quérist è porcachasi , 

Et à son frère tant donasl 

De son aveir è li créust , 

De rente anceiz' ke paiz éust. 

La paiz fu porchacie è quise, ' 

E faite fu par tel devise 

Ke li Reis à Robert donrcit 

Chescun au mez tant tom vivveil 

Ginc mile livres de deniers , 

E il l'otrëia ' volentiers. 

Par telz dlz od sa baronie 

Revînt li Dus en Normcndie. 

A cel tems comença la giieri'c , ' 

Dune grant barate ^ eut en la terre , 

Dei Duc Robert è de Henri , 

PorCostcntin Vil li toli, 

Li Reis coilli Henri en hé • 



Il le bronUlii | 

rnM.ibi.l. * 



■•Jbu eetutUlèrtnI. 



leçon noil* ei>t fournie par le 
inaiiuacritde Duchesue. DanileJ 
aulre* iDanuaciils, oa » mibstililé 
RuliFrl k Hcori; ïe i[ui es» un 
coalTC-<ienspal}iaM<? (A L. P.) 



( 



3io LE ROMAN 

Por son aveir k'il out preste 
A Robert por li guerréier ; * 
N'out talent de li avancier, 
E se Robert Henris grevast , 
Jà li Reis ne s'en coroçast. 
Robert out Taveir despendu * 
E Costentin a retenu , 
Ne Henris Costentin n'en out, 
Ne ses deniers aveir ne pout. * 



i458c 



' Ceci est encore une erreur; sous la garde d'Odon, bstiga- 

une preuye bien claire que Guil- teur de tous ces troubles. A la 

laume ne fut point offensé du demande générale, Henri fnt 

marché qui ayait eu lieu entre mis en liberté avant la fin de 

ses deux frères , nous est fournie Tannée. £n logo, Henri était en 

par le voyage de Henri en Angle- possession du Gotentin, où il 

terre , immédiatement après Tex- avait plusieurs ohâteaox-forts et 

pulsion des partisans de Robert, beaucoup de vaillans soldats. Il 

pour réclamer les possessions de avait des ressentîmens à exercer, 

sa mère , et par la bonne récep- et contre Robert 9 qui l'avait si 

tion que lui fit le Roi. Voyez Or- légèrement mis en prison , et 

deric Vital, L. viii , p. 67a. D. contre Guillaume, qui, après 

(A. L. P.) l'avoir mis en possession des 
* Dépensé. biens de leur mère , en avait 
^ Notre auteur semble avoir de nouveau disposé en faveur de 
pris à tftche de défigurer et sur- Robert Fitz-Haimon. Cependant 
tout d'intervertir tous les événe- ses deux frères s'étant brouillés 
mens relatifs à ces inimitiés entre plus que jamais, ce fat de Rô- 
les trois frères. Voici à peu près bert qu'il se rapprocha ; et ses 
comment les choses se passé- secours et sa prudence furent de 
rent : au moment où Henri re- la plus grande utilité à ce prince, 
venait d'Angleterre, dantf l'au- au moment de la révolte des 
tonme de 1088, Robert le fit Rouennais. C'est au milieu dn 
arrêter, avec son compagnon de carême de 109 1, que Guillaume 
voyage , Robert de Bellesme , et Robert , s'étant réconciliés 
et les envoya en prison, l'un à ensemble, vinrent l'assiéger au 
Bayeux, et l'antre à NeuîUy, Mont-Saint-Micheh Après enyi- 



DE ROU. 
Por sei vengier se mi^ el munt 
U li muignes Saint Micfaiel sunt. 
Henris fii del Rei malemeot, 
£ del Duc Robert ensemeHt; ' 
P'amedoiis parz ert mal partiz , ' 
Corne s'il fiist d'els mult haïz. 
N'osa od li Dus remaneir, ^ 
Ne Gostentin ne pout aveir; 
Ne sout kele part deust aler 
U il péust recet * trover. 
N^alout mie eschamment , ^ 
Asez menout od li grant gent 
Des plus nobles è des geatilz , 
Mena od li frères è fîlz; 
£ tuit volentiers le senreient , 
Kar grant espeir en li aveient. 
N'osa en la terre arester. 
Ne nus ne l'osa receter. ^ 
£n Bretaigne, ço dist, ireit, 



3ii 



Henri se réfu- 
gie au Mont- 
Saint-Michel. 



1459© 



14600 



BeancoBp de 
nobles et vail- 
lan« guerriers 

«^attachent à 
lui. 



ron qavDze jours de sié^^» peivo 
dant lesquels il eut beaucoup à 
sonffinr du manque d^eau , il 
capitula 9 passa en Bretagne, et 
delà dans le Vexin, où il resta 
près de deux ans dans l'exil et la 
paQTreié. Â la fin de 109%, les 
habitans de Domfiront loi offri- 
rent de venir prendre possession 
de leur ville ; il accepta , et se 
maintint constamment maître de 
cette place , en dépift de «e« deux 



frères, et surtout de V^iné. Il 
finit par se réconcilier avec Guil- 
laume, qu'il dla voir en 1094, et 
sous les drapeaux duquel nous le 
voyons en 1097. ( A. L. P.) 

' PareMement. 

* McU partagé. 
' Demeurer, 

* Asile. 

^ Mesquinem^/^' 
^ iéfgw, receler. 



11 s'arrête à 

Ayranches , 

cbez le comte 

Hugues, et le 

consulte. 



Hugues lai 

conseille de se 

fortifier au 

Mont-Saint- 

Michel. 



3i2 LE ROMAN 

Et en Bretâigne remaindreit. * 
Li quens Hue ' le herberga ^ 
A Avrenches ù il toma. 
Un jor aveit iloc esté , ^ 
£1 conte Huon a mostré 
Cornent son frère Tout mené 
£ cornent Tout torné en hé ; 
Li Dus Costentin li toleit, ^ 
Ne pout de li aveir nul dreit , 
Ne n'ose en la terre remaindre. 
Ne set à ki s'en deie plaindre , 
Asez se tient à esgaré, 
Maiz Hue l'a mult conforté. 
Li jor ke fii emprez disner, 
Ke Henris dut d'iloc torner^ 
Li quens Hue l'ad apelé , 
A cunseil ^ ad à li parlé, 
Li munt Saint Michiel li mostra : 
Veiz tu, dist-il, celé roche là: 
Bel lieu è forte roche i a , ' 
Ke jor ke noit ja ne faldra; ^ 
Flo de mer montant l'avirone , 
Ki à cel lieu grant force donc. 



i46io 



146^0 



■ Demeurerait. 

* Hugues, comte de Chester, et 
vicomte d'Avranches. (A. L.P.) 
' Le logea, 

^ Une nuit a iloc esté. 

Mss, de JDuchesne, 



^ Le duc lui enlevait le Cotentin. 

• En particulier. 

7 Bel lieu è forte place i a. 
Mss. fie Duchesme. 

* Ne manquera. 



DE ROU. 
Jo ai, dist-il , cel tems véu, 
Se jo fusse corne ore es tu , ^ 
Ke de si grant parage fusse , 
£ ke mielx faire ne péusse, 
En eele roche m'embatisse ^ 
£ del mostier chastel féisse ; 
Bretuns mandasse è soldéiers , 
Ki gaaignassent volentiers, 
Mult mëisse gent en grant esfrei ; 
Jà Normant n'ëust paiz vers mei. 
Jo ne te rois ^ ne te cornant , 
Ne jo crei ne ço vais pas tant 
Re tu faces ço ke jo di , 
Maiz jo l'eusse fait issi. ^ 
Jo ne sai se li Quens plus dist j 
Ne kel semblant à Henri fist , 
Maiz Henris est sempres monté ^ 
Et el munt est sempres aie. 
Del Munt Saint Michiel guerréia , 
Robert son frère desfîa. 
Jà mez, ço dist, sa paiz n'areit , 
Se son aveir ne li rendeit; 



3i3 

i463o 



14640 Henri snit 
cet avis , et 
porte un défi à 
Robert. 



14650 



' Si j'eusse été comme tu es main 
tenant. 



nous donner une hante idée da 
déyoûment et de la fidélité de 
Hugues à Henri : Venan Hugo 
Cestrensis cornes , aliique fautores 

ejus paupertatem peipendentes 

egtegium CUtonem in beiiieo angore 
* Orderic Vital est loin de deferuerunt. (A. L. P.) 



' Me logeasse. 

^ Je ne t'ordonne ni ne te com- 
mande. 



Il fait des 

courses dans 

le Cotentin et 

rAvranchin. 



Le Roi et le 
Duc se réunis- 
sent pour l'as- 
siéger an 
Mont-Saint- 
Michel. 



Joutes et tour- 

nob entre les 

deux partis. 



3x4 LE ROMAN 

Sovent coreit par Costoitm, 
E tensout ' tôt ATrencin ; 
Li vilains prist, si fist raendre; * 
Ne leissout rien k'il péust prendre. 
Tant fu el Munt è tant le tint 
Ke li Reis d'Engleterre vint; 
Li Reis è li Dus s'asemblerent, 
De totes parz lor gent mandèrent , 
Li Munt asistrent ^ environ , 
De Gênez ^ de si à Coisnon ^ 
£ la rivière d'Ardenon ; 
N'issent del mont se par els non. 
A Avrenches li Reis séeit 
Et à Gênez li Dus esteit ; 
Mult véissiez joster sovent , 
£ tornéier espessement 
Entre li Munt et Ardenon ^ 
£ la rivière de Coisnon. 
Chescun jor al flo retraiant ? 
Vunt chevaliers jostes menant; 



14660 



i46;o 



' Corrigeait, Ici ce mot est em- 
ployé dans le sens de pilier, ran- 
çonner, 

* Rançonner. 

^ Msiégèrent, C'est au milieu 
du carême de l'année 1091 que 
ce siège eat lieu. Voyez Orderic 
Vital, VIII t p» 697.' A. 

(A.L.P.) 

4 Commune de l'anonditte- 
ment d'Ayranches. 



* Rivière qui sépare la Nor- 
mandie de la Bretagne. 

^ Ardevon , commune yoisine 
de PoTito^son, dont la popula- 
tion estt de quatre cent cinquante- 
trois habitans. Je possède une 
chartrcî originale du duc Robert, 
de raumée 1088, qui lui accorde 
certains priyiléges. 

7 Mi flot retirant, à mer basse. 



DE ROU. 

£ li Reis i fu abatuz , 

De plusors lances fil fëruz. 

Li peitral del cheval rompi 

£ li dui cengles altresi ; ' • 

Od sa sele li Reis chaï , 

Maiz bien la tint, ne la perdi , 

Délivre fîi, en piez sailli ; 

Od s'espée se desfendi, 

Unkes la sele ne leissa, 

Bien la tint è bien la garda. 

Tant cria Chevaliers léals , 

Ke la presse vint des vas^als, 

£ li Nonnanz le secorurent 

£ li £ngleiz ki od li furent, 

Maiz maint grant colp unt recéu 

Ainz k'il l'eussent secoru. 

Mené l'en unt à salveté , 

Poiz unt li R^is asez gabë ' 

De la sele kUl desfendeit 

E des granz colps ke il $o£freit. 

£ li Reis diseit en riant 

K'il debveit estre al suen garant : 

Hunte est del suen perdre è guerpir, 

Tant com l'en le pot garantir; 

Pesast li ke Brez ^ s'en vantast 

De la sele k'il emportast. ^ 



3i5 



Le roi est dés- 

arçonné au 

milieu de ses 

ennemis» 



Il défend sa 
selle JQsqu*à 
14680 ce qu'on soit 
venu à son se- 
cours. 



14690 



On le plaisan- 
te sur la con- 
servation de sa 
selle. 



' Aussi. 
* Plaisanté. 



* Notfe autour a encore déna- 



L'eau et le vin 

manquent aux 

assiégés. 



Sur la deman- 
de de Henri, 
Robert Ini en- 
voie un ton- 
neau de vin. 



3i6 LE ROMAN 

Henris tint li Munt fièrement; 
Ne sai dire com limgement. 
De viande " aveient plenté , 
Maiz de bevre * aveient grant chiertë ; 
Asez aveient à mengier, 
Maiz mult trovoent li vin chier. 
Quant Henris out lunges soffert, 
Soef ^ manda al Duc Robert, 
Ke de vin aveit desirier, ^ 
D'altre chose n'aveit mestier. ^ 
E Robert l'en a envéié , 
Ne sai se il en out pitié , 
Un tonel plein de vin , mult tost , 
Del meillor k'il trova en Tost. 
E tôt li jor a otréié 
E par trièves doné congié, 



14700 



14710 



turé complètement le trait d'in- 
trépidité et de générosité par 
lequel Guillaume se signala dans 
cette circonstance. Solus in multos 
irruit..., moxque occiso svh fcanU 
nibus deturhatus equo..., etiam dik 
per pedem tractus est; sedfides lo* 
ricee^obstitit ne Uederetur. Jamque 
miles qui dejecerat manum ad ca^ 
pulum aptabat utferiret, cum ille 
periculo extremo territus exclama' 
ret: Toile nebulo; rex AngUœ sum 
ego, Tremuit nota voce jaceniis vuU 
gus miUtum, statimque reçerenter 
de terra l&foto alterum equuAi ad" 
ducunt, Ille non expectato ascenso^ 
rio sonipedem insiliens : Quis , in- 



quit, me dejecit P* Mussitantibus 
cunctis, miles audacis facti con' 
sciuSf non defidt patrocinio suo 
dicens : Ego, qui te non putarem 
esse regem sed militent. Tum vero 
rex placidus , vultuque serenus : 
Per vukum, ait, de luca , sic enim 
jurabat, meus amodo eris et meo 
albo ùisertus laudabilis militiœpra- 
mia reportabis. Willelm. Mal- 
mesb. , L. IV, p. 68. ( A. L. P.) 

* Vipres en général, 

* Boire ^ boisson. 
' Doucement, 

^ Envie. 
^ Besoin. 



DE ROU, 

Ke cil del Munt ewe préissent 
£ li Munt d'ewe gamessissent , 
U k'il volsissent la préissent 
Séurement, rien ne cremissent. ' 
Dune veissiez servanz errer ' 
Et à veissels ewe aporter. 
Li Dus Robert fu mult blasmez 
Del vin ki fu el Munt portez, 
E ke la trieve ' aveit donée 
Ke l'ewe fust el Munt portée. 
Li Reis forment se coroça, 
Quant il Toi ; mult li pesa 
Ke sez anemiz abevrout ^ 
Del meillor vin ke il trovout ; 
Il les déust fere afamer 
E il les faisoit abevrer. 
Del siège volt par mal torner, 
Maiz li Dus le fist arester : 
Ne me saciez , dist-il , mal gré , 
Se jo ai Henris abevré ; 
Tome me fiist à félonie , 
£ jo féisse vilanie 
De li néer * beivre è viande, 
Quant il méisme le demande. ^ 



3i7 



14730 



14730 



Il laisse les as- 
siégés s*appro- 
Tisionner 
d*eau. 



Coarroux et 

reproches de 

Guillaume. 



Justification 
de Robert. 



' Ne craignissent, 
* Courir. 
^ La permission. 
^ Abreuvât, 
' Refuser, 



^ La réponse de Robert est 
beaucoup plus touchante dans 
Guillaume de Malmesbury : Quod 
cum relatum régi esset, ut semper 
calori pronus erat , comiti dixit : 



Rëconciliatloa 

des frères. 
Henri recou- 
vre le Goten- 
tin. 



Retour de 

Guillaume en 

Angleterre. 



Henri congé- 
die ses soldats, 
et suit Robert 
à Rouen. 



Robert fait 

emprisonner 

Henri. 



3i8 LE ROMAN 

Tant a fet li Reis séjorner 
R'il fist sis frères acorder. 
De Tacordement fu la fin 
K'à Henri remest ' Gostentin , 
K'en paiz l'ëust tant è tenist , 
Ke li Dus li suen li rei^dist. ' 
Quant ceste guerre fu finée 
E la concorde graantée , ' 
Li Reis Ros ♦ del siège parti , 
En Engleterre reverti , ^ 
E li Dus ala à Caêm 
E de Caëm vint à Roêm. 
Henris sis soldeiers paia. 
As uns pramist, as uns dona 
Al terme k'il out establi ; 
A li Duc à Roem sui. ^ 
Ne voil avant conter ne dire 
Par kel coroz ne par kele ire ' 
Henris fu poiz a -Roem pris, ^ 



«474» 



i475o 



Bene scis actitare guemun, qui 
kostiùiu pratbes aquœ copiant; et 
quomodo eos domabimus , si eis in 
pastu et in potu indulserimus P At 
ilU renidens illud corne et merito 
famosum verbwn emisit, Papœ! di^ 
mitteremfratrem nostrum mori siti? 
et quem alium habebimus , si eum 
amiserimus ? (A. L. P.) 

* Resta. 

' Ce fut précisément le con- 
traire qui aniya, et Henri se 



trouva fort hearcux d*échapper 
sans condition à l'animosité de 
ses frères. Voyez Orderîc Vital, 
VIII , p. 697. ( A. L. P.) 

^ Accordée, agréée, 

^ Guillaume' le-Roux, 

^ Retourna, 

® Suivi. 

7 Colère. 

^ Nous avons déjà fait ?oir 
que cet emprisonnement de 
JHenri précéda de plusieurs an- 



DE ROU. 

£ en la Tur à garder mis ; 
Ne cornent il fu délivrez, 
£ de la terre congéez , 
£ cornent il ala el Rei , 
Ki en France l'o^ut poiz od seî ; 
Ne cornent Haschier ' le trova 
A Paris donc il l'amena , 
Ri se fist un des oilz péier, "^ 
Ke l'en nel' péust encercler. ^ 
Ne Yoil dire par kel saveir 
Haschier li fist Danfront aveir, 
Ne coment il fii recéuz 
Quant il fu à Danfront venuz , 
Ne coment il cunquist Passeiz ^ 
£ le toli as Belesmeiz ; ^ 



3i9 



i/}-6o Henri «e retire 
aaprès du roi 
de France. 



Les liabitans 

de DomfroDt 

se donnent à 

lui 

Il vient à 

Domfronty y 

1 4 7 70 est poursuivi 

par son frère , 

et expulsé de 

cet asile. 



nées le siège du Mont*Saint-Mi- 
chel. Nous nous bornerons à re- 
marquer rinyraisemblance du 
récit de notre auteur, qui , après 
nous avoir dit que Henri resta 
maître du Cotentin , lui fait con- 
gédier tout à coup ses soldats 
pour venir à Rouen se faire 
prendre par son frère. 

(A.L.P.) 

■ Ce personnage est nommé 
Harecher par Orderic Vital. H 
est probable que son vrai nom 
était Achard, Parmi les témoins 
qui ont souscrit la cbarte de fon- 
dation de l'abbaye de Lonlay, 
on trouve Achardus Dii»es (ou 



Domùms ) MliUs dé Domfront y 
qui était vraisemblablement l'un 
des aïeux de celui-ci. ( A. L. P. ) 

' Couvrir de poix, c'est-à-dire 
d'un emplâtre. 

^ Rechercher, poursuivre, 

^ Le Passais, le pays dont Dom- 
firont est la capitale. 

' Et P enleva à ceux du Bélesme. 
Voyez y sur cet établissement 
de Henri à Domfront , qui parait 
avoir eu lieu à la fin de 1093» 
Orderic Vital, L. vin, p. 698; 
un autre passage de cet historien, 
L. X , p. 788 , nous apprend deu^ 
conditions de cet arrangement, 
savoir : i». que le prince ne chan- 



1 



Robert se lais- 
se enlever ses 
bagages, et 
revient à 
Rouen. 



Il entend par- 
ler des prépa- 
ratifs de la 
première croi- 
sade. 



320 LE ROMAN 

Ne cornent Robert le cunquist^ 
£ de Danfront partir le fist. ' 
Ne voil dire cornent li Dus 
S'en repaira ' k'il n'i fist plus , 
£ cornent guerpi son herneiz 
As Chevaliers et as borgeiz : ^ 
Ne fil por ço k'il lor donast , 
Ne de son gré lor graantast; 
De son herneiz leissa partie , 
Poiz s'en revint en Normendie. 
£n cel tems , vos voil montrer, 
Fu la grant mote * d'ultre-mer, 
Quant Antioche fii conquise 
£ la cite de Niche ^ prise , 
£ ke lerusalem fii pris. 
Li Dus Robert fii mult pensis 
De la grant mote k'il oeit; 
Grant talent^ out k'od els ireit, 



•4^80 



gérait rien aux lois et coutumes 
des habitans; 3^. que jamais il 
ne céderait à personne ses droits 
surDomfiront. (A. L. P.) 

' Il est faux que Robert ait 
expulsé Henri de Domfront. 
C'est lui qui fut , au contraire , 
obligé de se retirer et d'aban- 
donner honteusement ses baga- 
ges, comme notre auteur l'avoue 
lui-même par une conti'adiction 
choquante. Au moment dudépart 
de Robert pour la Terre-Sainte » 
non seulement Heuri possédait 



Domfront y mais encore il ayait 
conquis une grande partie des 
territoires enTironnans , et vivait 
dans une grande indépendaDce 
de son frère. Voyez Order. Vit., 
IX, p. 7aa. D. (A. L. P.) 

' S'en retourna. 

' Et comment il abandonna ses 
éqtùpages aux chevaliers et auz 
bourgeois, 

^ Mouvement , entreprise , espé^ 
dition, 

* Nicée, 

* Grande envie^ 



DE ROU. 

Maiz n'aveit mie asez aveir; ' 
Al Reis Ros ' le fist assaveir 
K'errer voleit è la croix prendre , 
Ne voleit mie plus atendre; 
Maiz Normendie li lairreit 
Et li Maigne ke il teneit; ^ 
En nom de gage li livrast 
Aveir desuz dune il errast. * 
Li Reis Ros volentiers le fist , 
Tote la terre en gage prist; 
Unkes ne fîi vers li eschars, ^ 
Rar bien set mil è sis cenz mars ^ 
£ seisante è sis li livra 
Sor la terre k'il li bailla. 
Robert en fu joios è liez , ? 
Mult out od li Baronz croisez , 
£ d'altres terres s'asemblerent 
Plusors ki ovec li alerent. 
Li frère donc se despartirent , 



321 

14790 



14800 



Il se détermine 
à prendre la 
croix, et en- 
gage la Nor- 
mandie à son 
frère pour une 
grosse somme 
d'argent. 



8 



' Assez d'argent, 

^ Le roi Roux, Guiliaume'ie" 
houx, 

' Ceci est encore une erreur. 
Robert ne possédait point le 
Maine an moinent de son départ 
pour la Terre-Sainte. Il y ayait 
alors six ans que les Manceaux 
s'étaient soustraits à la domina- 
tion normande. ( A. L. P») 

^ Avec lequel il 'voyageât, 

^ Avare, chiche, 

II. 



^ Le manuscrit de Ducbesne 
porte six mille six cents. Aucune 
de ces deux fixations n'est d'ac- 
cord avec Orderic Vital : Fratri- 
que suo ad viam Domini perageri' 
dam decem millia maroos argenti 
erogavit, Orderic Vital, L. ix, 
p. 7^3. Voyez, sur la manière 
dottt le roi se procura cette 
somme , le même auteur, L. x „ 
p. 765. ( A. L. P.) — TEt contenu 

• Se séparèrent. 

. 21 



Départ de Ro- 
bert. 



Ses exploits 
en Palestine. 



322 LE ROMAN 

Ki unkes poiz ne s'entrevirent. 
Robert lerusalem requist , ' 
Bel se contint, mult bien i fist. 
 Antioche prendre ta y 
D'armes i a grant pries * eu ; 
Poiz fu à lerusalem prendre , 
Ne s'i porent paians desfendre 
De l'estendart k'il abati. 
En Corberan ^ se cumbati , 
£ des paianz ke il ocist 
£ de l'enseigne ^ k'il conquist , 



i48i< 



■ Le départ de Robert-Goiirte- 
Heuse pour la croisade eut lieu 
au mois de septembre 1096. Il 
emmena ayec lui beaucoup de 
seigneurs normands , et , entre 
autres , son oncle Odon , éTéque 
de Bay eux ; Rotrou , fils de Geof- 
froi , comte de Mortagne ; Gaul- 
tier de Saint-Yalery-siff-Sontme, 
et Bernard son fils; Guillaume 
de Ferrières; Girard de Gour- 
nay; deux fils de Hugues de 
Grentemesnil, et beaucoup d'au- 
tres seigneurs distingués. Orde« 
rie Vital, ix, p. 714. (A. L. P.) 

* Louar^ge , prix , estime, 

* Notre auteur a pris un nom 
d*homme .pour un nom de lieu. 
Le personnage dcmt il s'agit ici 
est Kerbogâ, prince deMoussoùl, 
qui Tint , à hi tète de deux cent 
mille hommes , combattre les 
croisés au mometit oà ils s'em- 



paraient d' Antioche. Lei histo- 
riens latins des croisades ont 
tous, phis on moins, défiguré 
son nom. Orderic Vital l'appelle 
Curharan. (A. L. P.) 

* Il est bien Trai qoe Robert 
s'empara, à }a bataille d'Asct- 
lon , du principal étendard des 
infidèles ; mais il n'est pas con- 
stant que cette glorieuse dé- 
* pouille ait été apportée en Cfoci- 
dent. Albert d'Aix nous dit ex- 
pressément qu'elle resta déposée 
dons l'église du Saint-Sépulcre: 
Longissima hasta , argento «pertà 
pët t0ktm , quod vocaiur standart 
êi tfu€e régis Babyioniœ eMereihû 
sigmimprœfereBmtur, ei cireà qmom 
pnecipûa virhis densahattir^ ad 
qaam vicH et dUnpaH repert^a^ 
tur, ctqtta est à Roherto NaHman» 
norumprinc^, et in tertipbtm Vomi^ 
nici Sepuhri tftuùmUia^ et usfue 
in hodiemum diem 06 memûriûM 



DE ROU. 
R'il poiz à Tiglise dona 
Re sa mère à Caëiti fiinda , 
Out-il grant pris è grant ënor 
E mult en parlement plusor. 
E li Reis Ros , Ri fîi mult proz , » 
Doter se fist è criendre à toz. 
Par sa terre tint bien justise , 
E bien Faveit tote en paie mise 
Quant Elies li Mans embla. * 
Par noit en la cite entra, 
£ la garni el mielx k'il pout , 
E li Reis Ros,' quant il le sont, 
A grant orgoil le tint d'Elle 
Ki sa cité aveit séisie. ^ 
Quant li Reis anciennement ^ 



323 

14890 



Gaillaume-le- 

Roux gouTer- 

ne et pacifie 

ses états. 



Hélie de La 

Flèche lui en- 
r483o i^^g le jj^^g^ 



Courroux de 
Guillaume à 



victoriœ Christianorum attitidata 
est, Hist, HUros. , Liy. yi, c. 49. 
Soiyant Orderic Vital , Robert , 
ayerti par la présence de l'éten- 
dard mosnlman, de l'endroit où 
était ie-ylsir Afdal, se dirigea 
Ters lui , le blessa à mort ( ce 
qai est faux), et acheta, après 
la bataille , par le prix de yingt 
marcs d'argent , ce même éten- 
dard de ceux qui l'ayaient re- 
cueilli pour le suspendre au sé- 
polcre de Jésus -Christ. 

(A.L.P.) 

' Preux, 

' EnUva , prit. 

^ GuiUaume-U'Roux. 

^ Cette prise du Mans par Hé- 



lie n'eut lieu qu'en 1099 , et 
après une première inyasion du 
Maine par Guillaume, en 1098, 
que notre auteur a jugé à propos 
de passer entièrement sous si- 
lence. Voyez, sur ces éyéne- 
mensy Orderic Vital , x , p. 771- 
773. (A. L. P.) 

• Ici , notre auteur remonte à 
la conquête du Maine par Guil- 
laume-le-Conquérant, en 1064. 
Voyez ci*dessus, p. 83 et suiy. 
Ce n'est point une fîUe d'Her- 
bert , mais Marguerite^ sa sœur, 
qui fut iBancée à Robert-Gourte- 
Heuse.^ Elle mourut ayant que 
le mariage fût accompli, et fut 
enterrée à Fécamp. Le conti- 



cette nouvelle. 
Manière dont 
(>uillaume-le- 

Conqnérant 
i>*était emparé 

du Maine. 



324 LE ROMAN 

Out pris li Mans primierement , 
Por la paiz fere el Manz durer 
E por la terre assëurer, 
Fist feme à son filz Robert, 
Une fille el Conte Herbert, 
Maiz morte fu petite è tendre , 
Ainz ke Robert la péust prendre. 
Par force a poiz li Manz tenu , 
Ne l'a mie as dreis eirs ' rendu, 
Por la meschine ' ki ert morte, 
Ainz i a fet une tur forte. 
Et Willame quant trespassa , ^ 
El Duc Robert li Mans leissa , 
E cil la el Rei Ros leissié. 
Quant He sei croisier prist congié , 
Li Mans leissa è Normendie 
El Rei Ros son frère en baillie , ^ 
E li Rei rendre le debveit 
Quant del Sépulcre reveindreit. 
A Lengi^es out un Rurguignon 



14840 



i485o 



nuateur de Guillaume de Jumiè- 
ges a commis la même erreur 
que Wace. Nous nous empres- 
sons de profiter de Toccasion 
que nous offre ce passage pour 
signaler une erreur que nous 
ayons nous-méme commise ^n 
disant , d'après V Histoire des 
Grands'Officiers de la Couronne , 
qu'Herbert 11 n'ayait eu qu'une 
sœur, tandis qu'il en a réelle- 



ment eu trois, savoir : Ersende» 
mariée à Âzon , marquis de Li- 
gurie ; Marguerite , fiancée à 
Robert-Courte-Heuse; etPanle, 
dame de La Flèche et mère d'Hé- 
lie. Voyez Orderic Vital» p. 53>. 

(A. L. P.) 

' Aux héritiers directs. 

*. La jeune fiUe. 

' Mourut. 

4 En garde. 



DR ROU. 
Gentil homme ; Hue aveit non , ' 
Niez ' Herbert aveit cil esté, 
Ki li Mans tint par éritë. ^ 
Cil Herbert le tint por son eir, 
Li Mans par df eit debveit a veir , 
Maiz par estranges le perdeit , 
K'il repairier n'i poeit. 
Cil del Mans ki son dreit saveient , 
Privéement mandé Taveient ; 
Li Mans li prametent à rendre, 
S'il le voleit et osout prendre. ^ 
Cil vint ki li Mans coveita, ^ 
Maiz gaires ne li délita ; ^ 
Ne li plout à estre en la terre , 
E ainz sereit, ço dist, sans guerre; 
El Conte Helies ' sun coisin 
A vendu li Mans tôt à fin. 
Helies ert de cel lignage , 



325 



' Hugues III , comte du Maine, 
fils d'Azon , marquis de Ligurié, 
et non Bourguignon ni habitant 
de LangreSy. comme notre au- 
teur le prétend ici par une bien 
singulière méprise, était, d'a- 
près nos historiens normands, 
neveu, 'par sa mère Ersende, 
d'Herbert ii, comte du Maine. 
Voyez Orderîc Vital, iv, p. 53a , 
et VIII, p. 683. SuiYantV Histoire 
des Grands» Officiers de la Cou- 
ronne , il était son cousin- ger- 
main. (A. L. P.) 



Un neveu da 

dernier comte 

du Mans Tient 

réclamer le 

Maine. 



14860. 



14870 



* Neçeu, 

^ Par héritage. 

^ Cette ambassade des Man- 
ceaux y ers Hugues, et Tarrivée 
de Hugues au Mans, paraissent 
appartenir aux premiers mois de 
Tannée 1090.» (A. L. P.) 

* Conpoita. 

® // ne lui fut guère agréable, 

' Hélie de Baugencf, seigneur 
de La Flèche , et cousin-germain 
de Hugues. (A. L. P.) 



II le vend à 

son cousin 

Hëlie de La 

Flèche, et s*en 

retourne. 



Hélie se met 
en possession 
de son comté, 

et ses droits 

sont reconnus 

par les Man- 

ceanx. 



326 LE ROMil?N 

Si clamout dreit en réritage : 

£ Helies l'ad achaté , 

Dis mile sols l'en a donné; * 

Li Mans li a quite clamé , 

Et as Barons l'en a tome. 

Hue a li dis mile sols pris , 

Aie s'en r'est en son paï§. 

Helies fu de grant poeir, ' 

Mult out grant terre è grant aveir ; 

La terre k'il out achatée 

A chalengié ^ è demandée. 

Cil del Mans ôd li se teneient , 

D'avancier li s'entremetteient , 

E li homes de la loée ^ 

Esteient tuit à sa criée. ^ 

E li Baron de la cuntrée 

Orent por li mainte medlée ; ^ 

Mult le preisoent ? et amoent , 

Et à Seignor le desiroent , 

Com costumes est de plusors , 

Ki conveitent * novels seignors. 

Par espeir des veisins chastels 



i4S8o 



14899 



' Pro comiiatu Oenomaunensi x ^ De ia lient, de la banlieut, 
millia soUdorum Cenonuamensis ^une lieue à la ronde, 
monetœ recepit. Ordenc Vital. 

(A.L.P.) 



* Puissance» 
3 Disputé, 



^ A son han , àsa disposition. 
' Combat. 
7 L* estimaient. ^ 

* Qui désirent. 



DE ROU. 3a7 

E par consence ' deâ Mansels , 

Helies el Mans s'etnbati , * 

£ cil del Mans Tunt recoilli ; 

Li Mans li unt abandoné 

Tôt, forz la tor de la cité. ' 

La tor se tint , Mansels Tasistrent y ^ <49«« 

Tôt environ li bore porpristrent. * 

Normanz ki la tor desfendirent , 

Quant la force des Mancels virent , 

En Engleterre ont envéié , 

De secors unt li Reis prëië, 

L'adventure li imt mandée , 

£ des Mansels la trestornée. ^ 

En Engleterre esteit li Reis , 

Mult out Normanz , mult out Engleis ; 

Brachez ' aveit fet demander, '49' <> 

En boiz voleit aler berser. " 

£is vus ^ par là un sergeant, "" 

Ri d'ultre mer veneit errant; " 



Les babitans 

du Mans lai 

ouvrent leurs 

portes. 



La garnison 
normande en- 
voie demander 

do seeours à 
Guillaume. 



L'envoyé 
trouve Guil- 
laume prêt à 
partir pour la 

chasse. 

f 



' ConteniemaH. 

* Se logea, 

' Ici , notre auteur saute brus- 
quement de Tannée 1090 à 1099, 
et lie ensemble deux circon- 
stances séparées , non seulement 
par un long espace de temps , 
mais encore par un grand nom- 
bre d*éténemens intermédiaires. 
Nous nous trouvons ainsi trans- 
portés du LÎY. Tiii, page 684» 



d'Ord. Vital, au Liv. x y p. 774. 

( A. L. P.) 
4 L'assiégèrent, 

* Entouitètent. 

• ' Le changement * 
7 Chiens de chasse, 

• Chasser, 
9 roilà, 

'° Amalgis , Courrier envoyé 
par Robert de Bellesme. 

(À. L. P.) 
*' Courant. 



328 LE ROMAN 

Li Reis Ta mult tost entercié; * 
El Mans garder l'aveit leissié^ 
Crié li a è dist de luing : 
Ke font el Mans , unt il busuing? 
Sire, dist-il, li Mans, est pris , 
Li Quens Helies s'est enz mis , 
La cité a Helies prise , «49" 

£ la tor ad entor assise ; *' 
Normanz ki dedenz se défendent 
Vostre secôrs è vos atendent. 
Le roi change Li Reis mua tot son corage ' 

de résolution. ^ . ., ... 

Des ke il oi h message : 
Li vô de Luche * en a juré 
Ke mult sera chier compéré ; ^ 
Cest serement aveit en us, ^ 



' Âeconnu. Lake.V oyez HistorypfEngl. dur. 

> Assiégée. themiddie âges, x, ch.^.^ ^ 

> Changea tous ses projets. q^ ^^^^^ ordinairement par 
^ Per vultwn tût de Luca. Wîll. un Saint- F'oult , une effigie repré- 

Malmesb. C'était son jurement sentant la face du Ghrist, coa- 

habituel , comme celui de Guil- ronnée d'épines et baignée de 

laume-le-Conquérant était : Par larmes et de sang , telle enfin 

ia resplendor Dé (par la splen- qu'elle était représentée snr le 

deur de Dieu). Liesayant. auteur voile de sainte Véronique on 

de V Histoire des jÉnglo' Saxons , Bérénice ; mais le Saint- Vonlt de 

M. Sharon Tumer , a cru (pi'il Lucques est un Christ reyéta 

s'agissait ici de saint Luc , et a d'habits précieiix et couronné 

constamment traduit cette for- de pierreries. On en trouve une 

mule si souvent répétée dans f^yyxte làiàasle Voyage de Milton 

Guillaume de Malmesbury, par en Italie, ii, p- 3a i. (£. H. L.) 

ces mots : Bjr tke face of saint * Paye. — ^ En usage. 



DE ROU. 

Ne faiseit nul serement plus. 
Dune apela li messaiger : 
Va t'en , dist-il , ne te targer, * 
Trespasse mer corne ainz porras, 
A mes homes del Mans diras 
D'ore * en wit jors el Mans s^ai , 
Dune se Dex plaist les seçotrai. 
Li messager dune s'en toraa , 
£ li Reis forment se hasta. 
Dune a sis homes apelez : 
Distes , dist<^il , se vos savez 
Cornent è par ù jo porreie 
Aler el Mans plus dreite veie. 
Tort a chescun son vis tôt dreit ^ 
U il kuide ke li Mans seit ; 
Cil se tornerent è esmerent , * 
Une maiziere ^ li mostrerent , 
Ço distrent ke li Mans ert là. 
£ ço dist ke par là ira ; 
Por cenz mars d'argent, ço diseit , 
Del Mans cenz piez n'esluingnereit 
De là ù il ses piez teneit , 
Quant li besuing del Mans oeit. 
Dune fist abatre la maiziere , ' 
Ki mult esteit bone et entière ; 



3a9 



14930 II charge le 
messager d'an* 
noncer sa pro- 
chaine arrivée 
au Mans. 



'494* 



j495c 



IL demande à 

ceux qui rac- 
compagnent 

la direction à 
sniyre pour 

aller au Mans. 



Pour ne point 
s*écarter de 
cette direc- 
tion , il fait 
abattre une 
maison. 



' Ne tarde pas. 



' De maintenant. 



^ Chacun a tourné son visage 
tout droit, — * Mt estimètvnt. 
' Une maison. 



Il arrive à 
Southampton. 
On lui objecte 

en vain la 

crainte d'une 

tempête. 



33o LE ROMAN 

La maiziere fu âbatue 
£ fête fu si grant l'issue 
Ke li Reis Ros è li vassal 
I passèrent tuit à cheval. ' ' 
A Sushantone ' vint poignant, ^ 
De totes parz sa gent mandant ; 
Li mariniers fist demander, 
Ultre mer se rova ^ passer. 
Sires, font il, merci por De, 
Nos n'avon mie bon oré, * 
Nos n'avon pas vent dreiturier , 
Encuntre vent fet mal nagier;^ 
Laie est la mé ?, li tem^ creimon , 
En mer mètre ne no3 oson. 
Unkes, dist-il, n'oï parler 
De Rei ki fu nëië en mer; 
Fêtes vos nés el parfont traire, 
Essaïez ke porreiz faire. 



14960 



»497» 



' Orderic Vital fournit de« dé- 
tails plus ▼raiseixd>lables relati- 
vement aux circonstances du dé* 
part précipité de Guillaume-le- 
Roux : HU auditis, rex éUxit : 
eamus irons mare nostros téjware* 
Modem mommto meonstdtis omni" 
bus equum hennis regirapit, ipsum^ 
que calearihus urguens ad pontum 
fesiittàçit, et in quandam vetustam 
navim quam forte inçenit sine regio 
apparatu velut piebeius intraptt et 
remigare proHnus imperwit. ^ nî- 
mirum nec congnientem flatum nec 



alia quœ regiam dignitatem dece- 
bant expectaçit, sed omnis metiis 
expers fortunes etpdago sese corn- 
misit.... L. Xy p. 77$. (A. L. P.) 

* Southampton , dans le Hamp- 
shire. La Chronique de Norman' 
die dit qu'il «'embarqua à Dar- 
mouth , dans le Devonshire. 

^ Galf^ant. 

^ Ordonna. 

^ Bonne sortie, bon temps. 

^ Naviguer. 

7 La mer est laide. 



DE ROU. 
Por fere el Rei sa volenté 
Li unt co k'il quist gravité, 
En lor nef Funt fet porter , 
£ cil od li k'il volt mener. 
Batels et ancbres imt enz traiz , 
La gent furent 6oef ' en paiz , 
Atomée ont el vent la nef , 
Hobens ferment , windent H tref . ^ 
Cil ki el governail s'assist , 
Estreitement al vent se prîst, 
Li lof avant è li lis ^ preu ; ^ 
Siglant vindrent à Barbefleu ; ^ 
A Barbeflo en Costentin 
Ariverent asez matin. 
Dune reprist li Reis son chemin , 
De ci el Maigne ne prist fin. 
Dimc veissiez corlieus ^ errer, 
Baronz è Chevaliers mander, 



33i 



i4g8o 



Il arrive en 
Normandie, et 
repart bien 
vite pour le 
Mans, après 
avoir mandé 
ses barons. 



' Les matehts se soumirent. 

* Ferment Us koMiBans et hissent 
la voile. 

' Le lof et le lis, termes de ma- 
rine. 

♦ Proche. 

'Malgré la préférenee. con- 
stamment donnée par les rois 
normands à ce port sur tous les 
autres de la proTinoe« îl aurait 
été dngulier que Guillaume allât 
chercher un point de djébarque- 
ment «usi ëoarté de la direction 



qu^il voulait suivre; mais ce fut 
à Touquesy et non à Barfleur, 
conune vient encore de le répé- 
ter M. Lingard, que le jeune 
roi dâ>arqua«... Ei sequmtti luce 
a4portum Tolchœ, Deo ptuce, salvus 
appUcuit, . . . Deinde cujusdampres' 
hyteri equa veetus, cum magno 
ccetu clericorum et msticontm , qui 
peditu eum cum ingentiphusu con- 
ducebant, bonam^vilkm eafetiit, 
Orderic Vital , x , p. 775. 

(A. L. P.) 

• Courriers. 



Il fait un dé- 
tour pour évi- 
ter deux ruis- 
seaux dont le 
nom est ob- 
scène. 



^^2 LE ROMAN 

K'al Mans viengent delivremènt , 
Kar li Reis el Mans les attent ; 
Dune véissiez terre frémir, 
E Chevaliers el Rei venir. 
Cil del Mans forment s'esmaierent , ' 
E del Rei mult se merveillierent, 
Ki de si luing si tost veneit , 
E de la gent ki tant creisseit. 

Dous ewes » a en la cuntrée : 
L une est C. , l'altre est C. nomée; 
Li Reis en out oï parler, 
Asez les out oï nomer. 
Por la vilté ' dez ke il sout , 
Par les ewes passer ne vout ; 
Por déduit è por gaberie * 
Ad sa dreite veie guerpie , * 
Amont les ewes chevalcha , 
Tant ke li sorses ^ sormonta. 
Tant chevalcha environ , 
K'il trespassa C. è C. , 
Et issi totes les passa, 
K'unkes les ewes ne tocha. 
Li dous ewes issi ont non 
Prez del Manz vers Alençon. 7 



'4990 



iSooo 



i5oio 



* S'étonnèrent. 

* Deux rmères. 
^Bassesse, saleté. 
^ Plaisanterie. 



^ Abandonnée. 
* Les sources. 

' Les deux misseatix que no- 
tre auteur a youIu désigner dans 



DE ROU. 
Li Reis vint el Mans fièrement , 
Son hostel prist vers Saint Vincent. ' 
Por grever cels de la cité 
Fist la mote " devant Barbé ; ' 
Cil del Mans ne porent sofFrir , 
La cité lor estuet guerpir; ♦ 
£1 Rei unt la vile guerpie, 
E li Reis l'a tote seisie. 
Poiz dona totes li maizons , 
£ li altres possessions , 
Ke cil de la cité teneient , 
A cels ki la tur desfendeient. 
Li Quens Helies s'en parti , 



333 



Le roi arrÎTe 

deTant le 
Mans, et s'em- 
pare de cette 
▼ille. 



iSoio Hdî«poiede« 
maisons et du 
territoire en 
faveur des dé- 
fenseurs du 
château. 



Hélie M retire 

au château du 

Loir. 



cette étrange anecdote , existent 
bien réellement en la commune 
de Neimlle-snr-SaTthe» et se 
jettent dans cette rivière à peu 
de distance du Mans. Le nom 
de Ton est encore tel qne Wace 
nous l'indique; celui de Tautre 
n*a subi qu'une légère modifica- 
tion qui n'empècbe pas de le 
reconnaître , et qui d'ailleurs 
n'existe, dit -on, que sur les 
cartes. 

Ces ruisseaux prennent leur 
source fort près du chemin ac- 
tuel de Ballon au Mans, mais ne 
le traversent pas ; en sorte que 
si ce chemin est le même qui 
existait à la fin du onzième siècle, 
le détour que notre auteur fait 
faire à Guillaume-le-Roux parait 
être sans pbjet. Il est d^ailleurs 



bien peu naturel de prêter une 
pareille répugniAice k un prince 
aussi libertin et aussi grossier 
que l'était ce monarque. 

(A. L. P.) 

' Abbaye célèbre située dans 
un fiiubourg du Mans , et fondée 
par saint Domuole, éyéque de 
cette ville, en Sja. (A. L. P.) 

* L'attaque, le mouvement. 

' Tout ce que Guillaume-le- 
Rqux put faire fut .de recon- 
struire ce château, dans le cas 
où les Maneeaux l'auraient dé- 
truit; car il avait été créé par 
Guillaume-le'-Gonquérant, dans 
son expédition de l'année 1064. 
Voyez ci-dessus , p. 84. 

(A. L. P.) 

* // leur fallut évacuer la 'ville. 



Le roi assiège 
Mayet. 



Il veut com- 
bler le fossé. 
Conseil donné 
par Robert de 
Bellesme. 



334 L£ ROMAN 

El chastel del Leir s'embati , ' 
£ de Maiet ' un dbiastelet 
U Mansels orent pris recel, ' 
Tresk'al bore ke l'en dit La Fesse ^ 
Fu la guerre forte et espesse. 
Par l'esmote de celé guerre , 
Ki à essil ^ meteit la terre 
Fist li Reis Maiet asseeir ; ^ 
Por la paiz k'il ne peut aveir, 
De tote part gent asembla , 
Ne sei combien i demora. 
Maiet ert bien clos de fossé 
Tôt environ parfont è lé ; ^ 
Li Reis Ros por mielx assaillir 
Volt li fossé d'atrait * emplir. 
Robert dé Belesme 9, un baron 
Ke l'en teneit por mult félon , 
Aveit li Reis en Tost od sei , 
Et il esteit mult bien del Rei. 
Robert de Belesme fu fats , 



i5o3o 



i5o4o 



f^^-^ 



' Au château du Loir se logea. 

* Mayet, commime de l'arron- 
diAsement de Là Flèche. Ce chft* 
teau et le précédent apparte- 
naient an comte Hélîe, an droit 
de Mathilde du château du Loîr, 
sa femme. ( A. L. P.) 

' Asile , retraite. 

♦ Probablement La Flèche. 
'^ Bmne. 



* AsdéfftTé 

' Tout autour profond et large. 

* D'attirail, de bagages 

* Roi9rt Talevas, comte de Bel- 
lesme , a laissé dans le Maine 
une' grande réputation de mé- 
chanceté. Des fossés qu'il aftit 
élevés auprès de Mamers sont 
appelés, par les gens du pays* 
fossés de kabert^e-Diable. 



DE ROU. 
£ félonies sout à mais ; 
De félons gieus ' ert conéu2, 
£ de fere mais ert crMnuz. 
Cil dist el Rei k'atrait &lleit ' 
£ ke atrait querre estueît, ^ 
Jà li chastel nel cunquérreît , 
Se li fossé d'atrait n'empleit. ^ 
£ li Reis li dist, en gabant, 
Ke à chescun Chevalier- mant ^ 
Roncin , mule ou palefrei , 
Ne pot aveir altre charrei, 
Trestuit quant k'il porra baillier, 
£1 fossé fasse tresbnchier. 
Robert s'en toma sorriant, 
£t à plusors de Fost gabant 
Ke li Reis aveit eomandé 
Ke l'en getast tôt el fossé , 
Kank^as servanz veindreit as mains , 
Tuit li chevals è li vilains: 
Par tels semblanz è par tels diz 
Fu li pople tôt estormiz , ^ 
Del siège s*en toment fuiant, 
£ plusors vunt par gap ? criant : 
Filz à putains *, fuiez , fuiez , 



335 



i5o5o 



Le roî donne 

en riant un 
ordre qni est 
mal interprété 
par ses sol- 
dats. 



i5o6o 



Son armée se 
débande. 



15071 



* Mttiumis/eua. ^ Mande, 

* Manquait. ^ effrayé. 

^ £t qu'il fallait chercher des àii^ "^ Par plaisanterie, 

gt^es. * J'ai déjà remarqué nUeurs 

^ N'emplifsait, Kçm oelte injure est prodiguée 



336 LE ROMAN 

Toz estes morz s'un poî targiez; 
Se ci poez estre entrepris , 
Jà sereiz tuit el fossé mis. 
Partant sunt del siège méu , ^ 
A peine fussent retenu. 
Li siège par treis dis ' failli y 
n* IV r' Li Reis se tint mal bailli 

obligé de lever 

le siège. Del siège k'il ne pout tenir, 

E de l'ost k'il vit despartir. ^ 
Ne pout cels de l'ost ar ester «soSo 

Ne il n'osèrent retonjer ; 
Il rejient au p^r veies fuieut è par chans , 

Mans. ^ * 

Dune est li Reis venu el Msms. ^ 



aux TUains. Peut-être était-ce à leur porter, chercha à combler 

cause cpe la plupart ne contrac- les fossés ayec des fascines ; mais 

taient point de mariage légl- on réussit toujours à s'en débar- 

time. rasser par le moyen da feu. Au 

' Partis. moment ou il se détespérait du 

* Trois Jours. peu de succès de ses mesures, 

' Se séparer. une pierre lancée des remparts 

4 Tout ce que raconte notre Tient fracasser la tète d'un guer- 

auteur, concernant les circon- rier placé près de lui. Alors les 

stances qui firent lever à Guil- assiégés s'éciîèrent : « Voilà de 

laume-le-Rouxlesié|gedeMayet, la yiande fraîche pour le roi; 

est apocryphe. C'est dans Orde- qu'on la porte à la cuisine , et 

rie Vital, X, p. 775 et 776, qu'il qu'on l'apprête pour son son- 

£Biut chercher un récit exact de per. » Guillaume , découragé, 

ces éyénemens. En voici la suh- renonça au siège , fit aux vignes, 

stance. Le roi , après avoir ac-' aux vergers et aux maisons une 

cordé aux assiégés une espèce guerre d'extirpation , et s'en r^ 

de trêve de Dieu, depuis le sa^ vint triomphant, dit rhistorien, 

medi jusqu'au lundi , voyant au Mans , où il licencia son ar- 

qu'ils avaient passé ce temps & mée. Ces événemens se* passè- 

palissader leurs murailles pour rent dans le mois de juillet, 
amortir les coaps qu'on voudrait ( A. L. P.) 



DE ROU. 

Cil de Maiet mult s'esbaudirent ' 
De cels ki del siège partirent , 
Mult merveillierent del Rei Ros , 
Dune il furent si tost rescos. ^ 
Mansels de guerréier avivent , ^ 
E li Norm'anz cuntre els estrivent ; 
Viles assaillent è chastels, 
Agaiz embuschent, portent cenbels, ^ 
Viles ardent , preies acoillent , 
Borgeiz pernent , vilainz despoillent. 
Devant chastels è devant hors 
Aveit sovent de fors estors ; ^ 
Mal fist la guerre è pis féist , 
Se plus durast k'ele ne faillist. 
Asez i out chevaliers ocis 
£ chevaliers nafrez è pris ; 
Mais Normanz par une envaïe^ 
Unt retenu li Conte Helie , 
Li Conte unt pris è retenu , 
Et el Rei l'unt tôt sain rendu ; 
El Rei , ki Tout mult désiré , 
L'unt cil k'il pristrent présenté. 
Li Reis à Roêm Tenvéia 



337 



Ravages exer- 
ces par les 
Normands. 



15090 



iSino 



Le comte Hélie 
tombe dans 
une embusca- 
de , et est fait 
prisonnier. 



Le roi Tenvoie 



' Furent réjouis» 

.' Délivrés, 

^ Reprennent coumge. 

^ Voyez j sur ce mot , commu- 
nément employé par nos anciens 

II. 



auteurs, mais dont la sigaifica^ 
tion précise n*e8t pas facile à dé- 
terminer , Ducange , F^oce Cent' 
beiium. (A. L. P.) 

' Combats. 

^ Une attaque. 

22 



à Rouen pour 
y être renfer- 
me. 



Ses discours à 
ses gardiens. 



338 LE ROMAN 

£ garder le recomenda ; 
En la tour le rqva ' garder 
Et en bones buies * fermer. 
Relies fu boen chevaliers , 
Bels fil è genz ^ è bien pleniers ; ^ 
A cels ki garder le debveient 
£ ki as buies le meteient 
Ne fist mie malveis semblant , 
Ne ne s'ala humeliant. 
Seignors, dist-il, bien me tenez, 
Gentilz hoem sui , bien me gardez; 
Eucor m'acorderai al Rei , 
£ bien de li serai, ço crei. 
Maiz or vos dirai une rien : ^ 
Par monseignor Saint-Julien , ^ 
Se jo ne fusse si tost pris, 
Mult éusf poi en cest pais. 
El Rei eusse fait tant guerre , 
Ke dechà la mer d'Engleterre 
Plein pie de terre n'en éust, 
Ne tur ne chastel ki suen feust ; 
Maiz altremaait est avenu , 



i5ii( 



[5l30 



' Ordonna» 

* Fers que l'on mettait aux pieds 
des criminels. 

^ Oent, gentU, Le plane! em- 
ployé lorsqu^il ne 8*agit que d'an 
personnage, est toujours une 
marque d'honneur. 

^ lÀbéral, 



* Une chose. 

^ Saint Julien, premier éyéque 
du Mans , et premier prédicateor 
de la foi chrétienne dans ce pays. 
Il ne reste point de documeus 
authentiques sur sa TÎe ni sur 
répoque de son apostolat 

(A. L. P.) 



DE ROU. 33» 

Il a cunquis è jo perdu. 

Ne sai se plus i out parlé, iii3> 

Maiz sempres ' fii at Rei mostrë 

Cum Helies se cuBteneit 

E kels paroles il diseit. 

Dune le fist li Reis amener, i 

E des biiies le fist osier , ii 

Son palefrei fist demander , 

E mult richement enselpr; ' 

El Conte dit ; Dans Quens', tnuntez, 

Alez kel part ke vos volez. 

Fêtes al mlctx ke vos porrez, ^f-i- 

Maiz altre feiz mielx vos gardez; 

Rar se jo vos prenc altre feiz. 

Jamez de ma prison n'ieatreiz. ' 

Ne voil mie ke vos kuideiz 

Ke de guerre sorpris seiz, 

Maiz vos n'ireiz jà nule part, 

Ke jo près al dos ne vos gart. * 

Ne sai se Helies mot suna , 

Ne corne il del Rei s'en toma, 

Maiz jo sai bien k'il s'accorda;* •'•^■• 



* !ft vous otsert't. de Bellesme, lomba entre les 

' Toni ce récit de la captivité miîni de ce seipienr, qui l'.il- 

r!u comte Hétic est cncoie fort tendait dans une emboicade près 

ineiact. Ce ne fut point aprèn la de Dangeul. Robert amena h 

levée du siège de Maj-cl, mais Rouen son priBOnnicr un roi 



Le roi retour- 
ne en A.ngle- 
terre. 



Il séjourne à 
Winchester, 
etva à la chas- 
se, où Gaultier 
Tyrel le tue 
par accident. 



340 LE ROMAN 

Gaires lunges ne demora ; 
. £ li Reis quant il out bon vent , 
La mer passa deliyrement. ' 
Là se contint joiosement, 
Maiz jo ne sai com lungement. 
Bien esteit de graut poesté * 
E treize ans Reis aveit esté, 
Quant la fin vint de son aé , ^ 
El mielx de tote sa bonté. 
A Wincestre ^ li Reis ala, 
Hoc grant pièce séjoma, 
Poiz dist k'il s'en voleit aler. 
En la nove forest * berser. ^ 
A un matin k'il fu levez , 
Sez cumpaignons a demandez , 



i5i(3o 



Guillaume , qui Tenvoya , sous 
bonne garde, à Bayeux, et pro- 
fita de cette circonstance pour 
envahir le Maine. C'est au retour 
de cette expédition qu*Hélie, 
ayant été mis en liberté, yint à 
Rouen, portant encore Fem- 
preinte des flétrissures de la cap- 
tivité {niger et hispidus)^ pour of- 
frir au monarque de s'attacher à 
lui. Guillaume Taccueillit d'a- 
bord avec bonté; mais ensuite, 
égaré par les conseils de l'en- 
vieux Robert de Meulan , il re- 
poussa obstinément les offres et 
les soumissions de son ancien 
prisonnier. Celui-ci partit alors, 
ne respirant, à juste titre, que 



vengeance, et, par le soulève- 
ment général qu'il excita dans le 
Maine, donna lieu k l'expédition 
de 1099, dont nous venons de 
voir le récit ci-dessus. Voyez 
Orderic Vital , L. x , p. 771-773. 

(A.L.P.) 
' Promptement, 

* Puissance. 

' De son âge, de sa "vie. 

* Winchester, 

' Cette forêt avait été plantée 
par Guillaume - le - Conquérant. 
Elle occupait , dit-on , près de 
quinze lieues du pays. 

* Tu'er de l'arc , chasser. 



DE roi:. 

A toz a saeles ' douées, 
Ki li esteient préseiik-cs. 
Gaultier Tirel, un cliiïvalii'i- 
Ki en la coït esteit itiult cliiei'. 
Une saete del Rei prist, 
Dune il l'ocisl si eom l'eu disF. 
En la nove forest entrereut, 
Gers è bisses berser kuidereut , 
Lor agait par la forest fircut, 
Maiz à granl dot se despartirent ; 
Ne sai ki traist ne ki lésa , ' 
IVe ki féri ne ki bersa , 
Maiz, ço dist l'en, ue sai com fist, 
Ke Tirel traist ^, li Reis ocist. 
Plusors dient k'îl tresbucha,^ 
En &a cote s'einpéesclia ' 
E la saete trestoma'' 
E li acier el Rei cola. " 
Alquauz dient ke Tirel vont 
Férir un cerf ki trespassout ; " 
Entre li è lî Reis eoreît , 
Cil trait ki entésé 9 aveît , 
Maiz la saete glacéia, '° 



■ eléchrs. * Détourna. 

' Mena. ~ Coula vers 



Prédiction de 

cet événement 

faite à Henri 

par une vieille 

femme. 



34a LE ROMAN 

La flèche à un arbre fréia ' 

E la saete traversa , 

Li Reis féri , mort le rua ; 

E Galtier Tirel to$t corut 

Là ù li Reis chaï è jut. ^ 

Henris , frère li Reis puisnez , 

Ert od els el boîs alez , 

Maiz de son arc quant fu tenduz , 

Fu un cordon de Tare rompuz ; 

E Henris prist l'arc en sa maio , 

A l'ostel poinst ^ à un vilaia , 

Por corde u por fil porcachier, 

E sa corde apareillier. 



iSigo 



(5300 



' Frotta. 

* Là où U roi tomba et resta 
étendu. Le temps n'a point éclair- 
ci le mystère dans lequel restè- 
rent enveloppées les circonstan- 
ces de la mort de GniUaumeole- 
Roux. Orderic Vital , qui donne 
d'ailleurs un récit très détaillé de 
cet événement y L. x , p. 782 9 
le met positivement, ainsi que 
la plus grande partie des lûsto- 
riens , sur le compte de Gaultier 
Tyrel , mais comme un accident, 
et non comme un assassinat. 
Eadmer, Gaimar et Jean de Sa- 
lisbury' expriment les mêmes 
doutes que notre auteur ; mais 
le témoignage le plus propre à 
ébranler l'opinion communé- 
ment reçue , est celui de Snger , 
qui, dans sa Vie de LouU^le- 



Gros, déclare avoir entendu af- 
firmer à Gaultier Tjrrel, de la 
manière la pluâ aûlemielle , et à 
une ^oqu^ où il n'avait rien à 
craindre ou à espérer de cet 
aveu, qu'il n'avait pas chassé 
dan9 le même canton de la forêt, 
et n'avait pas même vu le roi 
depuis le moment oà ils y étaient 
entrés. Ce Gaultier Tyrel était 
seigneur de Poix en Picardie. Il 
avait épousé Adâalde, fille de 
Richard Giffard. Voyez, aa la 
généalogie de la famille Tyrel, 
V Histoire des Grands^Offiâett ^ 
la Couronne , vi , p. 8so » où 
l'on s'est écarté, probablement 
à tort, des données fournies par 
OrdericVîtal. (A.L. P.) 

' Pousse, s'achemine. 



DE ROU. 
Endemeatrez ' k'il demourout 
A la corde k'il ratournout, " 
Une vieile de lit maison 
Demanda à un vasleton 
Ki cil esteit ki Tare tendeit , 
E ki el boiz aler voleit. 
Dame , dist-il , ço est Henris , 
Frère li Reis de cest païs. 
Amis , dist-el , or saî , or sai , 
Une novele te dirai : 
Henris iert Reis hastivement, 
Se mis augures ne ment; 
Remembre tei de ço k'ai dit , 
te cil iert ' Reis jusqu'à petit ; * 
Se ço n'est veii' ke jo te di , 
Dire porras ke j'ai menti. ' 
Quant Henris out l'arc apresté , 
Vers li bois a esperuné ; 
Vasletz aveit od li asez , 
K'i! i aveit od li menez. 
Jà esteit près del boiz venuz . 
Quant im hoem est del boiz issuz, 
Poiz vindrent dui , poiz vindreul trei , 






' POHtmit que. 



* Daiu peu de lemp 
' ff. Sbarou-Tui' 



ijue , ayec fuidu , qu« , « cette 
auecilote avait (jiielqui: fonde' 
meut, elle leudiait à coaBnner 
l'iipiiiiiiii [{ueleiDKurIre de Guil- 
laume nurait été prémédité. 

(A. L. P.) 



Enterrement 
de Guillaume. 

FuitedcTyrel. 



Couronne- 
ment de Henri. 



344 LE ROMAN 

Poiz npef, poiz dis à grant desrei, 

Ki li distreut la mort li Rei. 

Et il ala mult tost poignant ' 

Là ù il sont la dolor grant, 

Dune crust li dois ', dune erust li plors 

E crust la noise ' è li dolors. 

A Wincestre li cors portèrent , 

Al cuer as muignes ^ l'enterrèrent. ^ 

Tirel en France s'enfui 

Et à Chaumont lunges veski. 

Li Eveskes s'entr'asseniblerent 

E li Baronz s'entre mandèrent; 

Henris pristrent, cil coronerent, 

Tote la terre li livrèrent; 



iSiSo 



' Ce ne fut nullement vers le 
lieu où Guillaume venait d'expi- 
rer, mais vers celui où était dé- 
posé son trésor , que la tendresse 
fraternelle entraîna Henri aussi- 
tôt qu'il eut connaissance de l'é- 
yénement. ( A. L. P.) 

* Le demi, 

^ Le bruit, 

4 Dans le chœur de VégUse des 
moines. 

^ Ce fut à des gens d'une classe 
tout-à -fait inférieure , clicutuli, 
que le frère, les courtisans et les 
serviteurs de Guillaume laissè- 
rent le soin de ses obsèques. 
Ayant couvert le corps ensan- 
glanté du roi des premiers hail- 
lons qu'ils rencontrèrent, ils 



l'apportèrent , dit Ordmc Vital, 
à Winchester comme un féroce 
sanglier qu'on Tiendrait de tuer. 
Suivant Matthieu Pans ,■ ce fut 
dans la mauvaise charrette d'un 
charbonnier qu^on le plaça. Il 
n'y eut que les clercs , les moi- 
nes, les habitans pauvres, les 
veuves et les mendians qui se 
donnèrent la peine d'aller à la 
rencontre de ce rustique convoi 
et d'assister à son enterremeni, 
qu'on se hftta d'accomplir dass 
la cathédrale de Winchester. 
Comme il était brouillé avec le 
clergé, on ne se donna mène 
pas la peine de sonner les dodies 
à l'occasion de sa mort , Jass 
plusieurs églises. ( A. L. P ) 



DE ROU- 345 

Ne voldrent pas Robert atendre ^ 
Ki à lerusalem ert prendre. 1^340 

N'il ne saveient k'il fereit, 
Ne se jamaiz repairereit ; 
Et el rëalme Rei estoet , 
Kar sanz Reiz pas estre ne poet. ' 
Henris s'en fist asez prëier, 
Ainz k'il le voulsist otréier ; 
Son frère, ço dist, atendreit, 
Ki de lerusalem vendreit ; 
Maiz li Baron tant le prièrent, 
Plusbrs tant le cunseillierent , x^^so 

Ke il fist ço ke il li distrent , 
Et otreia ço ke il quistrent. * 



* Il faut un roi dans un rojrau- mogéniture, soît à lui résister. 
me; car il ne peut rester sans roi. Henri , soutenu par une foule 

* Ce qu'ils demandèrent. Il n'y toujours empressée de secourir 
a point de mensonge historique les présens contre les absens , 
plus impudent que cette préten- mit l*épée à la main , et ne souf- 
due répugnance de Henri à ac- frit pas, dit Orderic Vital, qu'au- 
cepter la couronne. Au moment cun étranger l'empêchât, par de 
même où ce prince apprit la mort frivoles délais, de se saisir du 
de son t«)ère, loin de se rendre sceptre paternel. Il fut si pressé 
sur le lieu, son premier soin de se faire couronner que n'ayant 
fat de courir à bride abattue Ters à sa disposition ni l'archeréque 
le château de Winchester pour de Gantorbéry, qui était en exil, 
s'emparer du trésor royal qui y ni l'archeyéque d'York , qui ve- 
était déposé. Mais le fidèle Guîl- nait de mourir , il fit accomplir 
laume de Bretenil y était arriyé cette cérémonie par Maurice , 
encore plus vite que lui , et cher- évéque de Londres , dès le di- 
cha Tainement, soit à lui rappe- manche suivant, qui n'était que 
1er ses engagemens pris avec le le troisième jour après la mort 
duc Robert, et ses droits de pri< de son frère. (A. L. P.) 



346 LE ROMAN 

Henris se contint noblement 
£ tint la terre s^igement. 
m" JdT^e Fille Malcolme , Rei de Scoce , ' 

deMaicolm, Prist Dor aveir aïe ^ è force; 

roi d £ cosse. * 

Leurs cnfaos. Mahclt ' out nom , foroicnt li plout, 



' D*Écosse. Paris d'une prétendue répu- 
* Aide. guance de la jeune princesse à 
' Mathiide, Cette piincesae eette union, répugnance qui 
avait d'abord porté le nom d'^- n'aurait pu être yaincne que par 
dith. Dans le vers qui précède , les pressantes sollicitations de 
Wacefaitallusion aux considéra- ses compatriotes et un acte su- 
tions politiques qui firent, dit* blime de dévoûment national, 
on , tomber le cboix de Henri sur Malheureusement , toute cette 
une princesse saxonne , arrière- touchante histoire ne repose que 
petite-nièce du saint roi Edouard, sur l'assertiQn d'un écrivain pos- 
dontlamémoireétait en si grande teneur d'un siècle et demi, et 
vénération chez les Anglais. Il ne saurait se soutenir devant le 
parait cependant que ce ne fut récit à la fois très authentique et 
pas la politique seule qui amena très détaillé de l'informatioii 
ce mariage , et que depuis long* faite devant saint Anselme , du- 
temps le prince recherchait Ma* quel il résnltc évidemment que 
thilde « nudgré la modicité de sa Mathildn §9 frétti très viJontîers 
dot. PwviperuUms douUts nuptm à eetle alUanoe , et qu'eUe payait 
dummodb diù cupitis potiretur de retour la tendresse as son 
4V»pUxih»s. (WilL Majmesb. ) royal amant. Voyei Eadm. , 
Dum ilia Jam olim dkwsa ^eèo à Bist. nw^. Si le mariage de Henri 
re^e amaretur. ( Eadm. , MUt»r, lui concilia l'affection dea An- 
notf,) Ces expressions sont d'an- glai> , il déplut, en revanche, 
tant pluaremarquahlea, que le benucoup aux Normands, qui 
mariage an! vit de' bien près le prodiguèrent aux nouveaux 
couronnement de Henri, puis- époux les seliriquets injurieux 
qu'il eut lieu dès la Sainti-Martin de Godrw et Godùhe, ou GinU^e. 
suivante , quoi qu'en aient dit II n'est peut-être paa inutile de 
quelques auteurs. Un historien rapprocher oea noms de celui de 
moderne, toujours avide de eir- Bigods, que les Français don- 
constances défavorables aux Nor* naieni aux Normands eux-mé- 
mands , a adopté avec empresse* mes. Yoyex ci-dessu« , p. 71. 
ment ce que raconte Matthieu ( A. L. P.) 



DE ROU. 

Un filz et une fille en out. 
Willame fu li filz clamez , 
Mult fu préisiez è mult amez. 
La fille out nom corne la mère ; 
Par li cunseil Henris son père, 
Fu en Alemaigne menée, 
Et à Femperéor donée; 
Poiz fu al règne coronée , 
Emperériz ' fu apelée. 
Willame ' ki fu filz Henri , 
Asez dona è despendi ; ^ 
Entor li père conversa, ^ 
E li père forment l'ama; 
Ço fist ke li père rova, 
E ço leissa ke il véa. ^ 
La flor de la chevalerie 
D'Engleterre et de Normendie 
De li servir s'entremeteient , 



347 



[5a6{ 



Leur fille Ma- 
thilde est ma- 
riée à Tempe- 
rear d'Alle- 
magne. 



iSa^o 



Caractère de 

Guillaume 

leur fils. 



' Impératrice. Cette princesse , 
qui parait ayoir aussi porté le 
nom à* Alix ou Adéloîde (OEthe- 
lice , Chron, saxon,) , fut , suivant 
le continuateur de Guillaume de 
Jumièges, le premier fruit de 
l'hymen de Henri. Elle n'ayait , 
dit cet auteur, qua cîuq ana lora* 
qu'elle futçouronnée à Mayence, 
et il fallut que l'arcbev^que de 
Trêves la portAt dans ses bras 
pendant cette cérémonie. C'est 
en 1 109 qu'elle fiit envoyée en 
Allemagne ; mais îl paraît que le 



mariage n'eut lieu qu'en iii4 1 
époque où elle était ftgée de dix 
ans. Son mari, Henri v, ou 
Charles -Henri , mourut eni i aS , 
et la princesse quitta à regret 
l'Allemagne , l'année suivante , 
pour revenir près de son père , 
qui TQulait en faire son héritière. 

(A.L. P.) 

* Guillaume, surnommé Ade~ 
lin. 

^ Dépensa. — ^ Demeura. 

^ Il fit ce que son père désirait, 
et s'abstint de ce qu'il défendit. 



Henri le marie 
à la fille dn 
comte d'An- 
jou. 



348 LE ROMAN 

£ grant espeir en li aveient. 
Li Reis l'amout corne son eir, 
Feme li fist mult bêle aveir, 
Fille el conte d'Angou Folcon 
Ki fu poiz par élection 
En lerusalem coronez ; 
Por sa bonté fu là menez. 
La fille ki fu mariée , 
En Engleterre fu portée , 
Dame en kuida estre et Reine : 
Maiz cil ki tote rien destine , 
Altrement l'aveit porvéu, ' 
Et altrement est avenu ; 
Kar sis espos fii ainz périz 
Ke del réaime fust seisiz. 



x528o 



15290 



Gaillaume 
Adelin vient à 
Barfleur s'em- 
barquer pour 
TAnçleterre. 



En Engleterre dut passer, 
A Barbeflo ^ entra en mer, 
Aprez son père dut sigler. 
Neir ert li tems , ne fu pas cler ; 
Li mariniers orent béu , 
N'unt pas lor dreit cors ^ porvéu. 



' Son héntier» 

' Mathiide, fille de Foulques y, 
comte d'Anjou , et depuis roi de 
Jérusalem. Cette jeune princesse 
n'avait, suivant Orderic Vital, 
que douze ans lorsqu'elle épousa 
(au mois de juin 11 19) Guil- 
laume Adelin, qui n'était guère 



plus âgé. Jam Mathildem sibi 
penè eoeevam conjugem duxerat, 

(A. L. P.) 

^ Ordonné. 

^ A Barfleur , port du départe- 
ment de la Manche*, qui , à cette 
époque , était d'une grande im- 
portance. — * Cours , rotfte. 



DE ROU. 
Del chargéor erent méu, ' 
Li tref ' aveient jà tendu. 
Dex ! kel pechié è kel dol ^ fu ! 
A fièble ore ♦furent méu, 
Poi erent jà del port iessu , 
Sor une roche sunt coru, 
A la roche la nef hurta , 
Tote fendi è esfundra, 
Par plusors lieus en mer entra , 
Grant fu li tref, la nef versa, 
E la gent tote périlla. ^ 



349 



i53 



00 



' Du quai ils étaient par^. Le 
ckargéor, c*est-à-dire la grève , le 
quai , le lieu où l'çn chargeait les 
marchandises et les objets d'embar- 
quement, 

' La "voile, 

' Quel deuil, 

* Ils partirent par un faible vent, 

* Et toutes les personnes qui 
se trouvMent sur le vaisseau pé' 
rirent. C'est dans Orderîc Vital ,t 
XII , p. 867 et saiv. , qu'il faut 
chercher un récit exact et cir- 
constancié de ce déplorable éyé- 
nèment. Voyez aussi , dans le 
second volume des Archives nor- 
mandes, les recherches de M. de 
Geryille , sur les ports de Bar- 
fleur et Cherbourg, pag. 109 et 
sniy . Ce fut dans la nuit du i5 no- 
yembre que le naufrage eut lieu. 
Tous les historiens le rapportent 
à l'année i lao , excepté Orderic 
Vital , qui le place en 1 1 19. 
Cet auteur, pour lequel nous 



professons une vénération toute 
particulière ^ a d'ailleurs mis tant 
d'exactitude dans Son récit, et 
parait avoir été si bien informé 
de tous les détails de l'événement 
dont il était contemporain , que 
ce n'est pas sans regret que nous 
nous écartons de son calcul pour 
indiquer la date généralement 
adoptée. Entre autres détails im- 
portans omis par Wace, nous 
devons rappeler qae le prince 
ne périt que pour n'avoir pas 
voulu abandonner sa sœur Ma- 
thilde , qui le rappela , par ses 
cris de désespoir , lorsqu'il allait 
gagner le rivage dans l'esquif du 
bâtiment. Il eût été juste peut- 
être de citer cette circonstance 
dans un ouvrage moderne où 
l'on a étalé avec une grande 
complaisance tout ce qui pouvait 
donner une idée défavorable de 
Guillaume Adelin. Nous devons 
encore remarquer que les histo- 



Naafrage et 
mort de ce 
prince et de 
tous ses com- 
pagnons de 
voyage. 



Un boocher 

de Roaen par- 

▼ient seul à se 

sauver. 



Tuus les au- 
tres navires 
arrivent heu- 
reusement en 
Angleterre. 



35o LE ROMAN 

Guerout un sol en escapa , 

Un fust aerst \ si l'embrassa, 

E tant s'i tint k'il arriva 

Ke la gent vint ki l'emporta ; 

£ cil reconu è conta 

Cornent li filz li Reis néia , 

£ cornent la nef perchéia. 

Cil Gueroult de Roem esteit , 

Machecrier ' ert , la char vendeît ; 

Por sa vende la cort sueit , '* 

Kar à plusors sa char ëstueit. ^ 

Un peliçon aveit vestu , 

Ki del grant freit Tout défendu ; 

Iver esteit, grant freit faiseît, 

Avent esteit, 'Noël veneit. 

De la grant flote è del navie 

N'i out ke une nef périe. 

Li Reis od tote s'altre gent , 



i53io 



i53ao 



riens angolais rie race ne s'abs- 
tinrent pas anssi complètement 
qu'on l'a dit de prendre part à 
la douleur de Henri ; car îl est 
impossible de s'y associer de 
meilleure foi que ne le fit, par 
exemple , Orderrc Vital , 4 qui 
on ne peut disputer la qualifica- 
tion d^jingli^ena, qu'il prend si 
constamment. Cet hiatorien , l'un 
des plus impartiaux qui aient ja- 
mais existé , déclare que le deuil 
causé par ce triste événeraeat fot 
général en Angleterre. (A. L.P.) 



' // sMsit UH morceau de bois, 

* Baucher, U esta remarquer 
que la rue de Rouen la plus ex- 
clusiyement consacrée aux bou- 
chers portait le nom de rue Mas- 
sacre, ou Machacre, qui provient 
éyidemment de la profession de 
ses habitans. Cet homme est 
nommé Beroid^par Orderic Vital. 

(A.L.P.) 

'' Suiçait. 
^ Conve/èoU, 



DE ROU. 

A Hantone ' vint salvement, 

Dolenz fu , à merveille tint 

Ke sis filz è sa nef ne vint. 

Por la presse oster de Hantone 

Ala li Reis à Clareudone. 

Par toz li portz fist envéier, 

E par li rivages cerdiier 

Se sis filz è sa nef venist , 

£ se noveles en oïst. 

Cil ki mort ert ne pout venir, 

Ne noveles n'en pout oïr. 

A Clarendone atendi tant, 

Tant ala iloc escoltant , 

Ke la novele fu séue, 

Ki d'ultre mer esteit venue 

De son filz è de sa maisnie , ' 

Ki tote issi fu perillie. ^ 

Ne pout tel chose estre celée , 

Cornent ke seit li fu contée; ^ 



35i 



■*«^-^**rti*i^ 



i533o 



i534o 



' Souihampton, 

* Et de sa suUe. 

« 

' Dans un passage da Roman 
de Rou cité dans le Gletsaire de 
la Langue /wnane, ce mot est 
aooentné à tort. Dans toutes les 
campagnes de Basse-Normandie 
où l'on parle encore comme écriF 
Tait Wace , on dit encore haiUie, 
perillie, feuiUUf pour baillée, 
feuillée , perillée» 

* La manière dont Henri fut 



iflforBUé de son malheur , et la 
mélancolie dans laquelle il resta 
plongé pendant tout le reste de 
sa yie , sont loin d'annoncer au- 
tant de dureté et de grossièreté 
qu'on yeut bien en attribuer aux 
roîa et aux seigneurs normands 
de cette époque. Tartdem sequemii 
die soUertia Tetbaldi comiiis puer 
fient ttd pedes régit corruit, à quo 
rex naufivgium candidœ nmfis eau- 
tam esse luctus edidiàt. Ordenc 
Vital, XII , p. 869. (A. L. P. ) 



Le roi envoie 
dans tous les 
ports chercher 
des nouT^Ies 
de son fils. 



Lanonvelleda 
naafrage de la 

Blanche-Nef 
arrive en 

Angleterre. 



Desespoir du 
roi. 



Son sénéchal 

Guillaume de 

Tancarville 

l'engage à 

vaincre son 

abattement. 



352 LE ROMAN 

Dol ' out , ne pout graignor • aveir. 
En son liet se leissa chaeir. 
Ne hoem od li parler n'osa , 
Ne il à hoem ne parla ; 
Ne sai dire s'il se pasma , 
Maiz il jut, n'il ne se leva. 
Quant Willame son seneschal, ^ 
De Tancarville un boen vassal, 
Li a dit : Sires , levez sus , 
Alez mengier, ne targiez plus. 
Vos anemiz sereient liez ^ 

« 

Se lungement dol faisiez ; 
Lié sereient de vostre annui ^ 
Se il vos saveient marri. 
Femes deibvent plaindre è plorer, 
Femes se deibvent dementer, * 
Maiz vos vos debvez conforter. 
Jà por plainte ne vivront 
Cil ki morent è ki mort sont. 
Filz ne pot père resGOvrer, 
Ne père filz por dol mener ; 



iSiSo 



i536o 



' DeuU. 

* Pius grand* 

3 Guillaume de Tancarville n'é- 
tait point sénéchal , mds cham- 
bellan de Henri i«', comme on 
peut s'en conyaincre en voyant 
les premières lignes de sa charte 
en faveur de l'abbaye de Saint- 
George-de*Bocherville , insérée 



dans le MonasU angL « h « p- 9^i • 
Il fut le réformateur de ce mo- 
nastère , et y amena des religieux 
de l'abbaye de Saint*Éyroalt , 
en remplacement des chanoines 
réguliers qui y avaient été éta- 
blis par son père Raoul y fonda- 
teur de cette maison. (A. L. P*) 

* Réjoms, — * Jffliger, 



DEROU. 
En plorer n'a nul rescovrier; * 
Levez tost sus*, alez mengier» 
Forz est dol *, la perte grant , 
Jamez en fereiz nul semblant. 
Por ço ke li chamberlenc ^ dist , 
Leva li Reis , el liet s'asist , 
Son mengier rova aprester ; 
Sez Baronz fist od sei disner, 
Ne fist pas semblant véiant gent ♦ 
Ke del filz out marement. ^ 
£n nobles dames et en bêles 
£t en corteises dameiséles 
Turna sun déduit è s'entente ; * 
C'est un gieu ki mult atalente. ? 
Quant li Reis out son filz perdu ^ 
Fille el Conte d'Ângou sa bru , 
Od mult noble apareillement 
Et od veissels d'or è d'argent, 
Od palefreiz et od destriers 
Et od grant nombre de deniers 
Envëia à Folcon son père 



353 



8 



16370 



Le Roi disci- 
mule son cha- 
grin , et se dé- 
termine à 
prendre des 
alimens. 



i538o 



Henri renyoîe 

honorable- 
ment la jeune 
Teuve au com- 
te d* Anjou 
son père. 



^ Il n'y a nulle ressource. 

* Le chagrin est fort. 

^ Le chambellan. 

^ Devant le monde. 

^ Cluigrin. 

^ Les quinze enfaus naturels 
dont ce prince fut le père prou- 
vent qu'eu effet il tourna son dé- 
doit et son entente en nobles dames 

II. 



et en courtoises demoiselles, non 
seulement à cette époque , mais 
pendant tout le cours de sa vie. 

(A.L.P.) 
^ C'est un Jeu qui plaît beaucoup, 
* Ce jne fut qu'après quelques 
années que le désir de revoir sa 
famille et sa patrie ramena cette 
princesse en Anjoiï. Voyez Ord. 
Vit., XII, p. 875. D. (A. L. P.) 

23 



On veut la re- 
marier ; mais 
elle refuse , et 
prend le voile 
àFontevranld, 
dont elle de- 
vient abbesse. 



354 LE ROMAN 

Et al Conte Giffrei son frère , 
Ke l'en clamout Plante-»Genest , * 
Ki mult amout boiz è forest. 
Cil fu mult noble chevalier, 
Bien fu leitrez è boen guerrier. 
Plante-Genest volt sa seror 
Doner s'il péust à seignor, 
Maiz el diseit ke non fereit : 
Jamez espos fors Dex n'areit , 
Ne se voleit mie abeissier, 
Ne de mariage empeirier. 
Réigne en terre estre debveit , 
E quant ele estre ne poeit 
Et ele aveit à ço failli , • 
Ne volt prendre plus bas mari ; 
Quant Rei u filz de Rei n'ara, 
Jà plus bas mari ne prendra ; 
E si a dit è graanté, 
Ke ja n'ara mari fors Dé. * 
Nonain ^ devint à Fontevralt , 
Ne se pout marier plus hait; 
A Dam li Dex del tôt s'est prise 
Et otréié à son servise , 



15390 



iS^M 



■ GeofTroi, cinquième du nom, ^ Dieu. Wace écrit ce mot de 

comte d'Anjou , slirnommé P^- bien des manières, DeUyJ>eus, 

tagenet, à caujse de l'habitude Diex ^ Dex , Dé ; mBL\s àt {fOLeV^t 

qu'il «ivait de porter une branche manière qu'il l'écnye , Â ne le 

de genêt sur sa tète, naquit le compte que pour une syllabe. 
a4août iii3'. (A. L. P.) 

* Â cela manqué. * Religieuse, 



DE ROU. 
Poiz fil Dame de l'Abéie, 
Abéesse tote sa vie. ' 



Li Reis Ros ' fu , si com jo dis , 
En la nove forest oeîs, 
E sis frère poizne Henris 
S'est el réalme ' emprez mis. 
Robert up fu pas atenduz , 
Maiz asez tost est poiz venue , * 
De Jérusalem repaira. ' 

De Conversaia ^ ù il torna 

Une gentil dame esposa. 

En Normendie l'amena; 

Sebirc out non , de sa belté i 

Fu mult par plusurs lius parle. 

D'els fti Willame nez mi fiU, 

Ki de France fu quens gentilz;' 



feiume Sibylle. 



■ Celte princesse pHl ^n effel Heuse arri-y» en Normnndieavec 
aJ ' ï'on^eïrauU vers la fin sa femme SibjUe, flUc de Geof- 
" "'" "' '^' ^'"^ abbesse de froi, comte rie ConTarsane, 



e moiiasière , où elle mourut 
n I iS4- Voyez Hirl. des fir. Off. 



petiie-nièce de Robert Guùcard 
(A. L. P.) 



1 de seplem* 

r constquBiit 



inorl de Guillaume -le- ï 
[qui Bïaileu lieu le i août 
*Went), que Roben-Cou 



e Naples , dans la terre de Barl. 

• Comte gentil. Guillaume, sai- 
ominé ClkoR , né en iioi , 
ajant été dépouillé de son héri- 
tage paternel, fut en effet comte, 
nou pas de France, maïs cD 
France, par le don que Loui»- 



r 



Robert se re- 
met en posses- 
sion de la 
Normandie. 



Il réclame 

contre Tusur- 

pation de la 

couronne 

d* Angleterre 

par son frère. 



356 LE ROMAN 

Mult fu amez de chevaliers , 
Et il lor dona volentiers ; 
Maiz ne dura pas lungement , 
Kar il morut hastivement 
Par une plaie qu'ai bras out 
A un chastel k'il guerréiout , 
Ke il aveit par force assis. 
Tôt li plus de ses anemis, 
De sa mort orent graht pesance , ■ 
Cil de Flandres è cil de France. 
Robert vint de lerusalem , 
Grant joie en firent à Roem. 
NoiTOendie a tote seisie 
£t tote Tout en sa baillie. * 
N'i a trové nul aversaire , 
Par tôt fet ço k'il volt faire ; 
Maiz merveilles ^ lui anuia , 
E merveilles se coroça 
De Henris son frère puizné , 
Ki Reis esteit cuntre son gré : 
Par ainznéage *, ço diseit , 
Reis d'Engleterre estre debveit. * 



i543o 



i544o 



le-Gros lui fit du comté de 
Flandre , pour le dédommager 
de la perte de la Normandie. Il 
ne jouit que pendant bien peU 
de mois de son nouveau domai- 
ne : 8*étànt blessé lui-même à la 
main avec le fer de la lance d*Qn 
fantassin qui voulait lui boucher 



le passage , il mourut au bont de 
cinq jours des suites de cet acci- 
dent. (A. L'. P.) 
' Chagrin. 

* En sonpoupoir. 
' Étonnamment. 

* Droit d'aînesse. 

^ Ce fut à la demande de la 



I 



DE ROU. 

Baronz semont è chevaliers , 

Prie veisinz è soldéiers. 

O grant gent et o grant navie, 

Et od noble chevalerie 

Passa mer * , vint à Porecestre , 

D'iloc ala prendre Wincestre ; 

Maiz l'en li dist ke la Reine 

Sa serorge * esteit en gésine , ^ 

Et il dist ke vilain sereit j 

Ki Dame en gésine assaldreit. ^ 

Vers Lundres fist sa gent torner, 

Kar là kuidoutli Reis trover. 

Al bois de Hantpne esteient jà 

'Quant un hoem li Dus encuntra , ^ 

Ki li dist ke li Reis >veneit , 

Ultre li bois l'encuntrereit , 

Ultre li bois li Reis atent ; 

Gart k'il n'aut avant folement ; ^ 



357 



i545o 



15460 



Il assemble 

une armée , et 

vient disputer 

le royaume à 

Henri. 



Les deux frè- 
res s'attendent 
mutuellement. 



plupart des grands seigneurs 
anglais y mécontens de la sévérité 
de Henri, et surtout par les con- 
seils de Ranulf Flambard , favori 
de Gnîllaume-le-Roux, qui s'é- 
Tait réfugié en Normandie, que 
Robert- Courte- Heuse se déter- 
mina à aller revendiquer la cou- 
ronne d'Angleterre , pendant 
qae , de leur côté , les seigneurs 
normands , fatigués de la mol- 
lesse et des prodigalités de leur 
dnc , avaient lié des intelligences 
avec Henri pour dépouiller Ro- 
bert de son duché. (A. L. P.) 



' Robert s'embarqua au Tré- 
port dans l'automne de i loi , et 
arriva' à Portsmouth , d'où il se 
dirigea vers Winchester. Il resta 
en Angleterre environ deux 
mois, et revint en Normandie 
aux approches de l'hiver. 

(A. L. P ) 

■ Sa belle'Sœur. 

^ Était en couche. 

* Attaquerait. 

' Rencontra. 

® Qu 'il prenne garde d'aller fol- 
lement en avant. 



Préparatifs 
pour le com- 
bat. 



Aucun des 

deux frères ne 

veut ni reculer 

ni engager le 

coiÉibat. 



Répugnance 
des barons à 
se battre con- 
tre leurs plus 
proches pa- 
rens. 



358 LE ROMAN 

AI eissir ' et al boiz passer 
Le kuide H Reis deroter. 
Dune oïssiez li chevaliers 
Demander armes è destriers,* 
Haubers vestent è helmes lacent , ^ 
Ceignent espées , mfilt manaceat ; 
Tuit se peinent de bien armer 
E d'els as chevals affermer. * 
Li Reis sont del Duc la venue 
E ço fu chose bien séue , 
E li Dus sont l'aprismement ^ 
Del Rei ki vint sospriseinent ; ^ 
Al bois de Hantone ? trespasser 
Kuidout chescun l'altre èncuntrer; 
Issi unt lungement doté , 
Et issi unt lunges esté. 
Chescun i dotoutà entrer, 
Ne nus ne voleit retomer; 
D'ambes parz ^ out filz è pères, 
Uncles, nevos, cosins u frères; 
Nus n'en n'osout avant aler, 
Por séz parenz k'il crient » de tuer. 
Nus ne velt férir son cosin , 



15470 



i548o 



' A la sortie. 

^ Cheifaux de bataille, 

' Et attachent leurs casques. 

* Et de s'assurer sur leurs ehe- 



vaux. 
s 



L'approche. 



• Par surprise. 

"^ Bampton, dans le comté de 
Middlesex. 

* Des deux côtés. 
' Qu'il craint. 



DE ROU, 359 

Ne son parent ne son veizin. 
Issi unt lungement esté, <549* 

Et lungement entrels doté, 
Ke nus n'osout avant aler. 
Lor parenz creinent encuntrer, ' 
Graignur dote ' unt de lor amiz 
Ke il n'unt de lor anemiz ; 
Dote li Reis, dote li Dus, 
Maiz jo ne sai ki dota plus. 
Por ço dotoent è creineient ^ 
R'à lor parenz se cumbatreient, 
D'ambes parz aloent dotant, >5^°» 

Nus d'els n'osoent aler avant. 
Li Barunz unt apercéu ^ 
Par els meismes unt séu 
Ke la chose aloent malement , 
Ke parent tuast son parent, 
Cosin cosin , frère frère , 
Parent parent, è filz père.: 
Cunseillié ♦ unt tois entre , 
Ke il le ferunt tôt altre , ii« tâchent 

_ de réconcilier 

Li dui frères aeorderunt, «si'o Robert et Hen. 

Jà por els ne se combatront. ^ 
Robert ki Belesme teneit 



' Rencontrer, * Voyei dans Orderic Vital , 

* PUu grande crainte. x , p. 788 ,. les circonstances et 

^ Craignaient. les conditions de ce traité. 
^Résolu. (A.L.P.) 



Robert de Bel- 
lesmes et plu- 
sieurs autres 
seigneurs s*en- 

tremettent 
pour réconci- 
lier les deux 
frères. 



3So LE ROMAN 

E ki del Duc s'entremeteit, 
E cil ki Moretoing aveit 
Ki à Seignor aparteneit 
(Willame ' , ço dient, out non), 
E Robert ki fu filz Aimon * 
Avec altres riches Barons 
Dune jo ne sai dire li nons, 
Ki del Rei è del Duc teneiçnt , 
E amedous ^ servir debveient , 
De l'acorder s'entremeteient 
Por la bataille k'il crempient. ^ . 
Del Rei el Duc sovent aloent 
Et la parole entre els portoent; 
La paiz aloent porcachant , 



t55xo 



' Guillaume , comte de Mor- 
tain , et cousin-germain du Roi et 
du duc. Nous avons eu occasion 
ci-dessus , p. a66 , de parler de 
son père Robert, à l'occasion de 
la bataille d'Hastings. Ce n'est 
qu'en i io4 qu'Orderic Vital 
nous représente pour la première 
fois ce seigneur entraîné par son 
oncle Robert de Bellesmes à aban- 
donner le parti de Henri pour 
s'attacber au duc Robert. Il ^n 
fut immédiatement puni par la 
confiscation de ses^ immenses 
domaines d'Angleterre. Cette 
mesut*e ne fit qu'augmenter son 
acbarnement contre le Roi, dont 
il devint Tennemi le plus dé- 
claré , et le plus dangereux par 
sa valeur et sa puissance, jusqu'à 



la bataille de Tinchebray, où il 
fut fait prisonnier. Le vainqueur 
ne se contenta pas de le dépouil* 
1er de toutes ses propriétés (et 
en particulier du comté de Mor 
tain , qu'il donna à Etienne de 
Blois), mais encore il le ren- 
ferma dans une étroite captivité, 
et poussa la barbarie, dit -on, 
jusqu'à lui faire crever les yeux 
de sang -froid dans sa prison. 
Cette ciirconstance ne fut connue 
qu'après la mort de Henri. 
\oyetV Histoire de Geoffroi Plan- 
tagenet, par Jean de Marmou- 
tier, L. I, p. 8i. (A. L. P.) 

* Robert FitM'Haimon. 

^ Tous deux. 

^ Qu* ils craignaient. 



DE ROU. 36i 

E la concorde porpaVlant. 

Al Duc dient ke paiz féist, Leursdjscours 

*■ ^ au duc Robert. 

E al Rei chose ne quésist * 

Ke li Reis feire ne déust, »553o 

Ne ke faite estre ne pëust. 

Kar poiz k'il esteit coronez 

Ne debveit estre déposez; 

Mielx voldreit estre à mort féruz " 

Ke del règne fust abatuz; 

Ne deit mie son frère abatre , 

Ne si grant gent fere cumbatre ; 

De totes parz à filz è pères, 

E d'ambes parz ^ nevos è frères. 

Sires, font il, merci por Dé, * «5540 

Ki al sépulcre avez esté, 

Vos nos devez toz assenser ^ 

Et enseigner è doutriner. ^ 

Bataille fait mult à doter ; 

Ne pot tel chose asembler 

Com li Reis è com vos avez 

K'omes n'i ait occis asez ; 

Tels amis perdre porriez , 

Ke jamez joie n'ariez, 

Ensorquetot 7 al comencier, »555o 



' Ne demandât, * Rendre sages. 

» Frappé. ^ 6 Endoctriner. 
. 3 Des deux côtés, 

4 Pour Dieu, ' Avant de commencer. 



36a LE ROMAN 

Tel kuide veincre è se fait fier, 
Ki à la fin s'en part vilment, 
Et mult se fiiit hontosement. 
Fêtes paiz, si vos acordez, 
Séiez amis com vos devez. 
Tel parole el Duc diseient , 
Et altresi ^ el Rei faiseient. 
Tant unt dit è tant imt préié 
Et tant unt el Rei cunseillié , 
Ke chescun se mist en l'es'gart • «"60 

Des Raronz de chescune part ; 
Par lor cunseil s'acordereient , 
Et en lor esgart se metreient. 
Ke vos irai jo recontant. 
Et en paroles demorant? 
Conditions de Establi fu par coveuaut ^ 

Ke li Reis d'iloc en avant, 
Chescun an tant com il vivreit, 
Treis mile mars d'argent donreit 
Al Duc Robert por paiz aveir, ^^'^7^ 

Et por tote ire rem^neir; ^ 
E ke se guerre el Duc sordeit , * 
Dez k'il al Rei le manderait , 
Chent chevaliers li trovereit 
E plus , tant com guerre durreit ; 



' De même; et ils tenaient les ' Traité, convention, 
mêmes discours au Roi, ^ Et pour éteindre toute coUre. 

* j4u jugement, à l'aMtrage. * S'éleçait, 



DE ROU. 

Altresi li Dus li fereit, 

Dez ke li Reis li mandereit. 

Li Reis a faite celé fin , 

E out Danfront è Costentin; 

Danfront aveit luages tenu 

£ Costentin en garde eu ; 

Cels dous ' ne volt li Dus leissier, 

Maiz al Rei l'estut otrëier. ' 

Issi fil entrels graanté , 

Et issi fil asséuré 

Ke li Reis l'argent paiereit, 

E li Dus à ço se teindreit. ^ 

Li Dus Robert est à sez nés 

£ li Reis est en paiz remés. ^ 

Ne trova poiz en £ngleterre 

Ki li méust ne féist guerre ; 

Maiz à cels a séu mal gré , ^ 

Ki cuntre li orent esré, ^ 

Ki li Dus firent passer 



363 



l558o 



15590 



Retour du duc 
en Norman- 
die. 



Ressentiment 
du Roi contre 
les seigneurs 
qui araient ap- 
pelé son frère. 



' Ces deux pays» 

* Lui fallut accordera 

' Cet arrangement entre les 
deux frères eut lieu dans l'au- 
tomne de Tannée 1091. Robert 
resta environ deux mois auprès 
du Roi, et ne revint en Norman- 
die qu'aux approches de l'hiver. 
Ce ne fut point une rente de 
trois mille marcs d'argent , mais 
de trois mille livres sterling, qui 
fut stipulée. Henri ne conserva 



point le Gotentîn, comme il a 
plu à notre auteur de le dire, et 
ne resta en possession de Dom- 
front qu'à cause, ou au moins 
sous le prétexte de l'engagement 
qu'il avait pris avec les hahitans 
de ne jamais céder à personne 
ses droits sur eux. Voyez ci- 
dessus, p. 3ao. (A. L. P.) 

* En poix resté. 

' Mauçais gré» 

^ Agi , marché. 



Il confisque 
leurs domai- 
nes situés en 

Angleterre. 



364 LE ROMAN 

Por li fere mal è grever. 
Unkes poiz nul d'els n'en ama, 
Cil de Moretoing en blasma, 
Willame son germain cosin, 
Filz Robert li filz Heloin , 
Pai;* kel cunseil li Dus errout ' 
£ faiseit co k'il li loout. ' 
Robert de Belesme altresi , ' 
Filz Rogier de Mongomeri , 
Fu malement del Rei Henri , 
For ço k'il out li Dus servi : \ 
Par cels, si com li Reis diseit, 
Faiseit li Dus quant k'il faiseit. ^ 
Li Reis nés ama à nul foer, ^ 
Maiz li esteient cuntre coer; 
A chescun fist tolir sa terre 
K'il aveit en Engleterre; 
Ne velt sofrir ne otréier 
Ke nus péust od els çhangier. 
Chescun se plaint el Duc Robert, 
Ke por s'amor^ sa terre pert; 
Par li lor deit estre rendu 
Ço k'il unt por li perdu. 
D'altres Baronz i out plenté , ' 



i56oo 



i56i< 



' Agissait. 

* Ce qu'il lui conseillait. 
^ De même, pareillement. 

* Tout ce qu'il faisait. 



^ A nul prix , nullement. 

* Que pour l'amour de lui il perd 



sa terre. 

' Grand nomàre. 



DE ROU. 
Ki unt mult li Dus apelé. 
As plaintes ke plusors faiseient, 
Ki ultre mer lor fieus ' perdeient , 
Li Quens de Waumeri ' sorvint , 
Willame out non, ki les maintint, 
E d'altres terres grant plenté 
Esteit l'ënor de sa conté. 
Dune li Reis Tout tôt dësaisi , 
E cil li aveit tôt guerpi. * 
Li Reis Henri grant pose aveit 
Ke li Conte Guillame haeit;'^ 
E se vos plaist briement * diron 
De la haenge Tachaison. ^ 
Quant Henri fa od li Reis Ros , ^ 



365 



i562i 



i563o 



Plaintes des 
barons à Ro- 
bert sar ce 
qu'ils ont per- 
du pour s*étre 
attachés à lui. 
Guillaume de 

Waumeri 
joint ses plain- 
tes aux leur^ 



Anciens sujets 

de haine qu'il 

avait donnés 

au Koi. 



' Leurs fiefs. 

^ Il suffît de comparer ce ré- 
cit ayec celui d*Orderic Vital, 
pour se coD'vaincre qu'il ne peut 
être question ici que de Guil- 
laume de Varenne, second du 
nom. Nous ne sayons à quel 
propos notre auteur, ou peut- 
être ses copistes, lui ont donné 
le nom de comte de Waumeri , 
que nous n'ayooTs retrouyé nulle 
part ailleurs. Ce qu'en dît Orde- 
ric lui-même n'est pas complè- 
tement satisfaisant, ni surtout 
exempt de contradiction. Après 
avoir annoncé, p. 788, que Ro- 
bert, en quittant l'Angleterre en 
iioi , Payait emmené déjà dé- 
pouillé de ses biens d'Angle- 
terre , ainsi que plusieurs autres 



seigneurs qui se trouyaient dans 
la même situation pour s'être 
attachés à lui, il fait arriyery 
p.^ 804 , ce même Guillaume en 
Normandie deux ans plus tard, et 
lui fait raconter au duc , comme 
un éyénement tout récent, la 
perte de son comté de Surrey ; 
c'est même sur cette nouyelle, 
et dans l'espérance de faire re- 
yenir Henri sur cette mesure, 
que Robert se détermine toWe- 
ment à passer sur-le-champ et 
sans précaution en Angleterre. 

(A. L. P.) 

^ Tout abandonne'. 

^ Baissait, 

* Brièvement. 

^ L'occasion de cette haine, 

^ Guillaume^e-Rou». 



Plaisauteries 

sur son goût 

pour la chasse. 



366 LE ROMA.N 

Ki tos tems fu mult glorios, 
Ainz k'il éust terre ne rente, 
En chiens, en boiz ert s'ententé, ' 
Sez chiens aveit, en boiz atout, 
Et en chacier se dëlitout. ' 
Quant il faisait mote ^ mener, 
Mult l'oïssiez sovent corner; 
Et s'il voleit aler berser, 
Brachez ^ faiseit asez mener. 
Sovent quant veneit el plaissrr, * 
Li trieges faiseit retenir; ^ 
De boiz , de chiens, de vénerie 
Cognoisseit tote la mestrie. ? 
Solonc Tachaison k'il aveit 
Gers è bisses , è pors perneit ; 
Por li cers k'il aloent pernant , 
Ë por li boiz k'il cerchout tant, 
Li quens Willame le gabôut ; ® 
Pie de cers par gab ^ l'apelout , 
Et sovent sore li meteit 
K'as pas des cers aparceveit '"^ 
De quanz ramors " li cers esteit. " 



>56-io 



tS^U 



* «SS0A goût, son oampation. 
^ Se plaÎMit. 

* Meuie, 

^ Chiens de châtie, chiens èra- 
ques, 

* Parc, 

^ Il faisait réparer Us haies. 
7 Toute la science» 



* Le plaisantuii. 

9 Plaisanterie, 

' ^ Qu'aux p0S des cerfs U apef 
cevait. 

'' De combien d^ tètes ou de 
c(Mr8 : termes de chasse. 

' ^ Notre auteur est le seul his- 
torien qui nous ait transmis ces 



DE ROU. 

Sovent Henris s'en coroceit, 
Maiz por li Dus ke mult amout, 
Henris sofirout et escoltout 
Tel chose ki mult li pesout, 
Maiz por li Dus si se targout. ' 
£1 terme ke Henris fu Reis , 
Li remembra des vielz gabeiz ' 
Dune li Quens te spleit gaber; 
Henris nel' peut mie oblier. 
Por celé achoison solement 
(Ço fut retrait ' entre la gent), 
Fu Willame del Rei haïz 
£ de sa terre desaisiz. 
Plusors dient, ke ke jo die,^ 
Ke par engien è par voisdie , ^ 
Par false è par feinte haïne 
Fu faite ceste desaisine; 
£ ke li Quens fu envéiez , 
Por ço k'il fu mult véisiez,^ 
£n Normendie el Duc parler, 



367 



i566c 



i56^( 



M«nri dissi- 
mule d'abord 
par considéra- 
tion pour son 
frère. 



Mais enfin son 
courroQxëcIa- 
te, et il con- 
fisque les do- 
maines de 
GuilUuine. 



détails corieux» et tout-à-fail 
dans les mœars du temps, sur 
l'origine primitive de Téloigne- 
ment de Henri pour Guillaume 
de Varenne. Malgré la prompte 
réconciliation de ce seigneur 
ayec le Roi « nous ne voyons^ au- 
cune raison d'adopter l'odieuse 
imputation cont^iue dans les 
ycra qui suivent, ni de douter 
de la réalité de la colère de 



Henri au moment où il apprit 
que son frère avait remis le pied 
sans sa permission sur le terri- 
toire anglais. (Â. L. P.) 
' Patientait, 

* Des vieilles plaisanteries, 

' Ce fut rapporté parmi le monde. 
^ Malgré ce que je dis , quoi que 
j'en dise. 

* Tromperie. 

* Très rusé. 



Les plaintes 
de ces barons 

déterminent 
Robert à aller 

trouver son 
frère. 



Le Roi entre 
dans nne gran- 
de colère à la 
noavelle de 
l'arrivée de 
son frère , et 
veut le mettre 
en prison. 



368 LE ROMAN 

Kar mult esteit mal en arter. ' 
Al Duc se plainst del Rei Henri , 
Ki por s'amor * l'aveit haï ; 
Sa terre en crient aveir perdue , 
Se par li ne li est rendue. 
Par complaintes è par clamors^ 
Ke li Dus oï de plusors , 
Passa la mer sudéement ^ 
A Sohantone ^ par bpen vent, 
Sei doziesme de chevaliers, 
Ovec servanz et esquiers. 
Li Reis, ço dist, aloùt reqperre. 
Se parmi n'en aveit sa terré. 
Li Reis , ki esteit à Wincestre, 
Oï del Duc l'afere è Testre; ^ 
Tost oï dire k'il quëreit, ^ 
A sa gent dist k'il le prendreit, 
En sa prison le getereit, 
Jamez ne li escapereit. 
Robert ki ert Quens de Mêlant , ' 



i568o 



rSôgo 



' Fourbe. 

* Son amour. 

^ Soudainement. Ce yoyage de 
Robert en Angleterre est de 
Tannée iio3. (A. L. P.^ 

^ Southampton , capitale du 
Hampshire , et port de mer à 
yingt-cinq lieues de Londres. 

^ Et la conduite. 

^ Ce qu'il demandait. 

7 De Meulan. Nous ayons yu 



ci-dessus, p. aag, figurer à la 
bataille d*Hastings ce seigneur, 
alors fort jeune. Eniyré des pré- 
sens et des promesses de Guil- 
laume-le-Roux, il eut en 1090, 
au sujet des châteaux d'Iyry et 
de Brionne , de grands démêlés 
ayec le duc Robert, qui le fit 
même mettre en prison , puis se 
réconcilia ayec lui, à la sollici- 
tation du yieux Roger de Beaa- 



DE ROU. 
Ke l'en teneit por mult vaillant, 
Sages hoem esteit è mult sàçant, * 
Devant li Reis parla avant : 
Sire, dist-il, por Dèx merci, • 
Vos nel ferez nient issi ; ' 
Jà vostre frère ne prendreiz, 
Ne jà tel honte ne féreiz; 
Maiz se vos creire me volez , 
Toz li deniers k'al Duc devez, 
Vos ferai jo quite clamer 
Sainz ke li Dus s'en poisse aler, 
E se vos volez ço graer, ^ 
Jo voil al Duc aler parler. 
Alez, dist li Reis, jo l'otrei. 
De nule rien ne vos-mescrei. 
Jà ert li Quens esperunez 
E Sun cheval ert amenez. 
Quant li Reis le fist rapeler; 
Encor voleit à li parler. 
Ne sai k'il aterent disant, 



369 



Conseil diffé- 
rent donné par 
Robert de 
Menlan.' 



i5^oo 



iSyto 



Le Roi ap- 
prouve son 
projet , et il 
part poar 
l'exécuter. 



mont, père de Robert. Ce n*est 
qu'en logS que ce dernier se 
maria avec ÉUsabeth ou Isabelle 
àe Vermandois. Il fut constam- 
ment le principal conseiller de 
Henri i«*', tjui le créa comte de 
Leicester en iio3, et l'éleva 
au-dessus de tous les antres sei- 
gneurs de son royaume, sous le 
double rapport des richesses et 
de la puissance. II avait là répu- 

II. 



1 ^ < 

tation d*étre Thomme d'état le 

plus habile qui ' existât . entre 

Londres et Jérusalem ; mais de 

grands défauts ternissaient et 

balançaient cette réputation. Il 

mourut en 11 18, et fut enterré 

à Tabbaye de Préaux, fondée par 

sa famille. (A. L. P.) ^ 

' Savant, 

=• Vous ne ferez pas ainsi. 

* Permettre. 

a4 



Il Ta troayer 
le Duc , et lai 
fait sentir les 
terribles con- 
séquences que 
peut avoir son 
imprudent 
voyage. 



370 LE ROMAN 

Maiz mult alerent cunseillant. ' 

Poiz retoma li Quens poignant, 

Corne s'il ëust busuing grant. 

Yerz Hantone ert li Dus torné , 

£n sa veie l'a encuntrë ; 

A une part a li Dus trait, 

Demandé li a corne il vait : 

Sire , dist-il , cornent alez? 

Ki vos meine , et ke pensez ? 

Malfez • vos meinent, ço m'est vis ; 

Com errez vos en cest pais? 

Jà l'avez vos tôt fors juré ^ . 

Et al Rei quite clame 

Por aveir ke vos deit don^r; 

Mult nos en avez fait blasmer, 

Mult avez mal cunseil eu, 

£ mal cunseil avez créu , 

£ mult avez mal espleitié , 

Quant sainz conduit è sainz congië 

En cest paîz vos eidbatez-, ^ 

Ki altre force ii'i avez. 

Li Reis dit k'il vos fera prendre , 

Ne vos poez de li desfendre ; 

Kel merveille se il vos prent,, 

Quand vos n'avez ki vos desfent ! 

£ se il vos prent une feiz , 



iSTtO 



iSySo 



15740 



' Pariant en particulier. 

* Mauvais , méckans , diables. 



^ Cédé par serment. 
^ Fous vous engagez. 



.* 






! 



DEROU. 

Jà mez de sa prison n'iestreiz. ' 
]Li Dus fti mult espoentez, 
A merveille fu esfî^z , 
Sis règnes * tint , si s'arèstut. 
Lores à primes ^ s'aparçut 
Ke li Reis Henris^e haeit,^ 
£ bientost prendre le fereit. 
A Hantone volt rètomer, 
Hoc voldra en mer entrer 
£ retorner en Norniendie; 
Maiz tome fust à vilainie , 
Ne il ne porr^it cuntre vent 
Conduire nef delivrement ; 
£ si sereit malveiz semblant 
Se issi s'alout trestoroaût. 
Sire Quens^, dist-il, k'en loez ^ 
Solonc li tems ke*vos véez? 
Jo lou , ^ dist'il, par dreite fei , 
Solonc li tems ke jo vei , 
Ke v#s parlez à la Reine , 
Ki est rélevée de:gësine, ? 
Si vos meitreiz en scm conduit , ^ 
Kar altrement est pris tuit ; 
E s'ele en conduit vos prent, 



371 



Épouyante du 
Dnc. U Tou- 

draiC , maU 
▼ainement) re- 
toamer iiQiiié- 
diatement en 

Normandie. 



iS^So 



Il demande 
con«eîl à Ro- 
bert de Meo' 
lan. 



15760 



' Ne sortirez. 
* Les réttes de son cheval. 
' Alors pour la première fois. 
4 Le haïssait. 



^ Que me conseiUe**vûUS dans 

cette occurrence A 

^'Je suis d'avis, je conseille. 

7 Relevée de couche. 

* Sa sauvegarde. 



D'après l'ayis 
deceseignear, 
il sedétermine 
à offrir à la 
Reine la rente 
que lai faisait 
Henri. 



Cette démar- 
che apaise le 
courroux du 

Roi. Discours 

que lui tient 

le Duc. 



37a LE ROMAN 

Aler poez séurement: 
Li Dus Robert fu mult peusis, 
E grant poor out d'e&tre pris ; 
A la Reine ala parler 
Ainz ke ' al Rei osast ater. 
La Reine l'asegura, ' - 
Rel le reçut et énora; 
Et li Dus li a graanté, 
Et tôt l'argent quite clamé , 
Ke li Reis doner li debveit 
Chescun an com il vivreit. ^ 
Por ço k'il fist à la Réme 
Fu ele mult à li encline, 
E li Reiâ quant H l'oï dire 
En atrempà vers li son ire. ^ 
E li Dus à la cort ala, 
Quant il i vint à li parla , 
Ne volt k'il out sospeçon , 
Ne nule maie intencion. . 
Ne sui, dist-il, pas- ça venuz 
Com par force ne embatuz ^ 
' Por vos rentes amenuiser, ^ 
Ne por vos terres chdlengier, ' 



i57;o 



i5j8(i 



' Avant que, 

* X« rtusura. 

' ConstUutum qaoque sUfi vectl- 
gai trùim mUlùim Ubrarum suppU- 
canti ex industria regUuB induisit. 
Ord. Vit. XI, p. 8o5. (A. L. P.) 



^ En modéra vers lui sa co- 
lère. 

» S'emhatre, s'établir, se loger. 
^ Diminuer. 
7 Disputer. 



DE ROU. 373 

Ne por aveir ' ke me p^iez , 

Ke par costumé iiie deviez. 

Mei ne devez costume rendre , >*79o 

Ne jo la dei de vos prendre; • ' ' 

D'un père è d'une mère sûmes , * 

Un père et une mère eûmes , 

Fraternité garder vos dei 

Issi à vos com vos à mei. * 

Atresi gentil ço saiéz 

Come jo sui estre debvez; 

N'a entre nos nul advantagè, 

Ço m'est avis forz d'ainznéage , * 

£ ço fîi en dreit vos tome ' »'>8oo 

Dez ke vos fustes coronë. 

La dignité de la corone 

Mult grant advantage vos done. 

Por ço ke jo vos aim è crei , 

Li deniers quites vos otrei 

Ke vos rendre me deviez , 

Tant com cest règne tendriez ; 

Quite vos claim, qui te seiez. 

Por nient plus me tjuerriez; * 

A la Reine ait tôt doné , '^® ' • 

E vos en ai quite clamé; 

A lié l'otrei por vostre amor j ^ 



* Argent, * JVe me cherchez, 

* Nous sommes. ' /i die je l'accorde pour votre 
' D'ainesse, amour. 



374 



Le Roi le 

prend aa mot, 

et cesse de loi 

faire aacone 

rente. 



Retour du 
Duc. Ses re- 
grets snr Fin- 
utilité et les 
fâcheuses con- 
séquences de 
son voyage. 



LE EOMAN 

£ vos claim quite par m'énor. ^ 
Quant vos plaira ë vos voldrez. 
De vos bels aveirs me dorrez. 
Vostre merci , distji Rcis ^ 
Ore avez dist ke corteis. ^ 
Quant li Dus fîi assëurez, 
Et il kuida estre acordez , v 
Li Reis fist requerrcè requi&t - 
Toz sez Baronz , è li Reis dist 
Ke sanz li Dus quant li plaira, 
Il fera bien ço k'il devra. 
Li Reis ne l'en volt fere plus , 
Ne plus fere n'en pou^ li Dus; 
Ki a perdu si a perdu, 
Li Reis tint ço k'il a tenu. 
Li Dus en sa terre s'en vint, 
Mult li pesa, por fol se tint 
K'il out erré si folemçnt 
E clamé quite toi l'argent 
Ke li Reis li deveit douer. 
Ne pout mez mie rôcovrer, 
A la Reine l'a tôt doaé , 
E li,Reis tôt quite a damé , 
Ne verz li n'out rien espleitié 
De ço k'il li aveit préié. 
Li Dus Robert à tels affaires 



iSfliO 



i583c 



Mon koaneur,. 



' Maintenant vous avez jfM '" 
homme courtois. 



DE ROU. 

Vit ke li Reis ne l'amout gaires ; 

Mult se Yolsist de li vengier, 

Grant talent ' out de li plaissier; * 

Ço haï ke li Rels ama, 

£ ço loa ke il blasma. 

Por ço sorst ^ entrels grant mediée 

Ki ne pout estre acordée. 

Par paroles ke cil diseient , 

Ki tiltre mer lor cens perdeient, 

Greva li Dus Costentineiz 

£ cels de Danfront en Passeiz. 

Li Reis li a mandé sovent 

K'il li fait tort , si li ament ; ^ 

Ne li valt rien nule.manace, 

Ses rentes prent , sez genz enchace, 

Covenant tenir ne li velt 

De Costentin ke tenir selt; ^ 

Sovent l'en fait plaintes oïr, 

Ne vdt mie issi sofFrir. 

Sovent li Dus li manda 

Ke Costentin mez ne tendra , 

Ne jà Danfront ne li lairra , 

Tant le tendracom il porra. 

Danjfront est de son tenement 

E Costentin tôt ensement , ^ 



375 



i584o Ces regret» se 

changent en 

ressentiment 

et en désir de 

Tengeance. 



Représailles 
exercées sur 
les portions 
de la province 
qui apparte- 
naient à son 
frère. 



i585o 



i586o 



Plaintes de 
Henri. 

Le Duc élèye 

des préten- 
tions sur Dom* 
front et le Co- 
tentiu. 



' Ùrande envie, 
* De le quereller. 



* Qu'a l'en indemnise. 
' jé coutume. 

• Pareillement. 



Discours d'un 

cheralier à 

Tappui d« la 

réclamation 

do Dac. 



376 LE ROMAN 

£ se li Dus en son- lieu {Treat , 
N'en deit aveir mal talent , 
Kar se li Reis gardout raison , 
Li Dus ne li fereit se dreit'non. * 
Quant li Reis out totescolté 
E cil se tout ki out parlé , ' 
Un chevalier en piez leva, 
Ki por li Dus el Rei parla; 
De Normendie esteit venuz, 
Mult preisiez ' è conéuz ; 
Cil tint del Duc-è tint del Rei , 
Et à chescun esteit par £ei. ^ 
Sires, dist-il , d'ultre mer vient , 
Hoem sui li Dus è de li tient 
E de vos tien-jo è de lui , 
E hoem suirjo à amedui. * 
Ço ke me convient estuet ^ dire ; 



i58;o 



i588o 



' Tout ce que dit ici notre 
auteur des circonstances qui rai-' 
lumèrent la guerre entre les deux 
frères, et de Tambassade hostile 
envoyée à Henri par Robert , est 
controuyé, et ne mérite aucune 
confiance. Robert, loin de cher- 
cher à s'emparer des possessions 
du Roi, ne pouvait ni empêcher 
ses vassaux de se guerroyer mu- 
tuellement , ni protéger les pro- 
priétés ecclésiastiques , ni sur- 
tout dompter Robert de Bellesme . 
C'est pourquoi il se détermina à 
faire la paix avec ce dernier. 



contre l'engagement formel qu'il 
paraît avoir pris précédemment 
avec Henri. C'est uniquement 
sur ces trois points , et sur ses 
prodigalités , que roulèrent les 
re|)roches de ce dernier, dans 
l'entreyue qu'ils eurent en iio4- 

(A* L. P.) 

* £t que celui qui awit parié se 
fut, 

' Estimé, 

*' Par foi. 

^ A tous deux. 

• Il faut. 



DE ROU. 377 

Ne me devez porter aul ire , " 

Kar tote Engleterre avez > 

E vos trestot sol la tenez; 

Aveir deit li Dus ensement 

Quant que à Normendie apent , * 

Vos tôt dechà , il tôt de là ; 

Chescun issi asez ara , 

Bien deit à chescun ço sofiere. ' 

Por nient querreit altre pierre 

De Normendie ke il tient, «»9» 

Maiz nel' faseiz pas de nient; ^ 

Vos l'en volez tolir partie, 

Maiz li Dus n'en soffrira mie. . 

Costentin claime è Danfront , 

Ki de son ëritage sont ; 

Vostre père li otréia 

Quant il morut et il fina. 

Par dreitiu'é è par dinznëage * 

Li dona tôt son éritage , ' 

E par iço^ li avenist; ' «V» 

Ço fu raison ke li tenist 

La corone ke vos portez 

E la terre ke vos avez, 

Maiz or est issi avenu 

Ke vos avez li règne eu. 



' CoUré. * De rien. 

* Dépend. ' Droit d'atnesse^ 

' Suffire. * Par cela , ainsi. 



1 



Le Roi refuse 

de faire droit 

à ces réclama- 

tions. 



Retour en Nor- 
mandie des en- 
Toyés du Duc. 



378 LE ROMAN 

Cil déussiez bien avaacier^ 
£ Normendie en paiz les&ier 
Por ainznëage è por dreiture , 
£ por amor è por nature. 
Bien savez ke il est ainsmez 
£ ke vos en serez blasmez. 
Li messagier issi parleit , 
De paiz fere s'entremeteit , ^ 

Mult volsissent, se il pëussent, 
Ke li dui frères paiz eussent , 
Maiz li Reis ne le volt graer , ' 
Trièves ne volt al Duc doner ; 
Asez sovent a reprové ' 
Ke li Dus l'aveit mult gabé; ^ 
Jà mez à li paiz ne. fera , 
Quant il pourra son dreit aura. 
Li messagier se despartirent , ^ 
£n Normendie s'en revinrent; 
Ne porent rien vers li Rei prendre , 
Or pens li Dus de sei desfendre. 
Al Duc Robert unt reconté 
Ke vers li Reis orent trové. 
Li Dus a mult li Reis doté,^ 
N'out de li nule seureté; 



1591* 



1591» 



' Accorder. 
* A reproché. 
^ Plaisanté, 



4 Se sqMwèrent. 

* Ils ne purent rien obtenir du 
Roi, rien gagner sur sou etprit, 
^ Redouté, 



DE ROU. 

Par Normendie fist banir ' 
£ comander et establir . 
Re Chevalier ki sis hoem fust , 
Ri terre è fieu de li ëust, 
En Engleterrè ne passast , 
Ne od li Reis ne demorast, 
Ne hpem li Reis ne devenist , 
Ne serement ne K féist; 
En Normendie remainsist , ' 
E de son fien li Dus senrist; 
E cil ki d'Engleterre.eSteient 
Et en Engleterrè ihaneient , ^ 
En Engleterrè reinainsissent , 
E de lor fieus li Reis servissent ; ^ 
Rar mult, ço dist, à son espeir, 
£ kuid bien k'il diseit veir, ^ 
Dui seignor&bien ne servireit, 
N'egalement les amereit , 
Re à l'un mielx ne se tenist , 
E ke à l'un mielx ne volsist. 



379 

15930 Robert M pré- 
pare à la gner- 
re, et défend à 
MA sujets de 
passer en An- 
gleterre, ainsi 
que dVntrer 
an service de 
Henri. 



15940 II interdit éga- 
lement Ventrée 
de la Norman- 
die an3L An- 
glais; 



' Publier. 

* Restât. 

^ Demevrmient. 

* des .mesiires que notre au- 
teur prête à Robert sont encore 
contronVées, et en oppcksition 
comt^lète , tant avec la faiblesse 
de son caractère , qu'avec la si- 
tuation «léplorable dans laquelle 
il s'était laissé tomber. Les ré- 



flexions que Wàce met dans sa 
boucbe à ce sujet lui furent au 
contraire ad]:essées par Guillau- 
me , comte d'Éyreuxy au mo- 
ment où le Duc cédait sa per- 
sonne et son comté au roi Henri. 
Voyez Ord. Vit. xi, p. Si4- 

(A. L.P.) 

^ Et je pense bien qu'il disait 
vrai. 



1 



Commence • 
ment de la 
guerre entre 
les deux frè- 
res. 



Le Roi arrive 
en Normandie, 
et j apporte 
de grands tré- 
sors pour cor- 
rompre les su- 
jets de Robert. 



38o LE ROMAN 

£is vos ' la guerre comencie , 
Ki ne pout estre apaisie. 
Par fêlons è par mal parliers , * 
Par guerriers è par lozengiers, ^ 
Ki poissent prendre mal trebuc , ^ 
'Guerréia li Reis è li Duc. 
Mult aloent è mult veneient , - 
De l'un à Tattre mal diseient ; 
Ne lor chaleit ^ ki ke perdist , 
Maiz ke chescun son bqen ^ fist. • 
Li Reis se fia as deniers , 
K'il out à mines, à sestiers; ? 
En Normendie trespassa , ^ 
Mult out od li grant gent et a 
Od ^ranz tonels , od grant cbarrei , 
Fet li deniers porter od sei. 
As Chastelains e^as Barons 
Ki orent turz ^ è forz maisons,, 
As boens guerriers et as marchis " 
A tant doné è tant pramis , 
Ke li Dus Robert unt lessié , 



15950 



15969 



i59;o 



* Mauvaises langues, 

' Flatteurs. 

^ Mal caduc, 

^ Une leur importait pas sur qui 
tombait la perte. 

^ Son bien, son profit. 



' On dit encore Tuli^airenieDt 
d'un homme très licfae : Il a de 
Cor à boisseaux, , 

' Passa. 

^ Tours, donjons. 

'^ Marquis; les seigneurs char- 
gés de la défense des firontières. 



DE ROU. 
Et por H Reis l'unt guerréié. ■ 
Néis ' cil ki del Duc teneient, 
£ ki fiance li débveient 
Uni por li Reis li Dus guerpi, 
Lor dreit seignor unt déguerpi. ' 
£is vos la terre mult efïrëe 
£ gent forment espoentée. 
Grant fil la guerre , si s'esmaient , ^ 
As cimetières tôt atraient ^ ^ 
Ne lei3Soent rien as maisons 
Por robéors è por larrons. 
Li Reis a asez esterlins , 
Mansels manda et Angevins 
£ Bretons , ki od li se tindrent, 
Ki Yolentiers al ga^ng vindrent. 
N'il n'en i saveit t$int venir, 
Ke li Reis ne volt retenir^; 



38 1 



15980 



Effroi de la 
population 

normande , et 
précantions 

contre le pil- 
lage. 



Le Roi , an 

moyen de ses 

trésors, fait 

beanconp de 

recrues parmi 

les Manceaux , 

les Angevins 
et les Bretons. 



' Wace a 'négligé de. faire' 
mention d'une circonstance qui 
eut une grande influence sur ces 
éyénemens : nous youlons parler 
de la puissante interyention du 
clergé, qui appelait à grands cn& 
une protection plus efficace que 
celle du faible et. voluptueux 
Robert. Serlon , évéque de Séez, 
qui venait d'être cbassé de son 
siège par le comte de Bellesme , 
se distingua par la violence a?ec 
laquelle Û prêcha une espèce de 
croisade , non seuletnent contre 
ce comte , mais encore contre le 
Duc. (A. L. P.) 



Jnémc, ' 

^ Ahandonné. 

^ S'inquiètent. 

^ Les cimetières étaient le re- 
fuge des paysans en temps de 
guerre ; ils y déposaient tout ce 
qu'ils avaient de plds précieux , 
c'est-à-dire leurs ii^strumens ara- 
toires et leurs bestiaux. Les 
églises mêmes servaient à dérô* 
ber les npeubles à la rapacité du 
vainqueur , qui rarement violait 
ces asiles sacrés. Serlon , évéque 
de Séez , qui prêcba à Carentan 
devant Henri i"", le samedi de 
Pâques i io5 , trouva l'église en- 



Mauvais état 

des finances 

da Duc. 



Il fait réparer 

ses cIiAteaux 

et forteresses. 



Travaux de ce 
genre à Caen. 



Contributions 

arbitraires 

qu'il impose 

aux riches 

bourgeois 



382 LE ROMAN 

Ne jâ à livreison ' Êdllist, 
Ri poiz son terme jà tenist. 
Li Dus n'aveit gaires deniers, 
Kar il despendeit volentiers; 
Totes ere&t sez rentes faillies 
£ despendues' ses aies; 
N^i poeient pas foisonner 
A bien despendre et à doner. 
Ses chastels faiseitredrecier, 
Li murs refaire è resforcier, 
Faire bretesches è quemèls 
£ trenchies devant chastels* 
A Caêm fist une trenchie', 
Ke encor potestre enseignie, 
Ki va par la rue Mçisine ^ 
Ri à la porte Milet fine ; 
Une partie d'Ogne * i vait , 
U R flot jnonte è retrait. 
Quant li Dus soldéiers teneît , 
Bien les paiout quant il poeit ; 
£t quant il nés poeit paier ^ 



'5d9o 



16000 



comhrée par les mttablea des h»- 
bitans^ et tira de cette ciroon- 
8tance le sujet d*im seriBon éner- 
gique sor la misère publiqtie <et 
les yiolenees des grands. Ordeiic 
yUal, XI, p. 81 5. Notre auteur 
a déjà rapporté une circopstan^ 
semblaUe. Voyez ci - dessus , 
p. i53, Y. 11753. 



' Ni manqodt de payer- exacte- 
ment les soldes échues. 

* Dépensées. 

3 La rue Humoise, Hjemoite ou 
Exmoisine, ainsi nommée parce 
qu'elle se dirigeait vers le pays 
d'Hyèmes. 

* De ta rivière d'Orne, 



DE ROU. 
Nés osout gaires corocier, 
Rar od H Reis saaiprez tomoent, 
Et od li Reis le guerréoent. 
Sez borgeiz fais<dit amener 
E faiseit soldéiers lirrer, * 
Cil por trent livres, cil por cent 
Trestuit acostuméement , 
Cil por vint, cil por quarante, 
Cil por mil , cil por seisante. 
Ne l'osoent borgeiz fuir, 
A plusors se faiseit haïr. 
Lor aveir è lor'mananties 
Trestornoent as Abéies; " 
Il meismes se trestornoent, ^ 
As bons atendre ne Posoent ; 
Por ço al Duc plusors failleieut. 
Quant li noveles li veneient^ 
Semprez diseit : Leisson aler^^ 
Ne poon à toz estriver; 
Leissiez aler, leissiez venir. 
Ne poon pas ^toz retenir. 
£ si esteit mult poeros,^ 
N'ert mie mult escientos; ^ 
Por pereços ^ fu mult tenuz 



383 



16011 



16090 



i6o3o 



pour acquitter 

la solde de set 

troupes. 



Mécontente- 
ment des bonr- 
geois. Mesures 
qu'ils pren^ 
nent ponr se 
soostraireàces 
contributions. 



Indolence et 

paresse du 

Duc. 



' Payer, prendre à gages. 

* Ils cachaktU leur argent et 
leurs richesses dans, les abbayes, 

^ Eux-mêmes se cachaient. 



^ Puissant. 

* Sensé. 

• Paresseux, 



C«s défauts ré- 
sistent à toutes 
lesremoutrau- 
ces. 



Grandes pro- 
messes suivies 
de peu d'effet. 



Roger de Lau- 

ney est mîs 

par le Duc à 

la tête de son 

armée et de ses 

finances. 



384 LE ROMAN 

Poiz k'il fu d'ultre mer vênuz. 
Peresce semble ' è malvaîstië; 
Plusors l'en orent chasiië , ' 
Maiz por nul boen chastiement 
Ne pout aveir amendement. 
Quant li Dus doner ne poeit, 
U ne poeit u ne voleit, 
Par pramesses se delivrout; 
Mult praméteit è poi donout. 
Rogier ke l'en dit Delaunei ^ 
Ert od li Dus cùntre li Rei, 
Un chevalier de grant nol)lei, ♦ 
Et od li Dus esteit par fei. 
Rogier teneit li granz iliaisnies ^ 
E faiseit granz chevaleries ; 
Cil desparteit li livreisons , ^ 
Li Dus donout par li les dons ; 
Caêm è Baieues gardout , 
Sovent de l'un à l'altre alout. 



r6o4o 



i6o5o 



Siège de 
Bayeux. 



Devant Baieues , à Saint-Joire , ' • 



' Rassemdle, unit, 

* R^rimcmdé, 

' Ce n'est point Roger, maïs 
Gonthier de TAunay , Gunikerius 
de Mneio, qu'Orderic Vital ap- 
pelle ce seigneur. IL était neveu 
de Hugues de Nouant , qui com- 
mandait à Rouen pour Robert. 
L'évêque S«rlonle cite parmi les 
trois indignes qui gouyérflaient 



ce prince à leur fantaisie. Les 
deux autres étaient son onde 
Hugues dé Nonaût, et Guil- 
laume de Conversane, beaa- 
frère^ du Duc. ( A. L. P. ) 

* Noblesse^, 

^ JLes grandes compagnies. 

^ B^artissait la solde. 

"^ ASaint'GeorgeSf faubourg de 



DE ROU. 

Ço conte cil ki set l'estèire, 
Out à cel tems une assemblée 
Des chevaliers de la cuntrée, 
Ki à Baieues séjomoent 
Et des réals ^ ki esgardoent. 
Forment fu la vile estormie, ' 
Réals l'orent bien envaïe; 
Mult i aveit boens chevaliers, 
£ sor fossez gelde ^ è archiars ; 
Li uns, li altres ne manaient, ^ 
De la cité mult gent essaient. ^ 
Li Reis aveit un soldéier. 
Brun ^ out nom , novel chevalier ; 
Venuz ert de loingtaine terre 
Pris è chevalerie cunquerre ; 
Mult ert od noble vestéure , 
£t mult aveit riche armeure. 
TTaveit en la cort nesun , ' 
Ki herneiz semblast à Brun ; ^ 
Sor son cheval sist» noblement, 



38S 



Rëntiioii des 
principaax 

gnerriers des • 
deux années 

près des murs 
de la ville. 



•6060 



Un nouveau 

chevalier au 

service du Roi, 

nommé Brun , 

l)orte un défi 

aux guerriers 

du Duc. 



ï6»^o 



Bayeux. L'église était supprimée 
ayant la irévolution. 

' Soldats du roi Henri qui cer^ 
noient la ville. 

* Étonnée , tdamiée. 

' Troupe de paysans armés de 
frondes , et quelquefois de lan- 
ces; car ailleurs Wace parle de 
lances geldieres, 

* Ne ménagent, 
II. 



' Tentent de sortir. 

^ On trouTe dans le Monasti- 
con angUcanum plusieurs person- 
nages de ce nom : le phis ancien 
est Renaud Brun» ou de Bjrnn , 
qui figure dans une charte sous 

le roi Etienne. ( A. L. P.) 

7 Pas un , personne. 

" Dont le harnais ressemblât à 
celui de Brun. 

9 Se tient, 

25 



386 LE ROMAN 

Apareillié mult richement. 

A sa sele faatachiez 

£ par li coisses lu liez ; 

Ja si grand colp ne recëust , 

Ke de sa sele se mëust. 

Dreça sa lance, Tescu prist, 

Puinst ' li cheval, en champ se misi; 

Son cheval alout galopant, '^^o 

£ de joster fist semblant; 

Semblant fist k'il voleit joster, 

£t îostes faiseit demander. 

Robert d'Ar- ,> , « , r 

gonges accepte Robcrt d Arcochcs * fu vcnuz, 

le défi. 



' Pique. de ce nom , dont quelques par- 
' D'jérgouges. tîes remontiùent au quinzième 
Les armes de cette maison siècle. Voici un conte populaire 
sont écartelées d'or et d*aznr , à qui paraît se rapporter au fait 
trois quintes feuilles de gueules , d'armes de Robâ>t d'Argouges. 
deux en chef et une en pointe ; Un seigneur d'Argouges, qui vi- 
au-dessus un casque, et pour ci- yait on ne sait quand , était pre- 
mier une fée nue ayant de longs tégé par une fée qui lui fit rem- 
cheveux , tenant de sa ^ain porter la yictoire sur un géant; 
droite un miroir, et de la gauche il épousa cette fée , qui lui ap- 
cachant le. bas de son ventre; la porta de grandes richesses, et 
devise ou cri de guerre est à la lui fit promettre qu'il ne parle- 
fée. Ces armes se voient encore rait jamais de la mort devant 
au ch&teàu d'Argougea, dont eUe. Un jour qu'elle avait été 
nous parlerons tout à l'heitre,et fort long-temps à sa toilette, il 
elles existaient sur le portail et Ifa lui dit : Belle dame , seriez bonne 
vitres de l'église de Saint^Malo à aller chercher la mort, car 
de Bayeux , détruite pendapt la vous êtes bien lente. Aussitôt la 
révolution. Argonges est une dame d'Argouges disparut en 
petite commune de l'arrondis- imprimant sa main au-dessus de 
sèment de Bayeux, sur 1^ bords la porte du château. Toutes les 
de l'Aure. On y voit encore les nuits elle revient errer autoor 
ruiues du château des seigneurs du manoir seigneurial , en pons* 



I 



DE ROU. 
De Baieues esteit is^uz; 
Sot son cheval sist bien artné. 
De joster fii bien atorné. * 
De Taltre part a Brun véu 
De joste fere tôt t^du, 
Lance levée prist l'escu ; 
•De joster a talent 'eu. 
Li chevaliers ki el champ furent, 
Ki li dui chevals aparceurent 
Ki por joster li champ teneient , 
£ de joster semblant faseient, 
La place firent délivrer 
Por li vassals fere joster, 
Et as archiers firent véer ' - 
Et à la gelde comander 
Ke mal ne facent, en paiz seient, 
Por nule chose ke il veient. 
Tote fu. délivre la place/; 
N'i a hoem ki mal i face. 



•387 



,, 16090 



Tout le monde 
fait place aux 
deux combat- 
tans. 



iGiou 



sant de longs gémisisemens , et 
criant de temps en temps : La 
mort!... la mort!... Je trouve 
dans un mémoire manuscrit at- 
tribué à l'abbé de Russy le pas- 
sage suivant : « La tradition est 
« dans Bayeux d^ père en fils 
« chez d'anciens habitans , que 
« ce icombat devait décider de la 
« prise de la ville ou de la levée 
« du siège y mais que le roi d'An- 
« gleterre manqua à sa parole , 



en continua le siège, et la 
pilla: Ils ajoutent que le géant 
fut enteiré dans l'église Saint- 
Georges» proche du lieu du 
combat. En effet-, on a appris 
depuis peu que ses os ont été 
trouvés dans^ cette église , et 
qu'ils étaient d'une longueur 
extraordinaire; » 

• Préparé, 

* Désir. 

^ Défendfe, 



Ils courent 
Tun vers l'au- 
tre. 



Robert d*Ar- 

gouges est 
ëbraulé par la 

YÎolence du 
coup qu*il re- 
çoit. 



Il tue son ad- 
versaire. 



388 LE ROMAN 

Quant la place fu délivrée , 
E la joste fu porparlée , 
Li chevaliers ki joster durent, 
El chief del champ de luing s'esturènt ' 
Sor li chevals ki bien corurent ; 
Li uns verz l'altre tost s'esmurent, 
Li uns verz l'altre chevalcha , 
Poinst li cheval *, li frein lascha ; 
Devant lor piz ^ lor escuz tindfent , 
Lances levées s'entre vindrent, 
Par grant aïr ^ s'entre envaïrent , 
Si ke de totes parz les ^irirent. 
Dan Brun a si féru Robert , 
Ke de l'escu l'a descovert ; 
Del colp li a ultre porté , - 
E Robert a tôt achanté; * 
Maiz à sez etrieus s'aficba,^ 
Par grant aïr se releva : 
Brun out féru par tet vertu , 
Par son arçon parmie ' l'escu , 
L'arçon li a parmie fendu ; 
Et a l'arçon detriers ® cosu , 
Ne pout à terre estre abatuz , ^ 

Kar par li coisses fii penduz. 
Brun se pasma.sor li cheval^ 
' Maiz li chief torna cuntre val. 



16110 



z6iso 



' j4u bout du champ de loin se 
tinrent, — ■ Piqua le cket^al. 
' Poitrine, — * Force. 



' Fait pencher, — ^ Se tint. 
7 jéu milieu de. 
• Par'derrière. 



DE ROU. 
De totes parz sunt acoruz j 
Brun ki pendait unt recéuz , 
£ de la sele Funt desaers , ' 
Et à terre cochié envers. * 
L'aime ^ en ala , ne pôut remaindre ; ^ 
Mult oîssiez plorer è plaindre. 
Cil des viles è cil des hors , * 
De totes parz vindrent el cors ; 
Mult pleigneient è mult ploroent 
£ la belté Brun régretoent. 
Tel a asez pleint è ploré , 
E tel a mult Brun regreté, 
Ki unkes ainz^ ne Tout véu, 
Ne de son estre rien séu. 
Servanz ki servir le debveient , 
£ ki de son païs esteient, 
Mult crieient è mult plaigneient , 
Et environ li cors diseient : 
Brun , dan Brun , dan Brun , gentil Ber, 
Mult avon por tei à plorer ; 
Jamaiz en nos paîz n'iron , 
Quant mener ne t'i porrion. 
Ki osera à tes amis 
Dire ke tu seies ocis? 
Nos déussion por tei morir, 
Maiz tu ne peUii par nos garir. 



389 

i6i3o 



Regrets uui- 
verjsels causés 
l>ar ce tragique 

événemeat. 



16140 



Lamentatious 
de ses servi- 
teurs. 



i6i5o 



* Détaché. 

' Sur le dos. 

' L'dme. — * Rester. 



* Des bourgs. 

* Qui jamais auparavant. 
^ Gentii baron. 



Ressentiment 

(lu Roi contre 

Robert d*Ar- 

gouges. 



390 LE ROMAN 

Asez unt plaint è démente , * 
Poiz unt li cors d^iloc emporte. 
Por la niort Brun se despartirent , * 
D'amedous parz ^ ii champ guerpirent 
Cel jor poiz n'i out nul mal fait, 
Ne poiz n'i out jôstë ne trait. ^ 
Li Reis coilli Robert en hé 
Com s'il l'eùst mort jeté ; 
N'osa remaindre en Normandie ; 
Maiz quant la guei^re fu finie, 
Od son herneiz * en Pùille ^ ala 
A conoissanz 7 k'il aveit là. 



i6i(>o 



Vigoureuse 
défense des 
Uabitans de 
Bayeux et de 
Roger de l'Au- 
nay, leur com- 
mandant. 



Cil de Baieues lungement 
Se desfendirent mult forment , 
Ki ne se volent el Rei rendre , 
Ne il nés' pout par force prendre. 
Rogier ^, ki ert lor conestable, 
Proz chevalier è defensable , 
Par la cuntrée chevalchout , 
Dune la vile mult amendout ; 
Prisons è preies amenout, 
Mult despendeit è mult donout , 
Mult acréeit 9 è bien rendeit , 
Mult empruntout è mult soldeit. 



161J0 



* Lamenté. — * Se séparèrent. 

^ Des deux côtés ils abandon' 
nèrent le champ. — * Tiré. • 

* Son équipage. — • En Fouille. 



7 Des gens de connaissance, des 
amis. 

* Roger de l'Aunay, . 
5 Prenait à crédit. 



DE ROU. 

Robert ke l'en dit fil? Haioon 
Tenuz esteit |>or haut Baron , 
Ki Ténor tint de Torignie , 
£ granz fieus out e^tor Croillie ; ' 
AI Duc son Seigaor fu medlez , . 
£ fil el Rei Henri tornez. 
A Sechevile en Baessin * 
Fu entrepris à un matin ; 
Baessin alout seisissant , 
£ tôt li paiz por|Mr6nâiit« 
Li maisnies li Dus^ rdlrent, 
£n Sechevile s'embatirent; ^ 
Cil de Caêm i acoru):^nt, • r-. 
De Baieues mult tost i furent. : 
Robert s'embati el mostier., ^ 
Sus en la tor très k'al clochier, 
Maiz il n'i pout gaires atendre ; 
Volsist u non l'estut ^ descendre , 
Kar li feu i fu apof tez , 
Dune li mostier-fu aluiriez; ' 
Maiz.por li feu s'est descendu , 
£t as Baèis ' s'est rendu. ® 



391 



i6t8( 



16190 



i6aoo 



Robert Fitz. 

Haimon est 
surpris parles 
soldats du Duc 

à Siqueville. 



Il se réfugie 

dans le clo« 

cher.' 



On y met le 

feu , et il est 

obligé de se 

rendre. 



' Creidlf, haarg de Vmoxiài^' 
sem^t de Gaen. Il v a un chft- 
teau-fort. 

' St^uwillé en Bessin. 

<A.L.P.) 

^ Les troupes da Duc, 

* Se logèrent. 

* Dans r^gUse. — * Xdti fallut. 
7 j^ujc Bayeusains. 



* Cef événement est du com- 
mencement da printemps de 
Taniiée i io$. Gvntkeriusde Alneio 
et RainiUdus de Guarenna , qui 
parUhus dueis fasfebat , aliique sa- 
tellites ducis /cédera jpacis ruperunt : 
et Rodbefium Haimonis fiUutn, 
aliosque nonnuUos de familia régis 
c^runty et in carcere dîutiiu tam 



Il est conduit 

dans la ville 

aux huées du 

peuple. 



Le Roi réclame 
l'aide da comte 



H92 LE ROMAN 

Robert iii pris è bien gardez 
Et à/Baieues fîi menez : 
 paine le pout l'en tenir 
Por manacier ne por fërir; 
Li pautoniers k'il menoent , 
Mult sovent li escrioent : 
La hart , la hart al traïtor 
Ki a guerpi son dreit seignor. ' 

Li Reis vit ki multdesplaiseit 
Ke Baieues tant se teneit ; * 
Par Baieues Caém perdeit , 
£ de Béessin tôt l'espleit , 
Kar à Baieues séjournoent 
Granz maisnies'ki destorbœnt. ^ 
Del Mans manda li Conte Relie , 



162 10 



pro cupidifaie redemptionis quam 
pro contemptu et odio domini eo* 
rum eoarctaferunt. Orderic Vital , 
XI, pag. Si/i'SiS. (A. L. P.) 

' La corde, la corde au troAre qui 
a abandonné son dreit seignor. 

* Ce fut dans la dernière semai- 
ne de Carême i io5 que Henri , à 
la nouvelle des succès de Gon- 
thier de l' Annay et de la captivité 
de Robert Fitz^Uaimon , s'em- 
pressa de passer en Normandie 
pour porter secours à ses parti- 
sans. 11 débalx[ua à Barflenr , et 
célébra la fête de Pâques à Ca- 
rentau. Ce fut là que Serlon, 
évéque de Séez, aprèÀ un yé- 



hément discours contre la mode 
des longs cheveux et des lougnes 
barbes, tondit de ses propres 
mains le Roi et les principaux 
seigneurs de sa cour. Voyez Or- 
deric Vital, XI, p. 81 5. Cet au- 
teur place mal à propos la prise 
de Bayeux en 1 106. Cet éyéne- 
ment eut lieu avant le mois 
d'août iio5, époque où Henri 
rétourna en Angleterre , avec la 
conviction que de plus grands 
efforts encore étaient nécessaires 
pour frapper un coup décisif. 

( A. L. P.) 
^ Grandes compagnies qui le 
troublaient. 



I 

i 



DE KOU. 393 

Ki amena grant Baronie; du Maine pour 

, tennmer le 

De li servir out gra^t talent, ^ ^ siëge. 

Si vint muh esfonciemenL 

A Baieues ensemble alerent . ^ «C"*» ^ °**^"* }^ 

' feu aux mai- 

Li Reis è li Quens s'asemblerent , wm, qui tou- 

^ te» sont con» 

Li bore firent tôt alumer : sumées, ainsi 

, . -, - que la cathé- 

Dunc véissiez flambe voler, - draieetieaau- 

Chapeles arder è mostiérs , '** ** 

Maisons tresbuchier è celiers , 

E l'iglise de TEveskie , * 

Où mult aveit riche clergie ;; 

Tote fu l'iglise destruite, 

£ la richescé fors conduite. ^ 



' Emne. rent eoreloppées dans )a des- 
* Voyez , sur cet événement , traction géniale. Serlon donne 
les renseignemens fournis par des regrets particuliers à un édi- 
un témoin ocalaire dans le poë- fice bâti arec une grande magni- 
me intitulé : Versus SerUmis de ficence par l'éyéque Odo , et dé- 
capta BajocensUan civitate. Cette coré de peintures merveilleuses , 
pièce de vers, dont nous devons mtropieia modo , qui nous paraît 
la communication à l'obligeance être î'évéïrhé. Quoique ce poëme 
de notre studieux cqmpatriote rimé, et portant l'empreinte du 
M. Floquet, doit être publiée ' mauvais goiit de l'époque, soit 
incessamment dans. le onzième loin de re;nfenner tous les dé- 
volume des Notices et Extraits tails que son étendue compor- 
des Mtinuscrits de la Bibliothèque terait , nous croyons devoir le 
du Moi. L'auteur, cbanoine de recommanderd'unemanièrepar- 
Bayeux, adresse beaucoup de re- ticulière à l'attention des amis 
proches à la garnison , sur la là- de notre histoire. (A. L. P.) 
cheté qui lui fit abandonner les ' Cet incendie de la cathédrale 
remparts pour cherdier un re- de Bayeux est un des argumens 
fuge dans la cathédrale. C'est employés pour contester l'anti- 
peut-être cette circonstance qui quité de la «tapisserie attribuée à 
déterminales assiégeans à y met- la reine Mathiide. Cependant 
tre le feu. Dix autres églises tu- nous voyons ici que les richesses 



Grand pillage 

exercé par les 

Manceaax. 



Abandon com- 
plet des cam- 
pagnes situées 
entre Bayenx 
et Gaen. 



394 L£ ROMAN 

Grant preie en out li Quens Helie 

E mult i fist chevaleiie^, 

E li Mansels k'il i- menèrent 

Emportèrent kant k'il ' troverent; 

Asez ont aveir emporté , ^ 

Li Reis lor en a mult doné. 

Issi out li Reis la cité 

E del païz la poerté. 

Jusk'à Caêm rien ne leissa^ 

La guerre crut et éspeissa; • . . 

Ne pout li Dus plus recovrer, 

Ne à Baieues retorner. 

Entre Baieues è Caêm 

Ne poeit remaindre ^ nùs hoem : 

N'osoent vilain laborer 9 

Ne boes ♦ joindre , n'as * champs aler, 

Ne marchéant par vile aler, 

Ne marchéandise porter. ^ 

Par tôt li païz aveit guerre, 

Li uns voleit Taltrecunguerre , 

Forz est li ^eis, forz est li Dus; 

Sis anz dura la guerre u plus - 

Ainz ke paiz i pétist aveir; ^ , 



i6i3i 



16340 



i6aS« 



en furent enlevées. On peut rap* 
poser, d'après cela, qa'nn mo- 
nnment'qui rappelait dm sofOTe* 
nirs- si chers aux Normands, 
aurait été Tan des objets sauvés 
de la destraction par les Taincus 
on par les vaim|aeiirs. 



' Tout ce qu'Us. 

* Augmenta. 

* DmMurer. 
4 Bœufi, 

^ Ninux. 

^ Pchir que ce calcul soit juste, 
il font fiûre abstraction des nom- 



DE ROU. 

Mult esteient de grant poeir. 
Ne voil dire les adirentures 
Sovent bones è sovent dures , 
Ki el Rei et el Duc adyindrent 
Et as maisnies ke il tiii()irent - 
En tant com la guerre dura. 
Tel perdi ki puiz gainrgnâ; 
Issi avient de guerréier : 
Tel pert hui * ki gaingna ier. 
Bien devez saveir ke fortune 
N'est mie à un tems tôt une; 
Tel fu de suz ki iert ? de soz ; 
N'est mie également à toz. 
Li plus de la chevalerié^, 
£ li mielx de la Baronie 
Out li Reis par ses dons od sei , 
Li Dus leissoent por li Rei. 
Li Reis aveit en sa prison 
Un Chevalier , Tierri out non ; 
De Chaêm ert sez parentez , 
£ si esteit de Cçiëm nez , 
FilzfuRaollifilzOgier, ^ 
Mult l'aveient sis parenz chier; 
Chevalier fu de grant corage, 
Mainte plaie out eli son visage ; 



395 



i6ï6o 



162J0 



Un chevalier 
de Caen, nom- 
mé Thierri , 
est pris à Ca- 
gny ai^c pki-' 
siisnrs antres 
par Robert de 
Saint-Remi. 



breuses réconciliations qui eu- des trêves dé courte durée et as- 

rent lieu entre Robert et Henri, sez peu scrupuleusement obser- 

et qui, à la vérité, ne peuvent vées. (A. L. P. ) 

guère être regardées que comme ' Aujoitrd'hai. — * Sera. 



396 LE ROMAN 

Hardiz esteit, asez parut 
As granz plaies ke il reçut. 
Gil Tierri et asez pluaors , «e»»» 

De Caêm toz \i meillors 
Out pris en un meis * à Caignié ' 
Li viel Robert de Saint Romie. ^ 
D'Argenees à Caëm veneient , . 
£t à Caêm alet* voleient , 
M aiz çil Robert les agaita ; 
Ënginos ^ iu , sis ^ aresta. 
Ensemble aveit sez amis ' 
£ chevaliers de son paîs ; 
Semblant faseit d'aler chacier lôsgo 

Por li Gaameiz agaitiér; 
Quant il lieu vit ^ , sis agaita ; 
Toz les prist, nul n'en escapa. 
Legierement les pout l'en prendre , 
Ne se porent mie desféndre , ^ 

Kar tant n'ayeient chevaliers , , 
Ne il n erent ' .sor lor destriers. 
S'I^îiut Tierri fonrtent se cumbati 

"• E lungement se^esfendi ; 

Maiz por plaies k'il out el vis * ^ «eaoo 



' Enclos, verger. la situation s'accorde assez bien , 

* Cagnjr, près Troarn. Il y du reste, avec la suite du récit 

avait UD ancien prieuré. de ncitre auteur. ( A. L. P. ) 

^ Nous ne connaissons point * Riêsp. — ' Ainsi les. 

en Norm^die de commune de ^ Quand il les vit. 

ce nom , autre que Saint-Remi- t Et ils n'étaient. 

des-Landes, près Périers, dont • Au visage. 



DE ROU. 
Fu abatuz Tierri è pris. 
Quant Robert de Saint Komie but 
Fet son eschec si com li plout, 
£ sez prisons \ apareilliez 
£ por fiance * mis è liez , 
Toz les mena à Toiroignie j ^ 
Ne volt aler à Saint Romie. 
A Robert ki fu filz Hamon , ^ 
Ki à cel tems fu de grant non , 
Vendi ses priscHis è livra , 
£ cil mult bien les achata, ^ ' 
Si l'en dona par covenant 
La Charboniere ^ tôt avant ; 
Âltres terres et altresfieus 
Li graanta 7 en plusqrs lieus. 
Robert pensa^ke s'il poeit., • 
De ses prisons s'avancereit : * 



397 



i63io 



' Ses prisonniers. — ■ Sûreté. 

' Torignjr, petite ville da dé- 
partement de la Manche. Elle 
arait autrefois titre de baronnie, 
et a été long-temps possédée par 
la maison de Matignon. 

^ Nous avons vu ci -dessus^ 
p. 393 , ce seigneur fait prison- 
nier à Siqueyille par la garnison 
de Bayenx ; mais notre auteur a 
oublié de dire par quels événe- 
mens il avait recouvré sa liberté. 
Orderic Vital fournit Heureuse- 
ment le m^oyen de remplir cette 
lacune, en nous apprenant que 
lorsque le roi Henri vint assié- 



ger Bayeux , Gonthier de T Au- 
nayalla à sa rencontre, et lui 
remit Robert Fitz-Haimon , pro- 
bablement dans l'espérance de 
l'engager à tourner ses armes 
d'un autre côté. Voyez cet au- 
teur, p. 818. (A. L. P.), 

' Cet usage barbare de vendre 
les prisonniers faits à la guerre 
existait encore à la fin du sei- 
zième siècle. 

^ Le JUf de ia Charbonnière, 
Nous ne connaissons point de 
commune de ce nom en Nor- 
mandie. — ^ Lui accorda. 

' Tirerait grand parti. 



Robert de 
Saint-Rémi 
conduit tes 
prisonniers à 
Thorignj , et 
les vend à Ro- 
bert Filz-Hai- 
mon. 



Robert Fitz- 

Haimon va 

trouver le Roi. 



Entrevue de 

Robert et du 

Roi. 



Robert offre 
auRoidesVm* 
parer de Gaen 
par le moyeu 
de ses prison- 
niers. 



398 LE ROMAN 

A Damiront semprez en ala, 
Al Rei manda Ici esteit là , 
K'à li vienge sainz demorer, 
Kar mult le kuide avancier. 
Li Reis monta delivrement 
Dez k'il oï li mandement ; 
A Livrande • a Robert mandé 
£ là Taveit Robert mandé. 
Livrande est en un hermitage , 
Si est close de grant boscage , 
Ke l'en clame Lande-porrie , 
L'iglise est de Sainte Marie. 
Robert a li Reis encimtré , 
A cunseil * a od li parlé; 
L'adventure li a cuntée , 
Ki al Rei plaist è mult agréée 
Des prisons k'il out achatez , > 
Riches homes de Chaém nez, 
Ke cil de Saint Romie out pris , 
Et en sa garde ovoc li mis ; 
Par cels Chaëm ayeir porreit 
Se sagement se cunteneit. 
Dune li a li Reis otréié 
La garde de Chaëm en fié ' 



i63 



10 



i633o 



16340 



' Commune voisine de Coâdié- trefois ; toutefois , nous ayons 

sur>Noireau y et fort éloignée de peine à croire qu'elle se soit ja- 

la forêt de LandepounAe, au mais étendue jusqu'à Yyraode. 
moins» telle qu'elle est aujour- (A. L. P.) 

d'hui. Il est probable que cette ' Ê». particulier, 
forêt était plus considérable au- ' En fief. 



BE ROU. 

A li toz tems et à son eir ' 
Dez k'il porra Chaêm aveir; 
Âltres rentes li a donées, 
Ke Robert aveit demandées. 
Li Reis a mult Robert chiëri 
£ Robert l'a mult bel servi ; 
Por li aveit li Dus guerpi, ' 
Si en aveit mult malveizcri.^ 
Ke vos irai-jo acontant , 
Ne par paroles demorant ? 
Tant fu la parole menée,- 
Maiz mult fu entrels celée , 
Ke ele fu issi finée,^ 
Del Rei è des prisons graée : ^ 
Ke li Reis li prisons rendreit 
£ toz quites les clamereit 
£ riches homs les fereit ; 
Aveirs è terres lor donreit , 
£ li prisons Caém rendreient, 
£, li Reiz dedenz recevreient. 
Por ceste parole celer, 
Ke l'en nés poisse destorber , ^ 
Douèrent li prisons ostages , . 
Filz è nevoz de lor lignage , 
Por lor raênçons àquiter, 



H9 



i635o 



i636o 



Le Roi loi pro- 
met, en réeoin> 
pense , la châ- 

tellenie de 
Gaen et beau- 
coup d'autres 
choses. 



Convention 
secrète entre 
le Roi et les 
prisonniers. 



Délivrance des 
prisonniers : 

ils donnent des 

otages pour 

cacher leurs 

desseins. 



' Son héritier. 
* Ahandonjié. 
' Renommée, 



^ Terminée. 
' Acceptée. 
® Troubler, inquiéter. 



Leurs parens 
et leurs voisins 
prennent part 
à la trahison. 



400 LE ROMAN 

Ke il lor aveit fet jurer. 
Par covreture ' è par voisdie ' 
E par engien de tricerie 
Furent li raënçons iiomées 
Et ostagiées è fermées. ^ 
Por devéer * la gent menue , * 
Ke la chose ne fust séue, 
Semblant firent de porchacier, 
E de lor raënçons paier, ^ 
Kar se la povre gent séuiçt 
Re l'ovre aler issi déust, 
Jà li Reis Caëm n'en éust , 
Ke grant barate ^ n'i éust. 
Maiz par Tierri è par Raol 
E par Nichole è par.aiol , « 
E par lor riche parenté y 
Dune il aveient grant plenté , * 
E par lor proçains veisins , 
Ki verz Argences fiirent prins 
Fu celé parole énartée"^ 



i63;o 



16S80 



' Dissimulation. 
■ Trornperie. 
^ Assurées. 
^Dévier, tromper < 
* Le petit peuple. 

^ Ici finit le manuscrit n^ 6987 
de la Bibliothèque du Roi , par 
ces vers : 

Par covreture è par yoisdie 



Et par angien de créancie 
Rendirent au Roi ITormendie : 
En paiz la tint tote sa vie. 
Préionz Dieu ke nos meint , 
Et eu son paradis nos meint , 
Et k*il preste à tons s*aïe ; 
Amen, amen, cascuns en die. 

' 'Trouble , guerre. 
^ Abondance. 
9 Arrêtée. 



DE ROU. /,oi 

Et à la povré gent celëe. . 

Plusors à celé ovre partirent * 

£ celé chose consentirent 

Dune jo ne vos sai li nons dire , «6390 

Ne jo n'en voil mensonge escrire. 

Maie chose est coveitise , 

Mainte maie chose en est prise ; 

£1 est racine de péchié , 

Tuit mais sunt par els comencié. • 

Par pramesses ke li Reis fist, 

Ki à plusors terres pramist; • 

£ por lor amis délivrer, 

K'il ne poeient rachater; 

£ por ço ke sovent véeient »64oo 

Ke li Barons el Duc failleient, 



' Participèrent, moribus Cadomi Dalintonam in 

* Suivant Qrderic Vital , il y Anglia dédit, quœ lxxtl lihras per 

eut plus que des promesses. Voi- singtUos annos reddit, etwlla Tra- 

ci ce qu'il dit de cet arrange- ditorum usquè hodiè nominatur , 

ment : Auditaitaque tantœ civitaHs licet iUis nuhc subjectà non sit. 11 

destructione, reliquimunicipesvaldè y a en Angleterre deux pai^oisses 

contremuerunt et properantem cum nommées Dallington , l'une dans 

tanta obstinatione regem protervè le comté de Northampton , et 

prœstolari timuerunt. Cadomensei l'autre dans celui de Sussex. 

ergb comperta clade Bàjocensium , L'indignation publique , qui , 

metuentes simiie perpeti excidium^ d'après le récit des deux histo- 

ad regem, quijam ad illos cum ma- riens ^^ s'attacha à la trahison des 

gnaferitatefestinabat^miserunty et hahitans de Caen, prouve que 

pacem cum illo ad voluntatem ej'us le malheureux Robert, malgré 

fecerunt. Mox enim Engerrannum toutes ses fautes et l'abandon de 

municipem Ilberti filium cum suis la noblesse et du clergé, avait 

expulerunt et munitionem régi red- encore conservé de la popula- 

dideritnt, Rex autem quatuor pri- rite. (À. L. P.) 

II. 26 



Le jardin où 
fut consom- 
mée la trahi- 
son est frappé 
de stérilité. 



On conseille 
au duc de quit- 
ter Caen pour 

se soustraire 
aux suites de 
cette trahison. 



Retraite dn 
duc. 



/,o2 LE ROMAN 

Sunt Caameiz al Duc failli , 
£ torné suot el Rei Henri. 
A cel tems aveit un gardin ' 
A Caëm prez de Saint Martin , 
Entre Saint Martin è le mur 
Ri est joste la port^ Ârtur : * 
Hoc fu fête l'asemblëe 
£ la parole graantée 
De faillir el Duc Robert. 
Oïrpoez miracle apert,* 
Kar unkes poiz cel parlement , 
Ço poiz dire veraiment , 
Li gardin ne fructefia , 
Pome n'altre fruit ne porta. 
Li Dus aparçut tost è vit, 
Cunseillië li fu tost è dit 
Corne cil de Caëm li failleient , 
E ke Caëm el Rei rendreient ; 
Loé * li fu k'il s'en partist . 
Ainz ke malz li avenist, 
Kar la gent li Rèis prêz esteit , 
Ki de verz Bëessin veneit. 
Li Dus dota mult li Borgeiz, 
Si s'en ala de verz Oismeiz. ^ 
A la porte Milet^ passout 



16410 



164*0 



' Un jardin, 

* Aasfii appelée : Borte au Duc. 
' Miracle évident, visible. 
4 Conseillé. 



* VHyémois , ie pays d'Hyimss 
on d'Exmes. 

* Cette porte était yen Vw- 
celles , près de la rÎTÎère d*Onie. 



DE ROU. 4d3 

Od granz iqaisnies ke il menout; 

Un barrîer * ki oùt non Taissou , ii >*»»•« v^^^ 

TVT • vi .^ K ses bagages. 

JNe sai s il aveit altre non , , 

Un chamberlenc a encuntré , . ><*43o 

D^une maie l'a détrossé ^ ^ 

£ H Dus s'en ala avant,. 

Ne volt retqrner por itant ; ■ 

Jo ne sai se poiz li rendi , 

Maiz jo sai bien k'il li toUi. 

Li pautoniers ^ ki îço virent , 

Ço ke Taisson out fet si firent ; 

Les escuiers unt détrossez 

£t abatuz è destorbez. ^ 

La route s'en ala avant, «644« 

Ne s'ala mie resgardant , 

£ li Dus avant s'en ala , 

Ki unkes poiz n'i retorna. 

Grant fii la guerre è grant fut l'ire, 

Maiz tôt ne puiz contçr ne dire, 

Del Rei Henris è de son frère , 

D'un père nez è d'une liiere. 

Li Reis fu jnult de grant poeir, 

Plus aveit gent è plus aveir ^ 

D'£ngleterre k'en paiz tetieit ; »645« 



' Portier. sieti» de mereenmirès , goujats f gens 

' Pour une pareille chose. de riem 

^ Nous aToas déjà «ouyent ^ Cessés. 
rencofiitré oe mot; notre auteur \Il avait plus de monde et plus 

remploie constamment dans le d'argent. 



4o4 LE ROMAN 

Por co fâiseit ke k'il voleit 
Ke VOS îrai-jo acontant? 
Le Roi assiège Jant ala li Reis ffuerréiant, * 

Tinchebray, ^ *^ 

château ap- Chastcls è vilcs porprcnant 

parteuant au ti r % j 

comte de Mor- "ar lorce c par soen donant, 



tain. 



K'il a Tenechebrai asis 
Et environ li siège mis 
Sor li conte de IVIoretoig , 
Ki d'iloc u'esteit gaires loig. 
Le duc et le Li Quens è H Dus s'asemblerent , '«^^o 

comte rassein- . , « 

bient leurs Trcstoz ior boens veizins mandèrent; 

forces pour x • i i i • 

aller ravitaii- Lti chastel vôieient secorre 

^^ bray.**" ^ U liemeiz dedenz rescorre , * 



' Notre auteur, pressé de ter- pour le reste de ses jours , Vn- 
mîiier son ouvrage , commet la sage de ses facultés inteliec- 
méme faute qu*Orderîc Vital , tuelles Non seulement le Roi 
en nous présentant la bataille dé retourna' en Angleterre Ters le 
Tinchebray comme ayant eu lieu mois d'août, mais encore Ro- 
dans la même campagne que la bert alla l'y trouver au prin- 
prise de Caen et de Bayeux. temps de Tannée suivante , pour 
C'est , nous le^ répétons , une er- lui demander les places qu'il loi 
reur grave. De Caen , le Roi alla avait enlevées. C'est à cette épo- 
en effet mettre le siège devant que qu'eut lieu entre eux Tentre- 
Falaise pour poursuivre le cojars vue dé Northampton. Ils en 
de ses conquêtes ; mais les par- avaient eu une aussi inutilement, 
tisans du duc ayant trouvé à la fin de la campagne précé- 
moyen d'engager le comte du dente , à Gintheaux , près Fa- 
Maine à retourner dans son laise. C'est après un an environ 
pays, Henri fut obligé de se re- d'absence que Henri revint en 
tirer honteusement , après avoir Normandie ( au mois d'août de 
perdu Roger de. Glocestre, vail- l'année i io6 ). La bataille de 
lant guerrier. Robert Fîtz-Hai- Tincbebray eut Heu la veille do 
mon y reçut aussi le prix de sa jour de Saint-Michel, 
trahison , ayant été frappé à la ( A. L. P. } ' 
tête d'un coup qui lui enleva , ' Recouvrer: 



DE ROU. 
Maiz al busuing li suot failli 
Ë par mal de lui desparti, ' 
Par pramesses è par énors 
Ke l'en aveit fait à plusors. 
Li Dus en son dreit se fiout 
Et en la gent k'aveir kuidout. * 
Od tant de gent k'od li mena , 
Gels del siège partir kuida. ^ 
Tost fu la bataille assemblée , 
Maiz n'out mie lunge durée; 
Bien assaillirent cil ki vindrent 
E cil del siège bien se tindrent ; 
TTi out gaires homes ocis. * . 
Tost fil li Dus coru è pris, 
Li Quens de Moretoig od lui : 
En l'estor furent pris andui , * 
Priz fu li Dus , priz fu li Quens ; 
Nus ne fii rescos par li soens. ^ 
Plusors ki de lor fieus teneient , 
E ki od els estre debveient , 



4o5 



16 



470 



16480 



Bataille de 
Tiuchebray. 



Le duc et le 

comte soDt 

faits prUon- 

uJors. 



Leurs vassaux 

les trahissent 

et les abaai- 

donneot. 



' Séparés. 

' Qa'd croyait ewoir. 

^ Crut faire partir. 

* On trouvera daos Ordcric 
Vital et les autres historiens de 
l'époque, une description dé- 
taillée de cette mémorable ba- 
taille. Les deux armées avaient . 
mis pied à terre, contre l'usage 
habituel, pour pouvoir se com- 



battre avec pins d'acharnement. 
Il n'y eut que les Manceaux et 
les Bretons qui restèrent à che- 
val à quelque distance, et qui , 
par une charge imprévue en 
flanc , décidèrent promptement 
la victoire. ( Â. L. P. ) 

^ lis furent pris tous deux dans 
le combat. 

^ jéucun ne fut' délivré par les 



siens. 



4o6 LÉ ROMAN 

Lor Seignor el busuing guerpirent, 
E por la honte k'il lî firent, 
Del Rei reçurent tels Idiers 
Dune il orent mais reproviers. * 
Li Reis out li Dus è li Conte. 
Ki ke fîst énor u honte. 
Grant honte fait, ne pot graignor, " ^6490 

Ki traïst son lige Seignor; 
Nus hoem à Seignor terrien 
Ne deit faillir por mue rien ; 
Membre è vie li deit salver 
E terrien énor garder; 
Mal fist ki son Seignor guerpi. 
Li Dus fu pris ^, li Quens od li. 
Cil de Belesme s'en ala , 
Colp n'i reçut, colp n'i dona; 
Od sa compaigne s'en parti , '^^* 

N'i gaaingna ne n'i perdi. 
Le duG et le Li Reis fist 862 prisous ^ mander 

comte sont en- -r • tx \ i« ^ i 

voyés en cap- Li Dus e 11 Coute ultre-mer; 

^''^leterre. Nus nes fout à li acordcT, ^ 

Ne il ne porent escaper. 

Par Normendie a comendé 

K'il n'i ait toli ne enàlé , 



' Repràéhes, dry, qui fit le duc prisonnier. 

^J j (A.L.P.) 

Plus grande. . - . j. . 

^ . * Ses pnsotmurs, 

* Suivant Crderio Vital , ce * Personne ne les fait accorder 

fiit un guerrier nommé GaU' avec lui. 



DE ROU« 
En paiz augent * et en jmiîz viengent , 
Si com iL uqt tenu si tiengent. 
Ki de félunie iert provez, 
Si seit destFuit è desmembrez. 
Li prisons ftorent bien gardez, 
Ri ultre mer furent mene^. 
Robert li Quens de Gloeestre, 
Ki fîlz li Reis battre * dut efitrq , 
Garda en Gales à Kardif 
Li Dus com il le sout vif; 
En Gales à K^rdif marut , 
En la prison où lunges jut. ^ 
Lé ^ Rardif fîi li cors portez 
A Glocestre è enterrez. 
Li Quens de Moretoig ^ veski 
En la prison li Reis Henri ^ 
Tant ke li Reis Henri fina , 
Ki par trente set anz régna. 



407 



j65i< 



Le dac est 
confié à la gar- 
de de Robert 
de Glocestre, 
fils naturel du 
Roi. 



i65ao II meurt, et 
est enterré a 
Glocester. 



La captivité 
du comte de 
Mortain dura 
autant que la 
TÎe du Roi. 



Die en avant ki dire en deit , 
Jo ai dit por Maistre Beneit , ? 



Conclusion du 
poème. 



m i'i " 



F*^ 



«lll!>U ^K {»• 



, ""bâtard, 

^ HettnSm il9ipitoya))le pour 
«on la^lheoretti^ (rèrç , doi|t la 
captîvi^ nç se fçmiina qu'ayec 
«9 YÏe f en ii34- (A« Li> P.) 

' ^ corufe de Mortum* 

^ NdHU «YODS 4^jg raconté çî- 



desfius |'hoiTi))lç supplice infligé 
de sang -froid ^u loalheureux 
comte de Mortain , e| qpX ne fut 
connu qa*aprè9 la mort du mo- 
narque , -qui ayait trftité son 
cqusin-germain ayec t^t de bar- 
barie. ( A. L. P.) 

7 ^çftoUdê Sttini^'More , trou- 
vère anglo* normand, oo^tem- 



L'auteur se 
plaint de ce 
que Henri ii 
ne lui a pas te- 
nu toutes ses 
promesses. 



408 LE ROMAN 

Ki cest ovre à dice a emprise * 
Com li Reis Ta de sor li mise; 
Quant li Reis li a rové ' faire , 
Leissier la dei , si m'en dei taire. 
Li Reis jadis maint bien me fist , 
Mult me duoa , plus me praniist ; 
E se il tôt dune m'éust 
Ço k'il me pramist , mielx me fîist : 
NeF poiz aveir, ne plout al Rei, . 
Maiz n'est mie remez en mei. 
Treis Reis Henris ai conéuz , 
En Normeiidie toz véuz ; 
D'Engleterre è de Normendic 
Orent tuit treis la Seignorîe. 
Li secunt Henri ke jo di 
Fu niés ^ al primerain'Henri , 
Né de Mahelt l'Empereriz , * 
E li tiers fu al secunt filz. * . 



i653o 



1654 e 



porain de Wace , et auteur d*nn 
long poëme , intitulé : L'Estoire 
et la Généalogie des Ducs k^ unt 
esté par ordre en Nofmendie, 

M. de Brœnstedt pense que 
cette Chronique contient envi- 
ron 4^)Ooo vers. 

' Entreprise, 

* Ordonné, 

* Petit-fils, 

^ Né de Mathilde , P impéra- 
trice. 

' Ce troisième Henri était fils 
de Henri 11 , qui , yotdailt l'asso- 



cier au tr6ne , le fit sacrer par 
Roger , archevêque d'York , en 
II 70. Le jeune Henri ayait 
épousé Marguerite , fille de 
Louia-le-Jeune , roi de France; 
et , à l'instigation de son beao- 
père, il prit les armes contre 
son père , de concert •avec ses 
frères. Il mourut à Martel en 
Owercy, en 11 84 9 à vingt-neuf 
ans , repentant de sa condoite 
envers son père , qui , de «on 
côté , parut afHigé de sa mort , 
et lui fit rendre de grands bon- 



D£ ROU. 409 

Ci faut le livre Maistre Wace; 
. Qu in velt avant fere, sHn face. ' «6547 



neurs funèbres. Sa jeune veuve ' Ici se termine le Uinre de Moï- 
se remaria à Bêlas, roi de Hoh- tre fFace ; que celui qui en veut 
grîe. faire davantage , U fasse. 



(txplkit Ctbn-. 



TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES. 



TOME PREMIER. 



EViNEMENS ANTÉRIEURS A ROLLON. 



RiFLSzioifs sur la nécessité partage de l'ei^pire de Ghar- 
d'écrire lliîstoire pour con- lemagne et les guerres ci- 
server le- souvenir des hom- viles , ne peuvent réais- 

mes, des événemens et des ter ^^g^ i^ 

lieux mémorables. . Page i Les Normands quittent la Pi- 
Origine des Normands; éty- cardie '. . . . i6 

mologîe de leur nom. . . 5 Leur arrivée en Normandie. 

Mœurs déprédatrices des Nor- Ravages exercés à Fé- 

mands ; ils imposent leur camp 17 

nom à leur nouvelle pa* A Jumièges Ibid, 

trie 7 A Rouen 18 

Première niention de Bier et A Paris et aux environs. Ibid. 

d'Hasting Ibid. Transport des reliques et au- 

Etablisaement fabuleux des très objets précieux appar- 

Troyens en Danemarck. 8 tenans aux églises , dans des 

Guke de Thor , et sacrifices lieux inaccessibles aux Nor- 

humains. . ........ 9 mands. Ibid. 

Coutume du Nord pour se dé- Invasion du Gotentin. . . 19 

barrasser de Texcédant de Invasion de la Bretagne et d'au- 

la population 10 très provinces 22 

Ëxjj^dition de Bier et d'Has- Les Normands passent en Ila- 

*™S 1 1 lie , dans l'intention d'aller 

Préparatifs du départ. . . la ravager Rome 25 

Approvisionnemens. . . . i3 jig a arrêtent sur la côte de 

Arrivée des Normands sur les Toscane , devant la ville de 

cdtes de France. Invasion Luna 24 

de la Picardie Ibid. Un enfant de cbœur prédit leur 

Les Français, affaiblis par le arrivée 2^ 



41 a TABLE ANALYTIQUE 

Les Normands prennent Luna attaque inopinément les ha- 

pour Rome. . . . Page 26 bilans de Luna. . Page 34 

Stratagème d'Hasting pour en- Meurtrfe des habitans, et pil- 

trer dans la place. ... 27 lage de la ville .... Ibid. 

Baptême d'Hasting 3o Les Normands s'aperçoivent 

Mort supposée d'Hasting. . 3i de leur méprise, . ►.. . 55 

Convoi d'Hasting admis dans Hasting revient en France. 36 

la ville. Ses funérailles. . 5a Reçoit du Roi le comté de 

Hasting sort de sa bière , et Chartres 3^ 

ROLLON, PRKMisR Duc de Normamoik. 

Parallèle entre Hasting et Roi- Première vision de RoUon. 47 

Ion 57 Interprétation de la visionpar 

Mœurs des Scandinaves ; un cbrétien. ...... Ibid. 

moyen qu'ils employaient RoUon arrive en A.ngle- 

pour se débarrasser de Tex- terre Ibid. 

cédant de leur popula- Bat leS Anglais 4B 

tion 58 Seconde vision de Rollon. Ib. 

Révolte des fib aînés, con- InterpréUtion de cette vision 

damnés à l'émigration. 7;^/^. par un prisonnier chré- 

Alliance des révoltés avec Roi- _ *}?'^ .* * * * * ^9 



Ion et son frère ,39 



Rollon se réconcilie avec le roi 



Noblesse , puissance et indé- . d^Angleterre . . . . . . 5i 

pendance^des deux frères ^^"^« ^^^ ^^^^ ^« ^^^^5^ 

et de leur famille. ... 4» * ^^"'. * ' * 'j 

, • j T* 1 . Les seicneiirs du pays se ras- 

Le roi de Danemarck et ses g^^bW fc-'résister, 

barons veulent, profiter de ^^ ^^^^ .^^^^ par lui .. 55 

la mort de leur père pour j^ comte de Haînaut est fait 



Içs attaquer.' ...... 4^ 



prisonnier , et échangé côn- 



Les deux frères avec laide ^^ ^^^^ Normands . . 54 

des révoltés, les previen- Rollon quitte l'Escaut, et entre 

°^°* • ... 43 enNormandie 56 

Le Roi est vamcu. . . Ibid. s'arrête à Jumièges. ... 57 

Il fait la paix avec eux. . 44 L'archevêque Francon va le 

Il les attaque à l'inàpro- trouver à Jumièges. . Ibid. 

v*s*^ .45 Accord entre l'ai'âievéque et 

Les attire daus une embus- Rollon , qui vient à 

cade Ibid. Rouen Ibid. 

Garin est tué ; Rollon échappe Rollon va visiter le Pont-de- 

au danger , et s'enfuit dans l'Arche. ; 60 

un port. ........ i6 Les Français font des prépa- 

II passe en Ecosse. . . . Ibid, ratifs de défense 61 



DES MATIÈRES. 4i3 

Ils envoient Hasting en ambas- - ses se lève en masse contre 

sade vers RoUon. Page 62 lui . P^g^ 77 

Réponse de Rolion. ... 63 Bataille et victoire de Roi- 

Les Français consultent de ' lori Ibîd. 

nouveau Hasting. . . Ibid. H ravage le Dunois et le jpays 

Hasting se brouille avec eux , Ghartrain . • 79 

et quitte la France. ... 64 Assiège Chartres. ..... 80 

Les Français livrent bataille Les Français se dépendent vail- 

aux Normands. . ... 65 lammeit 81 

Les Normands victorieux pous- Effroi des habitans. . . Ibid. 

sent leurs ravages jusqu à procession du clergé. La che- 

Meulan. . ..... Ibid. misé de la Sainte:Vierge met 

Ils assiègent Paris 66 en fuite les Normalids. . 82 

Reviennent vers Bayeux. . 67 Les Normands se retirent sur 



S'emparent de cette ville et du 



une hauteur 83 



pays environnant. ... 68 l«e comte de Poitiers et le duc 

RoUon prend pour maîtresse ^^ Bourgogne les y poursui- 

la jeune Pope, fille du comte ^®°* 84 

de Bayeux Ibid. Perte des Normands. . .• . 85 

S'empare 4'Évreilx, puis as- ^^^ préfitent de la nuit pour 

siège de nouveau Paris. /^^Vf. laire leur retraite . .r . . 86 

Quitte le siégé de Paris pour ^Kf^ retranchent au milieu 

aller secourir le roi.d^n- . d ammaux écorchés. . . 89 

^leterre . . . 69 Les Français, à la vue de ce 

Replace le roi d'Angleterre sanglant retranchement, ces- 
sur son trône , et revient ^^"^ ^« *^^ poursuivre. . 90 
sans vouloir rien accepter RoUon ravage le pays situé en- 
(}e lui 71 ' tre Blois et Semis. '. . Ib^d. 

Retour de Rolion à Rouen. Le ^«^ S^?"^^ ^^, royaume por- 

roi de France lui fait deman- tent leurs plamtes au Roi. 91 

der une trêve de trois rtiois, ^^ ^^^ représente 1 impossibi- 

qu*il accorde ... ni ^^^ ®^ ^^ ®^^ d® triompher à 

Les murmures de quelques sei- W seut de Rolion. . . . 92 

.gqeurs français empêchent H ^% "" ""^ ^^ *'"^''^'' """^^î 

de faire la paix. ... 75 ^«^ Normands 93 

Rolion irrité recommence ses L'archevéaup Francon porte à 

ravages dans l'intérieur de J^}^^" *®^ propositions du 

la France Ibid. ^^^ ^ • • • 94 

Désole le Gâtinais , puis re- RoUon les accepte. .... 95 

tourné encore une Tois vers Entrevue de Saint-Clair. Ibid. 

Paris y 6 Rolion refuse de baiser le pied 

La population des pays rava- du Roi. . . . . . ibid. 



4i 4 TABLE ANALYTIQUE 

Cession de la Normandie et de Ghitimeiis sévères influés aux 

la Bretagne. . . . Page ^ voleurs. . . . . .Page 99 

Baptême et mariage de Roi* Aventure du paysan de Long- 
Ion llfid. Paon et de sa fenune. Ibia, 

Il distribue des terres à ses RoUon, n'ayant point d'enfans 

compagnons 97 de Gisèle, épouse son an- 

Éubftt une poKce sévère dans . tienne maîtresse Pope. 102 

son duché. Ibid. En a un fils, qu'il fkit son hé- 

Fait trancher la tétc à deux ntier Ibid. 

chevaliers français qui Meurt cinci ans après. . Ibid. 

étaient venus en secret vt»îr Est enseveli dans la cathédrale 

sa femme 98 de Rouen io3 



« 



GUILLAUME I«% dit LoNGUK-ÉpiK , second Doc de Noemahdie. 

Portrait de Guillaume Longue- Louis d'Outre-Mcr arrive au 

Épée io4 trône.. . ii5 

Son mariage Ibid. Guillaume reçoit à Lions plu- 
Révolte des Bretons . . Ibid. sieurs grands seigneurs de 

Ils sont battus : l'un de leurs Ftauce Ibid. 

chefs s'enfuit ; Vautre fait sa Le comte de Poitiers lui de- 
paix. ïo5 munde sa sœur en ma- 

Faits douteux rejetés par l'au- riage. ......... 116 

teur . Ibid. Plaisanterie du Duc ... 117 

Révolte de Rioulf, comte de LeDuc lui accorde sa sœur. ii. 

Ootentin 107 Louis d'Outre -Mer est eA 

Il marche contre Guillaume , gw^r^e avec ses barons. Ib. 

et assiège Rouen. . . . loB II cherche à s'allier avec l'em- 

*Le Duc est abandonné de pereur HenrL 118 

presque tout le monde. 109 Henri refose de s'allier avec 

Découragement dans lequel Û ^^ .,f "» Tintervention de 

tombe . ....... Ibid. Guillaume Ibid. 

Ses guerriers s'indignent de sa ^^ d'Outre-Mor vient à 

faiblesse, et le. déterminent Rouen. J19 

à combattre. ..... 110 Henri envoie un funbassadeur 

Victoire reiUportéeparlui. lia ^ Guillaume. ..... Ibid. 

Il reçoit la nouvelle de la nais- Guillaume et le Roi vont trou- 

sance de son fils. . . ii3 ver l'Empereur , ... no 

Sa puissance et sa gloire. ïi4 Contestation entre les Nor- 

Le roi d'Angleterre lui recôm- mands et les Français. iQi 

mande son neveu Louis Guillaume concilie les deux 

d'O^tre-Mer ..... Ibid, monarques. Reconnaissance 

Par le crédit de Guillaume , de Louis. laî 



DES MATIÈRES. 4i5 

Aurelour,Loui&appreDd qu'il II va demander du secours à 

lui est né un fib. Guillaume Guillaume. . . . Page i3o 

en est le parrain. Page 1211 Le Duc lui accorde son se- 

Guillaumerenentà Rouen. ia3 cours, et convoque Ses guer- 

Va k Jumîèges. . . . .' Ihid. Hers i3i 

Yeut se faire moine. . . , 124 LeDucassiégeMontreuil./^téf. 

L abbé chercbe h l'en dissua- Assaut donn^ par les Gotenti- 

dfr. îhid, nois; prise de la ville. i52 

L'abbé le prie de manger. Guillaume rend k Herloin son 

Guillaumâ refuse, et tombe château Ihid, 

malade.. •. laS Guillaume revient à Rouen. 1 35 

il découvre son projet à ses Ressentiment d'Amoul. . i34 

serviteurs, et les engage à II demande une entrevue à 

prendre, son iils pour Guillaume Ibid. 

ihic. . ii6 Le Duc se rend à Péquigny 

Portrait de Richard i*'. fbid. pour cette entrevue. . i35 

Gnierre civile entre le roi de Â.rnoul demande la paix , que 

Danemarck et son Iils. ia8 Guillaume liii accorde. i36 

Le vieux Roi vient se réfugier Lés Flamands retiennent et 

«n Pformandie. . . ' . 129 assassinent Guillaume. i38 

Amoul, comte de Flandre, Désespoir des Normands. iZg 

enlève le château de Mon- Le corps de Guillaume est ap> 

treuil. Ibid, porté k Rouen. . . . Ibid. 

Herloin s'adresse inutilement II y est enterré dans la catbé- 

anduc Hugues et au Roi. i3o drale i4o 

I 

RICHARD r% dit Sans-Fcvr, TtoisisHt Duc m Noimahdie. 

Douleur des Normands et du Amoul apaise et gagi^e le Roi 

jeune duc Richard i*'. . 1 4o par des présens .... 1 48 

Hichard administre le du- Discours des seigneurs de 

ché i4i France au Roi. . . . . i5ô 

Louis d'Outre- Mer vient à Les envoyés d'Arnoul conseil- 
Rouen. . , ,. . ... . . 14^ lent au Roi d'emprisonner 

Il s'empare de la personne du Richard , et de garder la 

jeune Duc i43 Normandie. ...... i5i 

L^habitans se soulèvent. JRf. Le Roi défend à Richard, de 

Louis effrayé relâche Richard, . sortir de taon. . . . . i5^ 

et lui rend ses-états. . . «i 45 La Reine : dénonce Richard 

Louis emmène Richard , sous jponv être sorti sans permis- 
prétexte de le faire mieux sion i53 

élever à sa cour .... 1 47 Courroux et menaces du 

Il promet de punir Arnoul./^. Roi. . Ibid- 



4i6 TABLE ANALYTIQUE 

Réponse de Richa rd . Pase 1 56 Discours artificieux de Bernard 

Désolation et prières publiques à ce prince. ^ . . Page t'y i 

des Normands à la nouvelle Louis se laisse gagner par les 

de sa captivité. . . . . i5'j conseils de Bernard. . 174 

Jl est consolé et encouragé par I| ordonne à Hi^e^ de 

Osmond lùid, rendre k Basse-^orman- 

Osmond lui indiqué ce qu'il die lyS 

faut faire pour préparer son Gc^ère de Hugues 176 

évasion. ......... i58 Son entretien avec Bernard de 

Richard suit ces conseils. i5g Senlis 177 

On croit qu il est mort. . 160 Bernard de Senlis lui prédit 

Son évasion Ibid. que le jeune Duc recouvrera 

Il arrive à Couci, château bientôt Tamour des Nor- 

appartenantà son oncle. /&. mands ^ . . 178 

Osmond va annoncer l'évasion Louis accorde à l'un de ses 

de Richard à son oncle. 162 courtisans la femme et les 

Hugues est mis dans les inté- biens de Bernard-le-Da- 

rets. de Richard. ... Ibid. nois 179 

Dépit de Louis d'Outre- Les autres com^tisans veulent 

Mer i63 en faire autant. . . . Ibid. 

Entrevue de Louis et d'Ar- Effroi des Normands et des 

noul Ibid. Normandes Ibid. 

Arnoul conseille au Roi de Désespoir de Bernard et de sa 

partager la Normandie avec femme . 180 

Hugues Ibid. Richard à Senlis s'apige 

Cet arrangement a lieu. . 164 d'être dépouillé de son du- 

Reproches adressés à Hugues ché 181 

par Bernard , oncle de Ri- Tyrannie et malversations de 

chard i65 RadUl Torte Ibid. 

Promesse conditionnelle de Mécoùtentement des Nor- 

Hugués 166 mands i83 

Entrevue de Bernard de Sen- Intelligences entre Bernard-le 

lis et de Bernard- le -Da- Danois et Harald. . . Ibid. 

nois 167 Harald vient à l'embouchure 

Envahissement de la Norman- de la Dive i84 

die par Louis et Hugues. Ib. Les habitans de la Basse-Nor- 

Les Normands , par le conseil mandie s'insurgent et se jo^- 

de Bernard -le -Danois, se gnent à lui. Ibid. 

soumettent 169 Bernard^ le -Danois dissimule 

Louis vient k Rouen , et y est sa joie , et instruit le Roi de 

reçu avec des démonstra- ce qui se passe i85 

tionsdejoie Ibid.^ Louis rassemble ses troupes, 

Les Normands voient avec et marche contre Harald. i^. 

. chagrin le zèle apparent de Entrevue des deux rois. 186 

Bernard pour le |loi. . 170 Un Normand s*ind igné de voir 



DES MATIÈRES. 4i7 

Herlpuin parmi le» Fran- Les confédérés entrent en 

çais ^«ge i86 Normandie. . . Page 19g 

Un Danois partage l'indigna- Cherchent k surprendre 

tion du Normand , et tue Rouen aoo 

Herlouin ^ . 187 Le Duc apprend à Timproyiste 

Tumulte et bataille à la suite leur attaque aoi 

de cet événement. . . Ibid. Les Normands, secondés par 

Défaite des Français, fruité du . les Bretons et les Parisiens , 

roi Louis 188 soldent de la ville. . . Ibid. 

Louis est pris par les Nor- At^ent les Allemands jus- 

mands • • • Ibid, qu'aulc portes 2o3 

Un Normand gagné par lui fa- Sortie de Richard à la tête de 

vorise son évasion. ... 189 la garnison Ibid' 

Il est repris , et mis en capti- Bravades du neveu d'O- 

vité à Rouen Ibid. thon. ao4 

La Reine tente en yain de met- H est tué par Richard. . Ibid, 

tre l'Empereur son père dans Déroute et retraite des AUe- 

. les intérêts de Louis. Ibid. . mands. ' ao5 

Otages envoyés à la place du «Victoire et butin des Nor- 

Roi , qui recouvre sa li- mands 206 

berté. . . : • 191 Douleur d'Othon. . . . Ibid, 

Nouvelle entrevue des deux H assiège Rouen. .... 207 

Rois. Richard rentre en pos- Résistance des Normands. Ib. 

session de soti duché. . 19a Levée du siège 209 

Louis l'exempte de tout service Qthon examine et discute avec 

féodal 193 ses barons les difficultés du 

Rentrée solennelle de Richard siège. aïo 

à Rouen. ...... ^ Ibid. Qthon demande une trêve , et 

Talensetpiété de Richard. 194 va prier sur le tombeau de 

Avarice et méchanceté de Saint -Ouen.. 21a 

Raoul Torte. . . . . . tg5 Nouvelle délibération sur le 

Sur les réclamations de sa siège Ibid. 

cour, Richard le chasse. 196 Qthon, irrité contre Arnoul, 

Hugues fait épouser à Richard veut le livrer à Richard, a 1 3 

sa fille encore enfant. . 197 Ses barons l'en empêchent. 7^. 
Hugues l'arme chevaUer , et se Othon se détermine à la re- 
lie de la manière la plus traite 2i4 

étroite avec lui 198 Arnoul, dans la crainte d'être 

Entrevue de Louis et d' Ar- livré aux Normands , s'en^- 

noul Ibid. fuit du camp des deux 

Amoul va trouver l'empereur Rois aiS 

Oàion Ibid. Son départ jette l'effroi dans le 

Arnoul détermine Othon à camp , ou il est pris pour 

venir faire la guerre à Ri- une attaque de Richard, a 16 

chard et à Hugues. . • 199 De leur côté , les Rouennais 

II. "^1 



4 1 8 TABLE ANALYTIQUE 

prennent ce hruit pour Fan- lÎTiàre d'Eanlne. LeA Nbr- 

nonce d'un assaut. Page 2 1 7 mands s y opposent. P, 235 

Les confédéréft s'enfuient en A lariivée du Rot, Richard 

désordre Hud. se retire de 1 autre coté de la 

Ils sont poui^suivis par les Dieppe . 534 

paysansjusqu à Amiens, aïs Le Roi cherche en vain à 

Louis meurt de chaffrin. Ibid, forcer le passage de la 

Le mariage de Richard s ac- Dieppe. ........ 235 

complit. Hu^es, en mou- Défaite et dépit de Lo- 

rant , lui recommande sa thaire Ibid. 

femme et son fils. . . . ÏI19 Gautier-lerVeneur est renversé 

Guerre de Richard et du comte <^ »« cheval , et secoum 

Thibaud .MO ^Pa^ Richard. . . . . Ibid. 

Ravages exercés par Thi- ^.f^^*"* "^^ ^^"^ "^fg 

Aiuînce de Thibaud* et "ù ^«^^^' désespérât de forcer 

Roi Ibid. ^ .I«»«ge> ^t e^_^ 

L archevêque Brunon rnvit* LeRoiretofumeenFnmeefort 

Richard a une entrevue a j^.^^^^ ^jp 

Beauvais . 2aî) j^j^ ^^ Normands au retour 

Richard est instruit en chemin de Richard aio 

. des embûches qui lui sont Lothaire, irapatieBt de se ven- 

tendues Ibid. ggj.^ rassemble son ai^ 

Il retourne vers Rouen. . !)a3 mée 24i 

Colère et honte des ennemis Assiège Évreux , le prend par 

de Richard , qui lui avaient tri£i9on , et le donne à 'Au- 

tendu ce piège. .... î>î4 baud , ... 542 

Par les conseils de Thibaud , Richard va par représailles ra- 

Lothaire prépare de nou- vager le payç Ghartrain. Ib. 

velles embûches. . . . 225 Thibaud , à son tour, porte 

Message de Lothaire 2i Rî- sesi ravages, jusqu'au pont de 

chard ......... 227 Rouen. ', 243 

Le Roi invite Richard à une Thibaud établit son camp en- 
entrevue sur les bords de tre la forêt et la Seine. 3id. 
l'Ëaulne 229 Richard fait passer de nuit ia 

Richard accepte l'entrevue, Seine à ses soldats. . . 244 

. et part pour s*y rendre. Ib. Il attaque Thibaud sur trois 

Il envoie trois espions observer points à la fois 24^ 

la conduite de Lothaire. 93o Déroute de Tarmée de Tht- 

II apprend que le Roi n'est baud 247 

entouré que de ses enne- Retour de Thibaud à Chartres; 

mû 95 1 do nouveaux désastres l'y 

Rapports de plus en plus in- attendent Ibia. 

quiétans . ^52 Caractère et qualités de Ri- 

Les Fiançais veulent paassr la chard ^49 



DES MATIÈRES. 419 

Il prend des mesures contre Utilité de l'histoire pour la 

les invasions de seaenne- conservation des souve- 

'rois P^^ aig nirs. ...... Page a65 

Sa douleur de la dévastation Ghangemens dans les noms 

de ses villes aSo des villes et des paja. . ^66 

Il appelle de nouveau à son Ori^ne du nom de Norman* 

secours le roi Harald. Ibid. die . 267 

Harald lui envoie une ar- Impossil»lité de sauver de Tou- 

mée a5i bli ce oui n'est pas consigné 

Lçs Danois établissent leur dans rhistoire. . ... 260 

place d amea à Gefosse. Ib, To«t est soumis à la môrl et a 

Ravages exercés par les Da- ^ la destruction. . ... 271 

no^ dans lus étots de Thi- ^^ ^T'^Y^ç ^Z ^^T?*"' 

baud 252 peut seul défendre de 1 ou. 

Dans les états de Lothaire. 253 ^' /"T, '^ 7 ^^^ P*"' 

Remontrances au Roi sur leà ^^^venablement recompe^ 

maux qu'a a attirés à son Wace lui-mime ne ^rauVepîu; 

?:rs^ÈcK.^!°^^^^ de^^ bienfaiteur cn.e iL. 

L'évéïpie de Chartres est en- Filiation de^ troi^ Rois L 

voye en ambassade vers Ri- ^e nom, ses contempo- 

,c^«^^ • v. «?^ rains 273 

Réponse de Richard . . Ibid, Nouveaux regreU sur le peu 

Repartie de Tévéque. . . ti58 d'encouragement accordé 

Richard consent à une trêve, de son temps aux écri- 

et à une entrevue avijc les vains Ibid, 

évéques de France à Ge- Rapide analyse de la première 

fosse. . . . Ibid, partie àvLlloman de Hou, Ib. 

A cette nouvelle, Thihaud en- Nouveaux détails sur le calac- 

voie demander une^ trêve tère de Richard i". Gon^ 

pour venir trouver Ri- fiance générale dans son 

chard 259 équité 275 

Entrevue et réconciliation de La duchesse Emme meurt sans 
Richard et de Thibaud. 260 enfans. Ses biens sont don- 
Entrevue de Gefosse , et paix nés aux églises et aux pau- 

avec les Français. . . .261 vres Ihid, 

Mécontentement des Da- Amours de Richard et de 

nois , Ibid, Gonnor. . 276 

Ratification de la paix. . 262 Détails sur leurs enfiEins. Ibid. 

Richard donne des terres et Intr^idité de Richard , à l'é- 

autres revenus aux Danois preuve même des terreurs 

qui veulent se convertir. 263 nocturnes . 278 

Les autres vont en Espagne, Sa coutume, de s'arrêter, de 

cil ils conquièrent dix-huit nuit comme de jour, à toutes 

villes Ibid. les églises pour prier. Ibid, 



420 



TABLE ANALYTIQUE 



Son aveuture nocturne avec 
le diable dans une égli 
se Page Q79 

Il rentre dans l'église pour 
prendre ses gants. . . 280 

Défense de laisser les corps 
morts sans quelqu'un pour 
les garder 281 

Aventure du sacristain de 
Saint-Ouen Jbid, 

Ce moine devient amoureux 
d'une dame, et en reçoit un 
rendez-vous 282 

En y allant, il tombe dans la 
rivière de Robec , et se 

^ noie Ibid, 

Contestation entre un ange et 
un diable au sujet de. son 
âme 283 

Sur la proposition de l'ange , 
on s'en rapporte à l'arbi- 
trage du Duc a85 

Les parties vont trouver le 
Duc, et lui exposent l'af- 
faire Ibid. 

Jugement rendu par Ri- 
chard ' 286 

Le moine recouvre la vie,^et 
retourne à l'abbaye se ca- 
cher dans, son lit. . . Ibid. 

Richard va le matin à l'ab- 
baye, et lui fait confesser 
publiquement son pé- 
ché . 287 

Allusions populaires k cette 
aventure 288 

Aventure du chevalier qui 
tranche la tête à une demoi- 
selle dans la forêt de Lions , 
et qui est ensuite tué par le 
Duc Ibid, 



Aventure d'un veneur du Duc, 
qu'une femme enlève au 
haut d'un arbre. Page ^go 

Richard se détermine à épou- 
ser Gonnor, à la demande 
du clergé et des barons. 292 

Circonstance de la première 
nuit de leurs noces. . . 293 

Mort du roi Lothaire. . . 295 
A défaut d'héritiers de la cou- 
ronne, Hugues Gapet est 
élu Roi Ibid. 

Richard a la plus grande part 
à l'élévation de -son beau- 
frère au trône .... Ibid. 

Les Flamands s'y étant oppo- 
sés , leur capitale est 
prise 296 

Ils obtiennent leur pardon, 
grâce à l'intervention de Ri- 
chard Ibid. 

Libéralité de Richard envers 
le clergé , et monumens 
construits par lui. . . Ibid. 

Il fait construire l'abbaye de 
Fécamp. ....... 297 

Il se fait préparer un cercueil 
sous la gouttière de l'é- 
glise. . ' '. . . 298 

n tombe malade à Baveux , 
et se fiiit porter a Fé- 
camp. 299 

Il convoque sa famille , et 
remet le duché ^ son fils 
aîné Ibid. 

Il . reçoit les derniers sacre- 
mens 5oo 

Il meurt. Regrets de ses su- 
jets. . .- Ibid. 



DES MATIÈRES. 421 
mCHARD II y du Ls Bon, quatrième Duc de Normandie. 

Époqiiè à laquelle Richard 11 II exécute ee projet à Yemey 

lui succède. ... Page "Soi • dans le Bessin. . Page 3i5 

Qualités de ce prince , qui Tout Le Duc lui pardonne, lui donne 

fait appelei^ Richard- le > le comté d'Eu, et le ma- 

Bon Ibid. rie Ibid. 

Sa piété. Il fait venir des moî-^ Sa femme fonde l'abbaye de 

jies de Dijon Ibid. Saint-Pierre- 8ur-Dive.3i6 

Il les établit à Fécamp. . 3o2 Ses enfans Ibid. 

Les offices de sa maison ne Ëthelred , beau-frère de Ri- 

sont donnés, qu'à des gen- chard , envoie une armée 

tilshommes ibid. ravager la Normandie. Siy 

Révolte des vilains. . . . 5o3 Cette armée débarque à Bar- 
ils se rassemblent, et énumè- fleur 3x8 

rent leurs griefs. . . Ibid. Néel de Saint-Sauveur se met 

Ils s'excitent mutuellement à à la tête des habitans pour 

la révolte -. 3o5 défendra le pays. . . Ibid. 

Ils se lient par des sennens.3o7 levages exercés p^r les Àn- 

Ricbavd est instruit de leurs «glais. 319 

menées Ibid. Les Gotentinois leur livrent 

n. confie à son oncle Raoul, bataille "Sio 

comte d'Ëvreux , le soin Les Anglais spnt taillés en piè^ 

d'apaiser cette révolte. 3o8 . ces. Un seul fugitif va por^ 

Raoul atteint lés insurgés , s'en ter l'alarme dans la flotte. Ib. 

empare, et leur inflige d'ho]> Les marins de la, flotte s'en^ 

rimes supplices 3ii fuient en Angleterre. . 32 1 

La révolte est apaisée , et des Ils rendent compte au Roi de 

amendes sont imposées aux la destruction de, son ar- 

rebelles les plus riches. 3i2 mée. Zii 

Apanages donnés par le Duc à Extermination des Danois éta- 

ses frères. Guillaume reçoit blis en Angleterre par les 

de lui le comté d'Ëxmes. Ib. Angles 3^3 

Guillaume méconnaît les bien- Il n'échappe au carnage que 

faits du Duc , et se ré- deux jeunes gardons , qui 

volte ,...3i3 vont en porter la nouvelle 

Il est pris , et renfermé dans en Danemarck. .... ZiS 

la tour de Rouen. . . Ibid. Gourroux du roi Suénon. /&. 

Il s'évade après cinq ans de II débarque dans le nord de 

captivité 3i4' l'Angleterre ..... » Ib. 

Personne n'osant le secourir, Les barons du pays font 

il est réduit à vivre caché un accommodement avec 

dans les bois. . . *. . Ibid. lui . . 3^6 

Il prend la résolution d'aller II entre dans la Tamise , et 

implorer la miséricorde du assiège Londres ., . . Ibid. 

Duc Ibid. Londres capitule. Élhelrçd se 



422 TABLE ANALYTIQUE 

reUrc en Normandie avec sa Une partie de la garni^n va à 

famille ^^^ ^^7 ^^ur rencontre. . Page 336 

Suénon achève de coilquérir Combat des Français avec les 

l'Angleterre, où il n'y avait Normands 338 

point encore de fortifica- Victoire des Normands. . 34 1 

tions Ibid. Déroute et fuite des Fran- 

Pillages exercés par Sué- çais 34^ 

non 3^8 Hugues, comté du Maine, l'on 

Mort de Suénon. . . . Ibid. deleurs chefs, se cacbecliez 

Retour d'Éthelred en Angle- un heraer 343 

terre 519 H prend tes habits du berger, 

Kanut , fils de Suénon , règne et va aux champs sous ce 

après lut en Danemarck. Ib. déguisement ..... Ibid. 

Il vient attaquer l'Angleterre , Les Normands qui le poursui- 

et assiège Londres. . . Ib. vent lui parient sans le re- 

Éthelred cherche k défendre connaître 344 

la ville ; sa mort. . . . 53o Honte et dépit du comte Eu- 

lies habitans de Londres se des 345 

soumettent k Kanut. Ibid. Incursions de Richard dans le 

Edmond Gôfé - de - Fer , fîb pays Chartrain , * et d'Eudes 

d'Éthelred , tient tête aux en Normandie .... P>id. 

Danois Ibid. Richard appelle à son secours 

Il est assassiné. . . . . . 35i deux Rois Scandinaves. 346 

Kanut épouse Emma , veuve Une tempête pousse ces deux 

d'Éthelred Ibid. Rois sur les côtes de Bre- 

Ses enfans Ibid. tagne 34; 

Élévation de la postérité de Stratagème qu'ils emploient 

Richard i** Ibid. contre les Bretons. . Ibid. 

Geofiroi , comte de Bretagne , Succès de ce stratagème. 348 

vient demander à Richard 11 Prise et destruction de la ville 

la main de sa sœur. . . 33a * dé Dol Ibid. 

Le Duc la lut accorde , avec de Les deux Rois arrivent en Nor- 

magniiiques présens, à lui mandie. i 349 

et à toute sa suite. . . Ibid. Le roi de France effrayé récon- 

Richard marie son autre sœur ciHe Richard et Eudes. 35o 

à Eudes, comte de Char- Conversion de l'un des deux 

très * . . . . 333 Rois 35! 

Cette princesse meurt sans en- Richard épouse/Judith de Bre- 

fkns 334 tagne. Ibid. 

Richard redemande les terres Leurs enfans 35i2 

données pour sa dot. Ibid. Après la mort de Judith , Ri- 
Refus d'Eudes 335 chard se remarie à Papie. 

Richard fait bâtir Tillières , et Leur postérité 355 

y place une garnison. Ibid. Anecdote du chevalier qui 

Eudes rassemble ses alliés pour vola au Duc une cuiller d'ar- 

venir attaquer Tillières. 336 gent Ibid. 



D£$ MATlÈtlES. 4i3 

Anecdote de Bertuind^le-Lottl- gogâë pour ïe délivi^r: 

bard. Moyen qu'il emploie . Page Z66 

pour arfivter Jud^'aù R«ivage$ «itercéâ ^ries terres 

Duc. ...... T'Agie 558 duoomtedeGhâlons. . 367 

Rainaud , gendre de Richard ^ Soumission du comte. Rainaud 

est; eût prisonnier. . . 365 est délivré. ...... 36^ 

Ricbard sollicite en yaUi sa li- Maladie de Ricbftrd. . . 369 

berté. ... % 366 Ses dé mièf^ dispositions. Ib. 

Expédition envoyée en Bour- Mort et sépulture du Dud. 570 

RICHARD Ut, ÉlMQUIBtt» Duc VÈ NoUMàNIDÏlt; 

Avènement de Richard m. Kichard lui reprend falaise, 

Révolte de son frère Ro- dont il s'était emparé. . 3^1 

bert 370 Mort de Richard m. . . Ibid. 

ROBERT P', fUt LB Ll«BRAL, SIXIBKB DVC DE NoBMANDIB. 

Avènement de Robert Son Le jeuûe Roi vièvit implorer le 

caractère* . . » . w . . 3712 secours du Duc .... 383 

Fondation de l'abbay* de Cfe- Leurs efforts combinés 8Ur- 

risy 573 niotitent la révt>lte. . . 385 

Anecdote du chevalier qui n é- 0ott du Veiin Français Jl Ro- 
tait pas allé à l'offratide. Ji^. bert *. . tbid. 

Anccfc^dà clerc qui mourut Divisions 'entre * Robert et 

deioie. . . . . . w . . ;>74 Alain, comte de Bret»- 

Anecdote dun Coutelier de ^^^ j^^'^ 

Beauvais qui^ftpporu deux ^^^^^ '^^^{^^ •^j^^' forteresse 

n/^f*? '''' ^T' ' À rV s"r ïe Coisnon 386 

Révolte et soumission de GuM- .* . . ^ t .^v 

laume dé BèUêriie. ; . 578 ^^î^î ^*«°^ ^^*g«^ ^^^^t^' 

Robert lui pardoaiié, et lui /V^' '\'''*''.^ 

à-end le château d'Alen- Néel de Saint-Sauveur et Au- 

çj,n 3-q vrai-ie-Géant e^ccitent a la 

Enfans de Guiuâuine ile Bel- défense les barons du 

lême 38o paj» 388 

Mort de Guillaume de Bel- Combat des Bretons avec une 

létâd. . . , . . . . » . 58t partie des Normands corn- 

Son dernier fils, Guillaume mandés par Néel. . . 389 

Talvas, reste seul héritier Auvrai arrive avec le reste des 

de toute la famille. . . 38a Normands . 390 

Mort du roi Robert. La reine Déroute des Bretons. . .391 

Constance cherche k faire Le Duc envoie une expédition 

régner son plus jeune fils pour reconquérir le royau- 

au préjudice de Taîné. Ibid. me de ses neveux. . . 392 



424 TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES. 

Une tempête jette cette flotte Anecdote du portier oui frappe 

surlescôtesde Jersey./'. 595 le Duc P^S^ 4^4 

Elle y attend en vain un vent Robert passe les Alpes , et ar- 

fayorable pour passer en rive à Rome. 4o6 

Angleterre . "Sgi Anecdote du manteau dont il 

Le Duc prend alors le parti fait revêtir la <s(ktue de Gon- 

d'employer la flotte et son stantin Ibid. 

armée à ravager la Breta- Anecdote de la' mule aux fers 

gne f SgS d'or. 407 

L'archevêque Robert réconci- Le Duc est admis k une au- 

lie ses deux neveux. . Ibid. dience de l'empereur d'O- 

Amours de Robert et d'Har- rient Ibid. 

lette 596 Anecdote des manteaux laissés 

Vision d'Harlette. .... Sgy par les Normands. . . Ibid» 

Naissance de Guillaume -le- Anecdote du feu de coquilles 

Conquérant 5q8 de noix - ioS 

Guillaume Talvas voit le his Maladie du Duc. Il se fait per- 
du Duc , et prédit le mal ter par des Sarrasins. . 4^9 
qu'il fera à sa famille. 399 Rencontre du pèlerin de Pi- 

Le duc Robert forme le projet rou 4io 

d'aller en pèlerinage à Jéru- Tribut imposé aux pèlerins 

salem 4oi par les Mahoroétans. . in 

Représentations de ses su- Robert paie le tribut pour tous 

jets. . Ibid. les pèlerins indigens. . 4'^ 

Il persiste, et leur recommande Lutte de générosité entre le 

d'obéir à son fils. ... 4oa Duc et le gouverneur de Jé- 

II part après avoir mis son fils rusalem Ibid. 

sous la protection du roi de Le Duc est empoisonné, et 
France 4o3 , meurt k Nicée; il y est en- 
Alain, qu'il avait établi séné- terré. . .- i\^ 

chai de la province, meurt, ' Son chambellan Toustain est 

et est enterré à Fécamp. Ib. chargé d'apporter à Gerisy 

Détails sur le voyagé du les reliques- qu'il avait re- 

Duc . . . Ib. cueillies. . ^ 4i4 



FIN DJZ LA TARLB ANALYTIQUE DES MATlilSS DU TOME PIEMIEK. 



TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES. 



TOME SECONa 

GUILLAUME II, <f<t L> CoNQcÉRAitT, 
septÙmi Duc de Normandie, et Roi d'Angleterre. 

AvBNBHENT du jeuDe Guil- Révolte de Guillaume d'Ar- 

laume. ...... Page i i|ues, oncleduDuc. P^e 9 

Mauvaises dispositions et dis- Il fortifie Ardues, et s'allie 

cordes de ses barons. Ibid, avec le roi Henri. ... 10 

Guerre entre Yauquélin de Le château d'Arqués est in- 

Ferrières et Hugues de vesti et bloqué 11 

Montfort 2 Lé roi de France vient jtour le 

Les barons normands profitent ravitailler 12 

de la faiblesse de leur Duc II est repoussé par les assié- 

pour élever des châteaux et ,geans i5 

s'entre-guerrojer 3 Honte et aflliction du Roi. 1 4 

Le roi de France demande la On vient à Yalognes avertir le 

destruction du château de Duc de ce qui-àe passe autour 

Tillières . Ibid. d'Arqués. . . • . > . Ibid. 

Les Normands y consentent. 4 Le Duc part aussitôt pour Ar- 

Gilbert Grespin , gouverneur ques , et s'y rend avec une 

du château , veut le défen- grande rapidité. . . 1 5 

dre .5 Guillaume d!^ Arques capitule , 

Il est assiégé par les Français et se retire en France. . 16 

et les IVormands réunis. Ib. AuvraHe-Géant prend l'habit 

Le châteay est rendu et dé- monastique à Gerisy. . 17 

truif .6 ligue et révolte des seigneurs 

Nouvelle invasion de la Nor- normands contre leur Duc. 18 

mandie par Henri . . Ibid. Guillaume est averti par son 

Il reconstruit le château de fpududanger qu'il €ou]:t. 21 

Tillières. . . . . . . Ibid. Il s'enfuit en toute hâte. . 22 

Toustain , vicomte d'Ëxmes , Il est reconnu par Hubert de 
s'allie avec les Français, et Rye, dont les fils le cou- 
leur livre Falaise. . . . . 7 duisent à Falaise. ... 23 

Il y est assiégé par le jeune Hubert donne le change aux 

Duc. . 8 rebelles qui poursuivaient 

Il est réduit à capituler. . . 9 Guillaume. . 24 



426 TABLE ANALYTIQUE ♦ ^ 

Inquiétude et affliction des su' dans son château de Brion- 

jets et des serviteurs de ne , où il est assiégé par le 

Guillaume P^^ ^^ Duc P^^ 4^ 

Les rebelles s'emparent des II capitulé , et se retire dans 

domaines du Duc. ... 26 son pays 44 

Le Roi et le Duc réunissent Soumission des barons nor- 

leurs troupes entre Ai^ences mands Ibid, 

et Mézidon. ..»..« a^ Grimoult du Plessis est pris, 

Les rebelles se rassembleUt au et meurt dans les fers. . 4^ 

Val des Dunes. . . 28 Une portion de ses biens est 

Le Roi et le Duc attaquent les donnée à la cathédrale de 

Normands sur deux points; Bar^ux 4^ 

difilêriens 29 Geonroi Martel , comte d'An- 

Raoul Tesson et sa suite se jou , s'empare d'AIençon et 

tiennent à l'écart. . , . 5o de Dôfnfront. .... 'linâ. 

Raoul suit le conseil de ses Le duc Guillaume vient recon- 

chevaliers ^ et Vient mejoin*- naître Domfront. . . , . 47 

dreleDnc « 52 II iklt bâtir trois châteaux pour 

Le INio fond sur les rehelltes . 33 bloc^r la garnison de Dom- 

Signes de reconnaissance et front ^ ......... 49 

cris de ralliement des com» Il va ensuite assiéger Alen- 

battans Ibid. çon. ......... Ibid, 

Choc des Français et des €»• Les gardiens de la tété du pont 

tentinois. .54 l'injurient. ........ 5o 

Le Roi est frappé et renversé Colère et menaces terribles du 

• de son cheval. ..... 35 Duc. ..-.»-.... v . 5t 

Le Roi se relève ) et remonte à U met Id feu aux fortifications , 

cheval. . -5^ «t s'empare de la tâle du 

Hamon et plusieurs des sienis pcmt» . Ibid, 

sont tués. . . k « . . Ibid, Vengeance exergée Sxxc ceux 

Hamon estenterré&Ëiquai. 58 cpii l'otit injurié. . ^ . . Sa 

Raoul Tesson {>rend part ail I^a garnison du château cap^ 

' combat ^ « 5q tuJe» «... 53 

Exploits du jeune Due% IbiJL Guillaume inetoume devant 

Découragement «t fWyeur de Domfront , et presié vive>- 

R«noulf. ........ 4<> ment la place Ibid. 

Il prend la fuite. . : . . Ibid. Geofifroi^ appelé par les assié- 

Néel soutient plus courageu'- ^, vient à^êuiv secours. ii&. 

semant le choc des Fran- Message de Guillaume à Greof- 

çais. ..... .^ .... 4t fi^oi 54 

La déroute devient gêné- Répoiifid de Geoffroi ^ «t fixa- 
raie » 4^ ^^^^ ^® ^^ bataiUte au lende- 

Massacre des fuyards. . Ibid. main .« ^ 

Les bamos se réconoilient avec Après quelques vaines démon- 
leur Doc 4^ strations , Geofiroi se re- 

Guy de Bourgogne se réfugie tire. ...... .^ ... 56 



DES MATIÈIŒS. 4^7 

Les assiégés capituleot. P. 5^ les Normands et pour leur 

Guillaume fortifie Ambriè- Duc: P^^^ 70 

res C ... 58 Aversion des Français pour 

Il revient en Normandie , et les Normands. .... Ibid, 

épouse Mathilde de Flan- Ils déterminent le roi de 

dre ; . . . . Ibid. France à envahir la Nor- 

Noms de leurs ènfans. . . Sg mandie. ........ 71 

Les deux époux sont excom- Une armée française eiitre en 

munies pour s'être mariés Normandie par le Beauvoi>- 

sans dispense. .... Ibid. sis. .72 

Ils fléchissent le courroux de Une autre , sous les ordres du 

l'Eglise par plusieurs fonda- Roi , par les envin>iis de 

tions pieuses 60 Mantes ' . ibid. 

Mauvaise conduite et déposî- Préparatifs de défense du 

tion de larchevéque Mau- Diic - 7^ 

ger '. . . Ibid. Les Français se logent à Mor* 

Il est remplacé par Maurile. 61 temer 75 

Mauger se retire dans tes îles Lés Normands les sui*prett- 

du Gotentin . . . ., . Ibid. nent, et mettent le feu aux 

Il entretient commerce avec maisons 76 

un esprit familier. ... 62 Désordre et déroute des Fran- 

II se noie, et est enterré à çais 77 

Cherbourg 63 La nouvelle de «ette victoire 

Mort de Kanut, roi d'Angle- est portée- au Duc dans la 

terife 64 ïittit même ....... 78 

Son fils Herald lui succède. /&. Elle jette la terreur dans le 

Expédition infructueuse d*É^ camp du roi de France. Ib. 

aouard sur les côtes d'An- Terreur panique et fuite dés 

gleterre QS Français ........ 79 

Son frère Alfred débarque sur Propositions de paix faites par 

un autre point 66 le Roi , et acceptées par le 

Il est accueilli et trahi par le Duc 80 

comte Godwin 67 Geofiroi Martel vient assiéger 

Le roi Herald lui fait crever Ambrières 81 

les yeux , puis il est mis ^ Les assiégés se défendent jus- 
mort Ibid. qu'à ce que l'arrivée du Duc 

Massacre de ses compa- r force Geoffroi à se retirer. 85 

gnons 68 Le Duc soumet les Manceaux , 

Mort d'Herald ..... Ibid. qui avaient pris patrt à l'ex- 

Son frère consanguin , Hardi- pédition de Geoffroi. Ibid. 

kanut , lui- succède. . . 69 U nâtit un dhâteau au Mans 

Mort de Hardikanut. La cou- pour les tenir en bride. 84 

ronne passe à Edouard. Ib. Geoffroi de Mayenne dispute 

Mariage aÉdouardavec la fille cepaysau Duc. ... : 85 

de Godwin. ...... 70 Guillaume rase la ville de 

Attachement d'Edouard pour Mayenne , 86 



4a8 TABLE ANALYTIQUE 

Et ne la rétablit que long-temps Fondation de . Westmins- 

aprè^ Page 86 ter Page io5 

Nouvelle invasion de la Nor- Edouard désire léguer son 

. mandie par les Français. 87 royaume k son parent le duc 

Ils se dirigent vers Exmes et Guillaume. 106 

Bayeux Jbid. Détails sur Harold , fils de 

Le Duc se place en observation Gpdwin 107 

à Falaise 88 Harold passe en Normandie 

Le Roi passe la Dive à Yara- pour réclamer les otages H- 

ville 89 vrés par Godwin. . . . 108 

Le Duc fond sur les Français La mer le jette sur les côtes du 

restés en arrière. . . loid. Ponthieu. . . . . . . -. iio 

Désordre et déroute d«s Fran- II est reconnu par un pécheur, 

çais. 91 et livré au comte Guy. Ib. 

Rupture du pont. . . . Ibid. Le duc Guillaume le réclame , 

Désespoir et courroux du roi et il lui est remis. . . . iis 

de France." q3 Bonne réception faite à Ha- 

Mort du roi Henri. Son fils rold par Guillaume. . Ibid. 

Philippe lyi succède. . 94 Harold promet de lui livrer 

Détails personnels sur Wa- FAngïeterre à la mort d'É- 

ce. ........... 95 douard Ibid. 

Qualités et bonne administra- Ruse employée par Guillaume 

tion du duc Guillaume. 96 pour rendre cette promesse 

Fondation des deux abbayes inviolable ii3 

de Caen Ibid, Retour d'Harold en Angle- 
Établissement de la paix de terre it5 

Dieu, ou trêve de Dieu. 97 Derniers momens d'É- 

Fondation de l'église de Sainte- douard Ibid. 

■^Paix. . . . . 98 On extorque son consentement 

Voyage de Gmllanme en An- ^ ^^ qu'Harold lui suc- 

gleterre. . . . . . . . .99 ^ède. . Ibid. 

PromptretourduDucenNor- ^^^ ^^ enterrement d'É- 

n^ndie 100 . douard iiQ 

Edouard lui confie les otages _ * ' "ji-rr " ij 

donnés par le comte God- Couronnement d Harold. 110 

win. . . V Ibid. Guillaume apprend ce qui ^ 

Mort de Godwin 10a passe en Angleterre. . Ibid. 

DéteUs sur Edouard. . . io3 Cette nouveUe le rend pensif 

Il fait vœud aller en pélermage et soucieux i^i 

à Rome Ibid. Conseils qui lui sont donnés 

Ses sujets s'opposent à i'exécu- par Guillaume de Bretenil, 

tion de ce vœu. . . . Ibid. son sénéchal. ..... 12a 

Le pape l'en dispense, sous la Messages, entre Guillaume et 

condition de restaurer une Harold ia3 

abbaye dédiée à saint Défi adressé à Harold par 

Pierre io4 Guillaume i'>4 



DES MATIÈRES. 429 

Normands chassé» d'Angle- Le Duc réclame raùtorisatioh 

terre Page ia4 du pape Page i5q 

Guillaume se détermine à al- Le pape lui envoie un étendard 

1er revendiquer la couronne bénit et des reliques. . i4o 

d'Angleterre i^zS Apparition d'une comète. Ib. 

Il rassemble ses principaux Gonsti*uction et écpipement 

barons pour leur demander des vaisseaux normands . 1 4 i 

leur assistance. . . . . 126 Offres faites à tous les hommes 

Réunion générale des barons propres au service mili- 

normands'. Demandes du taire ...;...:. Ibid, 

Duc 128 Rendez- vous général à Saint- 

Les barons délibèrent: . 129 Valéry -sur- Somme. . i4a 

GuOlaume de Breteuil les en- Guerriers poitevins et bre- 

gage à seconder le Duc. i3o tons ; . . . Ibid. 

Répugnance des barons. Ils Digression relative aux mer- 
chargent Guillaume de Brie- veilles de la forêt de Bre- 
teuil de répondre pour cbeliant i43 

eux. . ' i3i L'auteur avoue les avoir cher- 
Guillaume de Breteuil fait, au chées en vain. . . . . i44 
nom des barons , les offres Les offres de Guillaume atti- 
les plus brillantes au rent beaucoup de volon- 

Dtic Ibid. taires- . Ibid. 

Surprise et mécontentement Opinions diverses sur le nom- 

des barons. iSa "^^ des vaisseaux compo- 

Le Duc les apaise et les ras- „ ^^\^^ ^^^^' • / • • • '45 

sm.^ i35 Retard causé par le défaut de 



On prend acte des offres faites ri^'I^V^-T ^ * * î./^"'* 

par chacun IbiH. On 1 obtient enfin par 1 inter- 

. ^ , ^- «. , ,. cession de saint Valerv. Dé- 

Appel et offres aux chevahers . ^^^ ^^ j^ ^^^^^ ^^ ^^^ 

Ses pays voisins. . . . i34 et sur la flotte. . , . . i46 

Le Duc va trouver le roi Phi- q^ arrive près de Has- 

lippé , et réclame son assis- tings. 1 4*1 

^T^^^ i55 Les archers débarquent les 

Refus de Philippe, d'après le premiers. ^. . i48 

conseil deà narons fran- Déoarquement des cheva- 

çais Ibid. liers Ibid. 

Le Duc se retire for( irrité de Débarquement des charpen- 

ce. refus iZj ^ tiers 149 

Le Duc s'adresse au comte de Établissement d'un camp en- 
Flandre «... Ibid, touré de retranchemens de 

Le comte veut savoir ce qui bois Ibid, 

lui reviendra dû territoire On fait ensuite un joyeux re- 
anglais. i38 pas i5o 

Réponse -^ moqueuse du Aventure d'un astrologue noyé 

Duc ^39 dans la traversée^ . . Ibid 



43o TABLE ANALYTIQUE 

Habileté du Duc k tirer un au- Harold part de Londres , et va 

sure favorable d*un aoci- s'établir dans une enceinte 

dent Page i5i qu'il feit fortifier. Page 1 68 

Destruction de 1» flotte' par Les deux années passent la 

son ordre . . . . . . . i5^ nuit dans des craintes réci- 

Il s'empare de Pevensej. i53 proques de surprise. Ibid. 

Un chevalier anglais va annon- Au point du jour , Harold et 

cer à Harold l'arrivée de son frère vont reconnaître 

Guillaume ibid. l'ennemi. . 169 

Il le trouve au moment oii il Harold effrayé veut se retirer 

venait de vaincre Tostig. i55 à Londres 170 

Détails sur Tostig et la guerre Son frère lui reproche sa lâ- 

qu'il avait suscitée. . Ihid, cheté Ibid. 

Nouvelles données ii Harold II pousse la colèi^ jusqu'à vou- 

du débarquement des Nor» loir le frapper 1^1 

mands . j56 On s'étonne de ne point trou- 

Harold regrette de n'avoir pu vqr les deux frères dans leur 

s'opposer au débarquement tente. 1^2 

de Guillaume i5y Us reviennent au camp. . i^^ 

Un ^baron du pays exprimé a Harold envoie deux espions 

Guillaume ses craintes sur dans le camp de Guillau- 

le succès de l'expédition. /&. me. . •. Ibid, 

Goniiànce de Guulaume dans Le Duc leur dontie toute sorte 

la valeur de son armée." 1 58 de facilités pour l'accom- 

Harold arrive à Londres , et y plissen^ent de leur nm- 

attend oue son armée 'soit sion Ibid. 

rassemblée Ibid. L'un d'evMC prend tous les Nor- 

Message d^ Guillaume à Ha- iQ^nds pour des prêtres, 

rold. . . i5g parcç qu'ib ne portent ni 

Courroux de Harold. On dé- barbe ni moustaches. , }ni 

robe à sa fureur l'envoyé de Harold le détrompe. . . Ibtd. 

Guillaume 161 Nouveau message de Guillau- 

. Harold envole à son tour un me à Harold ijS 

message à Guillaume. . 162 Harold refusé tontes les pro- 

Réponse de Guillaume. . i63 positions du Duc. . . Ibid. 

Repartie de l'envoyé. . .. 164 Entretien de GulUaume avec 

L'envoyé prend congé de Guil- ses barons 176 

laume , qui lui fait des pré- Guillaume envoie encore de- 
sens i65 mander à Harold un entre- 
Les Anglais se rassemblent k tien personnel ijy 

Londres Ibid. Gurth, frère d'Harold, ré- 

Gurth , frère d'Harold , lui pond négativement . . 178 

Epopose de combattre Guil-' Harold envoie savoir les pro- 

Lume à sa place, pends^nt positions de GuiUaume. Ib. 

qu'il rjuvagera le pays. fbid. Guillaume informels Andais 

Noble refus d'Harold. .167 de l'excommunication lan- 



DES MATIÈRES. 4^i 

céeeontre les partisans d'Ha- Autre côirps d*apmée, composé 

rokl P^g^ 179 àe Bretons j Mai^ceaux et 

Gurth cherche à les rassurer Poitevins ^^g^ 199 

et à les exciter contre Guil- Troisième corps d'armée, com- 

laume 180 posé de Normands , et com- 

I^s Anglais se rassurent » et ne mandé par le Duc. . Ibid. 

pensent plusL quau com- Détails sur Téquipement et 

bat.. i85 l'armure des soldats de &uil- 

Préparatifs de la bataille. /^i<f. laume '. uoo 

Lçs Anglais passent la nuit en Signes de reconnaissance. Ib. 

festins et en orgies. . . 184 Ordre de la marche. . . . Ib. 

Les Normands 1 emploient à Détails sur Tarmée an- 

prier et à. se confesser. Ibid. glaise. 1201 

Vœu des Normands. . . i85 Harold range son armée en 

Les évéques de Goutances et bataille, et «donne ses. op- 

dé Bayeux président à ces dresi « . 2o5 

actes de piété .... Ibid. II indique la manière la plus 

On convient de diviser larmée vayantageuse de combattre 

en trois corps. . . . . 187 les Normands 204 

Discours du Duc à ses ba- Estimation de la force de l'ar- 

rons Ibid, mée anglaise. . . . . Ibid. 

Guillaume , fils d'Osbem , Les Anglais se retranchent au 

vient avertir de s'armer. 191 moyen de boucliers et de 

Le Duc met son casque à re- palissades . . . \ . . . 9o5 
bours ...» Ibid, Orares donnés par Ha- 
ll n'en tire qu'un bon pré* rold 206 

sage 19a Harold se place avec ses fVères 

Il monte sur son cheval d'Es- au milieu de son armée, et 

pàgne '19^ près de l'étendard. . . naj 

Le vicomte de Thouars admu*e On voit paraître l'armée nor- 

sa belle tenue 194 mande. Ibid. 

Division de l'armée en trois Harold et Gurth discutent la 

corps. 195 force d^s deux armées. 208 

Le Duc veut donner son éten- Frayeur d'Harc^d à la vue d'^un 

dard à porter k Raoul de second corps d'armée nor- 

Gonches Ibid, mand . . . ' 209 

Celui o ci répond qu'il aime Reproches de son frère. 210 

mieux combattre. . , . 196 On voit paraître le troisième 

Gautier Giffart fait la même corps d'armée, commandé 

réponse, i Ibid: par le Duc .211 

L'étendard est remis à un che- Frayeur et repentir d'Ha- 

valier du pays de Caux , ^ rold . 212 

nommé Toustain. . . . ^98 Harold et Gurth "se placent 

Premier corps d'armée , com- près de l'étendard , au mi- 
posé de Picards et de vèlon- lieu de leur famille et de 
taires soldés 199 leurs barons Ibid, 



43a TABLE ANAXYTIQUE 

Les Anglais invoquent Dieu et Exploits d*un guerrier an- 
la sainte Croix. . PageQi5 glais . ^^^ ^^^ 

Les Normands les attaquent II est tué par Roger de Mont- 
sur trois points. . . . Jbid. gomeri . 227 

Préparatifs et signaux de la Un Français tue deux guerriers 

bataille. .....:.. 2i4 anglais qui faisaient un 

Taillefer chante la cbanson de grand (limage dans les rangs 

Roland... . . . . . . Ibid. normands Ihid. 

U réclame et obtient Thon- Exploits de Roger de Beau- 

neur de frapper le premier mont 229 

coup 2i5 Danger que court Guillaume 

Il tue un Anglais, en frappe Mallet i . . 25o 

un second , et la mêlée com- U est sauy^ par les sires de 
mence* Ibid. Montfbrt et de Vieux- 
Gris de guerre des deux ar- Pont Ibid. 

mées 217 Barons du Bessin et du Goten- 

Les Normands sont repoussés tin 23 1 

vers le fossé , qu'ils avaient Néel de Saint-Sauveur. Ibid, 

franchi 2t8 Le sire de Fougères. . . Ibid. 

Désordre et carnage des Nor- Le baron de Ferrières. . 252 

mands dans le fossé . . 219 Un Anglais tue beaucoup de 

L'effroi ie répand parmi les Normands ...... tbid. 

valets qui gardaient les ba- Un chevalier normand l'abat 

'âges Ibid» et lui coupe le poing. . 255 

Ion , évéque de Bayeux , Suites de leur combat. Ibid. 

calme leur frayeur. . Ibid. Énumération de guerriers nor- 

Qdon revient dans la mêlée mands. ........ 254 

encourager et diriger les Péril que coui*t le seigneur de 

combattans ...... 220 Grentémesnil 259 

Les succès sont balancés de- Suite de l'énumération des 

puis neuf heures jusqu'à principaux guerriers nor- 

trois . , . . . . . . . Ibid, mands , . 240 

Expédient employé par les ar- Archers du Yaudreuil ,et de 

chers normands pour faire Breteuil 249 

porter leurs flèches. . 221 Les Anglais se rallient autour 

Succès de cet exp&lient. Ibid, de leur étendard. ... 25^ 

Harold a l'œil droit crevé d'une Guillaume de la Lande-Patrjr 

flèche 222 cherche Harold , qu'il avait 

Les Normands fuient pourat- reçu dan$ son château. 261 

tirer les Anglais hors de Les Anglais ne savent point 

leurs retranchemens. Ibid, combattre à cheval, ni se 

Les Anglais les poursuivent couvrir d'une main en frap- 

en les raillant .' 223 pant de l'autre. . . . . 2OT 

Les Normands s'arrêtent et Ils se réfugient sur une émi- 

font volte-face 224 nence, oùlesNormiandsles 

Nouvelle mclée 225 poursuivent ...... 265 



Ode 



DES MATIÈRES. 433 

Robert Fitz-Erneis est tué lu Guillaume est élu et couronné 

voulant s'emparer de l'éten- par les évéques et les barons 

dard anglais. , . Page aôS anglais. ..... Page a 86 

Exploits de Guillaume. . 270 Date de ce couronnement. 287 

Gmllaume cherche . Harold Durée, du règne de Guillau- 

daiis la mêlée Q73 me Ibid, 

Son combat avec un Anglais H récompense ses soldats. Ib, 

OTii avait tué beaucoup de II laisse à ses sujets le fhoix 

Normands Ibid. des lois d'après lesqudles 

L'Anglais s'enâdt, et est percé ils seront gouvernés. , Ib. 

de coups de lance . . 275 Hg choisissent ceUes d'É- 

Avantage momentané des An- douard-le-Confesseur. ., 288 

glais.GuiUaumc ramène ses Guillaume, refuse de tenir 

soldats au combat. . Ibid l'Angleterre en fief du roi 

Carnage des Aiiglais. (.76 .^^ ^^^^^ g 

Les JNormands arrivent a 1 é- » .11 ;. . ^ 

tendard 277 B^omlles et guerres entre ces 

Haroldestrenverséettué.278 de^Ro^- 290 

Gurtb est mis hors de comlit Gmllaume est retenu par une 

par Guillaume. . . . Ibid. maladie à Rouen. . . Ibid. 

L'étendard anglais est renver- Mauvaise plaisanterie du roi 

se. .... Ibid. d« France ...... Ibid. 

Désespoir des Anglais. Ils Réponse hostile de Guillau- 

combattent jusqu'à la fin du "^^ 391 

jour 279 Accomplissement de ses / me- 

Lcà Anglais cessent le combat, haces ^ • • • Ibid. 

et s'enfuient Ibid. H incendie la ville de Man- 

Us ne s'arrêtent qu'à -Lon- tes . . Ibid. 

dres. ......... 280 gQn cheval se cabre et le 

Guillaume fait placer son éten- blesse . . ..... 201 

dard à l'endroit oii était ce- ^ ^^^-^^^^ ^ r^^ç^' ^ \^ 3^ ^^j^ 

lui d Harold. ..... 281 ^^^ ^ Saint-Gervais. Ib. 

Il établit sa tente sur le champ -n j- j 1 iir j* 1. 

de bataille , malgré les av& ^ ft ? 1 Normandie et 

de Gautier Gifi&t. . Ibid. ^uTilame en faveur de Ro- 

Les barons observent avec ad- ^ ^^"^V ^^"^ T * * "1^ 

miration la quantité et la Ses réflexions sur le caractère 

gravité des coups dont les ^®* Normands .... Ibid 

armes du Duc portent l'em- ^ exprime le désir que Guil- 

preintCé 283 laume, son second fils, soit 

Ils relèvent aiwiessus dé tous roi d'Angleterre, . , . 294 

les guerriers Ibid, H donne à Henri cinq mille 

Le lendemain , on enterre les livres , et le recommande à 

mqrts 284 ^^ frères . . 295 

Harold est enterré à Wal* Sa maladie dare six semai- 

tbam. . 285 nés Ibid. 

IL a 8 



434 TABLE ANALYTIQUE 

n se confesse et commu- On lui fait des obsèoues ma- 
nie ^^^ 395 gnifiques J^age 5oo 

n .'fkit délivrer les prison- La céréimonie est tcoublée et 

niers , et même son frère interrompue par un incen- 

Odon 2^ die 3oi 

Détails sur Odon. . . . lèid. Puis par la réclamation que 
Circonstances de la mort de &tt Ascelin du terrain oit 
Guillaume , 298 le Boi va être enter- 
Son âge. Ibid. ré Jbid. 

Désordre et pillage qui suivent Asoelin se désiste de sa récla- 

immédiatementsa mort. 299 mation, moyennant une 

Son corps est embaumé et somme d'argent. . . . 3o3 

porté a Gaen. 3oa 

liOBERT n ) dit Couitb-Heuse , buitiemk Ddg db Nomubmi. 

Détails sur Robert Courte- Robert se désiste de son en- 

Heuse. Explication de ce treprise , moyennant ime 

surnom 3o4 rente annuelle 3o9 

Couronnement de Guillaume- Retour de Robert en Norman- 

le-Roux en Angleterre. Ib, die. Rid. 

Part de Henri dans Théritage II se brouille avec Henri, et 

' paternel et maternel. . 3o5 lui reprend le Cotentin. Ib. 

Guillàume-le-Roux recherche Henri se réfi^pe au Mont' 

les chevaliers vaillans, et Saint-Michel. 3ii 

leur fait de grands dons. Ib. Beaucoup de nobles et vail- 

Robert voit avec envie la lans guerriers s'attachent à 

royauté, échue à son frè- lui . Ibid. 

re • • • • 3o6 II s'arrête à Avranches, chez 

Ses propositions à Henri. Ibid, le comte Hugues » et le con- 

Henri les accepte, et reçoit suite '. 3i2 

le Cotentin en gage pour un Hugues lui conseillé de se for- 
prêt qu'il lui fait. . . Ibid. tifier au Mont -Saint -Mi- 
Henri demande à son frère chd Ibid. 

Su'il lui cède Richard de Henri suit cet avis , et porte 

Leviers Ibid. un défi à Robert. . . . 3i3 

Robert lui accorde cette de- H fait des courses dans le Co- 
mande, et. exhorte Richard tentin et l'Avranchin. 3i4 
& passer au service de Le Roi et le Duc se réunissent 
Henri 307 ' nour l'assiéger an Mont- 
Robert équipe une armée, et oaint*Miehel, .... Ibid. 
passe en Angleterre. . 3o8 Joutes et tournois entre les 

Préparatifs de défense faits deux partis &id. 

par le Roi Ibid. Le Roi est désarçonné au miliea 

Les évêques et les barons cher> de ses ennemk. .... 3i5 

chent à les réconcilier. 3o9 II défend sa selle jusqu'à ce 



j 



DES BÏATIÈRES. 435 

£^ soit venu à son se- Courroux de Gmlkiime à cette 

cpurs.. . . .Page5i5 nouveHe. Manière dont 

On le plaisante sur la conseru Guillaume ^lfe-<Jonquémnt 

__vaUondesaseUe; . . Ibid, s'était *«»«o«4 aTIS^^ 



vauonaesaseue; . . làid, sétait emparé .dti Hfai- 

L eau et le vm manquent aux ne V. . PaeeV^ 

assiéçés . . 3i6 Un neyeu du dfemier comte 

Surla^emande de Henri, Ro. du Mans vient réclam^ll 

^rt Im envoie un tonneau Maine . . . 3^5 

Tl ^''•™i • • ■•; ; ' ; ^^'^- ^ ^« ^«°<*^ son cousin Hélie 

Il laisse les assiégés s appn^ de La Flèche, et s eti r^ 

visionner d eau .... .315 tourne. ... n,i7 

G^^Ur^T "^1*^^^^^,,? Hélie se m^ en possession, de 

T T^Ï^ *^ J n ; •■ « • s<>ïï comté, et ses droits sont 

Justification de Robert. Rid. reconmis par les M^. 

Reconcdiation des frères. ccaux.\ . • lofi 

Henri recouvre le Coten- Us habitans du Mans lui ou- 

Retour* de Guàlaume en aL- , ^^«'^*. 1««" Portes . . 5ay 

cleterre. . ihid ^/*"»*son normande envoie 

Henri congédie ses soldats , ei f «^^^^^ ^n secours à Guil- 

suit Robert à Rouen. Jbid , .^'^^' •- ^^^^ 

Robert fait emprisonner *^®^voyé trouve Guillaume 

Henri. ........ n,id, P™ ^ partir pour la 

Henri se retire auprès du roi f *^^^**.® ; * * * • * ^'^• 
de France. 3, g ^e . *^oi change de résolû- 
tes habitant de Domfront se n *î?^ * i ^^^ 

donnent It lui. . . Jbid ■ charge le messager d annon- 

II vient à Domfront , y est ^^ ^ prochaine arrivée au 

poursuivi par spn frère, et ji ^*^^* j \' ' ' ' •.,; * ^9 

expulsé de cet asile. . Ibid «limande à ce|ix qui 1 accom- 

Robert se laisse enlever ses P^S^C'JJ la direction à suivre 

l>agages , et revient à P^^ ^^^ ^^ ^^^' • ^''^• 

Rouen ; . . 3^0 ^o^f ne point s'écarter de cette 

Il entend parler des prépara- direction, il fait abattre une 

tifs de la première croi- maison. /j,Vf. 

sade . . . . • /JiVf, Il arrive à Southampton. On 

Il se détermine à prendre la 1^ objecte en vain la crainte 

croix, et ençttgek Norman- d'une tempête. .... 33o 

die à son frère pour une ^ arrive en Normandie , et 

grossesomoie d'argent. 3a I repart bien vite pour le 

Départ de Robert. . . .322 Mans j après avoir mandé 

Ses exploits en Palestine. Ib, ses barons. ...... . ^ 33 1 

Guillaume-leiRoux gouverne H fait un détour pour éviter 

et pacifie ses états. . . 5q3 deux ruisseaux dont le nom 

Uélie de Ia Flèche lui enlève est obscène 332 

** ^^°« /^«rf. Le Roi arrive devant le Mans , 



^^36 TABLE ANALYTIQUE 

et s'empare de cette l) épouse Mathîlde, fille de 

ville, ...... Page 333 Malcolm, roi d*Ëcosse. Leurs 

Il dispose des maisons et du enfans Page 546 

territoire en faveur des dé' Leur fille Mathîlde est mariée 

fenseurs du château. Ibid. k. l'empereur d'Allema- 

H^e se retire au château, du gne M'] 

Loir I^id. Caractère de Guillaume leur 

Le roi assiéee Mayet. . . 334 fils Ibid. 

Il veut comuoler le fossé. Gon- Henri le marie à la fille du 

seil donné par Robert de ' comte d'Anjou 548 

Belléme Md. Guillaume Adelin vient à Bar- 

Le Roi donne en riant un fleur s'embarquer pour l'Ân- 

ordre qui est mal interprété gleterfë Ibid. 

par ses soldats 335 Naufrage et mort de ce prÎBce 

Son armée se débande. Ibid. et de tous ses compagnons 

Le Roi est obligé de lever le de voyage 349 

siège 336 Un boucner de Rbuen parvient 

Il revient au Mans. . . IbiH. seul à se sauver. . . . 35o 

Ravages exercés par les Nor- Tous les autres navires arri- 

mands 33^ vent heureusement en An- 

Le comte Héli'e tombe dans gleterre Ibid. 

une embuscade, et est fait i^ ^^i envoie dans tous les 

prisonnier. ..^, . .Ibid. ports chercher des nou- 

Le Roi 1 envoie à Rouen pour ^^n^^ jg son fils. . . . 35i 

y être renfermé. ... Ibid. ^ nouvelle du naufrage de la 

Ses diseurs à ses gw-- Blanche-NeX arrive en An- 

diens. . . . . . . . . .005 gleterre Ibid. 

Le Roi lui rend la liberté , en |^ ,^ ' d Ro* ' Ssi 

lui recommandant de ^e gorEshal, oiriliaiile de 

pas s exposer à retoml«r T^^^rviUe , l'engage i 

dans ses mams 30Q u •• ^ * ia 

t xy • M, ^ AI- vamcre son abattement, la. 

Le Roi retourne en Angle- , Vi . i. . i i. 

* ^ / jj Le Roi dissunule son chagrin , 

Il séjourne à' Winchester, et «* se détermine à prends 

va à la chasse , oii Gaultier ^®^ ahmens ôM 

Tyrel le tue par acci- Henri renvoie honorablement 

dent. ........ Ibid. ^^ jeune veuve au comte 

Prédiôtion de cet événement d'Anjou son père. . . Ibid. 

faite à Henri par une vieille On veut la remarier; mais elle 

femme 34a refuse , et prend le voile à 

Henri apprend la mort de son Fontevrauïd , dont elle de- 
frère 343 vient abbesse 354 

Enterrement de Gkdllau- Robert revient des saints lieux 

me 344 ^vec sa femme SibyUe. 355 

Fuite de Tyrel Ibid. Il en a un fils nommé Guil- 

Couronnement de Henri. /&fW. laume Ibid. 



DES MATIÈRES. 43„ 

Robert se r^met en possession Mm enfinson courroux éclate' 

de a Normandie, Page 356 et il confîsquriesXSes 

n reclame contre! usurpation de Guillaume. . P^e ^ ' 

de la com-onne d Angfeterre Les plaintes de ces harTns dl 

par son frère Ibid. teminent Robert Tlut 

Il assemble une armée , et trouver son frère. . 368 

vi^t députer le royainne Le Roi entre dans une gn^nde 

Le: "S: • frère; sitiendït S^ï dt "^ "^^T "^ ^^ ^- 
mutueUement. . . S ""ff ^"^ '""^ ^'*^''^' et veut le 

Préparatifs pou; ie' Sml Co^'T^'ff/"^". * * ^^'^• 
bat. . 358 ^^°sc" différent donné par 

Aucun des deuifrèr^ ne veut , ^^bert de Meulan. . . Jôg 

ni reculer ni engager le com- ^ ®PP^«ve son projet, 

hsit' ^ ....:... J^rf „Ç*^P»rt pour l'exécuter. /^. 

Répugnance des barons à se " ^* trouver le Duc , et lui fait 

Battre contre leurs plus pro- ^^^ *^* terribles consé- 

cbes parens J&£d quences que peut avoir son 

Ils tâcbent de réconcilier Ro^ ^ wapnident voyage. . . 370 

bert et Henri 35o Epouvante du Duc. Il vou- 

Robert de Belléme et plu- drait, mais vainement, re- 
sieurs autres seigneurs s en- tourner immédiatement en 

tremettent pour réconcilier Normandie. 37, 

les 4eux frères. .... 36o ^ demande conseil à Robert 

Leurs discours au duc Ro- ^® Meulan /^/rf. 

bert. ......... 36i Daprès l'avis de ce seigneur , 

Conditions de 1^ paix. . . 362 u se détermine à offrir à la 

Retour du. Duc en Norman- Reine la rente que lui faisait 

aie 363 Henri'. 3^2 

Ressentiment du Roi contre Cette démarche apaise le cour- 

les seigneurs qui avaient ap- roux du Roi. Discburs que 

pelé son frère. . . . TJiV/. lui tient le Duc. . . . Ibid 

Il confisque leurs domaines si- Le Roi le prend au mot et 

tu^ en Angleterre 364 cesse de lui faire aucîme 

Flaintes des barons à Robert rente. ... 3«/ 

sur ce qu'ils ont perdu pour Retour du Diic.' Ses* regrets sur 

s être attachés k lui. Ûijdl- l'inutaitéetleslâcheSsescon- 

laume de Waumeri joint ses séquences de son voyage Ib. 

pkintes aux leurs. . . 365 Ces regrets se changent en 

Anciens sujets de haine ou'il ressentiment et en désir de 

avait doiinés au Roi. ibid, vengeance. '. . . . 375 

Plaisanteries sur son goût pour Représailles exercées sur les 

la chasse. . . . .366 portions de la province qui 

Henn dissimule d abord par appartenaient à son frère. /& 

considération pour son Plaintes de Henri. . . . . /^. 

^^^^^ 367 Le Duc élève des prétentions 



438 



TABLE ANALYTIQUE 



sur Domfroùt et le Coten- 

lin. .•...- . Page ^'j5 

Discours d'un cheyalier-à l'ap- 

Eui des réclamations du 
lue. . 376 

Le Roi refuse de faire droit k 
ces réclamations. . . . 378 
Retour en Normandie des en- 
voyées du Duc Ibid. 

Robert se prépare a la euerre , 
et défend a ses sujets de 
passer en An|^eterre, ainsi 

Sie d'entrer au service de 
cnri 375 

Il interdit également l'entrée 
de la Normandie aux An- 
glais . . , '. Ibid. 

Clommencement de la guerre 
entre les deux frères. . 38o 

Le Roi arrive en Normandie, 
-et y apporte de grands tré- 
sors pour corrompre les su- 
jets de Robert ..... Ibid, 

Effroi de la population nor- 
mande , et précautions con- 
tre le pillage 38i 

Le Roi y au moyen de ses tré- 
sors, fait beaucoup de re- 
crues parmi les Manceaux , 
les Angevins et les Bre- 
tons. Ibid. 

Mauvais état des finances du 
Duc. . . . 382 

Il fait réparer ses châteaux et 
forteresses Ibid. 

Travaux de ce genre à 
€aen Ibid. 

G>ntributions arbitraires qu'il 
impose aux riches bour- 
geois pour acquitter la solde 
de ses troupes .... Ibid. 

Mécontentement des bour- 
geois. Mesures qu'ils pren- 
nent pour se soustraire k 
ces contributions. . . . 383 



Lidolence et paresse du 

Duc. :,..... Page 383 

Ces défauts résistent à toutes 

les remontrances. . . . 384 

Grandes promesses suivies de 

peu d'effet Ibid. 

Roger de l'Aunay est mis par 
le Duc à la tête de son armée 
et de ses finances. . . Ibid. 

Sîége de Bayeux Ibid. 

Réunion des principaux guer- 
riers des deux armées près 
des murs de la ville. . 585 

Un nouveau chevalier au ser- 
vice du Roi y pommé Brun, 
Sorte un défi aux guerriers 
u Duc Ibid. 

Robert d'Argouges accepte le 
défi. 586 

Tout le monde fait place aux 
deux combattans. . . . 387 

Us courent l'un vers l'au- 
tre. . . 388 

Robert d'Argouges est ébranlé 
par la viownce du coup qu'il 
reçoit ihid. 

Il tue son adversaire. . Ibid. 

Regrets universels causés par 
ce tragique événement. 089 

Lamentations des serviteurs 
de Brun 3id. 

Ressentiment du Roi contre 
Rpbert d'Areouges. . . Sgo 

Vigoureuse défense des hàbi- 
tans de Bayeux et de Roger 
de l'Aunay, leur comman- 
dant Ibid. 

Robert Fitz-Haimon est surpris 
par les soldats du Duc à Si- 
quevilie Sgi 

U se réfugie dans le clo- 
cher : . Ibid. 

On y met le feu> et il est obligé 
de se i^endre .... ; Ibid. 

n est conduit dans la ville aux 
huées du peuple. . . . 393 



D£S MATIÈRES. 4^9 

Le Roi réclame l'aide du comte Lears parens et lears voisins 

du Maine pour terminer le prennent part à la trahi- 

siège ^^^ ^93 son ^^g^ 4oo 

Us mettent le feu aux maisons, Le jardin oii elle fut con- 

qui toutes sont consumées, sommée est frappé de sté- 

ainsi que la cathédrale et les rilité 4o2 

autres éghses. ..... 3q3 Qn conseille au Duc de quitter 

Grand pillage exercé par les Caen pour se soustraire aux 

Mapceaux. Sgi suites de cette trahison. Ib. 

Abandon comj^et des campa- Retraite du Duc Ib. 

gaes^situées entre «ayemc et n laisse piller ses bagages. 4o3 

TT v"' î- * j '/-•**' * ' i Le Roi assiège Tinchebray , 

Dndjevalierde Caen nommé ^j^^^^ appartenant iù 

Thiem est pns à Cagny ^^^^^ j^ jj-i-^j^ ^^^ 

avec plusieurs autres, par t t% ^ 1 

Robert de Saint-Remi. Ls Le Duc et le comte rasscm- 

VaiUante défense de Thi^- blent leurs forCçs pour aller 

ri 3q6 ravitailler la place. . . Ib. 

Robert de Saint-Remi conduit BataïUe de Tinchebray. . 4o5 

ses prisonniers à Thorigny, Le Duc et le comte sont faits 

et les vend à Robert Fitz- pnsonmers, Ibid. 

Haimon 397 Leurs vassaux les trahissent et 

Robert Fitz-Haimon va trou- les abandonnent. . . Ibid. 
ver le Roi 398 Le Duc et le comte sont en- 
Entrevue de Robert et du voyés en captivité en Angle- 
Roi Ibi% terre 4o6 

Robert offre au Roi de s*em- Le Duc est confié à la garde 

Sarer de Caen par le moyen de Robert de Glocester, fils 

e ses prîsonmers . . iBid, naturel du Roi 407 

Le Roi lui promet, en récom- Il meurt, et est enterré à Glo- 

pense , la châtellenie de cester Ibid. 

Caen et beaucoup d'autres La captivité du comte de Mor- 

ehoses 399 tain dura autant que la vie 

Convention $ecrète entre le du Roi Ibid. 

Roi et les prisonniers. 399 Conclusion du poëme. Ibid. 

Délivrance des prisonniers : L'auteur se plaint de ce que 

ils donnent des otages pour Henri 11 ne^ lui a pas tenu 

cacher leurs desseins. Ibid. toutes ses promesses. . 4o8 



FIN DE LA TABLB ANALYTIQUE DES MATIBKES DU TOME SECOND. 



TABLE GÉNÉRALE 

DKS 

NOMS DE LIEUX , D'HOMMES ET DE FÀMIIJLES , 



MBNTIONHXS 



DANS LE ROMAN DE &OU. 



A. 

ABÈBriLLB, ville da département de la Somme. Harold y est 

retenu prisonnier par Guy, comte de Ponthieu; tome u, 

page III. -^Enstache d'Abbeville fait partie de l'armée 

nora^ande à Hasdngs; a38. 
Abillant,' lieu anjourd'hoi inconnu; i, ao. 
Adàle, fille de Guillaume- le^Ck)nquérant et de Matiiilde, 

épouse Etienne 9 oomte de Chartres; 119 S^. -— Le duc 

Guillaume la pn^ose en mariage à Harold ; 112. — Ce 

projet dé mariage est rompu; 1-24. 
AzdA (Eagenulfe de T), assiste à la bataille d'Hastings; u, 24 1 . 
AmaT, vicomte de Thouar», est cité parmi les guerriers 

rassemblés à Saint-Valery pour l'expédition d'Angleterre; 

II y i4sk- — Admire la belle tenue du duc Guillaume; 194. 
. «-^ Partage le commandement du deuxième corps d'année 

avec Alain Fergant; 199. -— Assiste à la bataille d'Has- 

tîn^; 34^- *— Combat vaillamment; 273. 
AxAiN, Barbe-Forte; i, 96. — Se révolte contre Guillaume- 

Longue-Epée; io4- -—Se sauve en Angleterre fio5. 
AxAiH y comte de Bretagne , fils de GeofXrpy et d'Edwige; i , 

377. —^ Ses divisions avec Robert, duc de Normandie; 

385. -~ Vient ravager TAvranchin ; 387. «^ Est mis en 

déroute par Néel de Saint-Sauveur et Auvray-^le-Géant ; 



44^ TÂfiL£ GÉNÉRALE 

390. «- Ses possessions 0oiit ravagées par Robert et par 
Tavel; SgS. — Son oncle Robert, archevêque de Rouen, 
le réconcilie avec le Duc ; ibid, — Il est établi sénéchal de 
Normandie, meurt empoisonné, et est enterré à Fécamp; 
4o3. 

Alain Fergant , comte de Bretagne » vient au secours du duc 
Guillaume; n, 142. — Partage le commandement du 
deuxième corps d'année avec Aimery de Thouars, à la 
bataille d'Hastings ; 1 99. — - Ses exploits^ 27 1 . 

Alençon, chef-lieu du département de l'Orne. Le comte du 
Maine ravage son territoire; i, 249* — La ville est confiée 
à Guillaume de Bellénie, qui se révolte, est forcé de se 
soumettre, et réintégré dans son comnuMidement; 378. — 
GeoiEfroi Martel s'empare d'Alençon; Uy 4^- — -* Guillaume 
vient assiéger la ville ; 49* — Les gardiens de la tête du 
pont rinjurient; 5o. *- Veageànfie éa Duc; Sa, — > La 
garnison du châlieau capitule; S). 

AxBXAiTDRs, dit le Grand; réflexions sur sa vie; r, 3 , 4, 370. 

Alfred, fils d'Éthelred et d'Emma ; i, ^77. — Qidtfce l'An- 
gleterre avec sa famille; 3^7. -^ Le duc Robert envoie 
Une expédition pour que Kanut lui lende l'Axigleterre; 
39a. — Son arrivée à Douvres; n, 66. — Il est trahi par 
Godwia, Herald lui fait crever les ycax, puis ii est mis 
à mori;; 67. 

Aux ou AnsitAÏs^ fiUe de Richard n et de Judith, est mariée 
à Rainaud'9 comte de. Bourgogne; x, 35aé — -* Vient trou- 
ver Richard pour qu'il. fasse cesser, la captivité de son 
mari; 366. 

AUemagme, pvès.Caen. Les Normands 'reb^es bms es dé- 
route à la bataille du Val-des-Dunes, passent dans ses 
envintins; u, 4». 

Jlméffe, rivière da. royaume des Pays«Bas; i, 58;. 

Ambrièrei , près Mayenne , diâteftii construit par le d«e Guil- 



DES NOBIS DE LIEUX, D'HOMMES, etc. 443 

laiime; u, 58. — Geofiroi Martel cherché, mais en vain, 
à s'en emparer par ruse ; 82. 

Amiens y chef-lieu du département de la Somme; i, i34- — 
Les armées de Loitis et d'Othon sont poursuivies par les 
Normands jusqu'à cette ville; ao8. — ^abitans d'Amiens ; 
249^ — Sont désignés par le rèi de France pour entrer en 
Normandie par 4e Beauvoisis ; n , 7 a. 

AndeUcy rivière du département de l'Eure. Les armées de 
Lous et d'Othon se reposent une nuit sur ses rives ; i, 1 99. 

Angleterre (F), appelée d'abord Albion, et ensuite Breta- 
gne^ I, 5. — Arrivée de Rollon; 48. — • Rollon refuse 
d'accepter la moitié de ce royaume ; 7 1 • — Extermination 
des Danois établis dans ce pays; Sa3. — Guillaume-le- 
Conquérant va y visiter le roi Edouard; n, 99. . 

Anisyy près Caen. La jeunesse de ce lieu assiste à là bataille 
d'Hastings; n, 234> 

Ajtjou (le comte d'), eàt volontiers épousé la soeur de Guil- 
lanme-Longne-Épée; x, 117. • 

Anquztil. Wace a entendu dire que Guillaume-Longue- 
Épée le fit tuer par ruse; i^ 107. 

Anslegh {Ancel ou Hanlet), l'un des trois seigneurs ritetés 
fidèles à Goillaume-Longue^Épée; i, 109. *- L'un de ceux 
auxquels Louis d'Outre-Mer promet de venger la mort de 

ce Duc ; 1 47- 
Andoche. Robert Courtè^euse entend parler de la prise de 

cette ville ; n^ 3ao. — Il s'y rend; Baa. 
Ardepon, commime voisine de Pontorson;'n, 3 14* 
Argenees, bourg à quatre lieues de Caen. Le duc Guillaume 

y rassemble ses troupes; n, ^7. — Le chevalier Thierri 

est pris dans les environs avec plusieurs des siens; 396. 
Argentan y ville du département de l'Orne, brûlée et détruite 

par Henri i«', roi de France; 11, 6. — Fournit des soldats 

à l'armée normande à Hastings; 234* 



444 TABLE GÉNÉRALE 

AaGpVGES (BeObert d') accepte le défi du dievalier Bnui;u, 
386. — Tue son adversaire; 388. 

Aenoul iTy comte de Flandre, enlève à.Herldin le château 
de Montreuil; i, 129. — Ami de Hilguesrle-<3rrand ; i3o. 
*— Son ressentiment à Tégard de Guillaume-Longue-Épée; 
1 34. — Il lui demande une entrevue ; ibieL — Guillaume 
lui accorde la paix; 137. — Fait assassiner .Guillaume par 
Fauces; i38. — Gagne Louis d'Outre-Mer par des pré- 
sens; 148. — Ses envoyés proclamant son innocence de 
l'assassinat de Guillaume ; 1 49- — H conseille au Roi de 
partager la Normandie avec Hugues; i63. — Sollidée le 
roi de France , puis Othon, de combattre Richard; 198. 

— Othon, irrité contre lui, veut le livrer à Richard; mais 
ses barons l'en empéchcsit; 21 3. — Prend la fuite; ai 5. 
-— Son départ jette l'effroi dsms le camp d'Ot\ion et de 
Louis; 2x6. 

A&irouLy deuxième du nom, comte de Flandre, s'oppose 

inutilement à l'élévation de Hugues Gapet au trône; i, 296. 

Arques, chef- lieu du comté d'Arqués ou de Tàlou; x, 249. 

— Guillaume, seigneur de ce comté, fait construire le 
c]|âteau ; u , i o. —r II est investi et bloqué ; 1 1 • — Henri i*% 
roi de France^ chercheen vain à le ravitailler ; 12.^ — Le 
comte capitule; 16. 

Arques (Guillaume d'), fils de Richard n et de Papie, comte 
de Talou (Arques) ; i , 353. — Il -se révolte contre le duc 
Guillaume , son neveu ;. 11 , 9. — Fortifie Arques , et s'allie 
avec Henri, roi de France; 10. —> Le Roi vient à son 
secours; mais il est repoussé par les Noi;mands; 12. — Il 
capitule, et se retire en France; 16. 

Arras y chef-lieu du. département du Pas-de-Calais. Louis 
d'Outre-Mer promet d'assiéger cette ville; i, 147. — Elle 
est prise par Hugues Capet, 296: 

Artur, nom d'une des portes de la ville de Caen; 11, 40^ 



DES NOMS DE LIEUX, D'HOMMES, etc. 445 

AsGELiN, fils d'Arthur, réclame le terrain où Guillaumé^le- 
Conquérant va être enterré; ii, 3of. — Se désiste de sa 
rédamadson moyennant soixante sous; 3o3. 

AsNEBEc (le sire d') assiste à la bataille d'Hastings; u, 264. 

AsiniBES (Gilbert d') assiste à la bataille d'Hastings; 11^ ii53« 

Asrazy cri de guerre des Flamands; i, a38. ' 

Athelstait (Alfi^d-le-Grand), roi d'Angleterre, fait la paix 
avec RoUon; i, 5i. — ^ Il demande du secours à RoUon; 
69. — Recommande Louis d'Outre-Mer, son neveu, à 
Guillaume-Longue-Épée; 114. 

AuïBiGNT (le sire d'), échanson du duc Guillaume, assiste à 
la'bataille dllastings; u, 242. 

Aagc (le pays d' ) ; i , 1 74 , 249. — Le duc Guillaume y lève 
des soldats; 11, 27. -^ Une armée française se dispose à y 
entrer; 73, 

AuLKAT (le sire d'), assiste à la bataille d'Hastings; n, 267. 

AuwAT (Roger de 1') , est mis par Robert Coii^rte-Heuse à la 
tête de sou armée et de ses finances; n, 384* — Gouver- 
neur de Bayeux, il fait une vigoureuse défense; 390. 

AunotT (Foulques d'), assiste à la bataille d'Hastings ; n, 236. 

Aurigny (File d'), pillée par Hastings; i, 21. 

AuviLLERS (Je sife d'), assiste à la bataille d'Hastings ; 11, 264. 

AuvBÀi-LE-GiANT. Lc duc Robcrt lui confie la garde du châ- 
teau élevé sur le Coisnon; i, 386. —7 II excite à la défense 
les barons du pays; 388. — Survient vers la fin du colnbat 
et assure la victoire aux Normands; 390. — Prend l'ha- 
bit monastique à Cerisy; ii, 17. 

AvrancheSy appelé autrefois Ausonia (In^ena); 1^267. ^ 
Le duc Guillaume mande lès soldats de cette ville; n, 74. 

— Harold y vient trouver Guillaume ; 262. — Henri y re- 
çoit l'hospitalité chez Hugues, comte d'Àvranches; 3 12. 

— Guillaume-le-Roux y établit son quartier-général; 3 14. 
AvRANCHES (Hugues, comte d'), reçoit Henri, fils de Guil- 



446 TABLE GÉNÉRALE 

laume-le-Conquéraot, ..et lui conseille de se fortifier au 

Mont-Saint-Micbel ; n, 3i2* 
AvRAKGHEs (Richard, vicomte d')^ assiste à la bataille d'Has- 

tings; n, 242.. 
Avranchin (pays d'Avrancbes) ; i, 174 » a49* — - Ravagé par 

Alain, comte de Bretagne ; 387. 
Avre (T), rivière qui sépare les départemens de l'Eure et 

d'Eure-et-Loir. Richard 11 donne à Eudes, pour dot, les 

terres situées entre Dreux et cette rivière; i, 334. 

B. 

Bafylone, ville ruinée de la Turquie d'Asie, sur l'Euphrate; 
I, 2, 269. 

Balon; ville du Maine. Robert, fils de Guillaume de Belléme, 
y meurt en prison; i, 38a. 

BaonS'le^Comte ( les ) , près Yvetot. Guillaume-Ié^onquérant 
traverse ce lieu pour se rendre à Arques; n, i5. 

Barbet (la Motte), nom du château du Mans, reconstruit 
par Guillaume-le-Roux ; n, 333. 

Barfleur, ville du département de la Mamche. Débarquement 
de la flotte d'Éthelred , roi d'Angleterre ; i , 3 1 8. — - Edouard 
part de ce port avec une flotte pour se rendri en Angle- 
terre; lï, 65. — Arrivée de Guillaùme-le-Roux; 33 1. — 
Guillaume Adelin^ vient s'y embarquer; 348. 

Basboia^, près Dives. Henri i**", roi de France, découvre 
de cette hauteur les désastres de son armée; n, 93. 

Bataille (abbaye de la). Harold vient camper avec son ar- 
mée sur le lieu où l'abbaye fut construite; n, 168. — Sa 
fondation par Guillaume-le^onquérant, a88. 

Bath, ville du comté de Somerset en Angleterre. Ses ba- 
rons font partie de l'armée d'Harold; ii, ao2. 

Bathilde, reine de France, fondatrice de l'abbaye de Ju- 
mièges, i, 17. 



DES NOMS DE UEUX, D*HOMMES, etc. 447 
Bathilde d'Espagne; I9 107. 
BATHitDE (Emma), fUle de Hugues-le-Grand , épouse Ri> 

BAUDonm m, comte de Flandre; i, aSo. 

BAUDOuisf IV, comte de Flandre, épouse Aliénor, deuxième 
fille de Richard n et de Judith ; 1, 352. 

Baudouin y, comte de Flandre. Sa fille Mathilde épouse 
Guillaume-le-Gonquérant ; n, 58. — - Ce prince réclame 
son assistance pour la conquête de l'Angleterre; 187. 

Bavera (commune près Troam); i, 184. — Le duc Guil- 
laume conduit un corps de troupes par la vallée voisine 
de ce lieu; n, 89. 

Bayeuxy ville du département du Calvados. Est bloquée par 
les Normands; i, 66. —'- Ravagée par eux; 68,^164. — 
Richard 1" y tombe malade; 299. — GuilIaume-le-Con- 
quérant traverse cette ville pour se rendre à Arques; 11, 
i5. — Une portion des biens de Grimoult du Plessis est 
donnée à la cathédrale; 46. — Fondation d*un hôpital par 
Guillaume-le-Conquérant ; 60. — Siège de la ville par 
Henri i*'; 384* —Vigoureuse défense des habitans; 890. 
— La ville est réduite en cendres; 393. 

Beaufoû (Robert de), assiste à la bataille dUastings; n, a36. 

Beaumont-sur-Oise y près Pontoise. Les soldats de cette com- 
mune sont désijgnés par le roi de France pour entrer en 
Normandie par le Beauvoisis; u, 7a. 

Beaurain, village sur la Gauche, près Besoin. Harold y est 
envoyé par Guy; n ^ 1 n . 

Béarnais, chef- lieu du départemait de TOise. Rendez-vous 
de Brunon et de Richard ; i, aaa. — Anecdote d'un cou- 
telier de cette ville qui apporta deux couteaux à iBlobert, 
duc de Normandie; 877. -— Une armée française entre en 
Normandie par le Beauvoisis; u, 72. 



443 TABLE GÉNÉRALE 

Bec-^uj>-Cauchois y commune de rarrondissement ànvetot, 
résidenoedeToastain, filsdéRollon-le-Blanc; n, 198,271. 

Bedford, chef-lieu du comté de ce nom. Ses barons "font 
partie de Farmée d'Harold; u, doa. 

BeUêmey ville du département de l'Orne; z, 249. — Guil- 
laume Talvas s'en empare; 38a. — Elle est prise par Geof- 
froi Martel; n^ 47. 

Belléxe ( Guillaume de ) , premier du nom , se révolte contre 
Robert; i, 378. — Se soumet, et le Duc lui rend le diâ- 
teau d'Alençon ; 379. -—Ses enfans; 38o. — Sa mort; 38 1. 

Bellême (Guillaume de), deuxième du nom, dit Talvas; i, 
38o. — Reste seul héritier de toute sa famille; 382. — 
Voit GuiIlaume-le-<]:onquérant encore enfant, et prédit le 
mal qu'il fera à sa famille ; 399. 

Belleme (Fouques de), fils de Guillaume de Belléme. Porte 
les armes contre le duc Robert, et est tué dans un com- 
bat; I, 38o. 

Belleme (Robert de), fils de Guillaume de Bellcme. Porte 
les armes contre le duc Robert, et est obligé de prendre 
la fuite; i, 3 80. — - Meurt en prison à Balon; 382. 

Belléme (Robert de) , fils de Roger de Montgomeri. Ressm- 
timent de Henri tF' contre lui; n, 364. 

Belléme (Robert dé). Conseille à Guillaume-Ie-Roux de 
combler le fossé du château de Mayet; n, 334. — Cherche 
à réconcilier Robert et Henri; 359. — Ressentiment de 
Henri contre lui; 364. — Son corps d'armée ne donne 
pas à la bataillé de Tinchebray ; 406. 

Benoît de Sainte-More , trouvère anglo-normand , contem- 
porain de Wace; 11, 407. 

Bérangier (le gué) ; 11, ^9 — 3o. 

Beeenger, comte de Bayeux; i^ 67. -* Est père de Pope, 
maîtresse de RoUon , 68. 

Berenger, comte de Bretagne; i, 93, 96. — Se révolte 



DES NOMS DE LIEUX, D'HOMMES, etc. 449 

contre Guillaume-Longue-Épée; 104. -^ Fait sa. paix avec 
leDuc;'io5. 
Berenton (la fontaine de), prend sa source dans la forêt de 

Brecheliant; n, 143. 
Berkshire y comté d'Angleterre. Ses barons font partie de 

l'armée dUarold; 11, aoa. 
Bte&NAKD DE Saint-Valeet, assîstc à la bataille d'Hastings; 

n, 271. — Note sut sa famille; ibid, 
Beevaed de Senlis , reçoit Richard dans son château ; i , 161. 
— Le conduit à Senlis; 1 63. — Ses reproches à Hugues , 
qui lui manque de parole; i65. — Hugues lui fait une 
promesse conditionnelle; i66< — Son entrevue avec Ber- 
nard-le-Danois ; 167. — Son zèle apparent pour le Roi; 
170. —Discours artificieux qu'il adresse à Louis; 171. — 
Séduit le Roi par ses conseils; i74' — Indispose Louis 
contre Hugues; 175. — Son entretien. avec Hugues; 177. 
— ^ Il lui prédit que Richard recouvrera l'amour des Nor- 
mands; 178. — Il amène Richard à l'entrevue des rois de 
France et deDanemarck; 192. 
Beenaed-le-Danois, l'un des trois seigneurs restés fidèles à 
Guillaume-Longue-Épée ; ï, 109. — Relève le courage 
abattu de ce Duc; 1 10. — Richard lui donne de grandes 
richesses, et la juridiction du duché; 141- *— Osmont 
l'informe de la ruse de Louis d'Outre-Mer; 1 43.— Il con- 
seille à Louis de relâcher Richard ; 1 45. — Le Roi lui 
promet de punir Amoul; 14 7- — Son entrevue avec Ber- 
nard de Senlis; 167. — H conseille aux Normands de se 
soumettre à Louis d'Outre-Mer; 169. <— Sa femme et ses 
biens sont donnés à un courtisan; 178. — Son désespoir 
et celui de sa femme; 180. — Ses intelligences avec Ha- 
rald; i83. — Il dissimule sa joie.; i85. •— Conseille à 
Louis d'avoir une entrevue avec Harald; 186. — Conduit 
à Rouen le roi de France prisonnier; 18^. 
II. 29 



45o TABLE GÉNÉRALE 

Bbaitard-le-Lombard* Moyeu qu'il ' emploie pour arriver 
jusqu'au duc Bichard n^ i, 358. — Il est enterré à Cher- 
bourg; 364. 

Berry-y province de France. Ses soldats sont désignés par le 
Roi pour entrer en Normandie par Mantes ; n^ 73. 

Beetrai^d, fils de Peleit (ou le fils de Bertrand de Peleît)^ 
seigneur breton, fait partie de l'armée normande à Has- 
tings; II, 143. 

BerteaUd (Robert) , dit le Tort ^ assiste à labataille d'Has- 
tings; n, 248. / 

Besançon , chef-lieu du département du Doubs. Le duc Ro- 
bert y passe pour aller à Jérusalem; i, 404. 

Bessin; i, 67. — Ravagé par Geoffroi Martel et Henri i", 
roi de France; n, 88. 

Bethléem, ville de Palestine. Le duc Robert y visite la crèche 
de Jésus-Christ ; i, 4 1 3. 

BiARDS (Guillaume Avenel, seigneur des), assiste à la ba- 
taille d'Has tings,; 11, 24^9 ^47' 

BiEE ou Bioem-Gote-de-Fer, fils de Lotroc , roi de Dane- 
marck; I, 8. — Il reçoit l'ordre de quitter son pays; ik 
: — Fait ses dispositions pour le départ; i a. — ^ Son arri- 
vée en France; i3. — Ravage le Cotentin; 19. — Après 

. avoir exercé de grandes cruautés en France, il projette 
d'aller à Rome; 23. 

Bigot ( Roger )^ seigneur de Mal tôt , des Loges et de Canon, 
sénéchal de Guillaume, assiste à la bataille d'Hastiogs; 
n, 257. 

Blavon (la forêt de). Les deux frères Robert et Fouques de 
Belleme y sont poursuivis par Robert, duc de Norman- 
die; I9 38i. 

Blois, dief-lien du département de Lmr-et-Cher.' Ses envi- 
rons sont ravagés par les Normands ; i » 90. -«- Ses sddats 



DES NOMS D£ LIEUX, D'HOMMES, etc. 45i 

. sont désignés par le Roi pour entrer en Normandie par 
Mantes; a, 7^. 
BoHON (Onfroi, seigneur de), assiste à la bataUle d'Has-r 

tings; u, a4o. 
BoLSKC (Luee de), a$siste à la bataille d'Hastings; n, 954. 
BoNiTEBOSQ (le sire de), assiste à la bataille d'Hastings; ii, a55. 
BorbiUon, moulins de ce nom établis sur l'Orne; 11, 49. 
Boshapi,' village du oomté de Sussex. Harold s^y embarque 

pour passer en Normandie; 11, 109^ 
BOTOF , seigneur normand ; i, 68. •— <- Comte du Bessin ; 1 09. 
«— S'indigne de la faiblesse de GuiUaunie-Longue-Épée, et 
le détermine à combattre; 1 10. -^— Il est envoyé à Fécamp 
par le Duc , afin d'y voir son fils; 1 1 3. 
Bouiogne-nSur'Mer, ville du département du Pas-de-Calais. 
Les soldats du Boulonnais font partie du premier corps 
de l'armée de Guillaume à Hastings; ix, 199. 
Bourges, chef-lieu du département du Cher. Ses soldats sont 
désignési par le roi de France pour entrer en Normandie 
par Mantes; n, 73. 
Bourgogne y province de Franee; i, ^67. — Gui y retourne; 

n, 44. 
BouTTXvnxADi (le sire de), assiste à la bataille d'Hastings; 

u, a6o. 
Brai (pays de). Ses soldats, commandés par Hugues de 

Goumay, assistent à la bataille d'Hastings; n, 341. 
BreeheUant (la forêt de). Ses merveilles; n, t43. 
Brehal, bourg du département de la Manche^ Ses soldats. 

combattent à Hastings; n, 249. 
Bretagne, province de France. Était .appelée Jrmorique; i, 
5. — * Ravagée par les Normands; aa. — Départ des Nor- 
mands; a4. — Douleur des Bretons à la mort de Guil- 
laume-<Longue-Épée; 139. — - Les Brét<ms font partie du 
deuxième corps d'armée à la bàtj^lle d'Hastings ; n, 199, 



45a TAJBLË GÉNÉRALE 

BreteuUy ville du département de TEure. Ses archers crèvent 
lés yeux à un grand nombre d'Anglais à la bataille d'Has- . 

tings;n, a49- 
Breteuil (Guillaume de), fils d'Osbem, sénéchal de Guil- 

laume-le-Conquéranty est envoyé vers Geoffroi Martel par 
le Duc^ n, 54- — Conseils qu'il donne à l'occasion du 
couronnement d'Harold; laa. •— Il fait partie de la pre- 
mière assemblée tenue relativement à l'expédition d'An- 
gleterre; ia6. -•— Engage par supercherie les barons nor- 
mands dans cette expédition ; 1 3o. — Vient avertir Guil- 
laume de s'armer; 191. — Commande le premier corps 
d'armée avec Roger de Montgomeri à la bataiUç d'Has- 
tings; 199. 

Brie (la). Les soldats de cette province sont désignés par le 
Roi pour entrer en Normandie par le Beauvoisis; n, 7a. 

Brieuxy commune près Falaise. Ses soldats combattent à 
Hastîngs; n, 249. 

Briormcy ville du département de l'Eure. Donnée à Gui, fils 
de Renaud i*', par le duc Guillaume; 11, 19. — Guise 
réfugie dans le château après la bataille du Val des Dunes, 
et est assiégé par le Duc; 43. — ' Capitule; 44 « 

BauGOURT (le sire de), assiste à la bataille d'Hastings; n, 367. 

Brun, chevalier lau service de Henri i^', porte un défi aux 
guerriers de Robert Courte-Heuse ; 11, 385. — Sa mort; 
388. 

Brunon, fils de Henri-l'Oiseleur , archevêque de Cologne; 
I, 2ai. — Invite Richard à une entrevue à Beauvais; aa2. 
-— Est blâmé par le pape de sa conduite envers Richard ; 
aa4. 

Bruschumport , lieu qu'on pense être aujourd'hui Bràchamp; 
I, 21. 

j^kingham, comté d'Angleterre. Ses barons font partie de 
l'armée d'Harold ; 11 , 2Qa. 



DES NOMS DE LIEUX, D'HOMMES, etc. 453 



c. 



Cabourg, eommune du. département du Calvados; ii, 98. 

Caen, chef-lieu du département du Calvados. Guillaume-le- 
Conquérant traverse cette ville pour se rendre à Arques; 
II, i5. *- Fondation d'un hôpital et de deux abbayes par 
ce Duc; 60. t- Le roi de France et Geoffroi Martel y 
passent TOme; la ville était alors sans fortifications; 89. 
— * Fondation de l'abbaye de Saint-Édenne par Guillaume, 
et de celle de la Sainte-Trinité par Mathilde sa femme; 96. 
— - Enterrement de ce prince ; 3oo* — La ville est fortifiée 
par Robert Courte -Heuse; 38a. —7 Henri i^ s'en empare 
par trahison ; 40a. 

Cagnjr, commune voisine de Troam. Le chevalier Thierri 
y est fait prisonnier par Robert de Saint-Remi ; 11 , 396. 

Cahagnbs (le sire de.), assiste à la bataille d'Hastings; 11, 
a54. Foyez les additions et corrections. 

Cauxi (le sire de), assiste à la bataille d'Hastings; 11 , 249. 

Cantorbéry, ville du comté de Kent. Ses barons font partie 
de l'armée d'Harold ; 11 , aoa^ 

Cardiff, port du pays de Galles , où fut renfermé Robert 
Courte^Heuse ; 11 , 407 . 

Caresce ( Charmez) ^ nom d'un château bâti par le duc Ro- 
bert ; 1 , 386. Foyez les additions et corrections. 

.Ca&te&st (Mauger de), asâste à la bataille d'Hastings; 11, 

a4o. 
Cabteket (Onfroy dç), assiste à la bataille d'Hastings; 11 , 240. 
Céuidebecy ville du département de la Seine - Inférieure. 

Guillaume-le-Conquérant y passe pour se rendre à Arques ; 

II, 1 5. 
Cmtx (pays de), dans le département de la Seine-Inférieure; 
1, 1 64 , 249. — Le duc Guillaume y lève des soldats; 11 , 27 . 



454 TABLE GÉSn^EUULE 

— Une armée française se dispose à entrer dans ce pays 
et à le ravager; 72. — Ses dbeyaliers se distinguent à la 
bataille d*Hastings ; a6a. 

Cécile, fille de Guillaorne-ie-Conquérant et de Mathilde, 
est abbesse de la Sainte-Trinité de Caen ; 11 , Bg. 

Cens/, Fondation de Ti^baye pacr Rdbert> duc de Norman- 
die, 1 9 373. «— Le Duc charge Toustain, son chambellan, 
d'y apporter les reliques qu^il a recueillies à Jérusalem; 41 4- 

— L'abbaye était sous Tinyocation da saint Vigor. Dona- 
tion d'Auvray4e-Géant. Il y prend Thabit monastique; 
II, 17. 

Cers (Vue de), ravagée par Hasting; i, ai. 

CÉSAR ( Jules). BéflesÛNis philosophiques sur son sort; i, 3, 

ChdionSf ville du département de Sa6ne-et~Loire, ravagée 
par les Normands sous Richard n ; 1 » 3iS8. 

Chambay, commune du comté d'Exmes, donnée au comte 
de Péronne par Richard ïi; 1, 367. 

Charbonnière ( le fief de la ) , est donné à Robert de Saint- 
Remi par Robert Fitz-Haîmon ; u , 397. 

Charlekagne , roi de France, possédait la Saxe« l'Alle- 
magne, Ron^e, la. France, la Lombardie et une grande 
partie de l'Espagne; i, agS. — Taillefer chante ses ex- 
ploits; n, 214. 

CHARLES-Ls-CsAnvE , roi de France ; i , r5. 

CHAiuLEft-LE-^i|iiPtE , roi dc Frauce. Les grands du royaume 
lui portent leurs plaintes; i, 91. — U répond qu'il lui est 
impossy»le d'enkpédier seul les ravages des Normands; 
9a. -— Il offre de traiter avec Rollon; gS. -— Il charge 
l'archevêque Francon de lui porter ses propositions; 94* 
— - Donne à Rollon sa fille , avec la Normandie et la Bre- 
tagne ; 95. — Son fils Louis. d'Outre-Mer est recommandé 
à Guillaume-Longue-Épée; I14. 



DES NOMS DE LIEUX , D'HOMMES , etc. 455 

Chartres et le pay» Chartrain, sont donnés à Hasting par le 
roi de France; i , 87. — * Les Normands ravagent le pays; 
79. -^ Bollon assiège la ville en 91 1; 80. — Il est forqé 
d'en lever le siège; 83. — Richard i*', par représailles, 
ravage le pay»; ^49»-^ Retour du comte de Chartres; sa 
. douleur à la vue des désastres; a47* "'^ Ravages exercés 
par les Danois v^ns au secours de Richard*; 25^. ^- Les 
soldats du pays sont désignés par le roi de France pour 
entrer en Normandie par Mantes; 11, 72. . 

€^Uirtres et passe a^nint, cri de guerre du comte Thibaud ; 
1 j «38. 

Chdteaudun, ville du département d'Eure-et-Loir. Ses sol- 
dats sont désignés par lé roi de 'France pour entrei* en 
Normandie par Mantes; n, 73* 

Chdtûlon. Les soldats de cette ville sont désignés par le roi 
- de France pour entrer en Normandie par Mantes, xi, 73. 

Chaumont, bourg du département de l'Oise. Est donné à 
Robert, duc de Normandie, par Henri 1" , roi de France; 
I, 385. — Gaultier Tyrel s'y réfugie; 11, 344- 

Cherbourg, port du département de la Manche. Son château 
est détruit par Hasting ; i , a i « — Harald y séjourne ; 1 83. 
Bemard-le-Lombard y est enterré ; 364» — Fondation d'un 
hôpital par Guillaume-le-Conquérant , n, 60. — L'arche- 
vêque Mauger y est enterré ; 64* 

Cinglais, petite contrée faisant partie du départeoient du 
Calvados;, 1, 174» iif â9> 74? ^i^* 

CsHTBZkox (le sire de)-, assiste à la bataille d'Hastin^; u, 
a5i. 

Ciarendon* Henri \^ y attend en vain le vaioeau monté par 

sonfils; u, 35i. 
Clovis h, t^ de France. L'abbaye de Jumièges est fondée 
sous son règne; i, 17. 



456 TABLE GÉNÉRALE 

Coisnon, rivière qui sépare la Normandie de la Bretagne; 

I, 93, 333, 386; II, 3i4* 

CoLAir (Olaf Tryggveson), roi de Norwége. Richard ir ré- 
clame son secours ; i , 846. — Une tempête le pousse sur 
les côtes de Bretagne; 347* — Stratagème employé par 
les Scandinaves pour résister aux Bretons ; 848. — Il se 
fait chrétien, retourne dans son pays ^et meurt assassiné; 
35i. 

Cologne, ville sur le Rhin. La reine de France envoie de- 
mander du secours à Brunon son frère , alors archevêque 
de cette ville; i, aai. — Était nommée autrefois Agrip- 
pine; %SS, 

CoLOMBii&ES (Guillaume de) » assiste à la bataille d'Hastings; 

II, a53. 

CoMAH (Svend), roi de Suède. Richard n réclame ses se- 
cours; I, 346* — Une tempête le pousse sur les côtes de 
Bretagne; 347* 

CoitBRAY (le sire de), assiste à la bataille dllastlngs; 11, 267. 

Compiègne, ville du département de l'Oise; i, 164, 

CoirsTAifCE , femme de Robert, roi de France. Après la mort 
de son mari elle cherche à faire régner Robert , son plus 
jeune fils, au préjudice de Henri, l'aîné; z, 383. 

CoirsTAïf Tur , empereur romain. Anecdocte du manteau dont 
le duc Robert fait revêtir sa statue ; i , 406. 

Constarudnople y était appelée Byzance; i , 5. -^ Le duc Ro- 
bert passe par cette ville ; 407. 

GoNTEVELui (Herluin de), beau-père de Guillaume-le-Con- 
qpérant, père de Muriel; u, 127. -— Père d'Odon, 
évêque de Bayeux; 18 5. 

Conversane, ville du royaume de Naples. Robert Courte- 
Heuse y épouse Sibylle, fille du seigneur du lieu ; 11, 355. 

CoRBEKAir (Kerboga), prince de Moussoul, est défait par 
Robert Courte-Heuse ; u , 3aa. 



DES NOMS DE LIEUX, D'HOMMES, etc. 45? 

CoHne, ville du département de là Somme ; i, 1 35. 

Corcers (qu'on présume être Courcelles), lieu situé près la 
forêt de Lions; i, ^88. 

GosiTE, est envoyé par Henri en ambassade à Guillaume- 
IjOngue-]É^[>ée; i, 119. — Raconte à l'Empereur la ma- 
nière distinguée dont il a été reçu; lax. — Fait l'éloge de 
la Normandie et du duc Guillaume; laà. 

CotentUiy dévasté par les Normands; i, 19. -r-Les Cotenti- 
nois se distinguent au siège de Montreuil ; 1 3 1 4 — L'armée 
d'Éthelred arrive dans le pays, et y fait de grands ra- 
vages; 3x8. — Les babîtans, sous la conduite de Néel de 
Saint-Sauveur, mettent en déroute les' Anglais; 3ao. — 
Cette province est donnée à Henri par Robert, pour gage 
d'un prêt qu'il lui fait; n, 3o6. — Est reprise par Robert; 
809. — ^ Est cédée de nouveau à Henri , par un traité de 
paix entre eux; 363. — Le Duc élève des prétentions sur 
ce pays; 37 5. 

Couci-le^hâtel, commune du département de l'Aisne. Ri- 
chard et Osmond y sont accueillis; x, i6o. — Propriété 
du comte Bernard'; 161. 

ConacT (le sire de), assiste à la bataille d'Hastings; 11 , i4^« 
— Sénécbal de Guillaume; a5x. 

CRESPnr (Gislebert), premier du nom, gouverneur du châ- 
teau de lillières, est assiégé par' les Français et les Nor- 
mands réunis; ix, 5. — Note qui le concerne; 23a. 

Cbespïn (Gislebert), second du nom, assiste à la bataille 
d'Hastings; xx, a32. 

Crespiit (Guillaume), un des chefs de l'armée du duc 
Guillaume à Mortemer; ix, 73. — Assiste à la bataille 
d'Hastings; a38. 

Creulfy, près Caen. Hamon-aux-Dents en était le seigneur; 
IX, 37. — Robert son petit-fils possède de grands biens 
dans les environs; 391. 



45ft TABLE GÉNÉRALE 

GaivEGOBun (le sire de), assiste à la bataille d'Hastings; ii, 

a67- 

D. 

Danemetrcki x, 38| ia8, Sag. 

Dex aïe (Diea aide), cri de guerre des Norma&di; x, 3l38; 

ii,34,ai7- 

Dieppe (la), rivière appelée aujourd'hui la Béthune. Ri- 
chard x^ ordonne à ses troupcis de se fetirer sur sa rive 
gauche; i, aSa. •— Combat opûûAtre entre les Français 
et les Normands pour le passage de cette rivière; a38. 

Dyon, chef-lieu du département de la £ôte-d'Or. Richard u 
en fait venir des moines, qu'il établit à Fécamp; x*, 3ox. 

Binon f ville du département des Côtes-du-Nord. Son sei- 
gneur fait partie de l'armée normande rassemblée à Saint- 
Valéry; xi, i43. 

Dive (la), rivière du département, du Calvados. Harald 
arrive à son embouchure; x, i84- — Heiui i*', roi de 
France, la traverse à Varaville; xx, 89. 

Dol, ville du département d'Ille^t-Vilaine. Est détruite par 
les Scandinaves; i, 348. — Brûlée par Robert, duc de 
Normandie; 386» 

i>(wi/îv/i^,. ville du département de l'Orne. GeofTroi Martel 
Ven empare; ix, /fi, — ' Le duc Guillaume vient la re- 
connaître; 47- — Fait bâtir trois châteaux pour bloquer 
la garnison; 49- — Presse vivement la place; 53. — Elle 
capitule; $7. -^, Henri i*' y est appelé par les habitans, 
mais en est' expulsé par Robert Courte-Heuse son frère; 
3x9« -— Elle lui est cédée par un traité de paix entre 
eux; 363.^— Robert élève des prétentions sur cette ville; 
375. 

Dorset, comté d'Angleterre. Ses barons font partie de l'ar- 
mée de Harold; 11, ao2. 



DES NOMS DE LIEUX, D'HOMMES, etc. 489 

DquvreSf port du comté de Kent. Alfred, firève d'Edouard- 
le^Gonfessenr^ y arrive avec une flotte; tx, 66. 

Dreux, ville du département d'Eure-et-Loir. Les fjerres 
situées-entre son territoire et TAvre s6nt données à Endes, 
comte de Chartres, par Ridhard u; i, 334. "^ Eudes et . 
Vkkran de Menlan, poursuivis par les Normands, s'y 
réfugient; 34a, — Henri i«', roi de France, s'y rend pour 
demander la destruction du château de Tillières; 11, 3. 

DaixircotiaT (le sire de), assiste à la bataille d'Hastings; 
II, «67. 

DftOGOff ^le comte) , meurt empoisonné; t, 4i3. 

Danois (le), comté compris dans le département d'Eure-et- 
Loir. Dévasté par les Normands ; i , 79. — ^ Richard, par 
représailles,, ravage ce pays; a4a. — Pillage exercé par 
les Danois venus à son secours; a 5a. 

E. 

Eauine (T), rivière. Lothaire invite Richard 1*' à une en- 
trevu^ sftr ses bords ; i , aag. — Les Français la traver- 
sent; a34. — Le. duc Guillaume donne à Guy, comte de 
Pontfaieu, un château voisin de cette rivière; n, 11 a. 

Èbles, comte de Poitiers; i, 74* --* Vient au secours de 
Chartres; 80. *^ Poursuit les Normands; 83. 

Ecosse (!'), était appelée primitivement Aibanie; x, 5. -« 
Arrivée de RoUon; 46, i55. *— Guillaume propose à 
Harold de lui doimer le territoire situé entre ce pays et 
raumber; n, 176. 

Édithe ou Édif {Eadgitha) , fille de Godwin, épouse Edouard- 
te-0>nfesseur; n, 70, 108. ^ 

EovoBD €6TB-nB-FKA, fils d'Éthelred, tient tête aux Danois 
sous le commandement de Kanut; i , 33o. -*- Il est assas- 
siné; 33 1. 



46o TABLE CÉNÉRALË 

ÉoouA&D-LE-ComPESSEURy fils d'Éthelrcd «t d'Emma ; i , 177, 
33a. — Quitte l'Angleterre avec sa famille; 827. — - Pré- 
paratifs infructueux du duc Robert pour le faire rentrer 
dans ses droits ; Sga. — Il essaie en vain de débarquer en 
Angleterre; n, 65. -— Parvient à la couronne après la 
mort d'Hardikanut ; 69. — Épouse Édithe, fille de God- 
win; 70. •> — Son amitié pour le duc Guillaume, ibid. — 
Il lui confie les otages donnés par Godwin ; 100. — Détails 
sur sa vie. Ses sujets s'opposent à ce q\i'il fasse le voyage 
de Rome; io3, — Le pape l'en dispense; io4* "— Il res- 
taure l'abbaye de Westminster; io5. — Désire léguer son 
royaume au duc Guillaume ; 1 06. — Ses derniers momens. 
On extorque son consentement à ce que H^rold lui suc- 
cède; 1 15« — Sa mort; 119. — Ses lois sont conservées 
par Guillaume ; a88. 

EWeirf, ville du département de la Seine-Inférieure. Est don- 
née au comte de Péronne par Richard n; i, 367. 

£l.BORE (Adèle), fille de Rollon, est .fiancée au comte de 
Poitiers par Guillaume-Longue-Épée son frère; i, 117. 

Ély, ville du comté de Cambridge. Herald y fSlit conduire 
Alfred; n, 67. 

EmIiu, fille de Richard 1"' et de Gonnor, est mariée à Éthel- 
red, roi d'Angleterre; 1, 277. — Devenue veuve, elle 
épouse Kanut ; 33 1« — Son chagrin de la mort de son fils 
Hardikanut; u, 69. 

Emxe, femme de Richard V^ meurt sans enfans. Ses biens 
sont donnés par le Duc aux églises et aux pauvres; i, 275. 

Enguerrand, comte de Ponthieu, tué au siège d'Arqués; 
u, i4* 

Épinat (lesire d'), assiste à la bataille d'Hastings; n, a44* 

Epte, rivière du département de l'Eure. Le roi de France 
et Rollon ont une entrevue sur ses rives; i, gS. 

Érin (lieu aujourd'hui inconnu); i, ai. 



DES NOMS DE LIEUX, D'HOMMES, etc. 461 

Errand ds Harcouet (le sire), assiste à la bataille d'Has- 
tings; II, a66. 

Escaut, fleuve. RoUon le remonte; i, 54. — Il le quitte 
pour «ntrer en Normandie; 56. 

Espagne, Le Roi de ce pays envoie au duc Guillaiùne un 
beau cheval; 11, 193. 

Esquaiy commune du département du Calvados, sur les 

bords de l'Orne, où fut enterré Hamon-aux-Dents, tué à 

la bataille du Val des Dunes; 11, 38. 
Essexy comté d'Angleterre. Ses barons font partie de l'armée 

d'Harold ; 11 , aoa. «- Combattent vaillamment à la bataille 

d'Hastings; 275. 

Étampesy ville du département de Seine-et-Oise. Dévastée 
par Rollon^ I9 76* — Ses soldats sont désignés par le Roi 
pour entier en Normandie par Mantes;. 11, 73. 

Étkelrxd, roi d'Angleterre, épouse Emma, dont il a deux 
fils; X, 977.— - Rassemble une flotte pour faire la guerre à 
Richard 11; 317. <— Son armée débarque à Barfléur, et 
ravage le pays; 3 18. — Est taillée en pièces; 3ao. — La 
flotte retourne en Angleterre, et rend compte au Roi de 
la destruction de l'armée; 3âa. — Les Anglais extermi* 
nent les Danois établis en Angleterre; 3 a 3. — Suénon 
arrive pour venger les Danois; 3s 5. — Londres ayant 
capitulé, Ëthelred se retire en Normandie avec sa famille; 
327. -— Après la mort de Suénon, il retourne en Angle- 
terre; 399. 

ÉTizimE,, comte de Chartres, épouse Adèle, fille de Guil- 
laume-le-Conquérant; 11, 5$. 

Étoqtevillb (le sire d'), gouverneur du château ,d'Am- 
brières; 11, 83.-^ Assbte à la bataille d'Hastings; 337. 

Eu, ville du département de la Seine-Inférieure; x» 117, 
249. — Le mariage de Guîllaume-le-Conquérant avec 



46a TABLE OÉNÉRALE 

ïfathiide a lieu au château d'£u; ii» 69. — Cette idlle 

' sépare le Vimeu de la Nomiandie; 143. 

Eu (Guillaume, fib naturel de Eichard x*'-, comte d'). Ri- 
chard II lui donne le comté d'Exmes; i, Stsi, ^^ Il se 
révolte contre son frère ^ qui le fait renfisrmer dans la tour 
de Rouen; 3iS. — Son évasion; 3i4; <— pèrsanne n'osant 
le secourir y il vient à Vemey implorer la miséricorde du 
Duc; 3i5. — Le Duc lui pardonne; îbid^ — - Lui donne 
le comté d'Eu, et le marie à Le^celine; 3i6. -^ Ses en- 
fans; ibid» 

Eu (Robert, comte d' ), fils aîné de Guillaume et de Lesoe- 
line; x, 3i6. -*L'un des chefs de l'armée de Guillaume-le- 
Conquérant; u, 73. — Le Duc lui demande son secours 
pour la conquête de l'Angleterre; xa6. — Il assiste à la 
bataille d*Hastings,; 273. 

EunES , comte de Blois et de Chartres , épouse Mathilde de 
Normandie ; i , 27 8 . — Richaird li , en lui accordant la main 
de sa sœur, lui donne des terres ; 333. — A la mort de sa 
femme, Richard redemande la dot, et il s'y riefuse ; rassemble 
ses alliés pour attaquer Tillières ; 336. — Est mis dans une 
déroute complète; 34 1. — Fait une incursion en Nor- 
mandie; 345. ^- Robert, roi de France, le réconcilie 
avec Richard n: 35o. 

Eunss , frère de Henri i» , est recommandé par le Roi à 
Guy, comte de Ponthieu; n, 7a. — Prend la fuite à la 
bataille de Mortemer; 77. 

£ure, rivière; i, 6a, 93. 

EusTACHE D*ABBEvtLLB, assistc k la bataille d'Hastîngs; u, i38. 

ÈvE, soeur d'Herbert, comte du Mans, épouse GeoSkoi de 
Mayenne; 11, 85^ 

ÉvEv-LurzoEii ( Iwun ) , fils de Geofiroy de Bretagne et de 
JBedwige de Normandie; i, 177. 

Évreux, chef-*liea du département de l'Eure. Est cerné par 



L^ NOMS 0£ LIEUX, D'HOMMES, etc. 463 

les Neimands; i» 67. — Rollon s'en rend maître; 69, 
174. *— Lothaire s'empare. de cette ville par trahison, et 
la* donne à Thibaud; 24^. «*** Elle est occupée par Thi- 
baud; i5o. •— Est fendue à Richard; 260. -^ Henri i«>^, 
roi de France, ravage ses environs; 11 , 3. «^ Le duo 
Guillaume y lève des soldats; 27. "^ Une armée française 
se dispose à ravager le pays^; 73. 

Exmes ( le pays d'), compris dans le département de l'Orne; 
z, 174» 249* *— Toustain, vicomte de ce pays; 11, 7. -*- 
Le roi de France et le duc Guillaume y réunissent leurs 
troupes; 27. — La ville et le pays sont ravagés par 
GeolFroi Martel et le roi de France; 87. 

ExnuHsine , nom d'une 'rue de la ville de Caen , qui se dirige 

vers Exmes; II, 38a. 

« • 

• F. 

FaUdscy ville du département du Calvados. Prise par Ro- 
bert, est reprisé par Richard m; i, 871. — Patrie de 
Guiilaume-le-Conqnérant; 896. *— Guillaume Talvas l'y 
visite encore enfant; 400. — La ville est livrée aux Fran- 
çais par le gouverneur Toustain, vicomte d'Exmes; n, 7. 
—« Le jeune Duc prend la ville d'assa.ut; 8. -* Cruillaume 
y arrive accompagné des fils d'Hubert de Rye; a 4. «» Il 
s'y place pour observer l'année française; 88. -«^'Habitans 
de Fakdse à la bataille d'Hastings;. a34. 

Faucss, neveu de Rioalf, complice d'Arnoul; i, i36. «— 

. Assassine GuiUaume-Longue-Épée; i38. 

Féeampy port du département de la Seine-Inférienre. Est 
ravagé par les Normands; i, 17. «-* Waoe invoque le té- 
moignage de ses habitans; io6. —^ Fondation de l'abbaye 
par Richard 1"; 297. «^ Le Duc y fait préparer son cetr- 
cueil; 298. -— Mort de Richard i*'^^ 3oo. *-« Richard 11, 



464 TABLE GÉNÉRALE 

sentant sa fin approcher, s'y fait transporter et y meurt; 
369. — Le duc Robert y réunit une flotte pour envoyer 
en Angleterre contre Kanut; 89 3. — Alain , comte de 
Bretagne et sénéchal de Normandie, y est enterré; 4o3. 

Ferriéres (Yauquelin, seigneur de), fait la guerre à Hugues 
de Montfort. Sa mort; u, a. 

FERaiiRES (Henri, seigneut de). Ses exploits à la bataille 
dUastings; u, sSs. 

FsRTi ( le sire de la ) , assiste à la bataille d'Hastings; u, a6o. 

Fitz-Erneis (Robert ) , est tué en voulant s'emparer de Téten- 
dard anglais; 11, li65. 

Fitz-Haimon (Robert), tâche de réconcilier Robert et Hemi; 
II, 36o. — Ressentiment de Henri contre lui; 364. — Est 
fait prisonnier par les soldats de Robert Cou^te-Heuse, et 
conduif; à Bàyeux; 891. —Achète les prisonniers de R(A 
bert de Saint-Remi; 897. «-Le Roi lui promet la châtel- 
lenie de Caen, s'il peut s'emparer de la ville; 898. Foyez 
les additions et corrections. 

Flandre, Flamands; i, 249.' — Les soldats de cette province 
sont désignés par le Roi pour entrer en Normandie par 
le Beauvoisis; n, 7a. 

Fièche (la), ville du département de la Sarthe. Ses environs 
sont ravagés )par la guerre entre Guillaiime-le-Roux et le 
comte Hélie; 11, 334- 

Folpendanty petite rivière aujourd'hui inconnue; 11, 24. 

Fontenayy commune voisine dé Caen. Les Normands rebelles, 
mis en déroute, passent dans ses environs; 11, 41. 

FoNT^NAY (le sire de) , assiste à la bataille d'Hastiqgs ; 11, ^^^^ 

Fontetnrauld , ville du département de Maine-et-Loire. La 
veuve de Guillaume Adelin y prend le vmle, et devient 
abbésse du monastère; 11, 854* 

FouGiRES (Raoul, fils de Main, seigneur de), figure à la ba- 
taille d'Hastings; 11, 281. 



DES NOMS D£ LIEUX, lyHOBIMES, etc. 465 

Foulques y, comte d'Anjou. Sa fille épouse Guillaume , fils 
de Henri i^, roi d'Angleterre; ii, 348. 

France, était appelée Gaule; i, 5. — Les IN^ormands y arrivent; 
la. — Cette contrée 'est ravagée par eux; a3. — Visitée 
de nouveau par Hasting; 36. — Ses hahitans tremblent 
au nom de RoUon; 68. -^-^ Cruautés exercées par ce chef 
sur le territoire français; 7$. 

FBANcoir, archevêque de Rouen. Sa première entrevue avec 
RoUon; i, 67. — Est envoyé par le roi de France vers ce 

' chef pour lui demander une trêve; 73. —* Lui expose les 
propositions de paix de Charles^le*Simple;,94. •^— Le bap- 
tise; 96. 

Finta (Éphrata), ancien nom de Bethléem; i, 267. 

G. 

Gage (le sire de), assiste à la bataille d'Hastings; 11, aSa. 
Gael (Raoul de) y seigneur breton, fait partie de Tannée du 
duc Guillaume; 11 , z43. — ^ Assiste à la bataille d'Hastings; 

a47- 
GaUes (le pays de), était primitivement appelé Cambrie; 

I, 5. 
Garillani, lieu aujourd'hui inconnu; i, »o. 
Gaeut, frère de RoUon; i, 4o. — Détails sur sa famille; 41, 

— Remporte une victoire sur le roi de Danemarck; 43. 

— Paix simulée du roi de Danemarck avec lui; 44. -^11 
est attiré dans une embuscade; 4^* — Sa mort; 46. 

Ga&in, fils de Guillaume de Belléme, tue le chevalier Gohier, 
et est étranglé par le diable; 1, 38o, 

GatinaiSy pays compris dans les départemens de Seine-et- 
Marne et de Seine-et-Oise. Est dévasté par RoUon; i*, 76. 

— Ses soldats sont désignés par le roi de France pour 
«ntrer en Normandie par Mantes; u, 72. 

n. 3o 



46$ TABLE GÉNÉRALE 

Gautiba , yeneur de Richard i^S est renvemé de son cheval, 
et .délivré par la bravoure diiJDuc; t, :»35. 

Gébus y aQoieo nom de Jéruaalem; i, 967. 

Gefosse, sur la Seine, entre Vemon el Bonnières. Les Danois 
venus au secours de Richard y débarquent, et en font une 
place d'armes; i, a&i. «m- Ils y apportent leur butin; a53. 

Genêts, commune près Avranches. Robert Courte-Heusa y 
établit son quartier-général pendant le siège du Moat- 
Saint-Miohel; 11, 3 14. 

GEOFFaoi, comte d'Anjou; i, aSi. tttt Fait la guerre à Ri- 
chard dans le Passais ; 249. 

Geoffroi , comte de Bretagne , mari d'Hedwige , dont il a 
deux fils ; 1 , 27 7. -r*- Richard 11 lui accorde la main de cette 
princesse, avec de magnifiques présens à lui et à toute sa 
suite; 33a. — Sa sœur épome Richard 11; 35i. 

Geoffroi, dit Plantagenet , fils de Foulques, comte d'Anjou, 
veut remarier sa sœur; mais elle refuse, et prend le voile 
à Fontevrauld; i, 354. 

Geoffroi, évéque de Coutances, préside aux actes de piété 
des Normands; 11, i85. 

Geoffroi Martel, comte d'Apjou, s'empare d'Aiençon et 
de Domfront; 11, 4^* -^ Vient au secours de cette dernière 
ville, assiégée par le due GuiUaume; SSr -*- Sa haine pour 
le Duc, Il vient assiéger Ambrières; 81. -« Est repoussé 
par Ifis assiégés; 83. — Conseille au roi de France d'en- 
trer en Normandie; 87. 

Gbrberoe, fille de Fempereur Henri 1*', femme de Louis 
d'Outre-Mer ( i , i nS. — Tente en vain de mettre ^n père 
dans les intérêts de son mari; 189. — Efi^oie des otages 
aux Normands pour rendre la liberté au Roi; 191 , 19S. 
-^ Est blâmée pour sa conduite envers Richavd ; ai4* 

Gerheroy, ville du départeipeat d« VOise. Louis d-Outre^Mer 
et Harald y ont une entrevue; i , 191. 



DES NOMS D£ LIEUX, D'HOMMES, etc. 467 

GiFFAED (Gautier). Le duc Guillaui^e lui confie la défeiise du 
pays de Caux; 11 , 73. — Lui demande son secours pour 
la conquête de TApgleterre; 126.. -»* Il amène à Guillaume 
son cheval d'Espagne; 193. — Le Duc veut lui donner 
spn étendard à porter; 196. — Il répond qu'il aime weux 
combattre; 197. — Conseille à Guillaume de ne pas éta- 
blir sa tente sur le champ de bataille; 28a. 

GiKAjLD, gardien de Richard i*'; i, 161,. 

GisÂLE, fille de Charles-le-Sîmple ; i, ^3. — Son mariage 
avec RoUon; 96. — Reçoit chez elle deux chevaliers 
français, que son. mari fait décapiter; 98. — Meurt sans 
enfans; 102. 

Gisors, ville du département de l'Eure. Robert, duc de Nor- 
mandie, reconduit jusque là Henri i*', roi de France; 
I, 384. 

GiTHK où Githa, mère d'Ha^old, e\, nièce du roi Kanut; 11, 
108. 

Glos (le sire de), assiste à la bataille d'Hastings; 11, i$5. 

Gloucester, ohef-lieu du comté de ce nom. Arrivée d'Ed- 
mond-Gôt^e-Fer; i, 33o. **^Ses barons font partie de 
l'armée d'Harold; ji, aoa. 

Gi:.oucxsTE& (Robert, comte de), fils naturel de Henri i'^ est 
chargé de garder Robert Courle-Heuse; 11, 407* 

GociaL:qcES qi^ Goceaume, évéqpe de Chartres; j, 80, — Sa 
conduite pendant le siège de cette ville; 81. — Ordonne 
une procession dans laquelle pn pprte la chemise de la 

sainte Vierge; 8a. 
GoDwiN (le comte) I va au-devant d'jUfr^d, débarqué à 

Douvres; u, 66, — » Ses enfans, ibûi. rr— ^rahit Alfred, et 

le livre à Çérald; (S7. — Le roi Édpu^rd exige ^e lui des 

Qtage^; 100. — Sa mort; loa. ^. 
GoHiER, clf^Taliep tqé par Garin, filsi 4^ GuiUaufnç ^e'Bel^ 

léme; i, 38o. 



468 TABLE GÉNÉRALE 

GoLCT, fou de Guillanine-le-Coiiquérant, avertit le Duc du 

daDger qu'il court; ii, ai. 
GoNiroR (la duchesse). Ses amours avec Richard; i, 276. — 

Leurs enfans; 277. — Épouse Richard. Première nuit de 

leurs Doces; sqS. 
GouRNAY (Hugues de), un des chefs de Tannée normande à 

Mortemer; ii, 78. — Assiste à la bataille dUastings; a4i- 

Gouvix (le sire de), assiste à la bataille d'Hastings; 11, 25i. 

Grèce (la), appelée autrefois Pélasge; i, 5. 

Grzntemssnil (Hugues de). Péril qu'il court à la bataille 
d'Hastings; 11, 289. 

Guemesey (l'île de), es^t ravagée par Hasting; i, ai. 

GuBROUTj boucher de Rouen , échappe seul an naufrage de 
la Blanche-Nef; 11, 35o. 

Guildfbrd, ville du comté dé Surrey. Les compagnons d'Al- 
fred y sont envoyés par Herald , qui les fait décapiter; 
11,68. 

Guillaume, dit Longue-Épééy deuxième duc de Normandie. 
Sa naissance; i, 68. — Est désigné par RoUon pour lui 
succéder; 102. — Son portrait; son mariage; 104. — B*^ 
les Bretons révoltés; 10 5. — - Doutes sur sa conduite en- 
vers Osmont, Rioulf, Anquetil et Bàthilde; 106. — Pour- 
suivi par Rioulf, il est abandonné par ses sujets, et se dé- 
courage; 109. — Ses guerriers le déterminent à com- 
battre; iio. -— Sa victoire sur Rioulf; 11 a. — Naissance 
de son fils; ii3« — Il se fait aimer par les Rouennais; lîb. 
— Sa puissance; 114. — Par son crédit, Loyis d'Outre- 
Mer arrive au trône; 11 5. — H reçoit à Lions, avec ma- 
gnificence, plusieurs seigneurs français; tbid, — >I1 accorde 
sa sœur au comte de Poitou; 117. — Est ^rié par Louis 
d'Outre-Mér d'intervenir auprès de l'empereur Henri ; 1 1 9- 
— Henri lui envoie un ambassadeur nommé Cosne; ibuL^ 



I 



DES NOMS DE LIEUX , DHOBfBIES , etc. 469 

Il va trouver rempereHr Henri; i!M>. — La vue de son 
épée apaise une dispute entre les. Normands et les Fran- 
çais; lai. — Henri l'embrasse et lui fait des présens; il^d, 
— Il concilie les deux monarques; i aa. «— Sert de pa^^in 
à Lothaire, fils de Louis d'Outre-Mer; 1^3. — r Rej^eii^t à 
Rouen, et va visiter Jumièges; ibùL — Il veut ,ise faire 
moine; ia4- — Refuse de diner à l'abbaye; la^, -r- De 
retour à Rouen, il tombe malade, découvre so^p^oje,t à 
ses amis, et les engage â prendre son fils Richard. pQ.ur, son 
successeur; 126. —Accueille Harald et ses c||%mpagnQ;ps; 
129. — Herloin vient lui demander vengeance 4'Arnoal; 
i3o. — Il lui accorde son secours,, et assi^{ïlMpnti^i])il ; 
i3i. — Rend à Herloin son château; i32£.y7» Revient à 
Rouen; i33. — Ressentiment d'Arnoul. ^^ dei^a^de 
une entrevue; i34* — Guillaume accept^'t^ se rend à 
Péquigny; i35. — Le rendez-vous a lieu da)is<une île de 
la Somme; i36. -~ Il accorde la paix à Am&u|; 137.—' 
Est assassiné par Fauces; i38. — Son corpé est ap- 
porté à Rouen; 139. — Il est enterré dans la^hédrale; 
140. 
Guu^Lj^uME DE Poitiers, surnommé T^te-d'Étoupes , est reçu 
à Lions par Guiliaume-Longue-Ëpée; i , 1 15. — - Demande 
au Duc sa, sœur en mariage; 1 16« — Plaisanterie du Duc. 
Il lui accorde sa sœur; 117. 
Guillaume, fils aîné de Renaud i" et d'Alix de Normandie; 

I, 35a. 
Guillaume , troisième fils de Richard 11 et de Judith , em- 
brasse la profession monastique dans Tabbaye de Fécamp; 
I, 35a. 
GuiLLAUME-LE-CoirQUÉRANT , Septième duc de I^ormandie, 
fils de Robert et d'Harlette; i, 398. t Son avènement. 
Mauvaises dispositions de ses barons; 11, i. — Henri i^', 
roi de France, lui demande la destruction du château, de 



470 TABLE GÉNÉRAtE 

Tillières, et il y consent; 3. — Reprend Falaise, liVré aux 
Français par Tonstain, vicbinte d'Exnïes; 8.-^ On Tient 
à Valognes Tavertir de ce qui se passe autour d* Arques; 
14. — Il s'y rend aussitôt; i5. -i- Ligue et révolte des 
seigneurs normands contre lui; 18. ^- Il est averti par 
son fou du danger qu'il court; ai. ^- S'enfuit en tonte 
hâte de Valognes ; aa. — Est reconnu par Hubert de Rye, 
dont les fils le conduisent à Falaise; a3. — Inquiétude de 
ses serviteurs; a5. — Les rebelles s'emparent de ses do- 
maines. Il va en France trouver le Koi; a6, — Henri i» 
lui «accorde son secours; I7. — Kaotil Tesson se joint à 
lui; 3a. — II. fond sur les rebelles; 33. — Ses exploits; 39. 

— Lés barons se réconcilient avec lui; 43. — Gui de 
Bourgogne lui rend Brionne et Vernoh. Les barons nor- 
mands se soumettent; 44- — H vient reconnaître Dom- 
front, dont GébfFroi Martel s'était emparé; 47- — F^dt 
bAtir trois châteaux pout bloquer la garnison , et va en- 
suite assiéger Àlençon; 49* -^ i<^s Alençonnais lui repro- 
chent sa bâtardise. Vengeance terrible qu'il en lire; 5o. — 
Retourne devant Domfront; 53. — Les assiégés capitu- 
lent ; 5^. — Son mariage àVec Mathilde. Noms de leurs 
enfàns. Leur excommunication ; S8. — Fonde plusieurs 
hôpitaux; 60. — Préparadfs de défense contre rarmée 
française; 73. — Reçoit la nouvelle de la victoire rem- 
portée à Mortemer; 78. — ^ Attive au secours d'Ambriéres, 
et défait les Manceaux; 83. — Rase la ville de Mayenne; 
86. <— La Normandie étant envahie , 11 se place en obser- 
vation à Falaise; 88. — Fond sut* les Français restés en 
arrière; 89. — Il les met dans une déroute complète; 91. 

— Ses qualités et sa bonne administration ; 96. — Son 
voyage en Angleterre; 99. — Harold promet de lui livrer 
r Angleterre à la mort d'Edouard; i lià. i— Ruse qu'il em- 
ploie pour rendre cette promesse inviolable; 11 3. — Il 



D£S NOMS DE LIEUX, D'HOMMES, etc. 471 

apprend à Roaen 4e cbunnméiiioiit d'Harpid; lao. — 
Défi qu'A lui adresse; 1a4. — Il se détermine à i^ller 
reveBdiqner la courome d'Angleterre; laS. -^ Rassemble 
ses barons po«r leur deriiander assistanbe; 126» *-^ Ya 
trooTcr le roi PhUippe, et Ifd fait la même demande. Il est 
r^iné; i3$4 «^ H s*adreèie an coisite de fiandi'e; 137. — 
Aédarae Tautonsation du pape; 139. <^^ Le pape lui en- 
vt^ie ttn étendard bénit; 140. «^ Rendeft^vons général à 
Sjdn^Valeryisur-Sonftme; 14a. ^^Ses offres attirent beau- 
coup de volontaires; 144. «^ Détails sur son vaisseau et 
snr la flotte; 146. ^^ Arrivée de là âûtte près d'Hakings; 
147. -^ Son babileté à tirer uà augure favorable d'un 
accident; tSi. «-^ Destrueti<m de la flotte par son ordre; 
i5a. "^ Sa etmfiance daiis la valeur de son armée; t58. 
•^ tl envoie un message à &arold ; 1 5$. ^^ tt^eçoit l'envoyé 
dUatiold; 1 62. -^ Donne toute facilité aUk espions d'Ha- 
rold pout- l'âccomplissénlent de leur tnission; 173. — 
Harold refuse tontes les propositions^ i75.>^ Guillaume 
infotiâié les Anglais de l'es^eornmunicarion lancée contre 
eux; X79«'^^Préparatif^ delà bataille d'Hastings; iS3^ — 
Lé Due harangue ses barons; 187* -^^ Met son caeque à 
rebôuts. t\ n'en tire qu'un bon présage; 191^ — Monte 
sur son i^^val d'Espagne; 1^3^ ^l)ivise l'armée en trois 
corps ^ et VëUt^niiér Son étendard à porter à Raoul de 
CoQi;bé>$; ii^5« «^ Celui-^ répond qu'il aime mieux corn- 
h^ittë^ fkûtiet Gitfart fkit la même réponse; 19^^ — 
L'éténdtfd èfst P^&Â^ à un tlievftlièl- du paya de Gaux 
Btmimé IVMjtsàtin; i^S» ^^ LeBu« commande le troisième 
«^ot^s; *k'9^» ^-^ Détails sut Sion armée; lkw>. «^ Signaux 
de la bataille I iti-4. -^Les liUï'mands sont repoossés vers 
le ibssé qu% avaient franchi > % 1 6. ^^ Désordre dans kurs 
rangs. Odrni tkïm: léUf fra^^», ak9. -^ Énumération 
des guerriers nonnÀnds; >!b3î|. ^^ 6es explmis à la bataille 



47a tabl"^ Générale 

d'Hastings ; 270. — II cherche Harold dans la. mêlée ; ^17 3. 
— Sa bravoure; ado; — Il fjait placer. son étendard à l'en- 
droit où était celui d'Harold; aSi. -— Les barons obser- 
vent la quantité de coups dont ses armes poirtent l'em- 
preinte. Ils rélèvent au-dessus de tous les guerriers; a83. 
— Il fait enterrer les morts ; 284* — Est élu et couronné roi 
d'Angleterre; 287. — Accorde aux Anglais les lois d'É- 
douard-Ie-Confesseur, et retourne en Normandie; ^SS. — 
Refuse de tenir l'Angleterre en fief du roi de France; 289. 
»*- Ssi réponse à la mauvaise plaisanterie du Roi; 291. »-« 
Il iocendie la ville de Mantes, et y est blessé; zi^û/. — U 
se fait porter à Saint-Gervais ; 292: ^— Ses réflexions sur 
le caractère des Normands; 298. — U se confesse et com- 
munie; 295. — ^^Sa mort; 298. — Son enterrement; 3oo. 
GuniiiAUWE, dit le Roux, roi d'Angleterre, fils de Guillaume- 
le-Con^uérant et de Mathilde; ix,'59. *-- Son père ex- 
prime le désir qu'il soit roi d'Angleterre; 294- — Loi 
recommande Henri son frère; 296. — Son couronnement; 
3o4- — Il recherche les chevaliers; 3o5. — Fait une rente 
almuelle à Robert son frère, qui lui disputait le trône; 
309. — Vient avec Robert mettre le siège devant le Mont- 
Saint-Michel ^ et est désarçonné dans une joiite; 3iS. — 
Reproches qu'il adresse à Robert d'avoir laissé approvi- 
sionner le Mont-Saint-Blichel; 3i7« -«— Retourne «1 An- 
gleterre; 3 18* — Hélie de la, Flèche lui enlève le Mans; 
323. — La garnison normande lui envoie demander du 
secours; 3^7* — - Il charge le messager d'annoncer sa pro- 
chaine arrivée; 329. ■*- Débarque à Barflenr; 33x. — > 
. Fait un détour pour éviter deux ruisseaux dont le nom 
est obscène; 332. •— S.'empare du Mans; 333. — Lève le 
siège du château de Mayet; 336. — Retourne en Angle- 
terre, et est tûè à la chasse par Gaultier Tyrel; 34o. — 
Son enterrement à Winchester; 344-' 



DES NOMS D£ LIEUX, D'HQfilMES, etc. 47^ 

GruiLLAUMEy fils de Thiem^ est envoyé pour reconnaître les 
forces de Geoffroi Martel par le dac Guillaume; n, 54- 

6un.iAuibBy surnommé Adelin, fils de Henri i*', roi d'An- 
gleterre, et de Mathilde; ii, 347* -* Épouse la fille 
de Foulques, comte d'Anjou; 348. — Son naufrage et sa 
mort; 349. — Sa yeuVe retourne chez son père; 353. 

GuiLLAuiùs, comte de Flandre, fils de Robert Courte-Heuse 
et de Sibylle; 11 , 355, — Sa mort; 356. 

GuiLLEBERT Mesghilel, livrc à Lothaire, par trahison, la 

ville d'Évreux; 1 , 242. 
GuifiL (Chnnelinde), fille de Kanut et d*Emma, épouse 

Heiui m, empereur d'Allemagne; i, 33i. 
Gu&TH, fils du comte Godwin, et frère ^d'Harold ; 11, SS. — 

Dérobe Hugues Margot à la fureur de son frère; 161. — 

Propose à Harold de combattre Guillaume à sa place; i65. 

— Vient avec lui reconnaître l'ennemi; 169. — Lui re- 
proche sa lâcheté de vouloir retourner à Londres ; 1 70. 
— - Répond à un envoyé de Guillaume que son frère ne 
peut s'entretenir personnellement avec lui; 178. — Guil- 
laume propose de lui donner le domaine de son père; 1 79. 

— Il cherche à rassurer les Anglais, et à les exciter contre 
Guillaume ; 1 80. — Se place auprès d'Harold et de Lewine , 
ses frères; 207. — • Discute avec Harold la force des deux 
armées; ao8. — Reproches qu'il adresse à Harold effrayé; 
210. — Il est mis hors de combat par Guillaume; 278. 

GuT DE BouaoooNE, fils de Renaud 1^ et d'Alix; i, 352. — 
Reçoit du duc Guillaume, Rrionne^ Yernon, et les terres 
qui' en dépendent, puis se révolte contre lui;. 11, 19. — 
Le Duc se pldnt de lui au roi de France;. 27. — Mis en 
déroute' à la bataille du Val des Dunes^ il se réfugie dans 
son château de Brionne, où il est assiégé par le Duc;. 4^- 
-~ Capitule, et se retire dans son pays; 44. 



474 tÀÉhE OÉHÉRALS; 

Gt7Y, tcômte de Ponthiètt» cimnétabie de rarmée française. 
Henri i*' hii eoAfiè Eudes son Mre; xi, 7a. -^ Il est fait 
l^risomiiéi* à la bataille de Môitenier; 77 w — Un pécliear 
lui livre Harold; ito. -^ Il lé temet au duc Guillaume; 

H- 

Haie (le sire de La), assisté à là bataille d'tlastitagS; lî, a58. 

ffarH (àbbayé du)^ datis le département de là Mancfae^ est 
ravagée par Hasting; i, 20. 

HAito» oii Haimon-ault-Dents , seigneut de Thotigoy , dé 
Maisy et de Cfeull j^. Gui l'engage à sé révolter dotitre le 

■ duc Guillaume; 11,, 30 ^ -^ Le Dut se plaint de lui au rUi 
de France; 07. -^^ Son cri de guerre , à la bathille du Val 
des Dunes, est Saint-Amant^ sire Shùit-jérkaM^ 34- «^ Il 
est tué dans le combat; ^* "^^ Est enterré à ËsqUai^ 38. 

Mafnpshire, comté d'AngléMrre^ Ses basons font partie de 
ràrtuée d'Hâï'old^, rt, ïibïi. 

Éàntohè ou Ratnptdn, Voyez SoidhûMptoÉ. 

âxRALo, roi de baàémarck. âà guettée avec son fik SnéUon, 
à là suite de laquelle il vient ther(5het UU reïbge en Nor- 
mandie; i, ia8. -T- Guillaume lui lait bon âàcueil; 129. 
— Ses intelligences avec Béttiàrd-le^DanoiS ; iSi. — Il 
arrivé à remboùchuré cke la DiVe; 184* —^ Son tUfoiéVue 
avec Lôùiâ d*Outf ès-Mèi' ; ïS6. — Il pâmgè le butin avec 
ses soMàlé; i6c^. -^ A Hâte tecëudé éûi^^iàé feiVéià lë 
hn de ÏVaiidé; t|^a. ^^ Ré%oâfll(é ÀéAs së$ Éfàfe| tgS. — 
fist 2^f>elé de ndUVédu âU sètôâfs dé BÎéltàï^y «iM en- 
ybieuAe àYiné^l ^So. 

ttAimit, l\i]i dés guerriers dû vicomte tie fiàyeux à là babille 
du Val ileè ônnés. Est tué par 1è duc GuillàttâMè; U, Sp. 

HAaoïKAiruT, fits dé Ê^ànUt et d'Sttima; k, B3i. -^ Aévîent 



DES NOMS DE LIEUX, D'HOMMES, etc, 475 

roi des Danois, 33é. -^ Les Anglais le choisissent pour 
succéder à Herald ;-ii, 69. --^ Sa mort; ^d, 
Harl^tte. S^ amours avec Robert, duô de Kônoandié; i, 
396. — Sa vision ; 397. — Naissance dé Gmllàume son 
fils; 39B. 

Harold, fils de Godwin et de Cithe. Détails stir sa fàihitle; 

« 

n, 107.^^ Passé en Nonhandié potir l'éclamei' de Guil- 
laume les otages livrés pat son père; iôS. -^ Eàt jeté sur 
lés côtes du Ponthieu, et livre au comte Guy; 1 lo. — Le 
duc Guillaume se le fait remettre, lui fkit une bonne 
réception, et Témmène en Bretagne"; ni. ^^ Il t)romet 
au Duc de lui livrer TAngleterré à là mort d'Édôuard ; 
ihid, -i- n le jure sur les reliques des saints; ii3. •— 
Ketotinie en Angleterre , eï tâche d'obtenir le consente- 
ment d'Edouard pour lui succéder; ii5. « — Son couron- 
nement; lâo. -^ Chassé d'Ailgletérre lés Normands; 124. 
— Un chevalier anglais Va lui annoncer l'arrivée de Gtdl- 
laumé^ i53. -^^ Sa guerre avec Tdstig sdii frère;' i55. ^-^ 
Ses regrets de n'avoit* pÙ s'opposer au débarquement de 
Gtullaume ; 1 57. -^-^ Son arrivée à Londres ; il y attend que 
son arniée soit rassemblée; i58'. ^^ Kèçoit un 'message 
de Guillaume; 169. ^^ Son courroux; 161. «j- Il envoie 
à son tour un message à Guillkumé^ léà. — ^ Son départ 
de Londres } 168. -^ Il viém avec ^fl frère recdimaître 
l'énilemi; 169. -^ Disputé entre les deux frètes; 176. — 
Il envoie deux espions dans le èani^ dé GUilUutne; 173. 
•!-*- Refuse toutes les pi:*oposiWon8 du Duc j ^75.»—^ EftVoie 
savoir les nouvelles propositions de Guillaume J 1^8. — 
Détails sui" sôii àiîïi^ée; 261. ^^ Illa ra^e eh bataille et 
ddniië ses ttt^res ; :lo3i -*» Se placé kvèc ses frères an 
^fiéu de son éàmp,7efl prés dé réfeôdàrd; ^167. <»** Dis- 
cuté avec G^trth là fbh^ dés dettx àî^iûéésl std8: ^ Sa 
frayeur à là vue d*^h second côrp^ nonhand ; *b9. — 



476 TABLE OÉI^ÉRijLE 

Préparatifs et s^naqx de la bataille^ ai4« — Les Nor- 
mands sont repoussés Ters le fossé, qulls avaient franchi ; 
ai 84 — Il a l'œil droit crevé d'une flèche; aaa. — Sa 
mort; 378. — Il est enterré à Waltham; a85. . 

HASCHiEa, Harecher ou Achard, va trouver à Paris le prince 
Henri pour lui livrer Domfront; 11 , 3 1:9. 

Hasting, chef normand; i, 7. — > Il reçoit l'ordre de quitter 
son pays; 11. — Parvient en France; 1 3. -r- Son arrivée à 
Rouep ; 18. — Il dévaste le Cotentin; 19. — Après avoir 
exercé de grandes cruautés en France , il se propose d'al- 
ler à Rome; a3. 1 — Prend Luifa pour Rome; a6. -r Ruse 
qu'il emploie pour entrer dans la ville; a7. — Son bap- 
tême; 3o. — Sa mort supposée; 3i. -~ Son convoi admis 
.dans la place; ses funérailles; 3a. — Il sort de sa bière et 
pille la yille; 34. — Revient en France; 36. — Parallèle 
avec RoUon; 37. — H est envoyé en ambassade vers 
RoUon^ 6a. —Quitte la France; 65. 

Hastings^ port du comté de Sussex. La flotte de Guillaume 
débarque dans se^ environs; 11, 147* 

Hedwige, fille de Richard i*' et de Gonnor. £st mariée à 
Geoffroy, comte de Bretagne; i, 277, 33a. 

HÉLiE DE LA FLicHE, comtc du Maine, enlève le Mans à 
Guillaume-le-Roux ; 11 , 3a3. — Achète le Maine de 

. Hugues son cousin; 3a5. — Ses droits sont reconnus par 

. les Manceaux; 3a6. — H se retire au château du Loir; 
333. *** Est fait prisonnier, et envoyé à Rouen; 33?. 
— Le Roi lui rend la liberté; 339. -^ Henri i«' réclame 

. ^n aide pour terminer le siège de Bayeux; 39a. 

Hsiriix I'', roi de France, fils de Robert et de Copstance; 
1, 382. — Sa mère cherche, à faire régner à sa. place 
Robert son jeune frère; 383. — Il vient en Normandie 
implorer le secours du Duc, et est bîeix accueilli; 384- — 
Conserve la couronne, et donne pour récompense le 



DES NOMS DE, LIEUX, DHOMMES, etc. 4^7 

Yexin français au duc Robert; 385. — Demande au duc 
Guillaume la destruction du château de Tillières ; 11 , 3. 
— Le Duc y consent; 4. — Il fait raser le château, 
ravage la Normandie, et reconstruit Tillières; 6. — 
Vient à Saint-Aubin pour ravitailler le château d'Arqués, 
mais il est repoussé par les assiégeans; 12. — Le duc 
Guillaume vient en France implorer son secours » et il le 
lui accorde; a6. — Il est frappé, et renversé de son che- 
' val à la bataille du Yal des Dunes; 35; — Se relève et 
remonte à cheval; 87. — Ses sujets le déterminent à en- 
vahir la Normandie ; 7 1 . — Excès commis par l'armée 
française; 75. — Désordre et' déroute des Français à 
Mortemer; 77. — ^ Retourne vers Paris, et fait la paix 
avec le Duc ; 80. — A la sollicitation de Geoffiroi Martel, 
il entre en Normandie; 87. — Son désespoir et son cour- 
roux de la perte de son armée à Varaville ; 98. — Sa 
mort; 94. 
Henei I*' , fils de Guillaume-le-C6nquérant et de Mathilde ; 
XI, 59. — Son père lui donne cinq mille livres, et le 
recommande à ses frères ; 295. — Sa part dans l'héritage 
paternel et maternel; 3o5. — H reçoit de son frère Robert 
le Cotentin en gage, pour un prêt qu'il lui fait; 3o6. — - 
Robert lui ayant repris cette province, il se retire au 
Mont-Saint-Michel; 3iz. -^ Sur sa demande, Robert lui 
envoie un tonneau de vin; 3i6. — Il vient à Rouen avec 
Robert, qui le fait emprisonner; 3 18. — Se Ireûre à la 
cour de France, puis à Domfront; 319. — II apprend la 
mort de son frère Guillaume; 343. — Son couronnement; 
344. — Il épouse Mathilde; 346. — Leurs enfans; 347. 
«— Il envoie dans tous les ports chercher des nouvelles de 
son fils; 35 1. — Son d^iâspoir; 35a. — Préparatifs pour 
repousser l'attaque dé son frère; 358. — - Les barons 
tâchent de les réconcilier; 359. -^ Condition^ de la paix; 



47^ TABLE GÉNÉRAp; 

36a. —^ Son ressentiment contre les seigpeurs, qui avaient 
appelé son frère; 363. — Son gpùt pour la chasse; 366. 
— Il entre dans une grande colère à la nourelle de la 
seconde arrivée d^ son frèi^e en Angleterre; 368. *-r- Ro- 
bert lui abandoiine la rente qu'il Iqi faisait; 37a. -*- Il 
refuse .de fairp droit aux réclamations 4u Duc relative- 
ment à la posspssiop de Don^front^et du Cotentin; 378. 
— - Son arrivée en l^oruiandie ; il gagne les sdgneurs par 
ses largesses; 38o. — Assiège fiayç^ux ; 384» — S'empare 
de Caeu par trahison; 40a. ?r^ Met le 6\p%e devant Tin- 
chebray; 4o4- -^ Bataille de Tinchebray; il fait prison- 
nier son frère et le comte deJ)Iortain; 4o5; — Il leur fait 
subir unp longue captivité ; 4^7- 

Hbv&i JXf duc de Normandie ft roi d'Angleterre. Vf^ce le 
remercie ^ Ifu avoir donné un canpnici^t ^ Bs^yeux; i, 
272.. *n- Nouveaux reiuercimens; 11 , 95. — W^ce se 
plaint de ce qu'il ne lui a pas tenu toutes ses promesses; 
408. 

HE]iai-i«'O^ELii;uay empereur d^AUeiP^giiÇ- Louis 4'Outre- 
]k|er rec)icrGhe son alliance; ;, i^iS, — Il la refuse, à 
moins.qiie GuiUaume-i^ongue-Épée u'y iiijtervieune; 119. 
•^ £m})r#s§e le 4uc de NpnQandie, et lui fait ^ps présens; 
is^i. -rr Quillaupae cgncilie Içs ^l(él^^^ ^^ ^^^ 4^ France 
avec ceux de l'Jplinp^reu^; i^aa. r^ Sa ^le Gerberge essaie 
çn yaiu de )e iQettre danjs les intérêts de LQffîs d'Outre- 
]VIpr; J90. 

yixvai m y empereur ^'ÀUem^.gne ^ fépous^ Qunil (Çhiine- 
Un<^), fille de Kanut et d'^|iij^;a, 33 1. 

Hxifai \^y év^flue de B^yeux, est envoyé à Fécamp par 
Guiltoiune-Lopgu^^éi^ , aSa d'y baptiser spn ^; i, 
i-i3. . '. 

HBvmi, o(Hnplice d'Arnoul, epmt^ de. Flandre, dAfift 1'^- 
sassinat i» Gmllaïune-LoiiguôrÉpée; 1». i3S. 



DES NOM5 Iffi LIEUX, D'HOMMES, etc. 479 

Hi&Ai.D, suceèfle en Angleterre à Kamit son père; 11 , 64. 
r«^ Fait crever le$ yeux à Alfred, puis le fait mettre à 
mort \ 67. -r^ Sa cruauté ; sa mort ; 68. 

Heebs&t, second du nom , compte de Yermaiidois, et non de 
Senlis , comme le dit notre auteur. Sa fille épouse Guil- 
laume-Longue-Épée; i, 104. *^ Ce Duc l'engage à recon- 
naître peur roi Louis dfOutpe-Mer; ii5. rrr II vient à 
Lions visiter son gendre; 116. -tr Est mécontent de Tal- 
liagace de Louis d'Outre-Mer avec Tempereur Henri ; 1S2. 

He&beet, second du nom j comte du Mfins, recommande en 
mourant là ses sujets de prendre le duc Guillaume pour 
leur seigneur; 11, 84. •«- Sa fille est fiancée à Robert 
Courte-Heuse ; 3a4- 

HsRLOiNy comte de Ponthieu et de Montreuil. Amoul lui 
enlève le château de MontrenU; i, 199. 1-^ Il s'adresse 
inutilement au duc Hugues et au roi de France; va de- 
mander du secours à Guillaum&-Longue~Épée; i3o. -^ 
Le !puc lui accord^ sa protection; i3i. -t« Son ckâteau 
lui est rendu, et il le fait fortifier de nouvei^u; i33. ^?* Il 
engage Guillaume, mais en vain, à refuser l'entrevue 
d'Amoul; 1 34. •— Indignation d'un Normand en le.voysftt 
parmi les Français; 186. ^r^ Il est tué par un Danois; 
187. 

HermentreviUfi y aujourd'hui le faubourg Saint -Seyer, à 
Rouen; i,,âi6. — Thibaut y établit son camp; a43* 

Hertford, comté d'Angleterre. Ses barons font partie de 
l'armée d'Harold ; 11 , 902. 

HnauES, duc de Paris, dit le Grand. Est prié par Guillaume- 
Longue -Épée de recevoir pour roi Louis d'Ou|i>e-Mer; 
I, 1 15. — Vient à Lions visiter le duc de Normandie; 
116. «^ S<m mécontMitement du traité de Lo^ia d'Outre- 
Her^avec l'empereur Henri; i»3. -r? Sa réponse à Her- 
loin , à qui Ampul a enlevé le château de Montreuil; i3o. 



48o TABLE GÉNÉRALE 

— Bernard de Senlis le met dans lès intérêts de Richard ; 
162. — Il manque à sa parole, et Bernard lui adresse 
des reproches; i65. — Il fait à ce seigneur une promesse 
conditionnelle; 166. *— Entre en Basse^Normandie, et ra- 
vage cette partie de la proyinoe; 167* -r* Louis Im or- 

V donne de rendre la Basse-Normandie; 176. — Sa colère 
et son entretien avec Bernard de Sentis^ 176. — Il promet 
en mariage sa fille à Richard; 197. — Arme Richard 
chevalier; 198 . — Ses possessions sont ravagées; 199. — 
Il sort de Paris pour combattre les Allemands; 201. — 
Avant de mourir, il marie sa fille au Duc, et lui recom- 
mande sa femme et son fils; 919- 

Hugues, archevêque de Rouen, prédécesseur de Robert; i, 

Hu&ues-Capet , fils de'Hugues-le-Grand; i, 197. — Est re- 
commandé à Richard par son père mourant; 220, — Est 
élu roi après la mort de Lothaire ; 296. — Fait la guerre 
à Arnoul 11, comte de Flandre, et prend Arras; 296. 

Hugues, comte de Châlons, fait prisonnier Rainaud, g<«dre 

de Richard II ; i, 365. — Richard le sollicite en vain de 

^rendre la liberté à son gendre'; 366. — Ses terres sont 

ravagées par les Normands; 367. -«- Sa soumission; il 

rend la liberté à Rainaud; 368. 

•Hugues Babboulf ou Bardons, fait prisonqier au sî^e 
d'Arqués; u, i3«- 

Hugues Margot, moine de Fécamp. Est envoyé par Guil- 
laume en message à Harold; 11, iSg. 

Hugues , neveu d'Herbert , comte du Maine , vient réclamer 
cette province; u, 325. ~ La vend à son cousin Hélie de 
La Flèche, et s'en retourne; ibid, 

Hugues i*, comte du Maine, se joint à Eudes, comte de 

• Chartres j pour assiéger Tillières; i, 336. *— Mis en fuite 
par les Normands, il se déguise en berger; 343. 



DES NOMS DE LIEUX, D'HOMMES, etc. 481 

Humber [V)y fleuve d'Angleterre. Arrivée de Snénon dans 
ses eaux; i, 325. — Harold était de l'autre côté de 
l'Humber lorsqu'il reçut la nouvelle de l'arrivée de Guil- 
laume; II, 154. — Guillaume propose à Harold de lui 
donner le territoire situé entre ce fleuve et l'Éco^se ; 1 76. 

HuFidngdon^ chef-lieu du comté de ce nom. Ses barons font 
partie de l'armée d'Harold; 11, 302. 

I. 

IsEMBART ( Sebar ) , évêque d'Évreux ; i , 69. 

Ivon-au-Chapeau , beau-frère de Guillaume-le-Conquérant , 
fait partie, avec les autres principaux barons, du pre- 
mier conseil convoqué par le Duc relativement à l'expé- 
dition d'Angleterre; 11, 127. — On pense que c'est lui 
qui figure à la bataille d'Hastings sous le titre de seigneur 
d'Aumale; 234. 

IvHY (Raoul , comte d' ) , frère utérin de Richard i^; i, 299. 

— Est chargé par Richard 11 d'apaiser la révolte des 
vilains ; 3o8. — Inflige d'horribles supplices aux prison- 
niers; 3 II. — Conseille à Richard 11 de donner à Guil- 
laume son frère le comté d'Eu; 3 16. 

J. 

Jeak ( Hugues } , évéque de Lisieux, fils de Guillaume , comte 
d'Eu, et de Lesceline; i, 3i7. 

Jersey (l'île de). Est dévastée par Hasting; i, ai. — La 
flotte que Robert, duc de Normandie, destinait à la con- 
quête d'Angleterre, est jetée sur ses côtes; 393. 

Jérusalem, Le duc Robert forme le projet d'y aller en pèle- 
rinage; 1, 401. — Un pèlerin de Pirou en revient; 410. 

— Cette ville est sous la domination des païens; i^ii, — 
Tribut imposé aux chrétiens ; ibid, — Offrandes considé** 

II. 3l 



48a TABLE GÉNÉRALE 

râbles faites au Saiot-S^ulcre par le 'doc Robert; 4i^* 
— Robert Courte-Heuse entend parler de la croisade 
entrepri^^ pour déUvrer cette ville 9 11, Bao. — il s'y 
rend; 3 a a. 

Jo&T (le sire .de), assiste à la bataille dUasdngs; 11 , a45. 

Judith, sœur de .Geoffroy, comte de Bretagne, épouse Ri- 
chard xi; I, 35 1. — Leui^ enfans; 35a. — * «Sa mort; 353. 

Jumiegesy bourg du département de la Seine-Inférieure. Son 
abbaye est ravagée par les Normands sous la conduite 
d'Hasting; i, 17. — Visitée par RoUon; 57. — Rétablie 
par Guillaume-Longue-Épée; ia3. 



K. 



Kanut, fils de Suénon, rjègne après lui en DanemardL, et 
vient attaquer l'Angleterre ; i , 329. — S'empare de 
Londres; 33o. : — Éppuse Emma, veuve d'Éthelred; 33 1. 
— Le duc Robert envoie une expéditipn contre lui pour 
recoiiquérir le royaume de ses neveux; 39a. — Sa mort; 
n, 64. 

Kent, comté d'Angletenre. Ses barons figurent dans Tannée 
d'Harold; 11, aoi. — Ce prince les place en tête de son 
armée , conformément à* l'usage reçu ; 206. — Ils com- 
battent vaillamment à la bataille d'Hastings; 375. — 
Guillaume reprend à Odon ce comté; a97. 

Lagt (le sire de)^ assiste à la b^ta^Ue (i'H^t^igs^ |i , ^k%9 95a. 
Laison , rivière. L'armé^ fr^iç^çajise ^st cai^ni^é^ ^wr ses 

bords; 11, a7. 
Lambert, frère de Herloin, comte de Poi^thiçu; f, %irj. 



DES NOMS DE LIEUX, D'HOMMES, etc. 483 

Lande-Pourrie (la forêt 4»), entoure Yvrande; ii, 398. 

liAirriiAirG , archevêque de Cantorbéry, eouronne Guillaume- 
le- Roux à Westminster; 11, 3o5. 

Langres, vilb du département de la Haute-Marne. Robert, 
duc de Normandie, y passe pour aller à Jérusal^n; i, 
404. -^ Hugues la quitte pour venir rédamer le Maine ; 
II, 824. 

Laon, chef-lieu du département de FAisne. Lothaire y naît 
en 941 ; I, I a S. -p» Lb.ûis d'Outrer-Mer s'y rend avec le 
jeune duc Richard; i47' — Ses soldat» sont désignés par 
le Roi pour entrer en Normandie par le Beauvoisis ; 11 , 72. 

LatolettCy lieu aujourd'hui inconnu; i, ai. 

Le Sommet y commune du département de la Manche. Les 
soldats de ce lieu combattent à Hasiingis; |i, 249. 

LESGEiiiNE, fille de Turketil, épouse Guillaume, comte d'Eu, 
frère de Richard 11; i, 3i6. -<« Fonde Tabbaye de Saint- 
Pierre-sur-Dive. Ses enfans; ibid. 

Lewinb , frère d'Harold et de Gurth. Est étQimé de ne pas 
trouver ses deux frères dans leur tente; 11, 17a. — Se 
place près d'eux à la bataille d'Hastings; 907. 

Lieupiity territoire de Lisieux; i, 174» "-— Le duc Guillaume 
y lève des soldats; 11, 27. — Une armée française se dis- 
pose à le ravager; 78. 

Lincoln y chef- lieu du comté de ce nom. Ses barons fcmt 
partie de l'armée d'Harold; 11, 202. 

Idndsey, portion du comté de Lineoln. Ses barons font partie 
de l'armée d'Harold; 11, 209. 

lions-la-Forét y bourg du département de l'ï^e. GuiUaume- 
Longue-Épée y donne une fête brillante ^ plusieurs grands 
seigneurs de France; i, ii5. -» Il est ravagé par Louis 
d'Outre-Mer; 168. -^ Un chevalier tranche la tête à une 
demoiselle dans la foret voisine; il est ensuite tué par Ri* 
chard; 288. 



484 TABLE GÉNÉRALE 

Lisieux y ville du département du Calvados; i, 67, 164. — 
A pour évéque Jean (Hugues), fils de Guillaume, comte 
d'Eu, et de Lesceline; 317. 

LiTHAiRE ( le sire de ) , assisté à la bataille d'Hastings ; 11 , 
235. 

Loir (château du), place forte appartenant au comte fiélie 
de la Flèche; 11, 334. 

Lomhardie, Maître Bernard quitte ce pays pour venir à 
Rouen trouver Richard 11; i,*359. — Le duc Robert le 
traverse pour aller à Jérusalem ; 406. 

Londres y capitale de l'Angleterre, appelée d'abord Trino- 
bante; i, 5, i55. — Est assiégée par Suénon , roi de 
Danemarck ; 326. — La ville capitule ; 3^7. — Est assiégée 
de nouveau par ÏLanut, fils de Suénon; 329. — • Les ha- 
bitans se soumettent; 33o. — Arrivée dllarold; 11, i58. 
— Ce prince j rassemble son armée; i65. — Les habitans 
de Londres sont chargés à Hastings de la garde du Roi et 
de l'étendard ; 206. — Les fuyards , après la bataille , ne 
s'arrêtent que dans cette ville ; le pont s'écroule sous eux; 
.280. — Robert Courle-Heuse s'avance vers Londres^ 357- 

Long-Paon, paroisse de Darnetal. Aventure d'un paysan et 
de sa femme ; i , 99. 

Lorraine, province de France, donnée à Othon; i, 199. 

L0THAIRE, roi de France, fils de Louis d'Outre -Mer. Sa 
naissance; i, i23. — Guillaume-Longue-Épée lui sert de 
parrain; ibid.—' Il succède à «son père; 219. — S'allie 
avec Thibaud ; 22 1 . -^ Est blâmé de sa conduite envers 
Richard; 224. —• Prépare de nouvelles embûches à Ri- 
<;hard, à la sollicitation de Thibaud; 226. — Envoie un 
message à Richard; 227. — L'invite à se rendre sur les 
bords de l'Éaulne; 229. — Passe cette rivière; 234. — 
Cherche en vain à forcer le passage de la Dieppe, et est 
repoussé par Richard; 235. — Bat en retraite, et retourne 



DES NOMS DÉ LIEUX, D'HOMMES, etc. 485 

en France; 338. — Impatient de se venger, il rassemble 
son armée ; 241. — Assiège Évreax , et le donne à Thi- 
baud; 34 a. — Ravages exercés dans ses états par les 
Danois et les Normands; a53. — Remontrances qui lui 
sont adressées par les évéques; 254. — Il envoie Tévéque 
de Chartres en ambassade vers Richard ; 2S6. — Fait la 
paix avec lui; 363. — Sa mort; 395. 

LoTROc (ou Lodbrog), père de Bier; i, 8 , 11. 

Louduny ville du département de la Vienne. Est enlevée à 
Guillaume de Poitiers par GeofTroi Martel; 11 ,47* 

Louis IV, dit d^Outre-MeTy roi de France , fils de Charles-le- 
Simple, est recommandé à Guillaume-Longue-Épée par 
Athelstau (Alfred-le-Grand) son oncle; i, 114. — Par- 
vient an trône par le crédit du duc de Normandie; 1 15. 

— Il est en guerre avec ses barons, et recherche Talliance 
de Henri, empereur d'Allemagne; 118. — Henri refuse 
de s'allier avec lui sans l'intervention «e Guillaume; 1 19. 

— Louis vient à Rouen implorer la protection du Duc ; 
ibid. — Accompagné de Guillaume-Longue-Épée , il va 
trouver l'empereur Henri; 120. — Guillaume cmicilie 
les intérêts des deux monarques; 122. — Naissance de 
son fils Lothaire; 133. — » Sa réponse à Herloin au sujet 
du château de Montreuil ; 1 3o. — Il apprend l'assassinat 
de Guillaume, et vient trouver Richard son fils, 142. — 
S*empare de sa personne; i43. — Effrayé, il relâche 
Richard; i45. — Rend au jeune Duc ses états; 146. — 
Promet de punir Amoul , et emmène Richard à sa cour ; 
147. — Est apaisé par les présens d'Arnoul; 148. — On 
lui conseille de garder Richard et la Normandie ; 1 5o. -— • 
Menace Osmond de lui faire crever les yeux , et Richard 
de lui faire couper les jarrets; 1 53. — Son dépit de l'éva- 
sion de Richard ; il demande une entrevue à Amoul; i63. 
— • Suit le conseil d'Arnoul; 164. — Entre en Normandie, 



486 TABLE GÉNÉRALE 

et y exerce des ravages ; 1 67 . •*- Arrive à Rouen ; 169. — Il 
est reça arec des démonstrations de joie ; 170.—** Discours 
artificieux de Bemard-le-Danois; 171. — Le Roi se laisse 
gagner par les conseils de Bernard; 174. -^ Ordonne à 
Hugues de rendre la Basse-Normandie; 175. «^ Accorde 
à un courtisan la femme et le» biens de Bemard-4e- 
Danois; 179. — Instruit de l'arrivée d'Harald, il ras- 
semble ses troupes; i85. -— Son entrevue avec Haraki; 
1 86. -^ Défaite des Français* Il est pris par les Normands; 
i88. -— Gagne un Nonnand et s'évade; il est repris de 
nouveau et mis en prison à Ronai; 189.^ •— Fait la paix 
avec Richard; 191. < — Son entrevue avec Harald; 192. 
Il exempte Richard de tout service féodal ; 1 93. --^ A la 
sollidtation d'Amoul ^ fait là guerre à Ricard ; 199. — 
Il est obligé de lever le siège de Rouen; 214. «^^ Ses soldats 
s'enfuient en désordre; 217.-^ Il est poursuivi jusqu'à 
Amiens, et metA de chagrin; 218. 

Loupières, commune dû département du Calvados. Est donnée 
à l'abbaye de Cerisy par Auvray-le-Géant;> lï, 17. 

Lucène, château occupé par le comte Reinaud; i, 61. Fqjrez 
les additions et corrections. 

Luna, port de Toscane. Les Normands y abordent; descrip- 
tion de la ville ; i , 24. *— Un enCant de chceur y prédit 
l'arrivée des Normands; 25. -^ Cette ville est prise pour 
Rome; 26. -^ Stratagème d'Hasting pour y entrer; 27. 
-^ Pillage de la ville ; 34. -*^ Les Normands s'aperçoivent 
deleur rtiéprise; 35. 

M. 

Maoneville (Geoiïroi, seigneur de), asabte à la bataille 

dUastings; 11, 238; note a; ibid. 
Maine, province de France. Les Manceaux font partie du 

deuxième corps d'armée à la bataille dTfastings; 11 , 199. 



DES NOMS DE LIEUX, D'HOMMES, etc. 487 

— Guillaïune-le-ConquérftQt s'tmpkte dd Maine; 3^4* "^ 
Il le laisse en mourant à Robert son* iLh^tèid,-^ Hélie de 
la Flèche Tacheté de Hugaes sonf oensin ; 3a5. --^ PiHIttge 
exercé par les Manceaux au siège de Bayenx;* %4. 

Maisy-y commune du département du Gal^adosf,* dont Elamon- 
aux-Dents était seigneur ; Ry 3.7.. 

Malgolm , roi d'Ecosse. Sa fille Muâdlde épouse Henri' i**^ , 
roi d'Angleterre ; II , 346. 

Maillet (Gmllauine), court de grands dangersi à la bataille 
. d'Hastings. Il est sauvé par lies dres de Montfort et de 
Vieux-Pont ; 11 , a 29. 

Mans (le), chef-lieu du département cte laSarthe. Le duc 
Gmilaume soumet cette tille,' qui avait pris part à Tex- 
pédition de Geoffroi Martçi; iiy 8^^* — Il 7 faôt bÂtk un 
château-fort^ 84* — Hélie de la Flèche enlève te Mans à 
Guillaume-le-Roux;. 3^3. — Lés habîtans lui ooVTent 
leurs portes; 337. —^ Guillaunté-le^Ronx s'en empare de 
nouveau; 333. 

Mantes y ville du département de SeÎBe^t-Oisew Henri i*', 
roi de France, y rassemble seS' troupes- pour entrer en 
Normandie; 11, 72. — Elle est incendiée par Guillaume- 
le-Conquérant ; 291. 

Mare (Hugues de La)^ assiste k la bataille d'Hastings; 11, 
a35. 

Ma&mion (Roger), assiste à la bataille. d'Hasdngs^ it y a47- 

MA&TEii, seigneur de Bacqueville,' assista à- la bataille d^Hiâi* 
tings; II, a5o. 

l^&TiN , abbé de Jumièg^^ i , 2.%^*^^ Gberohé- à dissuader 
Guillaume-Longue-Épée de se faire moine; 134. -^ Lui 
offre l'hospitalité; l'A, 

Maslony maslon! cri de guerre des Bretons; i, 389. 

J^athieu, bourg du département du* Calvados ,> fouriik des 
soldats à la bataille d'Hastings; it,a^. 



488 TABL£ GÉNÉRALE 

Mathilde, fille de Richard i^' et de Gonnor. £st mariée à 

Eudes, comte de Blois et de Chartres; i, 378, 33 3. 
Mathilde, fille de Baudouin , comte de Flandre. Épouse 
Guillaume-le*Conquérant ; 11 , 58. — Époque à laquelle 
on doit rapporter ce mariage; 198 , note 4. — Fonde à 
Caen Tabbaye de la Sainte-Trinité , et y est ensevelie ; 96. 
Mathilde, fille de Malcolm, roi d'Ecosse. Épouse le roi 

Henri i"; 11, 846. 
Mathilde, fille de Henri i"*^ et de« Mathilde d'Ecosse. Est 

mariée à l'empereur d'Allemagne; 11 , 347* 
Mauger, fils de Richard 1*^ et de Gonnor; i, 277. 
Maugee, fils de Richard 11 et de Papie, archevêque de 
Rouen après la mort de Robert son oncle; i, 358. — 
Excommunie Guillaume-le-Conquérant et sa femme pour 
s'être mariés sans dispense; 11 , 59. — Est remplacé par 
Maurile , et se retire dans les iles du Cotentin ; 6 1 . — U se 
noie 9 et est enterré à Cherbourg; 63. 
Maupertuis, lieu où les Normands atteignent les Français 

et les Allemands; i, 217. 
BIaueile, est nommé archevêque de Rouen en remplacement 

de Mauger; 11, 61. 

Mayenne, ville du département de ce nom. Le duc Guillaume 

la fait raser, et ne la rétablit que long-temps après ; n , 86. 

Mayenke (GeofFroi, seigneur de), dispute le Mans au duc 

Guillaume; 11, 85. — Assiste à la bataille d'Hastings; a4o. 

Mayet, bourg du département de la Sarthe. Le château, 

appartenant à Hélie de la Flèche, est assiégé par Guii- 

laume-le-Roux ; u, 884* — Le Roi est obligé de lever le 

siège, 386. 

Méance, rivière. L'armée normande est cantonnée sur ses 

bords; 11, 28. 
Méhendin, commune du département de l'Orne. Le duc 
Guillaume y passe pour aller à Alençon ; i , 49- 



DES NOMS DE LIEUX, DHOMMES, etc. 489 

Mélianty lieu aujourd'hui inconnu; i, ai. 

MeÎMuiy chef-lieu du département de Seine-et-Marne. Lo~ 

thaire y convoque ses barons; i, a4i- — ^ assemble les 

éyéques; a54. 
Meulan, ville du département de Seine-et-Oise. Est prise 

par les Normands; i, SS. — Ses soldats sont désignés par 

le Roi pour entrer en Normandie par le Beauvoisis; 11, 7a. 

— La famille de Roger de Beaumont hérite du comté de 
Meulan; a 29. — Cette ville est le même lieu que Lucène. 
Voyez les additions et corrections. 

Meulan (Robert, comte de), dissuade Henri i*' de mettre 
son frère en prison; 11, 368. — Effraie le Duc sur les 
conséquences de son voyage en Angleterre; 870. 

Meulan (Yaleran de). Eudes réclame son secours; i, 336. 

— Il est mis en déroute par les Normands ; 34a. 
Meuse (ya^ y rivière. Louis d'Outre-Mer et Guillaume-Longue- 

Épée ont une entrevue sur ses bords avec l'empereur 

Henri; i, lao. 
JHézidon, commune du département du Calvados; 11, 37. 
Michel de Saines (de Bayeux), fils de l'archevêque Man- 
ger; II, 6a. 
Milety nom d'une porte de la ville de Caen, située vers 

Yaucelles; 11, 38a, 40a. 
MirebeL Est enlevé à Guillaume, comte de Poitou, par 

Geoffroi Martel; 11, 47- 
Mirmande, Arrivée des Normands dans ce lieu; i, 367. 

Voyez les additions et corrections. 
MoLAY (le sire du), assiste à la bataille d'Hastings; n, s5i, 

369. 
Monceaux (le sire de), assiste à la bataille d'Hastings; 11, 

35 1. 

MoNTBRAY (le sire de), assiste à la bataille d'Hastings; 11, 
a59. 



490 TABLE GÉNÉRALE 

Montebourg, bourg du départeflaéiit it Ift Manefae, détruit 

par Hasting; i,8i. 
MoNTFiGHET OU MoNFiQUET (le sirc de)y assiste à la bataille 

d'Hastings; ii, a 55. 
MoNTFORT (Hugues de) y premier dumné, Ihrrff à yatvqœfin 

de Ferrières un combat dans lequel toui lesdenx soÉt tnés; 



II y s. 



MoNTFORT (Hugues de) y second du nom y satinre bi vie à 
Guillaume Mallet à la bataille é'Hastiogs ;> tue phnîeurs 
Anglais; ii, a44- 

MoNTGOMERi (Rogcr dc), est eofyoyé vers- Géoffroî Ifartel 
par le duc Guillaume ; ii , 54* — Guillaame Ivi demaBde 
son secours pour la conquête de FAagletcrve ; i sfi. — 
Ck>mmande le premier corps d'armée, avec Ouillamne de 
Breteuil; 199. — Tue un guerrier an^kiisy t^^'ff-^ €om- 
bat vaillamment; 27*3. 

Mont-Haguez , lieu qu'on pense être auJMird'bfû Mkxit- 
Hucbon ou Mont-Aigu ; 1 , ai. 

Montjoie, cri de guerre des Français j ly a38;rifty 34- 

MoiUlhéry, ville du département de Seine-et-Oise. Ses soldais 
sont désignés par le Roi pour entrer en Noihnandie par 
Mantes; 11, yS. 

Montreuil, ville du département du Pas»-de-€alais« Est en- 
levée à Herloin par Arnoul; i, 139. — £st assiégée par 
Guillaume-Longue-Épée et prise d*aasatit;>iy i3^i. <— Est 
rendue à Herloin; rSS.* -<- Fortifiée de nouveau-; Md* 

Mont Saint-Bernard; i, a53. — Robert ^d«ic de Nonaandie, 
le traverse pour arriver à Rome; 406. 

Mont Saint-Michel, ville du département de la Manche; 1 y 
93. •— Fondation de Tabbaye par Richard* i*"' ; 297. -^ 
Robert, duc de Normandie, s'y rend pour passer en Bre- 
tagne^ 395.'— Henri y fils de GuillaitOM^-le-GoBqaénait > 
s'y réfugie; 11, 3i i. — Hugues, comte d'Avranche», '"^ 



DES NOMS DE UEUX, D'HOMMES, etc. 491 
conseille de s'y fortifier^ 3ia. — - La plaoe est assiégée par 
Robert Courte-Heose et par Guillaume~le-Roux^3j4* 

Moriain, ville da département de la Manche; i, 174 > 184 ; 
II, 74. 

Mo&TAiN (Guillaume, oomte de), cherche à réconcilier Ro- 
bert el Henri; n, 36o. -^ Ressentiment de Henri contre 
lui; 364. *— Son château de Tinchebraj est assiégé; 4o4* 
— • Il est fait prisonnier à la bataille qui a lieu sous les 
murs de cette place, et envoyé en Angleterre; 4o5. -^ 
Durée de sa captivité; 407* 

MoRTAiN (Robert de), frère utérin de Guillaume-le-€on- 
quérant. Le Duc lui demande son secours pour la con- 
quête de l'Angleterre; 11, 126. -^ Il assiste à la bataille 
d'HastingS} :àSQ. 

Mortemer-sur^Eaulne , bourg du département de la Seine- 
Inférieure. L'armée française, envoyée par Henri i*', sé- 
journe une nuit dans cette place ; 11 , 75« — Les Normands 
l'incendient, et mettent en déroute les Français;. 76. 

Mo&TEMER (Hugues de), cité comme ayant assisté à la ba- 
taille d'Hastings; 11, 263. 

Moulius-la-Marchs (Guillaume, seigneur de),r assiste à la 
bataille d'Hastings; 11, 339. 

Moton (Guillaume de), assiste à la bataille d'Hastings; 11, 
246. 

Muriel, fille d'Herlouin et sœur utérine de Guillanme-le- 
Conquérant. Mariée à Ivon ; 11, 1 27 , 235. 

N. 

Naaughodomosca. Remarque sar ses actions; i ^ a , 269. 
Nantes, ancien nom de Saint-Marcouf^ i, 20. 
N^Hou (le sire de), assiste à la bataiUe d'Hastings; ix, 236. 
Neusine. Ce nom est remplacé par celui de N&rmanéie} i, 

5,7,59. 



49» TABLE GÉNÉRALE 

Nicée, ville d'Anatolie, où meurt Robert i", duc de Nor- 
mandie ; I, 4i3« — Robert Courte-Heuse entend parler de 
la prise de Nicée; ii, 32o. 

NiGHOLEy de Caen, prend part à la trahison par laquelle 
cette ville est livrée à Henri i*'; ii, 4®o. 

Nicolas, fib naturel de Richard ni, embrasse l'état ecclé- 
siastique, et est élu abbé de Saint-Ouen; i, 872. 

Ninioe, ville et capitale de l'empire d'Assyrie; 1,2, 269. 

Normandie, Était appelée Neustrie ; i, 5* — Étymologie de 
son nom; 6, 267. — Arrivée des Normands, 17. — Dis^ 
sertation sur son nom ; 59. — * RoUon partage cette pro- 
vince entre ses compagnons, et y établit une police sé- 
vère; 97. — Harald, roi de Danemarck, vient s'y réfugier; 
128. — Douleur des Normands à la mort de Guillaume- 
Longue-Épée; 139. -* Envahissement de la province par 
Louis d'Outre-Mer et Hugues; 167, *— EfFroi des Nor- 
mands et des Normandes; 180. — Leur mécontentement 
de l'administration de Raoul Torte; i83. -* La Basse- 
Normandie s'insurge et se joint à Harald ; 1 84* — Othon 
et Louis entrent en Normandie; 199. — Richard y éta- 
blit de bonnes lois ; 249. — Invasion d'une armée française 
sous les ordres du roi Henri i**; n, 72. — Retour de 
Guillaume après son couronnement en Angleterre; 288. 
— - Caractère des habitans ; 293. 

Norfolk, comté d'Angleterre. Ses barons font partie de l'ar- 
mée d'Harold; 11, 202. 

Northampton , chef-lieu du comté de ce nom. Ses barons font 
partie de l'armée d'Harold ; 11 , 202. 

Northamberiand , comté d'Angleterre. Guillamne propose à 
Harold de le lui céder ; 11 , 1 7 9. 

Norvège, Mœurs de ce pays; i, 7. 

Nonvick, chef-lieu du comté de Norfolk. Ses barons font 
partie de l'armée d'Harold ; 11 , 202. 



DES NOMS DE LIEUX, D'HOMMES, etc. 498 

NotHngham, chef-lieu du comté de ce nom. Ses barons font 

partie de Tarmée d'Haroid ; 11 , ao2. 
Nqyon , ville du département de l'Oise. Ses soldats sont 

désignés par le Roi pour entrer en Normandie par lé 

BeauYoisis; 11, 72. 

0. 

« 

Odon y éyéque de Bayeux , fils dllerlouin de Conteville , et 
frère de Guillaume. Le Duc lui demande son secours pour 
la conquête de l'Angleterre; 11, 126. — Il préside aux 
actes de piété des Normands à Hastings; i85. -* Calme 
leur frayeur; 219. — Détails sur sa vie, son caractère et 
son administration en Angleterre. Guillaume, avant de 
mourir , le délivre de prison ; 296. 

OoiER ( Raoul ) , père de Thi$ei^^ fait prisonnier à Cagny ; 
II, 395. — Sa famille prend part à la trahison des habi- 
tans de Caen ; 400. 

Oliviea. Taillefer chante ses exploits à la bataille d'Has- 
tings; II, 214. — Les barons normands élèvent Guillaume 
au-dessus de lui; 283. 

Orbec (Richard d'), assiste à la bataille d'Hastings; 11, 264. 

OaiGinr (le sire d'), assiste à la bataille d'Hastings; 11, 2 5g. 

Orléans, chef-lieu du département du Loiret. Nommé autre- 
fois Génabes; i, 267. — Les Normands passent par cette 
ville; 23, 174* ""* Les soldats d'Orléans sont désignés par 
le Roi pour entrer en Normandie par Mantes ; 11 , 7 a. 

Orne, rivière. Un grand nombre de Normands rebelles mis 
en déroute à la bataille du Val des Dunes se noie dans ses 
eaux; 11, 42* — Le roi de France et GeofFroi Martel la 
traversent; 89. 

Orval, commune du département de la Manche. Ses soldats 
combattent à Hastings; 11, a49* 



494 TABLE GÉNÉRALE 

OsBERNE, père de Guillaume de Breteuil,' sénéchal de Guil- 
laume; II, 54. 

OsMOND , gouverneur de Richard i». Amène le jeune prince 
à Louis d'Outre-Mer; i , 142. — S'aperçoit des intentions 
du Roi; i43. — Accompagne le Duc à Laon; 14^. — 
Menaces du Roi de lui fajrç crever les yeux ; 1 53. ^ Il 
promet à Louis que Richard ne cherchera pas à se sau- 
ver; i54* — Fait annoncer aux Rouennais la captivité de 
Richard; i56. — Console ce prince; 157. — Lui in- 
dique le moyen de s'évader; i58. — L'emporte dans une 
botte de paille, et le sauve; 160, — Arrive à Coud-Ie- 
Châtel; 161. 

OsMONT. Traditions qui le concernent dans les récits des 
jongleurs; i, 106. 

Othon, empereur d'Allemagne, ftls de Henri 1**. Est solli- 
cité par Amoul de combiktre Ridiard ; t, 198. —* Fait la 
guerre à Richard et à Hugues; 199. — Cherche à sur- 
prendre Rouen; 200. — Son neveu es€ tué par Richard; 
so4« — Il est mis en déroute ; 2o5. — Sa douleur de la 
mort de son neveu ; 206. — Discute avec ses barons les 
difficultés du siège de Rouen; 210. — Vient prier sur le 
tombeau de saint Ouen; 212. — Délibère de nouveau 
sur le siège de Rouen; ibid. — Irrité contre Amoul, il 
veut le livrer à Richard, mais ses barons l'en empêchent; 
2i3. « — H se détermine à la retraite; 214. 7— Son armée 
s'enfuit en désordre; 217. — Il est poursuivi jusqu'à 
Amiens; 218. 

OuiLLY ou OiLLiK (Ic sirc d'), assiste à la bataille d'Has- 
tings; II, 262. 

P. 

Pact (le sire de), assiste à la bataille d'Hastings; 11 ^ 25i. 
Paillart, lieu aujourd'hui inconnu; 1,21. 



DES NOMS D£ LIEUX, D'HOMMKS, etc. 49$ 

P^xsNKLy s&^çmuF des Moatwrs^obert, assiste à la bataflle 
4'Hasiiiog$^ II, Q48. Fofez les addkions et corrections. 

pAPos^ épouse Rickacd 11. Leur -postérité ; i, 353. 

Paris, capitale de la France. Était appelée Lutèce; i, 5. •— 
Pst ravagée par les Normands, ainsi que ses environs; 1 8. 
— A$9iégée par RûUon ; 6^, -* fiemard de Sentis vient y 
trouver Jlugxiesr-le^raiid; 16a. 

Piissais, contrée du département de l'Oni^; i, 174* *-~ Geof- 
froy, comte d'Anjou, y fait la guerre à Richard ; a 49* — 
Grcvoffroi Martel est jaloux de ce que ce pays est sous la 
domination du duis Guillaume; n, 81. 

Pati^t (Guillaume, seigneur de la Laitqx-) , cherdie, à la 
bataille d'Hastings, Harold, qu'il avait reçu dans son 
cb4teau; u, aiSa. 

Péquigny, ville du département de la Somme. Guâlaume-> 
Longue-Épée et Amoul s'y vendent pour une entrevue, à 
la suite «Le laquelle Guillaume est assassiné; i, i35. 

Perche ( le ), pays attenant à 1^ Normandie. Ses soldats sont 
désignés par le Roi pour entrer en Normandie par Mantes; 
II, 7a. 

PiaoNNE (le comte de). Richard 11 lui donne les manoirs 
d'Elbeuf et de Chamboy ; i , 366. 

Pevensey, port du combé de Susses. Guillaume s'empare du 
château; 11, i53. 

Phiu»?e ï", roi de Fvance, fils amé de Henri i*'. Succède à 
son père ; 11 , 94- ^^ Refose à Guillaume son assistance 
içontre Harold; i35. — » FMt la guerre à Guillaume. Mau- 
vaise plaisanterie à l'égard du Due malade; 390. 

Pins (le seigneur des) , assiste à la bataille d'Hastings; 11, a 39. 

Pirou, commune du département de la Manche. Un pèlerin 
4e «et endffoit rencontre ie duc Robert dans son voyage 
à Jérusalem; i, 4 10. — Le seigneur de Pirou assiste à la 
hs^aille d'Hasëngs; n, a36. 



496 TABLE GÉNÉRALE 

Plessis (Grimoult du), seigneur normand. Gui de Bourgogne 
l'engage à se révolter contre le duc Guillaume; 11, tio.— 
Il est maudit par les serviteurs du Duc; a6. — • Le Duc se 
plaint de lui au roi de France; 27. — Fait prisonnier, il 
est conduit à Rouen, et meurt en prison, 4 S- — Une por- 
tion de ses biens est donnée à la cathédrale de Bayeux ; 4^- 

Pointel, commune du département de TOme. Le duc Guil- 
laume y passe pour se rendre à Alençon; 11, 49- 

Poitou et Gascogne, étaient appelés Aquitaine; r, 5. — Les 
Poitevins font partie du deuxième corps de l'armée de 
Guillaume à la bataille d'Hastings; 11, 199. 

Poix , ville du département de la Somme. Ses soldats se 
mettent au service de Richard 1"^; i, aSo. — Font partie 
du premier corps d'armée de Guillaume à la bataille 
d'Hastings; 11, 199. 

Pont'Audemery ville du département de l'Eure. Guillaume-Ie- 
Conquérant la traverse pour se rendre à Arques; 11, i5. 

Pont-de-V Arche , ville du département de l'Eure. Est occu- 
pée par Rollon; i, 60. 

Pontefract ou Pomfret, ville du comté dTork. Tostig est tué 
dans ses environs; 11, i56. 

Ponthieu , contrée du département de la Somme. Ses soldats 
sont désignés par le Roi pour entrer en Normandie par le 
Beauvoisis; II, 7a. 

Pontoise, ville du département de Seine-et-Oise; i, 199. — 
Est donnée à Robert, duc de Nonnandie, par Henri x*'; 385. 

Pontorson y ville du département de la Manche. Le duc Ro- 
bert y établit, dit-on, une forteresse; i, 386. 

Pope, fille de Bérenger. Ses. amours avec Rollon; i, 68. — 
Elle épouse ce prince; loa. 

Porchester, port de la côte méridi<»iale d'Angleterre. Ro- 
bert Courte-Heuse y débarque; 11, 357. 

Port (le sire de), assiste à la bataille d'Hastings; 11, a44. 



DES NQMS DE LIEUX, D'HOMMES, etc. 49,7 

PQrtsmoiah, port du Biampshire. Élhelrecl y réunit sa flotte 
pour faire la guerre à Richard ii; 1, 317.'— Arrivée de 
Robert CourterHeuse ; II , 357.. 

Pouilie (la),. province du royaume de Haple^ Robert d'Ar-< 
gouges s'y réfugie; 11, 390. 

PBAi&Es. (le sire de), assiste à la bataille 4'Hastings; 11, 
a53. 

Pré de la Bataille 9 lieu où Guillaume-Longue-Épée reuiporta 
une victoire signalée sur Rioulf ; i, 114. 

PBiAux ()e sire de), assiste à là bataille d'Hastingsjii, ntSo. 

Provins, ville du département de Seine-et-Marne. Ses sol- 
dats sont désignés par le Roi pour entrer en Normandie 
par le Beauvoisis; 11, 72. 

R. 

Rautaud i^, comte de Bourgogni^, épouse Alix de Norman- 
die; I, 352. — Est fait prisonnier par Hugues, comte de 
Châlons; 365. -^ Est délivré par les troupes de Richard u; 
368. 

Rainixr 1*', comte de Hainaut, ^oppose inutilement aux ra- 
vages des Normands; i, 53* — Est fait prisonnier par Rol- 
lon; 54* — Sa femme obtient sa liberté; 55. 

Raoul , seigneur normand; i> i47« — Autre, seigneur nor- 
mand de ce nom, frère utérin de Richard i^, et comte 
d'Ivry ; 299 , 3o8 ,♦ 3 1 1 . 

RsBEHGiL (le sire de), assiste à la bataille d'Hastings; 11,. 
a69. 

Reims y ville du. département de la Marne. Ses soldats sont 

. désignés par le Roi pour entrer en Normandie par le Beau- 
Toisis; IX, 72. 
REiHAUiiT, comte français. Cherche les moyens de repous- 
ser* RoUôn; I, 61. — Consulte Hasting; 63. — Livre 

II. Sa 



49^ TABLE GÉNÉRALE . 

bataille aux Norfiianâs, et est vaiscu ; 65« -^ Sa flipvt sous 
les mars de Paris; 66. 

Rembaut, comte dé Frise, s^oppose en Vain li«lliifa^oil de 
Rollon; t, S3v 

Renouf de BRiQUEssAaT , vicomte • do- Bettin , 96 révolte 
contre le duc Guillaume f ii , iS# — Le Dup se plaint de 
•lui au roi de FVance ; 27. — Son cri de guerre à la ba- 
Uille du Val des Dunes est iaim Sa^erJ sire iaim Seperî 
34. — Découragé-, il- prcnadla fuite; 40. 

Révises (le sire dé), assiste à là bataille d'Bastings; 11, 34^* 
--T Son fib Richard de Reviers passe au service du prince 
Henri; 3o6. 

Revonmimc, lieu aujourd'hui inconnu; k, ao. 

/ÎA//1 (le),*fleuve; I, 189. » 

RiCHAEb , dit Z? Justicier, duc de Boui^ogne; i, 74* — Vient 
au secours de Chartres ; 80. •'— Poursuit les Normands; 84> 

Riciuaii i^, duc de Normandie^ fils dé GuiUaume-Longae- 
Épée; I, ia5* -— Parle danois er normand; ia6. — 
Son portrait; 427, — Sa douleitr à la mort de son père; 
140. r— Il administre le duché; 141. — Louis d'Outre- 
Mer vient le voir; 142. -^ Sa captivité; i43. ^^ Louis 
. effrayé le relàehe; t45. — Il eAt emmené à la cour du roi 
de France; 147* — Lés envoyés d'Amoul conseillent â 
Louis d'Outre-Mer de le garder avec la Normalidie; iSi. 
— Le Roi lui.défE^nd de sortir de Lacm; i5». --r Jaloaôe 
de la Reine et menaces du Roi; x 53, -^ Il se chagrine de 
sa captivité; i54* -r Sa. réponse à I^ouid d'Outre-Mer; 
i56. — Osmont le cousole; 157. — Osipoot lui indique 
le moyen de se sauver; 1S8. -—Il suit ses oontôils; iSg. 
-— Son évasion; lôc^. — ^ Il arrive à Gottçî<4e-Châtd; 161. 
-* Bernard met Hugues dans jses intérêts; 169. — • Lo«is 
et Amoul se consultent poui: lui iluire ; i63« — Retenu à 
Senlis^ il s'afflige d'être dépouillé de son duché; 18 1. — 



DES NOMS DE UEtIX, 6'HOMMES, etc. 499 

Harald vknt à. son secpur^; |83; -^ H rentre en posses- 
sion de son duché; 1^2. -^ Lotiis l'exenipte de tout ser- 
vice féodal; ^93. •— Son titrée solennelle dans Rouen; 
Md. ««•Ses ûdens et sa piété; 194. -—Il chasse de sa cour 
Raoul Torte; 196. -^ Hugues lai promet sa fille en ma-^ 
riage; «197. -^ Il est fait chevalier; 198.— Se dispose à 
repousser l'attaque de Louis et d'Othon ; sioi. «^ Sort de 
Rouen à la tète de la garnison ; 204. ««^ Tue le neveu 
d'Othon : ûtiiL ^*^ Met eil déroute les Allemands ; 2o5. — 
Son .mariage avec la fille de Hugues; a 19; «—Sa guerre 
avec le comté Thibaud ; 110. -^ il est invité par Brunon 
à se rendre à Béanvais; aai». ^^ Instruit des embûches 
qui lui sont tendues , il retourne vers Rouen ; aa3. — 
Lothàire lui tend de nouveaux piégés; aa6. —-Il reçoit 
un message de oe prince; !ia7. *^ Accepte une entrevue 
sur les bords de TEaube ; aà9. «^ Envoie trois espions 
observer la oenduite de Lothàire; 2i3o. — Ils lui appren- 
nent que le Rbi n*est entouré que de ses^ ennemis; !i3i. 
•**- Il s'oppose au passage de l'Eaulne par les Français; 
"233. — ^ Se recire sur la Dieppe ; a34» -^ Défend le pas- 
sage de cette rivière ^ et met Lothàire en déroute; a35. — 
Délitre par son courage Gatttier*le-yeneur; %36. -^ Re- 
tourne à Rouen; a4o. «— Va par représailles ravager le 
pays Chartrain; a4a. -^ De retour à Rouen ,. il fait passer 
de nuit la Seine à ses soldats ; a44. -^ Harangué son ar- 
mée, et attaqué Thibaut, a45. — I>éroûte de Thibaut ; 
947. •-*• Fait eiiterrer les morts et soigkiér les blessés; a4B. 
-«» Son caractère et ses qualités; a49« -^ Il prend des 
meisures contre ses ennemis; ibid -*^ Sa douleur de la dé- 
vastation de ses villes; aSo. •<— Il appelle de nouveau à son 
secours le roi Haràld ; ibid, — • Harald lui envoie une ar- 
mée; a5i. «-«Sa réponse à Févéque envoyé par Lothàire; 
aS6. -^ Il oonÀeni à une trèyé et k une entrevue aveé les 



5oo TABLE GÉNÉRAtE 

évéques de France, à Gefossè;.259. ^i^-SarécondliatLon 
avec Thibaut; a6o. — Entrevue de Gefosse, malgré le 
mécontentement des Danoié; 2161. —> Paix avec Lothaire; 
262. — Il'donne des terres aux Danois qui se. font bapti- 
ser, et aux autres de l'argent et des vivres; a63. —Nou- 
veaux détails sur son caractère. Mort de sa femme ; 27$. 
-^ Ses amours avec Gonnor; 276. — Leurs enfans; 277. 
T- Son^ intrépidité ; 278. — Sa coutume de s'arrêter à 
toutes les églises. Son aventure avec le diable ^ ^79 9 ^^' 

— Il ordonne d'enterrer les morts; a8 1 . — Un ange et le 
diable viennent le trouver au sujet du sacristain de Saint- 
Ouen; s85. — Jugement qu*il prononce; a86. — Il va à 
l'abbaye de Saint-'Ouen; 287. >— Son aventure dans la fo- 
rêt de Lions ; 289. — Un de ses veneurs est enlevé au 
haut d'un arbre; 291. — Il épouse Gonnor. Première nuit 
de leurs noces; 298. — * Par son crédit, Hugues Capet est 
élu Roi ; 295. — Il sert de médiateur entre Amoul 11 et 
le nouveau Roi; 296. — ■ Fait]construire plusieurs édifices 
religieux; 297. — Fait préparer son cercueil à Fécamp; 
298. -—Désigne son fils Richard pour son successeur; 299. 

— Sa n^oft ; 3oo. 

Richard ii , duc de Normandie, fils de Richard i*' et de 
Gonnor. Sa naissance; i, 277. — Son père lui remet le 
duché; 299. —«Ses qualités, sa piété; 3oi. —-'H ne donne 
qu'à des gentilshommes les charges de sa maison; 3o2. — 
Révolte des vilains; 3o3. — Il est instruit de leurs me- 
nées;. 307. — »- Charge Raoul son oncle d'apaiser cette 
révoke; 3b8. — Donne le^ comté d'Ëxmes à Guillaume son 
frère; 3 12. — Celui-ci ayant pris les armes contre lui, il 
le fait renfermer, dans la tour de Rouen; 3i3. •^— Il lui 
pardonne; 3iS. — Lui donne le comté d*Eu ^ et le marie 
à Lesceline; 3 16. — Éthelred envoie une armée en Nor- 
mandie pour le prendre et ravager le pays; 817. -— Les 



D£S NOMS DE LIËÙX, D'HOMMES, etc. ^oi 

Anglais soat taillés en pièces, et leur flotte s'enfuit ;^32o. 

— Il donne l'hospitalité à Éthelred et à sa fkmille; Sa7. — 
Accorde à Geoffroy, comte de Bretagne, la main d'Hed- 
ivige sa sœur; 33a. •«- Unit Mathilde, son autre scèur, à 
Eudes, comte de Chartres; 333. — A la mort de Ma-, 
thiide, le Dnc^edemande les terres données pour -sa dot; 
334. — Refus d'Eudes; alors Richard fait bâtir Tillières, 
et y place une garnison; 335. — Gùerreavec Eudes; '336. 

— Les Normands reportent une victoire éclatante surles 
Français; 34 !• — Richard fait une incursion dans le pays 
Chartrain; 34 5. — ^ Pont se Venger des Français,* il appelle 
à son secours detix Rois Scandinaves; 346. ^-^ Robert, roi 
de France, le réconcilie avec Eudes; 35o. — Il épouse Ju- 
dith de Bretagne ; 35 1. — Leurs enfans; 35a. — Après la 
mort de Judith^ il â» remarié à Papiè. Leur postérité; 353. 

— Anecdote du chevalier qui lui vola une cuiller d'ar- 
gent; ibiiL — Aventure de Bernard'-le-LOmbard. Moyen 
qu^l emploie pbur arriver jusqu'à lui; 358*. • — Ayant sol- 
licite en vain Hugues de rendre îa liberté à Rainàud^ Ri- 
chard enyoie une^rmée en Bourgogne; 366. — > Donne 
Elbeuf et'GJiamboy au comte de péroune; 867. — Le roi 
de France lui perïnet de passer sur son territoire pour 
aller délivrer Raini^id son gendre; ii6û/. -^ Rainaud est 
mis en liberté; 368. — Maladie et dernières dispositions 
de Richard n; 369. — Sa mort; 376. ^ \ 

RicHAiLD m, duc de Normandie, fils de Richard u et de hx- 
dith^ I, 35a. — Fait partie dé l'expédition envoyée en 
Bourgogne pour .délivrer son beau-frèré ; 366.- — Hugues 
se soumet à lui, et^ délivre Rainaud; 368. •— Son avène- 
ment après la mort de son père ; 370.:—- Il donne à Robert 
le comté d-Exmes, selon l'ordre de son père; 871. — Sa 
mort; tUd, -*- On soupçonne qu'il a été empoisonné; 37a. 

RiouLF, vidDiilte de Cotentin. Wace a entendu dire que 



5oa TJUBl£ GJÉNtlUX£. 

GuiUtume-Longue-'Épée lui fit crever tes jeux; i, 106. 

— ^ II se révcilte contre Guillaïuiie^-Loiiguie-Épée ; ihid. — 
Sa haine pour le Doc ; io8. «^ n vient assiéger Roaen ; 
ibid, — Est vaincu par Guillaume; ixa. '•«^ 'Complice 
d'Amoul; |35. 

Eùie (la) 9 rivière du départemeul de rjEure. Le château de 
Brionne était situé dans ube ilo de cette rivière; 11 9 4^- 

Bohc, rivière qui se jetter dans la Seine à Rouen* Un sa- 
cristain de Saint«Ouen y tombe et se noie; x^ aSa. 

RoBXKTy roi de France, efirayé des ravages des Scandinaves, 
réconcilie Riehard n et Eudes; x, 35o, -^Permet aux 
troupes de Rièhard de traverser son territoire pour aller 
en Bourgogne ; 867. -^ Sa mort ; 88$. 

RoBBET 9 duc de Normandie » deuxième fik de Richardu et de 
Judith; if 352. — Fait partie de Tespédition envoyée en 
Bourgogne pour délivrer son beau-frère; 386. -^ Reçut 
de Richard nx» d'après Tordre de son père,^ le comté 
d'£xmes; 371. -*' Son avènement au duché. Son (an<>- 
tère , 37 a. -«^ Fonde l'abbaye de Gerisy. Anecdote d'nn 
chevalier qui n*était ptfs allé k l'offrande; 373. ^^ Anec- 
dote d'un clere qui mooriit de joie; 374- "^ Anecdote 
d'un coutelier de Béauvais ; 377* **** Révolte et soumission 
de Guillaume de Bellépie ; 378» ««^ Henri x*% roi de France, 
vient implorer son secours^ 383. — Il reçoit de Henri i*' 
le Vexin français pour récompensé de ses services; 385.— 
Ses divisions avéé Alain 9 comte de Bretagncf; ii^--— U 
établit une forteresse sur le Goisnon, et brûle la plie de 
Dol; 186; •«« Tente une expédition en Angleterre) pour 
rendre ce royaume è sea neveux Edouard et Alfred ; 39a. 
-^ Sa flotte est jetéesur les cétes de Jersey, 398. — H 
y attend en vain jun vent fisvorablé ; 394. -^ H emploie sa 
flotte et son armée à ravager la Bretagne ; 395« -^ Son 
onde, l'archfilvéqiie Robert, le réconcilie avec Alain; AitL 



DES NOMS DE LIEUX, D'HOMMES, etc. So3 

T^Sm^ MOÊÊtû aveo Harlelté ; igS. — ' Naissatice de Gail- 

Iftnoie son fiJiï ; 39$. '*-*^ Il forme le projet d'itller à Jém- 

s«lem* B«pmeiUatioiis de ses -sujets; 40'j. «-^ Il perskte, 

0t l^ttc reconmasde eoa fik, 402. «^ Met le jeune Duc 

90m b proteetion dv m de Fnuoee , et établit Aiainf séné- 

«hld de la pronnee; 4o3. *«- Détails sur «on voyage. 

Axieedote du porder qui le frappe avee ua bâton; 40 A* — 

U fait jrmtir d'un manteau la statue de-Coqstaniia; 406. 

-^ Aueedote àe la mole aux fers d^or. Il est admis à une 

au^noe.de rcmpereitr d'Orient; 407;*^ Anecdoie des 

manleanx faussés par les Iforaiands, et du feu de coquilles 

de M^; 4oB« ^^'Ssl maladie, U se fait porter par des 8ar- 

r««ilis$ 4oO» -««^ Reaopntinè di) pèlerin de Pirou^ 410. ^^ 

U paie le tribut pour tons les péierinsindige»; 41a. -^ Est 

«ixopoisoBiié, et «eflvt à fiTicëe^' 41 3. 

B^Bf^MT II 9 dit Quirte^ffoise , doc de iNbrmandie, fils de 

Qqilboil)04iMItoquérant et> de Mathilde^ 11, Sg. ^«- Son 

père dispose de laNonnandie et do Maine en sa fareor ; 

393. — Lui recompdaivle Henri èon. £nêre ; 295. "** Expli- 

euffim de^ojlumom'; 3o4. «^ li iconçoit de lajalootte de 

son frère G.uillaume. Ses propositkms à Henri; 3o6,- — 

U équipa une flottCi «t passe eo Angleterre ; So8> *-~ Se 

répopcUie avee GuiUanme mQjemiant me rente annuelle; 

-3«99b» **- ^ brouille av^c Henri, et lui vepreiid le Coten- 

tin , Aid, -— Son frère Guillaume se joint à lui pour as^é- 

ger Henri au Mont Sàimt-Jiipbd ; 3 14* "^-^ Il envoie un 

lopnean de irin i aon âsère^^ef kisse les assiégea s'appro- 

visioMierireau; 3i6. •«» Se détermine à prendre la cre^x, 

et engage la Normandie à «eo Ivèlte Cwillaume-pour une 

grosse somme d'argent ; Sa i . ^— Ses exploits en Paleséne ; 

3aa« m^ tk revient en îlonnandie^ avec sa femme Sib;34le ; 

355. •*«• Il rentre «o possession de eette province; 366. -*— 

jUsendde une armée, et Ment en Angleterre «fisputer ce 



5o4 TABLE GÉNÉRALE ^ 

royaume à Henri ; S57. -^ Les barons tâchent de les récon- 
cilier; 359. «— Conditions de la ^aix-; 36a. — Il retoame 
en Normandie; 363. — Plaintes des barons sur oe^'ils 
ont perdu leurs doriiaines d'Angleterrepour s'être attachés 
è lui ; 365. — ^ Il passe en Angleterre; 368. — Le comte 
4e Meulan lui fait sentir les terribles conséquences de son 
voyage y et il achète chèrement la faculté de retourner en 
Normandie ; 370. • — Conçoit le désir de se venger. Élève 
des prétentions sur Domfront et le Cotentin; 375. —Se 
prépare à la guerre ; 379. *-* Mauvais -état de ses finances; 
38a. — Ses défauts ; '383. — Trahi par les Caennais, il est 
obligé de quitter la ville.; 40a. — f Cherche à ravitailler le 
château de Tinchebray ; 404. -*-. Bataille de Tinchebray. Il 
est fait prisonnier, et envoyé en captivité en Angleterre; 
4o5. — Meurt à CardifF, et est enterré à Glopestef ; 407* 

Robert y fils de Richard i*' et de Gonnor, archevêque de 
Rouen; i, 277. — Convertit Olaf au christianisme, et le 
baptise; 35 1 . — Réconcilie le duc Robert et Alain,' comte 
de. Bretagne ; 395. ^ 

ROBB&T, duc de France; i, 95. -** Sert de pamnn à Rdk», 
et lui donne son nom; 96. 

Robert., fils de Robert, roi de France. Son père lui dôme 
Je diiché de Bourgogne; i, 38a. *— Constance sa mère 
.cherche à le faire régner à la place de Henri son frère 
aîné; 383. 

Robert, complice d*AmouI; i, i3S.^ 

Roland.. Taillefer chante ses exploits à la bataille d'Hastings; 
II, a 14. *-> Les barons normands élèvent GuiHanme au- 
dessus de lui par son courage; 'a83. 

RoiiLON ou Rou, duc de Normandie. Son parallèle avec 
Hasting; i , 37» — Frère de Gàrin; 40. — Détaib swr sa 
famille; 41. — Il remporte une victoire sur le roi deDa- 
nemarck, 43. «-* Ce Roi fait^une paix simulée avec lui; 44- 



DES NOMS BË LIEUX, D'HOMMES, etc. 5o5 

— * Il est tttturé datas, une emboscade; 4^- — S'échappe, 
et passe e& Ecosse ; 46. -^ Interprétation de sa première 
vision ; 47. — Arrive eu Angleterre et bat les Anglais; 48. 
•*- Interprétation de ia secondé vision ; 49. — Il se ré- 
concilie avec le roi d'Angleterre; 5i. w. Parvient en Zé~ 
lande; 5a. — Ravage ce pfltys; 54- — En 876, il quitte 
J'Escaut pour entrer en Neustrie; 56. •<— Visite Jnmièges 
et arrive à Rouen; S7. —Occupe le Pont-de-l'Arche; 60. 
— ' Sa réponse à Has^ting, qui lui est envoyé en aqibassffde ; 
6a. — Il pénètre jusqu'à Menlan, et assiégfe Paris; 66« — 
Fait cèmer Bayeux, Évreux et lisieux ; 67. — Prend 
poiir maîtresse Pope; 68. — • Retourne vers Paris; 69. — 
Quitte cette ville pour aller secourir Afhelstan , .roi d'An- 
gleterre; ibi'd. — Arrive à Southampton; 70. = — Sa généro- 
sité ;> 7 1. — Il revient en Normandie, et accorde une trêve 
tau roi de France; 7a. — Il recommence ses ravages en 
France, et retourne vers Paris; 75. --*- La population se 
•lève contre lui; 77. — Il met en déroute les Français; 78. 
— Est' repoussé devant Chartres ; 8,1. . — Se sauve à la 
vue de la chemise de }a sainte Vierge; 83. — Perd dix- 
. huit cents hommes ; 85% — * Profite de la ;nuit pour faire sa 
retraite vers Rouen; 86. — -Ses compagnons se d^u- 
ragent; 88. — Il se retranche, au milieu d'animaux écor- 
chés; 89. -— Par ce moyen, il arrête les Français; 90. — 
Il va ravager les>nvirons de Blois et* de Senlis; 91. — 
Accepté les offres du roi de France ; 93. ^- Ce monarque 
lui donne sa fille et les provinces de Normandie et de 
Bretagne ; 95. — « Son baptême et son mariage; .96. — Il 
distribue des terres . à ses compagnons , et établit une 
/police sévère en Normandie; 97. -*— Fait trancher la tête 
à deux chevaliers français qui étaient - venus • voir sa 
femme; 98. -—.Inflige des châtimens sévères aux voleurs; 
99. -— Jugeaient qu'il prononce à l'égard d'un paysan de 



5o6 TABLE GÉTIMALF. 

Long-Paon et de sa feoune; loo. ^«^'^Il épouse Pope, et 
désigne pour ton héritier GniUaiinie^Loiigiie->Épéi son 
fil^; to»..-*- Meurt  Rouen; loS. 

Rox.LOiv-fiE-Bi.Aiic 9 peire de Tonstain , po rto4ê endard du duc 
Guillaume ; n , 198. 

Morne, capitale de l'Italie. Bier et Hasdiig formenC lé pr^et 
d'aller ea bàre la conquête; i ^ nS; ->-* Le mariage de Tem- 
perenr Henri m avee Ganil (Cl|iiineiinde) a lien- dans 
eette Tilie ; BSa. -^ Axiecdocte du manteau dont le doc 
Robert y eût rerétir la statne de Constantin; 40^* 

âancepoux j yallée du royMinie de Navarre. Taîllefer chante 
les exploits des seignenrs qui nloumrent à cette bataille; 

RosCBLnr, gardien de Ridiard x«'; t, i6x. 

RoTEOv y comte du Perche ; i , 249. 

Bouen, capitale de la Normandie. Ëat ravagée-par les Kor- 
miads; x, 18. — Roilon: y aniire; S8. «-^ T revient; 72. 
•--* iGaiUaume^Longiie^Épée y reçoit Louis d'OoCre-Mer; 
1 19^ >— * loie des ]ud>icans àa retour de Gnillaume ; ia3. 
•«^ Voyage de Louis d'Ouire^lSer à Rouen ; 14a. -*- Son- 
lèrement dn habitans; i43. «-*- Désolation et prières 
pvlili^pMS à la ■ôttrelle de la eapthrité de Ridiard t*\ 
X 57. «*«* RéeeptioB solennelle de Louis d'Qutre^Mer ; 169. 
— AcBlrée joyernse de Richard^ 19S. -^ Les 'Allemands 
testent de surprendre cette ville; aoo. «-^ L'aasiégent de 
conocrt avec les Français; «17. ^^ Résistance dos Nor- 
mands; oo^rn '^ Leiréedu siège; 2io9.'-*<- Othen examine 
la difficulté d'âvreslir Qoaen; i^io* «^ Les Rouemiais 
preonoii pour Fatmonoed'un assaut ledésordre^m vègne 
dans le eamp ennemi ^ iii7.'*^ BMHir de RidMrd; il est 
aceneilli anrec grande joie; a4âu>^ lUMpen nommé prini- 
tirement Motoma; %&^» m*iLeoonstnselâon de te cathédrale 
par Rîchanl i«; ^d. •<- Richard n fait renfitmier d^is Is 



Ï)£S NOMS D£ UEUX, D'HOMMES, etc. So? 

tour de Booeii Guillauinesoi» frère, qui «Tait pris les Armes 
contre lui; 3i3. -~ Fondation d'un hdpical par Guillaume- 
le^onquérant ; Uf 604 — Rouen fournit des soldats à 
rarmée normande à Hastings; a34.**^ Odoo y est mis en 
prison par le duc Guillaume; 396. — Joie des habitans 
au retour de Robert Courte^Heuse; S66. 

RoDitAin , chevalier français; i, 64. -r- Jieinault lui confie 
■son étendard; 65. -^ Sa mort; iUd. 

RoQiUB« (Guillaume de),^ assiste à la ^alaille d'Hastings; 
iiy a35« j ' 

Mm$m<H$, pajs situé entre la Sebe et la RiUe. Guillaume y 
lève des soldats ; n, 27. — Une armée française se dispose 
à ravager oe pays ; 73. 

Afe, commune du département du.Calvados. Le dna Guil- 
laume y passe et est reconnu par Hubert, seigneur du lieu; 
Hi>a3. 

RvK (Hubert de), reconnait le duc Guillaume, et le fiût 
conduire à Falaise par ses fils ; n, s3. -^ Donne dé faux 
renseigneniens aux rebelles qui poursuivaient le Duc; 34- 
«««- Port»» de note relative à oe seigneur ; aSo. 

e 

Saim Amam! tin saim Amani! en de guerre de Hamon- 

aux-Dents; II, 34- 

Saint-André, lieu aujourd'hui inconnu; i , ai. 

Séwa-Aidfin-le-Cauf, commune du département dé la Seine- 
Inférieure. Henri i«^, roi de France , s'y rend pour secou- 
rir le château d'Arqués; 11, la. 

s 

Saint-Menoù-sur-Loire (Flénry); 1, 76. 

SaiMt^Mee (fête de), jour ^choisi par les Anglais pour le 
massacre des Danois; i , 3a4. — * Le due Gmllaume rap- 
pelle cet événement à ses barons; 11, 188. 



5o8 TABLE GÉNÉRALE 

Saint-Ciitw^ur'JSpte , commune du département de Seine- 
et-Oise, lieu chMsi pour l'entrevue de Gharle»4e-Smiple 
et de Rollon; i, gS. 

SAnrT-C|.AnL (le sire de ), assiste à la bataille d'Hastings; u, 

Saint-Clément, commune du département du Calvados. Le 
duc Guillaume s'arrête à son église pour prier; ii, aa. 

Saint-Denis, ville du département de la Seine; i, 199. — 
Henri i*', roi d^ France, s'y retire après le siège d'Ar- 
qués; 119 i4- 

Saint Edmond. Les Anglais lui attribuent la mort de Saé' 
non; i, 3a8. 

Saint -Edmond (l'abbaye de), St.-MdmumPsbury. Edouard 
lui donne de grands biens ; 11 , xo6. — Les barons du pays 
font partie de l'armée d'Harold; 20 a.. 

Saint-Georges, faubourg de Bayeux; zi, 384* 

Siunt-'Germer, bourg du département de l'Oise. Entrevue de 
Philippe, roi de France, et deGuillaume-le-Conquérant; 
.11, iS5. 

Saint-Gervais (le. prieuré de), à Rouen. Guillaume-le-Gon- 

quérant, malade, s'y fait porter; 11, 292. 

« 

Saint-Gilles; i, a4o. 

Saint-Jacques en Galice. Gautier Giffart ramène de ce, lieu, 
de la part dii Roi du pays, un^b^au cheval pour le duc 
Guillaume; 11, 193. 

Saint-Jean r village du département de la Manche. Ses soldats 
combattait à Hastings ; u , a49- 

Saint-Julien (par monseigneur), invocation d'Hélie.de la 
Flèche; II, 338. 

Saint-Laurent-sur-Mer, commune d|i département du Cal- 
vados. Son église est donnée à l'abbaye de Ceri^y par 
Auvrai-le-Géant; II,. 18» 

Saint^Léonard ; i f 161. 



DES NOMS DE LIEUX, D'HOMMES, etc. 609 

Saint-Loy chef-lieu du département* de là Manche. I/abhaye 
de Cerisy est située près de cette ville; 1, 4i4- 

Saint-Màreouf y commuiie du département de la Manche. 
Son abbaye est ravagée par Bier et flasting; F,'ao. 

Saihte-Mariey nom de l'église dTvrande; 11, 3i98. 

SctUa^Mairtin, église de Kouen. RoUon fait stationner ses 
vaisseaux dans son voisinage; i, 58. ''* ' 

Saint-Martin (le seigneur de), assiste à la bataille d'Has- 
ting^; II, 238. . 

Saint-Martin, paroi^ de Caen. Le jardin situé au pied de 
l'église est frappé de stérilité ; ii , 40a. 

Saint-Martin! exclamation de Bernard de Senlis; i, 174* 

Saint^Mickel ( fête de) , jour du couronnement de Guillaume- 
le-Roùx; 11, 3o5. 

Saint Oijen, archevêque de Rouen. Othon va prier sur son 
tombeau; i, aia. — Le duc Guillaume fait ' transporter 
ses reliques à Caen pour l'établissement de la Paix de Dieu ; 
11,97. 

Saint'Ouen^siib^ye dé). Aventure d'un moine, sacristain de 
l'église; i, 281. 

Saint-Rbiu (Robert de), fait prisonnier le chevalier Thierri; 
II, 396. — Le conduit à Thorigny, et le vend avec plu- 
sieurs autres à Robert Fitz^Haimon; 397. 

Saint Philibert, fondateur et premier abbé de Juinièges; 

if 17- 
Saint Pierre. Le pape dispense Édouard^e-Confesseur d'aller 

, à Rome, sous la condition de, restaurer une abbaye dé- 
diée à ce saint; 11, 104. —^ Le pape enVoie au duc Guil- 
laume un cheveu de ce saint; 140* 
Saint'Pierre-sur-Dive y bourg du département du Calvados. 
Son abbaye eàt fondée par Xésceline , comtesse d^u ; i , 
3 16. — Le roi de France et Geoffroi Martel y arrivent; 
le Roi prend ses logemens dans l'abbaye; 11, 88. 



5io TABLE GÉNmiALE 

Saint^amson, commune dn département de la Mayenne. 
Le doc Guillaume y passe pour se rendre à Alençoki; 

n,49- 
Sain T-SÀuYBua ( Néel de ) , vicomte du Cotentin. Se met à la 

tête des habitans pour repousser l'invasion de l'armée 
anglaise envoyée par Éthelred;i, 3x8. -— Déroute et 
destruction de cette armée; 3ao* «^ Est l'un des seigneurs 
chargés de défendre TiUières ; 335* — «- Commande le pre- 
mier escadron sorti de cette place ; 337* -*** Le duc Robert 
lui confie la garde de la forteresse élevée sur le Goisnoii; 
386. — Il excite à la défense les barons du pays, 388. — 
Son combat avec les Bretons; 389* 

S^ncT-SADVEua, autre seigneur de ce nom. Se révolte contre 
le duc Guillauine ; 11, 18. — Celui-ci se plaint de lui au 
roi de France ; à6. -^ Il soutient courageusement le choc 
des Français, et reçoit le surnom de chiefde Faucon à la 
bataille du Yal-des-Dunes; 4'- -~* Se retire en Bretagne; 
43. 1 — Ses exploits à la bataille d'Hastings;^a3i , 247. 

SAiNT^Bvxa (le sire de), assiste à la bataille d'Hastings; 
II, a49. 

Saint Seifer! sire sài/u Seppirl cri de guerre de Renouf , vi- 
comte du Bessiki; 11, 34« 

Sai^-VaUrf -sur-Somme 9 port dn département de la Somme. 
Rendeà-voua général de la flotte de Guillanme^l&^jonqné- 
Tant; II, i4a. — Elle obtient un vent favorable par l'in- 
teixession de saint Valeiy ; 146. 

SaùU'Flîncent (l'abbaye de). Guîllaumet-lerlftoux y loge pen- 
dant le siège du Mans; 11, 333. 

Saint Fouk de Lacques ^ juremept habituel de Gaîllaane4e- 
Roin:; n, 3-a8* 

Sainte^Paix, église fondée par Guillainne^le^Omquéraiit; 

11,98. 
Saikte VnnGm. Sa cl}«iniis< est portée etk prooeasion lors da 



DES NOMS DE LIEUX, D^OMMES, etc. 5ii 

si^e de Ghaitrçs; i, 83, aoi.*-^ Est mv<M}née fMrr 
GnillsQme^le-Cooqaéniiity à Tagome; n, 298. 

Saird (la), rivière. Andvée de la flotte d'Étiielred dans ses 
. teaax; l, 3i8. 

Saireportf lien qa'oD pense être aujottrd'hni Barfleur; 1, 20. 

Salisbury, ville du Wiltshire. Ses barons font partie de 
Tarmée d'Harold; 11, %o%i * . 

SAiiUs, un des chevaliers de GrimouItHin-Plessis; 11, 45* 

Salomo», seigneur de Dol , est tué par les Scandinaves ; x , 348. 

Sap (le sire du), assiste à la bataille d'Hastings; n, ^55. 

Sarthe, rivière qui passe à Alençon { n , 49* « 

S4SSY (le sire de), assiste à la bataille dliasting»; li, aSa. 
Voyez les additions et cçrrections. 

Sat (le sire de) ^ assiste à la bauillè d'Hastings; n , 269. 

Séez, ville du département de l^me; i, 174^**— Fait partie 
des domaines de Guillaume Talvas^ ^gg.* 

Seine (la), fleuve. RoUon le remonte; i, 56.— • Une partie 
de l'armée de Rioulf s'y noie; z xa. — Louis d'Ootre^Mer 
le passe pour aller combattre Harald ; x86. •— Othon voit 
approviaioimer Rouen au moyen d'un pont «tabli sur ses 
* rives; axo. — Les Danois le remontent pour venir au 
secours de Richard x*'; a5i. -^ Deux Rois Scandinaves, 
auxiliaires de Richard xi, arrivent par la Seîipe, près de 
lui; 349. 

SxMiLLY (le sire de) , assiste à la bataille d'Hastings; n, 249. 

Sentis, ville du département de l'Oise. Ses environs sont ra- 
vagés par les Normands ; x , 90* -^ Osmond y vient infor- 
mer Bernard de l'évasicm de Richard ; x6a. 

Sens, ville du département de l'Yonne ; x, 75. ••«* Ses soldats 
sont désignés par le Roi pour entrer en Normandie par 
Mantes; ix, 73. 

Seule, rivière qui passe près de ^ayenx; xx , 89. 

SiBTLLB nE CommasANE, épouse Robert Courte-Hense ; n, 3&5 . 



Sii TABI£ GÉNÉRALE 

Siquewlie, commune àa départeme^t du Calyados. Robert 

Fitz-HaimoQ y est fait prisomiier par les soldats de Robert 

Courte-Heuse ; u, Sgi. 
Soissons, ville du dépçtrtemeut de l'Aisne. Ses soldats sont 

désignés par le Roi ^our entrer en Normandie par le 

BeauYoisis; u, 7a« 
SoLiGNY ( le sire de), assiste à la bataille d'Hastlngs; ii, 242. 

Voyez les additions et corrections. 
Somerset, comté d'Angleterre. Ses barons font partie de 

l'armée d'Harold; 11, ao2. ' 

Somme (la), rivière. Répare le Ponthieu du Vimeu; i, i35. 

— Soii emboucbure devient le rendez-vous de la flotte 
destinée à la conquête de l'Angleterre ; 11 , 1 4ak« 

Soûles y commune du département dé la Mancbe.* Ses soldat$ 
combattent à Hastings; i%j a 4 9* 

Southàmptçn ^ port du Hampshire, portait aux onzième et 
douzième siècles le nom à*Hantone ou Hampton. Rollon y 
, arrive; 1 , 70. • — Edouard -le -Confesseur y vient de Nor- 
mandie; II, 65. — Guillaume- le -Roux s'y rend pour 
passer en Normandie ; 33o. — ^ Henri i«' y attend en vain 
son fib; 35 1. — Robert Courte-Heuse y débarque; 368. 

— Ce prince, dans sa marche sur Londres^ s'avanœ jus- 
qu'à la forêt voisine (new-forest) ; 358. 

Stamford, ville du Lincolnshire. Ses barons font partie de 

l'armée d'flarold ; n,aoa. 
SniNON ou SwEN. Sa guerre avec son père Harald; i, ia8. 

— Son courroux à Ja nouvelle du carnage des Danois par 
Jes Anglais ; 3 a 5. — Son débarquement en Angleterre; 
3a6. — Après avoir ravagé ITorkshire, il vient assi^;er 

'Londres, et achève de conquérir l'Angleterre; 327. — Sa 
mort; 3a8. 
Suffolky comté d'Angleterre.. Ses barons font partie de l'ar- 
. méed'Harold; II, aoa. ^ ' # 



DES NOMS DE LIEUX, D'HOMMES, etc. 5i3 

Surrain, commune da département' du Calvados. Son église 
est donnée à l'abbaye de Çerisy par Auvrai-le-6éant; ii , 
18. 

Surrey-y comté d'Angleterre. Ses barons font partie de l'ar* 
mée d'Harold; II, 20a. 

Sussex y comté d'Angleterre. Ses barons font partie de l'ar- 
mée d'Harold ; 11 , aoa. 

T. 

* • * • 

Taillefer, ménestrel de GuiUamne, chante la chanson de 
Roland à la bataille d'Hastings; 11, 314. — Réclame 
l'honneur de frapper le premier coup; tue un Anglais, et 
la bataille commence; ai 5. 

Taisson, gardien de la porte Milet à Caen, enlève les ba- 
gages de Robert Gourte-Heùse; 11, 4o3. 

Talou, ancien nom du comté d'Arqués; i ,«^49* — Est donné 
par Guillaum&-le-Conquérant à Guillaume son oncle ; 11, i o. 

Tamise, fleuve d'Angleterre. Arrivée de la flotté de Suénon ; 
I, 3a6. — Arrivée de celle de Kanut, son fils; Sag. 

Tancarvillx (le seigneur de), chambellan de Guillaume, 
assiste à la bataille d'Hastings; 11, 387. — Son fils Guil- 
laume engage Henri i*' à vaincre son abattement après le 
naufrage de la Blanche-Nef; 35a. 

Tavel (Rabel), lieutenant de Robert. Le Duc lui confie une 
partie de sa flotte pour passer en Bretagne et ravager les 
possessions d'Alain ; i , 394. 

Teffan, nommé autrefois Cacua; i, 267. 

Terouanne y nommé autrefois Morine; i, a66. 

Tessoit (Raoul, premier du nom). A la bataille du Val-des- 
Dunes , se tient à l'écart avec sa suite ; 11 , 3o. — Vient 
rejoindre le duc Guillaume; 32. — Prend part au com- 
bat; 39. — ' Est mandé par le Duc pour venir à son se- 
cours : 74. — Son fils assiste à la bataille d'Hastings; a46. 

II. 33 



5i4 TABLE GÉNÉRALE 

Thèbesy ville d'Egypte; i, a, 269. 

TsiBÀûDy seigneur français » achète Chartres de Hasting;i, 
64. — Sa conduite durant le siège de cette ville; 80. 

Thibaud i*% dit le Tricheur, comte de Chartres, fait la 
guerre à Richard 1*' ; i , aao. -— Ses ravages et son al- 
liance avec le Roi; 2a 1. -~ Deux de ses gens- découvrent 
à Richard sa trahison; aa3. — H excite de nouveau Lo- 
thaire contre Richard ; aa5. <— Richard ayant déjoué ses 
projets,' il continue ses intrigues auprès du Roi; a4i. — 
Lothaire lui donne Évreux; 34^- — H porte ses ravages 
jusqu'au pont de Rouen; a43. -^ Est mis en déroute par 
Richard, et arrive à Chartres; 347* -*^ Ravages exercés 
par les Danois dans ses états; aSa. — Les évéques blâ- 
ment Lothaire d'avoir fait la guerre à Richard à cause de 
lui; a55. — Il envoie un moine à Richard pour lui de- 
mander une trêve; aSg. -p- Sa i^conciliation avec ce 
Duc; 260. 

Thierri, chevalier de Caen, fils de Raoul Ogier, est pris à 
Cagny ; 11, SgS. — Il se défend vaillamment, et est con- 
duit à Thorigny ; 896. •^— Ses parens prennent part à la 
trahison qui livre Caen à Henri 1*'; 400. 

Thor, divinité Scandinave ; i, 9; 11, Ba. 

Thorigny, ville du département de la Manche, Appartient à 
Hamon-aux-Dents ; 11, 37. — Puis à Robert Fitz-Haimon 
son petit-fils;, 391* — Robert de Saint-Remi y conduit ses 
prisonniers; 397. 

TiUières-sur-VAvre, bourg du dépactement de l'Eure. Ri- 
chard II y fait bâtir un château et y place une garnison ; 
I, 335. — Combat opiniâtre sous ses murs, entre les 
Normands et les Français; 338. -r- Henri i*^ roi de 
France, demande la destruction du château; 11, 3. -«-Le 
gouverneur Gilbert Crespin veut le défendre ; 5. — Le 



DES NOMS D£ LIEUX, D'HOMMES, etc. Si 5 

château est rendit et râsé , puis est redonstmit pdr le 
Roi; 6.. 

Tinchebray, TiUedu départemenl de l'Orne. Est assiégée par 
Henri 1**; ii, 404. — Bataille mémoraUe où Robert 
Cqurte-Heiue et le comte de Mortm sont vaineu»ef faits 
prisomiier» |Mur Henri 1*' ; ifo^, 

ToESNY ( Raoul de ) , ou de Condies^, premier du nom, , 
eat chargé par Richard 11, conjoiAlement avec Néel de 
Saiot-SauTeur ; de garder le châttcm de Titiières ; i , 335. 
— Commande le deuxième escadron qoi va à \ic' rencontre 
d'Eudes; 337. 

ToESNY (Raoul de), second du nom. Le duc Guillaume veut 
lui donner son étendard à porter*; n, ig5. — * Il répond 
qu'il aime mieux combattre; 196. 

Toxsif T ( Roger dd ) ; i , 335 , 337. 

ToRET , nom d'un esprit familier qui entretenait commerce 
avec Tarehevéque Manger; 11, dft. 

ToRTE (Raoul), sénéchal de Richard i^. Sa tyrannie à 
l'égard des Normanfis ; i , 1^, -^ Son avariée et sa mé- 
chanceté; 195. •>-*- Richard le chasse de sa cour, 196; 

TosTiG, fils du comte Godwin; 11, 66, -^ Sa guerre avec 
Harold son frère, i55. — Sa mort, i56. 

Touques (le sire de), assiste à la bataille d'Hastings; 11, 
235. 

Tourneur (le sire du), assiste à la bataillé d'Hastings; 11, 
a53. 

TouRinÈREs (le sire de) , assiste à la bataille d'Hastings ; 11, 
. a54. 

Tours et la Touraine sont ravagés par les Normands ; i , 2a. 
-** GcofiEroi Martel enlève la ville au comte Thibaut; n, 
47. -r-* Les soldats de la province sont dé^gnés parle Roi 
pour entrer en Normandie par Mantes ; 72. 

ToTJSTÀiN , chambellan de Robert i*' , est chargé d'apporter à 



5i6 TABLE GÉNÉRALE 

Cerisy les reliques recueillies à Jérusalem par ce Duc; 

ij 414. 
TouâTÀiN, fils de Rollon-le-Blanc, porte Tétendard de Guil- 
laume à Hastings; 11, 198, 270. 
TousTAiN Goz, vicomte d'Exmes, s'allie avec les Français, et 

leur livre Falaise; 11, 7. — Il est assiégé par le jenneDuc, 

et est réduit à capituler; 8. 
T&ACY (le sire de), assiste à la bataille d'Hastings; n, 244* 
T&éGoz ( le sire de), assiste à la bataille d'Hastings; 11, 355. 
Troie, ville de l'Asie-Mineure dans la Troade. Sa puissance; 

1,2. — Établissement de ses habitans en Danemarck ; 8 , 

269. 
T&oussEBOT (le sire de), assiste à la bataille d'Hastings; 11, 

260. 
Tur aïe ! cri de guerre de Raoul Tesson à la bataille du Val- 

des-Dunes; 11, 32. 
TuRKETiL, père de Lesceline, fenune de Guillaume , comte 

d'Eu; I, 3 16. 
Ty&el (Gaultier), tue par accident Guillaume-le-Roux à la 

chasse ; 11, 34 1- — Se réfugie en France ; 344* 

u. 

Ut! hors d'ici, cri de guerre des Anglais à la bataille d'Has- 
tings; II, 217. 

V. 

Val-de-Sai&e ( le sire du) , assiste à la bataille d*Hastiiigs; 11, 
244. 

Val-des-Dunes y lieu où se livra une bataille mémorable 
entre le duc Guillaume , réuni au roi de France , et les 
vicomtes du Bessin et du Cotentin; 11, 28. 

Falie! en de guerfe des Angevins; i, a 38. 



DES NOBfS DE LIEUX, D'HOMMES, etc. 5i7 

Valmerayy commiine du département du Calvados. Les Firan- 
çais s'y préparent au combat, et le roi de France y en- 
tend la messe, avant la bataille du Yal-des-Dunes, dans 
réglise de Saint-Brice; ii, 29. 

Falogfies, ville du département de la Manche. Est prise et 
ravagée par les Normands; i, 19. — * Nommée autrefois 
Aianbes i^Àlauna)\ 267. — Le' duc Guillaume apprend 
daps cette ville ce ^ui se passe autour d'Arqués ; 11 , 1 4- 

— Ce Duc, averti de la. ligue de ses seigneurs , s'enfuit en 
toute hâte; %%. 

/^tf/vii'iife^ commune- du département du Calvados; i, 184. 

— Le roi de France et Geoffroi Martel y passent la Dive; 
II , 89. — Le duc Guillaume poursuit Tarmée française 
jusque là , et la met en déroute; 90. — Rupture du pont, 

Vàéenite (Guillaume de), assiste à la bataille d'Hastings; 11, 

341* 
Vasst (le sire de), assiste à la bataille d'Hastings; 11 , â53. 

FaudreuUy bourg du département de TEure. Ses archers 
crèvent les yeux à un grand nombre d'Anglais à la ba- 
taille d'Hastings ; 11 , 249. 

VermandoiSj contrée du département de l'Aisne. Ses soldats 
sont désignés par le Roi pour entrer en Normandie par le 
Beau voisi$ ; n , 7a. 

Femofiy ville du département de l'Eure. Est donné à Guy 
de Bouiigogne par le duc Guillaume ; n , 19. — Est rendu 
à Guillamne par Guy; 44* 

Vexiriy pays compris dans les départemens de Seine-et-Oise 
et de l'Eure. Est ravagé par Louis d'Outre- Mer ; 2, 168. 

— Henri i«', roi de France, donne le Vexin français à 
Robert, duc de Normandie, pour récompense de ses ser- 
vices; 385. 

Vieilles (Roger de), ou de Beaiimont, seigneur de Beau- 



»- 



5i8 TABLE GÉNÉRALE 

OM>iit-le-Roger- he due Guillaume lui demande son secours 

pour la conquête de l'Angleterre ; n, inS. — Ses exploits 

à la bataille d'Hastings; aag. 
Vieux-Pont (le seigneur de)» sauve la vie à Guillaume 

Mallet, à la bataille d'Hastings; n, a^o. 
Fignats, commune du départeoient du Calvados. Fait partie 

du domaine de Guillaume Talvas ; i , ^99» 
ViUemeux, commune du département d'Eure^t-Loir; i, 76. 
Vimeu (le) , contrée dii département de la Somme ; n, 196. 
Vire y rivière du département du Calvados; i, 67. — - Le duc 

Guillaume en passe de nuit les gués lors de sa faite de 

Valogne ; u , aa. 
Visaire (Tabbaye de). Est bridée par Hasting; i, ai. 
ViTai ou Virais ( le aire de) y assiste à la bataille d'Hastings, 

n, a43, 259. 

w. 

Wagx, se nomme lui-même mestre Wace; i» $9. -— Donne 
des renseignemens sur son ouvrage , et rapporte ce qu'il 
a entendu chanter aux jongleurs; io6;.«— Remercie 
Henri u de lui avoir donné un canonicat à Bayeux; 272. 
-^ Dit avoir été clerc-Usant sous les trois Henri ( 273. — 
Donne une analyse de la première partie du Roman de 
Rou; 273, 274. <— Détails personnels sur sa vie; n, 95. 
Se plaint de ce que Henri u ne lui a pas tenu toutes ses 
promesses ; 408. •'— Notice sc^r sa vie et ses écrits ; i» vij- 

Waltharriy abbaye dans le comté d'Essex. Harold y est en- 
terré ;», 28$. 

Waumkri { Guillaume de Varenne y seocmd du nom y comte 
de), joint ses plaintes à celles que les barons adressent à 
Robert Courte -Heuse sur U perte de leurs domaines 
d'Angleterre; II, 365. 

fFestminster, ville du comté de . Middlesex. Fondation* de 



DES NOBfS DE LIEUX, D'HOMMES, etc. 5 19 

son abbaye. Elle est restaurée et dotée par Édoiiard-le- 
Confesseur; n^ io5. -r Ce prince y est enterré; iig. — 
Guillaume-le-Roux y est couronné; 3o5. 

fFight (l'île de), sur la côte du Hampshire. Odon y est 
arrêté par le duc Guillaume; u, 296. 

Winçanty port de mer ; u , 62, ^^. 

Winchester, ville du Hampshire. Départ d'Éthelred et de sa 
famille pour passer en Normandie; i, 827. — Mort de 
Kanut, roi d'Angleterre; n, 64. — Les barons de. cette 
ville font partie de l'armée d'Harold; 20a. — Arrivée de 
Guiltaume-le-Roux ; il est tué dans la forêt voisine ; 340. 
'^ Y est enterré; 344» "~ Robert Courte-Heuse marche 
sur Winchester; 357, — Henri i*"^ y apprend l'arrivée de 
son frère en Angleterre; 368. 

WorcesteTy chef-lieu du comté de ce nom. Ses barons font 
partie de l'armée d'Harold; n, soa. 

Y. 

York y chef-lieu du comté de ce nom. Arrivée de Suénon, roi 
de Danemarck ; les barons, du Yorkshire font la paix 
avec lui ; 1 , 3a6. — Tostig s'y rend avec des Danois et des 
Norwégiens pour combattre Harold son frère; n, 1 55. — 
Les barons de cette ville font partie de l'armée d'Harold ; 
20a. 

Yçrandey commune du département de l'Orne. Robert Fîtz- 
Haimon et Henri i*' y ont une entrevue ; 11 , 398. 

z. 

Zélande (la), province de Hollande. Arrivée de RoUon; 
i,5a. 

Zonée (Thomey) , nom primitif de l'emplacement de l'ab- 
baye de Westminster; 11, io5. 

FIN DE LÀ TABLE GENERALE. 



CORRECTIONS ET ADDITIONS 



TOME PREMIER. 

Pâgb 3 , yers 4a ; Dose règnes prist en doze anz , 
lisez Doze règnes 

P. 4 » V. 74 et 7$ ; Einprez lor mort corte durée ; 

Se par cler ne est mise eu livre , 

Usez Émprez lor mort corte durée , , 

Se par der ne est mise en lirre : 

P. 5, note 3; La nouyelle Troie, lisez Et Troie fut d*abord ap- 
pelée iVoftf. 

P. 6, T. 99; Gest air, cest ciel, u terre u mer', - 
lisez Seit air , seit cjel , u terre u mer. 

P. 1 3 , note 7 ; Hallebardes , piques , lisez Hampes , bois de lances. 

P.* i5 , y. 390 ; supprimez la yirgule. . 

P. i5, note 9; £t tint Soissons et la Germanie, Usez Et tint 
Saxons et tint la Germanie. 

P. 31 , noté 10; Son orgueil. Usez Par sa puissance. 

P. aa , note i ; Et le rivage yis-à-yis des lieux c[ui so^t en Bre- 
tagne, lisez Jusqu'à ce qu'ils soient en Bretagne. 

P. ^a , note 8 ; De là partirent, là demeurèrent, Usez De là par- 
tirent , là reyinrent. 

. P. a5, notei ; Que rien n'en approche, 7ff«2 Qu'aucune ne la 
fidt nullement pâlir. 

P. a8 , y. 56 1 ; Ço creit i bien , è seit de yeir , 
Usez Ço creit il bien è seit de yeir. 

P. 34 , y. 700; Com se ce. Usez Com se ço. 

P. 38 , note 6 ; Riches ,- Usez Le plus riche. 

P. 43, y. (869 ; retranchez la virgule a^ milieu du vers. 

P. 43 , y. 874 ; même observation. 

P. 44 » iiote 3 i au lieu de ces mots : mais le sens nous en parait 
moins satisfaisant, lisez et le sens nous en parait plus satisfaisant. 
. P. 54 9 y. 1094 ; k'i se tint , Usez ki se tint. 



521 CORBECTIONS ET ADDITIONS , 

P. 55 9 y. I ia5 ; De sis homes fa liez, lisez De sis homes, fu liez. 
. P. 6t , note. 3. IW ce nom dé lien , que noui n'tfrions pu inter- 
préter d'une manière satisfaisante au moment de l'impression du 
texte, notre auteur a youIu désigner Meulan, qui figure à peu près 
de la même manière dans les récits de Dudon et de Guillaume de 
Jumièges. La portion de cette ville dépendant de la paroisse 
Notre-Dame, s'appelait, au d(mzième siècle, Lucènes ou Locènes, 
Voyez à ce sujet Toussaint Duplessis , DescripUon de la Hauiê' 
Normandie, ii, p. a5o, et surtout une charte de iii8, rapportée 
dans les preuves de V Histoire de la maison d'Harcourt, m, p. 34* 

(A.L.P.) 

P. 63, y. ia5i ; e co, lisez è ço. 

P. 64, y. 126$; substituez un point et virgule aux deux pcnnts. 

P. 64, y. 1267; placez une virgule après le premier hémistiche. 

P. 64, note 9 ; Trompé, lisez Dépouillé par artifice. 

P. 68, note 6; au mot Tnoiàv, lisez TasiàV. 

P. 70, y. i388 ; requist, lisez requis. 

P. 70, note 6; Hampton, etc., lisez IHrohablenient SoulkamptoD, 
qui portait le nom de Mantone aux onzième et douzième aièdes. 

(A.L.P.) 

P. 80 « y. 1 583 $ siiffoiméz la virgule après lé premier hémistiche. 

P. 88, y. 1743; ù ensemle moron, lisez ii ensemle inoron» 

P. 91 , y. i8a4s trez k'a Stiinliz, Usez tresk'à Sainliz. 

P. 97, note 4) Leur âge, lisez Leurs aïeux. 

P. 98, note 9. Cette noté ne s'applique pas an vers 1959, mais 
au vert i960. 

P. loa , y. 3048; remplacez le point et virgule par une virgule. 

P. io3f note 5 ; andanoa, lisez ancianor. 

P. io5 , y. 3097 ; Poiz a li , lisez Poiza li; ou mieux encore, Poize 
à H. ^ 

P. io5, note 5 ; Celui, etc, Usez Nous ne comprenont point du 
tout ce vers. On propose de lire : 

Mult abaer li yergant ki son ami chastie ; 

mais cette leçon ne nons parait pas pluf iutelligîhle que l'autre. 

(A.L.P.) 
P. iio, y. ii85; Se liut ki 90 féist. Usez S'altre fnst ki ço fist. 
P. 119, note 6 ; Wenroch , lisez Waroch. 
P. I sa, y. 24a4 ; Entre li Duî Roiz, etc., lisez Entre U dui Roîz, etc. 



TOBIE PREMIER. 5a3 

. P. 133 ^ V. 34^7 et 3438. Nous pensons qu'il fiiut lire : 
N'i a riche Baron ki celé paiz ne hée , ' 
Ne porqaant ai Tont tait ostai^iée è jurée. 
JX n'y a ridie baron qui ne haiaie cette paix^ quoique tous l'aient 
confirmée par otages et par tonnent* (A* L. P.) 

P. 133, note 4; Graune il l'assura 9 etc^ 4ùez Gomme il la pro^ 
posa, «te. 

P. X34, note 4; Quoique cela me contrarie, etc., l^«a*Qui que 
ce soit qui me contredise là-dessus. 

P. xa4» ioote 8; Tout abandonner, iiset Toute abandonner.' 

P. X 36) T. 3609 ; Usez Riohart sont en daneiz è en normant parler. 

P. 136, note 3 1 Noua ayons déjà ra dans la quatrième citation , 
Usez nous atons déjà yu ci-dessus , p. xao» 

P. i3o , note 8 ; Quand il eut de tout manqué, etc., /Û0z Quand 
U eut complètement échoué. 

P. x3i> T. 3&83; requist. Usez requis. 

P. x44, ▼«^385o$ Usez CaaC distrent ki tonrent : ont idtre pensé.... 

P. i44 » iM>te 8 j Qui sortent 9 qui sont en sédition , Usez Ceux qui 
surent la «auae de cette rumeur lui dirent t Us ont une antre pensée. 

P. 1469 T. 3881 ; Emprez à Loeîs, Usez Empre« a Loeîs. 

P. x4^ I note 5 ; Age , yie de Phomme, Usez  son pouy\>ir. 

P. 147 9 Y> 39x3 ; A lo cort. Usez A la cort. 

P. x499 ▼• 3951 ; Jacoit, Usez Jaçoit. 

P. xSo, T. 3963 ; c!est plaîzyUsez cest plaia. 

P. X 53, y. 3o 16 j La Royne, Usez La Roïne. Nous écrirons ainsi ce 
mot et quelques autres, lorsqu^il faut couper une syUabe en deux 
pour la knesure du y ers. (A. L. P.) 

P. x53, 3o36j La Raine, Usez La Roine. C'est le même mot que 
eî^desaus, mais ici il ne doit étve que de deux syllabes. (A. L. P. ) 

P. x549 ^* 3o4o; cha, Usez chà. 

P. i5$ , y. 3o6i s mémo obseryatîon. 

P. x56, note 6; Je ne demande, Usez Je ne demandai. 

P. x56 9 y* 3o84 et 3o85 ; le point et yirgule doit être placé après 
le premier yers , et la yirgule après le second. 

P. f€x 9 noie Sj Codièia cum, lisez Codiehcum. 

P. 164; y. 3326$ decha,/tMjs dechà. 

P. x64, y. 3338;/tftf2 

ti Normanz dechà Saine de cels delà sevrez. 



5a4 CORRECTIONS ET ADDITIONS , 

P. 169 , note 8 ; Les incendies et les vols fit laisser et empêcher. 
Usez Les incendies et les yoIs fit défendre et empêcher. 

P. 171 , à la fin du yers 3877 y ajputez un deux-points. 

P. X749 V. ^^^^'^ placez le point d'interrogation à la fin du rers. 

P. 174» T. 34^9 ; Orlians. Il y a certainement ici une Eeinte de 
copiste ; et quelque peu éclairé que nous ayons trouyé notre au- 
teur sur d'autres points, il n'est pas possible de mettre sur son 
compte «ne erreur aussi grossière. ( A. L. P. ) 
• P. 174» ▼• 3438; enclin, lisez enclin. 

P. 176, y. 3470; placez une yirgule après le premier hémistiche. 

P. 176, notQ 6 \ Receptis antem rex à Nordmannis, /iû«z Receptns. 

P. 177, y. 3487 et 3488) remplacez par une yirgule le point qui 
suit le premier de ces yers, et par un point et yirgule la yirgule 
qui suit le premier hémistiche du second. 

P. 179, y. 35a3 ; placez une yirgule après le premier hémistiche. 

P. 180, y. 3546 j Ki iert yéiant, Usez Ki iert, yeîant. 

P. i85 , note i j Risques et périls, lisez Sous leur paix. 

P. 189 , y. 3720; se me mest a salu: lisez se me mest à salu. 

P. 19a , y. 3785 y substituez un point et yirgule à la yirgule placée 
à la fin de ce yers. 

P. 1 92 , note 7 j A l'entrée d'une bruyère , Usez An sommet d'ime 
bruyère. 

P. 194, Suppjvhez la note 4* 

P. aoo, note 5 \ ex tollendo. Usez extollendô. ihid. Flonse, Usez 
Floriac. 

P. ao^ , y. 394a ; Dex aie. Usez Dex aie. 

P. aoi , note 6 ^ Commandement , gouyernement , Usez Fwt 
guerre. 

P. 3o3 , note 1 1 ; Briser maintes lances, etc.. Usez Choquer munte 
lance et tirer du fourreau mainte épée azurée. 

P. ao5, y.^ 4<H>6 ^ supprimez la yirgule après les deux premiers mots. 

P. 210, note 3. Nous ayons exprimé dans cette note l'opinion 
que le pont de Rou^i deyait ayoir été bâti ayant l'inyasîon nor- 
mande, et qu'ainsi Wace n'a point commis d'anachronisme dans 
ce passage , non plus que dans. la page a 43 , en présentant ce pont 
comme existant sous Richard 1*^. Après de nouvelles réflexions, 
nous regardons comme plus probable que le pont de Rouen n'aura 
été construit que sous Richard 11 , et qu'ainsi notre auteur a eu 



TOME PREBIIER. 5a5 

tort de le faire- figurer dans le récit du règne de son prédécessenr. 

(A-LP.) 

P. ail , note 6; Maint homme, etc., iisêz II y a déjà trahi maint 
homme, et il y en trahira encore maint antre. Le mot traira, dans 
le texte, doit être de trois syllabes, et non de deux, comme il 
est dans Timprimé. (A. L. P.) 

P. aaô, note 6 j Ne cherche , lisejt Je ne yeux. 

P. aa5 , note 19 ; Craindre , lisez II peift beaucoup tous ennuyer 
de Richard. 

P. aaS, note 5; Il faudra <jue tu retournes là d'où tes aïeux 
vinrent, lisez U faudra que tu retournes là d'où yint ton aïeul. 

P. aaS, note 8; Rendre hommage, lisez Tu es sonliomme-Uge, 
quoique tu ne yeuilles pas Tayouer, le reconnaître pour ton sei- 
gneur. 

P. a3i , y. 453a ; encui, lisez enhui. 

P. l32, note a; Vers Dieppe, lisez Au-delà de la Dieppe. Nous 
pensons que, dans tout ce récit, il nVst jamais question que de la 
riyière de Dieppe , et non de la yille bâiie à son embouchure yer s la 
Bsk du onzième siècle , ni du yilla'gp du même nom qui existait sur 
cet emplacement dès io35 , conune nous l'apprenons par une 
charte de cette époque, insérée dans le Gallia Chnstiana, {k. L. P.) 

P. a44 9 QOte 9 ^ S'habiller magnifiquement , Usez Ni pour em- 
porter nos biens. 

P. a47, y. 4^49* Ce yers ne nous parait offrir aucun sens satis- 
faisant. 

P. aSo, note i ; Peuples de la Rasse- Allemagne, lisez flabitans 
du Hainaut et du pays de Poix. 

P. a6a, note 7 ; A ta yolonté , à ton plaisir, lisez La tenir de ta 
yolonjté , de ton bon plaisir^ 

P. a6a, note xo; Plaider, lisez^ Sanctionner, confinner.- 

P. a63 , note 6 j Aller à yoiles et à rames , /wcz. Cingler et yoguer. 

P. 267, note a^ Alanna, lisez Alauna. 

P. a69 , y. 5a5o j ja , lisez jà. 

P. a7a , note i y Et bon récit bien composé et traduit. Usez Et 
un bon dit est^fait et bien rapporté. 

P. a83, y. $55a; ma^e cure, Usez maie oyre. 

P.«3o5, y. 6014 et 601 5; transposez la yirgule à la fin du pre- 
mier, et le point et yirgule à la fin du second. 



5ae CORRECTIONS ET ABDITI03!7S, 

P. SoS, V.6os3 et 6094. Nous pc^itons qu'il faut mettre on 
point à la fin du premier de ces yen, et seulement unesTÎrgnle à 
la fin du second. ( A. L. P.) 

P. 3i5, 61749 û vaille à nnn, Uses n Tmlle n non; c^e8t«à*dire 
qu'il veuille ou non. 

P. 3i7 , 3a7, 33o, 33i ; dans les manchettes, suèstiiuez Édiehed 
à Alfred. 

P. 391 , y. 63o5 9 ja rançun, lisez jà nmeun ; 

P. 3a I, note 3. Sans' les femmes, etc., lisez Quand il n'y aurait 
eu que des femmes, personne n'aurait pu se racheter. 

P. 3»9 j placez après le vers 648^ le pohit et virgule qui est 
après le vers 6490., et inettez une virgule à la fin du vers 6491. 

P. 336 , note 9 ; OpiniAtre, enfété , lisez Hargneux , qu^llcur. 

P. 35o, V. ôgSo ; noalx. Ce mot ne peut être ici qu'une faute de 
copiste; c'est sans doute malx, 

P. 367, note 4) au comte de Hugues, Usez au comte Hugues. 
Nous répagnk>mi à croire qu'on eût pu , même au douzième siède, 
transporter en Bourgogne un endrok aussi éloigné de cette pr«^ 
vince que Mirmande , et nous coQ^tions «diquer Mar mu g' iie , entre 
Antnn et Châlons, comme étant peut-être le lié» dont notre antenr 
aurait voulu perler; mais le passage suivant du dtseours que Henri 
de Huntington prête à Guillaume-le-Conquérant avant la bataSle 
d'Hastings , prouve que c'est bien réellement dans le voisinage des 
Alpes qu'on pla^t ce diAteau : Nonne idem diue patres v'estros usquè 
cul Mirmandam juxtà Alpes addiêxU? Ce qui Suit prouve, au reste, 
que la tradition relative à cette expé^tion était déjà fort àitéi^ : 
Et urbis dticem, generum scilicet suum sponste swe prèkûaàs parère 
coegit? Henri Huntingt., Hîst., L. vn. Déjà Gufflântne' dé Jn- 
mièges avait cité un lieu, qu'il appelle MUtnattdtan ou MiibmuSum , 
comme la principale fo r te r e ss e du eomte Hugues. L. v, p. a56. 

' ^ (A. L.P.) 

P. 379 , V. 7616 ; Des ke il potit te oèroea ; 
liiez Dès ke il pout le côroç». 

P.: 386 , note 6. Nous avions cru pouvoir nous en rapporter, 
relativement à l'emplacement de ce châteali , aux renseignemeaa 
fournis par l'abbé des ThttiUeries. Noue nous empressons d'avertir 
les leetcura de Wace de l'erreur dans laquelle il nous avait en* 
traîné. Il s'agit ici du cfaftteau de Charmez , situé dms la eom- 



TOM£ PREMIER. 5.S17 

mune de Sacey y sur le territoire normand et la riye droite. du 
Coisnon. Les mines, on plutôt l'emplacewent de oette forteresse , 
se voient sur la croupe méridionale d'une colline à un quart de 
lieue du bourg de Sacey : c'est encore à notre sayant confrère et ami 
M. de Gerrille que nous devons le redressement de cette erreur. 
Voyez Us Recherches sur les Châtecasx de la Memche, n** gS. (A. L. P.) 

P. 389 , y. 7843 et 7844 \ lisez Dex aïe! 

L'ensnigne el Duc de Normendie. 

P. 407, T. 8917 ', k'rU, lisez Va K. 

P. 4' 1 9 supprimez la note 6. 

P. 41 3 9 note 7. Ce seigneur était eomte du Vexin français^ dans 
lequel était alors compris le territoire de Mantes. H était le mari 
d'Edith on Go<^ove, sœur d'Édouard^le-Confesseor , et avait passé 
sous la suzM^ineté du duo Robert y lorsque le roi Henri , en recon- 
naissance de l'assistance de ce puisflpnt vassal , lui donna le Yexin 
français. Henri profita ensuite de la jeunesse et de la ùSkUeêse de 
Guillaume pour rentrer en possession de cette contrée. C'est en 
souvenir de ces événemens, alors fort éloignés., que GnillaiBnié, 
dans la dernière année de sa vie , après avoir vainement réclamé 
la restitution du Yexin y entreprit l'expédition dont les suites le 
conduisirent au tombeau, 

Otrogon étant mort dans son vc^age d'Orient, laissa trois en- 
fans, Gautier, Raoul, et Foulques, évéque d'Amiens. Gautier 
hérita des "principaux domaines de son père, et en jouit jus- 
qu'en ^1064, époque où il fut empoisonné avec sa femnae Biote, 
an droit de laquelle il disputait le comté du Maine à Guillaume-le* 
Conquérant. Guillaume fut accusé de cet empoisonnement, et on 
lui reprocha d'aîvoir profité ^ pour l'adcomplir, du momcsit dû 
Gautier et Biote recevaient l'hospitalité dans son château de Fa- 
laise : mais cette dernière circonstance nous parait peu naturelle , 
et nous ne voyons pas ce qui aurait pu amener le eomte du Texin 
chez son puissant compétiteur. Voyez Orderio Vital et Y£ist, des 
grands officiers de âs Couronne, xi, p. 366. 

Nous ne terminerons point cette nc^ sans faire rematrquer que 
Godiove ou Godive est le même sobriquet que les Normands don- 
nèrent, au commencement du siècle suivant, à la reinç Mathilde 
d'JÊcoase , femme de Henri x*'. 

rin DES CORBECTIONS ET ADDITIONS DU TOME PREMIER. 



CORRECTIONS ET ADDITIONS. 



TOME SECOND. 

Pa&b 5, note a; 'voyez, popr la rectification d^ cette note, la 
note a de la page a3a. 

P. 7, vers BS-aô; siq^rimez la TÎrgule. 

P. i3, note 4; Oflensànt, Usez Injuriant. 

P. i8, note 3; ajoutez à la fin : Surmin est désigné' dans les an- 
ciennes chartes sous les noms de Siirhannum ou Suraimum, 

P. a3 ; avant le vers 8854 9 placez un trait ponr indiquer le chan- 
gement d'interlocuteur. 

P. a7 ; y. 8938 , Renouf deBriquessarL Nous craignons que notre 
auteur n'ait commis deux anachronismes au sujet de ce personnage ; 
le premier, en lui donnant le nom de Brîquessart, qui n'a été porté, 
à notre. connaissance, que par cet autre Ranulfe de Bajeux (pro- 
bablement son descendant) qui succéda, vers iiai, à Richard, 
comte de Chester et yicomte d'Avranches : le second, en indiquant 
pour spn .cri^de guerre sakit Sever, sire saint Sepoir! qui n'a dû être 
adopté par cette famille qu'après la prise de possession d* Ayranches 
et de l'abbaye de Saint-Seyer, et par conséquent à la même épo- 
que. (A. L.^*.) ^ 

P. 33, note 6. M. Pluquet regarde comme évidemment défec- 
tueuse cette yariaute foiumie par le manuscrit de Dnchesne. Nous 
ayons le malheur de ne pas partager son opinion sur ce point : il 
nous paraît peu croyable qu'il existât en Normandie, à cette époque, 
aucun vestige du culte Scandinave. Notre opinion est que ce cri 
de guerre n'est autre chose que le nom de Thnry , qui était pro- 
bablement le chef-lieu des domaines de Raoul Tesson. ( A. L. P.) 

P. 34» note i , ligne 5 ; Amant, Usez Amand. 

P. 35,, ▼. 9fa3; nous pensons qu'il faut lire : 
{1 gandissent quant il se doutant, 

c'est-à-dire et se retournent, s'évitent quand ils ont peur l'un de 
l'autre. (A. L. P.) 



TOME SECOND. Sig 

P. 37, y. 9169; Usez Hardiz fil unk, mez puiz fu plus. 

P. 38, V. 9Q04. Notre auteur ne paraît pas ajouter foi à la tra- 
dition d'après laquelle ce serait Hamon lui-même qui aurait frappé 
et désarçonné le roi de France. Guillaume de Malmesbury donne 
au contraire ce fait pour certain : Haimo in acîe cœsus, cujus insignis 
vioUntia laudatur, quod ipsum regem equo dejederat, quare à concur- 
rentibus stîpatoribus interemptus pro fortitudinis miracido régis jussu 
egregiè tumulatur. L. iii. ( A. L. P. )- 

P. 39, ▼. 9216; nous pensons qu*il faut lire : ^ 

Ensemle o Renouf li viscunte. ( A. L. P. ) 

P. 39, note I ; Bardon, lisez Bardou. 

P. 479 ▼• 9380; Belesne, Usez Belesme. 

P. 47» ▼• 9383. Il n'est pas vrai, comme notre auteur semble 
l'insinuer ici , que Domfrènt ait jamais fait partie du Maine. 

^ (A.L. P.) 

P. 47* note 6. Il est probable que ce traître était Guillaume 
d'Arqués; au moins quitta-t-il le Duc pendant le siège, quasi de" 
sertoris fwrtiyo more, (A.L. P.) 

P. 55 , Y. 9573 ; supprimez la virgule. 

P. 58 , note 5. Voyez , sur l'époque du mariage de Guillaume , 
la note 4 de la page 193, où nous avons exprimé l'opinion que ce 
mariage doit être placé en io5o plutôt qu'en io53. (A. L. P.) 

P. 6a , note a. L'existence de ce fils est attestée par Orderic 
"Vital : Filiumque nomine Michaeîem, probumnnilîtem etlegitimum, ge~ 
nuit, quem in AngUâjam senem rex Henricus honorât ac diUgit, L. v, 
p. 566. On montre encore à Jersey un emplacement que la tradi- 
tion suppose avoir été babité par l'arcbevéque Manger, et il y a 
dans rile une famille de ce nom qui a la prétention d'en des- 
cendre. (A. L. P.) 

P. 65, V. 9781. Hantone est aujourd'hui Soutbampton^ comme 
nous l'avons déjà remarqué. (A. L. P.) 

P. 66, note 3; Eucomium, Usez Encomium. 

P. 70, V. 9886; supprimez la virgule. 

P. 73, V. 9961. Guillaume Crespin, fils de Gislebert i«r, men- 
tionné ci-dessus, page 5 , et frère aîné de Gislebert 11, que nous 
trouverons ci-dessous à la bataille d'Hastings, p&ge a3a , note a. 

(A.L.P.) 

P. 78, V. 10059; femiers. Usez feniers, et supprimez la note. 

II. 34 



53o CORRECTIONS ET ADDITIONS, 

P. 83, y. 10175; £ cil d'Estotevile.... Il s'agit probablement ici 
de Robert d'fUtouteville , surnommé Grand-Bois, et le premier 
seigneur de cette maison dont le nom soit parvenu juscpi'à noiu. 
Voyez p. 387, note a. ( A. L. P.) 

P. 90, Y. io3a8; supprimez la yirgiile. 

P. 95, y. 10454; supprimez le point. 

P. 98, y. io5i4; supprimez la virgule. 

P. io5, note 3; Thornic, lisez Thcftme. 

P. 108, note 3; Horald, lisez Herald. 

P. 109, note 5. La date précise de la mort d'Édouard-le-Con- 
fesseur est le 5 janvier 1066, (A. L. P.) 

P. ii3, V. io8aa; Co, lisez Ço. 

P. 114, V* 10860; ajoutez une virgiile à la fin. 

P. 117, y. 10934; otréir, lisez otréier. 

P. 117, note 4 ; Qiie jamais Dieu ne permette, etc., lisez Que Dieu 
ne permette et qu'à lui ne plaise que nous ayons un roi qui ne nous 
assure pas la paix! 

P. 118, V. 10940. Ce vers est visiblement imparfait. 

P. lai, note 7. Guillaume Fitz^Osbeme était (par son père 
Osberne, sénécbal de Normandie comme lui) petit-fils d'Herfaste, 
frère de la duchesse Goni|Qr.^^et , par sa mère, petit^fils de Raoul, 
comte d'Iyry. Voyez d-de$s)i&,,i, p. 299, note 6.. U fut, après la 
conquête , comte d'Hereford ç(t, seigneur de l'île de Wigbt ; mais il 
ne jouit pas long-temps de ces npuveaux/dpmaiQes : le Roi l'ayant 
envoyé en Normandie assister la reine Matbilde dans l'administiatioa 
du duché, il fut engagé par le monarque français à aller avec lui en 
Flandre porter secours au comte Amoul, neveu de cetlie princesse, 
et périt dans cette expédition, en février 1071. On rapporta son 
corps en Normandie, et il fut enterré dans l'abbaye de CormeilleSf 
qu'il avait fondée , ainsi que celle de Lyre. Son fils aîné , Guil- 
laume, second du nom, hérita de Breteuil, Pacy et ses autres 
domaines de' Normandie. Ceux d'Angleterre furent le partage de 
son second fils Roger, qui les perdit bientôt, à cause de sa parti- 
cipation dans la révolte de Raoul de Gaël, en 1073, et passa le 
reste de sa vie dans les fers. Orderic Vital nous représente Guil- 
laume Fitz-Osberne comme le premier et le plus dur o] 
de la nati<m anglaise. ( A. L. P.) 

P. ia3, y. iioSi ; Osher, Usez Osber. ^ 



TOME SECOND. 53 1 

P. isSy y, 11066; supprimez la yirgiile. 

P. i!i6y note y; ajoutez : Ce perwHmage est le. iQéine qui est ha- 
bituellement appelé Roger de Beaumont, du iiom du château qu'il 
fit oonstruire. C'est ainsi que nous le trouverons désigné ci-des- 
sous, p. !i!i9, V. i346a. n ne faut pas croire pour cela que Peau- 
mont n'existAt pas avant lui, puisque nous voyons ce lieu cité 
dans la charte de fondation de rahbaye de Bemay par le duc Ri- 
chard II. Nous devons encore faire remarquer que Roger ne pou- 
vait être aussi vieux qu'il plaît à notre auteur de le supposer, puis- 
qu'il ne mourut que dans les dernières années du siècle, trente ans 
environ après la conquête. ( A. L. P.) 

P. lag , V. II 179; L'i a toleit, Usez lA a toleit. 

P. lag, note 6. Nous pensons que se dementer signifie ici se 
consulter plul6t que se plaindre. Ce verbe est encore fort usité 
dans nos campagnes , mais toujours dans un sens actif, et on l'y 
emploie comme synonyme de s'occuper^ se mêler d'une chose. 

(A.L.P.) 

P. i3i, V. iia36; Osher, Usez Osber. 

P. i33, V. iia84; Kà, lisez K'à. 

P. i34, V. ii3o6. Cet évêque, nommé Amauld, était Normand, 
et originaire de l'Avranchin. Nous ne trouvons, dans la liste du 
manuscrit puhlié par Taylor, aucune mention du contingent 
que lui fait fournir notre auteur. Il indique aussi pour Odon un 
contingent tout différent de celui dont parle Wace. Au reste, ce 
document nous a paru en somme si curieux , que nous ne pouvons 
résister au désir de l'insérer textuellement ici. 

JViilelmus, dux Normannorum , 'vemens in Ângliam ob adquirendum 
regnum jure sîbi debitum, hahUU à Willelmo Dapifero,fiUo Oshemi, 
LXnaves; ah Hugone posteà comité de Çestria totidem; ah Hugone de 
Montfort L naves etLX milites; à Aon^ vel Rumi EUmosinario Fes- 
eanni, posteà episcopo Idncolniensi , unam na^em cum XXmilitihus; à 
JVicholaOf ahhate de Sancto Audoeno , XX naves cum C militibus; à 
Koherto, comité Augi, f,Xnaf^; à Fulcone Claudo XL na9es; à Ge- 
roldo Dapifero totidem; à Willelmo comité d^Evereux , LXXX naves; à 
Bagero de Montgomeri sexaginta naçes; à Rogerp de Baumunt LXna^ 
if es.; ah Odone, episcopo de Baios, C naves; à Roberto de Morotein C et 
XX; à JVàltero Giffardo XXX, eum € militibus. Extra has naves quœ 
computatœ simtU M. e/jficiunt , lutbuit Dux à quihusdam suis militibus, 



o 



532 CORRECTIONS ET ADDITIONS, 

secundUm possibilitatem uniuscujusque , multas alias nattes. JUtUhildis, 
posteà regina , ejusdem Ducis uxor, ad honorem Ducis fecU effici navtm 
quœ vocahatur JSIora, in qua ipse Dux 'vectus est. In ptord ejusdem naçis 
fecitfieri eadem Mathildis infomtulum de auro , dextro indice monstivn- 
tem Angliam , et sinistré manu in^rimentem cornu ebumeum ori, Pro 
quo facto Dux concessit eidem Mathildœ comitatum Cantiœ. 

Ce dernier fait est une erreur manifeste , si on le prend à la 
lettre, puisque le comté de Kent fut donné à l'évéque Odon, et 
non à la Reine ; mais lord Lyttleton suppose qu'il faut entendre 
-seulement par là des domaines donnés à Mathilde dans ce comté. 
Nous devons remarquer.aussi que les contingens ci-dessus indiqués 
ne forment pas un total de mille vaisseaux , mais seulement de sept 
cent quatre -yingt-un. (Â. L. P.) 

P. 143 y V. ii5o6; Haimon. Ce nom est une erreur manifeste de 
copiste; c'est Haimeiy ou Aimery qu'il faut lire. (A. L. P.) 

P. 1 46 , note 6. Vojez , sur le vaisseau du Duc et sur cette figure 
d'enfant, la citation faite ci-dessus du manuscrit publié par Tay- 
lor. (A. L. P.) 

P. 14^9 V. ii63o et ii63i; transposez le pointât virgule après 
le premier vers, et la virgule après le second. 

P. 14B, y. 1 1633 ; prez de gaudir , lisez gandir, aller en arrière; 
substituez un point et virgule au deux-points. 

P. l58, V. 11869; supprimez la virgule. 

P. 160, note 5; Que tu approuvas et consentis, lisez Car tu y 
donnas ton approbation et ton consentement. 

P. i63, V. 11995; substituez un point et virgule à la virgule. 

P. 170, y. I9i38; belberges, lisez berberges. Vers suivant, 
peuls , lisez pels. 

P. 184» ▼• 12473* Nous devons à l'obligeante entremise de lord 
Arundell la note suivante du respectable docteur Liogard sur ce 
passage, 'l'un des plus obscurs du texte de notre auteur : < Il ne me 
« paraît pas douteux que les mots cites ici ne soient des expressions 
« bachiques employées par les Anglo-Saxons dans leurs festins. 

« Weissel{l wish healtb), drinche heil{l drink health), sont des 
« formules bien connues. Le vieux Robert de Brunne en explique 
« l'emploi dans les vers suivans , que je revêts de l'orthographe 
« moderne , pour qu'on les comprenne plus facilement : 

He that bids , sfaall say wassail 



TOME SECOND. 533 

The t*other, shall say again drink haiU. 
Who says wass'aU, drinks of the cup 
Kissîng his fellow, he gÎTes it up; 
Drînk faaîU hk says and drinks thereof » 
Kissing him in bord and scofT. 

« In bord and scoff équivaut à m sport and piaf, 

< La dernière ligne de Wace me paraît signifier drink half et 
« drink emptj, jexj}ressions proyenant probablement de l'usage de 
« boire dans des coupes pourvues de chevilles à l'intérieur, pour 
« indiquer la hauteur jusqu'où devait boire chaque convive. Mais 
« que peut-on faire des mots bubtie, laticome, hindrewartet drintome? 
■ Je n'en sais en vérité rien. Cependant hindrewart est un mot 
« saxon ; et à moins qu'il ne serve à désigner quelque espèce de 
« liqueur fermentée, il peut signifier towards the hindmôst or last. 
m Drintome parait être le même mot que drinc tome de la ligne sui- 
« vante. » Nous remercions sa seigneurie et le savant historien de 
la complaisance qu'ils ont bien voulu apporter à nous fournir cette 
note importante. 

Nous devons aussi des remercîmens à un voyageur anonyme 
qui a bien voulu nous communiquer la remarque que le mot tome 
avec la prononciation française teum, ou la prononciation alle- 
mande tônte, signifié encore aujourd'hui , en dialectesaxon-écossais, 
^ide; de sorte que drink tome pourrait s'interpréter, boire jusqu'à 
ce que la coupe soit vide , ou , comme on disait autrefois chez 
nous : rubis sur l'ongle. Ce renseignement admis , il ne resterait 
plus d'inexpliqué que les mots bublie et laticome. Nous les recom- 
manderons de nouveau aux recherches des savans versés dans la 
connaissance de l'anglo-saxon. (A. L. P.) * 

P. i85, note i ; Aux prêtres les accusèrent, Usez Us les avouè- 
rent, les déclarèrent aux prêtres. 

P. 191 , V. ia63o; placez un point après le dernier mot. 

P. 196, note 1 ; Aujourd'hui je vous prie, etc., lisez Aujourd'hui 
je vous tiens quitte de ce service, je ne réclame point ce service. 

P. 197, note 3; Le drapeau convient à tenir. Usez II convient 
que l'enseigne soit portée par quelqu'un qui puisse supporter une 
longue fatigue. 

P. aoi , note 4 ; Us appelaient les paysans d^s villages , lisez Les 
paysans des villages abondaient, étaient en grand nombre. 



534 CORRECTIONS ET ADDITIONS, 

P. aoi , note 7, Clos, entouré, et so3^, note 5, Clos, lisez Oc- 
cupé. 

P. ao5 , ▼. lagao; supprimet la virgule. 

P. ao5, y. 1^934; supprimez le point. 

P. ao5 , note 6 ; Ne s'y logeât , lisez Ne s'y engagerait. 

P. ao7, note 4» Un pape, lisez Au pape. 

P. aaa, note 3; un bras, lisez le bras. 

P. 194, y* 13359; remplacez le point etyirgule par une virgule* 

P^ aa4 9 note 4 y Cela ne vous servira de rien d'aller en arrière, 
lisez Cela ne vous servira de rien désormais d'aller en arrière. 

P. aa6, V. i34o8; k'a terre, lisez k'à terre. 

P. aa6, note 5; Vacilla, Usez Porta plus loin. 

P. aa6, note 8; Resta couché, ajoutez sur la terre. 

P. a3o, note 5; Éconché, lisez Écoucbé. 

P. 33 i , note 6. Raoul de Fougères reçut du Conquérant des 
manoirs situés dans les comtés de Surrey, Devon, Backingham , 
Norfolk et Suffolk. Outre ce Raoul, on trouve dans* le Domesdaj^ 
Book Guillaume de Fougères , propriétaire de manoirs sitnés dans 
le comté de Buckingham. (A. L. P.) 

P. a3a , note i, ligne 19; le titre de comte de Ferrîères, lisez 
comte Ferrers. 

P. a36, note 4* Nous nous sommes trompé en pensant que 
M. de Gerville avait placé à Laune, près Lessay, le berceau des 
seigneurs d'Aunou. Ce n'est point de la famille d'Aunon, mais de 
la famille de Laùne, de Alno, que notre savant ami a voulu parler; 
et l'indication qu'il donne à ce sujet est, suivant sa coutume, 
parfaitement juste et authentique. (A. L. P.) 

P. a 38, note 4- Depuis l'impression du texte, nous avons 
trouvé, dans la charte de fondation de l'abbaye du Tréport, don- 
née en io59, Geoffroi, fils de Rainauld, et seigneur de Saint- 
Martîn-le-GaiUard, qui nous paraît dévoir être le personnage que 
veut désigner notre auteur. Voyez le Gcdl, christ , xx , instntm, , 
coL, i5, D. (A. L.P.) 

P. a49 , note 4* Ce n'est ni à Soligny dans le Perche , ni dans 
un fief de la commune du Chamblac près Bemay , qu'il faut cher- 
cher le berceau de la famille dont il s'agit ici , mais à Subligny près 
Avranches. Cette maison , qui a fourni un évéque d' Avranches an 
milieu du douzième siècle, a fondé les abbayes de la Looeme 






TOME SECOND. 535 

et de Mont-iRîorel. Son nom s'écrit SuUigny, SouUgny on Suhlîgny, 
Il parait qu'on de ses membres prit part à la première cràisade. 
Un autre passa ea. Bretagne dans le douzième siècle , épolisa une 
héritière de Dol, et fut le chef d'une branche qui joua un grand 
rôle dans cette proyince. En Normandie , les biens de cette famille 
ont passé dans la maison Paisnel et la maison d'Argouges. M. de 
Gerrille n'a pu retrouver l'emplacement du château ; la carte de 
Cassini indique un point nommé U CateUer, Il y a en Angleterre 
des Subligny dans les comtés de Gomwall , Deyon et Somerset. 

(A. L. P. ) 

P. 944 9 iiote 6. Il est fort possible que notre auteur ait youlu 
parler d'Épinay-8ttr-Duclair,«dont les seigneurs figurent à plu- 
sieurs reprises dans le càrtulaire de l'abbaye de Jumièges , mais 
un dècle et denfii plus tard. Leur sceau portait un aigle. 

(A. L. P.) 

P. a45 , note i . Voyez , relativement au château et aux seigneurs 
de Gourçy, la notice insérée dans les Mémoires de la Société des 
Antiquaires de Normandie, année i8a6. ( A. L. P.) 

P. 94S1 note 3. Noiis avons commis une erreur, en supposant 
que Juri et Jùreium pouvaient être le même endroit que Jort, Rogei' 
de Juri et Goël de Jureio sont certainement Roger et Goël d'Ivry , 
comme on pourra s'en convaincre en voyant dans le Domesday^ 
Book le premier de ces noms écrit tantôt d'une manière tantôt 
de l'autre. On trouve d'ailleurs ces deux personnages cités dans 
Orderic Vital ; le premier sous le nom de Roger de Iherico , p. 546 , 
le second sous celui de Goël de lireio, p^ 840 , qui ne laissent aucun 
doute sur ce |)oint. ( A. L. P.) 

P. 348, note I , ligne 39; fondation, Usex confection. 

On trouve Guillaume Paisnel parmi les si^ataires de la charte 
de donation de biens de Grimoult du Plessis â la cathédrale de 
Bayeux en 1074* ' 

Le château des Moutiers-Hubert nous parait de plus en plus 
avoir été une place importante et le principal siège de la famille 
Paisnel. Orderic Vital nous fournit les détails suivans sur sa prise 
par le comte d'Anjou dans son expédition en Normandie du mois 
<le septembre 11 36 : indè illi {Andegavenses) castrum quod monaste- 
rium Huberti dicitur exfietierunt, victoque PaganeUo municipe^ qui 
rmidta in Ulo- nequiter anno peipetraverat, mtaiicipiwn obtinueirunt , et 



536 CORRECTIONS ET ADDITIONS, 

prœdictum cum xxx militihus oppidaaum per ingentis pecuniœ redemp^ 
tionem graviter coercuerunt. xiii, p. io6. C'est peut-être après cet 
événement que la famille Paisnel adopta Hambie pour son séjour 
habituel. Le Domesdày - Book indique Raoul Paisnel comme pro- 
priétaire de manoirs dans six comtés d'Angleterre. (A. L. P.) 
P. 3489 note a, ligne 17; t. 1081^ lisez vers io8a. 
P. 349» i^ote 9. Guillaume deCailly {CaUgi) est cité dans le 
Domesdày^ Book comme propriétaire de manoirs situés dans le 
Berkshire. (A. L. P.) 

P. sSo, note i y ligne 6 j de la duchesse de Gonnor» lisez de la 
duchesse Gonnor. 

P. a 5 a, note 3. Outre Robert d'Oixilly (de'OUgi), qui reçut des 
manoirs dans dix -huit comtés, on voit figurer dans le Domesdaj' 
Book Guy d'Ouilly comme en possédant dans le comté d'Oxford. 

(A. L.P.) 
P. aSai note 4* Le lien dont veut parler notre auteur n'est pomt, 
comme nous l'avions supposé, Sassy dans l'arrondissement de 
Falaise, mais Sacey entre Saint-James et Pontorson. Jourdain de 
Sacey, chevalier, figure sut une charte de Richard de Sublignj, 
évéque d'Avranches, vers le milieu du douzième siècle. Posté- 
rieurement cette terre a appartenu aux Malesmains. Nous avons 
remarqué ci-dessus (correct, et addit. du premier Tolume) que le 
château de Charruez était situé sur la commune de Sacey. Voyez 
les Recherches de M. de Gerville sur les Châteauâs du départemenî de 
la Manche, n'* g3. On trouve, dans le JUonasiicon ungUcanum, nn 
personnage nommé Émeric de Sacy, et qui parait avoir été on 
seigneur distingué. (A. L. P.) 

P. a 54, note I. Le seigneur de Cahagnes qui assista à la conquête, 
était probablement Guillaume (de Cahainges), qui, à l'époque de 
la confection du Domesday^Book, était propriétaire de manoirs si- 
tués dans les comtés de Cambridge et de Northampton. (A. L. P.) 
P. 260, note 4 9 antépénultième ligne; avant ces mots : on trouve 
ajoutez en Normandie. 

P. a6i, V. 1371 5, et p. a6a , v. 13739 ; Patrie, Usez Patrie. 
P. 365, manchette; Robert Tesson, lisez Robert Fitz-Erneb. 
P, 369, note a, ligne aS; transposez, à la %uite du mot Bacon, 
le point qui se frouve dans la ligue suivante. 

P. 170 , jiote 8. Ce n'est point Richard , mais Robert, fiiims 



TOME SECOND. 5^7 

Aolf , que l'on Toit figurer dans le Domesdaf » Book conAne pro- 
priétaire de biens sitaés dans le Wiltshire, et qui nous parait ayoir 
été frère de Tonstain , comme lui fiUus Kolf. Les manoirs apparte- 
nant à ce dernier étaient situés dans les comtés de Hamps, Berks, 
Dorset, Somerset , Deyon, Buckingham, Glocester et Hereford. 

(A. L. P.) 

P. a 80, Y. 1398.8; è so creimeient, Usez è ço creimeient. 

P. %gS , y. 14^83 ; supprimez la yirgnle. 

P. 3oo, note a ; clientali, lisez clientuli. 

P. SoS, T. 144^1 9 supprimez la virgule. 

P. 3x8, V. 14748 et 9. Caëm, Roëm. M. Pluquetnous ayant au- 
torisé à surveiller l'impressioli de cet ouvrage, nons avons qaéi- 
qnefois écrit ainsi ces mots lorsqu'ils deyaient être de deux syllabes 
pour la mesure du vers : mais comme nous n'avions pris ce parti 
qu'assez tard, nous avons fini par y renoncer, quoique nous per- 
sistions à le regarder comme utile pour l'établissement exact du 
texte. (A. L. P.) 

P. 3i8, note 4» avant-dernière ligne; voyage deMilton, lisez 
de Misson. 

P. 33 1 , V. 14973; lî unt co, lisez ço. 

1^. 33i, note 4; Proche, lisez Arrière. 

P. 338, note 3; Gent, gentil, lisez Aimable, poli, gracieux. 

P. 344 9 iiote S;'clicutuli, lisez clientuli. 

P. 358 y note 7 ; Hampton , etc., lisez La partie de la nouvelle 
fprét (new'forest) voisine de Sontbampton. (A. L. P.) 

P. 36o, note i, ligne 10; Bellesmes, lisez Belléme. 

P. 36o, note 3. Ce puissant seigneur était fils, ou, ce qui est 
plus probable, et d'ailleurs appuyé sur le témoignage de Guil- 
laume de Malmesbury, petit-fils de Hamon ou Haimon, seigneur 
de Tborigny, Creully .et autres baronnies, tué à la bataille du V ai- 
des-Dunes. Voyez ci-dessus, p. 34 et 38. Robert avait hérité de 
ces domaines, conune nous le verrons page 391. Il épousa Sibylle, 
fille de Roger de Montgomeri. Sa fille Mabile , l'une des plus riches 
héritières de cette époque , porta ses biens à Robert de Glouoester, 
fils naturel de Henri i*', après une discussion fort Curieuse avec ce 
prince, qui nous a été conservée par un historien du siècle sui- 
vant. D'après Banks (Dormant and extinct Peerage)^ Robert Fitz- 
Haimon aurait eu trois autres filles, savoir : i<>. Cécile , abbesse de 



538 CORRECTIONS ET ADDITIONS. 

Shafton; %^, Ha'wyse, abbesse de Wiltoni et Amîciey qui épousa 
le comte de Bretagne (probablement de la branche de Rîchmnnd). 
Mais noua ayons peine à croire à cette assertion ^ n*ayant trouvé 
aucun fait à l'appui, et tons les témoignages s'accordant à pr^n- 
ter Mabîle comme seule héritière de ce puissant baron. (A. L. P.) 

P. 37a y note 5; S'embatre, etc., lisez Ni en m*întroduîsant Tio- 
lemment. 

P. 385 , note 7 de la page précédente; ayant la révolution, Usez 
dès ayant la révolution. 

P. 394» note 3 de la page précédente, ligne 5, aurait été, lisez 
aura été. • 

P. 400 y note 6, y. 2; angien, lisez engien. 

P. 447$ ^ ajouter à la table des matières : Beaumont-le-Roger, 
voyez Vieilles. 



Nous ferons remarquer comme une particularité assez 
singulière que la composition typographique de ces deux 
volumes dû Roman de Rou e$ des Ducs de Normandie, a 
£té exécutée, à Paris, par un compositeur natif de Rouen, 
M. Senard père (Claude-Pierre), employé dans Timprime- 
rie de M. Crapelet depuis trente-quatre ans. 



FIN DBS CORKECTIONS ET ADDITIONS DU TOME SECOND. 



NOMS 

DE MM. LES SOUSCRIPTEURS 

AV 

ROMAN DE ROU, 



O. A. R. Màdàmk , Duchesse de Berry. Gr, pap, 

Lb MiHisTiRB DB lIhtbribua. io gr, pap., ao pap. ord, 

Lb MiHisriBB DB jjl Justicb. 4 ex. 

Bibliothbqub publiqub bt Mâibib DB RouBN. I gr, pap,f 5 pap ord. 

BiBLIOTHBQUB PUBLIQUB d'AlBNÇON. 

BiBLIOTHBQVB DB LA ChAMBBB DBS DbPUTBS. Gp. pap, 

BlBLZOTH<QUB DU Roi DB DaNBMABCK. 

MESSIEURS 

ABNAULT-Tiso^r , Négociant à Rouen. 

ABunbBLL DB Wabdoub (lord), Wardour-Ca^e , Wiltshire. Gr. 

pap, 
AssBLiN, Membre de la Lëgion-d'Honneur et dé plusieurs Sociétés 

savantes , à Cherbourg. 
AuvBAT DB GouBSANNB , à Caen. 
Babochb , Conseiller à la Cour Royale à Rouen. 
Babeb (Grermain) , Curé de Monyille près Rouen. 
Baerois atnë. Libraire à Paris. 
Bbrgassb , Procureur-Général à Montpellier. 
BiRTPMviif , Consenrateur de Tlmprimerie Royale à Paris. 
•BioNON , à Paris. 

Blihchb , Médecin en chef à l'hôpital général à Rouen. 
Bloqubl fils , Imprimeur à Rouen. 
BosBiNGB frères, Libraires à Paris. i3 ex. 
BoTTiir , Membre de la Légion-d'Honneur, Libraire à Paris. 



Ô40 NOMS 

MM. 

BouKDiLLON f â Paris. Gr, pap. 

Bribrb , Libraire à Paris. 6 ex, 

BucHOR , Homme Âe Lettres, à Paris. 

Ghâumbttb , â Paris. 

Clocbuson , Jage au Tribunal de première instance , Conser?atear 
de la Bibliothèque, etc., a Alençon. 

Crbyot, Libraire à Paris, a ex, . 

Gbozbt, Libraire à Paris* a gr. pap,, i pap, orâ, 

CuBHBR, ancien Négociant , à Rouen. 

D'Angotillb, à Thuit-Hëbert, Eure. 

Db Bbdford (le Duc), à Londres. Gr. pap, 

Db Blossbvillb (le Marquis) , à Amfreville, Eure. 

Db Boisguilbbrt (Charles), à Rouen. 

Db GiDHORT , Membre de plusieurs Sociétés savantes , à Gaen. 

Db Châtbaugiron (le Marquis), Membre de la Société des Biblio- 
philes, à Paris. Gr, pap, 

Db Ghbnbdollb, Homme de lettres, à Vire. 

Db Gbrvillb , Membre de plusieurs Sociëtës savantes , à Valognes. 

Db Grbbauvâl , Gonseiller- Auditeur , à Rouen. 

Db Jolihort , Homme de lettres , à Paris. 

Dblâlâzidb , à Rouen. 

Db Là QDBRiàRB atnë. Membre de plusieurs Sociétés savantes, à 
Rouen. 

Db Lillbrs (le Marquis) , à Paris. 

Db Maonbvillb , Membre de plusieurs Sociëtës savantes , â Gaen. 

Db Marguerit atnë, à Rouen. 

Db Sâiitt-Ahând , à-Paris. 

Db Saint-Hilairb , à Rouen. 

Dbshatbs , à Jumièges. 

Dbs Rotoirs , aux Rotoirs , Eure. 

Db Yanssat (le Baron), GonseiUer d'État, Préfet du département 
de la Seine-Infërieure , à Rouen. 

Devillb (Achille) , Membre de plusieurs Sociétés savantes. 

Db ViLLBQuiER (le Baron) , Premier Président de la Goar Royale, 
à Rouen. 

Dibon (William), à Rouen. 

DiBON (Paul), à Louviers. 

Du Bois (Louis), Homme de lettres, i Ménil-Durand , présLi- 
sieux. a ex. 



DE MM. LES SOUSCRIPTEURS. 54 1 

MM. 
DuBouRG d'Isight f Président du Tribunal civil , à Vire. 
DuHÂMBL (Henri J y Négociant à Rouen. 
DuLAURB , Membre de ia Société des Antiquaires de France , à 

Paris. 
Durand de Lançon , Membre de la Société des Bibliophiles, à Lnre. 

Gr. pap' 
Du SoMMBRARD ( madame) , a Eibeuf. 

DuTHuiT (Eugène}, à Rouen. . . 

Édbt-Vallbb , Libraire à Rouen. 3 ex, 
EsBRAN (P.-A.), à Rouen. 
Fbrnbl , Avocat à Neufchâtel , Seine-Inférieure. 
Frbrb père , ancien Libraire â Rouen. Gr. pap. 
Galbron , Substitut du Procureur du Roi à Falaise. 
Gltnnb (sir Stephen), Baronet, Hawarden-Castle , Flintsbire. 
GoDQuiN , Curé de la paroisse Saint-Sever a Rouen. 
GrOUJON , Libraire à Paris. 
Grout ( Parfait) , Médecin a Rouen. 
GuiLLBHOT , Libraire à Paris, a ex, 

GuTTiNGUBR (Ulric), Membre de l'Académie de Rouen j â Rouen. 
Hblt d'OiSsbl (le Baron) , Conseiller d'État, Membre de la Société 

des Bibliophiles , à Paris. Gr, pap, 
Hbnault, Archiviste du département de la Seine-Inférieure, à 

Rouen. 
HouBL (J.), Avocat à Rouen. 
Janbt (Louis) , Libraire à Paris. 
Janbt et CoTBLLB , Libraircs à Paris. 
Javault , Chef de Musique au 5« régiment d'infanterie de la Garde 

Royale , à Paris. 
Labbbt db La Roque , Chevalier de Saint-Louis , à Caen. 
Lair (Pierre«Aimé), Membre de plusieurs Sociétés savantes, â Caen. 
Lambert (Alphonse), à Paris. 
La Mbsbngbrb , Membre de la Société des Antiquaires de France, à 

Paris. 
Langlois (E. H.), Membre de plusieurs Sociétés savantes, à Rouen. 
Larenaudibrb , Membre de la Société de Géographie , à Paris. 
Lbvbvre (N.-J.), Peintre, à Rouen. 

Lbfevrb-Duruflb , Homme de lettres , a Ponteauthou , Eure. 
LENOiR-FRàRB , à Rouen. 



'J», 



54a NOMS 

•MM. 
«Lb Prévost (Auguste), Membre de placeurs Sociétés saTantes, A 

Rouen. Gr. pap, 
Lerât fils, à Paris. 
Lesagb aine , à Gaudebec. 
LssGDiLLiBz ain<$, pharmacien à Dametal. 
Lever ( le Marquis ) , à Roquefort , Seine-Inférieure. 
Lezurikr de Là Martel (le Baron), à Hantot^-sar-Seine. 
Maille (Arsène) , à Rouen. 
Mancel , Libraire à Gaen. i3 ex. 
Marais fils , Libraire à Dieppe. 4 6'* 

Marquis , Professeur de Botanique au Jardin des Plantes, à Roaen. | 

Mbor , Tun des Gonservateurs ^es manuscrits à la Bibliothèque 

du Roi , à Paris. Gr, pap. 
MoiiTBiL , à Paris. 

MoRLENT , Homme de lettres , au Havre. 
Nbpveu , Libraire à Paris. 
Passt (Antoine), à Gisors. 
Pauhier , Ministre du culte protestant, à Rouen. 
Pbrtaux (Nicëtas), Imprimeur à Rouen. 
PiiTBL , Juge de paix au Havre. 
- PoiiTHiBu et Gompagnie, Libraires a Paris« i3 ex, 
PoTTiER (A.), Médecin à Paris. 
Prel , ancien Vérificateur, à Gaen. 
Prêt AVOINE aîné , à Bernay. 
QuESNEL ( Louis) , à Rouen. 
Renard , Libraire à Paris, a ex. 

Rbnard , Greffier da Tribunal de Commerce , à Di^f>e. 
Renouard (Jules) , Libraire a Paris. 5 gr. pap., 6 pap. cnrd. 
Rbver , Gorrespondant de l'Institut , à GonteviUe , prés Poni-Au' 

demer. 
Rbt et Gravier, Libraires à Paris. i3 ex. 
R1AITX , Archiviste de la Chambre de Commerce , à Jftooea. 
Savoureux , à Rouen. 
Sbvallb , Libraire , à Montpellier. 

SiLVBSTRB DB Sa.ct (le Barou), Membre de Tlnstitut, à Parii. 
Spencer Smitb , Membre de plusieurs Sociétés savantes , à Gaen. 
Tahelier , à Eauplet près Rouen. 
Thierry , Conseiller honoraire de la Cour Royale , à Rouen. 



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DE MM. LES SOUSCRIPTEUllS. 543 

MM. 
Tbourkt , à Paris. Gr, pap. 
Trkbothn ( G.-S. ) , Membre de la Société asiatique de Paris , à 

Gaen. 
Trsuttbl et WiÎRTZ , Libraires à Paris, a ex, 
Vâugbois, Chevaiier de la Lëgion-d'Honneur, à Laigle. 
Vbllet , Arcbitecte à Paris. 
Vbrdibab , Libraire à Paris. 

Walobbiiàbr (le Baron), Membre de Tlostituti à Paris. 
WiLTHBR , Libraire à Londres. 
Wbrdbt et Lequien fils , Libraires à Paris, a ex. 



FIN. 



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